Sabo,

Tu es vivant. Putain... Je t'avoue que j'ai du mal à y croire. Et que j'ai bien envie de te latter la gueule. Dix ans, tu ne trouves pas ça un peu long pour donner des nouvelles ? Surtout après ta mort ?

Je n'ai reçu ta lettre que très récemment. Peu avant la guerre de Marineford, j'ai été séparé de mon équipage et de mon navire. Il nous a fallu deux ans pour nous retrouver et ta lettre est arrivée durant ce laps de temps.

Tu as failli nous tuer mes amis et moi en écrivant cette lettre. Quand Franky, mon charpentier, me l'a donné, je n'y ai pas crus d'abords. Il était arrivé en premier et l'a trouvé sur le pont. Bien sûr, ils n'étaient pas au courant pour toi. Ils ne connaissaient qu'Ace. Pas étonnant. Mais plus j'avançais dans ma lecture, et plus je reconnaissais ta façon de parler. Elle n'a pas changé d'un pouce en dix ans.

Une rage folle m'a alors pris. De quel droit nous as-tu fait croire à ta mort pendant ces dix années Sabo ? Pendant dix années, nous avons imaginés ta présence à nos côtés, pendant dix années, nous avons imaginés ce que nous ferions à ton assassin si nous le rencontrions. Et finalement, tu n'es pas mort. A l'instant, c'est toi que j'ai envie d'assassiner.

Mes amis, ne comprenant pas les raisons de ma colère se sont tenues à l'écart. Sauf Ussop. Il s'est approché de moi et m'a demandé pourquoi je pleurais. Je l'ai frappé. Je ne l'avais pas vue depuis deux ans, et à cause de toi, je l'ai frappé. Si Robin et Sanji ne m'avaient pas maitrisés, j'aurais sans doutes détruit le bateau. Et nous étions sous la mer. Nous aurions tous finit noyés. Il m'a fallu trois heures pour évacuer la rage. Trois heures durant lesquelles j'étais attaché au mat de mon navire. Ça ne te rappelle rien ?

Maintenant, je suis calmé. Je lis et relis ta lettre depuis deux jours. Mes amis ne comprennent pas. Je ne leur ai toujours pas expliqués. Si je trouve la force de t'écrire dès à présent, c'est pour te rassurer sur un point. Je n'ai absolument plus besoin qu'on me protège. Quand tu es mort, ou presque, j'ai voulu devenir plus fort. Beaucoup beaucoup plus fort. Pour ne plus perdre personne. Finalement, Ace est mort tout de même. Et toi tu es vivant. Mais à présent, j'ai aussi des amis à protéger. Du coup, je deviendrais toujours plus fort. Encore et encore. Jusqu'à devenir le seigneur des pirates.

Moi aussi je crois au destin. Un jour, on se croisera, et je t'éclaterais la gueule. Je te le promet Sabo : ce jour là, tu morfleras. Tu morfleras pour ta mort. Tu morfleras pour nous avoir dit que tu étais heureux chez tes parents. Tu morfleras pour avoir brisé notre rêve, là-bas, au Grey Terminal. Tu morfleras pour tout ça. Et ensuite, nous irons nous recueillir sur la tombe d'Ace pour qu'il voit, de là où il est, que tu n'es pas mort.

Cependant, si jamais il m'arrivait quelque chose avant que nous nous croisions dans le nouveau monde, je t'autorise à venir me sauver et j'espère que tu accepteras que je fasse de même en cas de soucis.

Je n'ai pas l'envie et surtout pas la force d'expliquer mon comportement à mon équipage. Je vais donc laisser ta lettre là, sur la table et ils la liront. Ils comprendront, je le sais et me soutiendront. Ussop et Chopper viendront me rejoindre à l'avant du bateau, me parleront, me feront rire. Pour me remonter le moral, Sanji préparera ses meilleurs plats en s'engueulant avec Zoro qui ne changera pas son comportement d'un iota. Brook me jouera un morceau pendant que Franky nous montrera ses secrets de robots, et Robin et Nami m'adresseront des sourires qui valent tout l'or du monde et pour finir, nous ferons la fête jusqu'à tomber de sommeil.

Tu vois Sabo, j'ai d'autres personnes à protéger maintenant. Tu sais, depuis que j'ai commencé à écrire cette lettre, j'ai de plus en plus envies de t'éclater. Parce que te péter la gueule signifierais te voir. De mes yeux. Te voir vivant.

J'ai hâte que ce jour vienne. Mais je saurais être patient. Le moment ou mon poing partira dans ton nez se rapproche. Je voudrais qu'à cet instant où je me jetterais sur toi, tu te batte franchement, comme lorsqu'on était petits. Tu te souviens ? On verra bien alors qui sera le plus fort.

A bientôt Sabo. A bientôt grand frère.

Celui qui veut à la fois te foutre un pain et à la fois te serrer dans ses bras : LUFFY

PS : Je ne t'enverrais cette lettre qu'une fois que nous serons remontés à la surface. En attendant je la laisse, avec la tienne, à la portée de mon équipage. Prépare-toi à souffrir mon frère. Car je ne suis plus celui que tu as connus au Grey Terminal.