Disclaimer (que j'oublie toujours décidément) : Harry Potter appartient à JKR.

Hey ! Comment allez-vous ? Grande première, ce chapitre est en avance et sans raison apparente. Par contre, ça veut dire qu'il n'y aura pas de chapitre dix ce week-end (sauf si il est écrit et terminé).

Grosse déception : il n'y a eu qu'une seule review (au passage je remercie I pour avoir laissé un petit mot:)).

Si personne ne lit plus, je serai obligée d'arrêter de publier et je pense que ce serait dommage, autant pour moi que pour ceux qui aiment cette histoire.

Bon, sur ce, on se retrouve en bas et bonne lecture ! (si tant est que je ne parle pas toute seule...)


Lys Ecarlate


9/Dilemme

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- Marcus.

Je relevai la tête. J'aurais dû m'y attendre, mais de voir mon frère à cette heure-ci de la journée me surprit quand même.

- Tu n'as pas cours, Vasco ? lui demandai-je

Il ne répondit pas.

- Tu sèches, pas vrai ?

Il resta quelques secondes sans rien dire puis hocha la tête.

Je secouai la tête en étouffant un rire :

- Ne prends mes mauvaises habitudes.

Il sourit. Toujours sans dire un mot, il s'affala sur mon lit.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? lui demandai-je

- Rien...

Ce gros mensonge me fit ricaner :

- Il n'y a jamais rien avec toi.

Il sospira mais ne me donna pas plus d'informations.

- Vasco.

Il leva la tête vers moi.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

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- Oh hé ? Tu dors ?

Je sursautai. J'étais assis sur mon lit, torse nu avec un maillot à la main.

- Il faudrait que tu arrêtes de t'absenter momentanément.

Je passai ma main dans mes cheveux trempés à cause de la douche.

- Tu n'es pas très bavard ce matin, Marcus.

- J'ai faim, lâchai-je sans trop savoir pourquoi

- Si tu finis de t'habiller un jour, on pourra aller manger.

Je lançai à mon coéquipier, Dylan Lloyd, un regard mécontent. Il éclata de rire et j'enfilai en vitesse mon maillot.

- Et si tu arrêtes de rire, on pourra peut être sortir de cette chambre, Lloyd.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Preuve qu'il était encore assez réactif.

Nous descendîmes jusqu'au réfectoire. Les deux Batteurs, Peter Stir et Gil Alan, étaient déjà à notre table. Les autres devaient encore dormir.

- Hey ! nous salua Alan. Bien dormi ?

- Si Marcus ne m'avait pas forcé à me réveiller, je ne serais pas là à l'heure qu'il est... répondit Dylan

Stir sourit et mit un bout de pain dans sa bouche. Il mit sa main sous la table et en sortit le quotidien sportif qu'il me tendit.

Le gros titre me laissa un peu perplexe.

Nouvelle victoire des Anglais : seront-ils les nouveaux champions du Royaume Uni ?

- Alors, ils ont décidé de nous départager à leur manière...

- Oui, m'expliqua Stir. Ils ont choisi l'équipe qui avait le plus de points avant la prise du Vif d'Or. Ce n'est pas très juste, non ? Ils auraient dû prendre l'équipe qui l'avait attrapé.

- Qu'est-ce que tu veux ? soupira Dylan. Le sort a décidé que les Anglais allaient gagner.

- Je me demande qui ils affronteront en finale.

- Qui est en tête avec les points ? demandai-je

- Les Ecossais et les Irlandais ont zéro, les Anglais deux et nous un.

- Ce soir c'est l'équipe de Highsigh contre celle de Finnigan. Et bien ça promet...

Je me retournai pour voir si les Ecossais étaient là.

Il y avait Lowley, Stacy, Illian et Highsigh. Pas celle que je cherchais.

- Alors ? Qui va-t-on aider ? me demanda Alan

- Les Ecossais, répondis-je. On ne peut pas s'entraîner avec les Irlandais tant qu'on ne les aura pas affrontés.

- Il a raison.

Je me retournai et vis Finnigan dans mon dos qui souriait.

- Mais ça viendra bientôt, Flint.

Il s'éloigna pour rejoindre sa table. Je secouai la tête.

Stir se mordit la lèvre :

- Je sais que ça n'a rien à voir mais... La fille qui t'a donné le paquet hier soir...

- Ellen Richards ?

- Oui.

- Quoi ?

- C'est ton ex, pas vrai ?

- Oui, et alors ?

- Je trouvais ça juste... drôle...

Et moi je trouve drôle ta façon d'être en couple.

Je retins un ricanement.

- Lloyd, fit Alan. Il y a ça pour toi. Un hibou l'a déposé tout à l'heure.

Il désigna un parchemin roulé au bout de la table. Dylan l'attrapa et l'ouvrit.

Je ricanai :

- On parie que c'est Erika ?

- Bonne pioche, plaisanta Dylan. C'est elle.

- Il n'y avait que cette option-là.

- Pourquoi ? voulut savoir Stir

- Mes parents ne m'écrivent jamais, expliqua Lloyd. Mon père passe son temps dans les tavernes et n'a plus la capacité de prendre une plume quand il rentre. Ma mère me déteste et je n'ai jamais compris pourquoi. Ma soeur est occupée avec son bébé et son mari me déteste aussi -et encore une fois je ne sais pourquoi. Il n'y a donc qu'une seule personne restante : Erika, ma copine.

Dylan sourit et replia la lettre de sa copine.

Je n'avais jamais parlé à Erika -règle numéro un obligeant. Je l'avais vue plusieurs fois avec Dylan à la fin des matchs. J'avais compris aussi qu'elle ne pouvait pas venir à Manchester pendant les trois premiers jours de compétition à cause de son travail. Donc logiquement, elle devait arriver aujourd'hui. Nous étions lundi.

- Mais on a tous une copine ? demanda Stir

- Non, répondis-je. Pas moi.

Le silence tomba. Dylan et Alan tentèrent tant bien que mal de cacher leurs sourires amusés -en souvenir sans doute des scènes que j'avais pu faire.

Je me retournai vers la porte. Pick et Dubois entraient à l'instant. Le lionceau volant. Je l'avais oublié celui-là...

La Poursuiveuse vit que je la regardais, sourit et m'adressa un signe de main. Dubois fronça les sourcils et me lança un regard de reproche.

Quoi ? Pas touche, c'est ça ? Rêve.

Pick se dirigea vers moi, tout sourire :

- Alors ? Toujours champions ?

- On a officiellement perdu, l'informai-je en lui montrant le journal. Mais dans nos têtes, on a égalisé.

Elle sourit :

- Re-bravo à ce sujet-là. C'est à nous ce soir, contre les Irlandais. J'espère que vous allez nous rendre la pareille, pour ce qui est de l'entraînement.

Je lui adressai un pouce levé, qui la fit sourire de plus belle.

- Dites-nous juste l'heure.

- De deux à cinq cet après-midi.

Je vis du coin de l'oeil qu'Ellen était entrée. Je souris et fis signe à Pick de s'approcher. Elle se pencha en avant et je murmurai à son oreille :

- Donc ce matin tu es libre ?

Elle se redressa, son visage illuminé par un mélange de surprise et de joie :

- Oui.

Dubois vint s'incruster à ce moment-là :

- Tu ne viens pas Kat ?

- J'arrive.

Dubois m'avadakedavrisa du regard avant de retourner à la table des écossais.

Mes coéquipiers se levèrent, je les imitai. Avant de partir, je glissai à Pick :

- Dans une heure dans le hall ?

Elle sourit :

- Ça marche.

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Quand nous arrivâmes à la porte de notre appartement, nous entendîmes un homme hurler.

J'ouvris la porte et les deux personnes qui se disputaient se figèrent comme des statues.

Spark et l'entraîneur anglais.

- Qu'est-ce qu'il fiche ici celui-là ? sifflai-je

L'anglais m'adressa un sourire perfide et hypocrite -digne de ceux que je faisais :

- Marcus Flint ! Toutes mes... félicitations ? pour votre performance d'hier.

Je sourcillai et hochai la tête, autant hypocrite que lui :

- Je vous remercie.

- Vous êtes un très fin joueur, vous perdez votre temps dans cette équipe.

- Je vous remercie mais je suis le seul à décider et je préfère mille fois mon équipe à celle de McLaggen.

Une déception profonde se lut sur son visage patibulaire. Mais surtout, j'avais touché un point sensible. Non monsieur, les Anglais ne sont pas l'idole des Gallois.

Il fit pour quitter la pièce mais avant, il lança un regard de reproche à Spark.

La porte claqua derrière lui. Je m'adressai à Spark, amer :

- On peut savoir ce qu'il voulait ?

- Rien, m'assura Spark. Il est fâché à cause... de rien, d'hier. C'est tout.

Je me raidis : ça, c'était triplement louche.

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Je m'affalai sur mon lit, la tête dans le coussin.

Je pensai à ma mère. J'étais très rassuré de savoir qu'Hannah était avec elle et s'en occupait. Mais j'avais au fond de moi, une peur terrible, une énorme angoisse qui me tiraillait les tripes.

J'avais un mauvais pressentiment qui n'avait pourtant aucune justification.

Je lançai un sort à mon coussin pour qu'il me réveille dans trois quarts d'heures et profitai de ce laps de temps libre pour m'assoupir.

Mauvaise idée de demander à un coussin de vous réveiller. Il enregistre : vous frapper à mort jusqu'à ce que vous leviez le sort.

Et après un long moment où je faillis y laisser ma peau -contre un coussin, lamentable...- je pus enfin sortir de ma chambre.

J'avertis Martinson -le seul que je réussis à trouver rapidement- de ne pas me chercher pendant quelque temps. Il hocha la tête et retourna à la lecture de son journal.

J'eus juste le temps d'entrevoir le gros titre : Médicomage gallois mort, que nous cache le gouvernement ? avant de sortit de l'appartement.

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Je trouvai Pick exactement à l'endroit où je lui avais donné rendez-vous. Alors Highsigh avait raison : elle était bien prête à tout.

Et moi, j'avais juste envie de m'accorder une pause.

- Hey ! lui lançai-je. Je vois que tu n'y as pas repensé deux fois.

- Absolument pas, m'assura-t-elle avec un sourire éclatant

Pick était bien plus grande qu'Ellen d'au moins vingt centimètres. Elle avait de longues boucles châtaines qu'elle attachait toujours en queue de cheval haute pour les matchs. Elle avait de grands yeux bleu-gris et un sourire relativement aveuglant.

- Alors ? me demanda-t-elle. On va où ?

- Tu as une préférence ?

- Pas vraiment.

- Alors je t'invite prendre un verre dans le centre.

- Moldu alors. Du côté sorcier il y a trop de journalistes et de fans de Quidditch envahissants.

- Adjugé alors.

Je lui tendis mon bras qu'elle prit avec joie. Avant de quitter le bâtiment, je me retournai et vis Ellen qui me regardait partir en fulminant.

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- Tu prends quoi ?

Pick et moi avions pris une table dans un bar moldu du centre de Manchester. J'avais de l'argent non-sorcier sur moi -sans vraiment trop savoir pourquoi je l'avais gardé dans la poche de ma veste- vu que je vivais en banlieue moldue à Cardiff.

Je commandai un café -c'était la seule chose que je connaissais, à cause de mon voisin de palier qui en déblatérait pendant des heures si j'avais le malheur de le croiser.

Pick fit de même car elle ne devait pas en savoir plus que moi sans doute.

- Tu es né-moldu ? me demanda-t-elle tout à coup

- Non... répondis-je avec une certaine amertume. Tout le contraire.

- Tu as l'air de bien t'y connaître alors.

- Absolument pas.

Elle me sourit :

- Alors ? Je dois t'appeler Flint ou Marcus ?

J'esquissai à mon tour un sourire en coin :

- Marcus, j'imagine.

- Et ce sera Kat' pour toi.

Le serveur arriva avec le café. Etonné, j'observai la boisson noire devant moi. Je pris la tasse brûlante dans mes mains et bus une gorgée.

- C'est sacrément amer, commenta Kat' en écho avec mes pensées

Je posai le café sur la table et plantai mon regard dans celui de ma camarade :

- Tu es depuis longtemps dans l'équipe de Highsigh ?

- Trois ans à peu près. Avant j'étais dans une plus petite équipe qui s'est cassé la figure.

- On ne trouve pas beaucoup de filles dans les équipes de Quidditch.

- Pas au Royaume-Uni, c'est vrai.

- Aucune fille ne s'est jamais présentée dans notre équipe. On était trop peu connus sans doute.

- Ce qui est sûr c'est que ça n'est plus le cas. Vous devriez être dans les favoris maintenant.

- Non. Les fans me détestent pour la simple raison que ma famille -mon père- a servi dans le camp du Seigneur des Ténèbres pendant la dernière guerre.

- Oh ça... On est deux alors.

- Sérieux ?

- Les gens ne sont pas au courant mais mes anciennes connaissances, amis et camarades d'école m'ont rejetée pour cette raison après la guerre. Du coup, j'ai pris le nom de ma mère.

- J'ai le nom de ma mère aussi. Mais personne ne le sait, ça n'apparait que sur les papiers.

- On ne devrait pas être condamnés pour les choix de nos parents. Mais bon, nous avons réussi à arriver là où on voulait, c'est ce qui compte. Mon père a été anéanti pendant les combats, je n'ai donc plus rien à craindre.

Je pouffai avec mépris :

- Mon père a été innocenté.

- Quoi ? On a pas trouvé la preuve qu'il n'était pas sous Impérium ?

- Entre autres. J'aimerais bien qu'il soit en train de croupir à Azkaban pour l'éternité.

- Quel amour...

- Parlons d'autre chose. Alors comme ça, tu es une charmeuse en série ?

Elle cilla puis sourit :

- Je vois que ma réputation est arrivée jusqu'à toi. C'est Ewan qui t'en a parlé, pas vrai ?

- Oui. Mais ça se voit quand même.

- Par contre, ça n'a pas tant l'air de te déranger. Ou tu ne serais pas ici.

- Je t'avoue qu'en fait je n'approuve pas ce genre de pratiques. Le dernier charmeur en série que j'ai rencontré m'a pourri la vie.

- J'ai entendu dire. Mais, moi, je préfère les hommes célibataires.

Elle m'adressa un sourire charmeur que, par jeu, je lui rendis :

- Je hais ce mot.

- Lequel ?

- Célibataire.

- Le seras-tu encore longtemps ?

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Après le bar, Kat' et moi marchâmes un moment puis rentrâmes du côté sorcier.

Elle me draguait ouvertement et je lui rendais souvent la pareille.

Elle était sympathique comme fille. Relativement ouverte, sûre d'elle même, très directe... À part le Quidditch, nous partagions plusieurs intérêts comme la lecture -oui je ne suis pas un demeuré qui n'ouvre pas un grimoire de sa vie- ou la Métarmorphose.

En bref, je l'appréciais bien.

Peut être pas assez pour envisager une relation plus... approfondie.

Une fois rentrés au bâtiment des sportifs, elle me salua pour aller au briefing avec son équipe. Avant de partir, elle m'embrassa sur la joue.

Quand je fus seul, je m'étirai, bâillai et m'affalai sur un des fauteuils du hall. Je venais donc de faire quelque chose qui ne me ressemblait pas. Mais ça ne me dérangeait absolument pas.

- Te voilà, toi !

Je sursautai. Je me levai et fis face à Ellen, qui m'assassinait du regard comme jamais.

- Alors ? cingla-t-elle. Comment c'était avec ta groupie ?

- Très bien merci, répliquai-je avec mépris

Elle me poussa, ne réussissant qu'à me faire reculer de trente centimètres :

- À quoi tu joues ? On peut savoir ? Tu fais ça seulement pour m'énerver, pas vrai ?

- En tout cas, si c'était le cas, j'aurais déjà bien réussi.

- Ce ne serait pas plus simple de faire une croix sur les derniers mois et recommencer à zéro ?

- Non.

- Et pourquoi ? Explique-moi juste pourquoi !

Je lui tournai le dos. Si elle voulait savoir, qu'à cela ne tienne :

- Parce que je ne t'ai pas pardonné. Parce que je ne me suis pas pardonné non plus. Il n'y aura plus rien tant que je ne serais pas assez stable pour supporter de voir ta tête sans repenser à ce que tu m'as fait.

- Et ça prendra combien de temps ?

Je soupirai, fis volteface, plantai mon regard dans le sien et répondis d'un ton impitoyable :

- Peut être toute la vie.

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Le reste de la matinée se passa quasiment sans encombres -hormis un petit accrochage avec des Anglais dans un couloir, une énième dispute avec Spark et une envie folle de massacrer les journalistes.

Quasiment sans encombres...

Comme promis, l'après-midi nous nous entraînâmes avec les Ecossais.

Nous n'utilisâmes pas le terrain du bâtiment des sportifs cependant, mais celui que nous avions aménagé la veille.

L'équipe de Highsigh était forte, ça nous le savions déjà. Dans un certain sens, c'était un soulagement de ne plus avoir à les affronter.

Les trois heures d'entraînement nous aidèrent autant les uns que les autres, puisque nous le faisions sous forme de match. Les risques en moins -surtout que leurs Batteurs étaient vraiment forts.

Par contre, Kat' n'arrêta pas de m'adresser des signes et de me taquiner pendant toute la durée du "match". Je vis bien que ses coéquipiers -et les miens aussi- l'avaient remarqué. C'était assez déconcentrant.

Au bout des trois heures, je hurlai à mes joueurs :

- Etirements !

Ils rirent avant de s'exécuter. Les Ecossais nous regardèrent, intrigués. Une fois terminé, nous repartîmes vers le bâtiment des sportifs pour nous changer.

En chemin, je discutai avec Highsigh. Ce qui était drôle c'était qu'il faisait une demie tête de moins que moi.

Vers la fin du trajet, j'appris qu'il était sorti avec Kat deux ans auparavant et que ça n'avait pas été sa meilleure expérience en matière de relations sentimentales.

Je grimaçai : moi aussi j'avais vécu une expérience pas très agréable.

Mais pas avec Kat.

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Vers six heures, je transplanai jusqu'à l'appartement que mon frère et mon père louaient dans le centre du Manchester Sorcier.

Il était de taille moyenne, pas très aménagé mais sincèrement moins provocateur de migraines que le hall du bâtiment des sportifs.

Et il avait une cheminée.

- Alors ? me demanda mon frère une fois que nous fûmes affalés dans le canapé. Pas trop crevé ?

- On survit. Mais je suis très fatigué.

- Tu joues demain ?

- Seulement si les Irlandais gagnent. S'ils perdent, on jouera après-demain.

- J'imagine que tu vas profiter du match de ce soir pour analyser le jeu de l'équipe de Finnigan.

- Tu me connais, je fais ça à chaque fois.

- Tu es un bon stratège, il faut dire. Ce n'était pas le cas à Poudlard. Vous n'étiez pas la meilleure équipe.

- Quand les Gryffondor ont eu Potter ils sont devenus les favoris. Mais dans une équipe, on ne peut pas compter que sur l'Attrapeur. Sinon, les autres joueurs ne serviraient à rien.

- C'est vrai qu'on ne se concentre que sur eux...

- Highsigh, Wintren, Williams... Ils reçoivent plus d'attentions que leurs coéquipiers. Remarque, Stanley fait assez exception à la règle.

- Tout simplement parce que vous l'équipe qui a le moins de supporters.

- Seulement un groupe d'adolescents qui hurlent et braillent pendant tout le match...

- Je me demande de qui tu parles.

Nous éclatâmes de rire. Ce fut à ce moment-là que mon père entra dans la pièce :

- Et bien ça s'amuse ici...

Vasco se rembrunit. Je haussai un sourcil interrogateur. Mon frère secoua la tête.

- Comment vas-tu Marcus ? me demanda Père plus par convenance sans doute

- Très bien Père... sifflai-je. Et vous ?

- À merveille. Figure-toi que ton erreur de l'autre jour est réparée.

J'abattis ma main sur ma figure. Il avait déjà une autre copine...

- Ravi que ça te fasse plaisir, Marcus. Vasco, je sors. Vous ne sortez pas de l'appartement ou je ne répondrai pas de mes actes.

Quand la porte claqua enfin, je sifflai :

- Il se prend pour qui ?

- Pour notre père, je crois, frangin.

- On est tous les deux majeurs. Qu'il aille se faire rôtir vivant par un dragon !

Vasco soupira tristement.

- Vous vous êtes encore disputés, pas vrai ?

- Il veut que je quitte mes études pour reprendre son entreprise à lui.

- Mais quand est-ce qu'il apprendra à se mêler de ce qui le regarde ?

- Jamais.

- Il va falloir trouver un moyen pour le mettre hors d'état de nuire. Il est blanc devant la loi ?

- Il se protège. Il sait que si on trouve des preuves de son appartenance aux Mangemorts, il finira sa vie à Azkaban. Alors il fait bien attention à ne rien avoir à se reprocher.

- Et notre témoignage contre lui ne marcherait pas ?

- Je ne sais pas. Il faudrait rouvrir son dossier et je ne sais pas si les aurors auront très envie.

- Qui s'occupe encore des anciens Mangemorts ?

- Potter à mon avis.

- Il serait ravi de revoir ma tête.

Vasco rit.

- Hé ! me rappelai-je. Il n'est peut être pas si blanc que ça.

Je plantai mon regard dans celui de mon frère :

- Il te bat encore ?

Vasco blêmit et baissa la tête.

- Tu sais que ça ne sert à rien de mentir, Tête Blonde.

- Pas plus tard que ce matin, marmonna mon frère

- Tu vois qu'il a quelque chose à se reprocher.

- Je ne pense pas que ça ait beaucoup de chances d'aboutir à un procès.

Il croisa les bras sur sa poitrine et son regard se perdit dans le vide.

- Bon. Pendant que tu plonges dans tes pensées, je vais utiliser ta cheminée.

Je me dirigeai vers le tas de bois et fis le nécessaire pour contacter Hannah.

Ce fut la tête de ma mère qui apparut.

- Maman ? souris-je en la voyant

J'entendis Vasco sursauter et me rejoindre en courant.

- Tiens ! le vit ma mère. Mais qui voilà...

- Tu vas bien ? lui demandai-je

- On va dire que ça va. Ton amie est d'une compagnie très agréable.

- Tu fais encore des crises ?

Ma mère fit un signe évasif de la tête et je notai mentalement de poser la question à Hannah.

- Et vous ? enchaîna-t-elle pour éviter le sujet

- Crevé ! soufflai-je. Le match d'hier m'a vidé.

- Et toi Vasco ?

Mon frère se mordit la lèvre :

- Je... Je suis content de te voir.

Ma mère sourit faiblement :

- Tout va bien avec ton père ?

Je levai les yeux au ciel. Maman le vit et comprit immédiatement :

- Vous comptez faire quelque chose ?

- On pensait de le dénoncer. Mais on ne sait pas si ça apportera grand chose.

- Hannah n'est pas là ? demandai-je

- Elle est au travail. Elle est sur écoute et les choses apparemment sont en train d'empirer. Elle est rentrée à midi et m'a dit qu'elle et ses collègues risquaient d'être licenciés au profit de scientifiques du ministère. D'ailleurs quand on parle du garou... Hannah ! Marcus voudrait te parler. Au revoir Vasco, au revoir Marc'.

Elle sourit et après quelques instants elle fut remplacée par l'image d'Hannah Abbott.

- D'autres chats sont morts ? lui demandai-je

- Non, répondit-elle avec un demi-sourire. On a pas été en contact avec les souris de toute la journée.

- Ma mère m'a dit le reste.

- Je sais. J'ai entendu.

Elle éternua.

- Ton rhume ne passe pas apparemment.

- C'est normal. C'est une des rares maladies bénignes à laquelle on ne trouve pas de remède.

Je souris et elle me rendis la pareille.

- Ma mère, chuchotai-je. Elle fait encore les... crises ?

Hannah esquissa un sourire en coin :

- Tu faisais quoi pour les canaliser ?

- Dès que j'arrivais à sauver ma peau, je stupéfixais ma mère. Pourquoi ?

- Ces crises de folie ne sont pas comme le rhume. Je pense qu'elles ont un remède.

- Quoi ?

Je manquai de tomber à la renverse. Elle éternua mais continua :

- Certaines créatures magiques développent le même genre de comportement. Avec le temps, on s'est rendu compte que leurs crises de folies fonctionnaient exactement comme les nôtres. Donc, théoriquement, la méthode utilisée pour les animaux devrait marcher pour ta mère aussi.

- Pourquoi théoriquement ?

- Parce que Sainte-Mangouste, là où sont internés tous les cas de folie, désapprouve ces méthodes. On a donc aucun rapport.

- Et tu saurais faire ?

- Il suffit que je mette la main sur le nécessaire et ça devrait être bon.

Je croisai le regard plein d'espoir de mon frère et lâchai :

- Tu es géniale, Hannah.

Règle numéro trois...

Elle sourit.

- Au fait, me rappelai-je. Tu as des nouvelles de Stir ?

Elle leva les yeux au ciel sans se départir de son sourire :

- Seulement quand je vois les matchs.

- Ce type est un boulet social.

- Arrête, rit-elle

- C'est la vérité, avoue-le.

- Arrête, répéta-t-elle

- Il a l'avantage d'être un bon Batteur par contre... Au moins ça de gagné.

- Il a beaucoup d'autres bons côtés.

- Mais pas celui d'être un bon petit copain j'ai l'impression.

Elle sourit mais ne répondit pas.

- Marcus, Père arrive.

- Bon, soupirai-je. Alors à la prochaine Han. Et... merci.

Elle sourit et son visage disparut de la cheminée.

Règles six et trois officiellement brisées. Un grand bravo, Marcus. Numéro quatorze : on n'insulte pas un coéquipier en face de la fille dont il est le copain (et dont tu es devenu l'ami contre toutes ces règles...).

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Il manquait une demie heure au match. Mes coéquipiers étaient déjà partis vers le stade.

Pas moi.

J'étais assis sur mon lit, le paquet d'Ellen entre les mains. Je ne l'avais pas ouvert.

Je déchirai le papier blanc qui l'enveloppait.

Il y avait un maillot vert et blanc avec mon nom écrit en jaune dessus, dans lequel étaient cachées des photos sorcières.

Je reconnus tout. Quand Ellen m'avait quitté, elle avait emporté toutes ses affaires. Y compris son pyjama -c'est à dire mon maillot- et les photos qu'elle gardait sur sa table de chevet.

Qu'elle me les rende était tout simplement un geste pour me montrer que je lui appartenais encore. Je la connaissais bien. Il n'y avait aucune explication logique à ça, seulement ce que je savais d'elle. Elle voulait me mettre face à la preuve que je ne pouvais pas effacer notre ancienne relation.

Je soupirai et regardai les photos.

Il y en avait trois. Elles dataient toutes du temps où il n'y avait aucun fils de sorcier américain pour gâcher notre vie. La première avait été prise au remariage de sa mère. On nous voyait danser, elle qui éclatait de rire toutes les deux secondes.

Je me souvenais de ce moment là. Ellen n'arrivait pas à se sortir de la tête une scène antérieure : une discussion que j'avais eue avec son cousin durant laquelle il avait sorti une série de phrases qui n'avaient ni queue ni tête. J'avais fait une tête qui faisait éclater de rire ma copine chaque fois qu'elle posait les yeux sur moi.

La deuxième photo datait de mon vingt-et-unième anniversaire. J'étais debout au milieu de mes amis, Ellen à cheval sur mon dos qui couvrait de serpentins de fête que je-ne-sais lequel de mes amis avait ramené.

La dernière photo avait été prise un hiver. Nous étions simplement l'un contre l'autre devant un paysage de montagnes enneigées.

Je fis un sourire en coin : je n'avais jamais eu plus froid de ma vie que ce jour-là. Et Ellen était tout le temps collée à moi pour se réchauffer.

Je lançai les photos et le maillot à l'autre bout de mon lit et pris ma tête entre mes mains.

Un brèche fine s'était ouverte dans mon coeur et je voulais la refermer tout de suite. Elle m'avait fait un coup bas... Elle avait frappé là où elle savait bien que ça me ferait flancher.

Je t'aime. Mais je ne t'ai pas pardonné.

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- J'ai raté quelque chose ? demandai-je à Dylan

- Non, juste les présentations des équipes, le monologue interminable du commentateur et le coup d'envoi.

- Quelqu'un a déjà marqué ?

- Non. Les Irlandais n'ont pas réussi : Dubois a arrêté le Souaffle.

Je m'assis, sans prendre gare aux Anglais qui braillaient des insultes à mon encontre. Spark avait récupéré sa place auprès des autres entraîneurs.

Les joueurs en bleu et blanc ou en blanc et rouge filaient à travers le terrain comme des flèches. Les Cognards étaient maîtrisés par Lowley et Stacy mais Finnigan et son camarade s'en sortaient bien aussi.

Niveau Poursuiveurs, Les Irlandais avaient l'avantage bien que Katharina Pick ait l'air d'avoir appris deux ou trois choses à force de s'entraîner contre moi.

L'équipe de Finnigan était très forte, autant que celle de Highsigh et il était dur de les départager. Dès que l'un marquait un but, l'autre rattrapait tout de suite derrière et il n'étaient jamais à plus de vingt points d'écart.

Pendant un long moment, je ne fis pas attention à ce qui se passait sur le terrain. Ellen et moi nous fixions de loin sans bouger.

Le match dura deux heures et demie et fut remporté par les Ecossais : Highsigh avait attrapé le Vif d'Or avant Wintren tout simplement parce que ce dernier avait été effrayé par un Cognard dirigé sur son adversaire et qui avait failli lui faire réitérer une mauvaise expérience...

Les points étaient donc deux pour les Anglais, un pour les Ecossais et nous.

Il ne restait plus qu'une manche de deux matchs à jouer pour nous départager.

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Et voilà, c'était le chapitre 9.

Est-ce qu'il vous a plu ?

Faites-le moi savoir s'il vous plaît :)

ACSD