Ça faisait déjà deux semaines que j'étais entré dans ce nouveau lycée et d'après mes profs, je pouvais enfin faire partit du club de volley-ball. J'avais alors repris le chemin du gymnase, cette fois-ci vêtu d'un uniforme de garçon, mais j'avais tout de même gardé une petite touche à moi, une pince dorée avec une rose dessus pleine de paillette qui retenait ma tignasse d'un côté de mon visage pour le libérer. Je m'avance alors en direction de la salle du club pour me changer. Je ne suis pas le premier arrivé, lorsque je pousse la porte, je retrouve le duo de seconde et celui de première contenant le roux et le passeur de génie ainsi que l'ace et le libero.
« Hello !
- OH ! Salut Liam ! Hurle Hinata.
- Salut. Dit simplement Kageyama. »
Ces deux-là, c'est vraiment le jour et la nuit... Je commence alors à me changer et lorsque je retire mon tee-shirt, je sens un regard se poser sur moi alors un large sourire prend mes lèvres et je me tourne vers Nishinoya.
« Je ne sais pas à quoi tu t'attendais... Mais je suis bien un homme, dommage. »
Je lui tire alors la langue et il rougit.
« Au fait Liam, tu connais le coach ? On dirait que vous vous connaissez plutôt bien.
- Ah oui... J'ai vécu avec lui pendant un temps. »
Je vois alors le visage d'Hinata se décomposer alors qu'il tente de comprendre cette phrase.
« Vécu avec lui... Comme des amoureux ? Mais... Mais... Tu es mineur et lui... »
Une frappe derrière la tête lui remet rapidement les idées en place.
« KAGEYAMA !
- Idiot, pourquoi tu penses directement à des trucs bizarres comme ça...
- Oh non, rien de tout ça. J'ai été recueilli par sa famille quand j'étais jeune. Le temps de me faire adopter par ma famille actuelle.
- Tu es orphelin ?
- ... Je préférerais... »
L'espace d'un instant, l'ambiance se glaça entièrement dans la pièce et c'est alors qu'ils remarquèrent les cicatrices sur mon corps... Merde. J'enfilais rapidement mon haut pour les cacher. Je ne veux pas qu'ils prennent pitié de moi. Je ne suis pas l'enfant faible que j'étais. Je ne suis plus le même ! Je me tourne alors vers eux, durant un instant mon expression doit faire un peu peur, mais rapidement mon sourire revient.
« Alors vous êtes prêts à vous entraîner ? »
Cette phrase suffit pour exciter les deux plus naïfs du groupe, mais le passeur et le champion continue de me fixer comme s'il avait tout deviné de mon passé. Je les ignore et sors de la salle pour rejoindre le gymnase.
« Au fait Liam, tu viens de quel pays ?
- Pourquoi tu me demandes ça ? Je n'ai pas l'air d'un Japonais ? »
Je prends alors un air faussement outré.
« Bah ton nom et ton accent sont ceux d'un étranger.
- Je suis anglais. J'ai vécu en Angleterre pendant mon enfance, mais j'ai fini par déménager ici.
- Tu dois être doué en anglais alors !
- Je parle beaucoup de langues différentes.
- COMME QUOI ?
- L'anglais déjà, le français, le japonais et un peu, le coréen.
- OUAH TROP FORT ! »
Finalement, le reste de l'équipe arrive à son tour dans le gymnase ainsi que l'entraîneur, je lui fis un large sourire lorsqu'il passe les portes et il me le rendit rapidement. On me posa encore d'autres questions sur l'Angleterre, je tentais alors d'y répondre du mieux que je le pouvais et en un instant tout bascula dans mon esprit, une question résonna encore et encore.
« Comment t'es-tu retrouvé chez Ukai ?, me demanda le prof. »
Mon cœur se serra alors que des souvenirs douloureux revenaient dans ma mémoire. Mon sourire avait disparu, j'étais soudain étrangement silencieux. Allais-je craquer ? Une main se déposa alors sur mon épaule. Une poigne familière la serra doucement et je relevais mes yeux brillants vers le Coach. Il venait de me sauver la mise.
« Allez, on arrête de questionner le nouveau et on se met au boulot. »
Ils se mirent tous en rang de l'autre côté du terrain pour commencer l'entrainement de réception et j'allais les rejoindre, mais Ukai me retenait de sa main.
« Ça va ?
- Oui oui... Ne t'inquiète pas ça va aller. »
Il me relâche et je pus rapidement prendre la suite des autres. Mais même si j'avais dit ça, j'étais perturbé par cette question qui n'avait pas quitté mon esprit et les souvenirs qu'elle faisait remonter en moi. Si bien que j'avais raté pas mal de mes réceptions et mon potentiel était bien plus bas qu'il ne l'était en réalité. Ils ne pouvaient pas le deviner puisqu'il ne m'avait jamais vu jouer en temps normal, mais le Coach le remarqua rapidement. Il demanda alors aux managers de faire des passes pour que les joueurs s'entraînent aux attaques et il me prit à part.
« Liam... Tu n'as pas à t'en faire, c'est finit depuis bien longtemps.
- Je sais... Je sais.
- Alors concentres toi Idiot ! Et montres leur qui tu es vraiment !
- OUI ! »
C'est toi l'idiot. Si tu veux me réconforter, fais le plus gentiment. Pourtant, un sourire prend mes lèvres et je m'avance de nouveau sur le terrain. Lorsque la passe fut pour moi, je sautais, aussi haut que je le pouvais, mon corps fut suspendu en l'air durant un moment et alors je frappais la balle, visant non loin de la ligne de fond de terrain. La balle fut dedans. Je retombais alors sur le sol en souriant. Je l'avais mise ! Ça faisait tellement de bien de réussir une attaque, surtout depuis tout ce temps.
« OUAH ! Tu sautes haut toi aussi !, me félicita le rouquin.
- Fait attention Hinata, il risquerait de te piquer ta place...
- HEIN ? Meuh non... Hein ?
- Je saute peut-être haut, mais je n'ai pas ta détente, impossible que je prenne ta place !
- Tu vois Kageyama ! Il ne prendra pas ma place ! »
La seule chose pour laquelle j'étais doué en sport, c'était bien sauter, ça et l'endurance, même si je n'ai jamais vraiment aimé le sport. J'ai un temps de réaction plutôt lent par rapport à d'autre joueur tel qu'Hinata. Mais mon plus gros talent ne réside pas dans mes sauts, mais bien dans ma tête. Un esprit d'analyse très rapide et de bonnes bases, voilà ma force. Je ne vaux pas un de ses joueurs de génie qui ont réussi à battre Ushijima et qui ont un véritable talent à perfectionner.
À la fin de l'entraînement, j'étais essoufflé comme à chaque fois. L'entraînement d'Ukai junior ne vaut pas celui du Papi, mais il est plutôt pas mal dans le genre non plus. Rapidement changer, je prends le chemin de la maison avec le reste de l'équipe qui s'arrête pour manger quelques cochonneries. Je refuse poliment et je reprends la route avec Kageyama qui habite dans le même quartier que moi. Le début du chemin se fait en silence, mais je finis par trouver quelque chose à lui dire.
« Tu as trouvé un bon partenaire depuis le collège.
- Hum.
- Il a tellement confiance en toi... Je ne pense pas qu'un jour, je trouverais quelqu'un qui puisse autant me faire confiance, tu as de la chance. »
Il tourne alors son visage vers moi, il semble surpris par ma phrase et un léger sourire prend mes lèvres.
« Il faudrait qu'un jour, tu sois un peu plus démonstratif avec lui parce que sinon on risque de te le voler ton cher feinteur et alors es-tu sûr que tu ne redeviendras pas le Roi ?
- Je n'ai pas besoin de lui pour rester comme je suis.
- C'est ce qu'on verra. »
Les quelques minutes me séparant encore de ma maison se firent en silence. Il semblait ne pas avoir apprécié ma menace et c'était le but recherché évidemment.
« Ma maison est juste là ! Je te dis à demain alors.
- À demain. »
Il ne s'arrête même pas un instant et continue sa route en ruminant mes paroles. Quel idiot. Il ne se rend même pas compte que ce n'est pas qu'en tant que feinteur qu'il a peur de le perdre. Un nouveau sourire prend mes lèvres alors que je passe la porte d'entrée.
« Qu'est-ce qui te fait sourire comme ça idiot ?
- L'amour, Neil. L'amour. »
Mon frère me lance un regard interrogatif avant de m'ignorer totalement ne comprenant pas où je voulais en venir.
« Qu'est-ce qu'on mange ?
- Demandes à Papa. »
Je m'avance alors dans la cuisine et je pose mes yeux sur l'homme qui m'attend à la table. Il ne semble pas très content.
« Tu ne m'avais pas dit que le Coach de ton équipe était ce voyou d'Ukai junior.
- Je n'en voyais pas l'intérêt...
- Après ce qu'il a fait, tu n'en vois pas l'intérêt, tu es idiot ou bien ?
- NEIL ! ... Depuis quand tu le sais Papa ?
- Neil me l'a dit quelques mois après ton arrivée chez nous. Je m'inquiétais pour toi.
- Je... Je peux me débrouiller avec lui roh. Je suis plus un gamin.
- C'est pour ça que tu voulais absolument aller dans ce lycée ?
- NON PAS DU TOUT ! C'est juste que leur équipe est la meilleure selon moi !
- Hum...
- Je t'ai dit que je pouvais m'en occuper ! Tu n'as pas à t'occuper de cette partie-là de ma vie.
- Je m'en occuperais tant que tu seras ma petite fille. »
Je grognais une dernière fois avant de rejoindre ma chambre en tapant des pieds contre le sol. Je me jetais alors sur mon lit tête la première dans l'oreiller. Je tapais des bras et des jambes sur le matelas pendant une minute. Pourquoi lui a-t-il raconté ? Finalement après une minute de rage, je finis par me mettre en position fœtale et mon visage rougit de lui-même. Ce n'était pas pour de faux cette fois-ci, ce n'était pas un de ses rougissements que j'avais désiré. Ce qu'il m'avait fait hein ? Des images passèrent et repassèrent dans mon esprit et mon cœur s'accéléra. J'avais soudain chaud, très chaud. Mon corps bougea alors de lui-même. Ma main glissa sous mon pantalon pour attraper mon membre qui commençait doucement à durcir. Penser à tout ça suffisait à me rendre fou. Je les revoyais, ses souvenirs si excitants. Lui et moi... Nus. Sa langue qui parcourt mon corps encore frêle de l'époque. Je me souviens de ses baisers qui me faisaient tourner la tête et de ses mains si grandes qui savaient toujours quoi faire pour me faire venir plus vite. Les souvenirs disparurent bien vite pour laisser place à la réalité. La réalité humide et chaude. Et merde. J'ai recommencé. J'attrape alors un mouchoir pour m'essuyer la main avant de me lever pour rejoindre la salle de bains. En ouvrant la porte, je tombe sur le regard de Neil qui m'observe.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
- Si tu veux être discret, mords ton oreiller, j'entends tes gémissements de ma chambre. »
Soudain, je rougis. Merde.
« Je... Euh ...
- Arrête de penser à lui comme ça, tu vaux mieux que ça. D'autres personnes tiennent bien plus à toi que lui. Faudrait que tu penses à ouvrir les yeux.
- Hein ? »
Il retourne alors dans sa chambre et claque la porte devant moi. Je restais un instant immobile et muet. Fais chier. Si je pouvais arrêter de penser à lui, je l'aurais déjà fait ! Je soupire avant d'aller prendre une douche pour calmer mes nerfs et mes désirs.
Voilà, voilà mon chapitre 2.
J'espère qu'il vous plaira
Nyxiel
