8.

Alérian rentra dans la chambre où son père finissait de boucler ses malles.

- Heiligenstadt ou l'Arcadia ? interrogea le jeune homme.

- Les deux ! Je ramène Chalandra et les enfants sur Terre. Ensuite je repars vadrouiller, comme à l'habitude.

- Tu vas récupérer Jei, Yattaran et les autres ? poursuivit Alérian.

- Non, ils sont paisibles, je n'ai plus à les débusquer de leur tanière. C'est juste pour mon plaisir que je bourlingue dans la mer d'étoiles. Enfin, « pour le plaisir » sauf quand je me fais atomiser en tant que victime collatérale de tes délires surnaturels !

- Ce ne sont pas des délires…

- Si seulement, mon grand chéri, soupira le grand brun balafré en serrant brièvement l'épaule de son fils. Et tu peux compter sur moi pour être ton patrouiller attitré pour t'ouvrir la voie !

- Mon papa… Je crains que cette fois cela ne soit pas suffisant, ou plutôt que tu ne seras pas de taille…

- Les Juges ? avança Albator, avec une certitude absolue.

- Oui, sauf que je n'ai aucune idée de ce qu'ils peuvent être ! ragea Alérian. Alors de deux choses l'une : soit La-Styne a voulu me défier dans son dernier sursaut, soit une autre monstruosité est tapie dans la mer d'étoiles !

- Je crains de pencher pour la seconde option, fit Albator. Mais je sais aussi que tu assureras ! Tu as étincelé comme jamais face à ces Poupées. Tu es un grand Phoenix, mon chéri. Et tu t'es ouvert à ton univers d'Instance Surnaturelle. Tu gagneras encore en puissance… Et moi…

- Papa ?

- Et moi je continuerai à me ronger les sangs pour toi !

- Oh mon papa, toi qui aurais bien besoin d'années sans soucis à ton tour !

- Pas le genre de la famille. De toute éternité, par le passé et à venir !

- Je déteste tes raccourcis, papa ! siffla Alérian.


Alérian et Danéïre avaient tendrement enlacé leurs invités d'un moment.

- Bon retour chez vous.

- Sois tranquille, Chalandra. Et soyez paisibles, Enysse, Alastor et Kéryan !

Alérian posa ses lèvres sur le front du bébé que tenait Chalandra, ayant juste fini de lui donner le sein.

- Aime mon papa, il le mérite tant ! chuchota-t-il à l'oreille de la resplendissante rousse.

- Je n'ignore pas avoir le plus merveilleux des époux. Et si nous avions eu notre histoire, elle n'aurait pas été aussi belle, car tu étais promis à Danéïre ! Tu as la femme de ta vie, j'ai l'homme de mes rêves ! Nos chemins ont été tortueux, douloureux pour toi qui t'es jeté dans le cerveau d'une Symphora, mais nous avons tout gagné !

- Oh que oui ! sourit Alérian, sans aucune arrière pensée. Nos bonheurs étaient à ce prix. Et ils valent tous ces sacrifices !

Alérian embrassa encore Chalandra, avant qu'elle ne prenne place dans le taxi-limousine avec tous ses enfants.

- Bon retour à Heiligenstadt. Soyez tous heureux !

- Alie veille, gloussa Alastor en lui agitant la main.

- Alérian ne cessera jamais de prendre soin de nous tous, sourit Chalandra. A bientôt, Dana et les petits viendront te visiter quand les temps seront plus calmes.

- Cela risque de prendre du temps, soupira la jeune femme à la crinière incandescente.

- Oui, moi aussi. Je te réitère mon conseil : aime mon papa, à fond, chaque temps est précieux.

- Je ne l'ignore pas, depuis que je connais la dynastie des balafrés !


Depuis le quai d'un dock orbital, Alérian avait assisté à l'envol du cargo de croisière emmenant sa belle-mère et les enfants.

- A bientôt, un de ces jours, je ne sais ni où ni quand, mais dans la mer d'étoiles !

Tournant le talon, le jeune homme se retrouva face à Oshryn Ludjinchraft, le blond second de leur Destroyer.

- Oshryn !

- Désolé de te surprendre. Je voulais juste savoir si tu revenais bien avec nous, pour la prochaine mission.

- C'est prévu.

- Sauf qu'il y a des rumeurs, concernant l'Amiral Zéro… Tu en sais plus ?

- Non, je dois aller voir ledit Amiral ! Entre-temps, tu veux rentrer, avec ton époux, on a du cake !

- Nous ne refusons jamais de la douceur sucrée ! gloussèrent les deux hommes.