CHAPITRE 15 : Mauvais rêve

Une règle dit que lorsque l'on veut profiter du temps que l'on a devant soi, celui-ci file si rapidement qu'on ne le voit pas passer.

Ainsi, en ce qui lui sembla être un clin d'œil, Teddy se rendit compte que le premier trimestre touchait déjà à sa fin. Le rythme scolaire se balançait entre les cours, les devoirs, le courrier qu'il échangeait – rarement – avec sa grand-mère, les recherches sur le moyen de décoller d'un mur un cadre qu'il semblait impossible de déloger et des recherches sur l'Ouroboros. Il envoya quelques lettres à son oncle Harry, essayant de paraître le plus innocent possible pour lui glaner un maximum d'informations sur ce qu'il savait au sujet des Mangemorts et de leur activité mais ses réponses furent toujours évasives et décevantes.

Au cours des semaines qui suivirent Halloween, Napata tenta plusieurs fois de faire parler Teddy au sujet de son père. Les premières fois, il se contenta de détourner la conversation ou de répondre à côté de la plaque avec des plaisanteries parfois de mauvais goût, souvent idiotes. Et puis un jour il lui parla franchement.

« Je ne suis pas prêt à en parler.

_ Mais c'est quelque chose de grave ?

_ Mon père est mort. Je n'ai juste pas envie de salir sa mémoire et je n'ai pas envie que tu ais des préjugés sur moi. »

Elle parut un peu vexée, et Teddy comprenait parfaitement, si elle lui avait dit ce genre de chose, il l'aurait certainement été aussi.

« Où est-ce que tu es allé pécher une idiotie pareille ? lui dit-elle. Tu ne crois pas que depuis le temps j'aurais largement eu l'occasion de décider que toi et moi on ne peut pas être amis ? »

Mais elle ne lâcha pas l'affaire pour autant, ce qui n'étonna d'ailleurs pas le jeune garçon et un soir après les cours, elle le retint en arrière.

« Ton père est un loup-garou. »

Il écarquilla les yeux.

« Tu… tu as fait des recherches ? »

Elle ne répondit pas son regard en disait suffisamment long. Il soupira, baissa les yeux. C'était fichu maintenant, elle allait rire de lui comme le faisaient la plupart des gens qui savaient.

« J'étais censée le prendre comment ? continua la fillette, les mains sur les hanches.

_ Je ne voulais pas le dire parce que je voulais qu'on reste amis. Je ne voulais pas que ton jugement soit faussé parce que la plupart des gens trouvent que c'est sale d'avoir des gènes de loup-garou. »

Elle cligna des yeux, comme si elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire.

« Mon jugement sur toi n'est pas faussé.

_ Qu'est-ce que tu veux dire ? »

Teddy avait un peu peur de la réponse mais rester dans l'ignorance et peut-être perdre sa meilleure amie était au-dessus de ses forces. Si elle le rejetait, ça lui ferait mal, il le savait, mais au moins il saurait à quoi s'en tenir. Il préférait savoir.

« Eh bien si les loups-garous font tous des enfants comme toi alors ils feraient mieux d'en faire plus souvent. »

Teddy ouvrit la bouche mais la referma aussi sec, incapable de trouver les mots adéquats.

« Tu es mon meilleur ami, Teddy. Je ne vais pas changer d'opinion sur toi du jour au lendemain sous prétexte que ton père avait un souci de santé.

_ On ne se connaît que depuis un an et… »

Napata balaya la réflexion d'un geste de la main.

« On n'a pas besoin de se connaître depuis dix ans pour savoir qu'on est de très bons amis. Je ne suis pas effrayée. Et puis tu n'es pas un loup-garou toi.

_ Mais je pourrais en avoir des gènes comme mon oncle Bill qui a quelques caractéristiques mais n'est pas un loup-garou.

_ Et ton oncle Bill a des enfants ? Il est marié ?

_ Oui, c'est le père de ma cousine Victoire. »

Napata voyait de qui il parlait effectivement. Depuis un an, Teddy ne faisait quasiment que de parler de sa cousine préférée, à tel point qu'elle, Sam et Jesse avaient l'impression de la connaître par cœur alors qu'ils ne lui avaient même jamais adressé la parole.

« Eh bien tu vois, personne ne lui dit qu'il est horrible à lui. »

Et effectivement, le garçon devait bien l'avouer.

Peu à peu, l'automne s'installa et les feuilles roussirent dans les frondaisons avant de commencer à tomber une par une. Mais ce ne fut que lorsque les premières gelées firent leur apparition que les pensionnaires de Poudlard réalisèrent que l'hiver était sur le point de pointer le bout de son nez. La nuit, les garçons rajoutaient des couvertures sur leurs lits et plusieurs élèves commençaient déjà à ressortir leurs écharpes. Ceux qui protestaient en clamant haut et fort qu'ils voulaient encore un peu d'été finissaient à l'infirmerie avec la goutte au nez.

A la mi-novembre, les fiches de renseignements pour savoir qui rentrait chez lui et qui restait à Poudlard pendant les vacances commencèrent à circuler. Teddy ne savait pas comment la remplir. A priori, il ne restait pas à l'école mais personne ne lui avait donné d'indication et, si ça se trouvait, personne ne voulait de lui dans sa famille. La circulaire avait été distribuée pendant le cours d'astronomie du mardi soir. Etant donné le givre qui commençait à recouvrir le sommet de la tour, les cours avaient été déplacés en salle et bien plus tôt, ce qui arrangeait tous les élèves. Mais déjà, le professeur Starlight était en train de les ramasser.

« Vous n'avez rien rempli, monsieur Lupin. »

Le ton n'était ni accusateur ni chargé de reproches. Teddy soupira et cocha la case « restera à Poudlard ». Lorsque la fin du cours sonna, il se sentait de mauvaise humeur. Durant toute l'heure, il avait pris ses notes en silence et avait à peine répondu lorsque Sam et Jesse lui avaient parlé. Comprenant qu'il n'avait pas envie de discuter, ils avaient rapidement cessé pour finir par chuchoter tous les deux, tête contre tête pour que le professeur ne les remarque pas, ce qui leur valut tout de même dix points en moins chacun. A la fin du cours, lorsque tous les élèves sortirent, ravis d'avoir leur soirée de libre, le professeur interpella Teddy. Son sac sur son épaule, il alla la rejoindre au bureau mais elle attendit que tout le monde soit sorti pour lui adresser la parole. Devant elle, bien à plat, se trouvait son parchemin concernant les vacances.

« Monsieur Lupin, j'ai été interpellée par le temps que vous avez mis à remplir cette fiche. Est-ce qu'il y a un problème ? »

Teddy haussa les épaules.

« Je ne crois pas non.

_ Pourquoi avoir autant hésité alors pour finalement inscrire que vous resterez pendant les vacances ?

_ Je ne sais pas, professeur. Je n'ai pas eu de consigne, je ne sais pas ce qu'on va faire de moi pendant les vacances. »

Il baissa les yeux, observa durant quelques secondes le bout de ses chaussures. Elles étaient un peu sales. La veille, il avait marché dans la boue pour se rendre au cours de botanique et elles en portaient encore des traces.

« Je ne pense pas que ma famille se soit trop souciée de moi pour Noël et je n'ai pas envie de leur imposer ma présence alors il vaut peut-être mieux que je reste à Poudlard. »

Le professeur Starlight fronça les sourcils.

« Regagnez votre dortoir, monsieur Lupin. Il est tard. »

Teddy rentra sans se le faire dire deux fois. Il avait pris du retard par rapport aux autres élèves et il se retrouvait tout seul dans les couloirs. Qu'à cela ne tienne, il préférait que ce soit ainsi de toute façon. Il se mit rapidement en pyjama puis au lit, tout en écoutant d'une vague oreille Sam et Jesse qui, enthousiasmés par la circulaire sur les vacances, étaient en train de parler de Noël et plus particulièrement des cadeaux qu'ils voulaient. Lui, il se sentait de très mauvaise humeur et alors qu'il se roulait dans ses couvertures pour tourner le dos à ses amis et leur faire croire qu'il dormait déjà, il se demanda ce qu'aurait été sa vie si ses parents étaient toujours en vie.

Tout d'abord, il aurait probablement un petit frère ou une petite sœur, si ce n'était les deux comme Victoire. Elle se plaignait souvent que sa sœur était capricieuse et que son frère était collant. Ils avaient respectivement sept et quatre ans et Teddy aurait adoré les avoir pour jouer. Même si c'était pour partager des jeux de bébé ou de filles. Au lieu de ça, il était tout seul, sans même ses parents auprès de lui. S'ils avaient été là, ils auraient préparé Noël tous ensemble. Peut-être que sa mère aurait fait des biscuits. Il soupira. Il ne savait même pas si elle avait aimé cuisiner. Il aurait peut-être fait les magasins avec son père et aurait préparé lui aussi une liste des cadeaux qu'il voulait.

Il n'osait pas le faire avec son parrain ou n'importe lequel de ses oncles. Ce n'était pas son rôle, pas sa place. Il ferma les yeux et refoula toutes ces pensées. Il ne voulait pas déprimer, il voulait dormir, oublier tout ça et ne plus penser à rien d'autre qu'aux idioties que les rêves pouvaient créer.

Il était dans une grande pièce plongée dans l'obscurité et d'où s'élevaient des murmures. L'endroit était si vaste qu'il n'en voyait pas les murs. Le sol semblait fait d'un carrelage de verre transparent mais donnant sur des abysses sombres. C'était glacé, effrayant, et Teddy n'avait aucune envie de rester là. Le problème était qu'il n'avait aucune idée de comment partir de là.

Un chuintement, presque un sifflement, semblait émaner de l'obscurité tout près de lui. Quelque chose glissait sur le sol, quelque chose qui lui faisait penser à un serpent. Teddy sentit un frisson glacial remonter le long de sa colonne vertébrale. La peur s'empara de lui, sa gorge se dessécha, son cœur s'affola dans sa poitrine. Des sueurs froides glissaient désagréablement le long de sa colonne vertébrale. Quelle que soit la créature qui était en train de ramper vers lui, il la sentait menaçante et n'avait pas du tout envie de se retrouver face à elle. Il étouffa un gémissement et se mit à reculer mais la créature avançait toujours vers lui.

« Non ! cria-t-il en levant les bras. Va-t-en ! »

Il sentit son talon glisser sur le carrelage et il tomba en arrière. Sa bouche s'ouvrit toute grande sur un hurlement qu'il ne poussa pas. Le choc fut rude et alors que la douleur montait il sentit un poids glacé et visqueux grimper le long de sa cheville.

« Non ! »

Teddy se dressa sur son lit, tremblant et couvert de sueur. Un hurlement de terreur s'échappa d'entre ses lèvres, claqua dans l'air et réveilla Sam et Jesse en sursaut. Une baguette s'alluma dans le noir, dessinant le visage du rouquin dans la pénombre. Les taches de rousseur qui grêlaient ses joues ressortaient sur sa peau blafarde.

« Teddy ? (sa voix était rendue pâteuse par le sommeil auquel il avait été arraché.) Est-ce que tu vas bien ? »

Le garçon était à bout de souffle. Il se précipita sur sa lampe de chevet, inondant soudainement la pièce d'une lumière jaune qui les fit ciller tous les trois.

« Je… je crois que ça va. »

Mais lorsqu'il voulut se lever pour aller se rafraîchir un peu le visage à l'eau fraîche au lavabo dans la salle de bain qui leur était réservée et qui jouxtait leur dortoir, il se rendit compte avec horreur qu'il avait mouillé son lit. Ça ne lui était plus arrivé depuis ses deux ans, ou trois ans. La honte le rendit écarlate. Il s'attendit à ce que ses amis se moquent de lui mais ni l'un ni l'autre ne fit la moindre réflexion. Ils l'aidèrent même à changer les draps puis il se rendit dans la salle de bain pour prendre une douche malgré le fait qu'il soit près de trois heures du matin. Il enfila ensuite un pyjama propre et se remit au lit, perturbé. Sam éteignit la lumière et l'obscurité tomba à nouveau. Mais Teddy ne retrouva pas le sommeil.

Au matin, il se leva en premier. Les elfes étaient venus chercher ses draps souillés et son pyjama sale sans qu'il les entende, comme quoi il avait tout de même un peu dormi. Mais suivre les cours fut particulièrement difficile et il bâilla plus que de raison durant presque toute la matinée. Le cours de potions venait à peine de commencer qu'il avait déjà taillé sa racine de canis en zigzagues au lieu d'en biseau. Il était en train d'essayer de récupérer le coup lorsque quelqu'un frappa à la porte. Comme toujours dans ce cas, trop heureux d'avoir un prétexte pour ne plus être concentrés sur leur travail, tous les élèves se tournèrent vers le nouveau venu.

Il s'agissait cette fois du professeur Rockwell. Sans se soucier des enfants qui le dévisageaient, certains en chuchotant, il remonta tout le cachot pour se rendre auprès du professeur Pollus. Ce dernier était jusqu'alors occupé à expliquer à une fille de Serdaigle comment extraire le jus des raisins mordeurs sans se blesser. Il la laissa se débrouiller. Durant un court instant, les deux hommes parlèrent tout bas, un peu à l'écart.

« Ce n'est pas bon tout ça, dit Jesse en fronçant les sourcils et faisant ainsi glisser ses lunettes sur son nez. On dirait qu'il se passe des choses bizarres. »

Le professeur Pollus finit par acquiescer et Rockwell s'avança vers Teddy.

« Monsieur Lupin, si vous voulez bien me suivre s'il-vous-plaît. »

Il y avait quelque chose dans son ton qui n'appelait pas à poser des questions. Le garçon déglutit et commença à ranger ses affaires de cours dans son sac. Mais le professeur l'interrompit.

« Messieurs Cresswell et Deauclair s'en chargeront. Ils déposeront vos affaires dans votre dortoir. (il se tourna vers les deux enfants) N'est-ce pas ? »

Ils acquiescèrent vivement. Vu son air, mieux valait ne pas le contrarier. Teddy laissa donc là ses plumes et ses parchemins ainsi que son chaudron qui commençait à bouillonner un peu trop fort et il suivit le professeur. Il attendit cependant que la porte n'ait claqué dans son dos pour poser la question qui lui brûlait les lèvres.

« Où va-t-on ? J'ai fait quelque chose de mal ? »

Ils avancèrent dans le couloir puis l'ancien Auror finit par soupirer.

« Vous n'avez rien fait de mal, monsieur Lupin.

_ Quoi alors ? »

En règle générale, Teddy aimait les surprises. Mais il avait la sensation que celle-ci ne lui plairait pas. Le visage de son professeur était fermé, comme à son habitude, et pourtant il décelait dans son attitude une aura sombre. Ils finirent par s'arrêter dans un coin.

« D'accord, on se rend dans le bureau du professeur Stone où votre parrain viendra vous chercher pour vous emmener à Sainte Mangouste où votre grand-mère a été emmenée en urgence dans la nuit. »

Teddy eut l'impression qu'on lui renversait un seau d'eau glacée sur la tête. Il resta figé sur place, les bras le long du corps à se demander s'il s'agissait de Mamy Androméda ou de Mamy Molly. Dans les deux cas, il savait que la nouvelle serait terrible à encaisser.

« Co… comment va-t-elle ? »

Le professeur secoua la tête, signe que le garçon prit pour une très mauvaise augure mais ses paroles le rassurèrent un peu.

« Je ne sais pas, je ne peux rien vous dire de plus sur le sujet. Je n'ai pas été mis au courant. Je suis juste chargé de venir vous chercher en cours et de vous ramener au bureau du professeur Stone tout en m'assurant que tout se passe bien sur le trajet. »

Ils se remirent en route.

« Pourquoi est-ce que ça ne se passerait pas bien ? demanda Teddy d'une toute petite voix.

_ Parce que vous avez une capacité toute particulière à vous mettre dans de mauvaises situations. »

Ça, Teddy ne pouvait pas le nier. Il avait la sensation que son corps avait été vidé de tout ce qui s'y trouvait normalement lorsqu'ils arrivèrent au bureau du professeur Stone. La gargouille ne perdit pas de temps pour leur ouvrir le passage et ils grimpèrent rapidement l'escalier en colimaçon. Le garçon avait très envie de se précipiter en avant mais l'ancien Auror, qui marchait devant lui, l'empêchait de partir et, trépignant, il devait bien se résigner à suivre son rythme. Ils finirent cependant par atteindre la dernière marche. Dans le bureau, se trouvaient le directeur, assis sur son fauteuil à dossier droit, ses mains jointes devant lui comme pour une prière, ses coudes sur son bureau, et son oncle Harry, les mains derrière le dos et faisant les cent pas. Il s'arrêta lorsqu'il vit arriver son filleul. Celui-ci se précipita immédiatement vers lui.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il en parlant si vite qu'il s'emmêla dans ses mots. Est-ce qu'elle va bien ? »

Harry le prit par l'épaule pour le calmer.

« C'est ta grand-mère Androméda, Teddy. On ne sait pas ce qui s'est passé. Elle est actuellement plongée dans le coma. »

Devant le regard chargé d'incompréhension et de questions de l'enfant, il soupira tristement.

« Je suis désolé Teddy. C'est Angelina qui l'a trouvée. Elle voulait lui apporter des confitures que sa mère fait et elle s'est étonnée qu'elle ne lui ouvre pas. Elle a fini par transplaner à l'intérieur et elle l'a trouvé inconsciente dans le salon.

_ On ne sait pas pourquoi ? »

Harry secoua la tête.

« Les médicomages pensent qu'elle a fait une attaque.

_ Une attaque de qui ? »

L'Auror en aurait ri si la situation n'avait pas été aussi triste. Il pinça les lèvres.

« Une attaque cérébrale, Teddy. Pas d'un Mangemort. Est-ce que tu es prêt ? On va directement à Sainte Mangouste.

_ Normalement, intervint alors Stone, on ne peut pas transplaner dans l'enceinte de Poudlard mais exceptionnellement je vous ai ouvert une brèche. »

Teddy sentit immédiatement sa gorge s'assécher. Instinctivement, il fit un pas en arrière.

« Il… il n'y a pas un autre moyen ? bredouilla-t-il. La cheminée par exemple. Je crois que je préférerais, je…

_ Tu n'as pas à t'inquiéter, tenta de le rassurer Harry. C'est moi qui vais te faire transplaner, ce sera rapide et…

_ Je ne veux pas ! »

Il recula encore, dévisagea tour à tour son parrain et le directeur. Ils ne pouvaient pas le forcer. N'est-ce pas ? Il ne voulait pas transplaner, il était terrifié à cette seule idée. Et s'il se désartibulait encore ? Et si cette fois c'était sa tête qui se détachait de son corps ou son cœur qui ne reprenait pas sa bonne place ? Ou son cerveau ? Il était peut-être trop imaginatif ou peureux mais c'était comme ça. Il refusait de se laisser faire.

« Teddy, on n'a pas de temps à perdre. »

Il secoua la tête, sentit une main se poser sur son épaule et la serrer. Il se retourna, dévisagea le professeur Rockwell et alors le bureau du directeur de Poudlard se dématérialisa tout autour de lui dans un hurlement de vent.