15.
Face aux Huiles de l'Alliance Galactique, Alérian avait rapporté ses dernières démêlées, naturelles et non. Et pour appuyer, un peu, ses dires, il avait déployé ses ailes de Phoenix enflammées d'énergie douce.
- Les Juges vont revenir, très vite. Et je suis l'Amiral de la Flotte de la République Indépendante. J'agirai en tant que tel et en ce que je suis de par mon ascendance maternelle. Je suis prêt à venir à tous les rapports, mais n'entravez pas mes missions. Je servirai l'Alliance Galactique, à ma manière, comme ce fut toujours le cas ! Fin de mon rapport ! Je rejoins les miens !
- Nous vous laissons, Amiral Rheindenbach.
- Merci, fit le jeune homme, surpris de la brièveté de l'entrevue pour laquelle il avait volé durant des jours et des jours !
Se retournant, il menaça.
- Et ne me convoquez plus jamais ! J'ai plus important à faire ! Je suis Amiral de la République, je suis à vos ordres, Ne doutez jamais de ma loyauté ! A présent foutez-moi la paix ! Mais j'ai aussi à rendre compte à de plus hautes instances que vous, et ça me tue à petit feu, donc ne vous inquiétez pas : vous serez un jour débarrassé de moi !
- Où allez-vous ? interrogea un des généraux.
- Je commande un Destroyer. C'est là qu'est ma place ! Et je pourrai diriger la Flotte en étant au plus près des autres capitaines. Voilà comment je compte assurer mes nouvelles responsabilités !
- Comme si nous avions pu imaginer un autre scénario, grinça une parlementaire. Vous ne rentrerez jamais dans les rangs. Ces mêmes rangs que vous servez pourtant avec un dévouement absolu. Bon retour chez vous, Amiral Rheindenbach.
Sorti de l'amphithéâtre, Alérian poussa un profond soupir.
- Etrange, ils ne m'ont pas bouffé tout cru…
- Comme s'ils allaient s'y risquer, gloussa son père.
- Et puis, aucun d'eux ne devait avoir envie de voir des Dragons revenir voler dans leur amphithéâtre, ajouta Warius.
- Oui, je l'ai joué soft en ne montrant que mes ailes de lumière ! pouffa le jeune homme, la tension accumulée depuis des jours se relâchant, le laissant un peu faible sur ses jambes.
- Ca va aller ? s'inquiéta Albator en le voyant pâlir à vue d'œil.
- Maintenant oui ! assura son fils en se reprenant. J'avais vraiment très peur de cette entrevue, des fois qu'ils ne me virent !
- Non, ils ont bien trop besoin de toi, Alie, reprit Warius, très sérieux. Et personne ne te retirera jamais le commandement de ma Flotte, enfin ta Flotte à présent. Tu étincelais déjà, alors là tu vas resplendir comme du vif-argent !
- Tu me flattes, Warius.
- Non, pas mon genre. Je ne me suis jamais compromis, je ne vais pas commencer maintenant, même avec mon petit frère de cœur !
- Merci, Warius. Tu as mené un petit passager clandestin au plus haut poste de ta hiérarchie Militaire, tu m'as offert le plus fabuleux des destins !
- J'y suis un peu pour quelque chose ? remarqua Albator.
- Non ! firent en chœur son fils et Warius.
Le Karyu reparti le premier, le Firestarter et l'Arcadia avaient suivi à quelques heures d'intervalle.
Albator s'approcha de son fils, silencieux dans son fauteuil près de la grande baie vitrée de ses appartements à bord du Destroyer.
- Ça va, fiston ?
- J'aurais aimé rester un peu auprès de Chalandra qui nous avait hébergés, Dana et moi, avant que ma femme ne reparte la première auprès de nos enfants. Le repos n'aura été que de trop courte durée dans ton foyer, mon papa…
- Elle t'aurait bien gardé, et Enysse aussi, mais tes nouvelles obligations ne pouvaient plus attendre.
Alérian leva ses prunelles d'émeraude sur son père.
- Et moi je t'ai encore arraché à ta petite famille !
- Tu n'as rien fait que je n'aurais pas voulu. Et tu es ma famille aussi !
- Comme si je pouvais l'oublier !
- Toujours envie d'être couvé ?
- N'arrête jamais !
Alérian entrant sur la passerelle, toutes les personnes présentes se levèrent pour le saluer, comme à chaque fois qu'il prenait son service. Ensuite, comme tous les matins, Oshryn s'approcha pour son premier rapport de la journée.
- Mais là, c'est moi qui vais t'interroger, Amiral ! Comment vas-tu faire ?
- Je ne vais rien changer à mes habitudes, je suis un commandant de bord avant tout, répondit Alérian qui avait parfaitement compris la question à demi formulée. En revanche, je vais avoir sacrément du boulot en plus pour gérer les vaisseaux et leurs Missions. Ce qui implique que tu auras toi aussi plus de responsabilités pour suppléer à mes manquements.
- Tu ne peux pas être partout, même avec deux cœurs !
- Merci, Oshryn. Ton mari en revanche risque de ne pas apprécier.
- Au contraire, il sait toujours comment me câliner après une sacrée journée de boulot !
Alérian rit doucement.
- Et je te délègue direct du boulot : j'ai à vider un godet avec mon père et Clio ! Ensuite escale pour tous au Metal Bloody Saloon sur notre route, puis nous rentrons chez nous !
Et le regard des deux amis brilla doucement à ces perspectives.
