Chapitre 6
Ok petit changement de Rating pour ce chapitre, alors zappez le si ce genre ne vous intéresse pas, sans souci ce n'est pas essentiel pour le déroulement de l'histoire.
Au pire vous pouvez allez jusqu'au XXXXXXXXXXXXXXXXXXX qui indique la partie concernée.
Texte co-écrit avec Ta Tchou, encore merci pour vos messages et Review, ils sont toujours très encourageants et nous vont droit au coeur.
Bonne lecture.
Trois jours que Root n'avait aucune nouvelle de Shaw.
Qu'elle était restée au calme dans la planque de Finch et s'était lentement laissée submerger par ce fichu sentiment d'abandon depuis que la Machine s'était à nouveau tue.
Elle savait aussi qu'il était bien trop dangereux pour tous d'essayer de la retrouver mais, au matin du 3e jour, l'attente devint insoutenable, et cette inactivité forcée allait la rendre folle.
Mais au petit jour, elle entendit enfin le léger crachotis familier : sa fidèle alliée répondait à ses suppliques et se décidait à se manifester.
Finch avait bien vainement tenté de la retenir.
"Demandez au moins à Monsieur Reese de vous accompagner Miss Groves !"
Retrouvant ses expressions faciales préférées, Root pencha la tête et lui décocha sa petite moue enfantine.
"Harold, je trouve tellement adorable que vous vous inquiétiez pour moi, mais vous ne devriez pas."
Elle caressa son implant.
"Vous voulez m'avoir à l'oeil, mais à quoi bon un chaperon puisque j'ai votre déesse a à l'oreille ?"
Elle saisit sa veste, son cellulaire, sans oublier son taser bien sûr, et se dirigea vers la sortie de son pas dansant. Au passage elle gratifia Bear d'un câlin et lui confia :
"Elle reviendra bientôt, ne t'inquiète pas.
‒ Puis-je au moins connaître votre plan Miss Groves," paniqua presque Finch ?
Elle haussa les épaules.
"Avec plaisir Harry, mais il faudrait que je sois moi-même au courant. Soyez sage, lâcha-t-elle en s'éclipsant.
Pendant que Root trépignait dans la planque de Finch, Shaw courait les rues de New-York. Lambert n'avait pas menti : les cibles et les missions s'étaient accumulées, laissant peu de temps à l'ennui ou aux états-d'âme, du moins dans la journée.
Contrairement à la Machine, il ne s'agissait ni d'infiltration ni de travail sous couverture.
Samaritain était intransigeant et considérait forcément les cibles pertinentes comme une menace requérant une élimination immédiate.
Jusqu'ici, enlever une vie avait toujours laissé Shaw de marbre. Mais étrangement, chaque nuit depuis son retour, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle n'était ni plus ni moins que redevenue un vulgaire exécuteur nettoyeur au service d'un foutu robot.
Elle n'avait pas su résister à l'envie de s'assurer que Root respectait son confinement, puisque tenter de retenir cette furie c'était comme essayer de mettre des menottes à Shaw. Alors avant chaque mission, munie de son fusil sniper, elle se rendait sur les toits et scrutait l'appartement de Finch et ses environs. Juste pour vérifier qu'elle ne s'était pas débinée. Il lui arrivait même de la contrôler plusieurs fois par jours, lorsque ses déplacements le lui permettaient.
Elle ne fut donc qu'à moitié surprise, perchée sur son toit ce matin-là, de n'apercevoir personne dans l'immense appartement de Finch.
Elle ne sut pas si elle était plus hérissée par une nouvelle et probable escapade de Root, ou terrifiée à l'idée d'une descente de ses nouveaux collègues chez Finch. Elle vérifia rapidement d'éventuels signes de lutte ou de kidnapping. Mais cette incertitude quant à la situation de Root la rendit insupportablement nauséeuse. Cette foutue tarée avait le don de lui déclencher une multitude de réactions incontrôlables qui, décidément, l'enrageaient plus que tout.
Et la pister maintenant que la Machine était à nouveau branchée allait encore être vachement simple !
Hors de question d'écumer tous les parcs d'enfants de la ville à la recherche du nouveau déguisement sous lequel elle s'était glissée. Lambert ne l'avait pas encore contactée. Elle hésita à un instant, puis remballa son fusil et descendit des toits.
Réfléchir, vite. Ne pas attirer l'attention de Samaritain, et surtout espérer que Root n'ait pas eu l'inconscience de se lancer à sa recherche. Il aurait par ailleurs été dangereusement stupide et stupidement dangereux d'entrer en contact direct avec Finch ou Reese.
OK. Fusco.
Son téléphone sonna alors qu'elle arrivait en bas de l'immeuble. Elle secoua la tête, prit une inspiration et décrocha. Elle devrait remettre sa visite au détective aux costumes douteux à plus tard.
Le visage de Root s'illumina en arrivant devant l'hôtel Hilton de New-York. Elle y entra et se dirigea directement vers la réception.
"Tu peux me faire des surprises comme celles-ci quand tu veux," murmura-t-elle à la Machine.
"Bonjour, une réservation au nom de Bridget Stones."
Une jeune femme blonde lui sourit et pianota sur son ordinateur.
"Mais bien sûr." Elle releva ensuite la tête, semblant chercher quelqu'un. Un peu déroutée, elle tendit la clé à Root.
"Voici."
Root regarda la clé électronique que lui avait tendue la jeune femme et son sourit s'agrandit encore plus.
"Hum, intéressant" Sur le porte-clé king size était indiqué en relief : Suite Nuptiale.
Shaw avait passé l'après-midi à s'occuper d'un cartel mexicain spécialisé dans l'armement.
Un combat loyal à cinq contre un. Elle avait pris soin d'en garder deux en vie pour finir le travail "à la main". Elle était pleine de frustration et de colère depuis ces derniers jours ,et il fallait l'extérioriser d'une façon ou d'une autre.
Mais cette petite séance de bottage de fesses n'eut pas l'effet escompté. Shaw ne se sentait pas du tout détendue. Elle contacta ensuite Lambert pour qu'il envoie une équipe de nettoyage.
Après s'être assurée qu'elle n'aurait plus personne à descendre pour la fin de la journée, elle put reprendre les recherches sur sa brune excentrique. Elle se rendit donc au commissariat du 8e. Pourvu que Fusco y soit... Ces foutus Latinos lui avaient déjà fait perdre assez de temps.
Le détective mâchait distraitement un burritos à son bureau en fourrageant dans une pile de paperasses.
Shaw s'installa directement sur la chaise qui lui faisait face.
"Salut Lionel."
Il leva la tête et, tel maître Corbeau, ouvrit un bec aussi large que les yeux et manqua laisser tomber sa proie, offrant à Shaw une belle vue sur sa bouchée à moitié mâchée.
Il déglutit et se leva lentement, une expression de surprise complètement comique sur le visage.
"Elle avait raison, on peut pas tuer ton genre de chat, murmura-t-il…"
Mais ses yeux pétillants trahissaient autant de joie que de soulagement, ainsi qu'un vénérable respect.
"Discrétion Lionel," fit Shaw en jetant un oeil aux caméras derrière lui. "Je ne veux pas attirer l'attention. Je vais avoir besoin de toi."
Fusco se rassit maladroitement et posa sa mangeaille sur le bureau.
‒ Ça a un rapport avec 'CocoPuffs' ? Tu sais qu'elle a été insupportable après... enfin tu sais.
‒ Pas comme si elle l'avait jamais été. Mais elle a disparu de chez Finch, et j'ai besoin de savoir dans quoi elle s'est encore fourrée.
‒ Je regarde ça. Comment je te contacte ?"
Shaw ne put empêcher de montrer toute son affection dans son sourire . Ce sacré briscard avait pigé au quart de tour et resterait toujours aussi fiable et efficace.
"Tu as un vieux Talkie qui traîne ?"
L'inspecteur fouilla dans son tiroir pour en sortir deux Talkie-Walkie.
"Tiens, mais ce sont des ondes courtes.
"Je serai pas loin. Au moins ils ne pourront pas remonter tes infos".
Elle saisit l'un des appareils et se leva.
"Merci Lionel."
Elle lui adressa un rapide regard reconnaissant. Il se leva à son tour et se rendit confusément compte qu'il se tenait presque au garde-à-vous devant cette incassable auxiliaire de la Machine qui, bon sang, s'était faite truffer de plomb pour leur sauver la peau.
"Quand tu veux," maugréa-t-il, gêné, en cherchant son cellulaire.
Lorsque Shaw arriva devant le Hilton, elle considéra son sempiternel pantalon para et son sweat-shirt noir, et fit la grimace. On ne la laisserait jamais passer la porte dans cette tenue. Elle leva les yeux au ciel et se mit en quête d'une boutique adéquate.
Fusco lui avait indiqué quelques heures plus tôt que Root s'était montrée à l'hôtel au début de l'après-midi et n'en avait pas bougé.
Lorsqu'elle revint habillée plus convenablement pour les lieux, elle s'arrêta brièvement devant l'entrée du bar-restaurant. Root y sirotait un cocktail, tranquillement assise au comptoir.
Et une Shaw stupéfaite écarquilla les yeux en détaillant la robe de soirée plutôt courte et les talons de la grande brune qui soulignaient ses jambes interminables enroulées comme des pythons autour des montants du tabouret.
La violence du désir qui lui embrasa le ventre lui coupa le souffle. Cette fois il faudrait plus que les baisers stratosphériques dont Root avait le secret pour l'apaiser.
Respirant un peu trop rapidement à son goût, elle parvint à se glisser à une table assez éloignée du bar en prenant garde à ne pas se faire repérer par Root qui semblait attendre quelqu'un, à moins que jouer les tentatrices dans les hôtels de luxe ne soit dans ses habitudes ? Il allait vraiment falloir qu'elle prenne vraiment le temps de vraiment la connaître. Quelle mission avait bien pu lui assigner la Machine qui justifiait cette mise à éblouir la plus aguerrie des sociopathes ?
"Sameen…" murmura Root qui recevait en direct les images que lui transmettait la Machine. Elle put donc admirer sans être inquiété une Shaw vêtue d'une longue robe noire fendue, galbant sa merveilleuse poitrine et relevant ses courbes parfaites, et dont la longue chevelure auburn retombait sur ses épaules dénuées. Elle affichait cet adorable air grognon qui faisait à chaque fois chavirer son coeur.
Elle souriait en caressant du pouce l'écran de son smartphone. Le barmaid vaguement grisonnant qui en était à sa deuxième tentative d'approche dans un flirt bas de gamme contrastant avec les lieux, sentit ses instincts de chasseur vivement stimulés. En observant les vaines tentatives du pauvre homme, Root se souvint sans rougir qu'elle avait usé du même bagou, deux ans auparavant, pour faire fléchir son inflexible brunette.
"Peut-on vous servir autre chose ? Offert par la maison bien entendu," crut-il utile de préciser en ponctuant sa phrase par un clin d'œil supposément aussi dévastateur que son sourire.
Root se contenta de lui répondre poliment.
"C'est gentil mais je dois garder les idées claires."
Mais l'homme continua sur sa lancée en se rapprochant de plus en plus.
N'importe quelle autre que Shaw aurait froncé les sourcils, grincé des dents et lacéré la table de jalousie, mais regarder Root se débattre avec le barmaid était plutôt divertissant, voire amusant. Et de toute façon, barmaid de luxe ou pas, c'était elle que Root teasait sans relâche, et elle avait furieusement envie de faire l'objet de ses provocations outrancières. Là. Tout de suite.
Root recula félinement et fixa la caméra au-dessus du bar. Elle était en connexion permanente avec le système de sécurité d'excellente qualité de l'hôtel et avait clairement pu voir le regard enflammé de Sameen.
"On dirait que votre numéro de Don Juan a attiré l'attention - pour rester mesurée - de mon amie." Elle appuya son sourire.
"Pourriez-vous s'il vous plaît garder ceci ?" dit-elle en faisant glisser lascivement son sac sur le comptoir, les mains suivies par le regard hypnotisé du pauvre homme.
Elle se leva doucement du siège et se dirigea vers les toilettes de l'hôtel.
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A revoir Root (et cette fois autrement qu'à travers cette maudite lunette de sniper) Shaw s'était sentie comme balayée par un souffle crépitant qui vivifiait chaque cellule de son corps. Se tenir à distance depuis plusieurs jours alors que tout son être ne lui réclamait que le contact était devenu impossible, invivable, in... gérable.
Bien sûr, l'avoir découverte dans une telle tenue n'avait absolument rien apaisé, et Sameen tentait de retrouver une quelconque emprise sur son mental surchauffé qui ne parvenait pas à repousser cette image.
Il fallait qu'elle reste centrée. Qu'elle comprenne pourquoi Root avait quitté la planque et quelle mission forcément absurde cette fichue Machine lui avait encore assignée. Parce qu'il ne devait, il ne pouvait s'agir que de ça.
Une mission, se répétait-elle en fixant la porte par laquelle Root avait disparu.
Toujours hypnotisée, comme aimantée et le regard encore brouillé par la stupéfiante beauté de cette trop désirable psycho, elle ne se rendit compte qu'elle l'avait machinalement suivie qu'une fois la main posée sur la poignée de la fameuse porte.
Evidemment, Root l'attendait, appuyée bras croisés sur les lavabos, et évidemment qu'elle affichait cette expression mi-moue mi-sourire d'où ne pointait pas la moindre surprise. Cette perpétuelle espièglerie qui retournait le coeur de Shaw et se révélait être, finalement, un furieux stimulant sexuel.
Evidemment qu'elle reconnut cette demande dans ce regard enflammé.
Evidemment qu'elle sut voir l'appétit dans la posture diaboliquement lascive de ce corps qu'elle avait plus d'une fois soumis, exploré, conquis, dévoré.
Et ces yeux. Toujours ces grands yeux couleur de temps qui la convoitaient, constamment, sans arrêt, tout le temps.
Et comme sa volonté s'essouflait, courbait puis abandonnait devant ce désir incessant, obsédant.
Elle lutta une dernière fois, mais déjà vaincue, avec ses pulsions, batailla pour ne pas céder aussi facilement, systématiquement à ses envies. A leurs envies.
Elle réussit toutefois à se souvenir des raisons de sa présence à l'hôtel et attaqua sans préambule :
"Tu étais censée rester au repos chez Finch et tu t'es encore évaporée.
‒ Ca faisait si longtemps que tu ne m'avais pas grondée Sameen, susurra Root... mais elle m'a donné une mission.
- Qui concerne un barman dans un hôtel cinq étoiles ?"
Root, bien consciente de son effet, prit un air exagérément adolescent :
"Jalouse ? taquina-t-elle doucement"
Shaw la considéra, interloquée par une telle idée.
Le regard de Root se fit ouvertement provoquant alors qu'elle fit mine d'avancer vers la porte et ajouta langoureusement :
"Fini de me sermonner, Sameen ? J'ai du travail qui attend..."
Sur le champs, Shaw claqua la porte, la verrouilla et se jeta furieusement sur Root, la repoussant vers les lavabos et pressant immédiatement son pubis contre le sien. Elle loua sa petite taille qui lui permit, dans cette empoignade, de chercher en roulant des hanches à atteindre un certain point sensible dans l'intimité de celle qu'elle assaillait avidement, qu'elle sut avoir trouvé quand Root, enfonçant la main dans ses cheveux, l'embrassa profondément tout en se hissant sur les lavabos et, remontant précipitament sa robe, s'ouvrit davantage pour accentuer le contact.
Complètement affolée, Shaw ne sut pas lequel de leurs coeurs battait le plus fort, dans ce fracas de percussions qu'elle sentait entre leurs poitrines. Elle paniqua de leur impossibilité à se déshabiller, à même froisser leurs robes, à sortir des toilettes échevelées, au temps rageusement court qui leur était imparti.
Root ne s'était pas attendue à ce que Sameen, qui avait toujours subi ses attaques, prenne ainsi les devants, mais son corps se pressait maintenant contre elle, l'obligeant à se cramponner au lavabo pour encaisser la soudaineté de l'assaut.
Tout ça devait évidemment aller vite, trop vite à leur goût, mais l'urgence implorante de leurs corps leur avait-elle laissé le choix ? Root sentit la main de Shaw glisser sous son sous-vêtement, et attendre là, à l'entrée de son ventre, comme un accord. Elle empoigna la main fermement résolue de Shaw et la guida en elle, l'invitant à prendre possession de son corps, elle se cabra d'avantage pour accompagner le mouvement au plus profond d'elle.
Shaw entreprit alors de l'explorer lentement de façon très appuyée, quand elle entendit Root lui intimer dans un souffle à l'oreille :
"Remplis-moi encore plus, Sameen…"
...qui s'exécuta et répondit immédiatement à la divine supplique de son amante.
Etait-ce son savoir-faire, l'extrême réceptivité de Root ou le côté complètement inattendu de leur rencontre ? Les hanches de Root se déchaînèrent sous la main de Shaw, qui aurait tout donné pour la regarder, en cet instant, jouir dans ses bras, admirer ce précieux visage s'abondonner sous sa caresse. Mais Root préféra, peut-être par pudeur, ou pour ne pas ameuter tout l'hôtel, étouffer les cris de sa libération dans son cou.
Shaw resta immobile quelques instant, lui laissant le temps de s'apaiser après s'être délivrée. En voyant son propre visage rougi et souriant dans le miroir, elle eut l'impression saisissante qu'il s'agissait de quelqu'un d'autre.
Elle se retira doucement de Root, sans rompre le contact de leurs corps. Root vibrait encore.
Elle dégagea lentement son visage du cou de Shaw avec un mélange de peur et de plaisir à découvrir l'expression de son amante. Elle ne vit qu'un sourire sur ses lèvres, ses pommettes écarlates, et ses grands yeux flamboyants qui la regardaient tendrement.
Elle caressa son visage et l'embrassa doucement. Puis elle l'interrogea intensément du regard.
"Tu peux me gronder encore un peu ?" Un immense sourire s'était dessiné sur son visage.
Pour la première fois, Shaw ne roula pas des yeux.
