La chute était longue. C.c avait un peu l'impression d'être Alice dans Alice au pays des merveilles, ce livre que Lelouch lui avait prêté. Elle eut donc le temps de réfléchir. Que savait-elle sur la dimension A ? D'après les rapports qu'elle avait lu, les auteurs disaient que la personne qui franchissait le portail se retrouvait dans un monde totalement aléatoire, et ne pouvait changer de monde qu'en mourant. En fait, la dimension A était elle-même un portail. D'après les mêmes rapports, il était impossible de choisir son monde, et sortir de la dimension était extrêmement compliqué, mais il n'était pas précisé comment.
C.c sortit de sa réflexion en remarquant que l'espace sombre où elle tombait s'éclaircissait de plus en plus, jusqu'à prendre une jolie couleur bleu clair. En baissant les yeux elle s'aperçut avec horreur qu'environ 100 mètres en dessous d'elle s'étendait une forêt verte ! A se rythme, elle allait s'écraser. Il fallait trouver une solution, et vite. Elle ouvrit son sac et prit le premier vêtement qu'elle trouva et le tendit aux-dessus de ses épaules pour s'en faire un parachute. Mais elle ne ralentit pas. Pourtant ça marchait dans les films ! Bizarre. En attendant, le sol se rapprochait de plus rapidement. C.c ferma les yeux et s'abandonna à son sort. Au moins si elle mourrait , elle changerait d'endroit.
Peut-être que son ange gardien veillait sur elle se jour là. Où peut-être que son ange gardien jouait à la belote avec son ami Fred et que la bonne étoile de C.c le remplaçait. Mais peut importe. Elle fermait les yeux très très fort en esperant que le choc ne soit pas trop brutal quand elle atterit. Bien plus tôt que prévu. Sur quelque chose de mou. Et de haut. Et de beige. Qui se déplaçait. Très très vite. Elle ouvrit prudemment les yeux et se releva, puis se pencha pour voir sur quoi elle était perchée. Ses yeux s'écarquillèrent et elle se retint de justesse de hurler. Elle se trouvait sur la tête d'un géant d'environ 10 mètres de haut. Et il courait droit en direction d'un mur. Elle s'avança tout doucement vers le bord du crâne de ce géant pour regarder le sol. Elle était à hauteur d'arbre. A quelques mètres en dessous d'elle, un sentier. Elle retourna au centre de la tête du géant et s'assit. Il ne lui restait plus qu'à attendre. Peut-être qu'il se passerait quelque chose quand ce géant, qu'elle avait décidé d'appeler Bob, arriverait au mur.
Plusieurs minutes passèrent. Le mur s'approchait et étrangement, alors qu'il courait à pleine vitesse, Bob ne ralentissait pas. C'est alors qu'elle entendit derrière elle un galopement de cheval… Elle courut sur la tête et vit, sur le sentier, un homme d'une trentaine d'année, vêtu d'une cape verte avec un symbole qu'elle ne pouvait pas voir, lui hurler quelque chose.
-Hé toi ! Qu'est-ce-que tu fais là-haut ?
-Pas le temps d'expliquer ! Aidez-moi à descendre !
Et à partir de là tout alla très vite : l'homme lança deux grapins qui étaient accrochés à ceinture sur Bob, actionna quelque chose et fut brusquement tiré. Une fois en l'air, il sortit deux lames et à la hauteur de la nuque du géant, fit deux entailles et atterit sur la tête qrâce à un balencement compliqué sur un arbre.
-Viens !
Il prit C.c par la taille et sauta. Bien lui en prit, car une seconde plus tard, Bob s'effondra.
C.c et l'homme atterrirent doucement à quelques mètres du cheval. Celui-ci attendait patiemment son maître.
-Dit… L'homme la regarda bizarrement. Tu appartient à quel corps de l'armée ? Non, tu dois être une villageoise… Mais tu es bien habillée, serais-tu une noble du mur Sina ? Réponds, enfin !
C'était assez ironique vu que C.c n'avait pas eu le temps d'en placer une. Elle réfléchit. Elle n'avait strictement aucune idée de l'endroit où elle se trouvait et de ce qu'était les « corps de l'armée », mais elle répondit la première chose qui lui vint à l'esprit :
-Je suis une villageoise, mais mes parents sont morts il y a quelques temps, et avec l'argent qu'ils m'ont laissés je me suis achetée ces vêtements…
Son histoire était-elle crédible?
-Ah. Tu aurais dû acheter quelque chose de plus utile.
Apparemment oui.
-Mais bref, je t'ai sauvé la vie, alors tu m'en dois une. Pour avoir l'idée de monter en haut de ce titan pour lui échapper et réussir sans équipement tridimensionnel, tu dois être extraordinairement douée… Tu vas venir avec moi, je vais te présenter au capitaine.
