Hey ! Comment ça va ?

Encore une fois, ce chapitre est très très très en retard.

J'espère tout de même qu'il vous plaira.

Merci à I pour sa review.

Bonne lecture !


Lys Ecarlate


I hate to say it but I told you so

Told you if you left that you were going be miserable

Guess he don't do it like me or else you wouldn't be

Running back to the past, it was you that left me
I hate to say it but you know I'm right

Every time you're up, you're calling for me late at night

But now that you ain't got me, tell me where you going be'

Cause I can't take you back, no, my heart won't let me

Jesse McCartney - Told You So (DEPARTURE)


8/Merci

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- Marcus... Tu ne veux pas dormir ?

...

- Marcus, allez c'est tard...

- Je finis ça.

- Tu me répètes la même chose depuis minuit.

- Je termine et je vais dormir.

- Marcus, tu vas y passer la nuit ! Laisse tomber, tu auras les idées plus claires après avoir dormi un bon coup.

Je soupirai et éteignis la lumière de ma baguette.

Je m'enfilai sous les couvertures. Je cherchais désespérément une stratégie pour le match. Je repassais dans mon esprit tout le jeu des Anglais pour tenter d'en déceler la faille.

Mais je n'en trouvais pas.

Le sommeil s'empara de moi mais ne m'apporta qu'une série sans fin de cauchemars.

.


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- Bien dormi ? demanda Martinson sur un ton très sarcastique

Je secouai la tête en m'asseyant à côté de Stir et Dylan :

- Jamais plus mal.

- Et encore, il a dormi... soupira Dylan. Comment va Wintren ?

- Aucune idée, fit Alan. Il n'y a que deux Irlandais qui se soient pointés aujourd'hui. Finnigan et leur gardien.

- C'est à nous ce soir, lâchai-je d'une voix un peu amère

Le silence se fit. Nous nous regardions tous un par un, en pensant à Wintren. Un de nous pouvait-il mourir lors de ce match ?

Jamais, non jamais, je ne laisserai que ça arrive.

- J'imagine qu'il nous faudra quadruple dose d'entraînement, fit Stanley en me regardant d'un air relativement neutre

- Et une stratégie, complétai-je

- Il est obsédé avec ça, sourit Dylan

- Et il n'a peut être pas tord.

- Marcus, retourne-toi.

J'obéis et remarquai Spark avec l'entraîneur anglais à l'entrée du réfectoire.

Quelque chose fit mouche à mon oreille...

Je ne devais pas faire une stratégie.

Mais deux.

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Ma plume crissait sans interruption sur le parchemin étendu sur ma table. Griffonnant, barrant, entourant... Bref on ne lisait quasiment plus rien.

Je n'avais qu'une certitude et c'était que nous ne devions pas livrer notre stratégie à Spark, mais une fausse.

Mais si on ne trouvait pas par où commencer...

- Allez, viens Flint... ça te viendra en t'entraînant.

Je suivis mon gardien jusqu'au terrain d'entraînement.

Mauvaise nouvelle.

Les Anglais étaient déjà là.

J'eus un millième de seconde l'envie de rester planté à mieux analyser leur technique de jeu mais je me repris, pensant que ça allait nous apporter beaucoup d'ennuis si on se faisait prendre.

Thomas et moi revînmes en arrière et retrouvâmes les autres dans le hall.

Quand nous leur expliquâmes la situation, beaucoup s'affalèrent sur les fauteuils en soupirant.

- Et voilà... C'est raté pour l'entraînement... maugréa Martinson

Spark se mordit la lèvre et dit, d'un ton absolument pas convaincu :

- C'est pas grave... Ce n'est pas si nécessaire.

J'enregistrai.

J'esquissai un sourire narquois :

- Ou pas.

- C'est clair... râla Stanley. On va se faire massacrer ce soir.

Mon cerveau marchait à toute vitesse. Où s'entraîner ?

- Spark, amène-moi ta mallette avec les balles.

- Pourquoi, Flint ?

- Parce que j'ai une idée.

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- Sûr ?

- Mais oui, Spark, ça fera l'affaire. C'est dans la zone sécurisée Anti-Moldus de toute façon.

Un grand terrain vague, où auraient dû se tenir le campement des supporters si il n'y avait pas eu les progrès en hébergement, s'étendait devant nous.

Je sortis ma baguette et me dirigeai vers des arbres. Je me concentrai.

- Des buts ? s'étonna l'entraîneur

- J'ai eu un Optimal en Métamorphose, dis-je

J'ouvris la mallette avec les balles.

Mes camarades s'envolèrent.

Nous n'avions pas dit notre dernier mot.

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- Gauche, gauche, gauche ! Martinson, tu as un problème avec la gauche ou quoi ?

- Désolé !

J'interceptai la balle par le dessus et filai droit vers les arbres-buts.

Je lançai la balle avec rage et Thomas réussit aisément à l'intercepter.

Si tu t'énerves, la balle aura plus de force mais moins de précision.

Qui m'avait dit ça déjà ? C'était du temps de Poudlard, d'avant les problèmes, d'avant le retour du seigneur des Ténèbres, d'avant les crises de ma...

Maman.

C'était elle qui m'avait dit ça.

J'avais onze ans à peine.

Nous reprîmes la Poursuite. Passes à gauche, à droite, au-dessus, depuis le bas, depuis le haut, à même le corps, à distance... Tout y passait.

Mais rien ne me convainquait.

Face aux Anglais tout me paraissait inutile, puéril, digne de débutants.

Je me bloquai et observai mes camarades.

Lloyd et Martinson y allaient à fond, ils faisaient comme si mon humeur ne leur posait aucun problème. Ils continuaient à jouer malgré tout.

Stir et Alan faisaient de leur mieux pour développer quelques techniques pour ralentir ou bloquer les adversaires par surprise, mais rien ne semblait avoir une chance contre les joueurs de McLaggen.

Thomas arrivait bien à parer mais il connaissait aussi notre jeu et savait comment nous tirions.

Quant à Stanley, il était le mieux disposé pour gagner de nous tous mais un danger potentiel taraudait nos esprits : il pourrait subir le même sort que Wintren, voire en pire.

Je soupirai et hurlai :

- Pause !

- Quoi ? Mais on a commencé que depuis une heure...

- J'ai dit pause, alors c'est pause.

Sans plus protester, ils me suivirent au sol et laissèrent leurs balais dans l'herbe. Je m'assis par terre en tailleur, pris mon menton dans ma main et fronçai les sourcils.

- Il nous faut une stratégie... marmonnai-je encore une fois

Dylan soupira et s'assit par terre, bientôt imité par tous les autres.

- Tu te prends trop la tête, Flint.

Je levai la tête vers celui qui avait parlé -Alan- puis la replongeai entre mes mains :

- Je dois en trouver une.

- Je ne pense pas que ça changerait grand chose.

- On ne peut pas les laisser nous écraser ! Non, pas question. Si on doit perdre, qu'on perde vraiment alors ! En ayant essayé, en ayant joué. Je ne veux pas les laisser nous écraser sans leur montrer qu'on ne se serait pas rendus.

Je sentis une main se poser sur mon épaule. Je relevai la tête et vis Spark qui me regardait avec un mélange de fierté et de tristesse. Il avait l'air de quelqu'un qui venait me faire ses condoléances.

Mais il ne dit rien, se contentant de me regarder.

Et moi non plus, je ne fis rien. J'avais l'impression d'avoir le vrai Spark devant moi, celui d'avant les compétitions.

Et je n'étais pas en colère contre le vrai Spark.

Ne te laisse pas abattre.

Ne te laisse pas abattre.

Ne te laisse pas abattre.

Ne te laisse pas abattre.

Ne te laisse pas abattre.

Ne te laisse pas abattre.

Les mots d'Hannah se mirent à tournoyer dans ma tête. J'en perdis presque l'équilibre -et j'étais assis.

- Les Anglais ne sont pas très rapides, murmurai-je comme en transe. Ils ont jeu qui n'a aucune logique. Il n'y a aucun esprit d'équipe... Alors quelle est leur force s'il n'ont quasiment que des faiblesses ?

Mes coéquipiers se regardèrent, étonnés.

- Flint !

Je me retournai. Finnigan, Highsigh, Lowley et Pick arrivaient en courant dans notre direction.

- On vous cherchait, expliqua Highsigh. On n'arrivait pas à vous trouver.

- Il s'est passé quelque chose ? demanda Spark

- Non pas spécialement... On était juste un peu préoccupés que vous ayez disparu. Vu que le match contre les Anglais...

- Les Anglais avaient le monopole du terrain, le coupai-je. Et il faut impérativement qu'on s'entraîne.

- Le monopole du terrain ? répéta Spark

Je me raidis. Qu'est-ce que j'avais dit ?

- Ils ont le monopole du terrain, maugréa Finnigan

- Dis... l'interrogeai-je. Quel était votre état d'esprit ?

- Bah... Qu'est-ce que tu t'imagines ? On allait perdre, de toute façon. Le gardien était carrément hors-service. Il a failli s'endormir trois fois pendant la première demi-heure.

- Tu m'étonnes qu'il ait raté tous les buts...

- Je sais.

- Au passage, comment va Wintren ?

- C'est fini pour lui. Il a juste eu la chance de ne pas mourir. Les médecins ont dit qu'ils ne pouvaient rien faire.

- Désolé.

- Pense à ton match et à tes joueurs plutôt.

Highsigh soupira :

- Et votre état d'esprit à vous ?

- Flint est carrément obsédé avec sa stratégie, fit Thomas. Et sinon, on est juste plus appréhensifs que d'habitude.

Je replongeai dans mes mains :

- Il nous faut une stratégie...

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Après trois heures d'entraînement intensif avec l'aide de Highsigh, Pick et Lowley -Finnigan était reparti pour voir ses joueurs- il se passa enfin quelque chose.

J'avais beau m'entraîner, être à mon meilleur niveau, je sentais que ça ne suffisait pas. Sans stratégie, ça ne marcherait jamais, jamais jamais jamais jamais.

- Allez, Flint, m'encouragea Pick. C'est super ce que tu fais.

Je grognai que non mais elle n'entendit pas.

Soudainement, une masse de nature indéterminée me tomba dessus. Je fus déséquilibré et tombai au sol. Par chance, je ne volais pas très haut.

Je grognai et enlevai la boule de plumes qui s'accrochait à mes cheveux :

- Tu es un hibou ou un kamikaze, toi ?

Je détachai le message à sa patte et le lus, alors que les autres joueurs se regroupaient autour de moi.

Marcus, peut être que je te dérange mais il fallait vraiment que je t'écrive. Je sais que tu ne m'as pas écoutée et que tu t'es laissé abattre. Je le sais, je le sais. Ecoute, j'ai besoin de te parler. Je suis chez ta mère, contacte-moi par sa cheminée. C'est impératif.

Hannah.

- Les gars, dis-je. Vous pourrez vous passer de moi pendant un moment ?

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Spark

- C'est à propos de... ma mère. C'est urgent, je reviens dès que j'ai fini.

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Mauvaise rencontre numéro un.

Dans les couloirs du bâtiment des sportifs, je heurtai la rouquine des Anglais.

- Tu ne peux pas regarder où tu vas, Flint ?

Je l'ignorai et me dirigeai vers ma chambre.

Mauvaise rencontre numéro deux : Ellen.

Elle était plantée devant la porte de notre appartement et me fixait comme si elle voulait me lancer un Avada Kedavra.

- Tu attends depuis longtemps ? dis-je sur le ton de celui qui n'en avait rien à faire

- Assez oui. Alors, tu n'es pas accompagné de ta groupie ?

- Non, je l'ai laissée au terrain d'entraînement.

- Tu t'entraînes avec elle, maintenant ?

- Non, on s'entraîne avec les Ecossais. On ne sera plus adversaires alors on peut se le permettre.

- Tu n'as jamais été du genre à faire des alliances avec tes adversaires. Tu n'avais que des ennemis, même chez tes amis.

- N'importe quoi...

- C'est la vérité. Je ne comprends pas comment tu as pu changer autant. Avant, tu ne te serais pas allié avec les Ecossais et les Irlandais, tu aurais remballé les filles comme Pick, tu aurais joué pour toi tout seul...

- J'aurais, j'aurais... C'est ce que tu attends de moi, ça ? Que je reste le Marcus Flint que tu as connu et détruit ? Désolé de te décevoir mais il a fallu que je me reconstruise et pour ça j'ai dû changer, ne t'en déplaise. Maintenant laisse-moi passer.

- Non.

- Tu ne pèses pas lourd et je peux te faire partir par la force.

- On ne pourrait faire un trait sur ce qui s'est passé ?

- Non.

- Pourquoi ?

- Parce que tu m'as déjà demandé ça avant de me laisser tomber. Maintenant pousse-toi.

- Non. Pas tant que tu ne seras pas sincère avec toi-même. Tu veux me récupérer, pas vrai ?

- Je ne m'accorde pas de seconde chance.

- Là ! Tu es en train de mentir !

- Qu'est-ce que t'en sais ?

- Je le sais, c'est tout.

- Très convaincant.

- Dis-le. Dis-le que tu veux encore de moi.

- J'ai des choses plus urgentes à régler, va-t-en.

Elle fronça les sourcils et se redressa. Je n'eus pas le temps de bouger qu'elle m'avait déjà plaqué contre le mur. Son visage était à deux millimètres du mien :

- Dis-le. Ne mens pas.

Je la repoussai et elle faillit tomber par terre.

- Je ne peux pas me permettre d'être détruit encore plus.

Une fois dit ça, j'ouvris la porte de notre appartement et la refermai à clef derrière moi.

Je soupirai et me dirigeai vers la cheminée.

Je contactai ma mère et attendis.

Le visage d'Hannah apparut immédiatement dans les braises. À mon étonnement, elle avait l'air de celle qui ne dormait pas de la nuit.

- Hé ! Tu es sûre que ça va ?

- Ne t'en fais pas, c'est à cause de... de l'indigestion des souris.

Je souris. Elle éternua et poursuivit :

- Le chat est mort.

- Quoi ?

Je faillis m'étrangler. Le virus était mortel pour les sorciers.

- Mais ce n'est pas de ça que je voulais te parler. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'affreux sentiment que tu es en train de sombrer.

Je cillai :

- Comment est-ce que...

- C'est vrai ?

- Un peu oui, avouai-je sentant qu'il ne servait à rien de lui mentir

Elle soupira avant d'éternuer.

- À tes souhaits.

- Merci. Marcus. Tu sais que ce n'est pas grave si tu perds.

- Oui, je le sais. Mais je ne veux pas perdre sans avoir joué. Je n'arrive pas à trouver une stratégie qui nous donnerait un avantage. Et en plus il faudra faire attention... Ou on pourrait être... je veux dire, comme Wintren.

- Comment va-t-il ?

- Finnigan a dit que c'était fini pour lui.

- Il est mort ?

- Non. Les médecins ne peuvent rien faire.

- Ce n'est pas possible.

Je sursautai :

- Quoi ?

- J'ai vu comment il a été frappé. Il suffit de lui administrer une potion de croissance osseuse rapide.

- Comme celle de Poudlard ?

- Non. Il y a encore plus efficace pour les hôpitaux et cliniques, ça s'appelle PCOR. C'est étonnant que vos médecins ne le sachent pas. C'est même louche.

- J'irai voir.

- Bonne idée. Décidément, rien ne tourne rond à Manchester.

- Quoi ?

- Je sens mal les Anglais. Il y a quelque chose qui me paraît peu convaincant chez eux.

- Explique-toi.

- Ils ne tirent pas leur force de leurs joueurs mais de ceux de l'équipe adverse.

Je manquai de tomber à la renverse.

- Marcus ? Tout va bien ?

- J'ai trouvé ma stratégie.

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- Hé Finnigan !

- Flint ? Qu'est-ce que tu fabriques ici ?

- Viens avec moi.

- Où ?

- À l'infirmerie.

Il me suivit sans protester. Il ne devait pas comprendre ce qui me passait par la tête mais il préférait sans doute ne pas se poser de questions.

Quand nous poussâmes la porte de l'infirmerie, une Médicomage vint immédiatement à notre rencontre :

- Que puis-je faire pour vous, Messieurs ?

- Comment va Wintren ? demandai-je

- Pas mieux, Monsieur. Mais il est réveillé.

Je décochai un coup de coude à Finnigan. Il me regarda sans comprendre. Il opta alors pour la solution que j'espérais qu'il prenne :

- Je peux le voir ?

- Je pense que oui. Je vais demander.

Elle s'éloigna et Finnigan en profita pour me rendre le coup de coude dans les côtes :

- Qu'est-ce qui t'a pris ? siffla-t-il

- Ecoute. Va voir Wintren pendant que je cherche quelque chose.

- Tu ne comptes pas te doper, j'espère.

- Non. Je cherche une solution à tes problèmes.

La médicomage revint et annonça qu'on pouvait aller voir Wintren. Finnigan la suivit et je prétextai un entraînement pour m'excuser de ne pas venir.

Une fois seul, je cherchai du regard l'armoire à potions.

- Tu cherches quelque chose, Flint ?

Je me retournai et vis que Garet Stacy, l'armoire à glace écossaise, me regardait.

- Euh... Oui.

Il haussa un sourcil. Je me dis qu'il accepterait sûrement de m'aider si c'était pour une cause qu'il partageait.

- L'armoire à potions. Pour Wintren.

Il croisa les bras et fronça les sourcils :

- Tu cherches l'armoire ou une potion ?

- Euh... Une potion.

Il hocha la tête et désigna ma baguette. Je compris immédiatement et me frappai mentalement d'avoir oublié la magie.

- Accio PCOR.

Je n'eus à attendre que quelques secondes avant qu'une bouteille d'un litre ne me fonce dessus.

- Ouch ! fis-je en la rattrapant

- Qu'est-ce que c'est ?

- La preuve que les médecins ont menti. Wintren peut être aidé. Est-ce que tu pourrais me rendre un service, Stacy ?

- Tant qu'il ne s'agit pas d'un coup fourré.

J'esquissai un sourire perfide et attrapai un parchemin sur le bureau de la médicomage. Une fois le message écrit, je le donnai à Stacy avec la bouteille. Il le lut :

- Si vous êtes incapables de sauver des gens, nous le ferons à votre place. Qu'est-ce que tu veux faire, Flint ?

- Quand j'aurais éloigné la médicomage, va voir Wintren et donne-lui la potion. Laisse le message sur la table de chevet.

- Tu es dingue.

- Je sais.

Je me précipitai vers la chambre de Wintren et interpelai l'infirmière. Je prétendis avoir à lui parler en privé et elle me suivit sans poser de questions.

Je l'emmenai assez loin, mentis en disant que j'étais le cousin du blessé et commençai à lui parler de la famille de Wintren, des certificats d'accident de travail et d'un tas de questions administratives qui l'occupèrent bien.

Quand je vis enfin Stacy sortir de l'infirmerie, je souris et courus le suivre en laissant la médicomage en plan.

Une fois dehors, Stacy explosa de rire, ce à quoi je ne m'attendais pas.

- Flint, tu es une vraie tête brûlée.

- Non je suis un Serpentard. Si la solution ne vient pas d'elle-même, on la fait venir.

- Et d'où t'es venue cette idée ? Avoue que tu n'y as pas pensé tout seul.

Je ris :

- Secret professionnel.

- Personnel, tu veux dire.

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- Qu'est-ce que tu fabriquais ?

Je fis un signe évasif de la main et répondis :

- J'ai eu un contretemps.

- Rien de grave ?

- Non, Dylan. Mais j'ai une très bonne nouvelle.

Tout le monde, Spark et les écossais compris, se retournèrent et me dévisagèrent en attente.

- J'ai ma stratégie.

Dylan et Martinson explosèrent de rire, les autres les suivirent immédiatement.

- Tu ne penses vraiment à rien d'autre, plaisanta Lowley

Je lançai un regard d'avertissement à Spark :

- Ce qui va se dire ici ne doit absolument pas tomber dans les oreilles des autres entraîneurs, compris Spark ?

Il sursauta, bafouilla un ou deux mots incompréhensible puis finit par dire :

- Compris, Flint.

J'avais opté pour une seule stratégie et pas deux.

J'entrepris de leur exposer mon plan. Peu à peu, au fur et à mesure que je parlais, je voyais les visages de mes camarades reprendre leur lueur d'avant. Celle de ceux qui ne se rendent jamais.

Nous reprîmes donc l'entraînement avec dix fois plus de motivation.

Au bout d'une heure, et après les étirements évidemment, nous fîmes notre pause repas.

- Hé ! s'écria Stir tout à coup. Il y a deux balais qui arrivent vers nous.

- Si c'est McLaggen, je le massacre... maugréai-je en mordant dans mon repas

- Non. C'est Finnigan et...

Je me levai en sursaut avant qu'il n'ait pu terminer sa phrase.

Les deux irlandais se posèrent et coururent vers nous. Finnigan ne s'arrêta pas et me renversa par terre :

- Tu es un génie, Flint ! Tu es un génie !

- Aïe... Tu me fais mal.

Il s'excusa et m'aida à me relever. Je me tournai vers son coéquipier :

- Bien revenu dans le jeu, Wintren.

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Je finis d'enfiler mon maillot et m'affalai sur le banc du vestiaire.

Il ne restait que quelques minutes avant le coup d'envoi de notre match face aux Anglais.

Je sentis quelque chose dans ma poche. Intrigué, j'y plongeai ma main pour en ressortir un morceau de parchemin tout froissé. C'était le message d'Hannah qu'elle m'avait envoyé le jour de notre départ.

Je le relus et souris.

Je la remerciai mentalement et remis le message dans mon sac.

- Prêts ? demandai-je à mes camarades

Ils sourirent et je pris ça pour un oui.

- Thomas, n'oublie pas de ne rien boire.

Spark entra avec Haley et s'adressa à moi :

- Quelqu'un veut te voir avant que ne commencent les visites.

Je haussai un sourcil. Spark laissa entrer alors ce fameux quelqu'un.

- Ellen... Décidément tu ne peux plus te passer de moi aujourd'hui.

Elle serra les poings et je compris que j'avais touché un point sensible.

- C'est pour toi, me dit-elle en me lançant un paquet mou et blanc

- Euh...

- Et, au passage, je réitère la question que je t'ai posée tout à l'heure.

Je soutins son regard sans rien dire.

- Alors ? insista-t-elle

Je n'ouvris pas la bouche. Ou plutôt, je n'entendis même pas qu'elle m'avait parlé. J'avais plongé dans mes pensées.

Ellen n'était plus la seule maintenant. Je l'aimais, oui, mais la douleur était encore trop vive et malgré toute l'envie que j'avais de me remettre avec elle, il y avait quelque chose en moi qui ne pouvait pas le faire.

En plus, j'avais une chance avec une autre fille. Que je n'aimais pas autant qu'Ellen mais qui, contre toute attente, me plaisait bien. Katharina Pick.

Non. Je ne pouvais pas lui donner une réponse. Parce que je n'en avais pas.

- Voir réponse précédente, me contentai-je de siffler

Ellen me décocha un coup de pied et sortit des vestiaires en courant.

- Une scène de ménage avant un match ! plaisanta Martinson. Voilà quelque chose de drôle.

Je ris avec les autres mais au fond de moi, j'étais très sérieux.

- On peut procéder aux visites, annonça Spark

Nous sortîmes, serrâmes la main au ministre délégué qui nous noya de louanges et finalement, pûmes aller vers nos familles.

Vasco me salua de façon très enthousiaste, me renversant quasiment. Ce n'était pas ma journée de l'équilibre...

Mon père était seul. Je ricanai :

- Tu t'es fait larguer ?

- Je devrais t'en remercier, maugréa-t-il

- C'était un plaisir, Père.

Il fronça les sourcils et posa la question à laquelle je m'attendais le moins :

- Comment va ta mère ?

Un silence tomba violemment entre nous trois.

- Bien, mentis-je

Il n'avait pas besoin de savoir la vérité.

Vasco enchaîna vite sur le match, pour empêcher Père de poser davantage de questions. La stratégie fonctionna.

Au bout de plusieurs minutes, Haley nous interpela :

- C'est l'heure d'y aller, Messieurs.

- Bonne chance, me salua mon frère

.

.

- ...et voici la deuxième équipe ! Les Gallois, qui ont gagné leur dernier match -contre les Ecossais. En tête, le Poursuiveur et Capitaine Marcus Flint, suivi des deux autres Poursuiveurs, Dylan Lloyd et Bledri Martinson. Viennent ensuite les Batteurs, Gil Alan et Peter Stir, le Gardien Eliot Thomas et l'Attrapeur Lucky Stanley !

Nous devions faire le tour du terrain mais nous restâmes groupés, nous contentant de nous mettre en place directement.

- Apparemment, les joueurs du Pays de Galles ne sont pas d'humeur à faire la fête !

Martinson me lança un regard amusé. Le commentateur ne pouvait pas savoir que ça faisait partie de notre stratégie.

- Tiens-toi prêt, lançai-je à mon Poursuiveur

Il m'adressa un pouce levé.

Merlin, faites que ma mère entende mes paroles.

- Maman... murmurai-je

Je fermai les yeux :

- Je t'aime.

J'ouvris les yeux au mauvais moment, car le journaliste volant nous aveugla pile à ce moment-là.

- Merci... râlai-je

- Bonne chance ! nous lança-t-il avant de filer vers les Anglais pour les prendre sous tous les angles.

Je cherchai les Ecossais et les Irlandais dans les gradins. Je les trouvai à côté de notre fan-club -ou plutôt nos frères et soeurs. Je m'étonnai de voir Spark assis avec eux.

Je leur adressai un pouce levé et ils se levèrent pour hurler nos noms. Dylan se retint d'éclater de rire.

- Il y a de l'animation chez les supporters des Gallois ! beugla le commentateur. On dirait que l'équipe de Flint n'a pas l'intention de s'incliner face aux invincibles Anglais !

Invincibles, mon oeil.

- En place !

Thomas fila vers ses buts, Stir et Alan reculèrent un peu, Stanley monta en chandelle. Quant à nous, les Poursuiveurs, nous nous mîmes en ligne face aux trois Anglais.

- Prêts ?

Je lançai un regard à Dylan. Weaslette et ses acolytes le virent et se mirent en alerte.

- C'est parti !

Dylan plongea, les Anglais à sa suite. Mais Martinson fut celui qui attrapa la balle.

- Ouh ! Départ chaotique ! Les Gallois ont donc encore quelques tours restants dans leur sac ! Flint et Martinson filent vers les buts de McLaggen ! Les voilà rejoints par Lloyd ! Les Poursuiveurs Anglais sont à leurs trousses ! Martinson passe à Flint ! Weasley les a presque rattrapés ! Encore un peu et elle y est !

Je me retournai et remarquai que la rouquine était bien plus loin que ce que disait le commentateur.

J'accélérai et nous déviâmes vers la droite, toujours en ligne.

- Les Gallois ont encore une de leurs idées étranges !

Tu les trouvais géniales, nos idées la dernière fois.

Je passai à Dylan.

- Baisse la tête, Flint ! me hurla la voix de Stir

J'obéis. Un Cognard passa à côté de ma tête. Les gens avaient officiellement décidé que je devais mourir décapité !

Nous n'étions plus qu'à quelques mètres de McLaggen. Lloyd me passa le Souaffle. Je m'arrêtai et armai mon tir. Lloyd et Martinson continuèrent d'avancer. Je tirai.

McLaggen attrapa presque la balle mais Martinson fut plus rapide et s'en empara pour tirer dans le but de droite.

- But pour les Gallois ! C'est impossible ! McLaggen a raté un but !

Nous n'allions sûrement pas gagner mais tant que nous pouvions montrer que nous n'étions pas des incapables, j'étais prêt à me battre jusqu'au bout.

Le match reprit avec une vitesse et une violence supérieures à ce que nous avions pu tester auparavant. Les Anglais nous en voulaient et le faisaient sentir. Stir et Alan n'avaient pas un instant de répit. Les Cognards volaient dans tous les sens et nous manquaient parfois de peu.

En une heure, nous réussîmes à marquer trois autres buts sur douze tentatives. Les Anglais en marquèrent cinq mais Thomas leur donnait beaucoup de fil à retordre.

Quand le Vif d'Or fit sa première apparition, nous étions à quatre-vingt-dix pour l'équipe de McLaggen contre cinquante pour nous.

Le match dura en tout trois heures.

Nous passâmes la barre des cents points, contre toute espérance, surtout grâce à ce boulet de Stir qui, en voulant renvoyer un Cognard sur Wesalette, manqua et le tira contre McLaggen. Le lionceau suicidaire fut déconcentré, et pour sauver sa peau, dut laisser passer le Souaffle.

Mais les Anglais avaient dépassé deux cents points..

Ils marquèrent leur vingt-cinquième but avec facilité puisque Thomas le laissa passer. Weaslette avait lancé la balle tellement fort qu'elle aurait pulvérisé le poignet de notre Gardien. Et j'avais été clair à ce sujet. Je ne voulais pas de blessés.

- Je vois qu'il écoute les ordres, fis-je à Alan quand le score fut scandé par un commentateur au comble de l'excitation

- Poignet cassé ou pas, tu l'aurais obligé à faire des pompes s'il avait désobéi.

- Très drôle.

- À ce point-ci, s'introduisit Stir, on s'en moque un peu si on perd, pas vrai ?

J'ouvris la bouche pour répondre mais je n'eus pas le temps : Stanley venait de s'élancer.

- Le Vif d'Or est revenu ! beugla le commentateur

L'Attrapeur Anglais réalisa tout à coup ce qu'il se passait et se lança à la poursuite de Stanley. Mais il avait un trop grand retard à rattraper.

- Tenez-vous prêts, les Batteurs ! ordonnai-je

Alan plongea sur le Cognard déjà dirigé vers notre Attrapeur et le renvoya beaucoup plus loin.

Stanley plongea. Williams tenta d'accélérer mais il avait perdu trop de temps.

Notre Attrapeur tendit son bras.

Stir renvoya de justesse l'énième Cognard.

- Les Gallois ont décidé de ne pas laisser leur Attrapeur finir comme Tony Wintren.

Lloyd s'empara du Souaffle. Il me fit la passe. Mosley, le Poursuiveur Anglais, plongea sur moi pour me faire tomber de mon balai. Il faisait la moitié de ma masse corporelle. Il me heurta si fort qu'il en rebondit presque.

Je passai la balle à Martinson.

Tout à coup, tout s'arrêta.

Je me retournai vers les Attrapeurs.

- Stanley a le Vif d'Or ! Ce qui fait... Deux-cent-cinquante à deux-cent cinquante !

- Egalité ? m'étranglai-je. On est arrivés à... Egalité ?

J'avais l'impression que le monde s'était effondré. Au fond de moi, je pensais que ma stratégie n'aurait marché que jusqu'à un certain point. Et pourtant nous étions à égalité.

Je compris alors.

Les Anglais ont le monopole du terrain et leur force vient de leur adversaire. Mais pas de la force de leurs adversaires. De leur conviction que de toute façon, ils allaient perdre.

Je regardai mes camarades avec des grands yeux.

- Quoi ? fit Martinson

Alors ça ! Eux qui répétaient sans cesse qu'on allait se faire massacrer -moi aussi d'ailleurs...

- Tu savais qu'on avait une chance, pas vrai ? lançai-je à mon Poursuiveur

- Quoi ? Pas toi ? C'est pourtant toi qui nous l'a fait comprendre.

Hannah. Hannah, merci. Merci.

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Et voilà, chapitre huit.

Au départ, j'avais décidé que les Gallois allaient être écrasés par leurs adversaires mais je ne sais pas trop comment, ils ont réussi à égaliser. Boh...

Alors ? Qu'en avez-vous pensé ?

Les règles sont peu présentes parce que Marcus a d'autres problèmes plus urgents ^^

Laissez-moi une petite review :)

À la semaine prochaine !