6.

La-Léroelle sautilla sur ses petites jambes d'automate de manège, dirigeant sa main gantée vers le cercle que les Dragons formaient en volant au-dessus de son escouade.

- Pourquoi notre chant, nos cris, ne les atteignent plus ? !

- Sans doute à cause de la luminiscence de cette Canne, fit télépathiquement La-Styne depuis le sommet de son palais-manège. Détruisez-là ! Sortez vos fusils.

Les Poupées automates se saisirent de leurs armes miniatures, braquant les trois Dragons. Et elles firent feu.

Zunia, Wakrist et Denver n'étaient pas les premiers surpris.

- Pourquoi ne sommes-nous pas attaqués ? L'autre fois, nous sommes tombés si vite !

- C'est la Canne, glissa le Dragon de Poche. Je perçois ses ondes protectrices !

- Percuté, mon ami ! se réjouit Alérian en flattant l'encolure du Roi des Dragons. La sphère de la Canne neutralise les ultrasons des Liliths ! Nous sommes protégés. Les Poupées ne nous atteindront plus ! On peut reprendre la main ! Et c'est à nous de jouer !

Le jeune homme ouvrit ses propres ailes, les cœurs de sa poitrine battant à l'unisson avec ceux de ses puissants amis reptiles.

- Et cette fois, c'est à nous de prendre la main pour en finir avec de minuscules monstrueuses Poupées ! On va les atomiser, et les faire disparaître ! Vous êtes prêts ?

- Oui !

Et le trio de Dragon cracha son feu dévastateur et purificateur sur La-Léroelle et sa petite troupe, les réduisant en cendres.


- La-Styne ? s'enquit Zunia.

- Elle est à moi ! éructa Alérian en sautant au sol où le Dragon de Poche l'avait ramené. Je reviens vite, Denver !

- Je t'attends.

Et, à pieds, Alérian se précipita vers le manège des Liliths.

Ses ailes à leur plus grande envergure, Alérian fit face à La-Lilith.

- Je suis revenu. Et je ne repartirai pas avant qu'il ne reste rien de cet endroit !

- De la fanfaronnade, comme toujours, ricana La-Styne.

- Non, je ne crois pas. Je ne suis plus le moucheron faible que tu as écrasé à notre première rencontre.

- Et moi je doute que tu aies une chance ! se gaussa La-Lilith.

- J'ai souvent entendu cela. Je me suis senti si souvent dans cette position, à ne pas avoir une chance, je veux dire. Mais là, la Canne de Lumiane nous protège tous ! Et je n'ai plus l'intention d'avoir à redouter vos chants vrillant mes tympans et vaporisant les vaisseaux de mes amis ! C'est fini !

La Canne revenant soudain dans la main d'Alérian, il en dirigeant la sphère vers La-Lilith.

- Le feu des Dragons, avec nos cœurs à tous, sont concentrés, ils vont te démonter !

Et la sphère projeta une chaleur démentielle sur la reine des Poupées.

La-Styne continua de fondre.

- Un ennemi de tombé, un autre viendra, prévint-elle.

- Je ne l'ignore pas, soupira Alérian, ses épaules s'affaissant. Mon combat n'a pas de fin. Mais ce n'est pas uniquement le mien. Des générations de balafrés se dresseront toujours face à ceux qui menacent la mer d'étoiles et ses habitants ! Je ne suis ni le premier j'imagine, et certainement pas le dernier ! Un dernier mot avant de finir en flaque de cire ?

LA-Lilith eut un sursaut.

- Toute Instance Surnaturelle que tu sois, les Juges auront ta peau !

- Les Juges ? Quels Juges ?

La-Styne ricana avant d'achever de se liquéfier.

- Des Juges, manquait plus que ces affreux dans ma vie ! siffla le jeune homme. Qu'est-ce qui va donc encore m'attendre…

Mais ne pensant plus au futur, Alérian sauta sur le dos de Zunia.

- Ramenez-moi chez moi, les amis !


Clio étreignit son ami à la crinière d'acajou, aux deux mèches immaculées.

- Je suis tellement soulagée de te retrouver ! Et je peux te ramener à ton père, en respectant mon serment, bien que je n'ai été d'aucune utilité dans ce combat…

- Tu as été là, c'était important, je t'en ai déjà assuré au nom de notre amitié, assura Alérian en lui rendant son accolade.

- Et maintenant ? s'enquit la Jurassienne.

- Rentrons à la maison, tous ! décida le jeune homme.