16.
Avec des barrissements, Bob le colossal Octodian salua l'entrée de ses hôtes qui venaient de passer leur première nuit dans sa station Metal Bloody Saloon IV flambant neuve.
- Bien dormi, les garçons ?
- Difficile de ne pas avoir fait le tour de l'horloge après tous ces godets ! gloussa Albator.
- Et tes amis ? poursuivit Bob.
- Oshryn et son mari doivent encore nager en pleine félicité. Une chambre nuptiale, ils ne s'attendaient pas à ce cadeau pour leur séjour.
- Ils sont mariés depuis longtemps, mais amoureux comme au premier jour ! J'aurais fait de même pour ton père et toi, si vos épouses avaient été de la partie.
- Mon père retrouvera les siens, plus tard, glissa Alérian. Et moi je rentre chez moi. Ces espoirs sont le ciment de nos vies et nous font tenir debout. Merci, pour l'intention, Bob, nous n'en doutions pas ! Et qu'a dit mon père avant mon arrivée au comptoir ?
- La même chose que toi ! Allez, pas de red bourbon en ce matin, mais un solide petit déjeuner pour caler vos estomacs d'Humains !
- Merci, Bob.
- Tous aux tables, rugit le massif Octodian en faisant claquer les paumes de ses quatre paires de bras.
Les servantes de Bob s'étant occupée du service, l'Octodian avait néanmoins tenu à prendre en personne soin de ses invités de marque parmi les plus chers qu'il ait à ses trois cœurs !
- Envie de quelque chose ?
Alérian esquissa un sourire.
- Des frites !
- Avec ton omelette ?
- Et pourquoi pas ? sourit le jeune homme, la mine aux anges et cela n'avait rien à voir avec la biture qu'il s'était prise, tous ses esprits parfaitement retrouvés. Quelques crudités, s'il te plaît. Mais surtout un tonneau de frites ! On est assez rationné sur ce sujet à bord. Je suis trop en manque !
- En ce cas, je vais te servir, mon ami des Dragons !
- Merci, Bob.
Et quelques minutes plus tard, devant un monceau de frites charnues et croustillantes, Alérian se régala. L'air gourmand, goinfre même, ce fut sans restriction qu'il broya du sel sur ses frites et les trempant dans un grand bol de sauce très épicée.
De fait, ravis, le second et l'Officier Scientifique du Firestarter s'étaient présentés devant leur Amiral.
- Merci pour cette pause, Alie. Nous sommes prêts à rentrer chez nous. Et, avec de la chance, notre demande d'adoption aura abouti.
- Quel bonheur. C'est sûr ?
- Non. Nous sommes sur une liste. Et vu notre couple, nous n'avons guère de chances. Nous avons des points de pénalité…
- C'est injuste !
- C'est ainsi, fit simplement Oshryn. Je prends mon poste, Amiral, je le signale dans le Livre de Bord de Demrod. La dernière ligne droite pour le retour dans nos foyers !
- Et je vous ramène chez vous, sourit Alérian. Le Firestarter est le meilleur taxi. Soyez heureux, mes amis, et reposez-vous jusqu'à la prochaine Mission !
- A tes ordres, Amiral !
Bien que son père soit retourné sur l'Arcadia, Alérian fixait Déa, la planète et capitale de la République Indépendante.
- Une planète chère à mes cœurs. Et pourtant, plus que jamais, je sais qu'ils appartiennent à la Terre… Rien ne me retiendra dans mon œuvre d'Amiral, pour la Flotte de Warius !
- Comme si tu aurais pu faire autrement, glissa Lumiane en apparaissant auprès du jeune homme.
- Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je viens de passer près de vingt ans à tenter de trouver ma place et à agir pour la République bien que je continue d'avoir la nationalité Terrienne. Et je vais devoir agir dans un seul sens désormais.
- Tu vas tenir le coup ? s'enquit la Déesse D'Or.
- Je n'ai jamais eu le choix, ou si peu, dans ma vie. Et ce point ne fait pas exception à la règle. Je dois juste tenir le coup, et survivre !
- Et tu excelles en ce domaine, fit la Déesse de la Planète Idéale.
- Merci. A bientôt, mon amie !
- A très bientôt !
La Déesse disparaissant, Alérian se reconcentra sur le vol de son Destroyer qui se dirigeait vers le sol de Déa, le ramenant chez, auprès de sa femme et de leurs enfants !
