Yo ! Me revoilà avec le magnifique chapitre 5 que vous attendiez tous ! Il est plus long que le 4, rassurez-vous ! Je ne vous en dis pas plus (évitons de gâcher la surprise ;D !)

Enjoy !


Chapitre V

Amère victoire


Le soir venu, Harry et Drago s'étaient changés et avaient enfilé leur tenue de Quidditch. Le bruit de foule qui leur parvenait depuis les gradins accélérait les battements frénétiques de leur cœur. Seuls dans les vestiaires, les deux jeunes hommes étaient côte à côte, debout derrière la porte, tête baissée et yeux fermés. La tension était palpable. Que ce soit entre eux ou vis-à-vis de tous les élèves présents dans les gradins, elle les empêchait de respirer à leur aise. La musique traversait la porte jusqu'à leurs oreilles, rappelant désagréablement à Harry la mort de ce pauvre Cedric Digory lors du Tournoi des Trois Sorciers.

Drago savait à quoi son binôme pensait. Il était aisé de le deviner. Mais le plus délicat était de savoir s'il avait besoin d'être rassuré, encouragé ou réconforté. Et à vrai dire, il aurait certainement été incapable de faire l'un des trois, étant lui-même dans un état sensiblement identique. Il décida donc de lui donner un léger coup de coude pour attirer son attention. Il n'était pas nécessaire de parler. Harry sembla comprendre son message puisqu'il releva doucement la tête et lui fit un léger sourire en guise de remerciement. Ils avaient remarqué, depuis leur première année, que la peur et l'anxiété avaient tendance à effacer leur rancune, ou du moins à faire en sorte qu'ils l'oublient pour un instant. Et aujourd'hui, c'était le trac les rapprochait.

Les portes s'ouvrirent extrêmement lentement, laissant filtrer la lumière aveuglante des projecteurs, installés tout autour du terrain à cause de la nuit tombante. La voix de Seamus retentissait dans tout le stade, annonçant l'entrée de Cho et de Sumberby. Nouvellement nommé commentateur des matchs de Quidditch de Poudlard, Finnigan s'était fait une joie de reprendre le flambeau de Jordan et s'amusait à glisser deux ou trois vannes pendant les matchs.

Et face à eux, le Duo Légendaire ! J'ai nommé, Drago Malefoy et Harry Potter ! dit-il.

Un hurlement s'éleva dans les tribunes. Tous les Verts et Rouges les encourageaient.

Harry Potter fera-t-il honneur à sa réputation en attrapant le Vif d'Or une fois de plus ? Il n'y a qu'un moyen de le savoir ! Que le match commence !

Le hurlement redoubla d'intensité puisque les SerSouffles se joignirent à la liesse collective. Harry et Drago avaient atteint le centre du terrain et serrèrent la main de leurs adversaires. Madame Bibine s'avança vers eux, sifflet en main et prit la parole.

Attrapeurs, ce match sera juste et fair-play. Essayez de ne pas finir à l'infirmerie. Donnez le meilleur de vous-même !

Elle fit silence un instant.

À vos balais !

Harry, Drago, Cho et Sumberby enfourchèrent leur balais, face à face.

En place !

Ils décollèrent tous et planèrent à trois mètres du sol. Leur professeure de vol prit alors le Vif d'Or qui se trouvait attaché dans la malle en bois et le réveilla.

C'est parti !

Elle lâcha soudain le petit objet qui s'envola à toute vitesse vers les buts et siffla le début du match. Ni une ni deux, les quatre attrapeurs furent aussitôt à sa poursuite.

Le Vif d'Or a été lâché ! Le match peut commencer ! hurla Seamus dans le micro.

Dans les premières minutes du match, le fait que Drago et Harry ne puissent s'éloigner l'un de l'autre, ne fit pas une grande différence puisque Cho et Sumberby suivaient également le Vif d'Or côtes à côtes. Cependant, leur désavantage se fit plus évident lorsque la petite balle ailée parvint à se glisser entre deux élèves de première année et à disparaître sous les tribunes. Dès lors, les attrapeurs de Serdaigle et Poufsouffle s'étaient séparés pour la récupérer plus vite. Harry et Drago, quant à eux, n'avaient pas d'autre choix que de rester collés l'un à l'autre. Ils décidèrent donc d'un bref regard de rester au centre du terrain, à bonne hauteur, afin de pouvoir atteindre n'importe quelle partie du stade le plus vite possible lorsque le Vif d'Or aurait refait son apparition. Malheureusement, leurs adversaires eurent l'air de comprendre leur stratégie puisque lorsqu'ils sortirent enfin des fondations des tribunes, profitant de la distance qui empêchait Harry et Drago de distinguer le Vif d'Or, ils prirent des directions opposées afin de les tromper. Drago se mit alors à réfléchir à toute allure. Celui qui suivait le Vif d'Or devait être celui qui avait le plus de chance de l'attraper. Ce devait donc être le plus fort des deux. Il commença alors à analyser la situation. Sumberby était moins fort que sa partenaire, mais Cho était intelligente (Serdaigle oblige). Le temps qu'elle comprenne leur stratégie et trouve une contre-attaque, elle n'aurait pas eût le temps de l'expliquer ou de se justifier auprès de son partenaire. Elle avait donc prit l'initiative d'elle-même en volant dans la direction opposée.

C'est Sumberby ! cria-t-il à l'attention d'Harry.

Ils s'élancèrent alors à la poursuite du Poufsouffle, mettant soudain Cho en panique. Elle aurait dû se douter qu'elle ne pouvait pas tromper un Serpentard, expert en fourberie. Elle rejoignit donc son partenaire le plus vite possible. Mais le Vif d'Or, peu habitué à être poursuivit par quatre personnes en même temps, décida de s'éclipser à nouveau. Pour ce faire, il quitta le périmètre du terrain, entraînant les attrapeurs avec lui dans les hautes hauteurs du ciel, voilées de ténèbres par la nuit. Sumberby était seul. Cho n'avait pas eu le temps de le rattraper, et avec le peu de lumière qu'il y avait à cette hauteur, ils n'y voyaient pas grand chose. C'était dans ces moments là que Harry et Drago réalisaient leur avantage. Ils tiraient profit du lien magique de leur robe pour ne pas se perdre, et dans le pire des cas, pour se retrouver.

Bientôt, le Vif d'Or ne fut plus visible pour personne et, inquiet de ne plus voir où il allait, Sumberby rebroussa chemin et rejoignit Cho qui était redescendue sur le terrain. Mais aussi têtus l'un que l'autre, Drago et Harry refusèrent catégoriquement d'abandonner. Ne voyant rien mais percevant tout de même le petit bruit si caractéristique des petites ailes dorées, ils grimpèrent encore et toujours plus haut, jusqu'à ce que plus personne ne puisse distinguer leurs silhouettes depuis les tribunes. Ainsi, toujours côtes à côtes, ils suivaient le bruit incessant du Vif d'Or, parvenant à peine à se distinguer l'un l'autre dans la nuit noire. Soudain, Harry sentit quelque chose passer tout près de lui. Au loin, on entendait Seamus déclarer le forfais de Cho et Sumberby.

- Malefoy ! Il vient vers toi ! hurla-t-il en saisissant son épaule, comme pour s'assurer qu'il était toujours là.

Et comme si Drago avait anticipé l'injonction de son rival, il tendit énergiquement la main devant lui par un réflexe inexplicable et parvint à saisir l'objet magique sans la moindre difficluté.

Je l'ai ! hurla-t-il.

Sérieux !?

Non, je disais ça pour te faire une fausse joie ! Bien sûr que c'est sérieux !

Drago souriait comme un damné. Depuis le début de sa carrière d'Attrapeur, jamais il n'avait réussit à attraper le Vif d'Or lorsque Harry se trouvait sur le terrain. Mais aujourd'hui, maintenant que Harry n'était plus son adversaire, il y était parvenu. Alors, rouvrant le poing, il observa la petite chose presque vivante qui rétractait ses ailes.

Félicitation ! répondit Harry sans même faire mine d'avoir prêté attention à son sarcasme.

Redescendons.

Aussitôt dit aussitôt fait, les deux Rois reparurent sous les feux des projecteurs du terrain de Quidditch. Tous les professeurs et les élèves, dont Cho et Sumberby, qui jusque-là étaient inquiets, hurlèrent de joie dans une incroyable ovation. Puis, lorsqu'ils se posèrent auprès de leurs adversaires et que Drago brandit le Vif d'Or sous leurs yeux, les hurlements redoublèrent d'intensité et tous se levèrent pour acclamer le Duo Légendaire.

Drago Malefoy a attrapé le Vif d'Or ! Les Verts et Rouges gagnent !

Cho et Sumberby vinrent les féliciter avec le sourire.

Félicitation les garçons. Vous avez été les meilleurs, dit Cho.

Pas trop déçue ? demanda Harry, véritablement soucieux.

Pas tellement. Et puis nous avons perdu contre Harry Potter. Il n'y a pas de honte à avoir.

Mais l'écoutant parler, Harry fit la moue face à son irrémédiable mauvaise foi.

Actuellement, vous avez perdu contre Drago Malefoy, dit-il sur un léger ton de reproche et de fierté.

Et comme il le pensait, Cho n'ajouta rien, clairement dans le déni de cette défaite. Mais alors que le Survivant s'était tourné vers le protagoniste de leur victoire, une foule d'élèves fondit sur eux comme des hiboux enragés. Les secouant comme des pruniers pour les féliciter, arrachant quasiment leurs vêtements, les Princes de Serpentard et de Gryffondor furent bientôt séparés par la force de la foule.

Malefoy ! cria Harry.

Potter ! répondit l'interpellé, tout aussi inquiet que lui.

Et comme ils s'en étaient doutés, leurs robes se mirent à frémir, contrariées par la distance qu'on avait imposée entre elles.

Lâchez-moi ! hurla Drago. Mais bordel, lâchez-moi ! Je dois trouver Potter !

Mais les élèves n'en avaient cure. Continuant de l'écarter de son binôme, ils ne cessaient de s'agglutiner autour de lui pour le féliciter. Ce comportement de moutons sans cervelle fini par exaspérer leur pauvre victime, au point qu'elle commença à les bousculer violemment.

Barrez-vous !

De son côté, Harry n'en menait pas large non plus. Sollicité par deux fois plus d'élèves que son binôme, il n'arrivait pas à se dépêtrer de la poigne de ses camarades.

S'il vous plaît, j'ai besoin de rejoindre Drago.

Mais pour lui non plus, le dialogue n'eût pas grand effet sur la foule.

S'il vous plaît ! Je voudrais re-

Il ne put achever sa supplique. Sa robe s'était tendue dans l'air et l'attira soudain avec une force incommensurable vers le propriétaire de sa jumelle. Ainsi entraîné contre son gré, Harry bouscula violemment les élèves qui l'entouraient et qui tombèrent comme des quilles. Ce fut bientôt au tour des admirateurs de Malefoy de faire les frais de leur bêtise et de leur comportement sauvage. Ils se retrouvèrent tous à terre, secoués par le violent choc que leur avait infligé leur surprenante collision avec Harry.

Malefoy, couche-toi ! hurla Harry qui sentait bien qu'il arrivait beaucoup trop vite et qu'un choc frontal les enverrait sans l'ombre d'un doute à l'infirmerie.

Drago s'exécuta sans réfléchir et plongea face contre terre, le visage enfoui dans ses bras. Lorsque Harry parvint à sa hauteur, sa robe de sorcier le fit trébucher sur le corps étendu de son rival sans aucun remord et le Sauveur se retrouva avachi de tout son long sur le dos du Serpentard qui eut la respiration coupée l'espace d'un instant.

Potter, bouge de là ! T'es lourd !

Harry parvint à se relever dans la foulée, néanmoins quelque peu secoué par le choc de sa chute. Drago et les autres élèves se redressèrent à leur tour, l'un énervé, les autres réalisant leur méprise. Malgré tout, afin d'éviter d'être séparés à nouveau et de mourir dans d'atroces souffrances, il cadenassèrent leurs bras l'un à l'autre. Et soudain, le Vif d'Or que Drago tenait toujours dans la main se réveilla. Échappant à l'emprise du Serpentard, il virevolta autour des deux Rois et se frotta à la joue d'Harry, puis celle de Drago, comme un chat se frotte à son maître en ronronnant.

Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Drago.

On dirait bien que ce Vif d'Or s'est prit d'affection pour vous, expliqua la voix de McGonagall derrière eux.

Voyant leur directrice approcher, Drago jugea qu'il y avait peu de chances pour que Potter et lui se fasse malmener et lâcha donc le bras de son partenaire. Mais faisant cela, le Vif d'Or qui s'était montré si affectueux une minute plus tôt, fonça vers lui et entra en collision avec son front de façon relativement violente. Le Serpentard, sur le coup de la douleur, perdit l'équilibre et bascula en arrière avant d'être retenu de justesse par Harry. Soudain, le Vif d'Or précédemment en colère, se calma et se frotta à la joue de Harry avec un ronronnement félin.

Hey ! Pourquoi tu l'aimes lui et pas moi !? s'exclama Drago. C'est moi qui t'ai attrapé, sale ingrat !

Le Vif d'Or ne réagit pas à cette remarque.

Ce Vif d'Or ne préfère pas Potter à vous, Monsieur Malefoy. Il vous aime ensemble, répondit Minerva.

Comment ça ? demanda Harry alors qu'il aidait son binôme à retrouver l'équilibre.

Vous avez déjà connu ça, Potter. Votre Vif d'Or, le premier que vous ayez attrapé, avait conservé en mémoire les circonstances qui vous avaient mené à l'attraper, ainsi que la manière dont vous vous y êtes prit pour se faire. C'est la raison pour laquelle il s'active lorsque vos lèvres entrent en contact avec lui. Celui-ci n'est pas différent.

Vous voulez dire que-

Oui. Lorsque Monsieur Malefoy l'a attrapé, vous deviez être en contact direct. C'est la force de ce contact qui l'a marqué au point que désormais, il ne supporte pas la distance entre vous.

Oh génial ! cracha Drago. Ne me dites pas qu'on va devoir se tenir par le bras h24 pour éviter de se faire trouer la tête par ce sale démon ?

C'est à peu près ça, répondit McGonagall.

Il n'y a pas un moyen de le désactiver ? demanda alors Harry.

Il y en a certainement un, mais c'est à vous de le trouver. Comment désactivez-vous le vôtre Potter ?

Il le sent. Lorsque je n'ai plus besoin de lui, il le sait.

Je vois… Alors peut-être peut-on espérer qu'il s'éteigne de lui-même lorsque vous n'aurez plus besoin de lui.

Et sur ce, McGonagall se retira pour rejoindre ses deux acolytes, Slughorn et Trelawney.

J'y crois pas… psalmodia Drago.

Harry ! Drago !

La nouvelle petite bande que formaient Blaise, Pansy, Ron et Hermione avait enfin réussi à les rejoindre. Et pour une raison inconnue, ce n'est qu'à ce moment-là que le transfert des points s'effectua. Le score des deux Rois plafonnait déjà à 600 points lorsque 80 points vinrent s'y ajouter. Un brouhaha de stupeur s'éleva alors. Il était déjà à peu près sûr que Gryffondor et Serpentard seraient les grands gagnants.

Quel superbe match ! C'était incroyable ! dit Ron.

Oh Dray ! Tu as été génial ! ajouta Pansy en sautant sur Drago.

Ceci menant à cela, elle le fit basculer à terre et le Vif d'Or commença à s'agiter. Harry n'eut pas le temps de toucher Drago à nouveau avant que la pauvre Pansy ne se prenne le vil objet en pleine figure.

Aïe ! Pourquoi est-ce qu'il me frappe !?

Malefoy se redressa alors en dégageant Pansy et saisit la main que Harry lui tendait pour l'aider à se relever. Mais une fois debout, et à la surprise générale, il ne la lâcha pas. Voyant les regards incrédules qu'ils recevaient, Harry commença alors à expliquer la situation en détail.

–… Et voilà. On ne peut pas se lâcher.

Donc qui que ce soit, la personne à l'origine d'une éventuelle rupture de contact entre vous, se prend-

Le Vif d'Or en pleine poire ! intervint Ron.

Merci Ron… souffla Hermione.

C'est à peu près ça, répondit Harry.

Le stade se vidait au fur et à mesure, puis soudain, Blaise, qui jusque-là n'avait rien dit, prit la parole.

Si vous ne pouvez pas vous lâcher, comment allez-vous faire pour dormir dans vos dortoirs respectifs ?

Harry et Drago se figèrent, puis fusillèrent ce foutu Vif d'Or du regard, dans un bel ensemble.


L'heure de retourner dans les dortoirs arriva plus vite que Harry et Drago ne l'avaient imaginé. Ne s'étant pas encore décidés sur l'endroit où ils iraient dormir, ils s'étaient tout d'abord rendus dans le dortoir des Serpentards où tous les Verts et argents les regardaient dans le blanc des yeux en tentant de faire abstraction du fait qu'ils se tenaient par la main.

Euh... Tu n'es pas censé avoir ta propre chambre ? demanda Harry.

La chambre individuelle est le privilège du préfet. Et le rang de préfet est un privilège que j'ai obtenu grâce à mon père. C'est donc normal qu'on me l'ai retiré, dit Drago.

Harry acquiesça et observa le dortoir qui se trouvait devant lui. Visiblement, Drago vivait sa toute nouvelle collectivité aux côtés de ses amis Blaise Zabini, Gregory Goyle, Théodore Nott et un autre garçon qui ne parlait pas beaucoup, dénommé Melchior Nepharius.

Bon les gars, Potter va dormir là cette nuit, dit Drago de but en blanc.

Ah ouais ? Et comment vous allez faire ? Ton lit n'est pas un King Size je te signale ! répondit Théo.

Vous déconnez j'espère ? On ne va quand même pas dormir avec cet horrible bourdonnement dans les oreilles ! Ce truc n'est pas vivant, on ne peut même pas placer de Silencio sur lui ! ajouta Blaise en tuant le Vif d'Or du regard. Il voulait bien aider Drago, mais sa bonté avait tout de même des limites.

Sympa les gars. Merci, se contenta de répondre Drago.

C'est bon, c'est pas grave. On a qu'à dormir chez les Gryffondors, Dean pourra te prêter son lit.

C'est trop tard Potter ! On ne peut pas sortir après le couvre-feu !

Harry regarda Drago avec un rictus amusé.

On peut, quand on sait par où passer !

Et sous l'air interrogateur de son binôme et de celui de son meilleur ami, Harry farfouilla dans la poche de sa robe de sorcier et en tira la Carte du Maraudeur. Ne comprenant toujours pas de quoi il s'agissait, Blaise et Drago l'observèrent curieusement, tandis que Melchior et Théo s'en fichaient comme de leur premier Gallion. Harry posa donc sa baguette sur le papier abîmé par l'usure et prononça les mots suivants :

Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.

La carte se révéla soudain aux yeux des deux Serpentards qui ne disaient mots et qui lisaient en silence la couverture.

« Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue, spécialistes en assistance aux Maniganceurs de Mauvais Coups, sont fiers de vous présenter : La Carte du Maraudeur. »

Lorsque Harry déplia le parchemin, les yeux de Drago s'allumèrent d'une lueur nouvelle. Là, dans les dortoirs Serpentards, il pouvait voir Pansy faire des aller-retours entre son lit et la salle de bain. Dans les couloirs, il apercevait Rusard aux côtés de sa chatte Miss Teigne arpenter le deuxième étage de long en large. Au rez-de-chaussée, il pouvait clairement voir McGonagall faire les 100 pas dans son bureau. Il regarda Harry avec un air dément sur le visage, hésitant entre l'émerveillement et la consternation.

Combien de personnes as-tu espionnées avec ça ? demanda-t-il.

J'ai suivit tes moindres faits et gestes lorsque nous étions en 6e année, si c'est ce que tu veux savoir.

Drago déglutit. Il aurait dû se douter que quelqu'un l'observait dans l'ombre. D'autant plus que Potter se faisait un devoir de lui mettre des bâtons dans les roues.

D'où elle vient ? demanda soudain Blaise.

C'était la Carte des Maraudeurs. Créée par mon père, Sirius, le professeur Lupin et ce sale rat, à l'époque où ils étaient élèves ici. Ils s'en servaient pour jouer des sales tours aux professeurs et à Rogue.

Blaise eût un petit temps de flottement pendant lequel il imagina Remus Lupin jouer des mauvais tours à Rogue. C'était relativement inimaginable.

Et ben, les Gryffy cachent bien leur jeu ! dit-il.

On va se servir de cette carte pour rejoindre la Tour Gryffondor sans se faire attraper par Rusard. Ça aurait été plus simple avec ma cape d'invisibilité, mais je l'ai laissée dans ma valise.

Ta cape d'invisibilité ? répéta Blaise. LA cape d'invisibilité !?

La Relique de la Mort, oui. Elle était à mon père. Je l'ai reçu à Noël lors de ma première année.

C'est comme ça que t'as échappé à Rusard en première année !

Harry se mit à rire ouvertement devant l'air atterré du Serpentard.

Ouais, c'est comme ça que j'ai échappé à ton piège. Mais je dois quand même te remercier ! Sans toi je n'aurais pas trouvé Touffu, donc pas la Pierre Philosophale, et donc Voldemort serait toujours en vie à l'heure actuelle. Tu as sauvé beaucoup de monde sans même le savoir ! Moi le premier.

Pfff... Arrête ça, Potter.

Je ne rigole pas. Tiens, par exemple en première année. Si tu n'avais pas volé le Rapeltou de Neville, Voldemort serait toujours en vie aujourd'hui.

Cette fois-ci, même Melchior et Théo firent l'effort de le regarder de travers.

Hey ! Me regardez pas comme ça !

Tu divagues Potter, répondit Malefoy.

Mais non ! Si tu ne l'avais pas volé, je ne serais pas venu le récupérer, McGonagall ne m'aurait pas vu faire, elle ne m'aurait pas nommé Attrapeur et lors du Tournois des Trois Sorciers, je n'aurais pas eu assez d'expérience sur un balais pour échapper à ce dragon. J'aurais sans doute fait une chute mortelle. La suite est facile à deviner...

Drago regarda Harry avec tristesse. Pourquoi voulait-il absolument prouver par A+B que tout ça était grâce à lui ? Alors même qu'il avait tout fait pour le faire échouer ? Harry avait une légère tendance à la réhabilitation du méchant. C'était la tare du héros. Pourtant, il exposait clairement sa haine de Tom ou de Peter, ou même de son père, Lucius. Alors qu'avait-il de plus pour que le Grand Harry Potter veuille à ce point effacer son ardoise ?

L'innocence.

Il sembla qu'il avait pensé à voix haute.

Tom a tué un nombre incalculable de personnes, dont mes parents. Peter Pettigrew les a trahit, faisant enfermer mon parrain à sa place, et il a tué Cédric. Et ton père... Ton père était un Mangemort qui a tenté de me tuer alors que je n'avais que 12 ans et qui a ensorcelé Ginny avec le journal de Jedusor. Toi, tu n'as tué personne.

J'ai tenté de le faire.

Tu as tenté de faire croire que tu allais le faire. J'étais là Drago. J'ai tout vu.

Mais soudain, Drago sembla assimiler une information capitale.

Attends... Mon père a tenté de te tuer en deuxième année ?

Ouais. Parce que j'ai libéré Dobby.

Le Serpentard n'en revenait pas. Son propre père avait tenté de tuer Harry. C'était bien évidement le but de tout bon Mangemort, mais qu'il ait concrètement tenté de le faire n'avait pas la même dimension qu'un sabotage ou une tentative approximative de la mettre en danger, ce que la plupart des Mangemorts se contentaient de faire.

Bon... C'est pas tout ça mais vous devriez y aller, dit Blaise en pointant les empreintes de Rusard qui se rapprochaient des cachots.

Oui, concéda Harry. Allons-y.

Drago prit alors deux ou trois affaires avec lui pour passer la nuit et le fit léviter derrière lui. Ils quittèrent ainsi les cachots, éclairés par leurs Lumos et la lanterne occasionnelle d'un Myctophidae géant qui passait devant les fenêtres immergées des couloirs. Suivant la carte en silence, ils remontèrent au rez-de-chaussée et le traversèrent sur la pointe des pieds pour atteindre l'aile Sud du château. Mais en passant devant la Grande Salle, Harry nota la présence de trois personnes sur la carte. Les professeurs McGonagall, Trelawney et Slughorn semblaient en grande discution sur l'estrade de la Grande Table. Il jeta un nouveau coup d'oeil à la carte. Personne en approche. Il fit donc signe à Drago de s'arrêter et tendit l'oreille à travers l'entrebâillement de la porte de la Grande Salle. Le Vif d'Or qui les suivait sans cesse faisait un bruit monstre dans le silence, mais trop occupés à leur discution, les professeurs ne semblèrent pas l'avoir entendu.

C'était vous ! dit Trelawney.

Il n'y a pas mort d'homme, Sibylle. Calmez-vous, répondit Minerva.

Vous avez déjoué le destin ! Il y aura des répercutions !

Ne voyez-vous pas que ceci pourrait mettre une fin définitive aux rivalités inter-maisons ?

Mais... mais ! insista Trelawney.

Sibylle, ma chère. Cessez de vous faire du mauvais sang. Le destin était peut-être que nous le déjouions. Personne ne peut savoir cela. Pas même vous, acheva Slughorn.

Harry et Drago écoutaient sans comprendre de quoi il était question. Mais ils s'en inquiétèrent peu lorsqu'ils virent Peeves s'approcher dangereusement. Harry resserra sa prise sur la main de Drago et le tira alors à sa suite.

On se tire ! chuchota-t-il avec précipitation.

Il l'entraîna à travers les couloirs dans une course effrénée alors que Peeves s'approchait davantage. Ils tournèrent à l'angle d'un couloir, et alors que le rire strident du fantôme retentissait déjà au loin, Harry attira Drago avec lui dans une salle de classe et ferma la porte derrière eux.

Vite, vite, on doit se planquer ! dit-il.

Le placard !

Ni une ni deux, ils se précipitèrent vers le fond de la salle et s'engouffrèrent dans le placard sombre qui renfermait bon nombre de boutures de diverses plantes nocturnes. Les deux jeunes hommes étaient entassés, accroupis de façon très inconfortable et douloureuse.

S'il nous trouve et qu'on perd nos points pour manquement au règlement, je te tue, pesta Drago.

On a un problème plus urgent à régler.

Ah ouais !? Qu'est-ce qui peut-être plus urgent que Peeves en manque de farce qui cherche par tous les moyens à coincer un élève en flagrant délit !?

La possibilité que ces magnifiques plantes soient des boutures de Saul Cogneur ? répondit Harry.

Drago se retourna avec lenteur, priant pour que Harry soit aussi nul en Botanique qu'en Potions. Mais pour quelqu'un qui avait foncé dans le Saul Cogneur du parc avec une voiture et qui avait risqué de mourir écrasé par ses branches l'année suivante, la possibilité pour qu'il se soit trompé était proche du zéro absolu. Les jeunes boutures se mouvaient bruyamment derrière son dos et la peur de se prendre un coup sur le crâne le poussa à se rapprocher du côté d'Harry, qui, avec sa chance légendaire, s'était assit sous les boutures de Mandragore.

Fais-moi de la place Potter, exigea Drago.

Harry s'exécuta, tenant toujours la main du Serpentard dans la sienne, et le tira vers lui alors que l'une des pousses de Saul Cogneur s'apprêtait à frapper. Drago évita le coup de peu, s'étalant de tout son long sur sa Nemesis.

De justesse, souffla Harry.

Mais cette position si soudaine incommoda Drago à tel point qu'il se redressa avec précipitation et les joues rougies par la surprise. Cependant, ne pouvant rien décelé dans le noir du placard, Harry ne s'expliqua pas le comportement de son vis-à-vis.

Ouais, merci, grogna le Serpentard.

Harry s'étouffa un instant. Il garderait ça dans sa pensine.

Sur la Carte du Maraudeur, Peeves avait disparu.


Voilà ! Fin du chapitre 5. A jeudi prochain pour la suite ! N'hésitez pas à raconter votre vie dans une review ! J'adore les lire ! (Même si j'ai pas trop le temps d'y répondre, sachez que je les lis toutes et que je vous aiiiime ! *^*)