Bonsoir ! Et oui, enfin, voilà un nouveau chapitre ! C'est le dernier avant l'épilogue et la conclusion définitive de cette histoire. J'espère malgré mes retards insupportables que vous aurez apprécié cette fiction qui, il faut le dire, m'a pris énormément de temps et d'énergie x) !

Rating : K+

Pairing : DM/HP

Disclamer : Les personnages, l'univers et l'oeuvre origniale sont la propriété de J.K. Rowling :)

Bonne lecture !


Chapitre IX

A story about us


Lorsque le repas s'acheva, Harry décida de quitter la compagnie d'Hermione avec précipitation, la curiosité le poussant à agir enfin. Les autres élèves quittaient la Grande Salle à pas lents et Drago avait disparu sans laisser de trace. Pour avoir le fin mot de l'histoire, Harry savait qu'il n'y avait pas 36 solutions. Le Serpentard avait toutes les réponses, il fallait le rattraper. Au loin, depuis la Grande Table, McGonagall et Trelawney l'observaient courir au milieu des élèves avec une légère appréhension. Les conséquences des évènements à venir allaient influencer beaucoup de monde, en bien ou en mal. Drago quittait enfin la Grande Salle et tournait au coin du couloir. Harry se faufilait entre les élèves, en poussait certains pour faciliter sa course, et prenait à peine le temps de s'excuser auprès d'eux lorsqu'il forçait le passage. Il avait perdu Drago de vue et devait miser sur le fait qu'il irait directement dans sa Salle Commune. A force de bousculades et d'indélicatesses qu'on ne lui connaissait pas, Harry parvint à atteindre la tête de file où il pensait trouver Drago, mais le Serpentard s'était volatilisé. Le chemin jusqu'à la Salle Commune des Verts et Argents n'était pas sans embuche pour le héros Gryffondor qu'il était. Les tensions s'étaient grandement apaisées entre les maisons, mais la notion de « territoire » était toujours aussi forte et sacrée aux yeux des quatre maisons de l'école. La guerre avait provoqué en elles un besoin fort d'identification et d'individualité. Aussi lorsqu'il se présenta à l'entrée des cachots, Harry ne fut pas accueillit en grandes pompes. Sa présence avait autrefois été tolérée aux côtés de Malefoy, mais ce dernier n'étant plus là pour lui assurer un passe-droit, sa visite était plus ou moins étrange et malvenue.

- Qu'est-ce que tu veux, Potter ? Et comment t'es entré d'ailleurs ? demanda un des quelques Serpentards qui étaient déjà retournées dans leur Salle Commune.

- Malefoy, se contenta de répondre Harry, essoufflé par sa course.

C'était une réponse universelle à toutes les questions qu'on pouvait lui poser désormais. A partir de maintenant et jusqu'à nouvel ordre, tout ne concernait que Malefoy et personne d'autre.

- Putain, alors c'est vrai... Vous êtes vraiment devenus les meilleurs amis du monde ces derniers jours.

Encore essoufflé, ou utilisant son apparente incapacité à aligner plus de trois mots, Harry ne répondit pas, attendant simplement qu'on lui dise ce qu'il voulait savoir.

- Si c'est lui que tu cherches, il est pas là. Il est jamais là en ce moment. On se demande pas pourquoi.

Un éclair de déception foudroya Harry sauvagement. Comment était-ce possible qu'il ait pu le manquer ? Il l'avait suivit de si près ! Il repartit aussi vite qu'il était arrivé, sans demander son reste. Sa course le mena dans chaque recoin des sous-sols du château, mais la trace de Malefoy avait tout simplement disparue. Dépité, Harry décida de remonter dans la Salle Commune des Gryffondors où Ron et Hermione l'attendaient probablement. Sur le chemin, il se mit à ruminer. Aujourd'hui n'était décidément pas son jour. Il commençait même à douter de sa capacité à en apprendre plus un jour sur cette histoire. Sa déception fit le chemin avec lui jusqu'à la tour des Gryffondors. Trainant des pieds, il songea que peut-être Malefoy avait eu la même idée que lui et s'était rendu dans sa Salle Commune pour l'attendre. Mais ses espoirs étaient bien maigres. Harry commençait à croire que tout ce qu'ils avaient vécu ces derniers jours n'avait touché que lui. Pourquoi avait-il le sentiment d'être l'unique personne dans l'enceinte de cette école à y attacher de l'importance ? A vrai dire, c'était plus ou moins la première fois que Drago et lui étaient parvenus à s'entendre. Même leur collaboration avait porté ses fruits. Les choses avaient changé, mais pourquoi Drago reculait-il maintenant ? Etait-il possible d'être attaché à un sentiment de haine ? Même cela, Drago n'avait pas l'air d'y prêter la moindre attention. C'était à se retourner la cervelle. Plus rien n'avait de sens. Drago n'avait plus de sens. Son animosité n'avait plus de sens. Les sentiments de Harry n'en avaient pas non plus. Et lorsqu'il arriva dans la Salle Commune, toute notion de logique fini par lui échapper.

Le portrait de la Grosse Dame s'ouvrit au son de sa voix et Harry s'engouffra dans l'étroit petit couloir de pierre qui menait à la Salle Commune. Là, Ron et tous les garçons de dernière année attendaient. Ron se tourna vers Harry lorsque celui-ci apparu dans son champs de vision et lui sourit discrètement.

- Harry.

- Ron ? Qu'est-ce qui se passe ? demanda l'intéressé.

- Les dortoirs sont occupés. Tu devrais monter jeter un œil.

- Occupés ?

Le cœur de Harry fit un bond. Il se doutait bien de ce qu'il trouverait là-haut. De qui il trouverait là-haut. Mais sa tête, elle, voulait le voir de ses yeux avant de sauter aux conclusions hâtives. L'ascenseur émotionnel qu'il subissait quotidiennement était déjà de trop, il était inutile d'en rajouter davantage. Il monta les marches une par une, à une lenteur qui l'exaspérait lui-même. Mais l'appréhension, la possibilité d'avoir eu tord, lui coupait le souffle et lui criait de reculer. Il dû même regarder ses pieds pour monter, trouver les marches à l'aveugle étant devenu hors de sa portée. A l'instant où son pied toucha la dernière marche et que sa main se tendit vers la poignée de la porte, il redevint étrangement conscient de ce qui l'entourait. Il entendit soudain un hurlement étouffé alors que sa main appuyait enfin sur la poignée. Son instinct lui souffla que quelque chose n'allait pas de l'autre côté de la porte et il l'ouvrit à la volée, complètement dépassé par son angoisse. Sa propre force l'entraina dans son élan et il trébucha en entrant, le forçant à s'accrocher à la poignée comme si sa vie en dépendait. Pendant qu'il se redressait, il réalisa que les bruits pour lesquels il s'était précipité avaient cessé. Il leva la tête vers le centre du dortoir et eût un soudain bloquage face au spectacle qui s'offrait à ses yeux.

- Zabini ? dit Harry, cherchant la logique dans ce qu'il voyait.

- Ah, Potter ! Tu tombes très bien !

- Blaise, sale enfoiré ! Lâches-moi, bordel !

Le langage très fleurit qui parvenait aux oreilles de Harry était celui de Drago, visiblement dans une situation quelque peu douloureuse. Harry dû observer avec attention pour comprendre ce qu'il voyait. Blaise avait immobilisé Drago au sol avec son pied sur son dos et maintenait ses bras en l'air d'une poigne de fer pour lui faire passer l'envie de se débattre. Mais de ce qu'il voyait, Drago n'en avait cure et luttait malgré la douleur pour se redresser.

- Est-ce que... je peux savoir ce qui se passe ? demanda Harry, très peu sûr de vouloir comprendre.

- Blaise ! continuait à hurler Drago.

- Oh c'est très simple, commença Blaise d'un air fier. Sire Malefoy que voici avait quelque chose de très important à te dire et il m'a gentillement demandé de l'accompagner.

- Je n'ai rien à dire ! hurla Drago qui continuait à se débattre comme un diable à terre.

Harry compris évidemment comment les évènements s'étaient réellement enchaînés, mais il fit à Blaise le plaisir de rentrer dans son jeu. Il s'avança vers Drago et s'accroupit à sa hauteur, l'interrompant dans sa colère.

- Tu as quelque chose d'important à me dire ? dit-il calmement.

- Dégage Potter, je suis occupé !

Malgré l'animosité de Drago, Harry ne se démonta pas et s'installa plus confortablement. Blaise devina la suite des événements et obligea Drago à se redresser jusqu'à ce qu'il soit également assit face à Harry. Il maintint cependant ses bras dans son dos pour l'empêcher de leur fausser compagnie.

- J'imagine que si tu n'as rien à dire, c'est à moi de parler, soupira Harry. Je vais te raconter une histoire passionnante que Hermione m'a raconté tout à l'heure.

Mais Drago continuait de se débattre et ne faisait même pas mine d'écouter.

- C'est l'histoire d'un Serpentard qui malgré sa fierté et ses antécédents était prêt à tout pour obtenir ce qu'il voulait. Ce Serpentard cherchait des informations. Et pour les obtenir, il est allé voir la seule personne qui pouvait l'aider mais qui était aussi la moins susceptible d'en avoir envie. Mais le Serpentard était déterminé, alors il fit amende honorable pour convaincre l'autre élève de l'aider. L'autre élève, bien qu'il avait développé une animosité féroce envers le Serpentard au fur et à mesure des années, finit par voir clair dans cette fausse fierté que le Serpentard avait bâti autour de lui. Il comprit aussi que les erreurs du passé n'était jamais du fait d'un seul camps et que tous avait une part de responsabilité. Alors il pardonna au Serpentard et accepta de l'écouter. Le Serpentard lui expliqua son problème. Il avait besoin de savoir quelque chose de précis à propos de quelqu'un en particulier. Cependant il refusait que préciser quoi et qui. Malgré ça, l'élève en devina la moitié. Il s'agissait de son meilleur ami, celui que pendant tant d'années le Serpentard s'était évertué à voir comme un rival, un obstacle à éliminer. Alors la question logique qui suivait était évidement « Quoi ? », qu'était donc cette information que le Serpentard voulait ?

Harry fit une pause pour observer la réaction Drago. Il était pétrifié d'horreur. Avec un petit effort de concentration, Harry aurait probablement pu entendre son cœur battre. Il respira profondément et repris.

- Je ne sais malheureusement pas encore comment cette histoire se termine. Mais je peux t'en raconter une autre, qui est étrangement liée à celle-ci.

Même Blaise semblait captivé par le récit de Harry et retenait visiblement son souffle.

- Quelques jours après cette histoire, et par un certain caprice du destin, le Serpentard se retrouva obligé de suivre son rival partout où il allait. Il aurait probablement pu profiter de cette occasion pour demander ce qu'il voulait savoir directement à l'intéressé, mais pour des raisons que lui seul connaissait, il n'en fit rien. Et pendant la semaine qui suivit, il continua à agir comme il l'avait toujours fait, avec fierté et repartie. Mais le rival lui, commençait à voir le Serpentard différemment. Après les terribles événements qu'ils avaient traversé, il commençait à comprendre comment le Serpentard réfléchissait. Et de fil en aiguille, à force de le côtoyer sans cesse, il commença à les apprécier, lui et son caractère de cochon.

Drago voulu soudain s'énerver face à l'insulte, mais Blaise lui fit efficacement comprendre qu'il avait intérêt à se taire et à écouter. Harry dû se retenir de sourire et poursuivit son histoire.

- Parce qu'ils étaient magiquement liés l'un à l'autre, le rival et le Serpentard étaient obligés de réfléchir ensemble et de se soutenir l'un l'autre pour braver les obstacles qui se présentaient à eux. Et à force de s'entraider, tout le monde autour vit leur animosité mutuelle s'effacer et une certaine complicité voir le jour. Malheureusement, cette complicité était trop récente et trop fragile, et la fin du jeu qui les liait l'un à l'autre l'ébranla. Elle s'effondra comme un château de carte. A la fin du jeu, désormais libres d'aller où bon leur semblait quand bon leur semblait, le rival et le Serpentard ne trouvèrent aucune raison valable pour continuer à passer du temps ensemble. Ils en avaient évidemment envie, mais leur fierté, leurs maisons et leur passé commun les poussaient à s'éloigner l'un de l'autre. Ils avaient pourtant fini par s'apprécier, et si l'un d'eux avait eu le courage de revenir vers l'autre, peut-être que les choses auraient pu se passer différemment. Mais malgré les sentiments qui bouillonnaient en eux, on efface pas 7 ans de rivalité tenace comme ça. Alors le Serpentard fini par de couper du reste du monde, et le rival se lança dans une course désespéré après la vérité. Mais ni l'un ni l'autre ne trouva satisfaction dans ces agissements. Le rival se maudit pour ne pas avoir été capable de retenir le Serpentard auprès de lui, car après tant d'années à lui vouer rancune, il avait enfin fini par l'aimer.

Harry s'arrêta là et Drago comprit que c'était la fin de l'histoire. La fin de leur histoire. Il baissa la tête. Il n'avait jamais envisagé leur situation ainsi. Après tout ce qu'il avait traversé, Drago n'avait toujours pas compris où se trouvait le vrai courage. Il s'était laissé guider par la peur, comme il l'avait toujours fait. Et à nouveau c'était le courage de Harry qui redonnait du sens à sa vie. En colère contre lui-même, il pesta.

- Blaise, dit-il avec un ton sans équivoque. Lâches-moi.

Zabini ne pesa pas une seconde le pour et le contre, lâchant Drago avec la certitude qu'il ne fuirait pas. Pas cette fois. Plus maintenant. Il s'écarta doucement de lui, priant intérieurement pour que son ami oublie rapidement les douleurs qu'il lui avait infligées. Toujours assis face à Harry mais maintenant libre de bouger, Drago ne redressait toujours pas la tête.

- Sors d'ici.

A nouveau Blaise n'hésita pas une seconde et quitta les dortoirs. Ce qui allait se passer à présent ne concernait que Drago et Harry. Il referma la porte avec le sourire. Quoi qu'il se passe à présent, Drago n'aurait plus rien à regretter. Tout ce qu'ils avaient à faire désormais était de faire leur possible pour avancer.

Drago releva doucement la tête. Harry n'avait pas bougé. Le combat qui faisait rage dans l'esprit de son binôme était un combat auquel il ne pouvait pas prendre part. Pas encore. Alors il attendait que Drago soit prêt. Et lorsque le moment vint enfin, leurs yeux se rencontrèrent à nouveau. Déterminés, reconnaissants, contemplatifs. Sans dire un mot, Drago plongea la main dans sa poche et en tira le Vif d'Or qui avait été la source de tant de problèmes qu'il ne saurait les compter. Harry l'observa, ne pouvant réprimer un léger sourire au souvenir de ce que Drago et lui avaient traversé à cause de ce petit objet.

- J'ai haïs cette chose comme je n'avais jamais haïs quelqu'un ou quelque chose auparavant, se décida à dire Drago. Il nous a frappé pendant des heures, nous a assourdis avec son insupportable vrombissement, nous a fait dormir dans des conditions risibles et nous a menacé au moindre faux pas. Je l'ai vraiment détesté pour ça.

Harry se mit à rire de bon cœur.

- C'est vrai qu'il nous en a fait voir de toutes les couleurs, dit-il en souriant.

- Mais c'est lorsqu'il s'est éteint que je l'ai haïs le plus.

Harry releva les yeux vers Drago. Que disait-il ?

- Pendant des jours et des jours, ce satané Vif d'Or a forcé un contact permanent entre nous. Pour manger, pour dormir, pour aller en cours, peu importe où peu importe quoi, on ne s'est pas lâchés. A cause de lui je me suis habitué à ta présence permanente, à la chaleur de ta main dans la mienne et au confort de tes bras dans mon sommeil.

Il hésita à poursuivre.

- Mais maintenant... Maintenant que cette saleté s'est arrêtée...

- Drago...

- J'ai froid.

Harry sursauta. Drago n'avait visiblement pas l'intention d'en dire davantage. Il referma le poing sur le Vif d'Or qu'il haïssait tant et détourna le regard. Harry tendit la main vers celle de Drago et la couvrit doucement de sa paume. Drago releva la tête, cherchant dans le regard de son vis-à-vis ce qu'il fallait comprendre à ce geste. Mais Harry lui épargna cette peine.

- J'aime ce Vif d'Or, dit-il. Il nous aura fait vivre des moments inoubliables et très amusants. Je trouve qu'il est le symbole de cette année. L'amusement et le pardon, loin de la guerre et sans menace sous-jacente. Seule la liberté d'être enfin ceux que nous aurions dû être sans ce danger de mort permanent qui nous guettait toi et moi. Il nous a démontré que malgré nos erreurs passées, une amitié sincère n'était pas impossible entre nous. Je crois qu'il était là pour ça. Il s'est éteint lorsque nous avons baissé notre garde. Parce que nous n'en avions plus besoin. Et maintenant qu'il s'est arrêté, je peux te prendre la main sans équivoque.

Pour coller à ses mots, Harry ouvrit la main de Drago et en retira le Vif d'Or pour glisser ses doigts entre les siens. Il guida ensuite la main de Drago jusqu'à lui et colla sa joue sur le dos de sa main si pâle et si froide.

- Je le fais parce que j'en ai envie, pas parce que le Vif d'Or me l'impose. Ton contact me manquait aussi.

Drago perdit le fil de ses pensées l'espace d'un instant. Harry embrassa le dos de sa main et Drago sentit son souffle chaud remonter le long de son bras. Il frissonna. Il n'avait jamais ressentit une sensation pareille. Et savoir que Harry agissait de son plein gré exacerbait probablement la vitesse que les battements de son cœur venaient d'adopter. Sans perdre le contact avec sa peau, Harry lâcha sa main et fit glisser ses doigts le long du bras de Drago avec une douceur inattendue et attrapa sa nuque.

- P-Harry... ?

Harry attira soudainement Drago à lui et l'enlaça chaleureusement, glissant son visage dans son cou et ses doigts à la naissance de ses cheveux blonds.

- Puisqu'on a pas voulu me raconter la fin de l'histoire, j'ai décidé de l'écrire moi-même, dit-il.

Drago, perdu, sourit néanmoins et se laissa aller dans les bras de Harry, fermant les yeux.

- Ah oui ? Et comment finit-elle alors ? demanda-t-il.

Harry se mit à rire silencieusement, chatouillant agréablement l'oreille du blond. Drago n'avait plus ni la force l'envie de résister désormais.

- Le Serpentard avait oublié pendant un cours instant à quel point ses amis étaient formidables. Il ne s'était pas douté que parmi eux, certains avaient oeuvré dans l'ombre pour l'aider. Il en allait de même pour le rival, qui dans ses efforts solitaires, n'avait pas vu ce que son meilleur ami avait fait pour lui. Leurs amis, qui tout comme eux à l'origine ne s'appréciaient aucunement, s'étaient alliés pour faire comprendre au Serpentard et au rival l'importance de ce qu'ils étaient en train de perdre. Un attachement très singulier. Un amour naissant. Lorsqu'il fut mit devant le fait accompli, le rival oublia tous les obstacles moraux qu'il avait lui-même dressé sur sa route et passa outre. Et lorsque sa chance se présenta, il n'hésita pas une seconde. Il confessa son amour au Serpentard et l'embrassa avec la force de tous les sentiments bons ou mauvais qu'il avait accumulés depuis le premier jour.

Harry s'arrêta de parler. Pendant son récit il avait inconsciemment resserré son étreinte autour du corps de Drago, comme si la peur de le voir fuir avait agi à sa place. Mais Drago ne bougeait pas. Il avait glissé ses bras dans son dos et agrippait son t-shirt avec toute la force de sa peur. Malgré ça, il prit la parole calmement, probablement plus en confiance tant que Harry ne croisait pas son regard.

- C'est une très belle histoire, dit-il. C'est dommage qu'elle ne colle pas très bien aux faits.

Harry sursauta. Le sous-entendu de Drago était à peine dissimulé. Il desserra son étreinte lentement, inquiet à l'idée que Drago en profite pour s'enfuir. Mais le Serpentard ne bougeait pas. Lorsqu'il fut à bonne distance, Harry passa sa main sous le menton de Drago et le releva afin de croiser son regard. La panique était lisible dans leurs yeux. Aucun d'eux n'était sûr de la suite des évènements. C'était un saut dans le vide.

- Tu as raison, je vais régler ça, répondit Harry.

Alors, avec sa main sous son menton, il attira le visage de Drago jusqu'à lui. Son autre main saisit celle du blond, leurs doigts s'emmêlèrent automatiquement et ensemble, ils franchirent le pas. Leurs lèvres entrèrent en contact et se pressèrent l'une à l'autre. Cette sensation se passait de toute description. Ni Harry ni Drago n'avaient les mots pour qualifier se qu'ils ressentaient. Un simple contact, un amour partagé, c'était un cocktail d'émotions à la fois douces et violentes au delà de tout ce qu'ils avaient vécu avant ça. Ce contact si intime, si rebutant autrefois et pourtant si désiré aujourd'hui leur paraissait soudain comme la réponse à tous leurs problèmes. Ils avaient la soudaine impression d'être assez forts pour franchir des océans et assez téméraires pour gravir des montagnes. Tout avait un sens, tout avait une place. Et il était de l'ordre de l'évidence désormais que les leurs étaient l'une à côté de l'autre.

Prenant son courage à deux mains, et se sentant pousser des ailes, Drago saisit la nuque de Harry et inclina sa tête pour glisser sa langue à la rencontre de la sienne. Leur baiser devint plus chaud et plus passionné, comme si leurs corps n'étaient désormais plus guidés que par la frustration accumulée depuis des jours. Drago émis un gémissement rauque lorsque Harry se mit à mordiller ses lèvres. Il se leva et sans cesser d'embrasser Harry avec toute la passion qu'il ressentait, il vint s'asseoir à califourchon sur ses genoux. Harry renversa la tête en arrière par instinct et attira à nouveau Drago à lui en glissant ses bras dans son dos. Leurs corps étaient collés l'un à l'autre et leurs mains caressaient chaque parcelle de peau qui passaient à leur portée.

Lorsqu'enfin ils parvinrent à lâcher prise et à rompre le baiser, leurs regards électriques continuaient à s'embraser avec tout l'amour qu'ils ressentaient.

- Drago... chuchota Harry, essoufflé.

- Harry...

Drago glissa son visage dans le cou de Harry et commença à embrasser sa peau, glissant sa langue sur les veines battantes qui suivaient le rythme effréné qu'il avait imposé à son cœur. Harry soupira d'aise. Sentir la bouche de Drago sur sa peau était au delà des mots.

- Drago...

Le susnommé se laissait allez aux fantaisies de son instinct. Lorsque Harry susurra son nom, l'envie de l'embrasser à nouveau se fit plus forte que tout le reste et il revint à l'assaut de ces lèvres qui lui avaient dit « Je t'aime » à demi mot.

Leurs cœurs semblaient battre de façon désordonnée et pas du tout synchrone et le bruit des battements leur emplissait les oreilles. Seul le bruit de leurs souffles parvenait à percer cet orchestre discordant. Leurs mains tremblaient, leur peau frissonnait et leurs bouches hurlaient tout l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre dans un silence assourdissant.

- Dis-le à nouveau, susurra Drago entre deux baisers. Dis-le Harry, ce que le rival a dit au Serpentard.

- Je t'aime, Drago, répondit Harry après avoir fourni un effort surhumain pour rompre le baiser.

- Tu sais quoi ? répondit Drago.

- Quoi ?

- Je crois que je sais ce que le Serpentard a répondu ensuite.

- Ah oui ? Et qu'est-ce qu'il a répondu ?

Drago s'éloigna soudain de Harry, rompant à nouveau un court baiser. Il glissa ses mains autour du visage de Harry et d'un air extrêmement sérieux et solennel, il plongea son regard argenté dans le vert émeraude du Sauveur.

- Je t'aime Harry. Je n'ai jamais cherché à tomber amoureux ou à me faire aimer de toi, mais force est de constater que malgré tous nos efforts, on ne peut plus vivre l'un sans l'autre.

Et pour la première fois depuis que le Vif d'Or s'était éteint, Drago sourit avec sincérité. Harry ne le quitta pas des yeux et malgré son silence, il se laissa submerger par une vague d'émotion sans précédent. Il était déjà tombé amoureux auparavant, il savait ce que c'était d'espérer un amour partagé. Mais jamais de sa vie il ne se serait douté de la force avec laquelle il avait attendu ces mots précis. Jamais il n'aurait cru ressentir un tel bonheur en écoutant le déclaration de Drago Malefoy, celui qui avait tant de fois tenté de le mettre en défaut. Et à cette seconde précise, Harry savait qu'il venait de trouver l'amour de sa vie. Ses lèvres firent presque le chemin toutes seules jusqu'à celles de Drago. Sans se soucier du reste de monde, ils s'embrassèrent encore et encore, comme pour tenter de rattraper les 7 dernières années de rivalité à côté desquelles ils étaient tous les deux passés.


Et voilà un nouveau chapitre qui s'achève. J'espère qu'il a été à la hauteur de vos attentes x) !