Disclaimer (que j'oublie toujours -') : Harry Potter appartient à JKR et hormis quelques personnages (Vasco,Ellen...) et la trame de cette fic, je n'ai aucun droit sur l'histoire.
Hey ! Comment allez-vous ? Je m'excuse du retard, je n'avais pas terminé l'histoire dans la semaine (emploi du temps complètement chargé). J'espère que ça ira mieux la prochaine fois. Donc voilà, le nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira.
On se retrouve en bas. Bonne lecture !
Lys Ecarlate
5/Manchester
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-Marcus ! Debout mon champion ! Tu vas être en retard !
Quand la voix de ma mère me réveilla, j'eus l'impression d'avoir à nouveau dix-huit ans, quand je n'avais pas encore quitté la maison.
Je passai une main dans mes cheveux en essayant d'habituer mes yeux à la lumière du matin, que la fenêtre déversait dans la chambre.
Ma chambre.
Celle où j'avais dormi depuis les premières années de ma vie. J'étais chez moi et j'avais l'impression de n'être jamais vraiment parti.
- Marcus ! Tu veux rater le Portoloin ?
Portoloin ? Je me redressai brusquement sur mon lit. Peu à peu, en quelques secondes, le stress s'empara de ma gorge.
Certes, j'étais quelqu'un qui gérait très bien la tension mais là, c'était différent.
J'avais à participer à trois matchs éliminatoire pour représenter le Royaume-Uni à la Coupe du Monde de Quidditch, à affronter Ellen -mon ex- mais aussi mon père, à me retrouver sans doute à évoquer le passé avec mon frère Vasco, et je n'en avais aucune envie.
Malgré tout, je m'extirpai de mes couvertures en contrôlant bien ma respiration et me dirigeai vers la chaise où j'avais mis ma valise.
Avant d'aller m'installer chez ma mère pour la nuit, j'étais allé chercher des affaires dans mon appartient à Cardiff -entre autres valise et vêtements de rechange.
Tic-tic-tic.
Un hibou frappait avec son bec sur le carreau de la fenêtre. Je me précipitai pour lui ouvrir. Le vent pas très chaud du matin frappa mon torse nu, m'obligeant à attraper la lettre du hibou et refermer la fenêtre immédiatement après.
Une fois remis de ces quelques frissons, je lus la lettre.
Hey !
Je sais que je te l'ai déjà dit hier mais j'avais envie de le refaire : bonne chance !
Je penserai à toi, désolée de ne pas pouvoir venir.
À tout à l'heure !
Hannah
Et en PS, l'adresse pour la joindre par cheminée.
Je souris.
Je descendis au rez-de-chaussée pour retrouver ma mère dans le salon. Elle avait changé depuis hier. On sentait déjà la légère amélioration que lui donnait l'espoir.
Ainsi, je partais pour Manchester avec le coeur allégé d'un poids insupportable.
- Bien dormi ? me demanda-t-elle pendant que je m'asseyais
- Très bien, répondis-je en bâillant
- Prêt à partir ?
Je grimaçai, la faisant sourire faiblement.
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J'étais prêt à transplaner, ma valise en main, mon sac de Quidditch sur l'épaule et la tension dans ma gorge plus forte que jamais.
Ma mère, enveloppée dans sa cape pour se protéger du vent froid de la mer le matin, s'approcha de moi et me serra dans ses bras. Je la laissai m'insuffler sa chaleur et fermai les yeux.
Elle se retira après quelques secondes :
- Bonne chance mon champion.
- Prends soin de toi maman.
Elle me sourit. J'avais un maigre espoir que ses crises se manifestent toujours moins fréquemment.
Je lui souris en retour et transplanai.
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Spark.
Il était là.
Il discutait tranquillement avec le père de Lloyd et celui de Martinson, qui étaient tous les deux déjà arrivés.
Il y avait aussi Stanley avec sa copine -que je ne regardai pas- et Alan avec son frère.
- Marcus ! s'extasia notre entraîneur. Je t'attendais ! Je devais te...
- Qu'est-ce qui t'a pris hier ? hurlai-je. Tu sais où va cette équipe ? En éliminatoires ! Et peu importent les excuses que tu nous sers, je ne te crois pas ! Alors maintenant tu fais profil bas ! Ici, c'est moi le capitaine et tu as à refaire tes preuves pour gérer cette équipe. Jusqu'alors, c'est moi le chef.
Je vis Lloyd m'adresser un pouce levé. Les deux pères glissèrent un commentaire sur Spark, qui se faisait remettre à sa place par un gamin de la moitié de son âge.
Mon rictus de défi adressé à un Spark ébahi, je me retournai pour compter qui manquait.
Eliot Thomas, le gardien arriva à cet instant-là, accompagné par une fille qu'automatiquement je ne regardai pas.
- Bon : il ne manque plus que ce boulet de Stir.
- Marcus ! protesta Spark. Traite tes camarades avec...
- J'ai dit que c'était moi le chef ! Et puis Stir est toujours le dernier.
La porte du quartier général s'ouvrit sur notre Batteur manquant qui arrivait avec...
Hannah.
Qui d'autre ?
Je vérifiai d'avoir sa lettre dans la poche.
- Te voilà ! hurlai-je à Stir. Tu ne peux pas arriver à l'heure une fois dans ta vie ?
- Je suis à l'heure ! C'est vous qui êtes en avance !
- Dépêche toi !
Hannah cacha son rire avec sa main. Je lui adressai un hochement de tête, signifiant que j'avais bien reçu son message et elle ne cacha plus son sourire.
- On est tous là ? demandai-je. Stanley ?
- Yep ?
- C'est bon ? Thomas ?
- Ici.
- Martinson, Lloyd ?
- On est là, rit Martinson
- Stir, là. Alan c'est bon ?
- Là !
- Bon. On y est tous.
Spark attendit que je lui adresse un regard avant de nous donner les dernières informations.
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Dix heures vingt.
Plus qu'une minute.
Je sentis quelqu'un m'attraper par le poignet et me tirer derrière les deux pères.
- Marcus...
C'était Hannah.
- Fais gaffe ! murmurai-je. Je ne suis pas censé... Euh... Non... Je ne dois pas rater le Portoloin.
- Je voulais juste te dire que Peter m'a parlé hier des règles pour les copines.
Elle me sourit et me poussa vers mon emplacement initial.
- Trente secondes ! annonça Spark
Nous mîmes les mains sur le balai officiel de la Ligue.
- Ah oui ! se rappela Spark. Le représentant politique du Pays de Galles nous rencontrera demain matin !
- Et c'est maintenant que tu le dis ? crachai-je
Il n'eut pas le temps de répondre car le monde se mit soudainement à tourner.
Dix heures vingt-et-un.
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Nous atterrîmes, écrasés par nos affaires, dans un immense hall carrelé en bleu et jaune. Il y avait d'énormes baies vitrées sur le côté et des canapés rouges. Les couleurs et la lumière me donnèrent immédiatement la migraine.
Cinq personnes se tenaient devant notre équipe qui se relevait difficilement.
Il y avait un vieil homme à moitié chauve, un rouquin que je n'avais pas envie de revoir, une femme sur la quarantaine à lunettes et à l'air sévère, un type qui devait avoir moins de mon âge et...mince.
- Bienvenue ! nous salua Weasley. Je suis Ron Weasley, du département des Sports ! Vous êtes l'équipe des Cardiff Flacons, qui est le responsable ?
Spark allait ouvrir la bouche quand je le devançai :
- Moi, répondis-je sèchement
- Flint... marmonna-t-il avec mépris
- Un problème Weasley ?
- Je suis Mina Haley, se dépêcha de dire la femme à l'air sévère. Je suis en charge de votre partie du bâtiment. Pour toute question, c'est à moi, ou à mon assistant Stefen qu'il faudra s'adresser.
Le gamin nous fit un signe de main.
- Et moi, sourit le vieil homme, je suis Amylis Lenner, le vice-président de la Ligue de Quidditch. Je vous souhaite la bienvenue et bonne chance au nom de toute notre organisation.
La dernière personne restante fit un pas en avant.
C'était une jeune fille magnifique, petite mais de plus de vingt ans, aux longs cheveux sombres, aux yeux caramel.
Nos regards se croisèrent et s'accrochèrent longtemps. Le mien était froid et plein de rancoeur, le sien était attristé.
- Miss Richards ? la pressa Weasley. Qu'attendez-vous ?
Ellen se déroba et sourit à ses collègues :
- Excusez-moi. Bonjour, je suis Ellen Richards, journaliste sportive. Je suis en charge des interviews et du reportage sur les compétitions. Je vous souhaite bonne chance à tous, aussi.
- Marcus ? demanda Thomas à voix haute. C'est pas ta...?
- Non ! hurlai-je
Les quatre autres membres du comité d'accueil me regardèrent de travers.
- Bien, poursuivit Haley. Procédons donc à la visite, si vous voulez bien. Posez vos affaires dans le hall, elles seront en sécurité. Nous allons commencer par le dortoir. Il se trouve au premier étage. Les escaliers sont ici.
Nous suivîmes la dame. Avant de m'engouffrer dans les escaliers, je lançai un regard à Ellen. Elle me fixait avec un sourire triste, à la limite du désespéré.
Mais je me retournai avant qu'elle n'ait pu esquisser ne serait-ce qu'un geste.
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La partie du bâtiment réservée à notre équipe était assez grande et illuminée -merci bien pour ma migraine- avec une décoration en rouge, vert et blanc assez vifs -très bénéfiques pour nos yeux, absolument. Les chambres étaient grandes avec un mur entier en vitre, pour deux personnes. La décoration y était plus sobre -Merlin merci!.
Ensuite, nous avions une sorte de salle commune avec des canapés verts en cuir et une cheminée -que je repérai immédiatement.
Puis, dans le bâtiment il y avait un autre hall commun aux quatre équipes, un terrain d'entraînement à disposition de tous les joueurs, avec un vestiaire pour chaque équipe. Puis il y avait une salle à manger et quatre salles de briefing comme les appelait Haley.
Pendant la visite, nous croisâmes l'équipe des Ecossais. Nous nous dévisageâmes avec froideur. Un peu en retrait, je reconnus mon rival de Poudlard. Le lionceau volant : Dubois.
Une fois la visite terminée, Haley nous laissa déposer nos affaires et nous installer dans les chambres. Avant de s'en aller, elle me glissa :
- Je viendrai vous chercher dans un quart d'heure pour l'interview.
Elle ferma la porte.
En poussant un hurlement de rage et frustration, je lançai mon sac de Quidditch à travers la salle commune.
- Hé ! s'inquiéta Martinson. On peut savoir ce qui te prend ?
- Rien ! sifflai-je
Je traversai la pièce pour ramasser mon sac et disparus dans ma chambre en claquant la porte, suivi par mon compagnon de chambre, Dylan Lloyd.
- Modère tes réactions, me conseilla-t-il
- De quoi je me mêle ? répliquai-je amèrement en enfouissant la tête dans mon coussin
- Tes sautes d'humeur font faire peur à Stir.
- Qu'il ait peur ! Je ne suis pas là pour être le gentil garçon !
- Tu pourrais être un minimum plus tolérant. Ce n'est pas la peine de décharger sur nous toute ta frustration.
- Je ne veux pas voir Ellen !
- Marcus, es-tu faible ?
- Non ! hurlai-je en sortant la tête du coussin
- Alors affronte Ellen en cachant ce que tu ressens, comme à Poudlard.
- Il n'y avait pas d'Ellen Richards à Poudlard.
- Encore heureux, l'entendis-je marmonner avant de dire plus haut : en tout cas c'est la réunion des anciens camarades de classe. Weasley Six et Sept, MacLaggen, Dubois... Y'a du monde.
- Et que du beau monde. Aucun Serpentard...
- Que nous deux.
Il eut un rictus méprisant dirigé à la fenêtre :
- Tu as bien dit que la copine de Stir y était aussi ?
- Hannah Abbott, Pouffsouffle.
- Mmm... Non ça ne me dis rien. Je ne faisais pas trop attention aux gamines.
- C'est clair... Trop occupé à embêter Rusard.
- Il ne m'a jamais attrapé.
Il sourit à nouveau, fier de lui. Nous passâmes dix bonnes minutes à parler de Poudlard tout en rangeant nos affaires.
Puis nous fûmes interrompus par la voix de Spark :
- Marcus ? Mrs Haley est là ! Tu viens ?
Je soupirai. Lloyd me donna une tape amicale dans le dos. J'ouvris la porte, lançai un regard désagréable à mon entraîneur et à notre responsable qui attendait devant la chambre.
L'heure du face à face avait sonné.
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Devant la salle, se tenait la magnifique femme pour qui j'avais tous les sentiments existants.
Accompagné par Spark et Haley, je me tenais en retrait, ne prononçant pas un mot, muré dans mon silence de pierre.
Spark salua Ellen avec un sourire enjôleur qui me donna envie de le frapper jusqu'au sang.
Mais mon ex n'eut pas le temps de le remarquer car son regard se posa sur moi :
- Marcus ! Co...
Je bousculai Spark pour entrer dans la salle, ignorant complètement Ellen.
Les capitaines de l'Ecosse et de l'Irlande étaient déjà là. Ce dernier se redressa quand j'entrais et me tendis sa main :
- Matthew Finnigan, se présenta-t-il, capitaine de l'Irlande. Vous devez être Marcus Flint, du Pays de Galles.
Etonné, je serrai tout de même sa main :
- Oui... Vous n'avez pas un frère ?
- Si. C'est lui qui m'a parlé de vous. Vous étiez à Serpentard, c'est ça ?
Je hochai la tête avant qu'un Spark furieux ne débarque :
- Flint ! Tu vas changer immédiatement ton comportement ! Sinon tu...
- Je suis le chef, Spark. Tu as prouvé d'être incapable de nous gérer, assume et garde profil bas.
Il voulut protester mais le dernier capitaine -cet imbécile de McLaggen avec son sourire à trente-deux dents- entra à ce moment avec son entraîneur -un type patibulaire.
- Nous sommes au complet, annonça Ellen en fermant la porte
McLaggen me lança un signe provocateur de main auquel je répondis par une grimace.
- Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Ellen Richards, journaliste sportive.
Elle avait l'assurance que je lui connaissais, plus ce sourire piteux d'auparavant.
- Peut être messieurs pourriez-vous vous présenter aussi ?
Elle posa son regard sur le capitaine écossais-un blondinet assez discret, tout à gauche de la pièce.
Il se trémoussa :
- Ewan Highsigh, capitaine des Glasgow Furies et mon entraîneur, Broke.
Il tourna la tête vers son rival à droite qui se présenta à son tour :
- Matthew Finnigan, capitaine des Kenmare Kestrels* et Ynnick.
Puis ce fut à mon tour :
- Marcus Flint des Cardiff Falcons, débitai-je lapidaire. Et lui c'est... Spark.
Ellen me fit un discret signe de main que je fis exprès d'ignorer.
- Cormac MacLaggen des London Eagles.
Personne ne remarqua qu'il avait délibérément oublié son entraîneur.
Ellen hocha la tête, griffonna quelque chose avec sa plume sur son parchemin avant de relever la tête vers le lionceau suicidaire :
- Vous êtes considéré comme le favori de cette compétition. Votre équipe arrive-t-elle à gérer cette soudaine popularité sans prendre la grosse tête ?
J'eus un rictus méprisant. Rien qu'à voir MacLaggen on savait qu'il avait pris la grosse tête, question inutile.
- Bien sûr que oui, répondit-il avec fierté. Nous sommes très conscients de tous les enjeux de ces matchs.
Je levai les yeux au ciel. Ellen le remarqua mais ne fit aucun commentaire :
- Bien, nota-t-elle avant de s'adresser à nous. Que pensez-vous vous, les équipes rivales, de ces pronostics de victoire ?
- Je dis, sourit Finnigan, que si on gagne contre eux, la victoire en sera d'autant plus savoureuse.
Highsigh étouffa un rire :
- Pas faux.
- Et vous Flint ?
- Je ne me fie pas aux pronostics. MacLaggen a toujours été doué pour prendre la grosse tête, que les journaux disent ce qu'ils veulent, je m'en moque.
- C'est clair, commenta mon ex. Highsigh : votre équipe avait été sélectionnée lors de l'avant dernière Coupe du Monde, mais depuis vous avez remplacé la moitié des membres de votre équipe, n'est-ce pas trop dur de changer une équipe qui gagne ?
- Non... répondit l'écossais en haussant les épaules. On s'y fait très vite. On adapte le jeu à chaque individu.
- Vous utilisez toujours les Cognards ? plaisanta Finnigan
- Plus que jamais.
- Au moins, on est avertis.
Ellen griffonna quelque chose avant de lever la tête vers Finnigan :
- Vous êtes une des équipes de la Ligue restantes depuis trois Coupes du Monde. Avez-vous un héritage différent à porter avec vos camarades ?
L'irlandais se frotta nerveusement le bras, se mordant la lèvre :
- On va dire que... C'est clair que le gouvernement a beaucoup d'attentes envers nous mais on s'y fait vite.
Il avait l'air un peu gêné et mes sens de Serpentard se mirent en alerte. Il était en train de mentir. Ellen me fixait et savait ce que je pensais :
- Bien, Monsieur Finnigan. Ensuite : Marcus... euh Flint !
Apparemment, m'appeler par mon nom n'était pas dans ses habitudes.
- Flint... répéta-t-elle comme pour se le faire rentrer dans la tête. Flint... Beaucoup de fans de Quidditch ont mal pris votre qualification, du fait que votre père était dans les rangs secondaires du Seigneur des Ténèbres pendant les guerres.
Je me raidis tout entier. Un frisson parcourut mon échine : c'était ça le genre de questions qu'on posait en interview ?
Dans la pièce, tous les regards étaient rivés sur moi mais je ne pouvais pas prononcer un mot. J'étais à la fois tétanisé par un souvenir qui forçait les barrières de mon esprit et en colère contre Ellen qui avait posé cette question alors qu'elle savait bien ce que j'en pensais.
Je déglutis :
- Je ne suis pas mon père.
Ellen fronça les sourcils :
- Ce n'est pas ce que semblent penser les autres sorciers.
Elle insistait. Mais que voulait-elle que je dise ?
- Marc... Flint : vous avez fait perdre des supporters à votre pays à cause de ce passé. Vous n'avez rien à dire ?
- Si et je l'ai déjà dit. Je ne suis pas mon père, et je ne veux pas parler de lui. C'est possible, Miss Richards ?
Elle grimaça et se dépêcha de poser une question à MacLaggen.
Je sentais les barrières de mon esprit, celles qui retenaient les souvenirs désagréables, qui cédaient. J'inspirai profondément et laissait la vision de mon passé se matérialiser dans ma tête.
La porte de la maison claqua.
Vasco se raidit et détourna son attention de son grimoire. Je levai la tête aussi quand mon père entra à grands pas dans le salon. Ma mère sortit de la pièce d'à côté, l'air assez méfiant.
- Elvira ! hurla mon père. J'ai de grandioses nouvelles !
Je remarquai que ma mère semblait déjà savoir et craindre ses grandioses nouvelles. Elle m'adressa un regard et je compris :
- Vasco ? demandai-je à mon frère. J'ai appris une nouvelle technique de Quidditch à l'école cette année. Tu veux la voir ?
Mon petit frère, qui n'avait que douze ans, sauta du fauteuil et me suivit dans les escaliers. Il n'était pas bête : il savait qu'il n'y avait aucune technique, seulement un prétexte pour laisser les parents seuls.
Une fois dans ma chambre, nous n'eûmes qu'à attendre quelques instants avant d'entendre des hurlements au rez-de-chaussée. Puis un cri. La voix de ma mère. Je serrai poings et dents. Vasco voulut se précipiter en bas mais je le retins par le bras.
- Marcus ! protesta-t-il
- Reste ici, Vasco, ça va barder en bas.
- Mais qu'est-ce qu'il se passe ?
Je plantai mon regard dans le sien. Nous restâmes un moment ainsi. Je savais, j'avais deviné.
Il était revenu.
- Flint !
J'avais à nouveau tous les regards rivés sur moi, et je compris que je m'étais laissé happer par mes souvenirs d'enfance.
Spark me tapa sèchement dans le dos :
- Arrête de rêver !
MacLaggen étouffa un rire moqueur et je lui lançai un regard qui aurait pu être un Avada Kedavra.
- Ma..Flint, reprit Ellen. Vous inspirez beaucoup de méfiance dans le monde du Quidditch, notamment par vos origines et puis pour votre personnalité qu'on dit brutale, assez mystérieuse, lunatique. Pourtant, vous grimpez les échelons sans sembler entendre les murmures autour de vous.
Elle marqua la pause qui voulait dire qu'il fallait que je m'explique.
Je sentais une colère aveugle bouillir en moi. Mon sang s'enflammait. Je crispai mes poings et serrai mes mâchoires pour ne pas exploser.
- Marcus, allez... me secoua Spark en voyant que je n'ouvrais pas la bouche
Je réagis violemment, me dégageant pour me retrouver à un mètre de mon entraîneur, l'assassinant du regard alors qu'il semblait complètement perdu.
- Spark, sifflai-je. Disparais de ma vue.
Je sentis tous les autres se figer, choqués par ma réaction. Spark parut remarquer que j'étais sur le point de craquer, alors il soupira :
- Bon... Je vous souhaite une bonne journée, messieurs.
Il prit congé en me lançant un regard d'avertissement. Toujours fixé par les autres, je me remis en place en les ignorant.
- J'imagine que ça répond en partie à ma question, affirma Ellen. Cependant, vous n'y avez pas vraiment répondu.
- Je n'ai pas à justifier ma personnalité, quant à mes origines, elles sont ce qu'elles sont et si quelqu'un à envie de me critiquer, qu'il le fasse au moins en face. Parce que vos questions, Miss Richards, ne sont basées que sur des voix qui courent. Des rumeurs, tout simplement. Et si je n'y prête pas attention c'est parce que j'ai assez de fierté personnelle pour ne pas laisser ma vie être dictée par des ragots. C'est tout ce que j'ai à dire.
- Marcus, t...
- Flint, Ellen, Flint. Je te renvoie à notre dernière discussion.
- Tu...
- Je ne veux pas parler avec toi, désolé.
Je lui tournai le dos et me dirigeai vers la porte.
- Hé ! me rappela-t-elle. L'interview n'est pas finie !
- Pour moi, elle l'est.
Je claquai la porte derrière moi.
Une fois dans le couloir, je me sentis libéré d'une oppression inexpliquée. Mais cette impression ne dura pas longtemps. Dans mon champ de vision se matérialisa Spark, qui n'avait pas vraiment quitté les lieux.
- Marcus, il faut qu'on parle.
Je m'éloignai vers le hall.
- Marcus ! Maintenant j'en ai assez de ta mauvaise humeur ! Selon Peter ça dure depuis hier, on peut savoir ce qui te prend ?
- Laisse-moi tranquille Spark.
- Marcus, est-ce qu'il s'est passé quelque chose de grave pendant mon absence ?
- Tu veux vraiment savoir ? Et bien va demander à Peter puisqu'il aime bien te rapporter tout ce qui me concerne !
- Marcus !
J'accélérai. La vérité était simple : je ne savais pas m'expliquer cette mauvaise humeur qui me dévorait comme un incendie dans ma poitrine.
J'avais besoin d'être seul, vraiment seul.
Mais j'étais au milieu d'un monde où c'était impossible. Entre tous les joueurs des quatre équipes, les membres de la Ligue, les journalistes...
Chaque mouvement état susceptible de se retrouver en première page.
Et je voulais vraiment être seul.
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- Flint ! Je t'ai cherché partout...
Lloyd vint s'assoir à côté de moi. Je m'étais installé sur le terrain d'entraînement, personne n'était venu avant mon coéquipier pas même un joueur adverse pour s'entraîner.
- Il y a plein de gens qui viennent d'arriver. Ils ne logent pas ici mais ils ont été autorisés à venir pendant une heure. Il y avait ma soeur et son mari, on a discuté mais après Spark a débarqué en disant qu'il ne te trouvait plus et que tu avais explosé pendant l'interview.
- Je n'ai pas explosé.
- Il a dû exagérer.
- Mon père. Tu l'as vu ?
- Je ne sais pas à quoi il ressemble. Mais il y avait un garçon blond, plutôt jeune qui te cherchait.
Je me levai du banc si brusquement que j'en fis sursauter Lloyd.
- Ils sont encore là ? demandai-je à mon Poursuiveur
- Sans doute.
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Le hall était bondé. Il y avait des dizaines d'hommes, de femmes, de tous âges et physionomies. Je repérai quelques uns de mes coéquipiers : Stanley, Thomas et Stir.
Tout à coup, je fus tiré vers l'arrière par un Spark furieux. Il commença à me faire la morale, quand Lloyd s'écria :
- Il est là !
Je me retournai vers la direction qu'indiquait mon coéquipier.
Un garçon grand, athlétique, aux cheveux blond miel était adossé contre un mur, le regard perdu dans le vide, un air mélancolique et froid donnant une lumière terne à son visage de jeune sorcier à peine majeur.
Spark stoppa net sa tirade quand il le remarqua aussi :
- Qui est ce type ? demanda-t-il douteux
Je l'ignorai pour m'avancer vers lui, suivi par mon entraîneur et Lloyd.
Le garçon me vit arriver et se redressa, un sourire radieux déchirant son masque triste.
- Hé ! le saluai-je
Il me sauta dans les bras, comme quand il avait encore neuf ans et que je rentrais de Poudlard. Quand il défit son étreinte autour de moi, il rit :
- Je parie que tu t'es déjà fait remarquer.
- Tu me connais trop bien.
- Je le vois à la tête du type derrière toi.
Je sentis le regard pesant de Spark dans mon dos et j'esquissai un sourire narquois à la limite du sadique :
- Spark ? Tu vas me suivre longtemps ou je peux compter sur toi pour faire la chose qui tu réussis le mieux ? Je veux dire, disparaître.
- Toi et moi, Marcus Flint, on doit avoir une conversation sérieuse.
- C'est ça, c'est ça...
Je l'entendis partir avec un Lloyd qui devait se retenir pour ne pas exploser de rire. Il était comme ça, lui.
- C'était qui ? me demanda Vasco
- Mon entraîneur.
- Bon, c'est le grand amour, ça se voit.
Je regardai autour de nous :
- Tu es seul ?
- Oui. Il n'est pas venu, il est avec sa copine à la maison encore. Il a dit qu'il viendrait demain au match.
- Copine ? crachai-je
- C'est la deuxième en trois mois. Je commence à être désespéré : il a quasiment soixante ans !
- Et toi ?
- Moi quoi ?
- Tu as une copine ?
- Non, soupira-t-il
- Merlin merci ! m'écriai-je en me sentant tout à coup compris
- Quoi ? Toi aussi ?
Je lus dans son regard de lynx qu'il ne savait pas pour ma rupture avec Ellen.
- Elle en a trouvé un autre, me contentai-je de répondre en sachant qu'il comprendrait. Un ambassadeur.
- Désolé.
- Pas besoin de l'être.
Un silence gêné suivit la nouvelle. Je le rompis immédiatement en lâchant :
- Je vais retourner vivre chez Maman.
Je perçus un changement d'émotions dans le regard félin de mon frère cadet : un mélange étrange entre regret, mélancolie, nostalgie, envie, espoir.
- Tu sais, tu... commença-t-il. Non... Rien. Alors ? Demain vous jouez contre qui ?
- L'Ecosse.
- Et bien ça va donner... Ils sont forts.
- Je sais. Sinon ils ne seraient pas ici.
- Ça veut dire que tu l'es aussi.
Je ne répondis pas.
- Marcus, qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien.
- Sûr ?
- Oui.
- L'heure est écoulée, annonça Vasco en remarquant l'étrange agitation dans la foule
Il m'adressa un sourire désolé que je balayai en lui donnant une tape sur l'épaule :
- Je te verrai demain, Vasco.
- Allez champion, je te laisse à ton monde.
Il disparut, englouti par la foule qui sortait du bâtiment.
Et déjà la solitude me retomba dessus violemment.
Cette étrange amertume qui me suivait depuis des heures était chaque seconde plus oppressante, plus dévorante. Et le pire était que je ne savais pas l'expliquer.
C'était comme une sorte de parasite logé en moi qui me rongeait de l'intérieur.
- Flint.
Je me retournai : c'était Stir.
- Quoi ? sifflai-je
- Je voulais juste te signaler qu'on montait dans les chambres, si tu veux venir avec nous...
Je lui tournai le dos pour seule réponse. Je ne pouvais vraiment pas faire d'efforts.
Dans le couloir devant moi, j'aperçus Ellen. Elle me vit aussi. Nos regards s'accrochèrent encore une fois mais cette fois, personne ne pouvait rompre ce contact à distance hormis nous mêmes.
Je ne bougeai pas, me contentant de la fixer avec amertume. Elle avança vers moi et je la laissai venir.
Tout doucement, elle arriva à ma hauteur. Nous n'étions séparés que par trois de mes pas et par une gêne très forte émanant d'elle.
- Marcus... tenta-t-elle de dire
Je m'adossai au mur à ma gauche et fixai le plafond.
- Je voulais te parler.
- Flint ! hurla quelqu'un. Dans la salle de briefing numéro quatre dans cinq minutes !
J'eus juste le temps de voir Thomas, notre Gardien, passer en courant avant d'enregistrer ce qu'il avait dit.
- Je... bafouilla Ellen. Je vais te laisser y aller alors.
Toujours sans un mot, comme si elle n'était même pas là, je pris la direction du terrain d'entraînement.
L'amertume s'était estompée pour laisser place à un vide immense en moi.
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La salle de réunion qui nous était réservée était petite, avec quelques tables sur lesquelles nous nous assîmes.
- Alors, monsieur Marcus Flint-je-n'en-fais-qu'à-ma-tête ? m'attaqua Spark. Je fais ce briefing ou toi ?
- Marcus, vota Lloyd
- Moi, lui fis-je écho
Spark eut l'air particulièrement déçu de sa perte d'autorité. Mais je n'y fis pas attention, pour me placer devant toute l'équipe.
- Demain, annonçai-je, on ouvrira la compétition avec le match contre les Glasgow Furies. Je pense qu'il n'est pas nécessaire de rappeler que les Ecossais sont des professionnels du tir de Cognards. Alan, Stir : quadruple dose d'entraînement pour vous deux. Les Batteurs adverses sont Jesse Lowley et Garet Stacy, et vous verrez, ils sont notre principale préoccupation. On sait que leur Attrapeur est aussi partisan des feintes. Alors le programme de la session d'entraînement d'aujourd'hui est intense. Tant que je ne nous jugerais pas prêts à affronter les Furies, on ne s'arrêtera pas. Vous connaissez les règles : toutes les équipes s'affrontent. Les deux qui auront accumulé le plus de victoires se retrouveront en finale. Celle qui gagne la finale, va à Coupe du Monde.
Je les vis tous serrer les mâchoires de concentration, comme si ils étaient déjà sur le terrain.
- Allez, on y va.
Nous nous changeâmes en vitesse et nous précipitâmes sur nos balais.
L'entraînement dura quasiment tout le reste de la journée, sans autre interruption qu'une pause repas. Les autres équipes partagèrent aussi le terrain à quelques moments pendants quelques heures.
- Eux ne s'entraînent que trois heures, me fit remarquer Spark comme pour masquer une critique sur ma façon de diriger l'équipe
- Et alors ? répliquai-je en m'étirant avant de re-décoller
Quand l'heure du dîner arriva, mes coéquipiers, détruits autant que moi, se posèrent. Ils étaient prêts à partir se changer quand je leur rappelai les étirements.
Une fois étirés, douchés et changés, nous nous dirigeâmes vers le réfectoire commun. Mais moi, je n'y entrai pas.
- Flint, tu ne viens pas ? me demanda Lloyd
- Je dois faire quelque chose avant.
Je le laissai aller manger et me précipitai vers nos appartements. Je lançai mes affaires sales à travers ma chambre et plongeai sur ma veste pour fouiller les poches. Je trouvai le morceau de parchemin d'Hannah avec le moyen de la joindre.
Assis sur mon lit, j'hésitai. Devais-je l'appeler ou pas ? Le faire serait m'avouer que je l'aimais bien alors que j'avais prétendu devant ma mère que ce n'était qu'une fille qui n'avait pas vraiment d'importance. Mais ne pas le faire serait la laisser attendre devant sa cheminée, seule car je doutais que Stir pense à lui envoyer des nouvelles.
Je relus vite fait le message. Je penserai à toi.
Hannah...
Elle était si optimiste que je ne me sentis pas avoir d'autre choix que de la contacter.
Je me dirigeai vers la salle commune, et plus précisément la cheminée où crépitait un maigre feu. En été ? Quelqu'un devait déjà avoir communiqué.
Une fois le sortilège jeté**, je n'eus à attendre que quelques instants avant de voir le visage d'Hannah se matérialiser dans les flammes.
- Salut... fis-je
- Hey ! sourit-elle. Alors comment ça va ?
- Pas trop mal... mentis-je
Je vis clairement qu'elle n'était pas dupe. Je soupirai :
- Bon d'accord... Je suis épuisé, et pas que par l'entraînement. Je suis tout le temps de mauvaise humeur, j'en ai marre de tout et de quasiment tout le monde...
- Laisse-moi deviner : Peter et ton entraîneur c'est quasiment tout le monde.
- C'est ça...
- Calme-toi juste. Reste digne, ne laisse pas l'émotion te prendre.
Quoi qu'il arrive en Angleterre, que tu perdes ou que tu gagnes, reste digne et ne te laisse pas prendre par l'émotion. Les mots exacts de ma mère. Dans la bouche d'Hannah.
Je sentis mes mains trembler légèrement.
- Hannah... murmurai-je en fermant les yeux
- Oui ?
- Non... Rien.
- Sinon ? Tu as rencontré les autres capitaines ?
- Oui. J'ai envie de lancer un Avada Kedavra à MacLaggen à chaque fois qu'il sourit.
Je l'entendis rire et m'en étonnai. J'étais convaincu qu'elle allait s'indigner de mon expression.
- Et les autres?
J'ouvris les yeux :
- Ils sont assez spéciaux mais j'arrive à les supporter.
- Bon... C'est bien alors.
- Tu suivras le match de demain ?
- Je ferais le possible.
- Toujours ton histoire de virus ?
- On est en train de faire des analyses approfondies. Aucun résultat concluant.
- C'est mortel ?
- Peu à peu les elfes infectés perdent leurs défenses corporelles. En quelques jours ils peuvent mourir.
Je la vis se mordre les lèvres de préoccupation.
- Quoi ? voulus-je savoir
- J'ai peur que, enfin... je n'en ai pas parlé aux autres médecins mais j'ai peur que la maladie soit contagieuse pour nous.
- Quoi ! Et... Vous vous protégez au moins ?
- Plus ou moins. Mais ne t'inquiète pas, on a pris les précautions nécessaires.
- Bon...
- Tu as déjà mangé ?
- Non. J'ai laissé en plan mes camarades pour venir ici.
Elle rit :
- Tu devrais y aller... Je parie que tu as faim.
Mon estomac réclama au moment même où elle finit sa phrase. Hannah explosa de rire.
- C'est clair... soupirai-je
- Bon appétit alors.
- Bonne nuit Hannah.
- Toi aussi, et fais attention à toi.
Je lui souris avant de voir son visage disparaître.
Marcus... Règle numéro treize : on ne se trouve pas en passe de devenir l'ami intime de la copine d'un coéquipier.
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*Crécelles de Kenmare - je n'ai pas inventé cette équipe
** je n'ai trouvé nulle part l'explication pour la communication par cheminée... Si vous savez, n'hésitez pas à me corriger.
Et voilà ^^ Bon, ce chapitre était plutôt long, j'espère que vous êtes arrivés jusqu'au bout sans vous ennuyer.
C'était le tournant de l'histoire, l'arrivée à Manchester. Dites-moi ce que vous en avez pensé :)
Le prochain chapitre sera peut être aussi publié avec un peu de retard, on verra. À la semaine prochaine et n'oubliez pas de laisser un petit mot !
