Hey ! Comment allez-vous ?
Je tiens à remercier spécialement toutes les personnes qui ont reviewé et si des gens ont lu sans le faire, voici un petit mot : n'hésitez pas à prendre une minute de votre temps pour reviewé parce que c'est d'une grande aide pour l'auteur, et si vous l'êtes vous-mêmes vous comprendrez.
Donc voilà, voilà, le chapitre 4 ! J'espère que vous l'aimerez :)
Bonne lecture !
Lys écarlate
4/La faiblesse d'un serpent
Il était six heures du matin quand je me réveillai brusquement.
Un rêve...
Seulement un rêve...
Les visages flous s'estompèrent lentement tandis que ma respiration ralentissait.
Je me levai pour aller manger quelque chose. J'avais rêvé d'Ellen. Et d'Hannah. Toutes les deux me laissant seul. M'abandonnant. Encore...
J'avalai mon petit déjeuner en moins de cinq minutes, prenant à peine le temps de mâcher.
J'avais du temps avant d'aller au quartier général. Plus d'une heure.
Je me préparai en vitesse puis mis mon sac en bandoulière et sortis de chez moi, sans oublier de fermer la porte à clef.
Je ne croisai personne dans les rues. Il ferait relativement beau aujourd'hui. Mais il était un peu tôt pour trouver des allées bondées.
Je me promenai une petite heure puis transplanai au quartier général. Il était fermé, personne n'était là. Je sortis la clé -dont Spark et moi étions les seuls détenteurs- et ouvris. Je pris ma baguette et allumai toutes les lumières.
Je me dirigeai vers le trou par lequel on recevait la poste. D'habitude, Spark s'occupait du courrier mais vu que j'étais très en avance, autant valait s'en charger. Je récupérai le contenu de la boîte aux lettres.
Le quotidien sportif, une lettre de la Ligue et de la publicité pour les nouveaux balais.
Je manquai de m'étrangler en regardant la une du journal. MacLaggen et son sourire à trente-deux dents trônait sur la photo mobile. C'était une interview de lui avant les compétitions pour le Royaume-Uni. Le lionceau suicidaire était devenu le favori des fans de Quidditch.
Je déposai le courrier sur la table et restai une longue minute à le fixer, sans savoir quoi faire. J'attrapai la lettre de la Ligue et l'ouvris pour la lire.
Monsieur Spark,
Nous vous indiquons ici les dernières informations qu'il nous fallait vous faire parvenir.
À votre arrivée au bâtiment, vous trouverez un comité d'accueil composé de cinq membres de l'équipe d'organisation de la compétition. Ils vous expliqueront le déroulement de la journée avant les premiers matchs et vous ferons visiter les appartements de votre équipe et le bâtiment des sportifs.
Votre Poursuiveur Marcus Flint devra se présenter jeudi à onze heures dans la salle de conférence du bâtiment des sportifs pour une interview des capitaines des quatre équipes, avec la grande journaliste sportive Ellen Richards.
Vous-même êtes attendu pour un entretien avec Ellen Richards et les entraîneurs des autres équipes.
Cordialement,
Ronald Weasley et Sara Williams du Département des Sports du Ministère de la Magie.
Fantastique... Un presque tête à tête avec Ellen...
Quoi de mieux pour commencer notre séjour sportif à Manchester ?
Fantastique... Vraiment...
Mes coéquipiers arrivèrent au compte-goutte un quart d'heure plus tard. Nous y étions tous les sept mais il manquait quelqu'un et tout le monde se demandait où il était passé.
Oui.
Spark.
Il n'était pas arrivé. D'habitude, il était premier voire deuxième ! Jamais dernier...
Encore quelque chose à ajouter à ma liste des choses suspectes chez notre entraîneur.
En attendant, mes six coéquipiers faisaient un bruit assourdissant. Ils hurlaient pour parler et se disputer les uns les autres. L'absence inexpliquée de Spark avait ouvert les vannes. Le stress leur faisait perdre les pédales.
J'inspirai un grand coup. J'étais le capitaine de cette équipe.
- Silence ! hurlai-je
Lentement, ils se tournèrent vers moi.
- Spark va m'entendre quand il rentrera ! Cette équipe va demain en sélection pour la Coupe du Monde ! Mais pour l'instant, nous pouvons nous débrouiller sans lui. Allez ! Dans les vestiaires ! On se retrouve sur le terrain dans cinq minutes.
Je vis quelques sourires narquois apparaître sur leurs visages.
- Quoi ?
Ils se dirigèrent vers les vestiaires en riant discrètement.
- Tu aurais dû faire ça bien avant, sourit Lloyd avant de disparaître de mon champ de vision
Stir avança vers moi. Il ne riait pas. Il avait l'air un peu effrayé, craintif.
- Quoi ? sifflai-je
- Je voulais savoir si on pouvait parler ?
Je soupirai. Je n'allais pas pouvoir y échapper...
- À la pause, Stir. On a déjà eu assez d'imprévus comme ça, pas question d'avoir plus de retard. Tout le monde dans les vestiaires ou vous faites cent pompes !
Stir fit la grimace et partit se changer. J'attendis quelques secondes avant de le suivre.
- Plus vite, plus vite, plus vite ! Oui ! Vas-y, c'est ça ! Plus vite !
Stanley accéléra encore plus. Il dépassait largement sa vitesse maximale.
- Tu vas le détruire, m'avertit Martinson. Trouver un nouvel Attrapeur pour demain va être compliqué.
Je soupirai avant de hurler à Stanley :
- Stop ! Arrête-toi, c'est bon !
Il m'eut l'air plus que content de ralentir son balai. Il vola jusqu'à nous en souriant stupidement :
- T'es dingue, Flint...
- C'est le stress, le rassura Lloyd
Je n'ouvris pas la bouche. J'étais dans un tourbillon d'émotions différentes. J'étais dans une colère noire contre Spark, je m'en voulais personnellement de ne pas être capable de mener cette équipe comme j'avais en tête, mais il y avait aussi la concentration et la tension. Plus que quelques heures d'entraînement : l'étape suivante était Manchester.
- Flint... m'appela le Batteur Alan. C'est midi moins quart. On peut avancer la pause d'un quart d'heure ?
- Non ! Etirements avant !
- Je sais... Je n'avais pas oublié...
Oui, j'étais un maniaque des étirements, et alors ?
- Flint ?
Je n'eus le temps de sortir mon repas de mon sac : Stir devait absolument me parler apparemment.
Je soupirai :
- J'arrive...
Je me levai à contrecœur et suivis Stir hors du terrain, sous le regard de nos coéquipiers.
Une fois seuls dans les vestiaires, face à face, je croisai les bras :
- Bon ? Alors ? le pressai-je
- Alors... Je... Je voulais m'excuser.
Je levai un sourcil interrogateur, ne comprenant pas de quoi il parlait. Et je n'avais pas de temps à perdre avec lui.
- Désolé... Je sais que tu es fâché contre moi. Mais j'ai pensé que pour une compétition de ce genre, il valait mieux être en meilleurs rapports.
- Je ne suis pas fâché contre toi, mentis-je
- Alors pourquoi tu me traites aussi mal ?
Bonne question...
- C'est pas que tu es amoureux d'Hannah ?
Choqué, je restai immobile pendant quelques secondes avant d'éclater de rire :
- Mais qu'est-ce que tu racontes ? Amoureux d'Hannah ? Non, tu fais fausse route. Ce n'est pas mon type...
- Je ne sais pas, moi... Comme ça a commencé après vos retrouvailles...
- Je ne suis pas amoureux d'Hannah.
J'inspirai pour lui servir un gros mensonge :
- Je suis un ex-Serpentard. Les Serpentard ne tombent pas amoureux.
Je vis sur son visage qu'il y croyait :
- Un Serpentard ? C'est drôle... Je n'aurais pas dit.
- Quoi ? Tu m'as pris pour quoi ?
- Je ne sais pas... Un Serdaigle ou... Un Gryffondor.
- Hé ! Je ne suis pas un de ces lionceaux suicidaires dérangés !
- Ne te vexe pas ! Je disais juste comme ça...
- Bon, très bien. Problème réglé. Maintenant je vais manger, je meurs de faim !
Je le laissai en plan pour revenir sur le terrain vers mon sac. Déjeuner salvateur !
- Pas de nouvelles de Spark, annonça Martinson en revenant aussi
Le troisième Poursuiveur était allé voir si on pouvait retrouver notre entraîneur. Apparemment, personne ne l'avait vu.
- Fantastique... maugréai-je en serrant les poings
- Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ? se demanda Lloyd. Pourquoi nous laisser en plan le dernier jour ?
- Peu importe, sifflai-je. À son retour, il va m'entendre.
- Parce que tu crois qu'il va revenir ?
- Si tu étais l'entraîneur d'une équipe sélectionnée pour les éliminatoires de la Coupe du Monde, est-ce que tu disparaitrais avant ton heure de gloire ?
- Tu crois qu'on aura notre heure de gloire ? sourit Eliot Thomas le Gardien avec espoir
J'esquissai un sourire en coin. C'était l'occasion parfaite pour renforcer leur optimisme et leur détermination, dans lesquels ils puisaient leur force.
On aurait besoin de toute leur force.
Je me levai :
- Et pourquoi pas ? leur lançai-je en les défiant du regard. Pourquoi pas ? Qui a dit que nous devions être écrasés dès le début, dis-moi Thomas ?
Il secoua la tête.
- C'est ça. Moi je vous le dis : peu importe jusqu'où on arrivera, on l'aura notre heure de gloire. On est dans les éliminatoires du Royaume-Uni ! Pour la première fois en dix ans, même si nous ne faisons partie de l'équipe que depuis quatre ans, les Cardiff Falcons sont arrivés à l'étape finale avant la Coupe du Monde ! Alors, quoi qu'il arrive, à partir de demain on représente le Pays de Galles, tous les anciens membres de cette équipe et le nom de Cardiff à Manchester. Pas question de baisser les bras, d'accord tout le monde ? On ne se fait pas démoraliser par MacLaggen et ses airs de grand champion arrogant ! Ce n'est qu'un lionceau qui essaye de chasser avec les prédateurs adultes. Et quand on joue avec le feu, on se brûle. Alors soyez préparés à mettre le feu au Stade de Manchester ! Les Anglais vont rôtir !
Entre cris et rires, leur moral avait remonté en flèche. Satisfait de mon petit discours, je me délectai de leur enthousiasme car il était la preuve de mon statut dans cette équipe.
Un hibou choisit ce moment-là pour nous déranger. Il se posa sur la tête de Lloyd. Il avait une lettre attaché à sa patte. Martinson se pencha sur lui pour la lui détacher.
- Alors ? voulus-je savoir
Il ouvrit le parchemin et chercha immédiatement le nom de l'expéditeur :
- Spark.
Le nom fit tomber un silence lourd comme si on avait lâché une enclume du ciel.
Je me levai brusquement et pris le parchemin des mains de mon Poursuiveur. Je lus à voix haute pour mes coéquipiers :
- Les garçons, je m'excuse pour mon absence d'aujourd'hui. J'espère que vous n'aurez pas eu de problèmes sans moi. J'ai eu un gros imprévu et j'ai dû me rendre au bureau délégué de la Ligue à Bristol. J'espère que vous me pardonnerez si je ne vous ai pas avertis avant mais c'est arrivé pendant que je venais à l'entraînement et je n'ai pas ma baguette sur moi. Encore une fois désolé. Bon entraînement. Coach Spark.
De rage, je froissai la lettre et la réduisis en lambeaux :
- Non ! C'est un ramassis de bêtises ! Demain je vais le...
- Calme-toi Marcus... fit Stanley. Je ne pense pas qu'il ait vraiment voulu nous laisser en plan comme ça. Il a eu un imprévu. Allez, on reprend l'entraînement.
Ils se levèrent tous pour prendre leurs balais. Mais ma rage ne s'était pas estompée. Mes camarades risquaient de pâtir de ma mauvaise humeur.
Je fus le premier à sortir des vestiaires, presque pressé. Je n'en pouvais plus de cette journée.
J'avais mal de partout, l'estomac noué par la tension, la tête bourdonnante de colère contre Spark et les mains tremblantes de fatigue.
Je traversai le hall presque sans regarder où j'allais quand une voix m'interpella. Je me retournai pour voir la blondinette de Stir.
- Salut Hannah.
Elle me fit rapidement la bise :
- Alors ?
- Mauvaise journée.
- Je vois ça. Tu vas où, là ? Tu as l'air pressé.
- Euh... Chez... Ma mère.
Tiens, bonne idée.
- Ah... Bon ben je vais te laisser y aller.
Je hochai la tête et me retournai pour partir quand sa voix me coupa dans mon élan.
- Marcus !
Je fis volteface pour croiser son regard bleuté.
- Bonne chance.
- Quoi ?
- La compétition. Tu sais que je ne pourrais pas y venir.
- Tu... Oui, c'est vrai. Merci. Je... Dis-moi, par hasard tu as une cheminée ?
Règle numéro six, Marcus : on en fais pas de propositions de sortie/contact/autre à la copine d'un coéquipier.
Elle sourit, comprenant ce que je voulais dire :
- Oui.
- Je...
Ma phrase fut coupée par la sortie des vestiaires des autres.
-... dois y aller !
Une fois chez moi, je déposai mon sac et m'assis sur mon lit pour prendre ma tête entre mes mains.
Ma mère... Je ne l'avais pas vue depuis six mois. Quasiment un an pour mon frère et un peu plus pour mon père. La notre était une famille brisée et ruinée. Notre nom n'avait plus aucune valeur à mes yeux et à ceux du monde. Sur mes nouveaux papiers d'identité, je m'appelais Marcus Cain Flint-Jones et mon frère Vasco Andreas Flint-Jones. De père issu d'une famille aux lointains ancêtres maternels italiens installée en Angleterre et de mère galloise.
Tout à coup, j'avais envie de faire un tour au Manoir Jones, maison de mon enfance. J'avais laissé ma mère seule. J'étais parti dès que possible et les gens du village sorcier dont je venais m'envoyaient régulièrement des lettres pour me dire comment allait ma mère.
Et la dernière que j'avais reçue m'avait un peu effrayé. Contrairement à ce que pensaient beaucoup de gens, je tenais à ma mère malgré sa... condition. Et passer la voir avant les compétitions n'était pas une mauvaise idée...
Le domaine de ma mère se trouvait sur la côte. Du jardin et des fenêtres, on voyait la mer Celtique.
J'étais devant la maison où j'avais vécu la plus grande partie de ma vie. Jusqu'à un peu après la séparation de mes parents.
Je descendis d'abord au village sorcier. Il n'y avait qu'une quinzaine d'habitants. Ce n'était pas vraiment un village mais un regroupement de quelques maisons. Mais la personne que je voulais voir était le mage qui allait voir ma mère une fois par semaine.
Je frappai à sa porte. Il vint m'ouvrir rapidement. Il me dévisagea puis s'exclama :
- Par Merlin, Marcus ! Vous voilà enfin !
- Comment va ma mère, Calahan ? demandai-je de but en blanc
Il se décomposa :
- Encore des crises, toujours plus fréquentes... C'est une catastrophe... Quelques villageois disent aussi l'avoir vue plusieurs fois sur la falaise.
- Quoi ? m'écriai-je
Je laissai le mage en plan pour courir vers la colline du manoir.
Mon père et ma mère s'étaient séparés après la défaite du Seigneur des Ténèbres, quand haute société et privilèges s'effondraient progressivement. Celui de mes parents était un mariage plus qu'arrangé, et ne voulait plus rien dire au crépuscule de la guerre. Plus de dix-sept ans de vie stable, malgré les infidélités répétées et non masquées de mes parents, la forte fraternité créée avec Vasco... Tout s'était démoli, brisé sans possibilité de retour déjà à l'arrivée du Seigneur des Ténèbres. Mes parents n'en avaient pas été émus. Ils ne pouvaient pas se supporter. Ils étaient partis chacun de leur côté, vivre leur vie. Ma mère avait gardé le manoir car il lui appartenait et comme je passais les sélections d'entrée à l'académie de Quidditch Galloise, j'étais resté avec elle. Mon père s'était installé dans le Nord de l'Angleterre, emportant malgré lui un Vasco de seulement quatorze ans avec lui. Puis les choses avaient tourné différemment pour tous. Si mon père attirait encore de nombreuses femmes, ce n'était plus le cas pour ma mère depuis bien longtemps. Elle était devenue vieille, désespérée et les crises avaient commencé, malgré leur relative rareté à l'époque. Désireux d'indépendance et effrayé par la nouvelle condition de ma mère, quitter le domaine familial m'avait paru la meilleure solution.
Plus maintenant.
La grande porte s'ouvrit. La femme qui se tenait derrière était Haïleen Jones : ma mère.
- Marcus... me reconnut-elle. Qu'est-ce que tu fabriques ici ?
Ma mère m'en voulait de l'avoir laissée. La solitude était le facteur principal de ses crises, m'avait dit le mage.
- Je viens te rendre une petite visite avant de partir pour la compétition, répondis-je sans me décomposer
Elle resta un moment sans rien dire, pesant sans doute l'option de me fermer la porte au nez. Mais elle soupira et ouvrit la porte :
- Entre.
Revoir ces murs autrefois blancs, devenus gris, ces meubles qui n'avaient pas bougé d'un seul millimètre, la lumière absente, les rideaux tirés... provoqua en moi ma sensation d'un coup de poing dans l'estomac.
Ma mère s'assit sur un canapé poussiéreux qui autrefois n'était pas aussi noir. Je m'assis sur la chaise en face d'elle, un peu mal à l'aise. Elle avait changé. Beaucoup. Toujours plus maigre, toujours plus vieille, la lumière dans ses yeux qui s'éteignait toujours plus. Son visage sec et strié de rides, je ne le voyais presque pas malgré tout. Je voyais les traits de la femme jeune, belle, forte qui avait marqué mon enfance. Ses cheveux grisonnants avaient autrefois été d'un blond candide que l'on retrouvait chez Vasco. Mais la femme devant moi était comme une ombre. L'ombre de celle qui avait été ma mère.
- Le mage Calahan m'a dit que tes crises avaient empiré, lui annonçai-je
Elle n'eut pas l'air surprise, ni touchée. Elle était inexpressive, même dans sa voix :
- Alors tu es revenu.
Gêné, je bafouillai une explication mais laissai vite tomber pour dire la vérité :
- Je m'inquiétais.
- Il n'y a pas de quoi. Je finirai mes jours dans la solitude, je n'ai rien à savoir de plus.
- Mais si ces crises étaient... Dangereuses ?
- Alors elles me tueront.
Son impassibilité me glaça le sang dans les veines :
- Et tu ne t'en inquiètes pas plus que ça ?
- Je t'ai dit qu'il n'y avait rien de préoccupant. Je suis une vieille femme seule...
- Tu n'es pas vieille.
- ... qui n'a que la vue sur la mer pour se consoler.
Je me raidis :
- Ne t'approche pas de la falaise.
- Je ne tomberai pas Marcus.
- Pas accidentellement.
Un faible sourire apparut sur son visage détruit. Le sourire de ma mère.
- Je ne plaisante pas, insistai-je. Jure-moi que tu ne t'en approcheras pas.
- Promis, soupira-t-elle
Je me détendis légèrement.
- J'ai entendu dire que tu iras en éliminatoires, dit-elle
- Oui. Tu viendras, pas vrai ?
- Je ne peux pas.
- Pourquoi ?
- Et si ces crises qui t'inquiètent tant se manifestaient ?
- Je... Tu as raison...
- Mais je veux que tu me fasses aussi une promesse en retour, d'accord ? Quoi qu'il arrive en Angleterre, que tu perdes ou que tu gagnes, reste digne et ne te laisse pas prendre par l'émotion. Et avant chaque match, si tu peux... Pense à ta vieille mère restée dans ce manoir.
- Tu n'es pas vieille. Mais d'accord, juré.
- J'imagine que... ton père... sera là.
Je changeai d'expression pour laisser place à un mélange de dégoût et de désespoir :
- Oui... Il veut me présenter sa copine.
- Il s'est passé quelque chose avec Ellen.
Sur ce côté, ma mère me rappela Hannah et sa perspicacité. Ou alors j'étais trop transparent.
- Nous sommes deux célibataires, Marcus. Mais toi, tu as vingt-deux ans, pas cinquante. Tu as encore du temps pour te rattraper, pas moi. Ne sois pas désespéré. Il n'y a vraiment aucune femme dans ta vie ?
- Que deux. Ellen et toi.
- Moi je sens que quelqu'un commence à occuper tes pensées.
- Non... C'est juste une fille... Que je connaissais à Poudlard.
- Donc il y a bien une femme.
- Non. C'est une fille et c'est la copine de mon Batteur remplaçant.
Ma mère se mordit la lèvre. Ce simple geste me conforta : elle éprouvait encore des émotions.
- Mais tu l'aimes bien, pas vrai ?
- Pas tant que ça. Je lui parle c'est tout.
- Mais tu l'aimes bien.
- Bah...
Elle sourit, sincèrement cette fois :
- Ah Marcus... Tu n'as pas changé. Il n'y a eu qu'Ellen pour briser ce déni.
Un accès de mélancolie m'envahit et j'avouai enfin à ma mère ce qui me tracassait :
- Je ne suis pas prêt pour la voir en face.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je vais devoir, avec les autres capitaines, donner une interview.
Ma mère comprit immédiatement le problème :
- Ah...
Ellen avait ouvert une vanne chez moi. Celle des confessions. Et maintenant, elle n'était plus fermée. La peur, la tension dans mon ventre délièrent ma langue :
- Comment est-ce possible ? Je veux dire, elle m'aimait ! Pourquoi cet imbécile a dû venir dans sa vie et démolir la mienne ?
- Marcus. Tu devrais quand même parler en privé avec Ellen.
- Je ne veux pas lui parler, je ne veux pas la voir.
- Je vais te poser une question et tu devras me répondre par la vérité. D'accord ?
- Oui... maugréai-je
- Est-ce que tu aimes encore Ellen ?
Le silence se fit.
Je connaissais déjà la réponse. Mais je voulais pas l'avouer. Il fallait que je me recompose. J'étais un Serpentard. Ces niaiseries et ces confessions devaient disparaître de mon comportement.
- Marcus. Un jour j'ai lu cette phrase. Elle disait à peu près quand un amour se termine, il n'y en a qu'un des deux qui souffre. Si aucun des deux ne souffre, c'est que ce n'était pas de l'amour. Si les deux souffrent c'est que ce n'était pas terminé*.
- Oui ! lâchai-je avec colère. Oui je l'aime encore ! Et je lui en veux pour ce qu'elle m'a fait ! C'est pour ça que je ne veux pas la voir !
- Mais qu'est-ce qu'elle t'a fait ? Ce n'est pas que sa rupture, pas vrai ? Il y a autre chose.
- Je ne veux pas en parler.
- Bon.
Ma mère s'était dégelée. Mais là, je me haïssais pour une chose : sous peu j'allais devoir partir à nouveau. La laisser. Ne serait-ce que pour aller à Manchester. Et j'allais encore une fois l'abandonner en proie à ses crises.
- Tu diras à Vasco que je pense à lui.
Je frissonnai. Il y avait une tristesse profonde chez elle.
- Je pense à vous deux tout le temps. Je n'ai plus que ça à faire. Cette maison est trop grande pour moi.
Elle planta son regard brun dans le mien :
- Tu pourrais revenir.
Je devins aussi immobile qu'une statue. Je m'en voulais d'être parti et j'avais envie de revenir.
Puisqu'elle semble si sûre de mourir bientôt, pourquoi pas ? Qu'elle ne meure pas seule au moins.
- Après les compétitions, promis-je
J'avais une chance de me racheter et peut être d'améliorer sa condition.
- Je vais faire à manger, annonça-t-elle. J'espère que tu ne m'en voudras pas si je ne sais plus faire, je n'ai pas eu l'occasion de cuisiner depuis des lustres.
Je souris.
Plus que quelques heures...
Et voilà. Chapitre 4. J'espère qu'il vous a plu :)
Donc, déjà
*cette phrase était dans mon agenda de sixième (ouh c'est loin!) et il n'y avait pas d'auteur de cette citation...
Petites questions :
- Qu'est-ce que vous pensez de la mère de Flint ?
- Est-ce que vous trouvez Marcus trop sensible pour le personnage ?
En tout cas merci à vous, et au prochain chapitre ! N'hésitez pas à laisser un petit mot :)
ACSD
