CHAPITRE 8 : Question de recrutement

« Vous me ferez donc tous trente centimètres de parchemin sur les trois points qui ont aidé Gilderoy Lockhart à démasquer le loup-garou de Belham. »

Une vague de protestations répondit au professeur Bulstrode mais elle l'ignora.

« Trente centimètres ! glapit Sam au bord de l'apoplexie. Mais c'est beaucoup, et plein de professeurs nous donnent déjà beaucoup de devoirs. On va passer la soirée dans les parchemins !

_ Monsieur Deauclair, je n'ai pas envie de vous entendre geindre. Vous êtes en deuxième année maintenant, vous n'êtes plus des bébés. Alors si vous êtes dépassé par la charge de travail qu'on vous donne je vous suggère de vous rendre dans le bureau du professeur Stone pour lui demander de vous renvoyer en première année avec les petits. »

Une vague de rires émanant principalement des Serpentard répondit à cette déclaration. Sam rougit fortement et se tassa sur sa chaise, bien décidé à ne plus décrocher un mot pour ne pas aggraver son cas. Heureusement pour lui, la fin du cours sonna rapidement et les garçons décidèrent donc de se rendre à la bibliothèque afin de boucler déjà un maximum de devoirs.

L'immense pièce remplie de livres et d'étagères était bondée. Pendant la grande bataille finale de Poudlard qui avait eu lieu l'année de la naissance de Teddy, la bibliothèque avait été en partie dévorée par les flammes. De nombreux ouvrages étaient partis en fumée, les pertes avaient été inestimables. Pour refaire un peu les stocks, l'ancienne bibliothécaire, une dénommée Irma Pince, avait fait des appels aux dons. Les résultats avaient été meilleurs que ce qui avait été escompté et des livres en tous genres, de toutes les tailles et de toutes les catégories avaient afflués par hiboux sans cesse durant près d'un an. Hermione avait été volontaire pour aider à trier, classer et parfois écarter les ouvrages. C'était ainsi qu'elle avait pu raconter à Teddy que toutes les familles de sorcier du Royaume-Uni s'étaient mobilisées. La plupart avait envoyé un petit mot avec.

Les garçons eurent bien du mal à se trouver une place pour l'installer.

« Qu'est-ce que c'est que ce bazar ? soupira Jesse en constatant que la table qu'il visait venait d'être envahie par une troupe de filles de Poufsouffle. Est-ce que c'est la journée mondiale de la bibliothèque ? »

Ils finirent par trouver trois places libres mais la table n'était pas isolée comme ils l'auraient aimé. Il s'agissait en réalité d'une grande table pour une dizaine de personnes. Des élèves de cinquième ou sixième année étaient installés là, toutes maisons confondues.

« Tant pis, dit Teddy qui en avait assez de tourner pour trouver une place libre. On s'installe là, on n'est pas obligé de leur parler après tout. »

Il posa son sac sur la table et s'assit. Dans les minutes qui suivirent, lui, Sam et Jesse étaient plongés dans leurs devoirs. Teddy commençait à désespérer sur ses trente centimètres de parchemin à rédiger sur Gilderoy Lockhart et les loups-garous. Non seulement il ne comprenait pas réellement l'intérêt de ce texte dans un cours de sortilèges mais encore en plus il avait l'impression que ce Lockhart jouait davantage les super-héros que les sorciers.

« C'est nul, finit-il par dire. Ce Lockhart me sort par les yeux. »

Il tourna une page de son exemplaire de « Promenade avec les loups-garous » et se mit à lire tout haut.

« Alors que la pleine lune s'était levée depuis maintenant deux heures, que le froid et la brume s'abattaient sur le village, je sus que la bête s'approchait. Je pouvais entendre son souffle précéder ses pas. Alors je la vis, aussi gigantesque que monstrueuse, les crocs luisant dans le clair de lune. Elle se jeta naturellement sur moi mais c'était sans compter sur mes connaissances en la matière. D'un sortilège habile, je touchai l'animal en pleine poitrine et lui rendis instantanément sa forme humaine et ce de manière définitive. Le malheureux, surpris, n'en croyait pas ses yeux. Pleurant, il se jeta à mon cou et me remercia chaleureusement. »

Il haussa les sourcils.

« C'est un beau ramassis de conneries. Comment est-ce qu'on peut nous enseigner une chose pareille ?

_ Gilderoy Lockhart n'était pas n'importe qui, intervint une fille du groupe qui était installé à leur table. Il a été professeur ici.

_ Ma mère dit que c'est un idiot, répondit Jesse en retirant ses lunettes pour les poser sur la table devant lui. D'après elle, il serait devenu fou à cause de tous les mensonges qu'il a racontés. »

La fille leva les yeux au ciel.

« Mais n'importe quoi toi ! Il a perdu la tête en sauvant la vie à Harry Potter et à Ginny Weasley dans la Chambre des Secrets ! Il s'est sacrifié pour eux et c'est suite à son combat contre le basilic qu'il est devenu fou.

_ Lockhart n'a pas combattu le basilic, répliqua Teddy sur le même ton. Harry Potter n'a eu pour seule aide qu'un phénix et le Choixpeau.

_ Mais ça c'est ce que raconte la légende, c'est pour les petits. »

Teddy sentit la colère monter en lui et il agrippa le rebord de la table pour tenter de se contenir. Ses cheveux étaient soudainement devenus d'un noir d'encre. Sam et Jesse échangèrent un regard inquiet. Ils savaient que quand leur ami se mettait en colère, ça finissait par faire beaucoup de bruit.

« Ce n'est pas la légende, ce sont les faits. Lockhart est un imposteur ! Il se servait des histoires des autres pour s'en attribuer le mérite. Il a voulu utiliser la baguette de Ron Weasley pour effacer sa mémoire et celle de Harry mais elle était cassée et le sort s'est retourné contre lui. »

Le silence tomba entre eux. Cette partie de l'histoire n'avait pas été racontée dans les livres et Teddy le savait. Il l'avait appris de ses oncles qui lui avaient raconté les faits en long, en large et en travers. La nouvelle version de l'histoire de Poudlard disait que Lockhart avait bel et bien suivi Ron et Harry dans la Chambre des Secrets mais qu'il y avait perdu l'esprit sans que personne ne puisse réellement attester de ce qui lui était arrivé.

« C'est la version officielle, avait dit Harry. Lockhart était quand même quelqu'un de célèbre et de très apprécié. Je ne voulais pas non plus lui faire de mal sachant qu'il paye déjà assez cher pour ses mensonges. »

Ron n'était pas d'accord, il aurait voulu dire toute la vérité mais il avait fini par se plier lui aussi à la décision des autres et jusqu'à ce jour, il s'en était tenu à la version officielle.

« Tu mens, dit la fille.

_ Je ne mens pas, Harry Potter est mon parrain et il m'a tout raconté.

_ Ah oui ? Et moi mon père c'est Dumbledore et il dit que ton histoire c'est de la bouse de dragon. »

Ses amies éclatèrent de rire. Avec un petit sourire victorieux, elle referma son livre et le rangea dans son sac.

« Venez les filles, je n'aime pas trop traîner avec les mytho.

_ Je ne suis pas un mytho ! s'insurgea Teddy.

_ Mais les petits n'ont plus aucune retenue maintenant. »

Elle hissa son sac sur son épaule et le petit groupe déserta la bibliothèque, laissant les trois garçons seuls à table. Teddy ne décolérait pas.

« Calme-toi, dit Sam, tu vas attirer la bibliothécaire. Il paraît qu'elle fait faire des choses atroces à ceux qu'elle met en retenue.

_ Comment ça ? s'inquiéta Jesse. Elle peut mettre des retenues ? »

Sam prit un air mystérieux.

« J'ai entendu dire qu'elle faisait recopier des livres page par page…

_ Qu'est-ce que c'est que ça ? »

Teddy cassa toute l'ambiance. Il se pencha vers la place que venait de quitter le groupes de filles avec qui il s'était disputé. Gravé dans le bois de la table se trouvait un dessin : un serpent se mordant la queue.

« Je suis sûr que c'est elle qui l'a fait ! s'écria-t-il, oubliant momentanément la règle du silence. Vous avez vu de quelle maison elle était ? Serpentard non ? »

Miss Eatbook avait pris la relève de la bibliothèque après le départ en retraite de Madame Pince. C'était une jeune femme aux cheveux blonds coupés au carré et aux petits yeux noisette. Elle était de petite taille, un peu ronde mais personne ne se serait risqué à lui en faire la remarque. D'après les rumeurs, elle aurait déjà chassé plusieurs élèves de sa bibliothèque rien qu'avec sa baguette. Entendant Teddy parler si fort, elle arriva d'un pas déterminé qui ne laissait aucun doute quant à son agacement.

« Jeune homme je vais vous demander de bien vouloir vous taire. Si vous n'avez rien de mieux à faire que de glapir comme un niffleur, je vous conseille de quitter la bibliothèque séance tenante. »

Teddy se sentit devenir écarlate. Tous les regards de tous ceux qui se trouvaient dans la pièce, et Merlin savait qu'ils étaient nombreux, étaient tournés vers lui.

« Je… je vais y aller, désolé. »

Il ramassa ses affaires et quitta la bibliothèque. Quelques secondes plus tard, Jesse et Sam le rejoignaient.

« C'était une Serdaigle, dit Sam. Mais tu crois que c'est elle qui a fait ça ?

_ J'en sais rien, j'espère. Peut-être qu'elle sait quelque chose. On va aller voir à la tour des Serdaigle. »

Celle-ci se trouvait dans les hauteurs de l'école et il leur fallu monter plusieurs étages avant d'arriver à destination. Une fois en haut, Sam s'appuya à la rambarde de l'escalier. Son visage était aussi rouge que la bannière des Gryffondor et de la sueur lui coulait dans le cou.

« Tu manques de sport, lui dit Jesse. Et tu voulais jouer au Quidditch ? »

La réponse de Sam ne fut pas polie et Jesse joua les offusqués.

« Un peu de tenue ! grogna Teddy. On est devant l'entrée de la salle commune des Serdaigle. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

_ Je ne sais pas, répondit Jesse un peu agressivement. Tu agis toujours avant de faire des plans du coup, on ne sait jamais quoi faire. Frappe à la porte. »

En réalité, le garçon s'était attendu à se trouver face à un portrait. La salle commune des Gryffondor et celle des Serpentard étant ainsi gardées, il avait pensé que c'était le cas pour toutes les maisons. Mais visiblement, les Serdaigle dérogeaient à la règle car il avait juste devant lui une grosse porte en bois ornée d'une poignée munie d'un heurtoir en argent. Si ça se trouvait, elle n'était même pas verrouillée mais il avait quand même quelques doutes. Le but était que personne d'étranger à une maison ne puisse entrer sans y être invité. Ici, ça lui semblait beaucoup trop simple.

Un peu intimidé cependant, il tendit la main et saisit le heurtoir. Immédiatement, un violent frisson glacé s'empara de lui alors qu'une voix un peu gutturale et comme venue d'outre-tombe ébranla l'air.

« Seule la sagesse peut entrer. Pour prouver votre mérite, répondez à cette question. Message colporté dans un but malveillant, je suis aussi un sanglier de deux à trois ans. Qui suis-je ? »

Les trois amis échangèrent des regards intrigués. Teddy avait eu raison de penser que frapper à la porte serait beaucoup trop simple et il s'avérait qu'il n'était pas très bon en énigmes.

« Il faut réfléchir, grogna Jesse, et prouver par la même occasion que les Gryffondor ne sont pas que des brutes impulsives. »

Avec un soupir désespéré, Sam se laissa tomber assis sur la première marche de l'escalier. Pour lui, c'était fichu.

Toujours debout devant la porte bien qu'il eut lâché le heurtoir, Teddy réfléchissait intensément, une main lui caressant doucement le menton. Au gré de ses pensées, sa morphologie changeait subtilement lui donnant ici les oreilles décollées et là des joues un peu plus rondes.

« Un sanglier… des paroles malveillantes. Mais c'est quoi le lien ?

_ Un… un marcassin ? tenta Jesse.

_ Ce n'est pas la bonne réponse, répondit la voix désincarnée.

_ Oh mais c'est trop dur ! gronda Sam. Donnez-nous au moins un indice.

_ Pas d'indice. »

Le silence retomba. Teddy répétait encore et encore dans sa tête les termes de l'énigme mais l'illumination ne venait pas et il ne comprenait absolument pas le lien entre des paroles malveillantes et un sanglier. Peut-être était-ce quelque chose en rapport avec la nourriture ?

« Un gigot ?

_ Ce n'est pas la bonne réponse. »

Jesse poussa un cri de colère.

« Une pantoufle ! Un chasseur, un tableau, un balai, un sorcier, une fourrure, une lettre, un cadeau… »

Mais la porte ne s'ouvrait pas et les noms qu'il énumérait au hasard se perdirent dans le vide.

« Répétez l'énigme ! intima Teddy.

_ Message colporté dans un but malveillant, je suis aussi un sanglier de deux à trois ans. Qui suis-je ?

_ Un ragot. »

Les trois garçons se tournèrent vers une fillette en uniforme bleu et argent qui était arrivé à leur hauteur. La porte de la salle commune s'ouvrit dans un déclic.

« Laura ! s'écria Jesse en se jetant sur sa petite sœur pour la serrer dans ses bras. Tu nous sauves la vie !

_ Mais qu'est-ce que vous faites ici ? demanda la fillette et bloquant la porte de son pied pour éviter qu'elle ne se referme. Seuls les Serdaigle sont censés venir ici.

_ Justement, dit Teddy. On en cherche une. Une fille de cinquième année ou sixième peut-être, avec des cheveux châtains longs. »

Laura haussa les sourcils.

« Ça correspond à beaucoup de filles tu sais.

_ On voulait entrer pour voir si elle était là et… »

Il fit quelques pas en avant dans le but de s'introduire dans la salle commune de Serdaigle, se réjouissant déjà à l'avance de sa curiosité qu'il allait pouvoir apaiser. Est-ce que cette salle ressemblait à celle des Gryffondor ? Est-ce qu'il y avait également des fauteuils et des canapés devant de grandes cheminées dans lesquelles brûlaient des feux accueillants l'hiver ? Est-ce que plusieurs manuels et autres livres étaient également dispersés ici et là dans les meubles et étagères qui entouraient les murs cependant majoritairement tapissés de portraits ? Il supposait que tout devait être bleu et argent.

Mais Laura ne le laissa pas passer.

« Je suis désolée, Ted, mais cette pièce est réservée aux Serdaigle.

_ Mais on a ouvert la porte !

_ J'ai ouvert la porte. Et moi je suis une Serdaigle. »

Elle allait la referme cette fois mais Jesse poussa Teddy pour se mettre dans l'entrebâillement, ce qui lui valut un regard foudroyant de sa petite sœur.

« Qu'est-ce que tu fais ?

_ Tu peux nous donner un coup de main, Laura, ou choisir de jouer les égoïstes et nous fermer cette porte au nez.

_ Mais… les Serdaigle…

_ On se fiche des Serdaigle. Là on enquête pour quelque chose de grave. L'année dernière un homme est mort à cause de cette histoire et si tu as pu venir cette année à Poudlard à bord de l'Express c'est parce que Teddy s'est acharné à mener l'enquête. »

Ce dernier baissa les yeux, gêné.

« On ne va pas rentrer dans cette salle commune puisque ça a l'air de te perturber mais tu peux chercher cette fille.

_ Mais je ne sais même pas qui c'est !

_ Eh bien tu n'as qu'à parler un peu fort de serpent qui se mord la queue, je suis sûr qu'elle va se montrer.

_ Et si elle ne se montre pas ? »

En réalité, ils n'avaient pas vraiment réfléchi à cette possibilité.

« Et si elle n'était pas là ? insista Laura.

_ Tu ne veux pas essayer quand même ? »

Jesse avait pris le ton le plus doux et le plus suppliant possible. Il lui faisait même le coup du regard implorant.

« Ok, s'agaça Laura. Je vais tenter le coup. Mais si j'ai des problèmes ce sera entièrement ta faute et je te jure que j'envoie direct une lettre à maman. »

Le Gryffondor répondit par un grand sourire et fit juste un pas en arrière. La porte se claqua juste devant lui, le séparant ainsi de sa sœur.

« Ragot, souffla Sam qui n'en revenait pas de la réponse. Et moi qui pensais que c'était un mot qui ne voulait rien dire.

_ Ben maintenant tu sais, dit Teddy, ce sont des mauvaises paroles.

_ Et un sanglier qui a entre deux et trois ans. » ajouta Jesse.

Durant ce qui sembla être de longues minutes, les trois garçons patientèrent en silence. La tension grimpait de plus en plus au fur et à mesure du temps qui passait. Appuyé contre le mur, jouant avec l'un des boutons de sa robe pour calmer sa nervosité et occuper ses mains, Teddy commençait à se dire que Laura ne reviendrait pas. Elle s'était peut-être dégonflée une fois la porte fermée ou bien elle leur avait promis un coup de main juste pour qu'ils la laissent entrer tranquillement et vu comme ils étaient tous les trois affreusement nuls en devinettes, il y avait peu de risque qu'ils en résolvent une eux-mêmes.

Cependant, la porte finit par s'ouvrir à la fois sur Laura et sur la fille avec qui Teddy avait eu quelques mots à la bibliothèque. Quand elle le vit, son visage prit un air profondément ennuyé.

« J'aurais dû me douter que c'était toi. Tu veux quoi à la fin ?

_ Le signe gravé sur ta table. »

Elle fit mine de faire demi-tour.

« Je ne vois pas de quoi tu parles.

_ Menteuse ! s'écria Laura. Tu viens de me dire que c'était quelque chose de secret ! »

L'adolescente lui renvoya un regard empli de colère et la fillette se tassa contre la porte restée ouverte.

« On n'est pas là pour te faire la morale ou pour t'ennuyer, dit Teddy. On veut juste savoir.

_ Et savoir quoi au juste ? »

Elle s'était tournée vers lui.

« Savoir quoi ? »

Teddy décida de jouer le tout pour le tout. Le cœur battant à tout rompre, inquiet à l'idée de faire la plus grosse bêtise de sa vie, il tira de sa poche le médaillon qu'il avait trouvé dans le Poudlard Express la première fois qu'il y était monté. La fille le considéra.

« Est-ce que tu sais ce que c'est ? demanda-t-il.

_ Vaguement. Je crois que c'est un groupe qui regroupe les victimes de la guerre.

_ Je crois que c'est plus que ça. Je crois que c'est un groupe de néo-Mangemorts. »

La fille pâlit soudainement et Teddy craignit un instant qu'elle ne tourne de l'œil. Elle se passa une main sur le front.

« Ils m'ont contactée. Ils ont dit qu'ils pouvaient m'aider à venger ce qui était arrivée dans ma famille pendant la guerre.

_ Et qu'est-ce qui est arrivée dans ta famille ? »

Elle inspira profondément.

« Avant tout, je crois qu'il va falloir que je te donne mon nom. »

Elle sembla hésiter et finit par, enfin, parler :

« Je m'appelle Mélusine Fudge et je suis la fille de l'ancien ministre Cornelius Fudge. A cause de la guerre, mon père a perdu son emploi et il a sombré dans l'alcool. Il est mort maintenant. »

Teddy secoua doucement la tête.

« Mélusine… c'est bien ça ton prénom hein ? (elle acquiesça). Ces gens sont dangereux, ils ont voulu tuer Napata l'année dernière parce qu'elle est la… parce qu'elle est proche du ministre. Ils ont volé l'Express pour faire trembler les sorciers et créer la panique.

_ Qu'est-ce que je vais faire ? Je suis censée les rencontrer bientôt.

_ On peut peut-être t'aider.

_ Je ne sais pas, ça se fait à Pré-Au-Lard. Excuse-moi mais tu es en première année non ?

_ Deuxième ! s'énerva Sam depuis sa place dans l'escalier.

_ C'est pareil ! répondit-elle sur le même ton avant de s'apaiser pour parler à nouveau à Teddy. De toute façon tu ne peux pas aller à Pré-Au-Lard. »

Un petit sourire naquit sur le visage du garçon.

« On parie ? »