Un grand merci à noicz et Lessy-enne pour leurs reviews. Quant à pitouyou... Tu devrais savoir que je suis une fille trop sustile pour toi depuis longtemps.
Bonne lecture.
Ce fut une voix grave qui sortit du petit tableau gris sur lequel Reito avait le doigt appuyé.
- Bonsoir, que puis-je faire pour vous ?
- Faites venir un technicien à l'ascenseur panoramique, aux alentours du 32ème étage.
- Vous êtes bloqués ?! S'exclama la voix.
- Nous sommes bloqués, confirma Reito. Une jeune femme commence à paniquer. Cela arrangerait tout le monde que vous fassiez vite.
- Et bien, en fait...
- Quoi ? Il y a un souci ?
Il y eut un toussotement de l'autre côté.
- Le technicien est rentré chez lui à cette heure-ci. Je vais le rappeler, mais il n'arrivera pas avant une bonne demi-heure.
Reito tourna la tête vers Mai que l'on avait fait s'accroupir, la tête entre les jambes, pour la calmer. Encadrée par Yukariko et Kazuya, elle était entre de bonnes mains pour l'instant. Il était toutefois impossible de prévoir combien de temps cet état de faux calme durerait.
- Vous ne pouvez rien faire d'autre ?
- Je suis vigile, pas technicienne.
- Restez au bout de l'interphone, on ne sait jamais.
- Compris.
Il relâcha le contact.
Yukariko expliquait à Mai comment respirer. Ils s'étaient tous écartés le plus possible pour lui laisser de l'air.
- Vous avez l'air de vous y connaître, commenta Chie, penchée en avant.
- Ce sont des techniques de respiration que l'on nous apprend en cours pré-natal. Rien de bien compliqué.
- Compliqué ou pas, ça a l'air de fonctionner.
Chie se redressa et croisa les bras.
- Monsieur Kanzaki a l'air occupé, dit-elle en avisant le jeune homme en pleine discussion avec la fille aux cheveux rouges. Et le technicien ne sera pas là avant un moment. Et si on continuait à discuter ? Juste entre nous. Je ne vous ai pas encore tiré un seul mot, miss Fujino.
- Voyons, pas de miss entre nous, répondit l'intéressée avec un sourire poli. Si vous voulez tout savoir, je suis tradeuse. J'investis d'un côté, je rachète de l'autre.
- Un travail prenant j'imagine.
- J'y passe près de 16 heures par jour.
- Et niveau salaire ?
- J'approche facilement des 150 000 dollars par an. Autant dire que je ne suis pas dans le besoin.
- Clairement pas. Ça vous fait quelque chose de savoir que tout cet argent se fait sur le dos de travailleurs qui touchent cinquante fois moins ?
- Je fais un travail de personne détestable. Je suis la femme facile à haïr. Ça ne me pose pas de problème.
Sans se laisser démonter par l'air tout aussi nonchalant que le sien qu'arborait Shizuru, Chie continua.
- L'affaire du suicide de masse des ouvriers de la tour Mishima ne vous pose aucun problème de conscience ?
- Ces hommes avaient été licenciés bien avant cet incident. C'est à leur patron qu'il faut s'en prendre, si vraiment il vous faut un responsable.
- Le fait d'avoir racheté les actions dudit patron en le laissant sur la paille ne vous semble pas lié à cet incident ?
- Je ne suis pas responsable de la mauvaise gestion d'une entreprise.
Elles se regardèrent dans les yeux, chacune arborant un sourire de renard.
- Puis-je faire une remarque personnelle ? Demanda Chie.
- Allez-y toujours.
- Je ne vous aime pas.
- La réciproque est vraie aussi.
- Bon ! Ça nous fait malheureusement un point en commun. Que dites-vous d'en chercher d'autres ? Des meilleurs.
- Si ça peut nous occuper...
Kanzaki vit la fille aux cheveux rouges avant qu'elle ne se plante devant lui.
- Il est beau l'empire financier Kanzaki. Pas fichu de nous amener à une simple réception.
- Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour arranger la situation. Je suis désolé de ce contretemps.
- J'espère bien. J'attends de vous par la suite un petit geste afin d'oublier ce... désagrément.
- Mademoiselle, je ne pense pas que cela soit nécessaire, corrigea Kanzaki qui n'appréciait pas l'attitude de cette jeune femme.
Elle s'avança légèrement, suffisamment pour empiéter sur son espace vital sans le coller pour autant. Elle était obligée de lever la tête pour lui parler et il croisa son regard d'un vert clair. Un vert qui ne pouvait pas se voir dans le regard d'un autre.
- Je vous assure que c'est absolument nécessaire, continua-t-elle. Je ne suis pas là de gaieté de cœur, et il tient à peu de chose que vous regrettiez votre venue, de même que vos invités. Alors je vous invite à vous comporter comme un véritable gentleman. Autrement, vous vous retrouverez avec de gros ennuis sur le dos.
- Et puis-je savoir de qui émane ces menaces ?
- Yuuki Nao.
- Je n'ai pas souvenir d'alimenter le moindre grief contre vous.
Elle baissa les yeux et s'avança d'un pas, semblable à une enfant que l'on aurait grondé. Elle leva les mains vers la gorge de Kanzaki, qui la laissa faire sans broncher. Ses doigts se refermèrent sur le nœud de sa cravate et entreprirent de la défaire.
- Vous n'avez donc personne pour vous dire que votre cravate est de travers ?
- Ce détail m'a échappé.
Elle refit le nœud d'une main experte et, dans un dernier geste, le serra près du cou. Un peu trop près du cou même.
- Vous devriez faire plus attention aux détails. Ils peuvent détruire une réputation telle que la votre.
- On me passera certainement un nœud de cravate mal fait.
Elle recula d'un pas et le fixa d'un air dubitatif.
- Un nœud de cravate, certainement. Autre chose, c'est moins sûr.
Kanzaki allait répondre quand l'interphone émit une série de bips sonores.
- Des nouvelles? Demanda-t-il.
- Plutôt mauvaises, répliqua la voix.
Cette phrase fut suffisante pour que toutes les personnes présentes dans l'ascenseur tendent l'oreille.
- Dites-nous tout, déclara Kanzaki pour l'inviter à poursuivre.
- Le technicien est bloqué par les manifestations. Il pourrait arriver dans une heure.
Mai étouffa un hoquet. Être enfermée toute une heure dans une boîte suspendue à quatre-vingt mètres de hauteur ne l'enchantait absolument pas. Comme s'il sentait venir la vague de panique, Kazuya raffermit sa prise sur son épaule et l'invita à respirer lentement avec lui.
- Vous devez bien avoir un passe, fit Kanzaki à l'interphone.
- Oui.
- Alors venez nous chercher.
- D'après les écrans, vous êtes bloqués entre deux étages. Je ne suis même pas sûre que les portes s'ouvriront. Sans compter que ça peut être danger...
- Montez. Et ouvrez ces portes.
Il y eut un silence de plusieurs secondes. Et juste avant que l'on puisse penser qu'aucun son ne sortirait plus de cet interphone, la voix résonna à nouveau :
- J'arrive.
Mai se laissa aller à soupirer de soulagement.
- Comptez quelques minutes, le temps que je monte par les escaliers.
Kazuya s'était assis à côté de Mai. Ils tournaient tous les deux le dos au vide, les genoux ramenés sous le menton pour ne pas prendre trop de place dans les cinq mètres carrés de la cabine. En plus d'avoir le vertige, il ne manquerait plus qu'elle soit claustrophobe.
- Vous vous entendez bien avec votre frère ? Demanda Yukariko, qui se tenait debout près d'eux.
Avec son ventre, il lui était impossible de s'asseoir par terre. Mai leva la tête pour lui répondre.
- Assez. Il vient régulièrement au restaurant. Et nous allons voir notre père ensemble au moins deux fois par mois.
- C'est bien d'être unis comme ça. Surtout à votre âge.
Mai lui sourit, bien consciente qu'on lui tenait cette conversation pour la distraire de la situation dans laquelle ils se trouvaient tous.
- Et vous ? Vous avez des frères et sœurs ? Demanda-t-elle, autant à l'intention de Yukariko que de Kazuya.
Ils lui apprirent tous les deux qu'ils étaient enfants uniques.
- Et votre fiancée ? Continua Mai pour Kazuya. Comment vous l'avez rencontrée ?
Le jeune homme rougit légèrement.
- Je l'ai vue la première fois dans un restaurant. C'est une serveuse tout ce qu'il y a de plus banal, mignonne sans être un mannequin. Ni petite, ni grande. Enfin, vous voyez le genre.
Mai hocha la tête. Elle avait eu une serveuse telle que la décrivait Kazuya. Une fille qui ne se démarquait en rien, ni en bien, ni en mal. Qui se contentait de faire son travail en souriant. Elle se dit que ce type de filles pouvait bien avoir son petit charme.
Le jeune homme eut un petit rire.
- Eh bien, croyez-le ou non, mais j'ai passé trois mois à manger là-bas midi et soir. Avec le recul, je me dis qu'elle a du me prendre pour un stalker ou un dégénéré !
- Et vous, Yukariko ?
Moins rougissante que Kazuya, la future mère parla à son tour :
- J'ai servi de modèle dans son cours d'art à plusieurs reprises.
- De modèle ?
- Oui. Je prenais la pose et ses étudiants devaient faire mon portrait, ce genre de choses.
- Vous êtes comme un mannequin en fait !
- On pourrait dire ça comme ça.
Mai jeta un coup d'œil à Fujino, actuellement prise dans une discussion avec la journaliste. En voilà une qui aurait pu faire mannequin. Elle était assurément une belle femme, sûre d'elle, dans une situation sociale stable et aisée. Certainement qu'il y avait un « monsieur Fujino » qu'elle retrouvait le soir en rentrant du travail. Travail effectué dans cette immense tour de verre et d'acier.
Tour de verre et d'acier dans laquelle elle se trouvait prisonnière pour l'instant.
Elle frissonna.
Pour éviter de penser à sa situation actuelle, Mai préférait songer à la vie rêvée de mademoiselle Fujino Shizuru.
- Vos dernières actions en bourse semblent traduire un intérêt soudain pour la robotique et l'industrie pharmaceutique, déclara Chie. Vous cherchez à mettre sur pieds une armée de cyborgs ?
Shizuru esquissa un sourire.
- Presque. Vous avez du profiter de la bonne humeur de notre vigile au rez-de-chaussée lorsque vous êtes arrivée.
- Kuga ?
- Vous n'avez rien remarqué au niveau de son bras gauche ? Allons, une journaliste se doit d'avoir un bon sens de l'observation.
Chie réfléchit une seconde.
- Ses mouvements étaient plus raides. C'est une blessure ?
- En quelque sorte. Elle a perdu son bras enfant. Kanzaki corp. lui a octroyé la greffe d'une prothèse myoélectrique. C'est dans cette technologie là que nous avons décidé d'investir pour les prochaines années.
Chie lâcha un sifflement appréciateur.
- Et bien ! On peut dire que vous prenez soin de vos employés.
- C'est la moindre des choses.
Une secousse les interrompit, plus légère que celles qui avaient annoncé la panne de la cabine. Ils tournèrent tous la tête vers les portes qui vibrèrent légèrement. Un interstice minuscule se fit voir, avant de se refermer, accompagné d'une flopée d'injures.
- Votre vigile a un langage fleuri.
- C'est ce qui fait son charme.
Encore une fois, les portes de la cabine s'écartèrent lentement, pour laisser apparaître le museau d'un chien à plus d'un mètre du sol.
- Duran ! Recule !
Le chien disparut pour laisser la place à une paire de bottes. Leur propriétaire se baissa. C'était l'agent de sécurité qui les avait accueillis en bas.
- Tout le monde va bien là-dedans ?
- Aucune perte à déplorer, répliqua Kanzaki. Vous pouvez nous sortir de là ?
- La marche fait un peu plus d'un mètre, mais vous pouvez monter.
Ils se tournèrent tous vers Mai qui n'osait pas vraiment bouger.
- Vous d'abord, c'est bien normal, fit Kanzaki en l'invitant à se lever d'un geste de la main.
La jeune femme obéit et effectua les trois pas qui la séparait de la liberté. Ne plus se trouver dans une boîte suspendue dans le vide et dont la stabilité toute relative n'était assurée que par quelques câbles d'acier... Cette simple idée lui donnait des ailes.
Elle voulut poser un genou sur le rebord mais fut gênée par sa robe, sans compter que ses chaussures ne se prêtaient pas non plus à une session d'escalade, aussi petite soit-elle.
Au diable si on voyait ses sous-vêtements ! Elle attrapa la main que Kuga lui tendait et se prépara à se hisser à la force des bras quand une vibration ébranla sa prise. Dans sa position, pas tout à fait dans la cabine, pas tout à fait à l'extérieur, elle se ferait couper en deux si l'ascenseur descendait. Et l'ascenseur était en train de descendre ! Sortir en quelques centièmes de seconde était impossible. Lâcher la main de Kuga signifiait basculer en arrière et retourner dans cette boîte transparente.
Quand elle sentit que la cabine accélérait, elle choisit la solution de facilité. Elle partit en arrière sans lâcher la main de la vigile qui chuta en avant.
Elle poussa un cri quand la cabine grinça, et chacun s'agrippa à ce qu'il put lorsqu'elle descendit brutalement trois étages dans un crissement métallique accompagné d'un bruit d'écrasement.
Oh mon dieu ! Je l'ai coupée en deux.
Ce fut la pensée de Mai alors qu'elle sentait un liquide chaud couler le long de sa jambe.
Elle aurait du lâcher ! Tous ces scénarios catastrophes dans les films, elle n'y avait jamais vraiment cru. Personne ne se fait couper en deux en essayant de sortir de l'ascenseur entre deux étages. Et pourtant... elle n'osait pas ouvrir les yeux, de peur que ce ne soit qu'une moitié d'humain qui se tienne désormais avec eux dans l'ascenseur. Une supposée moitié d'humain qui grogna, preuve que même si elle était coupée en deux, elle était bien vivante.
La voix de Chie s'éleva alors :
- C'est quand même une prothèse sacrément solide que vous avez décrite, miss Fujino ! On dirait qu'elle n'a rien senti.
- On dirait seulement... maugréa la voix de Kuga.
Quelques étages au-dessus, le chien aboyait comme un dingue.
Mai ouvrit les yeux. Le liquide contre sa jambe n'était pas le sang auquel elle s'attendait. Quant au corps déchiqueté de Kuga, c'était une autre affaire. Si la vigile n'avait pas été coupée en deux, c'était autre chose de son bras gauche, broyé au niveau du poignet. Mais là où toute personne normale perdrait sang et lymphe à grands renforts de cris paniqués en voyant ses os à l'air libre, Kuga gardait les dents serrées en fixant le moignon et la peau décollée qui laissait apparaître une surface noire et brillante.
- Je refuse... que ce soit retenu sur ma paye, articula-t-elle à l'intention de Kanzaki.
- Vous aurez droit au tout dernier modèle, offert par la compagnie, répliqua ce dernier.
- Ça fait mal ? Demanda Chie.
- Vous voulez essayer ?
- Reste polie, Natsuki, intervint Shizuru. Tu sais pertinemment que ça ne fait pas si mal que ça.
- Je viens de me faire broyer la main et tout ce qu'on trouve à me dire c'est : « reste polie » !? Mal ou pas mal, je défie quiconque ici de se faire écraser la main, là, de suite, et de rester debout sans malaise devant les restes ! Organiques ou robotiques !
A vrai dire, Natsuki était excessivement pâle et respirait trop vite pour aller réellement bien. Voir un de ses membres se faire déchiqueter par plusieurs quintaux d'acier ne devait pas être une expérience des plus jouissive. En se redressant, Mai remarqua que ce qui avait coulé sur sa jambe ressemblait énormément à de l'huile de moteur.
Natsuki inspira un grand coup avant de prendre la parole.
- Aux dernières nouvelles, le technicien estimait arriver dans trois quarts d'heure. Peut-être plus.
- Il n'y a vraiment rien de plus rapide ? Vous ne pouvez pas être toute seule pour gérer un bâtiment pareil, intervint Chie.
- Nous sommes une demi-douzaine de vigiles avec autant de chiens.
Natsuki leva les yeux, comme si elle tentait d'apercevoir son animal à travers le plafond de la cabine.
- Les six techniciens se relaient normalement par équipes de deux. Mais Kanzaki leur a dit de prendre leur soirée aujourd'hui.
Ils se tournèrent tous vers l'intéressé qui ne semblait pas inquiet.
- Les problèmes ne se prévoient pas. Et tout le monde a le droit de profiter de cette soirée. Je les ai renvoyés ce soir pour qu'ils soient avec leur famille.
- Qu'est-ce qu'elle fait là alors ? Lança Nao avec un geste du menton vers Natsuki qui trifouillait les petits câbles pendant de son membre cassé.
- Je me suis portée volontaire pour la garde de ce soir. Il y a deux autres vigiles normalement, dans les étages supérieurs.
- Et qui ne peuvent pas nous rejoindre de suite j'imagine, commenta Chie.
Mai réfléchit à ses mots. L'ascenseur était bloqué, mais ça ne pouvait quand même pas être le seul ascenseur en service tout de même ?!
- Ils vont mettre un peu de temps si je les appelle. Mais ils ne pourront rien faire. On a bien vu que ça pouvait être très dangereux d'essayer de sortir par nous-mêmes.
La brune lança un regard glacial à Mai qui essaya de se rendre invisible pour la peine. Sans succès.
- Le plus simple reste d'appeler les pompiers. Les manifestants dehors devraient les laisser passer, eux.
Ils de dévisagèrent tous. Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? L'impatience et le fait de se dire que Natsuki les tirerait de là en cinq minutes à peine certainement. Cela avait suffit à fausser leur jugement.
Mai se dit qu'il ne suffisait plus que tous les portables soient déchargés pour faire écho aux pires scénarios de séries B. Mais Yukariko fut la première à tordre le cou à ce mauvais pressentiment qui n'avait pas lieu d'être.
- Je les appelle de suite, déclara-t-elle sobrement en composant le numéro sur un petit portable à clapet.
Les tonalités résonnèrent dans la cabine et le silence quasi religieux qu'avaient fait ses occupants. Une voix se fit entendre et Mai ne put s'empêcher de faire le parallèle entre cette situation et celle où ils se trouvaient un peu plus tôt, avec Natsuki de l'autre côté de l'interphone.
Une voix se fit finalement entendre, leur demandant de décrire leur situation. Exercice que Yukariko effectua avec un calme exemplaire, forte d'une discipline et d'une organisation toute bureaucratique.
On leur expliqua qu'il ne fallait surtout pas essayer d'ouvrir les portes et de sortir. Cette affirmation fit tirer la grimace à Natsuki qui avait tout de même repris des couleurs. Patienter, ne pas paniquer, rester calme... Autant de choses qui les rendaient inactifs dans une boîte suspendue en l'air, avec vue plongeante sur le bitume des rues plus bas.
Mai se sentait déjà nauséeuse à nouveau, mais entreprit de mettre en pratique les conseils que Yukariko lui avait dispensés plus tôt en matière de respiration. Kazuya l'accompagna. Plus par jeu ou compassion que par réel besoin, mais la jeune femme lui en était terriblement reconnaissante.
Chie poussa un soupir et s'adossa sur la rampe en croisant les bras.
- Nous voilà de nouveau obligés d'attendre, fit-elle. Aucun de vous n'a apporté de cartes, je suppose ?
Seul un silence lourd lui répondit.
- Bah, c'était seulement pour demander, continua-t-elle en levant les mains en l'air.
- Restons tranquilles et tout devrait bien se passer, répliqua Kanzaki.
Sans pouvoir dire en quoi exactement, Mai le trouva moins imposant et plus humain à ces mots. Kazuya s'attelait à lui enseigner un petit jeu distrayant afin de l'occuper quand un poids lourd ébranla encore la cabine.
Mai ferma les yeux, persuadée qu'ils tomberaient encore plus bas cette fois. Ça pouvait durer longtemps, mais il faudrait bien un moment où ce petit jeu s'arrête.
