10.

Une nouvelle semaine s'était à nouveau écoulée à vitesse éclair.

Quand son mari revint dans la véranda, Danéïre lui remplit un verre de thé glacé.

- Je voudrais savoir, car moi aussi tu m'as fait douter en dépit de toutes ces années à te connaître, fit-elle en lui tendant la boisson. Qu'envisageais-tu vraiment : rester et griller la politesse à Warius en démissionnant, repartir en mission avec le Firestarter, ou prendre la place de Warius justement ? Je suis perdue !

- Autant que moi, avoua Alérian en s'asseyant face à elle. J'ai songé à ces trois options ! Et aucune ne me plaisait. Je ne suis malheureusement pas encore prêt, dans le mental, à me poser très longtemps sur le plancher des vaches, pourtant mon corps réclame que je ne le martyrise plus. Repartir, à un moment tenait presque du cauchemar, une énième mission, cela avait soudain perdu toute saveur, une routine trop bien huilée, même si les emmerdes me rattrapent toujours bien vite. Quant à la place de Warius, je n'ai jamais eu aucun plan de carrière, juste bien faire mon boulot et puis pour moi à l'heure d'aujourd'hui Warius est toujours irremplaçable et parfait à son poste.

Le jeune homme demeura un moment silencieux avant de reprendre.

- Au final, c'était continuer à faire ce que j'arrive encore à maîtriser au moins mal qui s'est imposé. Le Firestarter est ma seconde maison, avant même l'Arcadia ou le Warriorshadow ! J'y ai des amis fidèles et un équipage de qualité. Oshryn et Skemdel sont passés à point nommé pour me rappeler cette évidence. Et il m'est bien évidemment également impossible de déserter !

- Hum, deux Pirates « professionnels » ça aurait pu le faire dans la famille rit Danéïre.

- Quoi, tu serais tentée par une vie plus aventureuse ? pouffa à son tour son époux.

- Les garçons deviennent grands. Dans quelques années, les jumelles prendront leur autonomie, leur envol. Il nous faudra réviser nos habitudes, tout en étant là pour eux.

- Je préfère ne pas l'envisager pour le moment. La vie actuelle est déjà bien assez compliquée !

Alérian eut un nouveau petit rire.

- On va s'offrir une autre jeunesse sous peu, si je t'ai bien comprise ?

Danéïre lui lança un petit coussin.

- Vieux, parle pour toi, moi je suis resplendissante !

- Je sais, gloussa-t-il.


Après avoir fait les boutiques et signé le bon pour la livraison des articles au domicile, Alérian avait repris son véhicule pour rejoindre un autre centre commercial.

- Salon de thé, tu t'embourgeoises bien, copain !

Le blond Oshryn éclata de rire.

- C'est ça, c'est le pire gourmand que je connaisse qui va faire des commentaires ! Allez, assieds-toi, je sais que tu vas t'empiffrer comme ce n'est pas possible.

- Évidemment, se défendit Alérian avec dignité. Comment je peux choisir parmi tous ces gâteaux ? Je suis obligé de goûter à tous !

- Pauvre petite chose, s'esclaffa encore Oshryn.

De fait, avec du thé noir et une desserte chargée de toutes les sucreries commandées à la carte, Alérian se sentit dans les meilleures dispositions possibles pour le bref rendez-vous avec le second de son Destroyer.

- L'info du Fil d'Actualité du Réseau Militaire est confirmée ? questionna Oshryn.

Alérian inclina positivement la tête.

- Mon entrevue avec notre Amiral est fixée à dans trois jours pour qu'il me donne les Ordres de Mission. Je pense que, comme plusieurs bâtiments avant nous, il va nous envoyer vers les Abysses. Ça s'agite pas mal dans ce coin de l'Union Galactique.

- Les Abysses, c'est bien là que les trous noirs pullulent ? s'inquiéta le blond Oshryn en buvant une gorgée de chocolat chaud.

- Je crois que ton Officier Scientifique de mari aura plus que du pain sur la planche, convint Alérian. Dans cette prévision, et même sans encore de confirmation, je lui ai transmis les liens des archives des Observatoires.

- Skemdel sera prêt, assura Oshryn. Nous attendrons donc le courrier officiel pour finir de préparer nos bagages. A bientôt, Amiral !

- Parfait, sourit Alérian.

Ensuite, les deux amis ne passèrent plus qu'à des sujets plus légers, tout en savourant leurs pâtisseries.

De retour chez lui, Alérian avait trouvé une Danéïre toute pimpante, la mine un peu coquine même.

- Je sais que tu dois d'abord t'entretenir avec ton père. Vas lui parler. Après tu seras tout à moi, mon bel amour. Je nous ai concocté une soirée ultra privée, tout sera débranché pour qu'on ne soit pas dérangés !

Aux anges, Alérian sourit, dévorant de ses prunelles émeraude le chemisier outrageusement déboutonné qui révélait en partie un body en dentelles qu'il ne connaissait pas !