Chapitre 5 :
Quiproquo.


Mes yeux s'ouvrirent alors doucement et la lumière du soleil me fit refermer les paupières plusieurs fois de suite. C'est le matin ? J'ouvre alors doucement les yeux. Tout le monde dort encore. Je me relève pour m'asseoir sur mon futon. Et j'observe l'équipe. Ils ont tous l'air si innocent comme ça. Je remarque aussi les mains liées de Kageyama et d'Hinata mal cachées sous leurs couettes qu'ils ont rapprochées. Un sourire prend mes lèvres et je me lève pour me rendre aux toilettes. Tout le monde semble encore dormir. Il n'est même pas 7h après tout. Je me lave les mains avant de me passer de l'eau sur le visage. Pourquoi est-ce que je rêve de tout ça ? Mon esprit veut-il lui aussi me torturer ? Une fois que j'ai quitté les toilettes je me dirige instinctivement vers la chambre d'Ukai. J'ai juste besoin de le voir, rien qu'un instant. Je pousse doucement la porte et sous la lumière qui passe par le couloir, je le vois. Mon cœur se brise en un instant et je reste immobile face à cette vision. Ukai est allongé dans son futon, mais il tient dans ses bras le corps frêle du prof. Il le serre contre lui, comme il le faisait avec moi. Mes jambes sont soudain trop faibles pour retenir mon poids et je m'effondre à l'entrée de cette chambre. Le bruit de ma chute réveille alors le prof qui rougit en me voyant.

« Liam ... Tu ... euh ... »

Je ne veux pas entendre ses explications, je n'en ai pas besoin. Je quitte la chambre le plus rapidement possible et je rejoins l'extérieur pour me calmer. Je décide donc de faire un footing pour calmer mes nerfs. Comment peut-il faire ça ? À l'époque il s'est joué de moi, je le sais, mais c'est toujours aussi douloureux. La première fois qu'il a couché avec moi, il avait bu. Les fois suivantes, il m'avait demandé de me déguiser en fille pour que se soit plus simple pour lui et au final il m'a tout simplement jeté alors que j'avais fait exactement tout ce qu'il m'avait demandé. Je l'aimais vraiment, j'ai cru que ses gestes signifiaient qu'il m'aimait lui-aussi. Mais c'était faux hein ? Il avait seulement besoin de moi pour réussir à s'adapter à sa nouvelle orientation sexuelle. Et puis je ressemble tellement à une femme hein ? Il ne suffit de pas grand-chose pour que la vision ne le dégoute moins hein ? Et maintenant qu'il est prêt, il choisit le prof ? Maintenant qu'il a enfin accepté qu'il est gay il se tourne vers le prof ! Je boue, je suis vraiment énervé, j'ai envie de le frapper, de le frapper jusqu'à ce qu'il s'excuse pour tout ce qu'il m'a fait enduré. Alors pourquoi est-ce que je pleure ? Mon corps s'est arrêté de lui-même au milieu de la rue alors qu'il est parcourut de pleurs violent et incontrôlé. Salopard d'Ukai ! Tu ne mérites pas que je pleure. Tu ne mérites même pas que je m'inquiète pour toi. Il n'en vaut pas la peine, c'est ce que m'a dit Neil. Maintenant je commence à comprendre. Je commence à y croire.

« Tiens, mais ça ne serait pas le petit nouveau de Karasuno ?
- Si on dirait bien que c'est lui.
»

Je tourne alors mon visage vers les deux personnes qui se sont arrêtés derrière moi. Les deux capitaines inséparables. Lorsqu'ils remarquent mes larmes et mon expression de chien battus, ils n'osent plus rien dire. Ils se lancèrent des regards qui voulaient très certainement dire "Qu'est ce qu'on fait maintenant ?". C'est Kuroo qui s'avança le premier vers moi et qui me poussa à marcher au lieu de rester au milieu du trottoir.

« Tu n'es pas obligé de parler, si tu n'en as pas envie, mais sache que nous on va parler. »

Je remuais alors doucement la tête de haut en bas.

« Alors comme ça tu connais notre entraineur ?
- Oui ...
- Tu as vécu avec Ukai, c'est ça ?
»

Lorsqu'il prononça le nom d'Ukai, mon visage se décomposa et je me mis à pleurer de plus bel. Les deux paniquèrent durant un instant.

« Très bien on va éviter de prononcer ce nom alors.
- Merci.
- Tu pleures à cause de lui, hein c'est ça ?
- Bokuto ! Idiot !
- Oui.
- Aaaah ... Voilà pourquoi il ne faut pas tomber amoureux
, souffla Kuroo.
- Tu ne m'aimes pas Kuroo ? Prononça Bokuto avec un air faussement attristé.
- Comment pourrais-je tomber amoureux d'un tel abruti ? »

Le capitaine de Fukurodani se mit soudain à bouder tout en avançant devant nous. J'avais entendu parler de son caractère assez spécial, mais le voir en vrai, me remonta le moral.

« J'imagine que tu ne lui as pas dit ce que tu ressentais, hein ?
- Non.
- Alors il ne t'a pas rejeté officiellement.
- Non.
- Alors pourquoi est-ce que tu es triste ?! Aaaaah les enfants de nos jours ...
- J'ai le même âge que toi ...
- Ca ne change rien au problème, dis lui. Prends ton courage à deux mains et dis lui ce que tu penses vraiment ! Tu es un homme non ? Alors ne te comporte pas comme une foutue gonzesse !
- ... OUI !
- Et puis si je peux supporter un mec comme lui, tu peux tout surmonter je pense ...
- Kuroo, tu es méchant ...
»

Ma colère et ma peine avaient tout simplement disparu avec cette conversation. Enfin un couple gay ... enfin couple. Deux amants qui n'avaient pas honte de leur sentiment l'un pour l'autre. Ils ont envie l'un de l'autre et ils l'assument. C'est rafraichissant. Peut-être qu'un jour aussi je serais capable d'être comme ça avec quelqu'un d'autre. Après quelques minutes de plus à discuter, finalement nous nous étions mis à courir pour réellement nous entrainer avant de rejoindre les autres. Une fois de retour devant le bâtiment, j'étais heureux et remit de mes émotions.

« Merci Kuroo et Bokuto ... Merci beaucoup.
- Ce que tu ne sais pas mon petit, c'est que comme nous t'avons réconforté ... Tu nous dois quelque chose.
»

Un sourire inquiétant prit le visage des deux capitaines qui me fixèrent.

« ... Euh ... Comme quoi ? ...
- Et bien tu sais, des fois on s'ennuie tous les deux le soir et ... on aurait besoin de quelqu'un pour ...
- Sans problème ! Vous m'avez remonté le moral, c'est à mon tour de vous être utile après tout. Venez me chercher quand vous avez besoin de moi !
- Euh ... Ok ...
- Tu crois qu'il a vraiment compris ?
»

Je n'entendis même pas cette dernière phrase parce que j'étais déjà en route pour la salle à manger. Mon ventre criait famine et je devais absolument manger avant d'aller à l'entrainement si je ne voulais pas tomber dans les pommes. Je cours alors dans les couloirs en espérant qu'ils n'ont pas déjà tout manger et au moment où j'allais poussé la porte de la salle à manger je tombe sur Ukai qui en ressort accompagné d'une tasse de café et du prof avec qui il semble rire.

« Oh bonjour Liam ... Il faudrait que je te parle ... prononça-t-il.
- J'ai vraiment pas le temps là Coach, faut vraiment que j'aille manger avant que les entrainements ne reprennent. »

Je m'excusais d'un rapide mouvement de tête avant de sauter sur les pains au chocolat. Je m'assis alors en face du nouveau couple de l'équipe avec un large sourire. Kageyama me fixa d'un mauvais oeil et Nishinoya à côté de moi ne compris même pas ce jeu de regard tout comme Hinata qui se contentait d'avaler tout ce qu'il avait devant lui. Un large sourire prit naissance sur un coin de ma bouche.

« Alors Kageyama, ça fait quoi de se réveiller amoureux ? »

Les trois personnes avec moi autour de la table menacèrent de s'étouffer avec ce qu'ils avaient en bouche. Moi, je me contentais d'exploser de rire face à cette vision.

« Je croyais que l'on ne devait pas le dire ! Kageyama !
- Oh tu ne lui as donc pas dit ... En réalité Hinata, si Kageyama s'est ENFIN confessé à toi, c'est parce que je lui ai forcé la main. Je lui ai dit que s'il ne se dépêcher par de te mettre la main dessus, se serait moi qui finirait par te dépuceler.
- HEIN ?
»

Hinata rougit tout comme Kageyama qui me menaça de son couteau à beurre. Je ris alors de plus bel alors que Nishinoya lui resta silencieux à porter son regard sur une autre table. Etrange. Je me rapprochais alors rapidement de lui pour découvrir qui était l'objet de ses pensées les plus secrètes et je le remarquais alors. Difficile de le manquer de toute manière.

« Alors toi aussi Nishinoya ...
- Hein ? Quoi ?
- Je suis tombé dans une équipe d'homo refoulé, ce n'est pas possible.
- Qui est-ce que tu appelles homo refoulé ?
, grogna Kageyama.
- C'est Asahi qui te plait ?
- QUOI ? ASAHI ? NON MAIS CA NE VA PAS ?!
»

Il avait hurlé ça tellement fort que tout le monde dans la salle avait finit par se tourner vers nous.

« Tu veux qu'il te remarque ?
- Non ...
- J'ai réussi à faire en sorte que Kageyama avoue enfin son amour à Hinata, je peux tout aussi bien réveiller le champion endormi.
- Tu peux vraiment faire ça ... ?
- Très facilement. Il nous faudra seulement la participation d'une tierce personne.
- Hein ?
- Tu n'as pas besoin de savoir. Sinon ça ne marchera pas.
»

J'avalais rapidement mon pain au chocolat avant de me diriger en direction d'Asahi. Sans prendre le temps de m'arrêter un instant. Je ne devais pas penser à Ukai, il fallait donc que je garde mon esprit occupé tout au long de la journée et que je ne lui laisse pas une chance de s'approcher de moi. Kuroo avait beau m'avoir conseillé d'aller lui parler, pour le moment je n'en avais pas envie. Mais alors pas du tout.

« Asahi ! »

Celui-ci se tourna vers moi tout en s'arrêtant.

« Il faut que je te demande quelque chose.
- Oui ?
- Tu connais Tanaka bien mieux que moi ... mais est-ce que tu penses qu'il est possible qu'il soit amoureux de Nishinoya ?
- Tanaka ? ... Et Nishinoya ? ...
- Oui.
»

Il sembla ennuyé par ma question. Etait-ce parce qu'il refusait de voir son fidèle libéro lui être volé par un rival ? Ou seulement parce la question le gênait tout simplement ? Malheureusement s'il n'avait pas déjà des sentiments pour le libéro, mon plan ne marcherait jamais et je ne vendrais que de faux espoirs à mon collègue.

« Ils sont amis ... mais je n'aurais jamais pensé que ...
- Et bien ce matin, je me suis réveillé un peu avant les autres et je l'ai entendu ... Il prononçait le prénom de Nishinoya tout en ... enfin ... Il s'occupait de lui-même quoi. Je ne voudrais pas dire de bêtise à Nishinoya.
»

Le champion rougit fortement lorsqu'il comprit que je parlais de masturbation et sembla se décomposé. Encore un timide ... Pauvre de moi. Suis-je vraiment aller dans le bon lycée ? Je soupire intérieurement avant de reposer mes yeux dans ceux du terminal.

« Ne lui dit rien ... Ne dit rien à Nishinoya. »

Se fut alors les derniers mots qu'il prononça avant de quitter le réfectoire. C'est avec un large sourire que je retournais à la table ou m'attendait les trois observateurs de cet échange de mots très prometteur.

« Qu'est ce que tu lui as dit ?
- Tu ne voudrais pas savoir ... Continue comme d'habitude et ça devrait aller. Il finira par craquer.
- En fait Liam, tu es cupidon c'est ça ?
me demanda Hinata.
- C'est un peu ça ... un petit ange qui offre l'amour aux autres et qui est incapable de trouver le sien. »

Un soupire passa mes lèvres après cette remarque et je quittais la table pour retourner dans la chambre réservée à notre équipe. Mon coeur manqua un battement lorsque je me retrouve face à Ukai qui me fixe. Il m'attendait très certainement. Je soupire. Je ne peux même pas fuir. Nous sommes seul tous les deux à nous fixer sans oser commencer la conversation. Et pourtant lorsque l'on se lance enfin, on prononce la même phrase, au même instant.

« Je suis désolé. »

Ces mots résonnent alors dans la salle. Ennuyé par cette gêne de qui va commencer ou non, je prends la parole sans lui laisser le temps de me la couper.

« Je n'aurais pas du entrer dans ta chambre comme je l'ai fait. On ne vit plus ensemble, tu as une vie privée et ça ne me regarde pas. »

Mon ton est plus froid que je ne l'aurais voulu, mais au moins maintenant c'est clair, je ne veux pas savoir, je ne veux rien savoir. Alors s'il te plait Ukai ne me force pas à écouter ... Je m'avance dans la salle pour aller chercher mes vêtements dans mon sac. Le pyjama c'est bien pour le jogging du matin, moins pour l'entrainement.

« Liam ... c'est juste que j'avais trop bu et ... »

Mon cœur ne fait qu'un bon et je me relève pour lui agripper le tee-shirt. C'est trop. À cet instant je ne contrôle plus ma colère.

« Tu as trop bu et quoi hein ? Tu as profite de lui ? Tu lui as fait croire qu'il pouvait t'être utile ? Tu l'as laissé imaginer que même si ce n'était que du sexe tu pouvais lui offrir quelque chose ? Tu as aussi profité de sa gentillesse ? Il est trop con pour se rendre compte qu'en fait ça aurait pu être n'importe qui d'autre de toute manière ! Il est trop con pour comprendre que tu ne partages pas ses sentiments, c'est ça ?! HEIN C'EST CA ?
- Liam ...
»

Je le relâche finalement, calmant mes émotions. Je serrais pourtant le poing en soupirant.

« Vas te faire foutre avec tes Liam tout mielleux ... Je ne suis plus le gamin naïf que j'étais. Tu peux bien baiser qui tu veux après tout. Ce n'est pas comme si je t'avais attendu pendant toutes ses années. »

C'est faux. Je n'ai pensé qu'à toi. Je ne voulais que toi.

« Maintenant si tu veux bien, j'aimerais me changer. »

Il ne prononça pas un mot de plus et quitta la salle comme je venais de lui demander. Mais à peine fut-il dehors que je m'effondrais sur mon futon. Pourquoi est-ce que je lui ai dit tout ça ? Pourquoi est-ce que je lui ai mentit ? En réalité je ne suis même pas sûr qu'il ait couché avec le prof, mais je ne veux même pas savoir. J'ai bien trop peur. Et si sa réponse était bien celle à laquelle je m'attends ? Alors cette douleur serait réelle. Il m'aurait bel et bien remplacé et je ne le veux pas. Je préfère nier la vérité plutôt que de souffrir plus que je ne le fais déjà. Et si jamais il ne l'a pas fait ? Cela voudrait seulement dire que même seul, il ne veut pas de moi. Qu'il ne voudra jamais de moi. Finalement il me fallut une trentaine de minutes pour trouver la force de me relever pour enfiler mon jogging et rejoindre les autres dans le gymnase.


Et voilà mon chapitre 5 !
Les petits couples avancent doucement, mais surement.
Des mensonges et des malentendus pour rendre l'histoire
plus dramatique !
N'hésitez pas à me dire si vous en avez pensé ! ;)
Nyxiel