7.

Alastor et son cousin Aérandor avaient étreint Alérian.

- Tu peux te reposer, un peu, firent les deux garçonnets. Les Liliths ne sont plus, mais ceux qui les ont créées demeurent.

- Comment savez-vous tout cela ? tressaillit leur père et oncle. Je ne vous ai rien dit !

- Tu veux nous protéger, comme toujours, mon papa, fit tendrement Alastor. Mais cousin Aérandor et moi avons nos propres sensations ! Nous savons tout ce que tu veux nous cacher.

- Nous l'oublions, quand ça ne nous concerne pas, quand tu ne souhaites pas en parler, compléta Aérandor en secouant ses boucles blondes. Mais ces impressions demeurent en nous.

Alastor eut un sourire presque béat.

- Tu es notre Gardien, mon papa !

- Je ne suis pas sûr que tu saches entièrement pour ce terme…

Alérian passa la langue sur ses lèvres sèches.

- Et en même temps, je doute que tu l'aies utilisé par hasard… Merci, mon grand petit garçon. Et merci à toi, Aérandor !

Alérian caressa les chevelues des deux enfants.

- Je vous aime. Merci.

Les garçonnets bâillèrent, s'endormant contre leur père et grand frère.

Danéïre étreignit son époux.

- Ils se sont apaisés ?

- Oui. J'ai posé une couverture sur eux, ils peuvent sommeiller paisiblement. Je ne sais pas s'ils ont compris, pas plus qu'ils n'ont réalisé ce qu'ils ressentaient sur les instants. Des moments qu'ils n'auraient jamais dû avoir, mais je ne peux pas effacer cette balafre de leurs visages… Elle est là, cette marque d'un avenir que je ne leur souhaite nullement ! Nous souffrons tant, ma Dana, et je ne peux pas te protéger non plus…

- Je souffre, j'avoue, fit la jeune femme au teint de bistre, aux courtes boucles d'ébène et aux yeux bleu glace. Mais je sais que tu donnes tout pour que nous soyons tous heureux, en sécurité, justement ! J'ignore ce que sont ces combats démentiels, mais je sais que le résultat est notre paix ! Merci, mon bel amour !

Danéïre serra à nouveau son époux contre elle, le couvrant de baisers passionnés.

- Moi, je n'ai pas de balafre, mais je ressens tout dans mes tripes ! Tu as encore été en grand danger, mon amour. Les Dragons n'étaient plus en état, j'étais si inquiète !

- Nous avons tous brillé à nouveau. Nous nous sommes relevés, tels des phoenix ! Et nous ne nous éteindrons plus jamais – enfin, j'espère !

- Des phoenix ?

- Des oiseaux légendaires. Comme dans ces livres que j'ai tant et tant bouquiné dans mon adolescence innocence. Des animaux qui renaissent de leurs cendres, pour étinceler plus encore !

Danéïre sourit, apportant les deux tasses de café préparées par la machine.

- Ça te va tellement bien ! J'aurais aimé avoir idée de ces Phoenix, avant ! Mais, un phoenix, combien de fois peut-il se régénérer, si j'ai bien compris ?

- A chaque mort… souffla Alérian, n'aimant pas le tour pris par l'échange. Mais, si je me souviens bien, je ne suis mort qu'une seule fois. J'espère qu'il n'y en aura pas d'autre !

- Pour moi, tu meurs à chaque combat, j'angoisse jusqu'à ton retour. Et que tu sois un phoenix ou non, entre autres Instance Surnaturelle, ne me rassure nullement ! Je n'ai qu'un seul époux, et il m'est précieux au possible, il est toute ma vie ! Essaye d'y penser, mon chéri. Sauver les mers d'étoiles au prix de ta vie fera de moi une veuve, et cela est irremplaçable. Tu es le seul et unique !

- Je ne peux échapper au sort que l'on m'a réservé… Mais je te promets de toujours rentrer à la maison, pour toi et nos enfants.

- Non, tu ne peux pas faire ce serment, je ne l'exige pas de toi. Sois juste là, pour nous tous.

- Je suis là, Dana. On peut savourer ce moment ?

- Et comment, mon bel amour !

Alérian souleva son épouse dans ses bras.

- La chambre est tout à nous, gloussa-t-il.

- Et virons rapidement Albator et ta belle-mère, que nous puissions nous sauter en toute liberté !

- J'ai entendu ! fit le grand brun, borgne et balafré, depuis le salon !


Alérian se blottit contre le corps encore frémissant, tout en chaleur, de sa femme.

- Je t'aime.

- Et moi donc, souffla Danéïre, satisfaite au possible, ruisselante de sueur, heureuse.