Personnages : Arthur/Angleterre, Francis/France, intervention de Matthieu/Canada, mention de Kiku/Japon et Alfred/Amérique

Je tiens à prévenir les personnes qui me lisent (et que je remercie au passage) que je vais arrêter de publier sur un moment. Je n'ai plus beaucoup de temps en ce moment, je m'en excuse. Je n'arrête pas d'écrire pour autant, même si le rythme a considérablement ralenti. A la prochaine ! :D


Anniversaire

_ A…A quoi tu joues ? !

Angleterre venait tout juste de rentrer d'une visite diplomatique au Japon. Visite qui s'était bien passée, Kiku était toujours aussi poli et accueillant, l'anglais l'aimait bien. Cependant, découvrir son meilleur ennemi tranquillement installé chez lui, dans sa cuisine, rentré il ne savait pas comment, n'était pas ce qu'il avait espéré comme accueil pour son retour. A vrai dire, il n'espérait aucun accueil. Il voulait juste rentrer dans sa petite maison, manger un morceau et se coucher. Le décalage horaire était épuisant.

Livide, il fixa France, qui remuait le contenu d'une casserole sur le feu. Le français se retourna et lui adressa un sourire rayonnant.

_ Good morning, mon Arthur chéri d'amour que j'aime ! Comment vas-tu ? !

_ Qu'est-ce que tu fous dans ma cuisine ? !

_ Hein ? Oh, ça.

_ Oui, « ça », espèce d'abruti de bouffeur de grenouilles ! !

Francis retira sa casserole du feu et la posa sur le plan de travail.

_ Je m'ennuyais, alors j'ai décidé de venir te faire à manger ! Annonça joyeusement le grand blond, tout sourires.

_ Je te demande pardon ? ! Eructa l'anglais.

_ Je suis venu te faire à manger parce que je m'ennuyais tout seul, chez moi, répéta obligeamment Francis. Mon gouvernement est sur les dents avec l'approche du 14 juillet et moi et mes casseroles avons gentiment été invités à aller nous aérer quelque part. Loin, de préférence.

_ J'avais très bien compris !

_ Alors quoi tu m'as demandé de répéter ? Rah là, là…

Levant les yeux au ciel, faussement exaspéré, Francis prit une cuillère et la plongea dans sa casserole.

_ Viens goûter.

_ Hein ?

_ Tu es sourd, ce matin, décidément. Viens goûter.

Le français tendit la cuillère en direction d'Arthur qui ne savait plus comment réagir. Une part de lui hurlait de jeter son vieux rival dehors avec pertes et fracas, l'autre le poussait à obéir et goûter le contenu de la casserole qui sentait terriblement bon.

_ Viens goûter ! Insista Francis. Ça va refroidir.

Le ventre de l'anglais gargouilla : après tout, il venait de passer plusieurs heures dans un avion, assis, son déjeuner - frugal - lui semblait fort loin, et il n'avait pas le courage de se préparer un repas élaboré. Peut-être que…?

No.

_ Dehors ! Grogna-t-il. Je sais pas comment t'es rentré, je veux pas le savoir, dehors ! ! Je voudrais pouvoir un jour rentrer chez moi sans avoir la hantise de t'y trouver ! Go away ! Immediately ! !

Sans répondre, Francis fourra la cuillère dans la bouche de l'anglais. Celui-ci écarquilla les yeux, peu satisfait de la méthode brutale, mais la crème anglaise qu'avait préparée son aîné était délicieuse. Il avala la gorgée et darda un regard furibond sur l'imbécile. Comment pouvait-il réussir aussi bien tous ses plats ? !

_ Bon, maintenant que tu as commis ton infraction et que tu as presque réussi à me péter les dents, aurais-tu avoir l'obligeance de virer de chez moi ? Articula-t-il sèchement.

_ Mon Arthur, j'admire ta capacité à être à la fois poli et vulgaire, répondit Francis d'un ton léger. Viens manger.

Et sans écouter une seule des imprécations de la nation insulaire, le français ouvrit le four et en retira - Oh my God ! Pensa l'anglais - deux petits moelleux au chocolat, l'un de ses - nombreux - péchés mignons. Il les disposa sur des assiettes, les arrosa de crème et agrémenta le tout d'une feuille de menthe pour la décoration. Arthur pleura intérieurement. Maudit, maudit français ! Il savait exactement ce qu'il fallait faire pour le coincer. Comment résister à des gâteaux pareils, à du chocolat, avec de la crème en bonus ?

No.

Il fallait résister. Il allait vaincre, foi d'Arthur Kirkland. Le français n'allait pas faire la loi, pas dans sa cuisine, même avec des gâteaux…même avec des gâteaux au chocolat qui avaient l'air si bon et de la crème anglaise !

Certainement pas.

Francis s'assit à la table devant son assiette et adressa un sourire à son voisin. Celui-ci serra les dents. Etre ferme.

_ Tu es vraiment sans-gêne ! ! Explosa Arthur en devenant rouge tomate.

_ Si tu ne viens pas manger, toute la nourriture que j'ai préparée sera gâchée, lâcha le français. Tu n'es quand même pas le genre à gâcher la nourriture…n'est-ce pas ?

Francis accompagna ses paroles d'un regard de chiot abandonné sous la pluie. Arthur trembla.

Oh…le fumier, le bâtard. Qu'il soit maudit, lui et tous ses compatriotes fouteurs de merde ! Furieux mais piégé - il ne fallait vraiment pas gâcher la nourriture, tant pis s'il y avait d'autres solutions - l'anglais s'assit à sa table et laissa son voisin lui donner son assiette.

_ C'est uniquement pour ne pas gâcher la nourriture, le prévint-il en attaquant sa part.

_ Mais bien sûr, chantonna Francis, souriant.

Dieu tout-puissant, s'il pouvait lui arracher ce sourire suffisant du visage ! Arthur se vengea en avalant deux bols de crème avec son gâteau, il fallait bien qu'il passe sa frustration autrement que sur le français. Que ce soit sa Reine - Dieu la préserve encore de longues années ! - ou le gouvernement de l'autre abruti, aucun n'apprécierait qu'il le rende dans un sale état. Ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait !

_ Alors, mon Arthur, comment s'est passé ton voyage ?

_ Je ne suis pas « ton » Arthur. Et mon voyage s'est très bien passé.

_ Pas trop dur, le décalage horaire ? Il ne faudrait pas que tu te surmènes…

Le sourire goguenard du français fit sortir Arthur de ses gongs.

_ Tu n'insinuerais pas que je suis pas solide, par hasard ? ! Je suis parfaitement capable de supporter un voyage en avion ! !

_ Je n'en ai jamais douté ! Mais on sait jamais, vu ton…âge…

Une cuillère vola, Francis s'échappa de la cuisine en agitant les bras, agité d'un fou rire hystérique. L'anglais s'élança à sa poursuite en jurant tout haut, décidé cette fois à l'étriper comme il convenait.

Après une bagarre sanglante, Arthur jeta son rival à la porte avec une pleine satisfaction. Il pleuvait dehors. Il se sentit un peu coupable, mais la réflexion sur son âge avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. Il pouvait parler en plus, cet imbécile de français bouffeur de grenouilles, c'était lui le plus vieux des deux !

Enfin au calme, Arthur soupira en se frottant les tempes. Une migraine dérangeante s'était installée à la minute même où il avait aperçu le français. Ce type était insupportable ! Enfin, il était tranquille maintenant, l'autre squatteur était dehors.

Des pleurs se firent soudain entendre de l'autre côté de la porte. L'anglais se raidit : non, il n'allait quand même pas lui faire ce coup-là ? !

_ Arthur…pleurnicha Francis. Arthur, il pleut…

Damn. Si, c'était bien son intention.

_ Rentre chez toi !

_ Mais…ils ne veulent pas de moi…

_ Trouve-toi quelqu'un d'autre ! T'as bien des potes, va les retrouver !

_ Maiiiiiis….Antonio est occupé en ce moment, et chez Gilbert, y a Ludwig qui me fait peuuuur…Je suis tout seul…Je n'ai plus que toi au monde…Ne me laisse paaas…Dehors, il pleut…

Angleterre trembla : non, non, non, il n'allait quand même pas se laisser avoir ? !

_ Bon…Tant pis…soupira Francis. Je vais m'en aller…Te laisser tranquille…Je t'ai suffisamment dérangé après tout…Je voulais juste quelqu'un à qui parler…Ce n'est pas grave…

La porte s'ouvrit sèchement.

_ Rentre ! Aboya Angleterre.

Ravi, le français sourit largement et entra d'un pas bondissant, ses pleurs déjà oublié.

_ Tu m'as joué la comédie, hein ? ! Brailla Arthur.

_ Mais, mais, mais…c'est vrai que je voulais parler avec toi…se justifia France avec une moue tristounette.

_ Peu importe, je veux pas le savoir. Fous-toi dans un coin, occupe-toi comme tu veux, mais je veux pas t'entendre ! Et dès que la pluie s'arrête, TU RENTRES CHEZ TOI ! ! !

_ Oui, mon Arthur, chantonna Francis.

Méfiant, l'anglais regarda son vieux rival grimper à l'étage, il reconnut la porte des toilettes qui se fermait et il soupira, soulagé. Au moins, il avait quelques minutes de paix rien que pour lui.

Son téléphone se mit à sonner. Exaspéré, Arthur se rua dessus et décrocha brutalement.

_ Arthur Kirkland speaking ! S'exclama-t-il sèchement.

_ Daddy…?

Le blond se calma en reconnaissant la voix de son deuxième « fils », le doux Canada.

_ Matthew ! Comment ça va ?

Il était tellement rare que le timide jeune homme lui téléphone qu'Angleterre était aux anges, toute colère ou fatigue oubliées.

_ Moi…ça va…répondit Canada.

Il y avait beaucoup de bruit derrière lui, sa voix parvenait difficilement à Arthur.

_ Ce que je voulais savoir…poursuivit le jeune homme. C'est si toi…tu vas bien..?

_ Je vais très bien, le rassura son père. Pourquoi voudrais-tu que j'aille mal ? Quel est tout ce bruit derrière toi ?

_ Euh…c'est que…aujourd'hui c'est…je suis chez Amérique…on est le 4 juillet…et…

Le visage d'Angleterre se ferma. Oui, il se souvenait maintenant, la visite impromptue de ce maudit Francis lui avait fait presque oublier la date du jour. Il avait envoyé une carte souhaitant un joyeux anniversaire à son ingrat de fils aîné quand il était encore chez Japon.

_ Je vais très bien, dit-il doucement. Merci d'avoir pris de mes nouvelles.

Après tout, ce pauvre Matthew n'y était pour rien si son frère était un imbécile. Il n'avait pas à subir les retombées de l'amertume de son père.

_ Je…je me suis éclipsé quelques minutes…murmura le garçon. Je…je vais y retourner…maintenant…Si tu veux, tu m'appelles, hein ? Au revoir…

_ Au revoir, Matthew. Et ne t'inquiète pas, tout va bien.

_ Je t'embrasse.

Canada raccrocha, laissant Angleterre tout ému. Finalement, cette journée n'était peut-être pas totalement perdue, puisqu'il savait que son fils pensait à lui…

Une soudaine idée traversa l'esprit de l'anglais alors qu'il levait les yeux vers l'étage. Francis devait savoir la date du jour lui aussi, non ? Était-il possible qu'il…?

Il lui avait préparé l'un de ses gâteaux préférés, avec de la crème anglaise, juste comme il aimait. Il avait prétendu que ses amis étaient occupés, alors que quoi qu'il puisse arriver, ces trois-là étaient inséparables. Que son gouvernement le jette dehors était aussi une excuse bancale quand il y repensait : quoi qu'il arrive, Francis était là où il le voulait quand il le voulait, peu importe ce que les autres pouvaient bien penser, il en savait quelque chose !

Alors…Francis et Matthew s'étaient donné le mot pour ne pas le laisser seul aujourd'hui ? Décidément…

Arthur essuya vivement ses yeux qu'il sentait devenir humides. Il allait falloir qu'il les remercie dans les règles de l'art, ces deux-là. Qu'est-ce qui pourrait bien leur faire plaisir ?

Un fracas épouvantable retentit soudain à l'étage, le faisant sursauter.

_ A quoi tu joues encore ? !

Arthur se précipita dans les escaliers : ce foutu bouffeur de grenouilles avait peut-être des intentions louables, mais il pourrait quand même éviter de mettre le souk dans sa maison !