oO0°0Oo
Pairing : Actuellement Draco/Hermione VS Theodore/Harry & Blaise/Ron
Bêta : Merurin (mille merci je t'adore !)
Note : Chapitre presque intégralement dédié (on va dire pour 99%) à Lulu. Parce que mine de rien j'avais les boules de t'avoir dit que je posterais ce chapitre dans une semaine... ma semaine a été bien longue hein ? XD Ceci dit merci beaucoup pour tes MPs et tes encouragements ! La preuve j'ai réussi à vaincre ma crise de la page blanche en pensant à toi ! Alors encore une fois merci beaucoup !
Le 1% restant t'est dévolu Beddy ! Car toi aussi tes mp me font chaud au cœur, j'adore tes commentaires acide et le fait que tu te sois pris au jeu du détail =p ! Et ne boude pas parce que je te réserve qu'un seul pourcent, je te dédierais le prochain chapitre du crossover, après tout il semblerais que tu attende avec impatience une preuve tangible d'un possible 1827, ne ? ^^
et mille merci à tout ceux qui continue de me soutenir !
Résumé : Nous avions laissé nos amis qui revenaient tranquillement de Pré-au-Lard après une après-midi mouvementée ou Draco s'était violemment querellé avec Terry. À leur retour, Harry, pleins de sollicitude, entrepris de l'accompagner à l'infirmerie tandis que les autres s'évaporèrent dans le château se reposer un moment avant de mieux se retrouver.
Bis Repetita Placent !
Proverbe latin
(translittération : ce qui est répété, redemandé, plait !
Traduction : si on aime quelque chose, on peut bien le revoir/relire/etc… plusieurs fois, on l'aimera toujours autant.)
Chapitre 19 : Nil Novib Sub Sole
Lundi matin.
Enfoui sous son épaisse couette, Harry profitait de ses derniers instants de sommeil en se remémorant son week-end hors norme.
Après la méchante rouste qu'il s'était prise pendant leur sortie, Malfoy s'était grandement calmé (au grand étonnement de toute la troupe) D'ailleurs c'était en partie pour cela qu'il avait accepté de l'accompagner à l'infirmerie malgré les récriminations d'Hermione. (De toute manière il l'écoutait de moins en moins celle-là) Et grand bien lui en avait pris, car après cette petite escapade saupoudrée de sous-entendus lubrique, Malfoy s'était montré tout à fait charmant et plaisant durant le reste de la journée, et comble du bonus le lendemain également !
Gryffondors et Serpentards avaient donc passé tout leur temps libre fourrés ensemble.
Théodore avait de nouveau endossé un costume de pédagogue pour aider Neville à rédiger les rouleaux de parchemins supplémentaires qu'il devait rendre au professeur Snape. (la cause de cette punition trouvait sa raison dans une vague histoire de chaudron explosé et de mur recouvert d'une étrange mixture... Mais rassurez-vous, Snape avait eu vite fait de faire nettoyer tout cela par les élèves collés du soir même...)
Tandis que les autres avaient occupé leurs journées à jouer, (Dean et Seamus avait initié Zabini et Parkinson à des jeux moldus) travailler, (oui bon... c'est un bien grand mot...) trainer, (sans commentaires.) s'horrifier, (Bullstrode avait une collection tout à fait impressionnante de magazines sur Lockhart), ou tout simplement discuter calmement... Du moins à leurs yeux, car les piques et autres vacheries étaient toujours de la partie, surtout de la part d'un certain blond bien connu !
Mais cette fouine munie des prérequis sociaux de courtoisie, Harry l'aimait bien.
Et comble du bonus, Ginny les avait laissé en paix ! Il ne savait pas trop si c'était parce qu'elle digérait mal le fait qu'ils l'aient plantée à Pré-Au-Lard et boudait, ou bien parce qu'elle voulait éviter Zabini qui semblait avoir fait d'elle sa nouvelle cible avec la bénédiction de son frère !
Bien réveillé à présent, il s'étira comme un chat et se glissa silencieusement hors de ses draps pour aller prendre une bonne douche.
Dans le lit d'à côté, le dit Ron grogna dans son demi-sommeil agité. Pour lui tout ne s'était pas déroulé tout à fait selon ses bons désirs.
Pour commencer il y avait eu ce diabolique Zabini, qui n'avait rien trouvé de mieux que de lui refourguer le fameux pendentif, avec pour mission de le garder bien précieusement jusqu'à ce qu'il lui donne de nouvelles instructions. Seul bémol, Ron n'avait jamais eu en sa possession un objet aussi fragile est onéreux, et il ne savait qu'en faire ! Il mourrait de peur de le perdre, qu'on le lui vole, ou pire ! Qu'il le casse ! Nerveux, il avait passé son temps à glisser sa main dans poche pour triturer le pendentif, afin de vérifier sa présence.
À l'heure actuelle, le bijou se trouvait enfermé dans son écrin de velours, enfouie au fond d'une chaussette, planqué entre son matelas et le mur, à portée de main. Et chaque fois qu'il se réveillait en sursaut, il s'empressait de tâtonner à sa recherche pour se rassurer.
Il finis par ouvrir les yeux, fixant sans la voir la tenture en dama de son baldaquin, et soupira fortement.
Puis il y avait eu les tentatives de séductions de Lavande, qui semblait bien décidée à le reconquérir. Il pensait qu'on ne pouvait être plus clair lorsqu'il avait mis fin à leur relation, mais il semblerait bien que non... Mais cette fois il ne voulait plus fuir, alors il lui avait fait face bravement ! Ce qu'il n'avait pas prévu c'est que cette petite vipère de Parkinson allait commenter tous ses faits et gestes ou la moindre de ses paroles à l'encontre de la blonde... Si la honte pouvait faire mourir, il aurait pu clamser un bon millier de fois.
Surtout qu'il pensait qu'en vertu du deal qu'il y avait entre lui et Zabini, ce dernier allait en profiter pour faire son jaloux, ou un truc dans le style, afin de le sortir des griffes roses de Lavande, mais le métis n'avait rien trouvé de mieux à dire que ce n'était pas encore le bon moment, et s'était sauvé pour aller asticoter sa sœur.
Les yeux toujours fixé sur un point imaginaire, il lâcha un second soupire. Ces Serpent allaient réussir à avoir sa peau !
Seul point positif, Hermione était redevenue à une normalité toute relative. Mieux encore, la mise à l'écart de Lavande semblait la ravir au point qu'elle s'était montrée douce et au petit soin pour lui.
Il passera sous silence les moqueries de ces sales serpents...
La sonnerie stridente du réveil le fit sursauter et arracha du sommeil ceux qui avait la chance de dormir.
Harry sortit en sautillant de la salle de bain, une serviette négligemment nouée autour de ses reins, et ouvrit une fenêtre en grand.
- Vendredi nous avons eu droit à un fantastique home-run de Dean, le résultat est assez éloquent : le réveil est encore vivant ! qui tente sa chance aujourd'hui ? Nev' ?
Le visage encore chiffonné de sommeil, Neville hocha la tête en signe de négation. Il n'avait visiblement pas la force de s'arracher de sa couette.
- Laissez faire les pros! Clama Seamus en se saisissant d'un carton posé au pied de son lit. Cette fois j'ai tout prévu !
Il sortit d'énormes pétards de la boite, et coinça sa baguette sur son oreille pendant qu'il allait attraper l'objet de tout leur malheur.
- d'où tu sors ça toi ? L'interrogea Ron, l'œil vitreux.
- Chut Ronny chou, si je te disais que cela venait d'un Serpentard tu m'en voudrais. C'est pour ça d'ailleurs que je ne te le dit pas !
Le rouquin sembla se contenter de la réponse et partit- en titubant - s'enfermer dans la salle de bain avec son précieux fardeau. Un accident était si vite arrivé !
- Qui ? S'enquit Harry un poil curieux.
En caleçon au milieu du dortoir, l'irlandais ne l'écoutait déjà plus, il s'ingéniait à fixer les explosifs au réveil, à l'aide d'un sort de colle. Ce fut donc Dean qui lui offrit une réponse :
- Zabini ! Finalement t'as eu raison de nous forcer la main pour cette petite trêve, ils se révèlent un poil plus fréquentable que ce qu'on aurait pu s'imaginer !
- Et il a eu ça d'où, lui ? Demanda Neville en trouvant enfin la force de sortir de son lit.
- Ça trainait dans son manoir. Une histoire de troisième beau-père mort dans une explosion tout à fait inexpliquée... Bref quand on lui a parlé de notre lutte sanglante et sans merci qu'on livrait chaque matin, ils a juste envoyé un hibou à sa mère. Et voilà le résultat !
- Terrible la matrone ! s'esclaffa Harry en allant filer un coup de main à Seamus qui s'empêtrait un peu en essayant d'allumer les explosifs.
- Je me demande quelle tête ferait ma grand-mère si je lui demandais de m'envoyer quelques armes mortelles... s'interrogea Neville avant d'être coupé par les cris de Seamus qui gigotait pour ne pas se faire bruler par les crépitements des mèches.
- 1... 2... 3... c'est partis !
Penché à la fenêtre, nos quatre amis observaient, fasciné, la courbe parfaite que décrivait l'ovi* avant d'exploser bruyamment 3 mètres au-dessus du lac.
- héhéhé si avec ça il marche encore, je veux bien manger mon caleçon ! Ricana Seamus fière de lui, en regardant des petits morceaux métallique s'enfoncer dans l'eau claire.
- Euh t'en est sur ? demanda Neville. Parce que jusqu'à présent rien n'est venu à bout de cet instrument de l'enfer, et c'est un gros risque que tu prends là...
Soudain moins sûr de lui, l'irlandais blêmit un peu.
- Ne t'inquiète pas, quitte à manger un caleçon on t'accordera le droit d'en manger un propre ! Fit Harry en lui offrant une tape de réconfort sur l'épaule avant de partir s'habiller.
Il descendit joyeusement du dortoir en compagnie de Ron, et partit en quête d'un petit déjeuner reconstituant pour leur donner la force de survivre à cette nouvelle journée de cours. Au détour d'un couloir ils tombèrent nez à nez avec Malfoy et Hermione, il y eut un flottement (beh oui la situation leur paraissait toujours aussi irréaliste parfois) avant que Hermione ne prenne les choses en main et n'amorce la discussion. Le naturel reprit vite le dessus et c'est bras dessus bras dessous qu'ils se dirigèrent vers la grande salle.
A l'entrée du réfectoire, ils marquèrent une légère pause, hésitant quant à la conduite à tenir, mais Draco prit d'office le bras de Potter et l'entraina à la table des Serpentards, sourd à ses protestations (plutôt faible de surcroit.)
- Nous n'avons pas terminé notre petite discussion Potty, donc viens manger avec nous !
- Je ne vais pas laisser Ron tout seul ! Marmotta le petit brun peu ravi.
- Relax ta belette aussi est conviée, après tout... nous entretenons tous des rapports cordiaux, non ? Reprit Draco les lèvres pincées, ayant visiblement eut du mal à laisser sortir les derniers mots.
- Ben rien ne t'empêche de venir t'asseoir avec nous, puis j'ai un truc de prévu avec Dean et Seam'
- Potty je te le dis tout de go, il est hors de question que je me pose à une table aussi bruyante et remplie de bouffons que la vôtre, et je suis sûr que malgré tout leur amour pour vous, il en est de même pour mes amis, alors pose ton cul ici et ferme-la !
Harry grogna un peu pour la forme, mais finit par obéir, avec un petit sourire fourbe.
- Si je comprends bien tu ne veux pas t'asseoir à notre table, mais nous sommes les bienvenus à la vôtre ?
- Exactement ! souffla Draco irrité.
- Bah ça ne change rien dans ce cas...
- qu'est-ce que tu veux dire par là ? Lui demanda le blond en levant un sourcil.
- Rien de plus que ce que j'ai dit.
Draco haussa les épaules, devant la répartie débile de son voisin, et reprit le fils de sa discussion en se préparant son repas. Mais quelques instants plus tard, un bruyant troupeau de Gryffondors fit son apparition et Harry leva aussitôt le bras pour se faire repérer tandis qu'il les hélait :
- Hey les mecs par ici ! Aujourd'hui nous sommes conviés à cette table !
- Quoi ? Mais non ! S'insurgea aussitôt Malfoy horrifié.
- Tu viens de dire que nous étions les bienvenus ici ! Badina Harry avec un sourire craquant.
- Mais mais...
Le blond eut beau protester, il fut loin d'avoir gain de cause, car personne ne l'écoutait.
En arrivant à leur tour dans la grande salle, Blaise, Pansy et Théodore eurent un mouvement surpris, devant la vague de Rouge et Or mouvementé qui semblait avoir envahie leur table. Mais loin d'être décontenancé ils s'avancèrent fièrement afin de s'installer avec leurs comparses.
Harry était ravi de la moue boudeuse du prince de Serpentard. « Et Na ! » Pensait-il, « qui sème le vent récolte la tempête, sieur Malfouine !»
Avisant le trio qui approchait, il s'empressa de pousser Seamus (qui en tomba du banc en de grands mouvements désorganisés) afin d'aménager un espace à côté de lui, et fit de l'œil aux demoiselles assises en face pour qu'elles aillent un peu plus loin. Zabini et Parkinson prirent donc leur place, pendant que Nott s'installait à ses côtés.
Observant d'un œil mauvais les raisons de son mauvais sommeil s'installer comme si de rien n'était, Ron se mura dans un silence maussade, ignorant ostensiblement Zabini et Parkinson qui n'en firent visiblement pas grand cas. De toute manière Zabini fut pris d'assaut par un irlandais surexcité qui lui racontait en long en large et en travers, l'usage qu'ils avaient fait de son petit cadeau. (Qui était parfaitement illégal, mais tellement génial.) Bref, Il n'ouvrait la bouche que pour mettre un frein aux tentatives de discutions que déployait Lavande, au grand bonheur d'une Hermione plus resplendissante que jamais.
Du côté des professeurs, Sirius engloutissait son bacon avec enthousiasme sans écouter un traitre mot de ce que lui racontait Dumbledore. Qui lui déblatérait avec un plaisir évident sur le rapprochement Harry/Draco, «Je vous l'avais bien ! Vous verrez que tout n'est que question de temps ! Je me trompe rarement sur tel sujet ! », MacGonagall observait d'un œil critique le couple dont il était question, refusant de s'incliner devant la logique de leur directeur. De son côté, Lupin demandait l'air de rien des nouvelles de Severus qui semblait avoir disparu. Ce à quoi Sirius rétorqua qu'il était sur le coup, et, la bouche encore pleine, disparu dans les couloirs.
Une nouvelle journée presque banale quoi...
Mais rien ne dure jamais bien longtemps, C'est ce que prouva un joli coucou au plumage bleuté, en laissant choir nerveusement une lettre dans le pot de confiture placé devant Harry.
Brisant ainsi le fragile équilibre qui semblait s'être instauré entre certains de nos protagonistes.
- ohoh... Il semblerait qu'un orage va éclater.. commenta Remus avec un rictus. Votre couple vedette risque de mettre encore un peu de temps avant de se former Directeur !
Minerva hocha la tête, tout en plissant les paupières pour observer avec plus d'attention encore la table des Serpentards.
Draco qui regardait les agissements de son Gryffondor préféré, ne put s'empêcher de briser entre ses doigts la biscotte qu'il s'apprêtait à manger lorsqu'il vit la longue enveloppe tachée, qu'un petit brun mal réveillé retirait avec empressement du pot de confiote.
Écrasant les restes de sa malheureuse tartine dans le creux de son poing, il jeta un regard lourd de reproche et porteur de mille promesses de souffrance à Boot, qui continuait de discuter avec Chambers ignorant totalement ce qui se tramait dans son dos.
Il n'allait pas recommencer tout de même ?
Gêné, Harry voulu planquer la lettre mais...
- Tut tut tut, Potty-chou ! L'interrompit Pansy avec un air vorace sur le visage. Hors de question que tu ne te carapates avant que nous n'ayons tous profité de la nouvelle élégie de ton soupirant secret !
- Mais oui Potter, lis nous donc cette lettre... la soutint Draco d'une voix glaciale, le défiant de lui désobéir.
- Quoique que contienne cette missive, je pense que nul autour de cette table ne te laissera fuir avant que tu ne leur en aies offert la lecture. Tu nous ferais gagner du temps en cédant dès à présent. L'encouragea Théodore à sa façon, avant de se pencher à son oreille pour chuchoter : Tu n'as rien à craindre, ce n'est qu'une banale complainte ne contenant rien de compromettant.
Il s'attira un regard septique de la part du petit brun échevelé, avant que ce dernier ne tourne la tête vers son ami de toujours, guettant un peu de soutient de sa part.
Mais le rouquin observait également Théodore l'air ahuri. C'était pourtant lui qui avait écrit la lettre non ? Ou alors il n'avait pas tout compris... Il n'avait pas honte ou quoi ? Remarque il était vrai que pour le moment personne ne savait que les lettres provenaient de lui, mais quand même...
Harry finit par soupirer lourdement et les pommettes rouges, il repoussa son déjeuner à peine entamé et décacheta l'enveloppe avec lenteur, évitant avec soin de croiser le regard chargé de haine de Malfoy.
Il finit par en extraire un parchemin duquel s'échappa, tout comme la dernière fois, une fleur. Une marguerite cette fois. Ignorant les gloussements émus des filles, il s'empressa de la ramasser pour la remettre dans l'enveloppe, puis déplia le parchemin afin d'en faire la lecture.
Chère âme, si l'on voit que vous plaignez tout bas
Le chagrin du poète exilé qui vous aime,
On raillera ma peine, et l'on vous dira même
Que l'amour fait souffrir, mais que l'on n'en meurt pas.
Vous avez ramassé mon cœur sur le chemin.
Si de l'anéantir vous aviez le caprice,
Vous n'auriez qu'à fermer brusquement votre main,
- Mais vous ne voudrez pas, j'en suis sûr, qu'il périsse !
Sous le poème, l'auteur avait tracé quelques mots :
L'espérance est une joie comme un fardeau,
Ne me laisse pas dans l'incertitude trop longtemps.
Accorde-moi encore un peu de temps,
Je me fais fort de nous construire un Eldorado.
Il y eut un hoquet de surprise général, pendant qu'un peu plus loin Hermione s'exclamait qu'elle avait déjà entendu ces vers quelques part. Dean arracha la lettre des mains de son propriétaire pour en refaire la lecture et Draco le suivi sous couvert de pouvoir mieux se moquer du brun (dans les faits c'est surtout afin de voir s'il ne pouvait pas collecter quelques indices sur l'expéditeur).
Pour sa part, le ventre noué, Harry sentait qu'il s'empourprait encore plus.
Profitant de l'anarchie qui semblait régner tout autour de la table, le petit brun en profita pour enfoncer des doigts vengeurs entre les côtes du garçon assis à ses côtés et qui buvait tranquillement son thé, comme si tout cela était normal, avant de lui chuchoter quelques mots :
- t'es fier de toi je présume ?
- Assez je dois dire... lui répondit Nott en jetant un regard amusé aux doigts qui tentait vainement de lui occasionner quelques chatouilles.
- Et maintenant je fais quoi ? Grogna Harry en récupérant sa main.
- Rien de plus que tu ne fasses déjà. Gêne, rougeur, refus de répondre à leurs questions... Tu es parfait ! Ricana Nott en lui tendant une tartine beurrée. Tiens tu n'as encore rien mangé, tu es sûr que tu te sens bien ? Reprit-il avec une fausse sollicitude.
- Hahaha... Tu prends ton pied hein ? Grogna notre héros, en se saisissant néanmoins de la tartine avant de croquer dedans à belle dent, la boule dans son ventre s'étant évaporée. Il n'est pas de toi celui-là, repris-t-il en entendant Hermione saouler la table avec une tirade sur les dramaturges du 19ème siècle. T'as laissé tomber l'idée d'en écrire ?
- Je me suis surtout fait à l'idée que je n'ai rien d'un poète, j'en possède ni la sensibilité, ni le vers inné. Repris Théodore en badinant. En outre, il est inutile que je me donne tant de mal pour un parchemin qui finira au feu.
- J'aime bien ta prose pourtant... continua machinalement Harry pendant que Ron, ayant visiblement terminé de chahuter, reprenait sa place et enchainait :
- Ouais, d'ailleurs tu l'as touché à mort la dernière fois, il était tout rouge en la lisant, et on a du s'y reprendre à deux fois avant de remarquer ton indice ! J't'assure que dans une autre situation ce serait typiquement le genre de courrier à nous faire courir dans tous les sens pour en découvrir l'auteur, et voir plus si affinité pour quelqu'un, hein ? hinhinhin ! Le rouquin marqua une pause avant de reprendre. Hey, attends ! Vu qu'on reste calme, c'est pour ça qu'Hermione est si suspicieuse alors !
Les joues un peu rouges à cause des propos embarrassants de Ron, Harry haussa les épaules :
- Bah on s'en fout, de toute manière on n'a aucun compte à lui rendre. Et puis tu sais, ta lettre, je ne l'ai pas jeté et je ne compte pas le faire ! Même si tout ça ce n'est qu'un jeu, je l'ai trouvé super belle. Reprit-il en se tournant vers Nott.
Ce dernier posa sur lui un regard curieux, pendant que Ron enchainait :
- De toute manière il a la furieuse tendance à conserver dans une boite tout ce qu'on lui donne. Sauf les sablés d'Hagrid, ça on les offre aux gens qu'on aime pas, histoire qu'ils se cassent une ou deux dents..
- Dois-je en conclure que tu gardes également bien précieusement un certain pamphlet qui parle de crapaud frais du matin ? Le taquina Théodore en se resservant du thé.
- évidemment, c'est un outil de chantage très intéressant, on ne sait jamais... rétorqua le petit brun pas démonté pour une noise.
Ron s'étouffa violemment dans son bol de cacao, proférant des menaces à l'encontre de son ami qui n'avait pas intérêt à tenter d'embarrasser sa petite sœur, pendant que ce dernier réfléchissait à voix haute pour lui-même :
- Par contre je ne sais pas où je l'ai fourré... Si Madame Weasley n'a pas encore fait le grand ménage dans les chambres, elle doit être quelque part dans l'une des armoires de Grimmaurd Square.
- Bah qu'elle y reste ! Grommela Ron. Gin s'est suffisamment humiliée comme ça, vas pas en rajouter une couche !
- Ne t'inquiète pas, je plaisantais. De toute manière je suppose que Kreattur l'a mise en charpie, tu sais bien à quel point il aime prendre soin de mes affaires !
Voyant que Théodore haussait un sourcil surpris à l'entente de ces paroles sibyllines, les deux Gryffondors entreprirent de lui expliquer la situation dans les grandes lignes, concluant par un dramatique :
- C'est pourquoi, lorsqu'on est là-bas, on évite de laisser trainer les affaires auxquelles on tient !
Théodore affichait un air plutôt satisfait lorsque Blaise rappliqua en s'affalant lourdement sur ses épaules.
- Il est même pas 8h du mat' et Miss-je-sais-tout m'a d'jà gavée... souffla-t-il en prenant un air de martyre. J'sais pas comment vous faites pour la supporter tous les jours !
- Elle n'est pas toujours comme ça... marmotta Ron en tentant de prendre sa défense. Et puis on s'habitue...
- Et son savoir est bien utile la plupart du temps ! Tempéra Harry en repensant à toutes les fois où elle leur avait sauvé la mise.
Mais peine perdu, le mulâtre ne les écoutait déjà plus. Voyant qu'il ne comptait pas se déloger de sa nouvelle place, Théodore soupira :
- Blaise, si tu m'apprécie un tant soit peu ôte-toi de moi, je ne tiens guère à trépasser à cause de ta carcasse de géant...
Le métis bougonna un instant avant d'obtempérer à la demande ainsi formulée, mais en guise de protestation il passa ses doigts dans la chevelure cuivrée de son ami dans l'optique de l'ébouriffer. Puis sans plus de façon il piocha allégrement dans l'assiette déserté de Draco pour continuer son petit déjeuner interrompu, pendant que Théodore pestait en plaquant ses mains sur sa tête sous le rire discret d'Harry, qui se disait que décidément, chez les Serpentards, la chevelure semblait être l'une des choses les plus importantes.
- D'toute manière ça valait le coup. Cette misstinguette est en train d'virer chèvre, et ne parlons pas de Dray. Continuait Blaise en plongeant la main dans la panière de viennoiseries, il la retira en même temps que Ron, chacun agrippant une extrémité du dernier croissant disponible.
Ils levèrent tous deux la tête, entamant un duel de regard de forte intensité, chacun refusant de céder devant l'autre. Harry et Théodore regardait la scène, amusé et exaspéré à la fois. Heureusement Pansy revint s'asseoir sur ces entrefaites, et trouva la solution au problème en un instant.
Elle fouilla dans la panière à son tour et ne trouvant pas ce qu'elle cherchait, elle finit par arracher le croissant des mains des deux opposants. Elle minauda un « merci mes choux, c'est gentil de m'en avoir gardé un ! » et le mangea sans plus de façon sous le regard courroucé de Ron, et celui habitué de Blaise.
- Vous parliez de quoi avant que je revienne ? Demanda-t-elle en fixant d'un air maussade son Draco chéri s'agiter à l'autre bout de la salle avec Granger.
- Pas grand-chose, Weasley nous faisait juste savoir que Potter était sensible aux vers de notre Théo-chou... la renseigna Blaise avec complaisance.
- Hey tu nous espionnais ? Râla Ron en postillonnant sur le métis.
- Trop mignonnnn ! S'extasia aussitôt Pansy. Et donc ?
- Donc, je suppose que dans ce cas je peux bien faire l'effort de continuer... lui répondit Théodore en adressant un sourire en coin à un Harry légèrement troublé.
Ron relança la conversation sur un autre sujet, (à savoir : que faire de ce p** de pendentif dont la valeur le rendait malade) et le reste du petit déjeuner se passa dans un calme relatif.
En effet, les voix résonnaient bruyamment dans le réfectoire, chacun voulant savoir ce que contenait la missive, cherchait qui pouvait bien en être l'auteur, quelle était la réaction de Potter... le bruit assourdissant menaçait de rendre sourd la plupart de nos protagonistes, mais heureusement la cloche sonna quelques minutes plus tard, invitant les étudiants à se rendre sans plus tarder dans leurs salles de classes respectives.
Pendant que le professeur Flitwich expliquait les mouvements à faire pour exécuter leurs nouveaux sortilèges, Harry se terrait au fond de la salle en compagnie de ses éternels acolytes.
- Franchement, j'ai beau savoir que ces lettres, c'est du flan, je suis toujours aussi surpris ! Murmurais Neville en reproduisant approximativement le geste de leur professeur.
- Ne m'en parle pas ! Renchérit le rouquin en se grattant la tête. N'empêche ça marche du tonnerre ! Vous avez vu la tronche de la fouine ? Arf sûr qu'il ne s'y attendait pas à celle-là !
- Hey Harry t'es sûr que ça va ? Demanda Neville en voyant que leur ami perdu dans ses pensées.
- Hum ? Ah euh qu'est-ce que vous disiez ?
- Tu ne nous écoutais pas ! Râla Ron, en pointant sa baguette sur lui.
- Pointe ton arme ailleurs que sur moi ! Je ne tiens pas à cracher des limaces de si bon matin. Lui répondit le petit brun avant de continuer avec un sourire angélique. Et non je ne vous écoutais pas, ça te pose un problème?
- Hey ! Elle est neuve cette baguette, et puis c'était un accident la dernière fois... s'insurgea aussitôt son ami, changeant néanmoins de cible. On parlait de la tête de la fouine.
À ce souvenir Harry se mit aussitôt à rire, mais sous le regard interrogateur de leur professeur, il tentât tant bien que mal de dissimuler son excès de bonne humeur sous une quinte toux. Pas crédible pour deux noises, mais cela fit l'affaire.
Dès que l'attention de Flitwich fut portée sur quelqu'un d'autre, Neville reprit la conversation.
- Au fait, Parkinson m'a dit qu'elle avait une vieille pensine, et que si tu veux voir les souvenirs de la bagarre faut qu'on les retrouve ce soir dans la salle du couloir interdit.
- On a entrainement de Quidditch ce soir ! S'affola Ron, paniqué de manquer l'un ou l'autre.
- Nev' tu y vas toi ? Voulu savoir Harry.
- Evidemment ! Si on m'offre la possibilité de revoir ça, je ne risque pas de la louper ! Confirma le jeune homme l'air enjoué.
- Bah dans ce cas tu leur dit de nous attendre, on viendra après l'entrainement, tu vas pas mourir si on te laisse seul avec eux hein ?
- File-moi trois paquets de chocogrenouilles et je les fait patienter le temps qu'il faudra...
- Depuis quand t'es aussi calculateur toi ? L'interrogea Harry surpris.
- Parkinson est plutôt douée dans le domaine, elle dit toujours qu'on ne doit rien faire pour rien, et qu'il n'y a pas de petit profit ! J'essaie d'appliquer ses principes ! Lui répondit Neville en se tortillant sur sa chaise, mal à l'aise.
- Ouais ben moi je te file trois chocogrenouilles si t'arrête d'écouter cette mégère ! Gronda aussitôt Ron. Alerte ! Elle est en train de te pervertir ! Où est passé notre gentil Neville ? Ne t'inquiète pas on va te soigner, je vais faire sortir toute corruption de ton corps, ce sera peut être douloureux, tu n'en sortira peut être pas indemne, mais ne t'inquiète pas tout finira par redevenir normal et...
- Monsieur Weasley si vous avez quelque chose à dire, peut être que vous pouvez en faire profiter toute la classe !
Coupé net dans sa tirade, Ron leva les yeux pour faire face au regard mécontent de leur petit professeur. Devant, Hermione s'était retournée sur sa chaise et le fixait, visiblement furax que son futur petit ami se soit fait ainsi prendre à ne pas écouter le cours ! Dépité le rouquin subit une interrogation en règle et s'en tira avec 2 rouleaux supplémentaires à rendre pour le cours suivant, sur les bienfaits de l'écoute attentive en classe. La poisse.
Lorsque l'attention de tous fut de nouveau détournée de leur petit groupe, Neville reprit gentiment.
- Il faut toujours que tu en fasses des tonnes Ron, de toute manière j'allais le passer votre message.
- Je ne te parle plus traitre !
- D'accord... Pas plus perturbé que cela, Neville se détourna du rouquin pour faire face au noiraud : au fait Harry, pourquoi on ne leur montre pas la salle sur demande ?
- Gniiirk... ben à la base on ne leur faisait pas confiance, on allait pas la leur montrer comme ça... et maintenant bah... j'sais pas. L'habitude je suppose.
- De toute façon c'est beaucoup plus pratique ainsi, intervint Ron.
- Je croyais que tu ne lui parlais plus ? S'étonna Harry, joueur.
- C'est à toi que je réponds ! Mentit le rouquin, vexé de s'être dédit.
- Et donc ? Continua Neville.
Ron hésita un instant à continuer son boudin, mais l'envie de parler était la plus forte, alors il se remit à chuchoter avec véhémence :
- Ben, elle est situé au septième étage, donc même si on est discret, la présence de Serpentards la haut serait suspecte, et puis il y a pas mal de passage, sans oublier que les professeurs patrouillent. Tandis que notre salle, ben elle est dans le couloir interdit du troisième étage. Et comme il est interdit, y a personne la bas. Sauf nous, mais bon... Puis c'est devenu un peu comme notre QG.
Les deux garçons observèrent Ron, estomaqués. C'est qu'il était sensible ce grand dadais aux multiples taches de rousseurs ! Ceci dit, ce dernier brisa bien vite de leur trip émouvant.
-Puis je me suis casser les fesses à transfigurer ces canapés, ce n'est pas pour les abandonner maintenant, nan mais ho...
C'est ainsi que plusieurs heures plus tard, nos deux sportifs, encore humide de leur douche, vinrent retrouver leur comparses dans ce qu'ils appelaient désormais LEUR salle. Fébrile, Ron ne cessait de triturer le pendentif dans sa poche, afin de se rassurer sur sa présence. Durant tout l'entrainement il avait été ailleurs, imaginant milles et un accident qui pourraient se produire dans le vestiaire ou il avait laissé le bijou, soigneusement dissimulé dans une vieille chaussette, planqué au fond de son casier. Ce qui lui avait d'ailleurs valu un bon coquard, qu'il devait à un Cognard qui avait profité de son inattention pour lui refaire le portait.
Ils toquèrent à la porte -dans un ordre précis- au moment où Luna fit son apparition au bout du couloir, de son éternel pas dansant. Elle les salua chaleureusement et les précéda dans la salle sans plus de façon.
Comme l'avait dit Ron, Exit la vieille pièce poussiéreuse, à force de venir s'encanailler en ces lieux les étudiants avaient fini par conjurer sièges et coussins, tapis et canapés... Désormais l'endroit était chaleureux et accueillant, et avec la complicité non déguisée de Dobby, ils ne manquaient jamais de friandises...
En les voyant débouler tous les trois, Millicent grinça :
- Non mais vraiment, pourquoi vous êtes encore avec cette fille ? Elle a rien à foutre ici !
- Tais-toi donc Milli, on s'en fou ! Lâcha Pansy avant d'accueillir les retardataires avec un grand sourire à faire froid dans le dos : on n'attendait plus que vous messieurs les sportifs ! Tiens t'as l'air de t'être drôlement amoché Weasmoche, et ce n'est pas pour t'arranger !
- Tu peux parler, toi tu es toujours laide quoique tu fasses ! Rétorqua furieusement ce dernier, pendant que Blaise s'insurgeait dans son coin que lui aussi était sportif, que c'était juste qu'il n'avait pas eu son entrainement aujourd'hui, mais Pansy les snoba avec panache.
- Aller dépêchez-vous de vous installer ! On a déjà mis tous nos souvenirs dans la pensine, reste plus qu'à regarder !
- Elle est énorme, constata aussitôt le rouquin, comment t'a fait pour la trimballer jusqu'ici ?
- Avec un sort de rétrécissement banane ! Rétorqua aussitôt Pansy avant de continuer sans se soucier des jurons colorés du rouquin. Elle appartenait à ma grand-mère, elle est belle hein ?
Pendant que ces deux-là entamait une de leur sempiternelle dispute, Luna partit s'installer sur un énorme pouf aux couleurs chatoyantes, tandis que Harry se pelotonnait bien confortablement sur l'un des divans, déclarant que désormais il faudrait un centaure pour l'en déloger.
C'est à ce moment précis que choisit Dobby pour faire son apparition. Comme à son habitude il se rependit d'hommages aux pieds de son ami le grand, le fabuleux, Harry Potter, puis déposa un énorme plateau contenant une collation gargantuesque sur une table, poussée contre le mur.
Manque de bol, celle-ci ne se trouvait pas à portée de bras.
Tandis que Pansy et Ron continuait de se disputer, que Millicent tirait la Pensine au centre de la pièce, et que Luna s'entretenait gentiment avec Blaise et Neville, Harry observait d'un air malheureux la table croulant sous le délice, refusant manifestement de sortir de son canapé malgré l'envie qui le tiraillait d'aller chercher de quoi se sustenter. Heureusement Théodore sembla comprendre le terrible dilemme qui l'agitait, et s'imposa en héros en lui tendant une tasse fumante de chocolat chaud.
Lorsque le calme fut enfin revenu, Pansy fit le show pour leur présenter le combat « Malfoy vs Boot » à ceux qui n'avait pas eu la chance d'y assister, et ceux qui attentait avec impatience de le voir sous d'autre angles que leur propres point de vue.
Et c'est dans un fou rire général que se termina la journée…
Puis le lendemain tout recommença !
Malfoy avait de nouveau tiré Harry à la table des Serpentard, et ses amis avait machinalement suivit le mouvement. Affable, il discutait tranquillement avec le petit brun, certain que nul hibou ne viendrait troubler cette matinée. Pour cause ! À l'aube il était monté à la volière pour jeter un sortilège (dont l'origine venait encore et toujours de son fameux cahier secret) aux volatiles de l'école, désormais à chaque fois qu'un hibou se devait de livrer du courrier à Potter, il se contenterait de déchiqueter consciencieusement la lettre.
Malgré tout, une chouette - hulotte cette fois – vint apporter une troisième lettre à Harry, sous son regard courroucé. Il se renfrogna instantanément, furieux d'avoir loupé son sort.
Harry, lui, décacheta le sceau, en évitant soigneusement de sourire tandis qu'il écoutait le chuchotement amusé de Nott :
- Vu que tu sembles apprécier de recevoir ma poésie, je me suis dit qu'il serait dommage de ne pas contribuer à ton plaisir...
Et ce fut les prémisses d'une semaine haute en couleur ou les évènements les plus improbables se produisirent...
Car le lendemain, le surlendemain, et encore et encore, cette scène se répéta inlassablement.
Harry recevait chaque matin, de grandes enveloppes immaculées que des oiseaux de l'école laissaient tomber dans son repas, et ceux, malgré les sortilèges récurrent que s'acharnait à leur lancer Draco.
Lettres qu'il s'empressait de dissimuler dans les plis de sa cape, afin de les lire plus tard en privé.
Outre de longues missives à l'élégante écriture italique, ces courriers contenaient invariablement une fleur, associée à une prose plus ou moins délicate, voir délicieusement licencieuse.
Les spéculations les plus farfelues courraient sur le mystérieux auteur, et faisaient invariablement rire Neville et Ron, tandis qu'Harry se contentait de secouer doucement la tête en souriant.
Draco lui rigolait moins, et plus les courriers s'accumulaient plus son ressentiment montait d'un cran. Désormais il s'en prenait rageusement à tous ceux qui posaient les yeux sur le Survivant plus de trois secondes. Après avoir gracieusement offert deux long séjours à l'infirmerie, jeté à tort et à travers douze Furonculus, cassé trois nez et assisté à six chutes malencontreuses, son irritation avait atteint son paroxysme, et il s'en prenait désormais activement à la cause de son tracas avec un regain d'animosité.
Si Harry avait apprécié le Draco civilisé, la Fouine enragé le faisait royalement ch** ! Sa baguette le démangeait horriblement car l'envie de lui faire mal grimpait exponentiellement aux nombres d'altercations ratées, (pour cause d'Hermione moralisatrice) et de victimes supplémentaires (beh oui, sauveur de la veuve et de l'orphelin oblige...)
Qu'on ne s'y trompe pas, Malfoy restait son objectif, mais parfois l'envie de le cogner était plus forte que celle de l'embrasser !
Et bien que quelque part il se sentait coupable de l'état dans lequel était Malfoy, il n'eut pas le moindre scrupule à continuer son petit jeu avec Nott, et n'aurait cessé ce petit manège pour rien au monde ! Car si ces lettres le faisaient tour à tour rire, grogner ou monter le rouge aux joues, il s'était surpris à y prendre goût et c'est avec une impatience mêlée de curiosité qu'il les attendait désormais.
Ceci dit, un autre événement notable fit la joie des colporteurs de rumeurs : Luna Lovegood avait obtenu (on ne sait comment) le droit de présider tous les soir une séance de sitting dans le grand parc de Poudlard, et ce, afin de convaincre le gouvernement d'accepter de financer une expédition qui partirait à la recherche d'un Ronflaks Cornus. (Jusqu'à là rien de très anormal me diriez-vous…) Si personne ne se donna la peine de se déplacer - la nouvelle excentricité de la jeune blonde leur passant par-dessus la tête - cela ne sembla pas rebuter un jeune Serpentard qui la rejoignait invariablement sitôt son repas achevé.
Le flegme et la déraison réunie... Les étudiants étaient plutôt dubitatif fasse à une telle association. Mais pour une fois, nos Gryffondor mâles firent preuve d'un peu de jugeote et en comprirent rapidement les raisons...
En effet, après avoir manqué par deux fois de se faire prendre la main dans le chaudron par Draco, les soirs où il mettait consciencieusement le dortoir à sac pour évacuer sa colère, Théodore s'était résolu à chercher un lieu plus tranquille pour vaquer à ses petites affaires. Et c'était auprès de Luna Lovegood qu'il avait trouvé la douce quiétude qui seyait à son activité. La jolie Serdaigle était quelqu'un d'un peu fantasque, cependant cela ne dérangeait pas vraiment Nott. Notamment depuis qu'il avait appris à connaître la jeune fille qui en savait beaucoup plus long que ce qu'elle ne laissait paraître.
Depuis, tous deux s'amusaient comme des petits fous. Après deux ou trois essais maladroit Théodore avait fini par abandonner définitivement l'idée de se faire poète et désormais ils choisissaient ensemble les sonnets qui accompagnaient ses lettres, piochant allégrement dans de lourds recueils poussiéreux. Puis il noircissait assidûment ses pages, les remplissant d'anecdotes sur Poudlard, d'idée extravagantes pour embarrasser Malfoy, de conseils particulièrement bienvenue sur le dernier devoir en date, des extraits de ses discutions étrange avec la blonde, ou tout simplement d'un peu de lui. Luna l'aidait à choisir les fleurs qu'il métamorphosait afin d'accompagner ses proses, babillant gentiment sur leur langage caché que peu connaissait, Théodore s'en remettait entièrement à son jugement, conscient de ses lacunes dans ce domaine.
Il arrivait parfois que les autres viennent les rejoindre quelques minutes, parfois seul, parfois en groupe.
Le petit brun en profitait pour râler un peu, se plaignant de Ginny qui était une vraie glu, de Snape l'acariâtre, de l'entrainement de Quidditch, ou bien se contentait de répondre aux questions qui lui avait été posées le matin même au travers du courrier matinal. Il essayait bien parfois de voir ce que lui réservait celui du lendemain, mais Nott le soustrayait lestement de sa vue, lui offrant qu'un sourire narquois en compensation.
Puis venait Ron - qui restait toujours à une certaine distance de sécurité de Parkinson - il relatait ses déboires sentimentaux entre une Lavande très remontée et une Hermione qui s'amusait à souffler le chaud et froid, visiblement pas encore au courant des confidences que Blaise avait faites à Malfoy.
Le métis lui filait de grandes claques dans le dos en rigolant, lui conseillant de profiter, parce que bientôt ce serait une Granger hystérique qu'il aurait à supporter ! Puis il s'attaquait à un examen minutieux du rouquin, vérifiant que ce dernier appliquait à la lettre ses conseils, avant de l'entrainer à l'écart pour mettre sur pied la suite des évènements.
Neville rebondissait sur les dernières mésaventures des professeurs Black et Snape. L'un refusant désormais de quitter ses cachots et l'autre faisant preuve d'un acharnement exemplaire à le pister. Rigolant à l'idée qu'il se soit fait remplacer (en prétextant avoir une potion extrêmement sensible à brasser) pour mieux esquiver le maraudeur, et souhaitant même que cela dure le plus longtemps possible. Car tandis que Snape jouait à cache-cache, les cours de potions n'étaient plus si redoutés.
Souvent les Serpentards geignaient également sur leur sort, expliquant que les sautes d'humeurs particulièrement inquiétantes du prince des glaces et sa douce colère volcanique allaient crescendo... Priant pour arriver au bout de cette histoire encore intact et surtout... encore vivant!
En effet, depuis que Malfoy faisait preuve d'une agressivité exacerbée et était retombé dans son rôle de « sale petit con » et que qu'Hermione avait rendossé son costume de détective, il n'était pas bon de traîner à leurs côtés...
Notre héros lui-même commençait à se demander s'il sortirait indemne de tout ce micmac.
Surtout que le blond, fatigué de lancer des sortilèges à tour de bras, prit rapidement la résolution d'aller régler son compte une bonne fois pour toute à celui qu'il pensait être l'auteur de ces fameuses lettres. À coup de sous-entendus subtiles, il lui fit comprendre que si cela ne se stoppait pas avant la fin de la semaine, il se faisait fort de lui apprendre qu'on ne marchait pas impunément sur ses plates-bandes.
Nos Gryffondor eurent bien un tic nerveux en imaginant le sort que Malfoy réservait à Boot, qu'il soupçonnait encore d'être le mystérieux admirateur, mais la rancune pris rapidement le pas sur leur compassion, et c'est avec une curiosité morbide qu'ils observaient le ballet dangereux qui se jouait sous leurs yeux...
Dean et Seamus continuaient leur petit trafic à base de paris, sous l'œil amusé de Lupin, et intéressé de Bulldstrode qui dépensait toute son énergie à deviner qui avait parié quoi.
La flamboyante rousse, quant à elle, accueillait avec plaisir les avances manifestes d'un certain métis, tout en se servant sans vergogne d'un Neville résigné pour tenter de rendre jaloux son Harry.
Qui lui était plongé dans les marasmes de sa conscience, ou la jolie Gryffondor n'avait pas de place.
L'un dans l'autre, il semblerait bien que Serpentards et Gryffondors soient devenu inséparables, à la grande joie de Dumbledore, qui passait son temps à ricaner en semant des emballages dorés sur son chemin.
La très respectée directrice de Gryffondor quant à elle, accablée, noyait sa consternation dans des tisanes repose-méninge, que lui concoctait très gentiment Poppy Pomfresh.
Et l'appareil photo de Colin menaçait de rendre l'âme tant il était sollicité ces derniers jours.
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[TBC...]
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* OVI : Contrairement aux Ovni; qui sont des Objets Volant Non Identifiés; les OVI sont des Objets Volant Identifiés...
** Extrait du poème « Espoir timide » de François Coppée
