La foule se dispersa peu à peu. C.c regarda autour d'elle et fit quelques pas. Elle avait fait sa maligne, mais elle n'avait nulle part où aller maintenant. Elle entendit des pas derrière elle et se retourna. C'était Audrey.
-Hey, euuh… (La blonde jeta un coup d'œil au nom qui flottait au-dessus de la tête de son interlocutrice) Dark Vador ! Tu es folle ou quoi ! Tu sais qui c'est que tu viens d'appeler Tif-Tif ? C'est la meilleure joueuse du moment, la joueuse d'or, Tiffany ! Tu l'a humiliée en public, qui plus est !
-Et donc toi, tu divulgues sa plus grande honte en public aussi, mais tu risques rien ? Rétorqua C.c avec ironie.
Audrey sembla soudainement mal à l'aise.
-C'est autre chose pour moi. Elle ne peux rien me faire. J'adorerais me battre en duel avec elle, mais je ne peux pas…
-Parce-que t'es un PNJ, c'est ça ?
-En quelque sorte.
Il y eu un silence, puis la blonde reprit :
-J'ai un pacte à te proposer.
-Je t'écoutes.
-Ca fait des lustres que je joue à ce jeu et que je rêve de me battre en duel contre cette fille, mais je ne peux pas. Alors voilà : je t'entraîne, te nourris et te loge, et en échange tu ne te déconnectes pas de la semaine, tu gagnes pour moi et tu m'aides, avec ton pote là, à vaincre un boss.
-Mais t'es un PNJ, t'a pas besoin de vaincre de boss, si ?
-Je t'expliquerais tout ça plus tard. Alors ?
Elle semblait terriblement excitée. C.c soupira.
-…
-Alors ?
-C'est d'accord.
-OUIIIHIHIHIHIII !
La blonde se mit à sauter autour d'elle.
-Viens avec moi, lui dit-elle joyeusement en lui prenant la main et en la tirant avec force. La première chose à faire, c'est de te trouver des vêtements convenables et des armes.
10 minutes plus tard, elles étaient dans une grande ville, pleine de boutiques. Audrey bondissait d'excitation.
-Faut aller ici ! Et puis là-bas !
-Euuh, tu sais… J'ai pas d'argent…
La blonde se figea, puis lui sourit.
-Ha. Très drôle. Regarde dans ton inventaire.
-Euh, je fais comment.
La blonde soupira.
-Depuis la nouvelle mise à jour, il faut balayer ta main à droite. Comme ça.
Elle donna un petit coup à sa droite dans l'air avec sa main. C.c fit donc de même et vit un petit menu apparaître devant elle. Elle cliqua sur le petit rond « inventaire » et ses yeux sortirent presque de ses orbites.
-1 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 pièces, murmura-t-elle, et encore, le chiffre n'est pas terminé…
Elle entendit un petit sifflement admiratif derrière elle? C'était Audrey qui avait regardé par-dessus son épaule.
-T'as pas d'argent, hein ?
-Je sais pas… Ca doit être un beug.
-Si tu le dis…(Elle passa sa main dans ses cheveux.) Alors, je te diagnostique : Quatre ou cinq tenues normales, trois tenues de combat, un sac, des accessoires si tu veux. Enfin, pour finir, armes et compétences.
-D'accord, c'est toi qui gère.
Quatre heures plus tard, son inventaire comportait :
-un pantalon et un t-shirt bleu.
-une jupe rouge.
-une veste noire
-une robe victorienne avec chaussures assorties.
-une paire de ballerines et de baskets.
-trois tenues de combat qu'Audrey avait choisies pour elle.
-une sacoche verte dans laquelle elle avait fourré son uniforme des Bataillons.
-une longue épée bleue turquoise. Le vendeur avait précisé avec fierté que c'était un modèle unique nommé Aquarius, puis il avait chuchoté quelques mots à l'oreille d'Audrey.
-une dague argentée.
-un ruban rouge. Elle en coupa un bout et l'attacha autour de sa cuisse, sous sa jupe rouge, puis coinça sa dague toute neuve en dessous.
-un arc doré et des flèches. Elle avait d'abord protesté, mais Audrey lui avait dit qu'elle pouvait toujours le lui donner si elle n'y arrivait pas.
Il ne restait donc que les compétences. A la tombée de la nuit, elles se baladaient toujours dans les rues quand C.c s'arrêta devant une boutique.
-Dit, Audrey…
-Quoi, Vador ?
-ARRETE DE M'APPELER COMME CA !
-Mais c'est ton pseudo !
-Ahem. Les animaux sont-ils autorisés dans les duels ?
Audrey réfléchit quelques instants.
-Oui, mais ils gênent plus qu'autre chose. Sauf s'ils sont mythiques, mais dans ces cas là ils sont hyper-durs à attraper ou super chers à acheter… Hey, qu'est-ce-que tu fais ? Attends moi !
C.c poussa la porte et pénétra dans l'animalerie.
-Chat ?
-Nan.
-Chien ?
-Nan.
-Hiboux ?
-Hey ! Je sais que je m'appelais Hermione avant, mais on est pas à Poudlard non plus !
-Pikachu ?
-Vous vous fichez de moi, là.
Une heure que le marchand exposait son catalogue d'animaux à la jeune fille. Audrey ronflait dans un coin.
-Mademoiselle, je n'ai rien d'autre…
-Vous avez des animaux mythiques ?
-Oui, mais je ne sais pas si c'est dans votre budget…
C.c ouvrit son inventaire et montra le chiffre de pièces qui n'avait pas bougé depuis le début de la journée. Le vendeur déglutit, puis lui fit un grand sourire.
-Suivez-moi, Dark Vador.
C.c soupira puis le suivit.
L'arrière boutique sentait mauvais. Bien qu'il ne soit pas éclairé, on voyait assez facilement grâce à une lumière rouge qui provenait du fond de la pièce. Le vendeur commença son exposé :
-Que désirez vous, Miss Vador ? Une licorne ? C'est ma dernière ? Un tardigrade ? C'est tout petit, mais hyper résistant. Un lamacorn ? C'est rare comme bestiole…
Mais C.c se dirigeaient lentement vers la source de la lumière rouge. Le vendeur le remarqua et palit brusquement :
-Ah non non non, Miss Vador. Tout sauf lui.
-Et pourquoi ? Murmura C.c.
-Parce qu'il a déjà fait 130 victimes parmi les clients, frissonna-t-il. C'est pas bon pour mon com-
-Combien en voulez-vous ?
-Vraiment , Miss, je…
-COMBIEN ?
-Enfin, Miss, je ne peux pas vous le vendre, il est déjà… Réservé.
-Par qui ?
-La joueuse d'or, Tiffany.
-Raison de plus. Je vous en offre 1 000 000 000 000 000 000 pièces.
Le marchand dégluti.
-Vraiment…
-5 00 000 000 000 000 000 .
-Marché conclut.
Ils se serrèrent la main et le vendeur lui tendit la cage recouverte d'un drap noir, source de la lumière.
-Je dois vous prévenir, que personne n'a jamais réussi à le maîtriser. Faites attention.
-Au revoir, monsieur, et merci.
C.c quitta l'arrière boutique.
-Debout, feignasse, on y va.
-Gné ?
-Audreyyyyyy j'ai acheté mon animal !
La blonde se redressa et essuya un filet de bave qui coulait au creux de ses lèvres.
-Montre !
C.c retira le drap noir. Dans la cage, s'étirait un magnifique oiseau de feu.
-Naaaan ! S'exclama Audrey ! T'as acheté un phénix !
-Il est beau, non ?
-Mais trop !
-Bon, je l'appelle comment ?
-Euh, c'est une fille ou un garçon ?
-Une fille ! Cria le vendeur depuis l'arrière boutique.
-Alors, je vais l'appeler Célestia.
-Plus que les compétences, donc.
-Oui, mais après l'achat que tu viens de faire, il doit pas te rester beaucoup…
La jeune fille ouvrit son inventaire. 1 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 pièces. Le nombre n'avait pas changé.
-Si, ça va, déclara-t-elle.
Elles entrèrent dans une boutique sombre.
-Undervendeur ? Appela Audrey d'une voix mal assurée.
-Gnihiihii…
-Viens par ici. Je t'ai amené une bonne cliente.
Un homme surgit alors de l'obscurité. Il avait de longs cheveux argentés qui couvraient la quasi-totalité de son visage, sauf sa bouche qui dessinait un sourire idiot. Il était vêtu d'une longue robe à manches longues noire et d'un chapeau assorti.
-Underseller, il lui faut des compétences.
-Gnihiihii, mais tu connais le prix, Audrey !
-Hors de question !
-C'est quoi, le prix ? Interrogea C.c.
-Tu dois m'offrir quelque chose d'une valeur inestimable… Quelque chose que je ne puisse pas revendre. Pour l'instant, personne n'a jamais réussi, et je n'ai jamais rien vendu… Pourtant je possède les compétences les plus puissantes, hihihi…
-Mais…
-C'est bon, Audrey, t'inquiète, je gère.
C.c s'approcha de Undervendeur et, sans prévenir, lui attrapa le bras et ferma ses yeux.
De longues secondes s'écoulèrent. Audrey regarda Undervendeur et C.c, qui le tenait toujours. Ils ne bougeaient pas. Elle allait commencer à paniquer, quand ils se réanimèrent et que son amie s'effondra.
-C.c !
Undervendeur passa ses mains dans ses cheveux.
-Jeune fille, prends tout ce que tu veux.
Elles sortirent de la boutique quelques minutes plus tard. Undervendeur regarda Audrey s'éloigner en demandant à C.c ce qu'elle lui avait offert, mais sans succès. Il sourit. Il était temps de tester.
-Eh, toi ! Lança-t-il à un passant.
-Oui ?
Ses yeux rougeoyèrent.
-Chante quelque chose. N'importe quoi. En dansant la macarena. En slip.
Les yeux du passant rougeoyèrent à leurs tours.
-Oui, majesté !
Undervendeur éclata d'un rire sonore en voyant le passant se déshabiller puis chanter :
-Ooooh you touch my tralalaaaaa ! Hum, my dingdingdooonnng !
Puis enchaîner sur :
-MAMAAAAAAAA OUOUOUUUUUUUUU ! I DON'T WANT TO DIIIIIIIEEEE !
En dansant la macarena. Il essuya une petite larme.
-C'est ici.
Les deux jeunes filles posèrent leur sac par terre, devant une grande maison.
-C'est grand !
-Oh oui, c'est maison , rétorqua Audrey fièrement.
Elle lui fit visiter ; si l'intérieur était confortable et accueillant, le jardin derrière, lui, ressemblait à un assemblage de machines de torture.
-Ca, ma vielle, c'est ton entrainement, lui dit la bonde en lui tapant dans le dos.
Dès que C.c fut installée dans la maison, elles mangèrent un repas copieux. Puis elles firent la vaisselle. La jeune fille avait appris que la vaisselle était le moment idéal pour apprendre la passé des gens (#Axel) , alors elle demanda à la blonde :
-Tu as dit que tu es presque un PNJ… Ca veut dire quoi ?
Audrey se crispa.
-Je n'ai… pas envie de te le dire.
-Et moi, je possède un phénix qui peut incendier ta jolie maison.
-DONC comme tu le sais, nous nous trouvons actuellement dans le jeu vidéo ALO. Il a été crée il y a assez longtemps maintenant… Mes parents sont des joueurs assidus. Ils n'aimaient pas la vie en général et encore moins ce que la vie leur a fait. Alors, quand j'ai fêté mes 9 ans, ils ont tentés une expérience : « Une fille qui vivrait 20 ans dans un jeu sans en sortir, perdrait-elle la raison en revenant dans le monde ? Au contraire, vu qu'elle avait été préservée des horreurs, des tristesses et des douleurs de la vie, aura-t-elle développé une intelligence extraordinaire ? » Voilà la question qu'ils se sont posé. Ca fait maintenant 10 ans que je suis prisonnière du jeu. Mes parents m'avaient offerts un NerveGear trafiqué pour mon anniversaire. Je ne peux pas me déconnecter, moi. Ca fait tellement de temps que je suis ici que le jeu m'a absorbé, en quelque sorte. Je deviens peu à peu un PNJ : j'ai perdu mon pseudo et ma barre de vie, et des fois ma volonté…
C.c posa son chiffon.
-Je me trouve des motivations, mais là j'en manque… Et toi ? Lui demanda-t-elle, comment te motives-tu ?
-Et bien… (Elle lui fit un clin d'œil) je m'amuse.
