Hey ! Comment ça va ? Moi moyen... Fatiguée !

Mais bon, je vous poste ce petit chapitre numéro trois. J'espère qu'il vous plaira :)

Bonne lecture !


Lys écarlate

All you needed


3/Comportement suspect

Mardi.

Fantastique...

Il ne restait que deux séances d'entraînement avant le grand départ. La ligue avait sécurisé une zone vers Manchester, qui était donc notre nouvelle étape.

Affronter les Ecossais n'allait pas être une partie de plaisir. Ils étaient réputés pour leur utilisation des Cognards à leur avantage pendant les matchs. Stir et Alan allaient avoir du travail...

Je m'extirpai des couvertures et me livrai à ma routine matinale avant de transplaner vers le Cardiff sorcier et le quartier général de mon équipe, les Cardiff Falcons.

J'étais le premier à arriver. J'étais aussi le capitaine et seul célibataire de l'équipe. Même cet imbécile de Stir avait une copine...

Hannah.

Je me rappelais très bien d'elle, de quand elle était à Poudlard. La petite blondinette toute timide et discrète, troisième cible préférée de mes acolytes. Première place : Weasley (lesquels ? devinez...).

Mais Hannah ne semblait pas s'en souvenir, ou alors elle n'y accordait pas d'importance, ou alors elle m'avait pardonné, ou alors elle préparait une vengeance, ou alors... Marcus ! Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Règle numéro deux : on ne montre jamais à un coéquipier qu'on lui envie d'être en couple ! Et on ne s'intéresse jamais à la copine d'un coéquipier ! Espèce d'idiot ! Ressaisis-toi !

Exhortation mentale... Considérée comme un signe de folie par mes coéquipiers, moi en premier. Décidément, depuis ma rupture avec Ellen, rien n'allait plus...

Les portes s'ouvrirent. C'était Monsieur Spark, l'entraîneur, plongé dans ses documents.

- Bonjour, le saluai-je

Il releva la tête, me remarqua, devint pâle, se hâta de ranger ses documents dans sa poche et bredouilla un bonjour très maladroit.

- Vous vous sentez bien, Monsieur ? lui demandai-je très suspicieux à cause de son comportement

- Mais oui, Marcus, bien sûr ! Tiens d'ailleurs, on a reçu l'heure de départ du Portoloin, ça t'intéresse ?

Classique, le coup du détournement de conversation... Ce type n'avait sans doute pas été un Serpentard ou il aurait été plus astucieux. Ce coup ne doit être utilisé que par les maîtres en la matière -moi- et personne d'autre ou ça devient trop évident. Décidément, Spark avait beaucoup encore à apprendre.

- Dites toujours, répondis-je

- Euh...

Il sortit un autre document de son autre poche, soigneusement plié et portant le cachet de la Ligue.

- Dix heures vingt-et-un ! annonça-t-il

- Donc rendez-vous à neuf heures et demie ici, calculai-je

- C'est exact.

Il essuya la sueur de son crâne chauve avec un mouchoir. Il avait le regard fuyant et embarrassé, clairement un comportement suspect...

Les portes s'ouvrirent à nouveau. C'était le Poursuiveur Dylan Lloyd.

- Ah ! Dylan ! s'exclama Spark. Je disais justement à Marcus qu'il fallait aller vous préparer en vitesse ! Plus de minutes à perdre.

Je lui lançai un regard effaré qui intrigua mon coéquipier. Nous nous hâtâmes de rejoindre les vestiaires pour nous changer.

Tandis que je finissais d'enfiler mon maillot, Lloyd s'approcha et s'assit sur le banc à côté de moi :

- Spark m'avait l'air un peu pressé.

- Il est bizarre depuis ce matin...

- Peut être que c'est le stress de la compétition. Inutile d'alarmer toute l'équipe.

Je ne répondis pas. J'avais l'intention de suivre Spark à la trace toute la journée. Il m'avait décidément mis la puce à l'oreille.

Je pris ma gourde et portai le goulot à mes lèvres.

- Dis Flint ? La fille d'hier c'est ta nouvelle copine ?

Je m'étranglai et recrachai toute l'eau qui se trouvait dans ma bouche :

- Non ! C'est la copine de Stir !

- Et la règle numéro un ?

- Ecoute, Lloyd : c'est une... amie de Poudlard que je n'avais pas vu depuis longtemps, alors je discutais.

Pitoyable demi-mensonge mais mon coéquipier l'avala sans faire d'histoires.

Les autres commencèrent à arriver les uns après les autres. Au bout d'un quart d'heure toute l'équipe était dans le vestiaire.

L'entraîneur arriva, tranquille, sa façade recomposée et parfaitement crédible. Si ce n'était pour moi. Il se mit à nous donner les dernières instructions avant une journée qu'il appelait impitoyable. Tout le long de son discours, je le fixai. Et il le sentit. Il me lançait régulièrement des coups d'oeil inquiets. Mais je demeurais inébranlable, ne le quittant pas des yeux, observant tous ses infimes mouvements tandis que j'écoutais ce qu'il avait à dire.

Il nous communiqua l'heure du départ en Portoloin, le rendez-vous ici, le nombre de personnes par chambres et le noms des éminents personnages qui assisteraient à nos matchs.

- Tout est compris, les garçons ? Parfait ! Alors, c'est parti : tous sur le terrain !

Nous nous levâmes sans un mot, attrapâmes nos balais et nous dirigeâmes vers la sortie.

- Marcus ! m'interpela Spark. Je peux te parler une minute ?

Je soupirai discrètement puis suivit l'entraîneur hors du vestiaire.

- Tout va bien ? demanda-t-il. Tu m'avais l'air un peu bizarre tout à l'heure pendant que je parlais. Est-ce que c'est à cause d'hier, de votre dispute ?

- Personne ne s'est disputé hier, Monsieur. J'étais juste nerveux et intolérant.

- Ah... J'espère que ça va mieux.

- Oui Monsieur.

- Bon. Va sur le terrain. Si il y a quoi que ce soit, n'hésite pas à me le dire.

Je hochai la tête silencieusement puis partis rejoindre mes camarades.

Une dure journée s'annonçait.


- Une demie heure de pause repas !

L'annonce sonna comme une bénédiction.

J'étais affamé. Un jour Ellen m'avait dit "comment peut-on être affamé ? Ce n'est que monter des balais...". Sauf que rester sur le balai c'est pas facile, ma belle.

Un brusque accès d'amertume s'empara de moi alors que je déballais mon repas.

Célibataire.

Le mot que je haïssais le plus en ce moment.

Avec aussi "célibat".

En parlant de ça, Stir vint s'installer à côté de moi :

- Hé ! fit-il en mordant dans son repas de nature indéfinie. Pas trop épuisé ?

Je ne répondis pas, me contentant de dévorer mon déjeuner.

- De quoi vous parliez avec Hannah ?

Je manquai d'avaler de travers. Stir s'alarma et me regarda comme si je venais de mordre dans un gnome.

Notre Attrapeur me sauva la vie en s'incrustant :

- Hey ! Vous avez entendu ? Les chambres seront de deux plus une de trois parce qu'on est sept. Vous savez déjà qui sera votre camarade ?

- Gil m'a demandé, répondit Stir. J'ai accepté comme ça on sera deux Batteurs. Et vous ?

- Je pensais à Lloyd... marmonnai-je en priant Merlin pour que Stir oublie sa question sur Hannah

- Quoi ? fit l'intéressé -assis à un mètre de moi-

Je lui expliquai et il accepta avec enthousiasme. On s'entendait assez bien tous les deux. Il avait été à Poudlard, un an après moi. C'était un Serpentard aussi.

Peu désireux que Stir engage à nouveau la conversation, je me fis accompagner par Lloyd aux vestiaires.

La pause se termina peu après. Et l'après-midi fut mortellement épuisant.


Lloyd et moi sortîmes en avance, après nous être bien étirés, et en discutant des dernières performances des Anglais.

- Tu te rends compte ? Ils ont de très fortes chances de dépasser le record du monde !

Les dernières nouvelles communiquées par la presse sportive nous avaient un peu démoralisés. Effarés aussi : cette équipe n'avait que trois ans et était déjà très loin.

Hannah était là.

Plongée dans ses notes comme hier. Mais elle nous entendit parler et redressa la tête quand nous entrâmes dans le hall.

Elle se leva et vint à notre rencontre. Lloyd grimaça, s'excusa, me salua et partit en vitesse.

Hannah me fit la bise puis me demanda, confuse :

- J'ai fait quelque chose de mal ? Il avait l'air mécontent de me voir...

- C'est... C'est Lloyd, mon camarde Poursuiveur. C'est juste que...

Je ne pouvais pas lui servir l'histoire des copines ou elle n'accepterait plus de me voir, de peur qu'il m'arrive quoi que ce soit parce que j'en avais brisé... Quatre.

Règle numéro cinq, Marcus : on ne reste pas complètement seul avec la copine d'un coéquipier.

- Juste que ?

- Qu'il était pressé. Il devait rejoindre sa famille à Bristol ce soir.

Mensonge terrible.

- Ah...

Elle ne semblait pas convaincue.

- Sinon ? demandai-je pour couper court à la question. Comment ça va ?

- Bien... Enfin, quasiment. Physiquement, je vais bien. Je suis juste un peu inquiète à cause de cette maladie étrange. Le ministère refuse que l'information soit divulguée. Je pense qu'ils savent quelque chose de plus sur ces nouveaux microbes. Mais bon, je ne vais pas t'ennuyer avec mes bêtises. Comment tu vas ?

- Absolument démoli, démonté, explosé, démantelé... Enfin, bref : je rends l'idée. Et en plus...

Je me bloquai. J'hésitais à lui parler de Spark : ça ne la concernait pas, mais j'avais gardé ça pour moi toute la journée...

- En plus ?

- Ecoute, ne le dis à personne mais... Je trouve mon entraîneur un peu étrange et je pense qu'il n'y a pas que le ministère qui ait des choses à cacher.

Hannah acquiesça, comme si elle voyait très bien de quoi je parlais.

- Pas un mot à Stir, insistai-je

- Tu peux l'appeler Peter.

- Pas envie.

- Dis surtout que tu ne l'aimes pas.

Je grimaçai. Elle avait pris de l'assurance. Elle n'était plus aussi craintive avec moi.

- Ne t'en fais pas, me rassura-t-elle. Moi aussi je le trouve moins que parfait. Mais je lui fais confiance et je l'aime. Alors tout va bien.

- Si seulement c'était si facile, Hannah.

Je lui lançai un regard triste. Elle esquissa un geste pour répondre mais le bruit de la porte des vestiaires m'alarma :

- Je vais y aller, on se verra demain.

Je fis un geste que je regrettai aussitôt : lui fis une bise sur les cheveux ; et détalai en vitesse.

J'étais fou ! Fou !

Règle douze Marcus : on ne fait pas de confidences à la copine d'un coéquipier.

Un fois chez moi, je m'affalai sur mon lit, tous mes os criant leur douleur.

Tout à coup, une forme bleuâtre apparut dans mon champ de vision. Un Patronus. Un lynx.

Vasco.

Je me redressai :

- Frangin ?

La voix de mon petit frère émana de la forme bleue :

- Hey Marc' ! Comment ça va ? On a reçu ton invitation pour la compétition. Je serai là, et Père veut te présenter à sa nouvelle copine.

Copine ?

- Au fait, j'espère que tu n'as pas entendu des dernières performances des Anglais ou tu risques de te terrer sous tes couettes jusqu'à la fin de la Coupe du Monde. Allez ! À bientôt frangin !

La silhouette féline s'évanouit tandis que je m'effondrai.

Même mon père avait une copine ! Le monde m'en voulait ! La seule fille avec qui je pouvais parler était déjà en couple avec mon Batteur remplaçant, donc j'étais tenu par dix règles de ne pas m'approcher d'elle à moins de cinq-cent mètres.

Bravo Marcus.

Tu sais t'y faire avec les règles...

Je me levai paresseusement. La perspective d'un repas au bar sorcier de Cardiff me séduisait particulièrement.

Et par Merlin ! Je n'en pouvais plus ! Je pouvais me permettre une sortie !

Seul.

Mais une sortie.

Peut être que la solution à mes problèmes y serait.


J'étais presque arrivé quand je croisai une bande de jeunes riant aux éclats. Et l'un d'eux m'était très familier.

Stir.

Peter Stir.

Deux de ses amis étaient visiblement ivres, et si le dernier ne l'était pas, alors il devait être drogué à l'air.

J'accélérai. Par chance, Stir ne me vit pas.

Je pus rejoindre le bar et dîner tranquillement.

Pourquoi dîner à six heures ? Pour tuer l'ennui.

L'ennui mortel qui m'accablait depuis ma rupture avec Ellen.

Ellen...

Sale coup, ce que tu m'as fait... Un jour je te montrerai ce que ça fait. Tu verras combien j'ai souffert. Pardon : combien tu m'as fait souffrir.

Faire connaître les sentiments à un Serpentard est une chose très difficile que tu as réussie. Mais quitter un Serpentard amoureux -wow!incroyable!- pour un crétin charmeur et riche est une erreur qui ne reste pas impunie.

Tu verras.

Parce que tu seras là.

Je le sais.

Tu verras...


Bon... Vous êtes arrivés jusqu'au bout ? Encore une fois, c'était du blabla, pareil pour le chapitre quatre. Les lecteurs/lectrices de Et j'ai souri... auront reconnu un personnage. Vasco Flint est encore et toujours là. Pour de vrai. Il ne tardera pas à venir en personne face à son frangin.

Alors ? Est-ce que ça vous a plu ? À votre avis : que fabriquait Spark ? Qu'est ce que Marcus insinue pas "je le sais, tu verras" ? Il faudra patienter encore un chapitre avant de savoir ^^

Laissez-moi une review pour savoir ce que vous en pensez !

À bientôt !

ACSD