Disclaimer: Tout est à JKR…

Pairing: Actuellement Draco/Hermione VS Theodore/Harry & Blaise/Ron

BêtaCorrectrice: Regan_Potter

Résumé :Ron met un terme définitif à sa relation avec Lavande à la grande joie d'Hermione. Harry découvre la première offensive de Théodore. Blaise fait travailler ses méninges. Neville en comprend plus qu'il ne le dit. Remus est encore mis à contribution, Sirius traque toujours sa proie, et Severus subit encore et toujours…


La poésie ne peut se permettre l'humour

Tahar Ben Jelloun


Chapitre 15 : « Au commencement est le Verbe » (*)

- Dépêche-toi, on va être en retard !

- La faute à qui aussi ?

Dévalant en trombe les escaliers mouvant du château, complètement débraillés, le ventre vide et la tignasse humide, Harry et Ron se dépêchaient de se rendre en cours de sortilège.

Le rouquin avait eu du mal à se lever ce matin là. Il s'était réveillé au milieu de la nuit, empêtré dans un horrible cauchemar, dont il ne dévoilerait jamais le contenu (sauf peut-être à un psychomage. D'ailleurs il était peut-être temps de prendre un rendez vous, vu le genre de rêve…) Complètement choqué, il avait fini par piquer une potion de sommeil sans rêve dans la malle de son meilleur pote, afin de pouvoir se rendormir sans risque.

Et ce qui devait arriver arriva, Ron n'entendit absolument pas le fameux réveil de Dean sonner. Pas plus qu'il n'entendit l'habituel plouf dudit réveil, et les grognements sourds de ces camarades de chambrée. Harry, en ami solidaire (c'est surtout qu'il avait perdu au shi-fu-mi, mais chut !) avait sacrifié son petit déjeuner pour tenter par tout les moyens de réveiller son copain. Ce fut rude, mais il y parvint au prix d'un sortilège aguamenti sur le pauvre dormeur.

Ils déboulèrent à bout de souffle devant la salle de classe, au moment où Anthony Goldstein s'apprêtait à refermer la porte derrière lui. Poussant sans ménagement le jeune homme, les deux garçons s'engouffrèrent dans la pièce en poussant un soupir de soulagement. Dean, Neville et Seamus offrirent à Harry une pluie de vivavictorieux pour avoir réussi à réveiller Ron et - oh exploit suprême - d'être arrivés à l'heure ! Le petit brun et le rouquin s'installèrent rapidement aux côtés de leurs amis, et s'empressèrent de sortir plumes, livres et parchemins, pendant que Dean leur refilait des croissant sous le bureau et qu'Hermione se fendait d'une tirade responsabilisante qu'ils n'écoutèrent pas. De sa place au premier rang, Lavande se retourna vers son Ronny-chou pour lui demander de sa voix suraigüe s'il trouvait qu'elle était jolie aujourd'hui et toussatoussakoi… Plus loin, l'irlandais lui murmurait qu'il tenait à gagner son pari, alors qu'il avait intérêt à assurer !

Empourpré, Ron se renfrogna, tapa sur le bras d'un Harry rigolard, et ignora royalement les questions d'Hermione portant sur l'origine du pari le concernant.

Le professeur Flitwick tapota avec sa baguette sur sa table pour ramener l'ordre dans la classe, et commença la leçon du jour.

La matinée aurait pu se dérouler sans autre incident notable, si Ron n'avait pas croisé au détour d'un couloir Pansy et Blaise, qui se rendaient paresseusement en cours d'étude des Moldus, et qui se chargèrent de lui rappeler - une fois encore - la lourde tâche qui l'attendait.

- N'oublie pas que tu dois faire décaniller LavLavvvvvv' ! chantonna doucement Parkinson en le frôlant, tandis que le métis se chargeait des cœurs.

A son contact, le rouquin verdit aussitôt, avant de s'éloigner rapidement en bégayant une réplique - qui se voulait cinglante - à ces importuns. Décidément, aujourd'hui ce n'était pas un bon jour pour lui ! Blaise l'observa s'éloigner, en demandant à Pansy si elle avait fait quelque chose de particulier à la belette ces derniers temps. A la réponse négative de la jeune fille, il se posa quelques secondes contre la porte de leur salle de cours pour s'accorder un temps de réflexion. Et lorsqu'il réussit à mettre le doigt sur le lien de causalité qui l'intriguait, il se laissa tomber à terre en s'esclaffant bruyamment, s'attirant des regards curieux de tous ceux qui passaient dans le couloir.

- Blaisou, soit gentil et dis-moi pourquoi tu ris en faisant autant de boucan qu'un scrout à pétard ? s'agaça la grande brune, qui ne comprenait pas le fonctionnement du cerveau Zabinien.

- Ne t'inquiète pas Pans', Je pense juste que notre belette préféré n'a pas l'esprit tranquille en ce moment ! ricana Blaise. Il semblerait qu'tu lui aies fait un effet de dragon ! Doux Salazar… Ces prochaines semaines s'annoncent jouissives et fort riches en émotions !

- J'comprends rien à ce que tu dis ! lui lança Pansy, en lui adressant un regard torve avant d'entrer s'installer à sa place.

Quatre étages plus bas, dans les serres de botanique, les classes de Gryffondor et Serdaigle attendaient en chahutant le retour du professeur Chourave. Cette dernière était partie accompagner un Poufsouffle de seconde année, qui avait vu sa main se faire en partie arracher par un plant de bubobulbe particulièrement teigneux.

Lavande, toute guillerette, se pendait langoureusement (de son point de vue…) au cou de son chéri-chéri, (qui lui était bien embarrassé) sous les rires moqueurs de leurs camarades qui scandaient des encouragements à ce dernier. « Vas-y Ron ! » « On sait que tu peux réussir ! » « Un sale quart d'heure à passer, une vie de paix gagnée ! » « Montre-nous ce que tu as sous la robe ! » et autres inepties visant à le motiver pour enfin larguer sa blonde. A proximité, Hermione discutait avec Padma en feignant de ne pas être intéressée.

- Lavande, je pourrais te parler en privé cinq minutes s'teuplait ?

- Pourquoi en privé ? hurla joyeusement Dean, déclenchant une vague de fou rire dans leur rang.

- Beh oui, pourquouua en privé, mon petit Wonwon ? demanda Lavande en clignant des yeux. Ah… j'ai compris c'est trop cochon pour être dit en public, c'est ça ? chuchota-t-elle en souriant bêtement. Allez, viens Wonwonnnn, allons par là !

Ravalant son envie de se frapper la tête contre un mur, le rouquin suivit Lavande qui l'entrainait loin à l'écart, à moitié dissimulé on ne sait trop où.

- Cache ta joie Mione… lança Harry, sur le ton de la conversation à la brunette qui avait le plus grand mal à dissimuler son sourire. On sait que tu n'aimes pas LaaaaavLav, mais se réjouir de ses déboires ce n'est pas très charitable…

Hermione lui tira la langue, et se recomposa rapidement un masque d'impassibilité, bénissant Merlin d'avoir un ami vraiment niais. S'il pensait qu'elle se réjouissait des déconvenues de la stupide blonde, tant mieux ! Elle ne voudrait pas qu'il se rende compte maintenant qu'elle aimait le roux.

Innocent certes, mais pas niais à ce point, le petit brun adressa un clin d'œil complice à Neville.

- Bon, on fait quoi ? demanda Seamus en regardant à tour de rôle ses compères.

- On l'espionne évidemment ! rugit Dean

- On n'est pas sympa… commenta Neville avec un large sourire.

- On n'est pas sympa ! confirma Harry en partant à la suite de l'Irlandais, qui ne les avait pas attendus.

Les hardis compères se planquèrent au milieu de fougères (enfin, ils espéraient que ce ne soit QUE des fougères… de gentilles et d'innocentes fougères…) et au travers des feuilles, ils purent entendre Ron mettre fin à sa folle passion avec Lavande. Cette dernière ne semblait guère apprécier…

- POURQUOUUUAAAA PAR MERLIIIIIINNNN ? C'EST PARCE QUE CE N'ETAIT PAS ASSEZ BIEN AVEC MOIIIII ? IL FAUT QUE JE FASSE QUOUUUUA POUR QUE TU M'AIIIIIMES ? C'EST MES FESSES C'EST CA ? JE PEUX LES REFAIRE SI TU VEUX ! JE FERAIIIIIS N'IIIIMPORTE QUOIIII POUR TOUAAAA ! gémissait la blonde en morvant dans un délicat mouchoir de dentelle.

- Mais non ! non… enfin Lavande arrête je te dis que… tentait désespérément de parler le rouquin.

Des longues minutes s'écoulèrent. La fougère tressautait au rythme du fou rire continu dans lequel étaient plongés ses occupants, alors que le couple se déchirait dans un dialogue de sourd.

- T'AS UNE AUTRE FIIIILLE DANS TA VIE HEIN ? C'EST CA HEIN ? reprit soudainement la jeune femme. OBLIIIIGEEEE ! C'EST POUR CAAAA QU'TU VENAIS PLUS ME VOIIIIIR ! QUIII EST CETTE PETASSE ?

Surgissant de son bosquet de verdure, Harry se saisit de la perche pour venir à la rescousse de son ami, tandis que celui-ci s'enlisait dans le déni.

- Oui ! Tu as deviné Lavande ! Ron aime quelqu'un d'autre ! clama t-il en se saisissant des mains de la jeune fille, qui secouait Ron comme un saule cogneur. Il ne voulait pas te le dire pour ne pas te faire souffrir, il est désolé mais bon, tu comprends que cela ne peut pas continuer dans ces conditions, cela te ferait du mal ! Et il t'estime bien trop pour te faire endurer le rôle de bouche trou !

- QUOI ! Mais Harry, tu dis n'importe qu…waaaaahhhh ! grogna le rouquin avant que le brun ne le fasse taire en lui écrasant violemment le pied.

- Tais-toi Ronny boy ! chuchota Seamus. Harry te sauve la mise !

- C'est… c'est vrai choupinet ? pleurnicha Lavande, en affichant une moue tremblante.

Ron se passa une main dans les cheveux, et détourna le regard pour répondre.

- Oui. Je suis vraiment désolé…

- Bien…

Ravalant un sanglot, Lavande tourna les talons dans un sursaut de dignité tandis que la troupe de garçons terminait de s'extirper de leur cachette de verdure pour congratuler le rouquin et son sauveur.

- Messieurs, c'est par ici que ça se passe ! les interrompit la voix impatiente du professeur qui était revenu.

Lorsque tout le monde fut calmé, le cours débuta normalement. Entre les habituelles tentatives d'étouffement de la part de leurs plantes rebelles, et la volonté farouche d'un bégonia géant de gober tout élève passant à proximité, Ron essayait d'ignorer les ondes négatives que lui envoyait Parvatie. Lavande avait disparu.

A la sonnerie, les élèves se débarrassèrent avec joie de leurs gants et tablier couvert de terre pour se précipiter dans la grande salle, poussés par une faim dévorante.

S'installant confortablement à la grande table, les Gryffondor se jetèrent avec voracité sur les plats, commentant les cours du matin, et ceux qu'ils allaient avoir durant l'après midi. Alors que le rouquin se battait avec une sensation désagréable de culpabilité qui lui ceignait cœur depuis qu'il avait constaté que Lavande n'était toujours pas réapparue, Hermione, pleine de sollicitude, avait réintégré temporairement la table des rouge & or. Adressant régulièrement des sourires encourageants à Ron, elle était plongée en pleine conversation avec Harry. Elle s'était appliquée à suivre à la lettre les directives de Malfoy, et avait essayé - avec plus ou moins de finesse - d'expliquer à Harry qu'avec Draco elle n'était pas sérieuse, que ce n'était qu'un pis-aller car l'amour de sa vie lui était inaccessible à l'époque, et que le blond était dans le même cas de figure… Le petit brun l'écoutait d'un air faussement attentif, se contentant de hocher la tête en cadence pendant qu'il décortiquait une crevette du bout des doigts.

Au bout d'un quart d'heure, et songeant sans doute que le message était passé, Hermione passa à la suite de son programme…

- Donc comme ça, tu aimes quelqu'un… demanda-t-elle l'air vaguement intéressé. Si tu veux, je pourrais te donner des conseils.

- Merci Mione, c'est gentil mais je ne compte rien faire. Je pense que c'est perdu d'avance. Lui répondit Harry obligeamment. Il sort déjà avec quelqu'un.

- Allons, ne dis pas ça ! Avant de baisser les bras, il faut au moins essayer ! s'insurgea Hermione en songeant « bingo ! ». Qui ne tente rien à rien, comme dit le dicton ! Et avec mon aide, tu ne pourras que réussir !

- Tu m'as l'air bien convaincue. Commenta Harry mollement.

« Intéressant », songeait-il en établissant un compte rendu mental des informations que lui fournissait Hermione. S'il avait bien saisi la démarche de son amie (soutenue par Mafoy, cela va de soit), elle souhaitait l'aider à conquérir l'élu de son cœur. Or, elle savait pertinemment ou tout du moins se doutait très fortement qu'actuellement c'était Malfoy qu'il avait dans le collimateur. Donc pour le moment Hermione espérait qu'il réponde favorablement à sa demande, et ainsi elle pourrait le pousser à faire la cour à Malfoy selon leurs règles… Bien. Très bien. Il pouvait peut-être se servir de cela pour enfoncer encore un peu le clou ?

Il opina lentement du chef pour signifier son accord à la jeune fille.

- Okay, et puis je suppose que tu dois être bourrée de bonnes idées ?

- Oui, oui ! Je sais à coup sûr ce qui pourrait plaire à ton futur petit ami !

- Vraiment ? Pourtant tu ignores de qui il s'agit… remarqua sournoisement Harry, pendant qu'Hermione se rattrapait du mieux qu'elle pouvait.

- Euh… c'est vrai, mais le bon goût est universel tu sais ? Enfin bref, là n'est pas la question, quel quelle soit, cette personne ne pourra qu'aimer les efforts que tu vas montrer pour elle ! A partir, d'aujourd'hui je suis ton coach en amour !

Harry se contenta d'afficher un air réjouit hypocrite, tandis qu'il se congratulait in petto du nouveau déploiement de ses pièces sur l'échiquier. Leurs Serpentard allaient être fier de lui !

Hermione, elle se félicitait : Harry était tombé droit dans le piège ! La veille, Draco lui avait donné une liste des choses qu'il voulait que fasse le brun pour tenter de le séduire. Il ne restait plus qu'a agir…

Les hiboux firent leur apparition dans la grande salle, interrompant les pensées de nos deux protagonistes.

Une petite chouette hulotte s'écrasa au milieu des plats, et Hermione s'empressa de réceptionner sa gazette avant qu'elle ne soit tachée de sauce. Plus loin, Ginny feuilletait fébrilement son Sorcière Hebdo à la recherche de l'article « Comment séduire à coup sûr le dernier des caves. (2) » qui sait, il y aurait sans doute des conseils de bons aloi pour éblouir son Harry.

Et comme d'habitude, notre héros n'attendait rien. Maintenant que Sirius avait rejoint Remus dans le corps professoral et qu'ils se voyaient quand ils voulaient, ils se parlaient de vive voix lorsqu'ils avaient quelque chose à se dire. C'est pourquoi il fut surpris lorsqu'un majestueux grand duc appartenant à l'école se laissa tranquillement planer dans sa direction. Il décrocha rapidement le parchemin en se faisant pincer un doigt au passage, et poussa son assiette en direction de la fichue boule de plume pour qu'elle picore à son aise avant de repartir. L'index au fond de la bouche, il entreprit de décacheter le délicat courrier. Une splendide capucine aux délicats pétales orangés en tomba. Il la ramassa timidement et gêné, ne sachant qu'en faire, la remit sans ménagement dans l'enveloppe. Puis, il reprit la lettre en fit la lecture sous le regard curieux de la plupart des étudiants, et celui particulièrement lubrique de quelques autres.

Potter,

L'absinthe de tes yeux est un poison mortel
S'insinuant dans mes veines, corrompant mon âme
Le cristal de ton rire est un son délicieux
Serpentant dans ma chaire altérant mon jugement
La noblesse de tes actes rend hommage à ton nom
Remplissant mon cœur d'un étrange sentiment

Quel état disgracieux vraiment pas rationnel !
Jen'éprouve plus de haine, tu m'as fait rendre les armes
J'voudrais encore te dire, tous ces mots calomnieux
Q
ui nous étaient si chers tant de temps durant
S
i faible à ton contact j'ai foi en ton pardon
P
our m'ôter cette douleur de ne pas être amant

J'aimerais pouvoir t'aimer au grand jour
S
ans chaînes à mes pieds, ni conventions autour.

xxx

Potter,

Si tu n'as aucun engagement,
J'aimerais que tu m'offres une chance.
S
amedi, il y a une sortie de prévue à Pré-au-Lard,
Retrouvons nous au Trois Balais à 16h, ne serait ce qu'un court instant.
Je me doute que tes sentiments diffèrent des miens, mais apprenons à nous connaître
Un simple révélatis ne montrera pas toujours ce qui ne peut se voir.
J'aimerais te montrer ce qui se dissimule derrière mon sourire
J
'aimerais découvrir ce qui se cache sous le tien
C
onnaitre le prénom plutôt que le nom
T
on histoire plutôt que l'Histoire
L
e garçon derrière la légende
Les défauts sous les qualités
Le corps sous la cicatrice
Offre nous une chance,

Ne dit on pas que l'Amour doit s'apprendre et se construire ?
Je t'attendrais patiemment,

xxx

Au fur et à mesure de la lecture du parchemin, les Gryffondor se virent gratifier d'une charmante vision : leur héros se teintant lentement de vermillon jusqu'aux oreilles.

Ignorant une fois de plus les questions qui fusaient, il reposa le parchemin, se frotta furieusement les yeux, et en reprit la lecture. Non, il ne s'agissait pas d'une hallucination visuelle. Il se racla un peu la gorge afin de s'éclaircir la voix, et expliqua à Hermione de quoi il s'agissait tandis que Ron lui subtilisait la missive, s'empressant de le parcourir pendant que Neville louchait par-dessus son épaule.

Est-ce que cela venait de Nott ? Si oui, il avait drôlement réussi son coup le bougre ! Songea Harry en passant ses mains sur ses joues brûlantes. Il se retourna et chercha le Serpentard en question du regard. Assis à sa table, il discutait aimablement avec Zabini, sans se soucier outre mesure de ce qui se passait sur les bancs des rouge & or. En revanche Malfoy l'observait l'air mécontent…

Indifférent aux yeux gris qui lui brûlaient la nuque, il récupéra le parchemin -qui passait de mains en mains- d'un geste souple et s'échappa de la grande salle en compagnie de Ron et Neville.

Qu'il s'agisse ou non de Nott, ce courrier aux accents de vérité l'avait touché bien plus qu'il ne le pensait possible.

Ils se rendirent en cours de divination avec bien plus d'avance que ne l'exigeait les normes de bienséances, et également beaucoup trop selon leurs propres règles… Mais ainsi, ils étaient sûrs d'avoir un peu de tranquillité ! Ils laissèrent tomber leur sac au milieu du couloir sans grande délicatesse, et se coulèrent le long du mur. Enfin au calme, Harry sortit la lettre et en reprit la lecture une fois encore. Ses joues continuaient de chauffer doucement.

Un simple révélatis ne montrera pas toujours ce qui ne peut se voir.

Il haussa un sourcil avant de pointer la ligne du doigt. Ron hocha la tête, Neville vérifia soigneusement s'ils étaient seuls dans le couloir, et Harry jeta le sortilège.

Les lettres s'animèrent se mouvant sur le papier tels de délicats serpents d'encre et s'agencèrent en une nouvelle combinaison afin de former d'autres mots. Et cette fois, l'écriture fine et raffinée qu'ils découvrirent ne leur était pas inconnue. De même que l'ironie affectée…

Bravo Potter, je suppose que si tu lis ces lignes c'est que tu as su détecter l'indice dissimulé entre ces vers à la formulation maladroite. Quoiqu'au vu du précédent qui fut entre tes mains, je m'en sors avec les honneurs !

En lisant cette phrase, les garçons se renfrognèrent. Tous avaient compris à quoi Nott faisait allusion. Harry songeait que décidément, le poème que Ginny lui avait écrit continuait de le suivre. Il faut dire que lui-même se souvenait aisément des comparaisons si flatteuses à son encontre… Ron s'empourprait, parfois sa sœur lui faisait honte… Neville quant à lui, se demandait si un jour il serait le destinataire de l'amour si ardent de la jolie rouquine.

Au moment où je trace ces mots, j'imagine aisément l'expression à la fois gêné et confuse qui a dû se peindre sur tes traits à la réception de cette lettre. Je me demande si le spectacle sera à la hauteur de cette image onirique.

Ron ricana un instant. « Je pense oui ! »

Là n'est pas la question, convenons-en.

Si, comme je le pense, Granger était à tes côtés au moment de la réception de ce poème, Draco est désormais mis au courant de l'existence de ton soupirant. Que je le sois réellement ou prétendument. J'entends déjà résonner dans mes oreilles ses hurlements rageurs et le sifflement des sortilèges destructeurs.

« Le pauvre » chuchota Neville, tandis que Harry se mordillait la lèvre de culpabilité.

Ne te soucis guère de cette majesté colérique, nous nous faisons fort de la calmer avant la prochaine attaque que nous lui porterons.

De même que je vais t'épargner une réflexion trop intense quant à ce rendez vous fictif. Je suis persuadé que tu réfléchissais déjà à une manière fort courtoise de répondre par la négative à cette demande incongrue, quémandée par un inconnu.

Tu auras donc, je l'espère, deviné qu'il ne s'agissait qu'une demande pour la forme, afin d'attiser la jalousie d'un Draco excessif.

A ceux qui t'en font la demande, réponds que tu ne sais pas encore ce que tu vas faire. Pour le reste, je pense qu'une sortie en groupe ce jour là à Prè-au-Lard ne serait pas une mauvaise idée. Draco va vouloir te surveiller de prêt, offrons lui cette possibilité dans un premier temps. Au cour de la journée tu trouvera bien le moyen de t'éclipser quelques instants. Qu'importe ce que te fera, du moment que tu reste évasif par la suite. Laissons les ce faire des idées, Je te garantie que cela mettra ses nerfs seront mis à rude épreuves… Car il va de soit que l'offensive est désormais lancée !

On se voit tout à l'heure en DCFM, si tu as réussi à décoder ce poème à temps fait le moi savoir... Dans le cas contraire, je me serais mépris sur tes capacités, et devrais reprendre toutes ses explication de vive voix.

Indépendamment de cela, à partir de maintenant prenons l'habitude de nous retrouver régulièrement. Et pour la suite, nous trouverons bien un moyen d'éloigner notre cible, afin de pouvoir converser tranquillement de nos plans belliqueux.

T. Nott

- Eh ben… souffla Ron. C'était donc vraiment lui !

- On n'aurait assurément dit une lettre d'amour, il est doué ! renchérit Neville impressionné. Et une fleur… c'est vraiment romantique…

- En tout cas, il t'a bien cerné, rigola le rouquin en relisant la lettre. Il savait déjà que tu serais en train de cogiter à la manière dont t'allais annoncer que c'était gentil, que ça t'avais touché et blablabla mais que non tu ne voulais pas sortir avec ! Et je suis sûr que tu t'imaginais déjà avec un gamin hystérique à consoler !

Harry haussa les épaules.

- Pas vraiment… En fait, je me disais que si c'était une vraie lettre, j'aurais bien donné sa chance à l'auteur. Sauf si c'était Eloise Migden ! reprit-il après une courte réflexion.

- C'est vrai que ces propos étaient très touchants. Et il disait bien que c'était Harry et non le Survivant qu'il désirait. Reprit Neville. C'est presque dommage que ce soit une fausse !

- Bah et Malfoy alors t'en fais quoi ? s'étonna Ron en lançant le sortilège inverse sur la feuille, au cas où elle tomberait entre de mauvaises mains. Qu'est ce que tu lui trouves d'ailleurs ?

Harry s'accorda un instant de réflexion avant de répondre.

- Disons juste que la lettre m'a touchée et que j'aurais voulu rencontrer l'auteur. Au moins pour discuter un peu. Au final, j'aurais quand même choisi Malfoy…

- Hum… commenta Neville circonspect.

- Ça ne répond pas à ma question ! reprit Ron goguenard. Allez crache le morceau ! J'veux savoir !

- Malfoy est beau.

- Pff, t'es sacrement mignon aussi… fit Neville en levant les yeux au ciel. Et pour être tout à fait partial, il y a pas mal de beaux garçons à Poudlard, à commencer par ses amis !

- Malfoy a de la notoriété.

- Tu es The Survivor, t'as rien à lui envier ! gronda le rouquin, prenant les intérêts de son ami très à cœur. De toute manière, vu les parents qu'ils se trainent, tous les Serpy sont plus ou moins connus…

- Malfoy est riche.

- J'te rappelle que ton coffre est loin d'être vide ! rectifia Neville. Et je rejoins Ron sur le point des Serpentard. Vu les parents qu'ils se coltinent, ils sont tous connus, riches et influents !

- Malfoy a un sacré caractère.

- C'est sûr que tu es l'exemple même de l'obéissance et de la soumission ! ricana Ron. Moi aussi j'ai un sale caractère j'espère que tu n'as pas de vue sur moi !

- Malfoy est canon !

- Mouais… tu te répètes un peu là. Soupira Neville que la réponse du rouquin avait fait sourire.

- Bon je concède que Malfoy est con...

- On approuve ! s'empressèrent de répondre les deux garçons.

- Pendant sept ans, on a fait une surenchère de coups pendables. Mais au final, on a fini par bien le connaitre !

- Oui, on connait son esprit sournois lorsqu'il s'agit de taper là où ca fait mal, corrigea Ron en fronçant les sourcils. on sait que c'est un petit narcissique imbu de sa personne, on sait qu'il est égoïste, et encore tout un tas de « qualités » de ce genre. La seule chose qu'on est obligé de lui accorder c'est qu'il est beau… Ron cracha le dernier mot, tant il répugnait à l'utiliser pour qualifier son ennemi.

- Je partage un peu son avis. Fit timidement Neville.

- Pour qu'Hermione l'aide, il doit bien avoir changé un peu ! Sinon elle ne ferait pas tout ça… suggéra le petit brun.

- Admettons.

Harry souffla un grand coup avant de reprendre.

- Pour être honnête, au début j'ai pris ça comme un challenge. C'est vrai quoi, son altesse sérénissime se casse la tête pour essayer de m'avoir. Avouez que ça flatte l'égo !

- J'avoue… concéda le rouquin.

- Mais maintenant je pense que m'engager avec quelqu'un comme Malfoy me fait moins peur que d'entamer une relation avec n'importe qui d'autre. Car lui, il s'en fout de ma fortune et de ma célébrité, vu qu'il n'est pas en reste, et il a assez de caractère pour me tenir tête. Et tout ce qu'il y a écrit dans cette lettre, Malfoy lui-même pourrait le penser !

- Mouais… fut la réponse dubitative de Ron. Qui essayes-tu de convaincre au juste, mec ? Toi ou nous ?

- Tu extrapoles, et c'est un peu une solution de facilité… reprit Neville sentencieux. Contrairement à Dean et Seam, je suis sûr que tu peux trouver mieux que lui…

- Chut voila les autres ! souffla rapidement Ron avant d'enchainer avec un autre sujet.

- En effet, quelques Poufsouffle faisaient leur apparition suivis des Gryffondor, et rapidement le couloir prêt de l'échelle se mit à grouiller de vie.

- Tiens, elle est réapparue ! chuchotait Dean à Ron, en avisant Parvatie qui consolait une Lavande en pleure.

- Tu m'étonnes ! Pour rien au monde elle ne raterait un cours de cette folle ! Elle est persuadée qu'elle sait vraiment voir l'avenir…

- Hinhinhin… Pourtant elle ne l'avait clairement pas vu venir celle là ! se bidonna Seamus à côté.

Hermione elle, mettait Harry en garde contre le genre de lettres qu'il avait reçu, elles se révélaient souvent être des canulars. L'observant de biais, Harry eut un rictus sournois.

- Je te rassure Hermione. Celle là était tout ce qu'il y a des plus vraies !

- Hein ? s'étrangla la jeune fille. Et… et qu'est ce que tu vas faire ? Tu sais ce n'est pas parce que tu as l'impression d'être dans une impasse avec l'élu de ton cœur en ce moment qu'il faut te jeter dans les bras du premier venu ! Surtout que ce devait être des rimes recopiées dans la rubrique poésie de sorcière Hebdo. Tellement banal tout ça ! Ne te fais pas avoir Harry, débita-t-elle à toute vitesse.

- Ne t'inquiète pas Hermione. Je n'ai pas encore décidé si je lui donnais une chance ou pas. Ricana le petit brun. En attendant, n'oublie pas que tu es mon coatch en amour, alors j''attends tes idées ! J'essaierais de les mettre en application rapidement !

- Euh, oui ! oui, oui ! On en discute tout à l'heure ! Bon je me sauve alors, j'ai arithmancie avec Draco. A tout à l'heure ! reprit la jeune fille soulagée, avant de s'adresser au rouquin d'une voix suave. A tout à l'heure aussi Ron…

Et elle laissa les deux garçons qui l'observaient, un sourire en coin, pendant qu'elle s'évaporait dans l'escalier.

L'horloge carillonna lourdement, bougeant les élèves qui commencèrent mollement à escalader l'échelle qui menait en classe de divination. Et le cours se passa tout aussi mollement…

A ceci prêt que le professeur s'émerveillât, en lisant à haute voix les devoirs que Ron et Harry lui avaient rendu la semaine précédente. Leur expliquant que depuis la première fois où ils avaient mis les pieds ici, ils avaient fait des progrès fulgurants ! Arguant que les similitudes entre leurs prédictions et celles d'autres élèves étaient en parfaites corrélations et prouvaient leur exactitude. Surtout que son troisième œil l'avait informé que les élèves impliqués ne s'entendaient pas entre eux, donc tout risque de tricherie était écarté !

Harry échangea avec Ron un regard blasé. Son troisième œil avait un magicobus de retard. Mais bon, tant qu'elle leur collait une bonne note, ils ne s'en plaignaient pas !

Ils passèrent l'heure suivante assis en compagnie de Dean et Seamus, à essayer de déchiffrer les volutes de fumées au fond d'une boule de cristal abîmée.

- Moi, tout ce que je vois, c'est qu'elle est fêlée… grogna l'irlandais en sourdine, alors que le professeur passait à proximité en louangeant les vertus de cet exercice.

- Et il n'y a pas qu'elle… ajouta Harry en se retenant de glousser.

La sonnerie salvatrice retentit enfin, et les élèves s'évaporèrent plus rapidement qu'une potion ratée de Neville sous l'Evanesco de Snape.

Nos Gryffondor préférés se rendirent paisiblement au cours suivant, tout en cogitant fermement sur le meilleur moyen de procéder pour opérer un rapprochement avec les Serpy, tout en tenant le couple de bisounours à l'écart. Finalement, la solution serait de demander des conseils à Remus. En échange de la promesse de lui raconter leurs derniers déboires, à coup sûr il les aiderait ! Ayant statués sur ce point, ils s'apprêtaient à rejoindre la classe de Duel lorsque un immense fracas se fit entendre suivi de jurons et de hurlements rageurs. Curieux, ils ne purent s'empêcher de bifurquer dans le couloir adjacent, afin de découvrir la cause de tout ce bruit. Et ce qu'ils découvrirent, les laissa pantois !

- Si… Sirius ? couina Harry effaré.

- Ahhhhhh mes yeux ! mes yeuuuuux ! gémit Ron en tournant la tête tellement vite que son cou craqua.

- P… P… Professeur Snape ? bégaya Neville choqué !

Figés, les trois garçons n'en croyaient pas leurs yeux…


[ TBC…]


(1) Au commencement est le Verbe. Non, je ne me fais pas parole d'évangile, seulement cette phrase fut reprise par les poètes et amateur de poésie, afin de qualifier leur art ! et si j'ai choisi cette phrase comme titre, c'est parce qu'elle a une double signification. héhéhé...

(2) Comment séduire à coup sur le dernier des cavesPetit clin d'œil à tout ceux qui ont lu la bible de l'adolescente, j'ai nommé : le journal de Georgia Nicolson !

Non, ne tuez pas l'auteure !
oui je suis vache... j'avoue ! Non seulement je vous fait poireauter cent sept ans entre deux misérables chapitres, mais en plus je finis sur un pseudo cliffhanger à deux balles... (mouahaha n'empêche je suis en kiff sur ce passage là... )

je pourrais vous sortir trois milliard d'excuses toutes plus misérables les unes que les autres, mais la réalité est des plus banales, en fait c'est juste que j'ai le plus grand mal à concilier mon travail & mon master ! alors le peu de temps libres qu'ils me reste, je ne le passe pas forcement à grattouiller T.T
je me traîne à vos pieds en une flaque soumise, et je me prend à vénérer ces auteurs qui publie chaque semaine sans faillir !

ceci dit merci beaucoup à tout ceux qui ne ce sont pas découragé et qui continue de me laisser des reviews qui me vont droit au cœur, rien que pour ça je vous promet le chapitre 16 pour la semaine prochaine sans faute ! :p

Va Savoir : Ta review ma bien embêté, c'est dommage que tu n'ai pas de compte car j'aurais adoré te répondre XD
il est évident que je ne compte pas faire de spoiler ici donc... ben... te voila obligée de lire jusqu'à l'épilogue pour savoir si cela finira comme tu le souhaite (ou pas...)

Que je fasse ma gentille auteur, ou que je joue ma grosse sadique ne dépend que de vous mesdames (et messieurs ?) alors à vos claviers :p