CHAPITRE 7 : Lorsque le passé refait surface

Il fallait se rendre à l'évidence : Draco Malfoy n'était pas une référence en matière de pharmaceutique. Non pas qu'il ne fut pas bon dans son métier, loin de là même, mais son passé de Mangemort le poursuivait, comme s'il avait été fautif, comme s'il n'avait pas essayé de se racheter depuis. Il avait même suivi des études de médicomagie mais ça n'avait pas été un franc succès et il avait raté deux fois son concours de première année. Comme l'exigeait la dure loi de la filière, il n'avait pas été autorisé à le passer une troisième fois. Il n'était pas allé étudier dans les pays de l'Est comme avaient fait certains de sa promotion, il estimait que ce n'était pas une bonne façon de faire. Parfois, il fallait aussi savoir accepter l'échec. Il s'était ré-orienté vers la pharmaceutique où il avait assez brillamment enchaîné les années d'études. Finalement c'était plus adéquat pour lui de travailler sur du matériel scientifique, sa baguette dans la poche de sa blouse.

Il avait rencontré Astoria à une soirée. Il n'avait pas eu particulièrement envie d'y aller mais il y avait été entraîné par Pansy. Elle était là, jolie comme tout, mais aussi terriblement inconnue. Il l'avait déjà vue plusieurs fois à Poudlard. Elle était la sœur cadette d'une fille de la même promotion que lui. Il ne s'était jamais attardé sur Daphnée et pas plus sur sa sœur. Mais au cours de cette soirée, les choses avaient été différentes. Ils avaient beaucoup discuté et avaient quitté la soirée discrètement ensemble. Sur le parking, sur le capot d'une voiture moldue, ils avaient fait l'amour.

Lui qui ne croyait plus en rien, lui qui se pensait déjà fichu avant même d'avoir réellement commencé sa vie, avait appris à l'aimer, à lui faire confiance. Petit à petit, elle avait su l'apprivoiser et entrer dans sa vie. Draco n'avait rien vu venir jusqu'au jour où il s'était retrouvé avec une alliance au doigt, non pas que ça le dérange, loin de là, ça le surprenait simplement. Il avait fondé sa propre famille, avait déserté le manoir familial pour s'installer dans une maison avec sa femme… et son fils.

Aujourd'hui, Scorpius avait quatre ans et c'était un enfant plein de vie, très éveillé, à la chevelure assurément blonde des Malfoy. En le regardant, Draco se sentait fier mais également effrayé. Il craignait d'avoir hérité de la froideur de son père à l'égard de son fils et il craignait également de ne pas savoir aimer ce petit être qui réclamait tant de sa part.

La journée au laboratoire avait été éreintante. Les échantillons sur lesquels il travaillait étaient sensibles. Le moindre faux mouvement pouvait compromettre des mois de travail. La tension sur ses épaules était plutôt lourde et lorsqu'il rentrait chez lui le soir, il se sentait fatigué, comme vidé de toute énergie.

La maison était silencieuse et il savoura ce moment de calme. Draco n'avait jamais aimé l'agitation, même lorsqu'il était enfant. Les seuls cris qu'il tolérait étaient ceux d'un match de Quidditch mais il n'aurait pas aimé se retrouver trop souvent dans un stade. Il détestait qu'on lève la voix, il détestait également le vacarme et plus il vieillissait, pire c'était. Il avait insisté auprès d'Astoria pour aller s'installer à la campagne. Elle avait un peu fait la grimace mais lorsqu'il lui avait dit que cela pourrait impliquer un plus grand domaine, elle avait fini par céder.

Il lui arrivait de penser que sa femme était quelqu'un de superficiel. Il suffisait de voir leur liste de mariage. Elle avait voulu faire payer aux invités le coucher de soleil sur la plage lors de leur lune de miel. Il se demandait parfois s'il ne s'était pas trompé à son sujet et si elle était bien la femme qu'il lui fallait. Rapidement il chassait ces pensées. Avec Scorpius dans l'équation maintenant, il ne pouvait plus se permettre de briser ses engagements. Et puis il aimait Astoria, il en était certain. Elle lui avait tendu la main là où tous le rejetaient, sous prétexte que sa famille n'avait pas brillé pendant la guerre. Avaient-ils seulement tous une idée de ce qu'il avait vécu ?

Il ouvrit le placard et piocha une bouteille de bièraubeurre sur une étagère. En tant que sorcier de sang-pur, il n'avait pas été très chaud à l'idée d'investir dans un réfrigérateur moldu. Il savait que beaucoup le faisaient mais cela impliquait une installation électrique. Il n'avait jamais vraiment eu confiance en cette technologie. Le laboratoire en était équipé et s'il devait avouer que c'était parfois bien pratique, il craignait également qu'un dysfonctionnement ne provoque un incendie. Il rafraîchit donc sa boisson à la baguette et se dirigea vers le salon. C'était étonnant que Scorpius ne vienne pas le saluer ou qu'Astoria ne soit pas occupée dans une quelconque aile de la maison. C'était également étonnant que Vingt-Quatre, leur elfe de maison, ne soit pas non plus dans les parages.

A la pensée de la créature aux oreilles pointues, Draco ne put retenir un sourire. Son véritable nom était Draoui mais lorsqu'ils en avaient fait l'acquisition, Astoria avait mis tellement de temps à se décider que Draco avait eu l'impression d'acheter une tenue de soirée et non pas un elfe. Au bout de vingt-trois propositions, elle avait fini par se décider. Il l'avait donc surnommé ainsi. Il ne voulait pas d'elfe lui de toute façon. C'était idiot, mais non seulement il ne pouvait s'empêcher de penser à Dobby qui avait quand même été malmené par sa famille mais encore en plus, il gardait toujours en tête le visage de Granger et de son association de défense pour les elfes. Lorsqu'il était à Poudlard, Draco avait trouvé son idée stupide, comme quasiment tout ce qu'elle faisait d'ailleurs. Mais avec le temps, elle avait fait son chemin dans son esprit et il se demandait si ce n'était pas elle qui avait raison finalement. Il avait tenté d'en parler avec Astoria mais elle avait levé les yeux au ciel et avait soupiré.

« Granger par-ci, Granger par-là, parfois je me demande pourquoi ce n'est pas elle que tu as épousé. »

Il s'était mis en colère et ils s'étaient disputés. Mais force lui était d'avouer qu'Astoria avait raison… il se sentait parfois attiré par Hermione Granger.

Quoi qu'il en soit, elle s'était mariée avec Weasley. Il ne la méritait clairement pas bien qu'il avait entendu dire que le temps l'avait assagi. Il n'avait plus eu l'occasion de le fréquenter depuis Poudlard. Il n'avait pas réellement cherché après non plus. Il n'avait aucune affinité avec lui, pas plus qu'avec Potter même s'il avait quand même un peu plus d'intérêt pour lui étant donné qu'il lui avait sauvé la vie dans la Salle sur Demande.

Aujourd'hui, Draco essayait de refaire sa vie, d'effacer son passé de Mangemort ou en tout cas de passer outre, il voulait reprendre le dessus sur sa vie, vivre auprès de sa famille, élever son fils, passer à autre chose. Il travaillait dur et c'était exactement ce qu'il lui fallait. Il n'aurait pas supporté cette oisiveté que Blaise Zabini s'offrait parfois un peu trop souvent. Entre deux emplois, ce dernier se payait le luxe de flemmarder, les doigts de pieds en éventail, et à descendre plusieurs bouteilles de bièraubeurre. Ce n'était pourtant pas faute de lui dire qu'il gâchait peut-être son temps, il n'en avait rien à faire.

Il entra dans le salon, sa bouteille à la main et manqua de peu de la lâcher au sol lorsqu'il vit l'homme assis dans son canapé, en train de cajoler son fils. Le petit Scorpius se tortilla pour lui échapper et filer dans les jambes de son père en criant : « papa ! ». Il s'accrocha à lui et, machinalement, Draco lui passa une main dans les cheveux, incapable de détourner son regard de l'homme qui était assis face à lui. L'un de ses yeux était presque devenu entièrement blanc. Sa barbe soigneusement taillée ornait son menton et ses longs cheveux qui avaient depuis longtemps perdu leur brun naturel, étaient attachés en catogan dans son dos.

Derrière lui, Vingt-Quatre gardait un œil sur l'enfant. En l'absence des parents c'était lui qui était chargé de s'en occuper.

« Yaxley, murmura Draco. Qu'est-ce que tu fais chez moi ? »

L'homme applaudit tout en souriant. Il y avait vraiment quelque chose de malsain dans sa façon de le regarder et d'apprécier sa présence, quelque chose qui fit naître un frisson glacial au creux des reins du jeune homme.

« Tu as bien mené ta barque Draco. J'avais pensé que tu resterais au manoir Malfoy. Tu l'adorais quand tu étais gamin. »

Il ne justifia pas son choix. Cet homme, là, face à lui, cet homme qu'il avait appelé « oncle Yax » quand il était enfant, n'avait plus rien à faire dans sa vie et il était hors de question qu'il ose à nouveau poser une main sur son fils.

« Draoui, emmène Scorpius. Donne lui à goûter.

_ Le gamin peut rester avec nous, répondit l'ancien Mangemort.

_ Je ne préfère pas. »

L'elfe obéit à son maître et pour la première fois depuis qu'ils en avaient fait l'acquisition, Draco fut heureux que ça se passe ainsi. Le petit grimaça un peu. Il avait envie de rester avec papa et son copain mais l'elfe lui promit des cookies et il se mit à galoper vers la cuisine.

« Qu'est-ce que tu veux ? »

Il déposa sa bouteille de bièraubeurre à peine entamée sur le coin d'un meuble. Il n'avait plus envie de boire et il n'avait certainement pas en tête d'offrir un verre à son invité. Au moins il resterait, au mieux il se porterait.

« Oh Draco, j'avais espéré un meilleur accueil de toi quand même. Tu ne me demandes même pas comment je vais ? »

Il avait passé un nombre incalculable d'années à Azkaban et avait finalement été relâché pour « bonne conduite ». Draco ignorait qui était derrière cette libération miraculeuse mais il était sûr que l'affaire avait été étouffée afin de ne pas soulever l'opinion générale. Le monde était en pleine reconstruction et les stigmates de la guerre n'étaient pas encore cicatrisés. Les souvenirs étaient trop frais dans les mémoires. Personne ne tolérerait la présence de Mangemorts dans leurs villes.

« Tu as l'air de bien aller. Depuis combien de temps tu es sorti ? Une semaine ? Deux ?

_ En réalité ça fait quatre mois. »

Draco sentit sa poitrine se serrer. Il se souvenait d'avoir lu l'article dans la Gazette, dans un tout petit encart et il lui semblait que c'était bien plus récent. Où était passé le temps ? Il avait filé si vite. Il lui suffisait de fermer les yeux et il lui semblait que quelques minutes plus tôt encore il était dans la boutique de Madame Guipure, debout sur une estrade à expliquer à Harry Potter pourquoi il valait mieux aller à Serpentard qu'à Gryffondor. Son passé et toutes ses erreurs de gamin étaient loin derrière lui maintenant et voilà que cet homme, là, face à lui, était presque revenu d'entre les morts pour venir le lui rejeter à la figure. Il inspira profondément. Non, il ne se ferait pas avoir.

« Tant mieux pour toi. Je suis ravi. Tu devrais y aller maintenant. Ma femme ne va plus tarder à rentrer. »

Et d'ailleurs, elle aurait même dû être déjà rentrée. Il espérait de tout cœur qu'elle avait juste été retardée et qu'il ne lui était rien arrivé, sans quoi il n'y aurait pas assez de trous sur la planète pour que les Mangemorts puissent s'y terrer. Il les traquerait un à un et les tuerait de ses propres mains.

« Ta femme oui, murmura Yaxley. J'en ai entendu causer. »

Draco serra les poings. La rage faisait bouillir son sang dans ses veines. Mais Yaxley ne semblait pas préoccupé le moins du monde.

« Tu es devenu quelqu'un de respectable maintenant. Tu redores le blason de ta famille. »

Le Mangemort marqua une pause pour reporter sur le jeune homme un regard accompagné d'un sourire carnassier.

« Tu es devenu un vrai sorcier lambda avec un enfant tout mignon et si innocent, un travail qui te bouffe tout ton temps et une belle femme que tu tous les soirs tu t'en vas b…

_ Tais toi ! »

C'était plus que Draco ne pouvait en supporter, il avait fini par craquer et hausser le ton. Par Merlin, que ce type se taise, qu'il disparaisse enfin de sa vie, pour toujours. Il se mit à trembler si fort qu'il dut serrer les poings pour se maîtriser.

« Les Mangemorts t'appellent à nouveau.

_ Je ne suis pas l'un d'entre vous. »

Yaxley se leva d'un bond et bien qu'il aurait aimé ne pas réagir, instinctivement, Draco fit un pas en arrière. Le geste n'échappa pas à l'importun. Avec un rire glacial, il se jeta sur Draco et avant que celui-ci ne puisse se dérober, il lui attrapa le poignet. Ses ongles trop longs lui entrèrent dans la chair, lui faisant pousser un gémissement de douleur. Ils luttèrent ainsi durant quelques instants mais le Mangemort, plus entraîné au combat et ce malgré les années passées derrière les barreaux, maîtrisa rapidement le jeune homme. D'un geste, il le plaqua contre sa poitrine et avec un rire releva de force la manche gauche de sa chemise, se souciant bien peu de faire sauter le bouton.

La Marque des Ténèbres, bien qu'en partie effacée, formait une ombre noire sur la peau si blanche de Draco. D'un mouvement, Yaxley prit la baguette de son adversaire qui dépassait de sa poche et en appliqua le bout sur la marque. Draco poussa cette fois un hurlement de douleur comme un violent éclair lui traversait subitement le bras. Le Mangemort le lâcha et il s'effondra sur les genoux, les yeux emplis de larmes, le bras plaqué contre la poitrine. En quelques secondes, le calme retomba. Il leva les yeux vers le Mangemort qui ricanait, faisant tourner sa baguette entre ses doigts crochus et déformés par l'arthrose et l'humidité de la prison.

« Le Maître a besoin de toi.

_ Le Maître est mort ! cria Draco. Potter l'a tué, il est mort, on ne peut plus rien faire, il ne reviendra jamais. Aucune magie ne peut faire ça, pas même la plus sombre.

_ Potter ? Potter, tu dis ? Mais Potter n'est qu'un bébé !

_ Il ne l'était plus le jour où il a foudroyé Voldemort avec la baguette de sureau. »

Yaxley siffla entre ses dents.

« Tu oses prononcer son nom ? Je te trouve bien courageux tout à coup. »

Les jambes tremblantes en souvenir de l'horrible douleur qu'il avait ressenti quelques minutes à peine plus tôt, Draco se remit debout.

« Il est mort, il va bien falloir que tu le comprennes un jour.

_ Un homme tel que lui avait bien plus d'un tour dans sa baguette, crois-moi. Et j'espère pour toi que le jour où il reviendra, tu sauras dans quel camp te présenter. »

Avec un petit rire, il lui lança sa baguette. Surpris, Draco l'attrapa au vol et manqua de peu de la laisser tomber.

« Papa ? Pourquoi tu as crié ? »

D'un même geste, les deux hommes se tournèrent vivement vers la porte qui menait à la cuisine. Scorpius se tenait sur le seuil, l'air inquiet, les bras le long du corps. Son t-shirt vert émeraude sur lequel était écrit « Serpentard et fier de l'être » était maculé de pâte à cookies et du chocolat dessinait le contour de ses lèvres.

« Tout va bien, Scorpius, répondit Draco. File dans la cuisine, j'arrive dans une minute. »

L'enfant obéit.

« Si innocent, souffla Yaxley. Les enfants me feront toujours ce même effet, c'est comme un verre de whisky glacé un jour de canicule. On a envie de le boire jusqu'à ne plus en laisser la moindre goutte.

_ Ne t'avise jamais de toucher à mon fils, Yaxley.

_ Sinon quoi ? Tu vas me faire la peau ? On a le temps de penser à ça. En attendant souviens-toi de ce que je t'ai dit.

_ Sors de chez moi ! »

Le Mangemort recula jusqu'à la porte mais il n'était pas le moins du monde intimidé. Bien au contraire, il souriait.

« On se reverra et même plus vite que tu ne le penses. »

Lorsqu'il fut sûr qu'il était bien parti et, surtout, qu'il ne reviendrait pas, Draco se laissa tomber dans le canapé. Il se prit la tête entre les mains et inspira profondément plusieurs fois d'affilée. Son cœur semblait battre de manière désordonnée. Jamais on ne le laisserait se racheter. Maintenant, il en avait la certitude. Il laissa ses bras retomber sur ses genoux, observa la Marque gravée dans sa chair. Ses sourcils se froncèrent. La marque était désormais surplombée d'une nouvelle trace représentant un serpent se mordant la queue.

« Draco ? Draco tu es là ? »

Il sursauta et rabattit vivement sa manche sur son avant-bras. Astoria entra dans le salon. Elle portait dans ses bras un grand sac rempli de provisions. Voilà donc ce qui l'avait retenue. Généralement, elle laissait Vingt-Quatre s'occuper de remplir les placards mais de temps en temps, elle prenait l'initiative d'aller elle-même au supermarché ainsi elle pouvait se rendre du côté moldu où l'on trouvait quelques denrées que les sorciers ne savaient pas fabriquer, notamment le fromage et les produits laitiers, à croire que la magie ne savait rien faire d'autre que rancir le lait.

« J'ai vu un homme sortir de la maison. Qui c'était ? Est-ce que tout va bien ?

_ C'était… c'était un oncle venu me rendre visite.

_ Oh et il n'a pas voulu rester dîner ? »

Il réprima un frisson.

« Non, non, tu sais, je ne pense pas qu'on se reverra avant un moment. Il envisage de faire un long voyage.

_ Ah oui ? Où ?

_ Loin, très loin. En Roumanie.

_ D'accord. Tu es sûr que tout va bien ? Je te trouve bizarre. »

Il inspira et plaqua un sourire sur son visage.

« Tout va parfaitement bien ma chérie. Tu as fait les courses ? Qu'est-ce que tu nous a ramené de bon ? »

Il s'appliqua à jouer le jeu toute la soirée et à faire semblant que cette visite impromptue n'ait pas été importante. Mais le lendemain matin, il partit plus tôt qu'à l'accoutumée et au lieu de se rendre au laboratoire, il transplana immédiatement au ministère de la magie. Il monta les étages dans une cabine d'ascenseur qui sentait le parfum de femme, croisant les doigts pour que celui qu'il recherchait n'ait pas choisi précisément ce jour pour prendre un peu de repos. Mais arrivé dans le bureau qui l'intéressait, il sentit son angoisse se dissiper, au moins un peu. Il était là, une tasse de café dans la main droite et un parchemin dans la main gauche.

Après tant d'années sans se voir, il restait toujours aussi reconnaissable avec ses cheveux d'un noir d'encre sans aucun style, ses lunettes rondes qui lui donnaient encore des allures de gamin et sa célèbre cicatrice sur le front. Draco toussa dans son poing pour attirer son attention en entrant et Harry Potter leva les yeux vers lui. Il ne cacha pas sa surprise.

« Ça par exemple, Draco Malfoy. S'il y a bien une personne que je ne m'attendais pas à trouver là…

_ Je ne viens pas pour parler de nos souvenirs d'école, Potter. D'autant que je ne pense pas qu'ils soient agréables.

_ Pas tellement non. Qu'est-ce qui t'amène alors ?

_ Une affaire un peu personnelle. Une affaire qui risque de t'intéresser. »

Et sans autre cérémonie, il déboutonna sa manche de chemise et la releva sur son avant-bras. Potter n'eut pas l'air de comprendre immédiatement de quoi il en retournait mais lorsque son regard finit par aboutir sur le signe de l'ouroboros, alors son visage s'éclaira et une ombre passa dans ses yeux. Il posa parchemin et tasse sur un bureau et fit signe à l'ex Serpentard de le suivre.

« Ne restons pas ici, je crois qu'il vaut mieux ne pas trop montrer cette marque. »

Ce sur quoi Draco était parfaitement d'accord.