Bonjour, bonjour ! Voici le chapitre 2 en bonne et due forme ! Je dois malheureusement vous annoncer qu'il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre non plus, c'est la mise en place de l'intrigue, je dois amorcer la relation future de Harry et Drago, et pour ça il faut qu'ils acceptent l'idée qu'ils sont coincés l'un avec l'autre pour un bon moment (chose particulièrement difficile pour Drago XD).

Bref, vous avez certainement remarqué que j'ai décidé d'être ponctuelle. Je publierai donc tous les jeudi après-midi (l'heure de publication dépendra totalement de celle de mon réveil !). Sachez que j'ai déjà écrit les 4 chapitres suivants, et que par conséquent, elle sera plus longue que prévu (mais ce n'est pas trop grave, n'est-ce pas ?)

Je sais que vous n'en avez rien à faire mais, je me suis enfin inscrite sur Pottermore ! Et je suis à Serpentard, yeah ! (Okay, si j'avais pas triché, je serais certainement à Gryffondor à l'heure actuelle... Mais on s'en fout !) Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est Pottermore, c'est un site interactif qu'a créé J.K. Rowling à l'attention des fans de la saga, afin de nous permettre de revivre l'incroyable histoire d'Harry Potter de façon interactive. On suit l'histoire chapitres par chapitres, on intègre une maison, on fait des duels, des potions, on gagne des points pour notre maison, et on peut découvrir des écrits exclusifs de la main de J.K. Rowling qui n'existent nul par ailleurs ! Des détails qu'elle précise, des histoires qu'elle raconte, des anecdotes sur la façon dont elle a écrit Harry Potter. C'est vraiment un site très bien fait ! Et pour les ennemis des langues étrangères, c'est en français ! Le seul petit point noir est qu'on ne peut pas personnaliser son pseudo. Mais à part ça, ce site interactif est très beau et très bien fait ! Avis aux fans !

PS : Pour ceux ou celles qui sont déjà sur Pottermore et qui veulent m'ajouter comme amie, mon pseudo est CoupeDraconis20480 (si vous m'ajoutez, précisez seulement que vous êtes mes lecteurs, sinon je risque de vous supprimer ^^')


Chapitre II

Soyons amis


Harry et Drago, désormais seuls à la table des Gryffondors, tournaient le dos à l'autre binôme et se toisaient du regard, indécis. Se faire face ainsi, sans s'entre-tuer était suffisamment rare pour qu'aucun des deux n'ait envie de sacrifier cet instant en faisant une remarque désobligeante. Néanmoins, Harry fut le premier à briser ce silence qui devenait inconfortable.

– Il faut se mettre d'accord sur les cours que nous allons suivre.

Sa phrase avait été à moitié chuchotée, presque comme une confession inavouable. Mais Drago l'avait entendue. Et imperceptiblement, il avait sourit. C'était certainement la première fois qu'il entendait Harry murmurer, rester calme face à lui. Il se mit donc à réfléchir. Les seuls cours qu'ils avaient séparément cette année, étaient Métamorphose, Astronomie et Histoire de la Magie.

– Métamorphose et Astronomie, se contenta-t-il de dire.

En effet, les choses étaient simples. Lorsqu'Harry avait Métamorphose, Drago avait Histoire de la Magie et lorsque c'était à Harry d'avoir HDLM, Drago avait Astronomie.

– On ne va pas en Histoire de la Magie ?

– Nous sommes l'Histoire, Potter. Nous étions là. Personne ne nous en apprendra plus, spécialement à toi.

Harry resta silencieux face à la prestance de son vis-à-vis. Du plus loin qu'il s'en souvenait, c'était la première fois que Drago assumait son rôle dans la Guerre et reconnaissait son rival comme étant le protagoniste principal de leur victoire. D'une certaine manière, cela le rendait heureux. Ou du moins, moins maussade. Drago le reconnaissait comme un sorcier à part entière et lui accordait la valeur de héros qu'il lui avait toujours refusée. Du coup, il eût envie de s'engager sur cette pente glissante qu'était la concession et reprit la parole :

– Oui, tu as raison.

Drago paru s'étrangler à l'entente de la réponse de son rival. Cependant, il se contenta d'afficher un petit sourire narquois qui lui était si caractéristique.

– Dans ce cas, on commence demain par Astronomie.

Harry sourit. Il avait longtemps hésité entre Métamorphose et Astronomie au début de l'année, mais son désir d'en apprendre plus sur la condition d'animagus de son parrain l'avait poussé à choisir le cours de McGonagall. Pourtant, l'étude des étoiles l'avait toujours fasciné et l'occasion qui se présentait était en or. Il avait toujours dû choisir entre cette matière et une autre pendant ses années à Poudlard, et malheureusement l'Astronomie était toujours passée à la trappe, contrairement à Drago qui avait même sacrifié ses cours d'Arithmancie pour sauver ceux d'Astronomie.

– J'ai hâte d'y être, répondit Harry.

– Nous étudions la constellation des Gémeaux ce moment, se contenta d'ajouter Malefoy.

Et alors qu'il disait cela, l'autre binôme s'était approché d'eux. Harry ignorait le nom de la jeune fille, il se contenta donc de discuter avec le Serdaigle.

– Quels cours allez-vous suivre ?

– On a choisi DCFM et Métamorphose, répondit-il.

– On sera tous ensemble en Métamorphose dans ce cas !

Harry sourit de nouveau. Les Gryffondors avaient quelques cours en commun avec les Serdaigles, dont Métamorphose, et Gwaine était un garçon sympathique.

Pour une raison encore inconnue, Malefoy, lui, n'avait pas l'air de trop apprécier le jeune homme et lui lançait des regards noirs.

Ils passèrent le reste de la journée ensemble, tous les quatre, malgré les réticences de Drago qui restait en retrait. À l'heure du repas du soir, comme prévu, ils mangèrent tous ensemble, bien que le Serpentard se soit enfermé dans un mutisme de mauvaise foi et n'en sortant que pour contredire Gwaine.

Vint bientôt l'heure de se coucher, accueilli comme une libération par Malefoy qui manifestait ouvertement sa satisfaction de quitter la petite troupe.

Harry souffla le mot de passe à la Grosse Dame qui s'écarta pour le laisser passer. Le feu crépitait dans l'âtre, flamboyant de ses vives couleurs sur les tissus rouges des fauteuils et du canapé. Ron discutait joyeusement avec Dean et Seamus, ne remarquant pas l'arrivée d'Harry. Ce n'était pas bien grave. Le Sauveur ne voulait pas le déranger et n'avait de toute façon qu'une idée en tête : dormir. Il monta donc discrètement dans les dortoirs, souriant d'amusement en entendant le sujet de conversation de Ron. Hermione. Depuis que ces deux-là sortaient ensemble, ils étaient presque devenus le centre de la vie de l'autre à un point qui en devenait parfois comique aux yeux d'Harry.

Il pénétra dans le dortoir à pas lourds et s'assit sur le bord de son lit, plongé dans ses réflexions. Neville dormait déjà et sa respiration régulière le berçait. Il ferma peu à peu les yeux, trouvant dans le silence du dortoir, une quiétude improbable et rare, qu'il n'avait pas su trouver lors des 17 dernières années. Le Survivant s'allongea alors sur son lit après avoir retiré ses chaussures et ferma les rideaux du baldaquin. Il resta ainsi quelques minutes, les bras croisés derrière sa tête, attendant simplement que son rythme cardiaque s'atténue progressivement. Il songea alors à Malefoy. Il allait devoir le supporter toute une semaine et cette simple idée l'épuisa. Pourtant, cette perspective ne l'ennuyait pas autant qu'il aurait bien voulu l'admettre. Drago était une énigme pour lui et il attisait sa curiosité à tout-va. Lors de ces dernières années, pendant la guerre, le jeune Sang-Pur avait toujours agi à l'inverse des attentes d'Harry. Lorsque Bélatrix avait sollicité son neveu pour déterminer si oui ou non le jeune homme au visage déformé qu'elle avait enfermé était bien Harry, Drago l'avait complètement surprit en faisant mine de l'ignorer. Lui qui l'avait ouvertement haït depuis leur première rencontre, lui avait donné une chance de sauver sa vie. Puis, plus tard, dans la Salle sur Demande, il avait carrément hésité à le tuer alors même qu'il était encouragé par Goyle et Blaise. Harry avait d'abord cru que c'était par manque de courage, mais lorsque la baguette de Drago avait changé d'allégeance pour lui, Ollivander lui avait implicitement soufflé entre deux lignes qu'il y avait une raison toute particulière au fait qu'elle ait changé pour lui et pas pour le Lord Noir comme si on avait éduqué cette baguette de sorte qu'elle suive les traces du Sauveur. Comme si Drago lui-même avait fait le choix de supporter Harry malgré la frayeur que lui inspirait Voldemort. Et c'est précisément cette idée qui laissait Harry dubitatif. Que s'était-il passé dans l'esprit de Malefoy pour qu'il en vienne à changer d'allégeance, pour lui, son pire ennemi depuis plus de six ans ? Les idées les plus étranges lui passaient par la tête, tentant de justifier les actions de Drago, mais aucune hypothèse plausible ne lui sembla être la bonne. Finalement, Harry décida d'arrêter de réfléchir et songea seulement à ce à quoi Malefoy pouvait bien penser dans ces moments-là, aux portes du sommeil. Il s'intima à tort, qu'il n'aurait jamais la réponse.


– Dégage de la Potter, je déteste quand les gens s'invitent dans mon champ de vision…

– Tu me détestais déjà avant de toute façon. Donc ça ne change pas grand-chose, n'est-ce pas ?

Malefoy avait légèrement tressailli à la réplique de sa némesis. Cependant, Harry n'en fit pas grand cas puisqu'il continua sur sa lancée.

– Bonjour, DRAGO.

Il avait prit soin d'appuyer sur chaque mot, insistant sur le reproche et la provocation.

– Je t'interdis de m'appeler par mon prénom, POTTER.

Le Sauveur se mit alors à rire en constatant que le Sang-Pur était rentré dans son jeu.

– Et bien DRAGO. Si nous allions manger ?

– Je n'ai pas faim, POTTER.

– Et ben moi si, alors tu ramènes tes fesses par ici, sans discuter !

Malefoy allait répondre à l'affront que le Gryffondor venait de lui faire en osant lui donner un ordre, mais les gargouillis de son estomac le mirent dans une gêne incommensurable. Son corps, son propre corps l'avait trahi ! C'était la première fois !

– Très bruyant pour quelqu'un qui n'a pas faim, lâcha Harry avec amusement.

Malefoy se contenta de feuler à cette remarque, se jurant de ne plus jamais mentir sur l'état de son estomac en présence de Potter. Cet abruti le mettait en colère et la colère lui donnait faim.

Ils quittèrent alors les cachots où Harry était venu attendre Sa Majesté Drago Malefoy et remontèrent dans les couloirs du rez-de-chaussée, repérables de loin dans leurs robes de sorcier blanches.

Habituellement, lorsque l'un des deux pénétrait dans la Grande Salle, tous les élèves posaient leur regard sur le nouvel arrivé. Mais maintenant qu'ils faisaient tout ensemble, et qu'ils arrivaient en même temps, même les professeurs interrompaient leur conversation pour vérifier qu'ils ne s'étaient pas entre-tués. Ainsi, lorsqu'ils entrèrent dans la Grande Salle, l'atmosphère légère qui y régnait était soudain devenue pesante. La présence des deux élus côtes à côtes avait fait mourir les commentaires indiscrets au fond de la gorge des élèves, trop impressionnés. Harry posa un regard sur Gwaine, gêné, et se tourna vers Malefoy pour le prévenir qu'il allait s'asseoir. Marmonnant dans sa barbe, le Serpentard grommela un juron incompréhensible, pestant visiblement contre cette foutue obligation qu'il avait de toujours suivre Potter partout. Ils s'avancèrent vers la table des Rois et sentirent les regards des élèves les suivre comme des mouches. Harry s'assit le premier, à côté de Gwaine et invita Drago à se joindre à eux, non sans lever les yeux au ciel, affligé par la condescendance de son binôme. Puis, intrigué, il se pencha vers Gwaine alors que l'animation revenait peu à peu dans la Grande Salle.

– Qu'est-ce qu'ils ont tous à nous regarder comme ça ? demanda-t-il.

Le Serdaigle jeta un bref regard amusé à sa « conjointe » et se tourna vers Harry, un sourire aux lèvres.

– Et bien il faut admettre qu'en ayant connaissance du fait que vous passez désormais tout votre temps ensemble, vous voir débarquer côte à côte et sans aucune égratignure, est quelque chose de tout à fait étonnant.

Harry cligna des yeux plusieurs fois. Qu'y avait-il d'étonnant à ce qu'ils soient encore en vie ? Il était à peine 8h du matin. Le Survivant chercha alors le regard de son meilleur ami, espérant y trouver une ombre d'explication, mais lorsqu'il le capta enfin, il n'y trouva qu'un sourire amusé et une étincelle de fourberie au fond des yeux.

– C'est quoi ça ? cracha soudain Malefoy, sans aucune considération pour l'instant réflexion de son voisin.

C'est en entendant cela qu'Harry prêta enfin attention au petit déjeuné qui trônait sur la table. Dans d'immenses plats circulaires se trouvait une quantité impressionnante de lard, de poulet et autres charcuteries très peu indiquées pour un estomac à jeun. Il y avait également du fromage enfermé sous cloche ou encore des fruits cuits déjà à moitié mangés par Gwaine. Malefoy pesta à nouveau. C'était bien beau les chouquettes, les gâteaux à la crème et tout ça, mais ils n'avaient pas de café au Moyen Âge ? Ou même du chocolat, au pire. Harry ricana à cette remarque avec amertume. Dans le genre « Je suis un Sang-Pur, moi, Monsieur » Malefoy se posait là. Il n'avait visiblement jamais prit la peine d'étudier l'Histoire Moldue.

– Le café n'a été importé en Europe qu'au XVe siècle, Malefoy.

Drago le tua du regard. Bien sûr qu'il le savait ! Ce n'était qu'une simple remarque ironique ! Mais à la vue du petit sourire narquois du Sauveur, Malefoy comprit qu'il s'était fait avoir. Sérieusement, que faisait-il à Gryffondor celui-là ?

– J'ai choisi ! dit alors Harry.

Drago sursauta imperceptiblement. Avait-il lu son esprit ou un truc du genre ?

– Je vais prendre une poire avec du lard. Ça a l'air délicieux ! acheva le Gryffondor.

Malefoy souffla de soulagement. Quel crétin celui-là !

– Tu devrais te servir avant que tout ne disparaisse, Malefoy, conseilla Gwaine.

Mais alors que le principal intéressé s'apprêtait à lui répondre d'aller se faire voir, McGonagall imposa le silence d'un coup de cuillère sur son verre. Tous se turent et elle se leva sans attendre.

– Mes chers élèves, aujourd'hui est le premier jour de cohabitation de nos Rois et Reine respectifs. Les professeurs et moi-même avons donc décidé de pimenter un peu l'événement.

Les regards de Gwaine et Harry se croisèrent, sentant le coup fourré à plein nez.

– Afin de vous inclure dans le jeu, nous avons décidé de vous confier, à chacun d'entre vous, 10 points. Il vous sera possible, à condition de former un binôme avec un élève de la même maison que le binôme de votre Roi ou Reine, d'affronter des binômes formés par les deux autres maisons afin de récupérer leurs points. Les binômes royaux posséderont chacun 100 points. Il vous sera possible de les affronter et de prendre leur place en cas de victoire. Mais attention ! Quel que soit le binôme que vous affrontez, si vous perdez, vous repartez de zéro ! Il est interdit d'affronter deux fois le même binôme. Une fois le binôme formé vous ne pouvez le dissocier. Vous devez tous participer. L'usage de sort de métamorphose forcée est interdit, la consommation de Polynectar l'est également, dit-elle en regardant Ron d'un œil suspicieux. Les duels peuvent être de plusieurs natures. Les duels magiques sont autorisés à la condition qu'un arbitre soit présent. Les courses en balais le sont aussi. Les jeux intellectuels sont aussi encouragés. Les totaux des points de chaque maison seront faits à la fin de la semaine.

McGonagall se tut un instant, attendant une quelconque réaction de la part de ses élèves. Chaques maisons associées se regardaient dans le blanc des yeux. Gryffondors et Serpentards se toisaient, tentant un instant de s'imaginer en binôme avec un représentant du camp ennemi. La plupart des élèves étaient dubitatifs, pourtant l'idée semblait plaire. Mais, inévitablement, tous les regards se tournèrent vers Harry et Drago. Qui sur cette planète était censé pouvoir les battre ? Qui même serait assez fou pour essayer ? Séparément, survivre à un duel contre l'un d'eux relevait déjà de l'exploit. Mais les deux ensemble, tous les élèves réunis n'y parviendraient pas. Relativement gêné d'être à nouveau le centre de l'attention, Harry chercha un quelconque secours auprès de McGonagall, qui reprit la parole.

– Dans le but de vous évaluer, les professeurs sont autorisés à lancer des défis à leurs classes. Les vainqueurs remporteront une quantité de points à la hauteur de la difficulté de l'épreuve. Mais contrairement aux Quatre, vous ne pouvez pas suivre les cours avec votre binôme. Vous devez vous en tenir à votre emploi du temps. Le destin du binôme peut reposer sur un seul. Cependant, il est préférable de rester ensemble en dehors des cours afin de faire face aux défis de vos camarades.

À l'autre bout de la salle, Ron croisa le regard de Blaise Zabini et eut un léger sourire. Pour une fois, la fourberie Serpentard et l'audace Gryffondor allaient faire bon ménage. Il vit alors son complice se pencher sur sa voisine et interpella Hermione.

– Hey, Mione, je t'ai trouvé un binôme.

Quelle ne fut pas la réaction de la jeune fille tout juste rentrée de Londres, lorsque son regard se posa sur Pansy Parkinson.


Le petit déjeuner était fini. Harry et Drago s'étaient retirés de la Grande Salle en silence, dubitatifs.

– Il y a deux options, commença Harry.

– Soit on est assailli de duels, soit on est fuit, acheva Drago.

Ils se regardèrent dans le blanc des yeux. Ils préféraient la deuxième solution. Ils avaient bien conscience de former le binôme à abattre, mais en même temps, ils savaient parfaitement qu'ils faisaient peur. Harry, pour le pouvoir démentiel qu'il avait déployé face au Lord Noir, et Drago, pour sa nature d'ancien Mangemort et ses capacités non négligeables. Finalement quoi qu'ils fassent, ils se démarquaient toujours.

Mais l'heure n'était plus à ce genre de réflexion. Le premier cours de Métamorphose en commun allait débuter et Drago semblait plutôt ravi de rater ses cours d'Histoire de la Magie. Les élèves de Gryffondor et Serdaigle s'assirent tous à leurs places, attendant que le cours commence. Harry et Drago entrèrent, non sans une légère appréhension de la part du Serpentard. Seul au milieu des Aigles et des Lions, il se sentait piégé. Mais alors qu'il s'asseyait, il vit Harry sourire vers le fond de la salle. Intrigué, il fit volte-face et aperçu le visage de Gwaine Puckdown. Il grogna. Celui-là, il finirait certainement par le tuer un jour.

– Bien ! Sortez vos livres, annonça McGonagall en entrant dans la pièce. Comme vous l'avez sans doute constaté, ce cours réuni les Quatre au complet. N'oubliez pas qu'en cas de besoin, il vous est impératif d'aider le binôme de votre Roi.

Cette annonce concernait surtout Willow et Drago, puisqu'aucun de leurs congénères n'étaient là pour aider Harry et Gwaine.

– Bien ! Avant les vacances, nous avons étudié la métamorphose forcée des Changelins. Qui peut me dire quelles sont les caractéristiques d'une métamorphose forcée ? demanda McGonagall.

Harry fut le premier à se manifester et une légère rumeur s'éleva dans la salle. Drago et Willow étaient certainement les seuls à n'avoir pas connaissance des prédispositions du Sauveur pour la Métamorphose.

– Un autre que Monsieur Potter ? demanda la directrice.

Un Serdaigle se risqua alors à l'exercice, la voix légèrement mal assurée. Malgré cela, il répondit correctement et Drago se mit à ricaner en voyant l'air boudeur de son voisin. Il lui arrivait souvent aussi d'être mit sur le banc de touche à cause de ses bonnes réponses trop récurrentes. Cependant, il était absolument hors de question qu'il montre ne serait-ce qu'une once de compassion.

McGonagall remercia le Serdaigle est sorti sa baguette. D'un simple geste, elle indiqua à la craie blanche d'écrire sur le large tableau noir. Drago observa les lettres se tracer au fur et à mesure, tentant d'anticiper le message final.

– Aujourd'hui nous démarrons un nouveau chapitre, dit la professeure en posant un regard malicieux sur Harry qui, trop occupé à observer dehors, ne voyait pas le tableau.

Lorsque les autres élèves parvinrent enfin à lire le titre écrit au tableau, un grand soupir s'éleva dans la salle.

– Les Animagus du Ministère, acheva Minerva.

En entendant cela, Harry, qui avait la tête posée sur sa main, ne maîtrisa pas sa réaction et son coude glissa de la table dans un bruit sourd. Cherchant alors à savoir ce qui pouvait bien ENCORE arriver à son abruti de binôme, Drago tourna négligemment la tête vers lui. Il fut pour le moins surpris d'entrapercevoir sur son visage cette expression étrange, comme un mélange de joie, de reconnaissance, d'inquiétude et de peine. Le Serpentard resta figé. Comment pouvait-on arborer un tel nombre d'émotions contradictoires dans la même seconde ? Et pourquoi réagir si violemment face à un simple sujet de cours ?

– Quelqu'un peut-il me donner la liste des membres ministériels officiellement déclarées ? intervint McGonagall.

Harry déglutit imperceptiblement et leva lentement la main, tremblant, le regard grave. Malefoy savait parfaitement que le souvenir de son cousin était un souvenir cher au Survivant et tout le monde connaissait désormais la vraie nature de Sirius Black.

– Monsieur Potter ? interrogea Minerva.

Harry, qui avait oublié de respirer, ne parvint pas à prendre la parole, trop surprit d'être enfin interrogé. C'est à un discret raclement de gorge de la part de son aimable binôme qu'il se mit à réagir.

– Le ministère compte 18 Animagus parmi ses représentants. La liste n'est pas accessible au public, mais cinq d'entre eux sont bien connus pour les nombreuses affaires à haut risque qu'ils ont effectuées. Il s'agit des frères Park, John, Armel et Billy, ainsi que de Julia Connell et de Faith Wood qui est aussi la mère supposée de Barty Croupton Junior.

La classe resta silencieuse face à cette déclaration. Harry était vraiment incollable sur les Animagus. Le reste du cours se passa sans embûches. McGonagall évita soigneusement de lancer un quelconque défi, bien consciente qu'il avantagerait grandement le binôme Potter-Malefoy, déjà bien avantagés par leurs propres capacités. Au sortir de la salle, Drago resta étonnement muet alors qu'ils se dirigeaient vers leur cours commun de divination. Harry apprécia ce silence à sa juste valeur, jusqu'à ce qu'une idée émerge de son esprit embrouillé.

– Malefoy.

– Hummm... ? grogna l'interpelé sans prendre la peine d'ouvrir la bouche.

– De quoi est-ce que tu parles avec Ron ?

Le Gryffondor ne s'était certainement pas attendu à ce que sa némesis s'arrête d'un coup au milieu du couloir, puisqu'il qu'il lui fallu plusieurs mètres de distance entre eux avant de réagir.

– Malefoy ?

– Qu'est-ce qu'il t'as dit ? demanda le Serpentard avec un visage convulsé.

Harry s'étonna de le voir réagir si violemment à sa question et redescendit à sa hauteur.

– Que tu cherches des infos. Sur un Gryffondor. Quel genre d'info peut être suffisamment important à tes yeux pour que tu requiers l'aide de Ron ?

– Tsss... A croire que ton pote Weasley est le seul être humain sur cette planète à ne pas s'effrayer de ma présence, cracha-t-il avec ironie, dégoûté. C'est bien ma veine.

– Il n'est pas le seul.

– Joue pas à ça, Potter. Tu me hais.

– Si je te haïssais, je t'aurais laissé brûler dans la Salle sur Demande. J'aurais pu t'aider si tu m'avais demandé.

– Ecoute Potty, quoi que tu fasse, t'aurais pas pu m'aider. Alors lâche l'affaire, grogna Drago.

Harry soupira. Malgré ses airs d'anges dans sa robe de sorcier blanche, Malefoy était d'une véhémence insupportable. Ils continuèrent à marcher en silence, suivant la foule d'élèves qui se précipitaient vers leur salle de cours.

– Ça ne changera jamais, hein ? intervint soudain Malefoy.

– Quoi ?

– En six ans, pas une fois nous n'avons eu de conversation civilisée.

– C'en est une… affirma Harry.

– Pourquoi tu fais ça Potter ?

– Quoi ? répéta le Sauveur.

– Ça. Jouer le bienveillant héros qui tente de ramener l'ennemi sur le droit chemin. Tu présumes de tes forces Potter, et je ne t'ai rien demandé.

Harry ne sut pas tout de suite quoi répondre. Drago pensait-il qu'il essayait de l'aider ? Ce n'était absolument pas le cas. Et le fait est qu'ils s'étaient haït pendant plus de six ans et qu'ils s'en étaient contenté. Pourquoi cela changerait-il aujourd'hui ?

– Essayons d'être ami, se surprit à dire Harry.

Malefoy l'observa un instant, le regard vide et le visage sombre. Si cela était une mauvaise blague, la plaisanterie était de mauvais goût.

– Tu te fous de ma gueule, Potter !? Me coller pendant une semaine ne t'autorise pas à me prendre pour un con !

Visiblement excédé, Malefoy profita du fait de se trouver à moins de deux mètres de la salle de Divination pour y pénétrer et ainsi couper court à la conversation. Harry était resté figé dans le couloir, surprit par la réaction de son éternel rival. Avait-il dit quelque chose de mal ? Certes cette demande lui avait échappée, mais finalement, n'était-ce pas une bonne idée que de vouloir le tenter ? Le Sauveur était dubitatif. Il n'arrivait vraiment pas à saisir le mode de pensée de Drago. Peut-être le Serpentard le détestait-il vraiment finalement. Cette idée l'attrista plus qu'il ne voudrait jamais l'admettre, mais le résultat était là : il avait tenté de changer les choses et Malefoy s'était braqué, totalement réfractaire à l'idée. Mais soudain, Harry fut tiré de ses réflexions par une puissante attraction qui s'exerça sur lui. Sa robe de sorcier se tendit vers la salle de cours et l'entraîna brusquement vers sa place, le laissant s'étaler de tout son long sur le Serpentard aux cheveux blonds.

– Bordel Potter, qu'est-ce que tu fais !? s'écria Drago alors que toute la salle les observait.

– Désolée, je crois que nos robes de sorcier sont connectées.

– Quoi ?

– Silence ! intervint Sibylle en enfilant ses lunettes. Mes enfant, bon retour parmi nous ! Nous allons continuer notre chapitre sur la divination par lecture des lignes de la main. Sortez vos livres ! Chapitre de la chiromancie !

Profitant de l'inattention de leur professeure pendant qu'elle farfouillait dans ses affaires, Drago se tourna vers Harry.

– Potter ! Comment ça « connectées » ?

– Je crois qu'elles sont magiquement liées. Si l'une s'éloigne trop de l'autre, elles se rejoignent par leurs propres moyens.

– Oh, super ! se plaignit Drago d'un ton las.

– Monsieur Malefoy ! bafouilla Trelawney. Et Harry Potter… Vous avez déjoué le destin tous les deux… « Comment » est une question qui relève de l'impossible. Par contre, savoir « pourquoi » est une chose plus évidente.

Son air de possédée habituel prêtait à rire. Mais ni Drago ni Harry n'avait le cœur à la plaisanterie.

– Monsieur Malefoy ! répéta-t-elle. Prenez la main de Monsieur Potter.

– Quoi ? s'insurgea-t-il, incrédule.

– Ne vous faites pas prier, allez !

Malgré sa réticence, Malefoy dû tout de même s'exécuter. Alors, tremblant légèrement, il saisit la main tendue du Sauveur et tourna la paume vers le ciel.

– Très bien, c'est très bien, dit Trelawney, visiblement en extase. Lisez-la. Que voyez-vous ?

Le Serpentard, hésitant, se contenta tout d'abord d'observer. Mais, sous les yeux inquisiteurs de l'étrange professeure, il finit par céder et posa son index au creux de la main légendaire. Il fit glisser son doigt le long de la ligne de Vie, puis dévia vers la ligne de Tête.

– Et bien, les deux lignes inférieures se rejoignent sous l'index, ce qui indique que sa vie a été rythmée par de nombreux choix qui portaient à conséquence. La ligne de Vie s'interrompt trois fois, ce qui suggère qu'il a frôlé la mort de peu à trois reprises.

Pendant qu'il parlait, Drago laissa inconsciemment balader son doigt au creux de la main, sans se rendre compte qu'Harry avait fermé les yeux en l'écoutant parler. Le Serpentard, très choqué par ce qu'il venait de découvrir, n'arrivait plus à réfléchir. À vrai dire, jamais il n'aurait songé au fait qu'Harry ait vraiment pu risquer sa vie à de si nombreuses reprises sans jamais laisser paraître quoi que ce soit. Alors, petit à petit, le regard de Malefoy sur le Survivant changea, bien malgré lui.

– Et ensuite ? intervint à nouveau le professeur. Poursuivez.

Drago déglutit. Il ne lui restait à lire que la ligne de Cœur. Mais pour d'obscures raisons, le jeune homme à la peau diaphane était réticent à le faire. Mais une fois de plus, le regard inquiétant de Sibylle le poussa dans ses derniers retranchements.

– L-la ligne de cœur est irrégulière, signe de sentiments désordonnés. La petite ligne parallèle qui débute à quelques millimètres du majeur souligne une relation de longue date mais peu concrète.

Alors qu'il disait cela, Malefoy leva les yeux vers son vis-à-vis qui, lui, maintenait les siens clos, et continua machinalement de glisser son doigt dans le creux de la main.

– Et cette ligne-là, suggère les sentiment de quelqu'un d'autre à son égard.

Trelawney sursauta et regarda Drago avec de grands yeux. Elle saisit alors la main d'Harry énergiquement, le faisant sursauter également. Elle glissa ensuite son doigt sur la ligne de Cœur et releva les yeux vers Malefoy.

– Mais vous avez raison Monsieur Malefoy. Votre niveau est impressionnant ! Ce genre de détail ne s'exploite qu'au niveau professionnel ! Vous avez tout pour devenir un FORMIDABLE maître en Divination ! C'est EXCEPTIONNEL !

Comme si le château avait senti la folie montante de Trelawney, accrochée à la manche de Drago, la sonnerie résonna de sa bonne grâce et mit fin au supplice du Serpentard. Drago se releva alors d'un bon, arrachant son bras à l'emprise de l'inquiétante professeure. Il saisit ensuite Harry par le col de sa robe et le tira derrière lui, l'obligeant à sortir sa baguette pour faire suivre leurs affaires par lévitation, n'ayant pas prit le temps de les ranger. Ils quittèrent ainsi la salle avec précipitation. Malgré son étonnement, Harry perçut le léger tremblement qui secouait son binôme et se garda de faire le moindre commentaire, ignorant, de toute façon, les raisons de son état. Alors, crû-t-il, il tenta de changer de sujet, espérant lui faire lâcher prise.

– Alors comme ça quelqu'un m'aime, hein ? Qui est-ce ?

Malefoy s'arrêta soudain dans sa course effrénée et regarda Harry avec surprise. Le Survivant s'étonna. C'était certainement la première fois que Drago se laissait surprendre à afficher de telles expressions en sa présence.

– J-je… Les lignes ne fournissent pas ce genre…

Drago réalisa soudain qu'il agrippait toujours Harry et le lâcha en un geste brusque.

–… d'informations, acheva-t-il alors.

Harry regarda son binôme sans un mot. Pour une raison encore obscure, il savait que Malefoy lui cachait la vérité. Il disposait d'informations qu'il ne voulait pas divulguer. Mais alors qu'il allait inciter le Serpentard à en dire plus, les regards de deux élèves derrière Drago attirèrent son attention et il fit signe à son binôme de se retourner. Malefoy fit volte-face alors que les deux élèves s'approchaient.

– Vous voulez quoi, les moucherons !? cracha-t-il.

L'un des deux, celui aux couleurs de Serdaigle, s'avança avec méfiance et dit :

– Je m'appelle Mattiew et voici Sam. Même si nous ne sommes pas dans la même maison, nous sommes frères.

Harry les observa curieusement. Effectivement, les deux garçons se ressemblaient légèrement. Cependant, ce détail n'était pas celui qui l'inquiétait le plus. Si ces deux garçons, qui n'avaient certainement pas plus de 12 ans, venaient les affronter, avec un Drago en colère, il ne donnait pas cher de leur peau.

– Et !? vociféra le susnommé. Qu'est-ce qu'on en a à faire ? Dégagez !

– Et nous voulons un duel magique ! annonça enfin Mattiew.


Oh ! Suspence ! Mékeuvatilsepacé ? Vous le saurez jeudi prochain 8D !