11.

Au Pensionnat, Alden et Alastor avaient été prévenus d'une visite hors des jours autorisés et ils avaient tout de suite compris.

- Papa !

Les deux jeunes garçons se précipitèrent, quittant leur Dortoir pour gagner en buggy électrique le bâtiment principal du domaine.

- Papa !

Les laissant, la Surveillante Mécanoïde se retira discrètement, non sans au passage jeter un regard appréciateur au jeune homme à la crinière d'acajou, superbe dans son uniforme aux épaulettes et gants marqués de cinq étoiles.

- Papa ! répétèrent les deux jeunes garçons en se jetant dans les bras de leur père.

- Je suis là, au cas où… signala Danéïre, sourire aux lèvres pour atténuer sa remarque.

- Maman !

- Papa tu repars donc… soupira Alastor alors que son père caressait doucement la balafre marquant la joue gauche du cadet de ses fils.

- C'est mon boulot, les enfants. Vous savez que cela ne peut qu'arriver. Mais je tenais à vous l'annoncer en personne, même si vous ne pouviez que le deviner ! Votre maman et moi sommes déjà allés voir vos petites sœurs. Je viens vous embrasser avant de m'envoler pour plusieurs mois.

Les deux jeunes garçons se firent à nouveau câliner par leurs parents.

- Sois prudent, et reviens, papa, murmurèrent-ils avec ferveur et une angoisse faisant légèrement trembler leurs voix.

- Je reviens toujours !

- Reviens ! insista Alastor, en étreignant les épaules de son père, une véritable inquiétude dans ses prunelles.

- Tu as une prémonition, mon grand chéri ?

- Je suis toujours affolé quand tu pars dans la mer d'étoiles ! avoua sans surprise le très jeune adolescent. J'ai ces rêves… Parfois il ne se passe rien. Parfois tu reviens en mille morceaux… Alden, mes sœurs, on ne peut qu'avoir peur pour toi, notre papa !

- Je serai là pour ta remise de diplôme, Alden, promit Alérian en regardant son aîné par-dessus l'épaule de son cadet. Et je ne lâcherai aucune de tes années d'étude, Alastor. Quant à ta, Danéïre…

- Oui, sourit la jeune femme, en rougissant soudain, pour le plus grand plaisir des trois mâles présents !

- Quant à toi, Danéïre, nous serons tous les deux présents, pour longtemps, pour veiller sur nos quatre enfants, et toi non plus ma toute belle je ne t'abandonnerai jamais !

- Je te crois, mon amour, souffla la jeune femme en lui serrant le bras.

- Je reviendrai, ma belle.

- Et j'aurai plein de surprises pour toi, gloussa Danéïre.

- Papa, maman, un peu de décence, nous sommes là ! protestèrent dans le rire leurs deux fils !


De retour chez eux, Alérian et Danéïre n'avaient plus eu que quelques minutes à eux.

Alérian grimaça légèrement.

- On ne fait pas dans le compliqué ? ricana le jeune homme en passant les mains dans les mèches immaculées de sa crinière d'acajou. On a été embrasser nos jumelles, on a fait plusieurs dizaines de bornes pour étreindre nos fils. Et nous sommes revenus à notre point de départ pour que je fasse embarquer mes malles ! ?

- Comme si toi et moi et moi avions jamais su faire dans la simplicité… Et puis, nos moments à nous sont précieux.

- Un nouvel ensemble de lingerie ? hasarda Alérian.

- Hum, je croyais t'avoir donné de sacrés souvenirs pour longtemps, avec mon body, les jarretelles, les bas interminables et surtout mes escarpins à talons aiguilles sans fin eux aussi ?

- Je n suis jamais rassasié ! gloussa Alérian.

- Et sois assuré que je vais piller les boutiques pour te surprendre et te combler au point que je te laisse le soin d'imaginer. Et tu as un esprit fertile !

- Je pense plancher sérieusement et longuement sur le sujet, susurra Alérian en embrassant son épouse.

La sonnerie d'entrée indiquant que la navette terrienne militaire était là pour les bagages, les deux époux se séparèrent, ramenés à la réalité et sans plus d'envie de plaisanter.


Seul néanmoins, comme à l'habitude, afin que rien ne perturbe son départ, Alérian était monté dans le taxi militaire pour rejoindre l'astroport, et ensuite par navette spatiale son Firestarter accroché à son quai orbital.

Alérian prit place dans son fauteuil.

- Firestarter en avant ! jeta-t-il.