Personnages : Feliciano/Italie du Nord, Ludwig/Allemagne, mention de Roderich/Autriche, Elizabeta/Hongrie et Empire Romain Germanique
Une vie pour s'aimer
Le vent souffle et ébouriffe ses cheveux. D'un geste de la main, il les repousse de ses yeux et observe la Méditerranée qui scintille sous le soleil. Le paysage est enchanteur, le chant des vagues le calme, l'apaise, le fait vibrer.
La fête en célébration de leur anniversaire, à lui et son frère, bat son plein. Cependant, il s'est éloigné, pour un court instant. Un désir impérieux de se retrouver seul s'était soudainement imposé à lui, et quel meilleur endroit pour se souvenir que le petit kiosque du jardin, surplombant la mer ?
N'étant pas du genre solitaire, le comportement de Feliciano aurait pu inquiéter ses amis, sa famille. Il s'était donc esquivé l'air de rien, adressant des sourires à la ronde pour donner le change.
Non, Feliciano n'est pas malheureux. Il ne se sent pas triste.
Feliciano se souvient, mélancolique. Il se souvient des temps anciens, à l'époque où il était ce petit garçon qu'Elizabeta s'amusait à habiller comme une fille. Une époque où il ne comprenait pas, ne saisissait pas ce qui l'entourait. A l'époque où la musique émanant du piano de Roderich transformait son quotidien en paradis.
A l'époque où il était encore vivant…
Les larmes ne coulent pas des yeux de Feliciano. Sa peine s'est évanouie au fil des années, des siècles, des rencontres…
Il n'a pas oublié. Il ne peut pas oublier. La chagrin est juste différent.
L'image de ce roi est gravée au fond de sa mémoire. Ce petit garçon qui l'avait aimé. Son premier amour, l'ange à qui on avait brisé les ailes, cet enfant éternel qui était parti trop tôt.
Chaque année, Feliciano se souvient. Il se souvient, car il est le seul à se souvenir. Il se recueille lors de ce jour spécial, en l'honneur du courageux guerrier trop tôt parti.
Quand le combat sera fini, je reviendrais te voir.
Il croit à cette promesse. Il est confiant envers ses sentiments. Ce n'étaient pas de simples mots d'enfants, c'était une promesse, une de celles qu'on tient.
Il a disparu. Mais Feliciano attend. Encore et encore. Pour lui, le combat n'est pas fini, pas encore. Il sait qu'il ne reverra son amour que lorsque son combat à lui aura pris fin.
Il ignore quel est ce combat. Il ignore qui est l'ennemi à combattre. Feliciano est patient, il sait que les réponses viendront tôt ou tard. Il faut attendre.
Attendre…Et ils se retrouveront.
Ils auront l'éternité.
Des pas feutrés se font entendre. Feliciano se retourne, curieux, et sourit doucement en apercevant Ludwig. L'allemand vient le rejoindre, un air grave sur le visage.
_ Je ne te voyais plus, je m'inquiétais.
_ Merci.
Le blond s'arrête à la hauteur du petit italien et observe lui aussi la mer.
Leurs mains se cherchent, se rejoignent, leurs doigts s'entrelacent. « Je suis là. » Un simple geste qui veut dire beaucoup. L'italien se réchauffe à la chaleur de son ami. Toutes les barrières ne sont pas encore tombées entre eux. C'est une question de temps. N'ont-ils pas la vie, eux, pour se connaître ? Pour s'aimer ?
Il est certain que si.
_ Bon anniversaire, Feliciano.
