Chapitre 6 :
Blessé.


Tout le monde était déjà là et ils avaient déjà commencé un match. Karasuno contre Fukurodani. Je rejoignis alors l'équipe de Nekoma pour m'entrainer en solo. Il fallait que je m'améliore si je voulais être utile.

Kuroo me fit un sourire discret lorsque j'entrais sur le terrain. Et c'est à cet instant que je le remarquais, il était vraiment pas mal en réalité. J'étais tellement obsédé par cet enfoiré, que j'en avais oublié de vivre pour moi-même. Il était même vraiment sexy ce capitaine. Ses cheveux lui donnaient un air mystérieux et habillé de rouge, il ressemblait vraiment à un badboy. Et malheureusement pour moi, je finis toujours par craquer sur les hommes de ce genre là. Les mecs mignons je préfère simplement jouer avec eux, ils sont si adorables lorsqu'ils finissent par rougir et être totalement mal à l'aise. Mais au final ils me ressemblent trop pour me plaire. J'étais comme ça moi aussi avant. Quand il a décidé de se servir de moi. J'étais un gamin timide et qui ne savait pas faire grand-chose. Ca a bien changé maintenant. J'ai beau ne pas avoir eu d'autre partenaire sexuel, lorsque je me suis retrouvé seul, j'ai finit par ne plus chercher à me cacher. Le flirt est devenu presque une seconde nature chez moi et ma confiance en moi n'a fait qu'augmenter. Je ne sais pas vraiment ce que cela pourrait donner si je décidais vraiment de coucher avec un autre homme, mais je sais qu'aujourd'hui j'en serais capable. Pas de sentiments. Pas de problèmes, hein ?

Je soupirais, j'étais en plein entrainement, ici seul le volley ball compte, je dois vraiment faire taire mes sentiments. Je posais alors mes yeux sur le match qui se déroulait sur le terrain d'à côté et je souris. Je voyais très clairement la colère dans les yeux d'Asahi. Le champion pourtant si calme et avec si peu de confiance en lui bouillonnait pourtant à chaque fois que Nishinoya faisait le moindre geste envers Tanaka et inversement. Il suffit de semer l'idée qu'un autre homme veut le votre et voilà que l'amour s'éveille en jalousie. J'étais plutôt fier de moi sur ce coup-là. Après tout je n'avais pratiquement rien fait et le plan se déroulait de lui-même. J'espérais seulement qu'Asahi ne se mettrait pas en tête d'aller frapper Tanaka, mais connaissant un peu son caractère je le voyais mal réagir comme ça. La confrontation, ça n'a pas l'air d'être son truc. Je souris de nouveau et me concentre enfin sur l'équipe avec laquelle je m'entraine. Jouer m'a toujours détendu, sauter pour frapper un ballon et sentir le vide sous mes pieds, c'est grisant surtout lorsque l'attaque finit par porter ses fruits. Malheureusement pour moi Kuroo est plutôt doué en contre et je n'ai pas réussi à en placer une seule, mais cette frustration dut à un tire raté avait remplacé mes autres sentiments négatifs.

Le match prit alors fin, Karasuno avait encore perdu. Je les vis sortir pour aller faire leurs sprints et même si je n'avais pas joué ce match j'étais quand même déçu pour mon équipe. Et alors que j'avais détourné les yeux juste 5 minutes de mon adversaire, je sentis une vive douleur sur mon visage. Et merde. Le ballon. Il m'avait atterri en pleine tronche. Je tombais lourdement au sol alors qu'un sifflement résonnait dans ma tête. J'étais sonné. En même temps les joueurs de Volley Ball ne sont pas connus pour frapper doucement les balles. Je restais sur le sol un moment, une horrible douleur secouant mon crâne et finalement le sifflement s'atténua pour laisser place à des voix.

« Liam ? Tu vas bien ? »

C'était celle de Kuroo, c'était surement lui qui m'avait tiré en pleine tronche, m'enfin ce n'était pas vraiment sa faute, si j'arrêtais un peu de m'occuper de tout et n'importe quoi quand je suis sur le terrain, ça ne serait pas arrivé.

« Désolé, je n'avais pas vu que tu ne regardais pas.
- Ne t'excuses pas ... c'est ma faute.
- ABRUTI ! Combien de fois je dois te répéter de rester concentrer lorsque tu joues !
»

Cette fois c'était la voix d'Ukai. Je sais enfoiré ! Ce n'est pas ma faute si je suis du genre à ne pas réussir à me concentrer sur une seule chose à la fois. Mon esprit fonctionne toujours mieux quand je fais plusieurs choses en même temps. Malheureusement ça peut mal tourné, comme maintenant. Je soupire et ouvre les yeux.

« Je vais bien, j'ai juste été sonné pendant un instant.
- Tu peux te lever ?
- Je pense.
»

Le capitaine de Nekoma me tendit alors la main pour m'aider à me relever, j'y arrivais sans mal du moins jusqu'à ce que le sol ne se mette à tourner autour de moi. Je n'allais pas si bien que ça en fait. Surement un contre-coup. Je me laissais alors tomber dans les bras de Kuroo pour reprendre appuie. Je fermais de nouveau les yeux, voir tous ses visages qui tournent autour de moi est bien trop gerbant. Mais même là j'ai l'impression que le noir lui-même s'amuse à me torturer. Ca tourne encore et encore.

« Il faudrait que je m'allonge. »

Une seconde après avoir prononcé cette phrase je sentis un bras se glisser derrière mes genoux pour me soulever du sol. Kuroo venait de me prendre dans ses bras comme si je n'étais qu'une vulgaire princesse de manga shojo. Je n'avais pourtant pas la force de l'insulter et encore moins de rougir. J'attrapais seulement son maillot dans ma main comme si cela pouvait m'aider à ancrer mon corps dans ce monde qui tournoie.

« Je l'emmène dans la salle de Karasuno, si quelqu'un veut bien aller appeler l'infirmière.
- Je l'appelle.
»

J'ouvris doucement les yeux en entendant la voix d'Ukai. Son visage affichait une expression sombre, était-ce seulement de l'inquiétude parce que je venais d'être blessé ou y'avait-il aussi un peu de jalousie parce qu'un autre homme venait de me prendre dans ses bras ? Je refermais les yeux. Il fallait que j'arrête d'espérer, ça ne pouvait être que de l'inquiétude. Il est responsable de son équipe après tout. Si l'un de nous se blesse gravement, la faute lui retombera dessus.

« Je vais t'aider Kuroo !, cria Bokuto alors que je sentais le corps du capitaine de Nekoma se mettre en marche. »

Ce camp d'entrainement aura été bénéfique pour Hinata et Kageyama et très certainement pour Asahi et Nishinoya, par contre pour moi, ça n'aura été qu'une succession de douleur physique et sentimentale. J'entends les portes s'ouvrirent devant nous, ça doit être Bokuto qui les tient pour nous laisser passer et enfin je sens le sol sous moi. Pourtant j'ai du mal à relâcher ma prise sur le maillot de Kuroo, j'ai l'impression d'être en sécurité lorsqu'il est là. C'est étrange. Je le connais à peine après tout. Je sens sa main se glisser sur la mienne pour me forcer à le lâcher. Il s'assoit alors à côté de moi sans lâcher ma main. Sa chaleur est réconfortante.

« Kuroo ! Tu veux bien me porter comme une princesse moi aussi ?
- ... Pourquoi je ferais ça ?
- Parce que c'est trop cool !
- Bokuto ... Je lui ai envoyé une balle en pleine tronche, tu te souviens de ce détail ?
- S'il faut que tu me frappes aussi, ça me va ! Mais je veux que tu le fasses !
- Quoi ? Mais tu es stupide ou quoi ?
- Kuroo me trouve stupide et c'est pour ça qu'il ne veut pas me porter comme une princesse.
»

J'ouvris doucement les yeux en direction de Bokuto et je le vis recroqueviller sur lui-même. Il boude vraiment on dirait bien. Un rire passe alors mes lèvres. Qu'est ce qu'ils peuvent être idiots tous les deux. Je continue à rire encore un moment. Ca fait tellement du bien de pouvoir enfin le faire. J'ai vécu dans un ascenseur émotionnel jusqu'à maintenant et lorsque je suis avec eux, j'ai l'impression que le monde a tellement peu d'importante, que mes problèmes sont des futilités sans nom. C'est agréable, c'est simple, ça me donne l'impression d'être plus léger, d'être plus heureux.

« On dirait que tu vas mieux ... »

Je pose alors mes yeux sur l'entraineur qui se tient à l'entrée. Il nous observe un moment et pose ses yeux sur ma main dans celle de Kuroo. Je le sens desserré sa prise et je retiens pourtant sa paume en pliant les doigts. Ne me lâche pas. Pas maintenant. Vas-y Ukai réagit. Enerve-toi. Montre-moi que tu es jaloux. Que tu ne supportes pas de m'imaginer avec lui. Dis lui que je t'appartiens et qu'il n'a pas le droit de me toucher comme il le fait. Dis lui que tu es celui qui va prendre soin de moi maintenant. Mon cœur se serre quand tu te contentes de soupirer. Ma main se resserre encore un peu plus sur celle du capitaine.

« J'ai appelé l'infirmière, elle va arriver dans quelques minutes. D'ici là, ne bouge pas et si tu peux essayes de dormir. »

Il quitta alors la salle sans un autre mot, sans un "Je suis inquiet" sans me donner la moindre lueur d'espoir. C'est douloureux, si douloureux. J'ai envie de pleurer pourtant je me retiens, je ne suis plus ce gamin faible qui ne cessait de pleurer quand il se souvenait de ce qu'il avait perdu. J'ai murit, j'ai vieillit. Je ne suis plus le même.

« Et bien on dirait que c'est mal barré.
- La ferme ...
- Bokuto, tu veux bien aller nous chercher un peu d'eau ?
- OUIP CHEF !
»

Il détale rapidement, trop rapidement. Son énergie est presque énervante.

« Tu dis qu'il n'y a aucun sentiment entre vous, mais lorsqu'il a dit qu'il voulait que tu le portes aussi, ce n'était pas juste parce qu'il est idiot, c'est aussi parce qu'il est jaloux.
- Je sais.
- Et si tu viens de lui demander de partir, c'est parce qu'il n'arrêtait pas de fixer nos mains. L'eau ce n'est qu'une excuse.
- Hum ...
- Il n'a pas conscience qu'il t'aime, mais toi si hein ? Alors pourquoi tu lui mens comme ça ?
- La ferme ... C'est juste un idiot.
»

Je ris de nouveau, doucement cette fois et lui il me frappe le haut du crâne avec douceur. Je fais mine d'avoir mal et au lieu de s'excuser me fait juste remarquer que je le méritais. Lorsque Bokuto revient avec mon verre d'eau, par respect pour lui, je relâche la main de Kuroo. On dirait bien que même eux aient besoin d'une petite discussion après tout. J'avale le verre d'une traite et le repose sur le sol lorsque l'infirmière pousse la porte accompagné d'Ukai. Elle s'excuse d'avoir mit autant de temps et s'approche de moi pour m'examiner. Lorsqu'elle examine mon crâne je me sens déjà mieux, la terre à arrêter de tourner autour de moi. Après quelques minutes à me tripoter les cheveux et à m'illuminer les yeux et d'autre chose que je ne comprenais pas vraiment elle annonça que je n'avais rien de grave. Elle m'obligea à rester tranquille pour le reste de la journée et je grognais à cette idée, mais j'obéirais. Les deux capitaines quittèrent la salle, Kuroo me fit un clin d'oeil et je mimais un coeur avec mes mains pour me venger.

« On va reprendre l'entrainement.
- YEAH !
hurla Bokuto. »

Ukai se contenta alors de les regarder quitter la pièce, toujours adosser au mur face à moi. Il ne prononça aucun mot, se contentant de me regarder alors que je tentais maladroitement de l'ignorer tout en me tournant pour qu'il soit dos à moi.

« Qu'est ce que tu veux ?
- Rien.
- Alors pourquoi tu restes là ?
- Liam ... Je ...
- Il faut que je dorme je suis fatigué.
»

Cette phrase le coupe alors dans son élan et il n'est plus capable de continuer sa phrase.

« Ok alors je vais te laisser tranquille. »

Il se décolle alors du mur et j'entends ses tongs claquer contre le sol. La porte d'entrée grince et il s'arrête.

« Je vais te laisser tranquille. »

Pourquoi est-ce que tu te répètes abruti ? ... Mon corps se crispe. C'est vraiment finit cette fois ? J'entends alors la porte se refermer derrière lui et ses pas qui s'éloignent. Pourtant je me redresse sur mon lit comme si je pouvais changer les choses avec ce simple geste. Je ne veux pas passer à autre chose ! Pourtant je le dois et je le peux enfin. Alors pourquoi est-ce que je souffre autant ? Je m'allonge alors de nouveau. Il faut que je dorme. Ce soir ça ira surement mieux. Le sommeil finit par m'engloutir plus rapidement que je ne le pense alors que des larmes coulent doucement sur mon oreiller.

« Qu'est ce que tu racontes Ukai ?
- On ne peut plus faire ça, Liam.
»

J'étais là face à lui. J'avais enfilé l'uniforme féminin qu'il me demandait de porter chaque fois qu'il avait envie pour lui faciliter les choses. Je m'étais même fait des couettes et j'avais prit le temps de me maquiller pour lui. Quand dans l'après-midi il m'avait appelé pour me demander de passer, j'avais compris que c'est ce qu'il voulait. Au lieu de ça, il m'annonce qu'il ne veut plus de moi.

« Et pourquoi ça ?!
- Nous sommes deux hommes Liam, tu ne vois pas le problème ?
- Et alors ? J'étais déjà un garçon quand on a commencé à le faire ! Qu'est ce qui a changé ?
- Tu n'es qu'un gosse Liam.
- Je ne te satisfais plus ? Je peux apprendre plus si tu veux ... Il faut juste que tu m'apprennes et je pourrais tout faire ... S'il te plait ne me jette pas ...
- C'est finit Liam. Nous n'avons jamais été un couple de toute manière. On couchait juste ensemble et maintenant j'en ai marre.
»

Je suis incapable de dire un mot. Son regard est froid, ses mots sont durs et mon corps tremble face à sa cruauté.

« Mais ... je ... je ...
- Ca suffit Liam, retourne chez toi. Ta nouvelle famille t'attend.
»

Mais je t'aime ! Voilà ce que j'essayais de te dire. Tu ne m'en as pas laissé l'occasion. Je n'ai jamais compris pourquoi tout avait changé si vite, pourquoi est-ce que du jour au lendemain tu m'avais repoussé. Je n'ai jamais compris et je ne comprends toujours pas. Après ça je n'ai plus jamais été le même. Sentir que je n'avais été qu'un jouet durant prêt d'un an m'a poussé à me reconsidérer. J'ai commencé à m'habiller différemment, j'ai commencé à flirter avec les hommes qui me plaisaient. J'ai commencé à avoir des ennuies lorsque j'affirmais à tous que j'aimais les hommes. Et certains ont commencé à me frapper et en particulier ceux de ma propre équipe de Volley. Je ne comprenais pas d'où venait le problème. J'avais été si bien avec lui, pourquoi est-ce que je ne pouvais pas l'être de nouveau avec un homme ? Pourquoi est-ce qu'ils étaient tous si monstrueux ? Finalement lorsque Neil s'en est rendu compte, il m'a défendu et m'a protégé de ses idiots puis en a parlé au proviseur. Malheureusement lorsqu'ils ont commencé à dire que c'était moi qui avais commencé en essayant de profiter d'eux, la faute est retombée sur moi. Je cherchais seulement à être aimer de nouveau. Je cherchais à l'oublier. Et voilà qu'en plus d'avoir été violenté, je me suis retrouvé viré de mon propre lycée.

Malgré tout ça, je n'ai pas changé. Je m'habille toujours aussi étrangement, je flirte toujours avec les hommes qui me plaisent, même si je ne cherche plus à me faire accepter en tant qu'homosexuel, mais en tant qu'homme tout simplement. Un homme aux goûts étranges, mais toujours un homme. Mon cœur se serre et soudain je me réveille. Il fait encore jour. Je fixe alors le plafond un instant. Il ne tourne pas. Je me redresse alors. Toujours pas. Ma tête doit aller bien mieux. Je finis par me lever pour me diriger vers le gymnase. Je vais nettement mieux. Lorsque je pousse la porte, je vois Hinata s'élancer dans le ciel pour une de ses directs et je reste scotché sur place. Bien que je l'aie déjà vu faire, c'est toujours aussi impressionnant. Soudain le sifflet retentit. Oh mon dieu ! Karasuno vient de gagner contre Fukurodani. Je cours alors en direction du terrain.

« BRAVO LES GARS ! »

Alors qu'ils se sautaient les uns sur les autres pour se féliciter, ils se tournent alors vers moi pour vérifier que c'était bien ma voix.

« Alors tu vas mieux ?
- Oui oui, mais ne vous intéressez pas à moi, vous venez de gagner un match !
- Tu as vu ça Liam ?
- Superbe ta dernière direct Hinata !
»

J'étais vraiment heureux de les voir gagner. C'était le premier match qu'ils gagnaient depuis que j'étais dans l'équipe et même si je n'avais même pas été là pour les encourager, voir cette dernière action m'avait réchauffé le coeur. Désolé Bokuto, mais je suis vraiment heureux de te voir faire ce sprint, même si tu boudes très certainement pour cette défaite.

« Tu vas mieux Liam ? »

Je me tourne alors vers Ukai qui me regarde inquiet.

« Bien sûr, j'ai la tête dure !
- Tant mieux, tu pourras surement jouer demain du coup.
- Une journée à rien faire c'est déjà bien assez dur comme torture.
»

Le reste de la journée se passa sans accroc étrangement. Après avoir pris sa douche Nishinoya était venue me rejoindre dans le réfectoire pour me demander où en était mon plan si parfait. J'avais continué à observer Asahi et même si en match il se montrait bien plus énergique que d'habitude, il n'en restait pas moins très contrarié à chaque fois que Nishinoya et Tanaka se frappaient dans les mains ou quand ils se mettaient à hurler tous les deux ensemble. Son nouvel enthousiasme sur le terrain ne devait venir que d'un besoin d'être vu par le petit libéro. La jalousie apporte parfois la victoire, comme aujourd'hui. Nishinoya n'avait rien remarqué lui, il s'était surement interrogé toute la journée sur mes intentions.

« Mon plan est en marche et pour le moment il fonctionne à la perfection.
- VRAIMENT ?!
»

Ses petits yeux s'illuminèrent. Il était si mignon avec ses cheveux plats et son visage de gamin. J'avais envie de l'ennuyer, j'avais envie de jouer. J'en avais besoin. Ca me permettrait très certainement de me sentir mieux.

« Oui oui ... Il ne manque plus que la dernière étape.
- Et c'est quoi ?
- Tu ne veux pas savoir.
»

Je m'avançais alors vers Daichi en lui faisant un coucou de la main pour qu'il comprenne que j'avais besoin de lui parler.

« J'ai besoin de toi.
- Pour faire quoi ?
- Je ne peux pas te le dire ...
- Hein ? Alors pourquoi est-ce que je le ferais ?
- J'ai besoin que tu dises quelque chose à Asahi de la part de Nishinoya.
- Et pourquoi il n'irait pas lui dire lui-même.
- Ne poses pas de questions et fait ce que je te dis !
- ... N'oublie pas que je suis ton capitaine ...
- Dis-lui que Nishinoya veut lui parler au gymnase et que c'est très important et envoie moi un message quand c'est fait. Maintenant dépêches toi !
»

Je repartis bien vite en direction de Nishinoya. Je sentais la colère de Daichi dans mon dos, mais je savais qu'il le ferait. Il était bien trop dévoué envers ses coéquipiers pour laisser la colère le guider. Il savait même peut-être déjà pourquoi est-ce que je lui avais demandé ça. J'attrapais alors le bras de Nishinoya ainsi qu'un tee-shirt de l'équipe portant le numéro 5. J'avais beau m'être servit de Tanaka, ça ne pouvait plus continuer. Si jamais la colère d'Asahi devenait violente, je préférais être le seul à prendre. Après tout, ça serait de ma faute. Une fois dans le gymnase j'enfilais le tee-shirt de Tanaka avant de prendre la serviette que le libéro portait autour du coup pour la mettre sur ma tête. De cette manière il me prendrait vraiment pour Tanaka.

« Qu'est ce que tu fais Liam ? Pourquoi tu t'habilles comme ça ?
-Fais-moi confiance Nishinoya.
»

Mon portable se mit soudain à vibrer, j'appuyais sur l'écran pour y lire le message du capitaine. "Je viens de lui annoncer. C'est bien ce que tu fais pour eux. Bonne chance. :)" Je savais bien qu'il était plus au courant que tous le pense. Plutôt intelligent ce capitaine. Un large sourire prend mes lèvres et je me mets à compter. Il lui faut à peu prêt 5 minutes pour venir jusqu'ici. Au bout de 3 minutes je commence à afficher un nouveau sourire. Un sourire carnassier. Je m'approche alors du libéro qui recule.

« Tu fais un peu peur Liam.
- Laisses toi faire.
»

Il recule encore et encore jusqu'à se retrouver contre le mur. À ce moment je pose mes mains de chaque côté de lui. Il ne peut plus fuir. Je passe ma langue sur mes lèvres et je continue de sourire. Le visage de Nishinoya est rouge. Aurait-il perdu sa grande gueule ? Ou alors joue-t-il seulement le jeu parce qu'il me fait confiance ? 4 minutes 50 secondes. J'attrape son menton dans une de mes mains pour relever son visage vers moi. Son regard de chiot est vraiment irrésistible. J'approche alors doucement mon visage du sien, lentement, très lentement. Qu'est ce que tu fous champion ? Tu veux vraiment que je lui vole son premier baiser ? J'attends un instant et quand j'entends des pas dans le couloir, j'abaisse encore mon visage. De ma langue je viens caresser la lèvre supérieure du libéro qui se met à gigoter contre moi et un petit gémissement passe alors ses lèvres. C'est bel et bien son premier baiser. Je ne peux pas lui prendre. Grouille-toi Asahi !

« Ne le touche pas ! »

Je sens une main qui attrape mon tee-shirt pour me tirer en arrière. Je manque de trébucher, mais je tiens debout. Face à moi Asahi vient tout juste d'enrouler ses bras autour du coup de Nishinoya comme s'il s'agissait de sa propriété. Un sourire prend mes lèvres lorsque je vois ça. Magnifique, il est finalement arrivé.

« Asahi ... »

Mon plan a fonctionné. Je retire la serviette que j'ai sur la tête pour qu'Asahi se rende compte que je ne suis pas celui qu'il pensait. Son visage rougit et se décompose en remarquant ça pourtant il ne relâche pas sa prise autour de Nishinoya.

« Liam ... mais ... qu'est ce que ...
- Je t'ai fait croire que Tanaka voulait te voler ton précieux libéro.
- QUOI ? C'est ça que tu lui as dit ?!
me demande Nishinoya.
- Tu le savais ?! »

Asahi relâcha alors Nishinoya en le fixant complètement perdu par ce qu'il venait d'entendre. Ca sentait le mauvais quiproquo qui ne mènerait qu'à une dispute. Je me place alors entre les deux, cachant Nishinoya derrière moi pour m'opposer au champion. Vu comme ça, c'est fou comme il parait grand et ... flippant, mais je ne me dégonfle pas pour autant.

« En réalité ce n'est pas de Tanaka dont tu devrais te méfier, mais bien de moi. Comment pourrais-je résister à un visage aussi adorable et à un corps si désirable ?
- Liam qu'est-ce que tu racontes ? ...
me demande Nishinoya.
- Dis lui que tu ne l'aimes pas et comme ça je pourrais le garder pour moi tout seul. Yuu sera alors à moi.
- Quoi ? HE ! Ne décide pas ça pour moi !
»

Cette phrase fit s'assombrir le visage d'Asahi. Oh oui il est vraiment flippant. Je me décale alors pour me mettre à côté de Nishinoya. Sera-t-il capable de lui mentir alors qu'il le regarde dans les yeux ? Est-il un si gros lâche ?

« Nishinoya ... je ... »

Allez champion un peu de courage. Au fond j'espère vraiment qu'il ne va pas prendre la fuite, qu'il ne va pas le laisser en plan. J'ai déjà connu cette douleur et je ne la souhaite à personne d'autre. Si jamais ça arrive alors je serais le seul responsable. J'aurais détruit une amitié ainsi que le cœur de ce pauvre libéro pourtant si mignon.

« Je ne ... »

Ca commence mal. Par réflexe je tends la main pour prendre celle de Nishinoya. Si jamais ça se termine mal, je serais là pour le soutenir. Mes doigts frôlèrent les siens quand tout à coup des bras musclé l'agrippèrent pour le tirer. Asahi venait de nouveau de le prendre contre lui et cette fois il le serrait contre lui comme s'il s'agissait d'un trésor qu'il devait protéger de tous les autres hommes.

« Je ne te le laisserais pas ! Noya, même si tu me dis que c'est avec lui que tu veux être, je ne peux pas te laisser ! »

Enfin. Tout était dit. Ou presque. Un sourire prit mes lèvres. Je suis vraiment doué pour ça. Et alors que je pensais qu'enfin tout allait bien se passer, Nishinoya écrasa tout simplement le pied du champion pour qu'il le relâche.

« Ne décidez pas à ma place !
- Noya ...
»

À cet instant je ne pouvais plus me retenir, j'explosais tout simplement de rire face à eux. Les premiers amours sont vraiment les plus amusants à regarder évoluer.

« Liam ?
- Désolé, mais en réalité Asahi, je ne suis pas intéressé par Nishinoya.
-Hein ?
- J'ai fait ça pour que tu te rendes compte de tes sentiments. Maintenant que c'est fait, je vais vous laisser seul.
»

Avec un large sourire je me rends alors en direction de la porte de sortie, mais avant de la passer, je m'arrête un instant en me tournant une dernière fois vers eux.

« Oh au fait ! Si vous voulez faire quoi que se soit ... Nishinoya n'oublie pas que c'est ta première fois, alors pensez bien au lubrifiant ! »

Je vois Asahi rougirent et se sentir soudain très mal alors que Nishinoya lève le pouce en souriant. Un uke qui prend les choses en main. C'est pas habituelle, mais heureusement qu'il est là pour faire quelque chose parce que sinon ... C'est pas ce grand timide qui ferait quoi que se soit. Content de mon exploit je me rends dans la chambre pour aller me coucher. Franchement, les élèves de ce lycée sont tous si facile à manipuler ... Il suffit de vraiment pas grand chose pour le rendre totalement fou de jalousie. En entrant je vois le capitaine qui lève un regard interrogateur vers moi, je lève le pouce avec un large sourire pour lui signifier que tout s'est bien passé au final. Et voilà deux couples de plus qui peuvent enfin vivre le bonheur. Je rejoins alors Hinata et Kageyama pour leur raconter rapidement. Hinata est presque impressionné par mon talent quand au passeur il manque de s'étouffer quand je répète la dernière phrase que j'ai prononcé aux autres avant de partir.

« Bah oui Kageyama, les amoureux font ça aussi ... Je suis sûr que tu y as déjà pensé ...
- Non ! ... Enfin ... Je ...
- De quoi vous parlez ?
- De rien ! Rien ... vraiment rien !
»

Hinata lui n'a même pas compris l'insinuation que contenait ma phrase alors que Kageyama ne cesse de rougir. Tant d'innocence ça ferait presque peur. Hinata finira par me raconter de toute manière ou je le devinerais. Ils sont si prévisibles ces gamins. Finalement après un moment à discuter je retourne sur mon futon pour tenter de m'endormir. Il faut que je sois en forme si demain je veux aller sur le terrain. Je pousse un dernier soupire avant de fermer les yeux. Quels souvenirs vont encore envahir mon esprit cette nuit ? Mes yeux se ferment, mon corps se décontracte et je m'endors.


Et voilà le chapitre 6 !
Une petite avancée pour un des couples !
J'espère que ça vous plaira !
N'hésitez pas à me laisser vos impression ;) Et Merci à YukiYukino pour son avis, ça fait vraiment plaisir ** !
Nyxiel