Bonjour, bonsoir ! Voici le nouveau chapitre de cette fic que je n'ai pas uploadé depuis... *hem* très longtemps... Désolée pour cette terrible attente qui va certainement vous obliger à relire la fic dans son intégralité. Je n'ai pas vraiment d'excuse à vous donner, si ce n'est peut-être le manque total d'inspiration qui m'a terrassé pendant une bonne année. J'ai encore deux autres fics qui m'attendent depuis plus de deux ans, et je dois avouer que ça devient plus une corvée qu'autre chose. Mais écrire ce chapitre de "Sire Malefoy et Saint Potter" a été relativement facile, c'est la raison pour laquelle je le poste tout de suite, sans avoir encore écrit la suite. Mais les idées me reviennent peu à peu, il y a donc des chances que je publie à nouveau dans peu de temps. Mais je ne vous promet rien, je ne tiens jamais les délais que je m'impose...

Encore désolée pour cette attente impardonnable, j'espère que ce chapitre vous plaira tout de même =)


Chapitre VII

Du vinaigre dans l'huile


Lorsque Harry se réveilla ce matin là, il était seul dans son lit. En se redressant lentement, il eût comme l'étrange sensation d'avoir été dépouillé. Non pas que le fait de se réveiller seul dans son lit soit une première pour lui, mais ces quatre derniers jours lui avaient donné l'habitude de la chaleur corporelle qu'il ressentait à ses côtés à son réveil. Aussi, lorsqu'il se découvrit de son drap pour se lever, il ressentit une terrible vague de froid imprégner sa peau. Mais malgré cette sensation désagréable, il n'y prêta guère plus attention. Une question lui brûlait les lèvres. Où était Drago ? Comment avait-il réussit à rompre le contact entre eux ?

Et comme si la question avait traversé les murs, Ron, Seamus et Drago entrèrent dans le dortoir, les deux premiers en déboulant comme des troll enragés, l'autre avec les mains dans les poches, l'air renfrogné.

- Harry ! T'es réveillé ! Le Vif d'Or ! Il s'est éteint ! avait hurlé Ron en secouant son meilleur ami comme un prunier.

- Quoi ? Vraiment ? demanda Harry, encore un peu dans la brume.

Le dernier des fils Weasley regarda son ami avec un air éberlué, comme s'il était outré de constater que Harry avait du mal à le croire. Alors, ne lâchant pas le Sauveur, il tourna la tête derrière lui, en direction de Drago qui fixait ses chaussures avec un grand intérêt.

- Malefoy ! Montre-lui !

Harry, toujours torse nu et encore assit dans son lit, nageait dans le flou total, comme si des chinois étaient venus le réveiller en plein milieu de la nuit pour lui raconter l'histoire de la dynastie Ming, sans les sous-titres. Drago releva lentement la tête. Son visage était pâle et ses yeux avaient perdu l'étincelle qui y avait brillé ces derniers jours. Son regard était terne. Vide. Cependant, il s'avança vers le lit en fouillant dans sa poche sans grande conviction. Lorsqu'il arriva à la hauteur de Ron, il s'arrêta, comme si quelque chose l'empêchait de s'avancer davantage. Sortant alors la main de sa poche, il présenta à Harry la petite boule dorée qui leur avait causé tant de soucis. Sans mot dire, il la déposa sur le matelas à côté de son binôme et détourna le regard en direction de la fenêtre grande ouverte. Depuis la tour Gryffondor, on pouvait observer la forêt à loisir. Harry le regarda fixement, plus choqué par son comportement que par l'idée que le Vif d'Or ait pu s'éteindre. Cependant, il finit par prendre le petit objet entre ses doigts, l'observant attentivement. Il s'était bel et bien éteint. Pourtant, Harry ne parvint pas à sourire. L'attitude de Drago l'en empêchait. Et puis de toute façon, qu'est-ce que ça aurait bien pu changer, qu'il manifeste ou non sa joie. Certes, il ne se prendrait plus de coup sur le crâne -l'or faisait tout de même partie des métaux les plus solides du monde- mais en même temps, il sentait que tout ce qu'il avait partagé avec Drago lui glissait entre les doigts. Un arrangement temporaire ; c'était ce que le Serpentard semblait vouloir exprimer par son comportement distant.

- Oh. Il s'est vraiment éteint, se contenta-t-il de dire.

Ron et Seamus restèrent coi face à cette désinvolture exacerbée.

- Tu te fous de moi !? C'est tout ce que tu trouve à dire !? Mais tu te rends pas compte ! On est dimanche ! Dès ce midi, tu seras libre comme l'air puisque le Vif d'Or s'est éteint ! expliqua Ron.

Du coin de l'oeil, Harry vit Drago se mordre la lèvre inférieure avec force. Puis il réalisa ce que cette « liberté » impliquait. Tout ce qu'il avait vécu cette semaine durant, n'avait été que le résultat d'une contrainte temporaire. Rien de tout cela n'avait été spontané, et logiquement, une fois la contrainte retirée, Harry et Drago n'avaient plus de raison de se côtoyer outre mesure. Le temps que l'idée se face un chemin vers son esprit, le Serpentard avait arraché le Vif d'Or de ses mains et s'était retiré du dortoir, sans un mot. Les trois Gryffondors restèrent figés l'espace d'un instant, absolument largués par les agissements du Serpent. Harry se leva soudain, se dégageant de l'emprise que Ron avait maintenu sur ses épaules.

- Bon, je vais prendre ma douche, dit-il simplement.

En sans un mot de plus, il se retira dans la salle de bain, sans accorder le moindre regard à son meilleur ami. Une fois qu'il fut sortit, Ron regarda Seamus avec un air fatigué.

- Punaise, plus aveugle que ça, tu meurs, dit-il d'un ton las.


Drago avait la lèvre rouge sang, a force de la mordre sans cesse. Dans le silence de la Salle Commune de Gryffondor, il tentait désespérément de retenir ses larmes de panique. Il était frustré, en colère, et complètement abattu. Il tenait le Vif d'Or dans sa main et le faisait tourner dans tous les sens, sans jamais cesser de le fixer de ses yeux embués de larmes.

- Allume-toi, saleté ! Tu m'as trop fait chier pour t'éteindre maintenant ! Rallume-toi !

Drago n'arrivait plus à maîtriser sa colère. Cet objet l'avait énervé, contredit, frappé et agacé à un point inimaginable ces 4 derniers jours et nombreuses avaient été les fois où il avait eu envie de lui arracher ses ailes de petit moustique doré. Mais maintenant qu'il en avait besoin, le Vif d'Or refusait de se rallumer. Comme s'il avait décidé de ne jamais répondre aux attentes du Serpentard.

- C'est moi qui t'ai attrapé, bon sang ! Tu es à moi maintenant !

Quelques jours auparavant, Minerva McGonagall avait expliqué à Drago qu'étant « sensoriellement impliqué », ce Vif d'Or ne pouvait plus prétendre à servir lors des matchs officiels, étant désormais possiblement influencé par Harry et lui. Ainsi donc, Harry étant déjà l'heureux propriétaire d'un Vif d'Or beaucoup plus coopératif, ils s'étaient tous les deux mis d'accord pour que Drago devienne le légitime propriétaire de celui-ci. Un cadeau empoisonné, pensa-t-il.

Le Serpentard ferma les yeux. Pouvait-on atteindre un niveau de désespoir aussi élevé que celui qu'il ressentait actuellement ? Il avait passé la semaine entière à essayer d'éviter tout contact avec Harry et n'avait pas franchement réussit. Mais maintenant que sa gène s'estompait peu à peu, la seule chose qui aurait pu prolonger leur cohabitation de quelques jours, venait de l'abandonner sans remords. Qu'était-il censé faire désormais ? En dehors de cette lubie qu'avait eu McGonagall, il n'avait aucune raison de rester auprès de Harry. Ni même d'être aimable vis-à-vis de lui. Peut-être aurait-il l'excuse de leur rapprochement récent et de leur entente cordiale naissante pour le saluer dans les couloirs, mais rien ne pourrait à présent aller au delà des politesses d'usage. Soudain, pour une raison qui lui échappait, Drago se souvint de son réveil. La terrible gène qu'il avait ressentie ne semblait pas atteindre Ron et Seamus.

Le vent frais d'hiver soufflait dans le dortoir. Les doux rayons du soleil caressaient son visage avec une infime délicatesse et s'insinuait dans ses cheveux platines. A demi couvert par la couette, Drago n'avait pas froid. La chaleur de Harry l'enveloppait, le protégeait des agressions du vent qui glissait dans la chambre par la fenêtre ouverte. Les baldaquins du lit se mouvaient sous le joug de l'hiver. Pourtant, Drago n'avait toujours pas froid. Quittant peu à peu les bras de Morphée, le Serpentard se réveilla dans ceux de Harry. La tête posée contre son torse, sa peau chaude et douce, une main glissée autour de sa taille, Drago écarquilla les yeux. Il avait cédé. Son subconscient l'avait mené à faire tomber toutes les barrières. Il était en train d'enlacer Harry sans complexe. L'idée que le Gryffondor puisse s'en rendre compte l'effraya. Mais, se redressant, des chuchotements attirèrent son attention et Drago réalisa que tout espoir de s'en sortir indemne était perdu.

- Weasley...

- Malefoy... Bien dormit ? dit-il avec un rictus vissé sur le visage.

Drago n'avait vraiment pas envie de répondre à cette question. Oui, bien sûr qu'il avait merveilleusement bien dormit. Mais que croyait-il ? Qu'il allait lui raconter tous ses états d'âme sous prétexte qu'il était le seul à connaître son intérêt pour Harry ? Même pas la peine d'y penser, il n'avouerait jamais rien à ce rouquin de seconde zone. Alors, détournant le regard vers Seamus, il grogna.

- Oh, il est gêné ! C'est trop mignon ! ricana Ron.

- La ferme Weasmoche, je me souviens pas t'avoir permit de m'adresser la parole avant 10h du matin, répondit Drago, véritablement gêné par la situation.

Mais Ron n'en avait cure. Il connaissait les secrets cachés derrière l'insolence du serpent.


L'eau chaude coulait sur son visage. Cela faisait plus de 10 minutes que Harry était planté sous la douche, fixant le vide de ses yeux nébuleux. Il avait prit l'habitude, ces derniers jours, d'avoir toujours une compagnie à ses côtés. Maintenant que le Vif d'Or s'était éteint, Harry se sentait plus seul que jamais. Lui, l'orphelin, avait toujours vécu dans la solitude jusqu'à ce que Poudlard lui ouvre ses bras. Jusqu'ici, cet environnement lui avait suffi à se sentir épanoui. Mais aujourd'hui, il réalisait à quel point il avait été heureux avec une présence permanente à ses côtés. Désormais seul sous le jet d'eau brûlant, Harry broyait du noir. Et alors qu'il sortait enfin de la douche, il songea que rien au monde n'aurait pu le convaincre de ce qui lui arrivait. Apprécier la compagnie de Drago Malefoy, était une chose qu'il n'aurait jamais crue possible.

Ce dimanche était à ses yeux comme un grand tournant dans sa situation. Cela faisait une semaine exactement que le jeu de l'Epiphanie avait commencé, et ce matin marquait la fin de l'aventure pour tous les élèves. L'espace d'un instant Harry se sentit perdu. Il avait l'impression d'avoir oublier comment vivre. Qu'avait-il l'habitude de faire avant, lorsqu'il avait du temps libre et qu'il était seul ? La question lui semblait saugrenue. Il n'avait pas eu besoin de se la poser pendant une semaine et voilà qu'il devait maintenant y trouver une réponse satisfaisante. En fait, à bien y réfléchir, ce n'était pas tellement qu'il devait désormais se la poser, mais plutôt qu'il le faisait tout le temps et qu'il avait tout simplement cessé de le faire il y a une semaine.

Sans réfléchir, Harry regagna sa chambre et fouilla frénétiquement dans les poches de sa robe de sorcier. Il en tira la carte des Maraudeurs et l'ouvrit d'un geste habitué.

- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.

Le parchemin, jauni par le temps, se couvrit progressivement de lignes fines et noires s'entrecoupant ça-et-là, formant d'un trait fluide les différentes pièces situées à cet étage. Les pieds des habitants du château vinrent ensuite s'ajouter au décor, se déplaçant aléatoirement. Et là, quelque part au milieu de cette foule, réduit à l'état de simples empreintes insignifiantes, se tenait Drago Malefoy, visiblement sujet à une incapacité notoire à rester immobile. Faisant constamment l'aller-retour entre la cheminée de la Salle Commune et le tableau de la Grosse Dame, le Serpentard marchait à une telle vitesse que Harry commença à s'inquiéter. Quelle était la raison d'un comportement aussi étrange ? La question le turlupinait et l'idée d'aller vérifier par lui-même lui traversa l'esprit mais il se ravisa. Débarquer dans la Salle Commune un dimanche matin avec comme seul vêtement une serviette humide n'était pas la meilleure des choses à faire. Il replia la carte et la posa négligemment sur son lit le temps de s'habiller.

Lorsqu'il eu finit d'enfiler ses vêtements, Harry toisa sa robe de sorcier d'un air indécis. Bien que le dimanche autorisait les élèves à s'habiller de façon normale, les Rois et Reines avaient été priés de se présenter au petit-déjeuner avec leurs robes de sorcier ensorcelées. Il l'attrapa alors d'un geste vif et descendit dans la Salle Commune sans l'enfiler. Lorsqu'il acheva de descendre les escaliers, Malefoy était là, arpentant la pièce de long en large au point d'en faire de l'électricité statique sur la moquette rouge. Il semblait parfaitement absorbé par ses pensées et tellement soucieux, que la présence de Harry lui était invisible. Ce dernier décida donc de s'avancer sans discrétion, histoire de voir à jusqu'à quel point Drago s'était enfermé dans ses réflexions. Et plus il s'approchait, moins le Serpentard n'avait l'air de réagir. Ce n'est que lorsque Harry abattit sa main sur son épaule, que le vert et argent, tout de blanc vêtu, réagit enfin.

- Ouah ! Harry ! sursauta-t-il.

Voyant sa réaction, Harry fronça les sourcils. Drago n'était pas du genre à se laisser surprendre et encore moins du genre à montrer sa surprise lorsque l'on parvenait tout de même à réussir cet exploit. Pourtant, tout soucieux qu'il était, il était actuellement complètement désarmé face à lui. Et bien que la chose le rendait plus humain qu'à l'accoutumée, elle était tout sauf naturelle dans ce contexte-là. Mais le Sauveur se contenta de gommer son inquiétude et de sourire faiblement, histoire de garder la face. Il retira alors lentement sa main de l'épaule de son vis-à-vis et sourit plus franchement.

- On y va ? demanda-t-il avec un air insouciant.

- Quoi ? C'est déjà l'heure ?

- Drago. Ça fait une demi-heure que tu piétines. Tu n'as pas réalisé ?

- J'ai l'impression que ça n'a duré que 5 minutes, confia le Serpentard, réellement perdu.

Harry l'observa à nouveau, cette fois-ci franchement contrarié. A y regarder de plus près, le visage de Drago était inhabituellement rougit çà-et-là, et ses cheveux n'étaient pas aussi impeccablement coiffés que d'ordinaire. Certes ils étaient coiffés, mais Malefoy avait dû passer ses doigts dedans à plusieurs reprises sans même le réaliser. Harry s'apprêta à poser une question à Drago lorsqu'un première année déboula du haut des escaliers en enfilant maladroitement son pull et traversa la Salle Commune en courant afin de rejoindre la Grande Salle au plus vite. Alors, l'observant traverser la pièce en courant, Harry se ravisa et se contenta de donner une tape amicale à son ami.

- Allez, on va être en retard.

Et l'air de rien, Drago glissa discrètement sa main dans la poche de sa robe de sorcier, y rangeant le Vif d'Or que Harry n'avait pas eu le temps d'apercevoir.


Les élèves s'affolaient dans les couloirs du rez-de-chaussée. Beaucoup d'entre eux étaient en retard, achevant d'enfiler leurs pull en courant jusqu'à la Grande Salle. Le coeur de Harry battant au rythme effréné de leur course. Il ne stressait pourtant jamais, mais il sentait que ce qui allait suivre allait mettre ses nerfs à rude épreuve. Son sang battait dans ses tempes, traduisant une angoisse incontrôlable et incompréhensible. Il était comme coupé du monde, sourd aux bruits de l'extérieur et aveugle aux mouvement de ses camarades. Debout devant l'imposant porte à double battants de la Grande Salle, il attendait simplement qu'on lui face signe d'entrer. McGonagall avait tenu à ce que les Rois et Reines soient les derniers à pénétrer dans la salle, et l'attente était de plus en plus insoutenable. Gwaine et Willow étaient arrivés avant eux et patientaient calmement contre la fenêtre du couloir, rigolant tous les deux de la démarche de certains élèves. Pour eux évidement, la fin du jeu n'avait absolument rien d'inquiétant. Aucune fierté mal placée ne les empêcherait de rester amis à l'avenir. Chacun d'eux appréciait la maison de l'autre, et la réciproque semblait plus que vraie. Mais dans le cas Potter-Malefoy, la chose était plus délicate. Loin de s'apprécier pleinement l'un l'autre, leurs maisons respectives n'étaient pas non plus du genre à plier l'échine devant l'adversaire. Et il était de notoriété publique que Serpentard et Gryffondor n'avaient jamais été rien d'autre que des adversaires. Bien que certains binôme avaient l'air de s'entendre cordialement, les cas isolés ne faisaient en rien une généralité. Et Harry savait parfaitement que ses années de rivalités avec Malefoy n'étaient pas une habitude que l'on pouvait effacer d'un revers de la main. Et ce fait, au dessus de tous les autres, était celui qui lui fendait le coeur. Jamais il ne l'avouerait à haute et intelligible voix, mais il avait apprit à apprécier Drago, et bien qu'il se tienne juste à ses côtés, il lui manquait déjà. Mais le principal concerné l'avait bien signifié à son réveil : tout cela n'était rien d'autre qu'un arrangement temporaire, une entente éphémère. Harry soupira. Il se voyait déjà dans les couloirs de l'école, croisant Malefoy, espérant un geste, un salut quelconque, et ne récoltant qu'indifférence, tel qu'il s'y était habitué depuis la fin de la guerre. Car loin de l'insulter de tous les noms, Malefoy avait tout simplement prit l'habitude de l'ignorer. Et à la fin de cette journée, il était plus qu'évident que Drago effacerait à nouveau Harry de sa vie. Cette pensée lui fendit le coeur et Harry sursauta sans raison.

Drago l'observa, un air curieux sur le visage. Harry n'avait pas l'air vraiment dans son assiette et la possibilité qu'il s'impatiente était à envisager. Mais pourtant, quelque chose sur son visage l'interpela et insinua dans son esprit de serpent qu'il était également possible que Harry angoisse à l'approche de la fin fatidique. Mais Drago ferma les yeux avec force. Son esprit embrumé lui sussurait des idées capillotractées dont il se serait bien passé. Il pesta silencieusement. L'espoir était une chose qui, une fois esquissé dans l'esprit, ne nous quittait jamais. Parfois, cela se révélait être salvateur, comme lorsque Drago avait fait reposer tous ses espoirs d'un avenir meilleur sur Harry. Mais d'autres fois, cela se montrait dur et retord, chuchotant sans arrêt des mensonges et dessinant d'insupportables illusions sur le chemin. Alors, afin de déterminer clairement si oui ou non ses espoirs étaient fondés, Malefoy se jeta dans la gueule du loup. Se tournant précipitamment vers Harry, il saisit sa main et le regarda avec l'air le plus sérieux du monde.

- D'accord.

Ce fut tout ce qu'il dit. Il lâcha ensuite la main de Harry avec regret et se détourna de lui tandis que McGonagall, assise à la Grande Table, les invitait à s'avancer dans l'allée centrale de la Grande Salle. Harry était perdu. Drago agissait de façon incompréhensible et inattendue. Que devait-il comprendre derrière ce « d'accord » presque chuchoté ? Décidément, Harry était perdu. Tellement perdu qu'il n'entendit pas McGonagall qui les avait invité à se tenir de part et d'autre des escaliers. Elle nota d'ailleurs ce détail avec amusement en souriant discrètement.

- La semaine est passée, et le jeu de l'Epiphanie prend fin ce matin. Nous avons, nous autres professeurs, pu constater certains rapprochement étonnant entre certaines maisons, et nous en sommes plus que ravi. Il s'agissait là du but premier de ce divertissement, à travers vos Élus. Nous allons donc dès maintenant annoncer la fin officielle de leurs obligations. Messieurs Malefoy, Potter, Puckdown, Miss Sisemen, veuillez retirer vos robes de sorciers je vous prie, énonça Minerva.

Les quatre Rois et Reine s'y attelèrent alors et les replièrent plus ou moins approximativement avant de les reposer en pile sur les marches de l'escalier. Harry regarda Drago du coin de l'oeil, notant le léger tressaillement des ses lèvres.

- Bien ! Nous allons dès à présent comptabiliser les points des différentes binômes.

McGonagall saisit donc sa baguette et, silencieusement, lança un sort sur l'ensemble des élèves. Les scores s'affichèrent alors au dessus de chaque binômes, assis côtes à côtes pour l'occasion. Le score grossissait ou diminuait en fonction de leur importance, et plus le chiffre était élevé, plus il virait au doré flamboyant. Ainsi, la totalité de la Grande Salle eu le souffle coupé lorsque, au dessus de Drago et Harry, le nombre 710 s'afficha, aussi gros qu'un Hippogriffe et aussi lumineux qu'un Patronus. Les autres binômes, avec leur petit 50 de la taille d'un têtard et aussi lumineux qu'une luciole, n'en menait pas large. Une rumeur bruyante s'éleva dans la salle, clamant la victoire quasi officielle des Rouges et Verts.

- Du calme, s'il vous plaît ! intervint Minerva. Il apparaît clairement que les grands vainqueurs de ce jeu de l'Epiphanie sont Harry Potter et Drago Malefoy. Félicitations messieurs.

Les élèves se levèrent alors comme un seul homme et applaudirent bruyamment, le regard toujours fixé sur l'énorme 710 qui flottait dans les airs. Drago était abasourdit. Plus jeune, il aurait été extrêmement fier d'avoir battu la totalité de l'école à plate couture. Aujourd'hui, il était tout simplement choqué de réaliser que les élèves le félicitaient, malgré les récents évènements et le rôle qu'il avait joué pendant la guerre. Harry, lui, souriait tristement. Car cette victoire n'en étais pas vraiment une. Ce n'était que le calme avant la tempête. Et plus il y pensait, plus l'idée de ne plus fréquenter Malefoy lui tordait l'estomac. Il ne pouvait pas vraiment le considérer comme un ami, bien qu'il avait essayer de le faire, mais il ne pouvait plus le considérer comme un rival non plus. Leur relation était devenue une sorte de foutoir sans nom et cette animosité qu'il avait considéré comme un point fixe dans sa vie, lui avait joyeusement faussé compagnie. C'est alors qu'il y songea. Ce qu'il avait l'habitude de faire lorsqu'il était seul, ce qu'il avait toujours faire lorsqu'il était seul ces 7 années durant, avait été d'observer Drago. Se battre, l'insulter, le maudire en silence, l'espionner avec la Carte du Maraudeur, analyser ses stratégies de Quidditch, tout son temps libre avait toujours été lié à Drago. Même le soir, lorsqu'il était temps pour lui de dormir, Harry cogitait sur la façon dont il occuperait ses journées et dont il pourrirait celle de Malefoy. Il avait apprit son emplois du temps par coeur et savait précisément ce qu'il faisait et à quelle heure. Son temps libre était une équation, mais maintenant que la constante n'était plus d'actualité et qu'aucune autre n'était venue pour la remplacer, seule l'inconnue restait là, à lui tenir compagnie dans la solitude. Le regard du Sauveur se posa sur Drago, et une infinie tristesse lui noua la gorge. Vivre ces quelques jours de cordialité et de collaboration avec lui avaient été divertissants à un point tel qu'il avait, pour un temps, fini par oublier la guerre. Jamais rien n'avait réussit ce miracle avant cette semaine. Et aujourd'hui, Harry sentait le vide dans sa poitrine se rouvrir et augmenter davantage encore.

Mais McGonagall reprit son discours, faisant taire le bruit qui s'élevait dans la Grande Salle.

- Les professeurs et moi-même sommes ravis de constater que ce petit jeu vous à quelque peu rapproché. Votre professeur de Défense Contre les Forces du Mal m'a rapporté avec une extrême fierté que mademoiselle Pansy Parkinson s'était repentie au nom de sa maison pour les actions commises par vos parents pendant la guerre. Sachez que vous ne serez jamais tenus pour responsable des actions d'autres que vous-même, pas même pour celles de vos parents. Mais pour le courage dont mademoiselle Parkinson a fait preuve, j'accorde 50 points aux Serpentards.

Les élèves de Serpentard accueillir ces points avec humilité, en silence. Cependant, les Gryffondors, binômes de quelques jours, décidèrent de manifester leur joie. Ainsi, les Serdaigles et les Pouffsouffle rejoignirent bientôt la liesse générale, sous les yeux ébahis des principaux concernés. Mais Minerva les fit taire d'un geste de la main.

- Pour l'ingéniosité dont ils ont su faire preuve au court de cette semaine et pour l'implication dans leur travail, j'accorde également 50 points aux Pouffsouffles.

A nouveau, une grande joie se manifesta dans la salle.

- Pour l'esprit d'équipe qu'ils ont su manifester ces derniers jours et pour l'humilité manifesté envers leur binôme, j'accorde 50 points aux Serdaigles.

Cette fois-ci, les Pouffsouffles furent les plus bruyants, comme pour remercier leurs partenaires de jeu.

- Pour avoir su mettre leur fougue au service d'un grand projet et pour avoir respecté les règles sans jamais y déroger, j'accorde 50 points aux Gryffondors.

Le bruit qui s'éleva fut plus bruyant encore, certains Serpentards s'étant joins à la liesse collective.

- Mais ce n'est pas tout ! ajouta Minerva. Pour avoir su mettre leurs différents de côtés afin de cohabiter pendant 7 jours entiers et pour avoir su voir l'autre pour ce qu'il est et non pour ce qu'il semble être, une mention spéciale à messieurs Potter et Malefoy, à qui j'accorde également 50 points.

Et sur ces mots, le 710 déjà extrêmement imposant se transforma en un 760 démentiel. Harry et Drago se regardèrent, et, sans en avoir conscience, se posèrent la même question. Qu'avaient-ils donc vu l'un en l'autre ? Un ennemi ? Plus maintenant. Un ami ? Pas vraiment. Une connaissance ? C'était plus que ça. Un confident ? Inutile, ils savaient chacun ce que vivait l'autre. Leur schéma de vie était identique. Une seuls chose était sûre, si l'un disparaissait, l'autre en s'en remettrait pas.

- Cette cérémonie est donc terminée ! Félicitation à chacun d'entre vous ! Le repas est désormais prêt. Bon appétit à vous.

Ni une, ni deux, les élèves commencèrent donc à manger, se jetant sur les multiples plats en sauces et friandises qui se trouvaient sur leur table. De là où il était, Harry observa Ron manger comme un porc, et ricana de cette bonne vieille habitude qui ne changerait jamais. Et de fil en aiguille, un sourire mélancolique se dressa sur son visage. Les habitudes qui changeaient soudain étaient les plus dures à oublier. Affligé, il se retourna vers Drago, mais le Serpentard avait déjà disparu parmi ses camarades de maison. En observant autour de lui, Harry se rendit alors compte qu'il était désormais seul devant les escaliers et la fin de loup qui lui avait tordu les tripes depuis le matin venait subitement de le quitter. Saluant alors ses professeur d'un hochement de tête, il partit rejoindre son meilleur ami sans même jeter un coup d'oeil derrière lui. Tout cela était bel et bien fini.


Depuis la table des professeurs, une légère rumeur s'élevait. La victoire, bien qu'elle lui souriait constamment, n'avait jamais vraiment réussit à Harry Potter, et Horace Slughorn s'en inquiéta quelque peu.

- Avons-nous réellement bien fait, ma chère, de jouer ainsi avec le destin ?

- Voyons Horace, vous savez bien que le destin n'y est pour rien. Nous n'avons fait que forcer un peu la chance. Regardez-les maintenant ! Les Serpentards n'ont jamais été aussi bien acceptés des autres maisons qu'aujourd'hui ! Et c'est le résultat de notre petit arrangement. Messieurs Potter et Malefoy étaient le centre de cette animosité depuis des années. Leur donner la fève n'a eu que des effets positifs, répondit Minerva.

- Je n'en suis pas si sûr, Minerva. Je n'ai jamais vu Potter aussi morose que maintenant. Et que dire de monsieur Malefoy, il est aussi pale qu'un fantôme !

- Je vous avait bien dit qu'il y aurait des répercutions ! Le destin n'avait pas choisit de les réunir ! Vous avez triché, intervint Trelawney.

McGonagall considéra alors la situation quelques secondes et observa Slughorn avec des yeux ronds.

- Vous ne croyez tout de même pas-

- Je ne crois rien, Minerva. J'observe. Et j'ai observé. Bien qu'ils s'évertuent à dire le contraire, Potter et Malefoy ne sont jamais aussi rayonnant que lorsqu'ils sont à proximité l'un de l'autre. Leur relation fonctionne exactement comme une potion. C'est l'effet pervers de la chimie. Deux éléments qui se repoussent mais qui ne trouvent une fusion parfaite qu'ensemble. Dans la chimie basique, c'est le cas du vinaigre et de l'huile. Ils sont tous deux non miscibles l'un avec l'autre, mais lorsqu'ils n'ont pas d'autre choix, ils se mélangent parfaitement et créent ensemble quelque chose de mieux, de plus aboutit. Potter et Malefoy me font penser à l'huile et au vinaigre. Ensemble, ils forment un tout. Séparément, l'un est fade et l'autre est acide. Ils ne peuvent dévoiler tout leur potentiel qu'ensemble. C'est une chose qu'ils ont sans doute comprise de façon inconsciente. Et maintenant, tout leur paraît monotone et sans intérêt.

- Malefoy va se replonger dans son isolationnisme sarcastique et Potter va retourner à ses démons de guerre ? C'est ce que vous croyez ? Que faut-il faire alors ? Si l'un est le remède de l'autre, devons-nous les réunir à nouveau ?

- Nous ne pourrons pas les contraindre éternellement, Minerva. Un jour viendra, où il faudra bien qu'ils aillent l'un vers l'autre sans imposition extérieur. Et de ma vie, je n'ai vu qu'une seule chose capable d'attacher deux êtres l'un à l'autre sans les contraindre.

- Je crois que nous sommes sur la même longueur d'onde mon cher Horace.

- Et bien, chère amie, il est l'heure de réparer nos petites bévues !

Et observant les deux jeunes gens du coin de l'oeil, Horace et Minerva acquiescèrent d'un air entendu.


Et c'est ainsi que s'achève ce chapitre ! J'adore imaginer Slughorn en comploteur expert en psychologie x)