Hey ! Comment allez vous ? Chose promise, chose due : voilà le deuxième chapitre de la semaine !

Je profite d'être au début pour signaler une petite erreur que j'ai faite : dans le chapitre 4, j'ai appelé la mère de Marcus Elvira sur mon document puis je l'ai changé en Haïleen, ce qu eje 'ai oublié. J'ai donc continué à l'appeler Elvira. Alors définitivement : elle s'appelle Elvira Jones.

Voilà, autre chose : c'est le retour des chansons de début de chapitre. C'est Wings des Little Mix (je l'ai écoutée hier et elle me fait vraiment penser à Marcus), si vous l'écouter en lisant, vous pouvez la trouver sur la chaîne Vevo Youtube du groupe. Voilà/

Merci au passage à Kitkat et Mylene pour leurs reviews :)

Réponse aux GuestReview :

Kitkat : pour Lloyd, je sais, je m'en suis rendu compte aussi. En tout cas je suis contente que le dernier chapitre t'ait plu :) Et tu as raison pour Ellen. Se méfier si jamais elle n'apparaît dans un chapitre, elle n'est jamais partie. Je vais te laisser découvrir ce chapitre, merci encore et à bientôt j'espère ^^ !

Mylene : Non tu n'écris pas comme une vieille ^^ ! Alors si tu n'as rien compris du plan de Marcus, c'est normal : il n'a absolument rien dit dessus. C'est tout dans ce chapitre-ci :) j'ai pensé à toi et il y a beaucoup de Kat ici. Tu me diras si ça te plaît :) Merci encore et bonne lecture !


Lys Ecarlate


Mamma told me not to waste my life

She said spread your wings my little butterfly

Don' t let what they say keep you up at night

And they can 't detain you

'Cause wings are made to fly

And we don 't let nobody bring us down

No matter what you say it won' t hurt me

Don' t matter if I fall from the sky

These wings are made to fly

(Little Mix - Wings)


16/Perfection

- Vasco ? Vasco, tu dors ?

J'ébouriffai les cheveux de mon frère et attendis une réponse. Mais elle ne vint pas.

- Il s'est endormi, sourit Hannah

Je secouai ma tête, amusé. Il était vraiment incroyable, la scène était absolument magnifique. Ma Tête Bonde préférée était couchée sur le canapé, cheveux en bataille, avec son sosie miniature dans les bras, endormi aussi.

Hannah enroula ses bras autour de mon cou, dans mon dos et posa sa tête sur mon épaule :

- Il est deux heures du matin. Il était trop fatigué.

- Il a de quoi...

Je pris une couverture sur le dos du canapé et l'allongeait sur les deux blondinets.

- Revenons à ce qu'on disait, dit Hannah. Tu es sûr de ton plan ?

- J'espère.

- ...

- Mais je persiste à croire que la presse serait plus efficace.

- La moitié des gens penserait que c'est de la spéculation.

- Pas si tu trouves le bon journaliste.

- Tu en connais beaucoup ?

- Je peux... Je peux demander à Ellen.

Elle m'adressa un regard noir :

- Elle te fera du chantage.

- Hannah... C'est une des journalistes de sport les plus respectées de l'île. Il la croiront.

- Et ils la croiraient aussi si elle écrivait un article sur toi du genre "Le pire copain du monde" ? C'est de la spéculation !

- Mais je ne connais personne d'autre. Toi si ?

Elle se mordit la lèvre, baissa la tête :

- Oui... lâcha-t-elle tristement. Je connais un journaliste. Il est à Londres et travaille pour la Gazette du Sorcier.

- Tu as beaucoup de contacts on dirait ! la taquinai-je pour la refaire sourire

- C'est mon demi-frère.

- Oh.

Elle soupira :

- Je ne l'ai pas vu mon arrivée à Cardiff. Tu veux savoir pourquoi j'ai quitté l'Angleterre ? Ce n'était pas pour Peter en premier lieu, c'était pour échapper à ma famille. Ma mère et mon père se disputent tout le temps, c'est impossible à supporter. Après Connor et Janice vivent toujours à la maison, enfin plus Janice depuis un an et demi, et ils sont invivables. J'en avais marre alors quand Pete m'a proposé de m'installer avec lui à Cardiff, j'ai dit oui tout de suite.

Je me contorsionnai pour la prendre par la taille et la coller contre moi :

- Ton frère ferait ça pour toi ?

- Je ne sais pas...

- Tu veux essayer ou on abandonne cette partie du plan ?

- Non... Je veux essayer. S'il te plaît.

- Alors direction Londres. On pourra aller au bureau des aurors pour demander des nouvelles de l'affaire à Potter.

- Bonne idée. Tu vas avertir tes coéquipiers ?

- Je leur enverrai un message.

- Tu veux mon hibou ?

- Le kamikaze ?

Elle éclata de rire :

- Oui, lui...

Elle se leva pour chercher parchemin et encre. J'écrivis rapidement un mot où je demandais aussi à Dylan de venir me rejoindre à huit heures devant les bureaux de la Gazette.

Puis je donnai le papier à Hannah qui disparut dans une pièce adjacente. J'entendis seulement un bruit de fenêtre ouverte puis fermée avant que mon amie ne revienne vers moi.

- C'est fait, sourit-elle en se laissant tomber sur le canapé

- Tu as des nouvelles du virus ?

- Non... Mais vu que tu soulèves la question, ce ne sera pas une mauvaise idée d'aller à Cardiff dans la journée.

- Mmm... On pourrait aller à l'hôpital... Non ?

- On va faire le possible. Ce sera une journée chargée.

- On doit quitter Manchester dans deux jours de toute façon.

- Deux jours pour mettre à exécution ton plan.

Elle sourit et je me sentis triste au fond de moi. Pourquoi fallait-il que je n'aie rien pour la remercier ?

Elle caressa ma joue :

- Qu'est-ce qui te préoccupes ?

- Rien... Je suis juste un peu secoué par tout ce qui s'est passé depuis deux semaines.

- Je comprends. Je te comprends.

Elle passa ses joues dans mes cheveux et approcha son visage du mien :

- Ne t'en fais pas... Tu n'es plus seul maintenant.

Je tournai légèrement la tête juste pour retrouver mon nez à quelques centimètres du sien. Je sentis mon souffle se bloquer dans ma gorge. Je plongeai dans les yeux bleus d'Hannah avec fascination et approchai mes doigts de ses mèches blondes. Elle sourit faiblement et posa ses lèvres tièdes sur ma tempe. Je sentis mes épaules se tendre alors que sa bouche descendait vers ma joue.

- Respire, souffla-t-elle dans mon oreille

Je sursautai.

Elle enfouit sa tête dans mon cou et étouffa un rire amusé. Son corps entier se détendit progressivement alors qu'elle s'endormait contre moi. Elle avait vraiment décidé de jouer ou quoi ? Dans les vestiaires elle faisait tout pour rendre Stir jaloux et maintenant elle essayait de me faire faire une crise cardiaque. Ou alors c'était mon imagination...

Pour résumer, j'étais sur un canapé, entouré par mon frère, un petit garçon et une amie, tous endormis. Et donc ? Je devais dormir aussi ? Je ne pouvais sûrement pas bouger, ce n'était pas vraiment possible.

Je choisis donc de me laisser aller contre le dossier, Hannah blottie contre moi, et dormir aussi.

.


.

- On attend plus que Dylan.

- Okay...

Kat s'assit à côté de Vasco sur le banc et passa son bras autour de ses épaules. Mon frère esquissa inconsciemment un sourire ravi. Ils se regardèrent droit dans les yeux pendant une seconde, sourirent et baissèrent la tête vers le sol.

Je tournai la tête vers Hannah pour savoir si elle avait vu aussi. Elle me lança un regard amusé et faussement exaspéré, me faisant comprendre qu'on était sur la même longueur d'onde.

Une personne extérieure, qui ne connaîtrait ni nos noms ni nos vies, croirait voir deux jeunes couples en double rendez-vous, dont un avait un enfant. Mais rien ne pouvait être plus loin de la réalité.

- Il arrive, me signala Hannah en désignant un point dans la foule devant nous

Le centre de Londres côté sorcier n'était pas le lieu où on se serait sentis à l'aise. Sur les murs, on y saluait l'équipe de McLaggen parfois assez violemment avec des slogans comme "Ecrasez tous ceux qui ne méritent même pas de jouer".

Dylan Lloyd s'arrêta enfin devant nous, essoufflé :

- J'ai reçu ton message il y a une demie-heure, m'expliqua-t-il. Désolé du retard.

- Aucun problème. Tout va bien avec les autres ?

- Oui sauf que Bledri et Spark se sont disputés violemment et ont réveillé tout le monde.

- Pourquoi ?

- Spark a dit qu'on avait aucune chance depuis le début. Martinson s'est énervé en disant que tu avais raison de te rebeller contre lui et un tas de choses...

Hannah sursauta :

- Marcus ! Tu te souviens de ce que tu m'avais dit ? Les entraîneurs tous devenus étranges ?

J'opinai et la dévisageai sans comprendre.

- Tu ne crois pas qu'ils puissent être dans le coup depuis le début ?

J'ouvris de grands yeux et lâchai un juron. Je n'y avais pas pensé... C'était tout à fait plausible...

- On parlera avec Spark, sifflai-je. Il crachera le morceau, coûte que coûte.

- Bon, fit Kat. On commence par quoi ?

- On essaye de parler avec le demi-frère d'Hannah. Après, on ira au bureau des aurors. Ensuite, direction Cardiff.

Nous nous levâmes et nous dirigeâmes vers les portes de la Gazette du Sorcier.

.


.

- Monsieur Lawsen ? répéta la secrétaire. Il vous attend? Vous avez rendez-vous ?

- Non, répondit calmement Hannah. Mais c'est une urgence.

- Vous avez un nom que je puisse lui communiquer, vous savez, pour qu'il puisse décider s'il vous reçoit ou non.

- Hannah Abbott. Je... Je suis sa soeur.

La secrétaire la dévisagea, dubitative :

- On ne dirait pas.

Hannah n'ajouta rien. Elle savait que son frère la reconnaîtrait, elle n'avait pas besoin de se justifier devant cette dame.

La secrétaire se leva et se dirigea vers une porte voisine, à laquelle elle frappa.

- Oui ? entendit-on derrière la porte

- Monsieur Lawsen ? Il y a une demoiselle qui veut vous voir. Elle dit être votre soeur et s'appeler Hannah.

- Hannah Abbott ?

Un bruit de raclement de chaise contre le sol et de pas qui s'approchaient rapidement émanèrent de la pièce voisine. La porte s'ouvrit sur un homme qui -effectivement- n'avait rien en commun avec Han. Il avait bien une trentaine d'années, des cheveux noir corbeau et des yeux gris sombre, une carrure relativement athlétique et une expression sérieuse figée dans son visage.

Son regard se posa sur la blondinette à côté de moi alors que la secrétaire lui exprimait ses doutes sur l'identité d'Han.

- Hannah... la coupa Connor Lawsen. Ça fait très longtemps... C'est urgent ?

- Oui, répondit sa demie-soeur d'un ton catégorie

Il soupira et ouvrit sa porte un peu plus :

- Entrez alors.

Nous entrâmes tous dans son bureau. Il ne se dérangea pas avec les chaises. Il y en avait deux devant son bureau et n'en rajouta aucune, préférant se diriger tout de suite vers son fauteuil.

Hannah m'adressa un regard qui signifiait bien qu'elle n'était pas là par plaisir. Je lui fis signe, m'assis une des chaises et la fis s'installer sur mes genoux -elle avait aussi Logan dans les bras. Vasco et Kat firent de même et Dylan s'adossa nonchalamment au mur, fixant le demi-frère d'Hannah avec antipathie.

- Alors... fit Connor. Qu'est-ce qu'il y a ? Un problème avec Janice ?

- Si c'était le cas, tu serais le dernier à qui j'en parlerai, assura Hannah. Non je suis là à cause d'une histoire qui n'a rien de familial. Mais si tu n'es pas en panne d'articles, je peux repartir.

- Je t'écoute... soupira-t-il

Un sourire satisfait étira les lèvres de mon amie :

- Il y a eu une tricherie énorme pendant la finale de Quidditch.

- Quoi ?

- Les résultats sont faussés. Il y a eu fraude, de la part des Anglais.

Connor haussa les sourcils :

- Tu étais à Manchester au moins ?

- Euh Connor, tu te souviens de Peter Stir, mon copain ?

- Oui et ?

- C'est un Batteur de l'équipe officielle du Pays de Galles.

- Et bien, il compense ton absence d'importance sociale.

- Ce n'est pas la question, idiot... Il y a des résultats faussés et on ne peut pas laisser ça comme ça.

- Ce ne serait pas plutôt que tu n'es pas contente que ton petit chéri ait perdu ?

Hannah se leva brusquement :

- Tu crois vraiment ça ? Tu sais ce que j'en pense de Peter ? S'il perd, je m'en moque le plus royalement du monde ! Il peut gagner, c'est tant mieux pour lui ! Mais qu'une compétition d'échelle presque mondiale soit truquée, pour faire gagner des gens qui ne le méritent pas, je ne peux pas fermer les yeux ! Alors quoi ? C'est toujours pour mon petit chéri qui n'en a rien à secouer de moi et qui pourrait très bien me tromper depuis longtemps ?

Connor chercha une quelconque aide dans la pièce mais n'en trouva pas, soupira :

- Et tu as des preuves au moins ?

- Déjà, je l'ai vu. C'est quelque chose. Ensuite, ne t'en fais pas. Cet après-midi on va toutes les récolter.

- Ecoute-moi Hannah... Je ne peux pas écrire de la spéculation. Je peux laisser entendre tes soupçons pour l'instant mais si tu m'apportes des preuves irréfutables, là... Ton article sera assuré.

Il eut un sourire en coin adressé à sa demi-soeur :

- Tu peux me les apporter quand ?

- Si ce soir je viens à la maison et que je les ai ?

- Demain, sur la première page de la Gazette, tu verras que les Anglais ont truqué leurs résultats de finale.

- Et on ne t'accusera pas de faire de la spéculation ?

- Je suis responsable d'une des rubriques les plus sérieuses du journal. Politique et Société. J'ai la renommée et le respect qu'il me faut pour l'éviter.

- Alors on est d'accord ?

- Je veux te voir ce soir à la maison, par contre.

Elle hocha la tête :

- Marché conclu.

- Très bien. Alors bonne journée.

Il lui indiqua la porte. Elle se retourna vers nous et nous fit signe d'y aller.

.


.

- Quel sympathique jeune homme... maugréa Dylan

- C'est Connor, soupira Hannah. Il n'a jamais été le meilleur des frères.

- Il veut jamais jouer avec moi, lâcha Logan

- Il n'aime pas les enfants... nous informa Hannah. C'est un des hommes les plus arrogants que je connaisse.

- Avec McLaggen.

- Avec McLaggen.

Elle sourit. Kat étouffa un rire :

- Si McLaggen était mon frère, je me serais déjà pendue.

- Euh... Pas à ce point, j'espère.

- Tu as déjà essayer d'imaginer ? Voir son maudit sourire de psychopathe tous les matins, tous les soirs, tous les jours, toute ta vie ? Te faire massacrer d'insultes tout le temps et te faire traiter comme une sous-espèce de cancrelat ? Je te dis, moi, je me pendrais.

- Et il a copine... maugréai-je

- C'est une désespérée, commenta Kat. Il faut avoir le cerveau à l'envers pour sortir avec un malade mental comme McLaggen.

Je ris et enchaînai :

- Maintenant, on va au bureau des aurors.

.


.

- Tiens... maugréa un auror. Qui voilà ? Marcus Flint... La dernière personne de ce monde qui se serait pointée ici.

- Retourne travailler Tim ! ordonna Potter en entrant dans la pièce. Je ne t'attendais pas Flint.

- On était à Londres alors on a décidé de venir ici, expliqua Vasco

- Je vois. Qu'est-ce que vous faites à Londres ? Les matchs étaient à Manchester.

- On a eu un problème de... fraude.

- Ah. Avec McLaggen, je parie ?

- Oui... finis-je par dire

- Je sais. Ce ne serait pas la première fois.

- Quoi ?

- Ron m'a dit qu'il a su par Ginny que certains résultats de leurs matchs sensationnels avant la compétition étaient truqués.

- Tu sais que tu ne devrais pas nous dire ça ?

Il me regarda, pesant le pour et le contre, puis soupira :

- Je suis partisan de la vérité. Les gens devraient avoir ceux qu'ils méritent, les victoires aussi. La vie c'est tous sauf un jeu où on peut tout acheter, tout truquer. On dit bien que le meilleur gagne, non ? Pas que le tricheur rafle tout et parte avec la gloire qu'il a volé. Alors si c'est vous qui devez donner à voir la vérité, soit, je ne vous cacherai pas ce que je sais.

Je souris pour retenir un rire.

- Bon, pour en revenir à ton père... Le Mangemagot n'a pas encore pris une décision définitive. Donc on ne sait toujours pas s'il y aura procès. La balance penche vers le oui. J'ai encore une réunion avec eux et ça devrait être la dernière. La décision officielle devrait perte prise aujourd'hui mais ce n'est pas certain. De toute façon, je vous tiendrai au courant. Même si je dois passer par McLaggen pour ça.

- Euh... Evite.

.


.

- C'était efficace, rit Kat

- Tu as l'heure ? me demanda Dylan

- Dix heures moins le quart, répondit Hannah. C'est fantastique ! On peut aller à l'hôpital sans chambouler les horaires de visite.

Je sentis un sourire immense étirer mes lèvres et une bouffée de joie réchauffer mon ventre. Je pris Hannah par les épaules et l'embrassai sur la joue. Elle éclata de rire :

- Mais on devrait se dépêcher si on ne veut pas être en retard.

Elle tendit sa main à Dylan puis à moi, Vasco prit la mienne et celle de Kat. Puis une sensation familière s'empara de moi et la seconde suivante, nous étions dans un tout autre endroit.

Devant nous, avec l'agitation qui allait avec, se dressait l'immense hôpital de Cardiff.

- Wow ! dit Kat. J'ai l'impression d'être la seule écossaise dans ce pays !

Hannah rit :

- Peut être la seule écossaise mais pas la seule non-galloise. Logan et moi sommes anglais.

Les deux filles se sourirent et j'eus un sentiment de soulagement. Avec Ellen qui se battait toujours avec les deux, les voir s'entendre entre elles était ce qu'on pouvait demander de mieux. Pas de tensions supplémentaires.

Nous entrâmes et encore une fois, Hannah était devant.

Un docteur plutôt jeune, aux courts cheveux blonds, une tête stéréotypée de charmeur en série et un sourire horriblement blanc s'approcha de nous :

- Hannah ! Quel plaisir de te voir aujourd'hui aussi ! Comment vas-tu ?

Je me mis aussitôt à le détester. Je ne savais pas exactement pourquoi -encore- mais il me donnait envie d'abattre mon poing dans sa figure.

- Je vais bien, répondit Hannah sans vraiment prêter attention à sa tentative de séduction

Elle se tourna vers nous :

- On a un bon quart d'heure avant de pouvoir y aller. Vous voulez quelque chose à boire ?

- Oui ! s'exclama Logan. Moi oui, moi oui, moi oui !

Les autres déclinèrent tous alors Hannah et son neveu partirent seuls en direction de la cafétéria, suivis par le docteur que je détestais.

- Espèce de gros jaloux ! me taquina Kat en me pinçant la joue

- Quoi ? protestai-je. Pas du tout ! De quoi tu parles ?

- Tu sais que tu as dit non avant même de demander de quoi je parlais ? En plus simple, tu t'es trahi.

- Je te jure que je ne vois pas de quoi tu parles...

- Ne me mens pas : j'ai vu comment tu regardais ce médicomage. Tu es jaloux.

- Pourquoi je le serais ?

Lloyd et Vasco me dévisagèrent :

- Tu n'as pas une petite idée ? demanda Tête Blonde incrédule

- Je n'ai pas de quoi être jaloux d'un type comme ça. Il n'a rien à envier.

- Il est proche d'Hannah...

- C'est plutôt Stir qui devrait être jaloux, alors.

Kat me frappa l'arrière de la tête :

- Qui est-ce que tu crois embobiner comme ça ? Ne nous prends pas pour des imbéciles et avoue que tu es jaloux.

- Mais non !

Je regardais dans la direction où on voyait encore Han et Logan. Le médecin les avait rejoints et discutait avec mon amie, un sourire enjôleur sur le visage.

- Marcus... lâcha Kat d'un ton à la fois satisfait et avertissant. Regarde tes poings.

Je baissai la tête et remarquai que mes mains étaient crispées et tremblantes.

- Si ce n'est pas de la jalousie.

Je soupirai et m'adossai au mur :

- Qu'ils se dépêchent de revenir.

Lloyd rit. Kat rejoignit Vasco et passa un de ses bras autour des épaules de mon frère. Ils se regardèrent tous les deux, souriant avec tendresse.

Quelques minutes plus tard, Hannah revint avec un Logan excité qui buvait du lait et un médicomage qui tentait encore d'attirer son attention, sans succès. Il essaya de prendre mon amie par la main mais je l'avais déjà attirée contre moi.

- Tu fais quoi là ? me demanda-t-elle tout doucement contre mon oreille

- Rien... Je n'aime pas ce type.

Elle rit et se détacha de moi. Elle me montra le médicomage :

- Je te présente le docteur Stonn, qui a ta mère en charge. Docteur, voilà Marcus Flint, le fils d'Elvira Jones et son frère Vasco.

Il me regarda, hocha la tête et esquissa un sourire narquois à l'adresse d'Hannah avant de lui chuchoter quelque chose à l'oreille. La blondinette lui lança un regard noir :

- Gardez ces commentaires pour vous.

Il leva les mains en signe d'excuse et prit congé. Je laissai un grognement s'échapper de ma gorge :

- Je n'aime vraiment pas ce type.

Hannah soupira :

- Il est compétent sur le plan médical, si ça peut te rassurer.

- Stir est doué au Quidditch mais je ne l'aime pas.

- Tu l'as avoué !

Elle éclata de rire.

- C'était clair avant, non ?

- Oui mais tu ne l'avais pas dit aussi explicitement avant.

Je souris. Kat me coula un regard exaspéré, comme pour me dire de cracher le morceau. Mais quel morceau ? Ce n'était pas la première personne à sous-entendre qu'il y avait plus que de l'amitié entre Hannah et moi. Stir le premier. Mais c'était la vérité ! Je pouvais prendre n'importe qui à témoin, je n'avais pas de sentiments plus forts à son égard que l'amitié. Bon... C'était un lien plus fort que requis certes... Mais c'était tout.

Je me rendis compte que mon comportement était ambigu à ce sujet. Je protégeais tout le temps Hannah et je critiquais son copain devant elle. Je me frappai mentalement : j'avais brisé depuis bien longtemps la règle numéro dix. La règle qui achevait notre accord, qui signait l'apogée des interdictions stipulées.

Règle numéro dix : on n'exhorte pas la copine d'un coéquipier à rompre avec le coéquipier en question.

Combien de règles n'avais-je pas balayées ? Trois... Trois sur dix. Sept, huit et neuf.

Nous passâmes encore quelques minutes à attendre avant que le docteur Stonn ne revienne nous annoncer qu'on pouvait aller voir Maman.

Nouveau face à face...

.


.

Vasco entrouvrit la porte et appela Maman.

- Pourquoi elle est endormie ?

- Tu veux que j'aille voir les médicomages ? demanda Hannah

- Non ! répondis-je trop vite et trop brusquement. Ce n'est pas grave, c'était comme ça la dernière fois aussi.

Kat leva les yeux au ciel et chuchota quelque chose à mon frère. Vasco rit et entra, suivi par Hannah puis moi. Lloyd et Kat restèrent dans le couloir.

- Vous n'entrez pas ? leur demandai-je

- C'est que... bafouilla Dylan. Je ne sais pas si... Enfin c'est ta mère, et je ne suis pas de ta...

- Entrez.

Ils obéirent. Kat me chuchota à l'oreille en entrant :

- Tu es plus qu'en déni maintenant...

Je fis semblant de n'avoir rien entendu et m'approchai du lit. Vasco avait déjà pris la main de Maman et regardai le tube qui alimentait ses poumons d'un oeil inquiet.

- Elle dort ? demandai-je en prenant l'autre main

Hannah se pencha sur elle :

- Elle est en état conscient. Mais il l'ont endormie pour éviter une nouvelle crise.

Je hochai la tête.

- Maman... murmura Vasco. Est-ce que tu m'entends ?

Je compris à l'expression de son visage qu'elle lui avait serré légèrement la main.

- Tu vas bien ?

Il sourit :

- C'est super alors...

Il me regarda :

- Marcus est là aussi. Il est de l'autre côté.

Une pression sur le dos de ma main envoya un frisson dans tout mon corps et je me sentis triplement plus dynamique :

- C'est moi... dis-je en caressant une mèche de ses cheveux.

Elle me témoigna encore une fois sa réponse.

- J'aimerai bien que tu puisses ouvrir les yeux... murmurai-je tristement. J'ai envie de te voir sourire comme avant les crises. Je veux que tu sois heureuse... Je veux te voir contente.

Ma voix se brisa et je m'effondrai à genoux. Elle serra ma main, préoccupée. Je continuai, à voix presque inaudible dans son oreille :

- Tu ne sais pas combien tu me manques... Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi tu as sauté ? Tu sais que je ne tiendrais pas le coup s'il t'arrivait quelque chose...

Elle serra ma main aussi fort qu'elle pouvait, m'arrachant un sourire :

- Merci de ne pas avoir baissé les bras...

Je repris mon souffle pour pouvoir parler un peu plus fort :

- Je... Je t'aime Maman. Et tu avais raison depuis le début.

Je m'approchai de son oreille :

- À propos d'Hannah.

Je crus presque voir un sourire sous son tube de respiration artificielle.

Nous restâmes une petite heure dans la chambre trop blanche à mon goût, Vasco et moi tenant chacune des mains de Maman. Logan était toujours dans les bras d'Hannah et demandait si Mamie allait bien. J'eus besoin de dix minutes pour comprendre qu'il ne parlait pas d'une de ses grands-mères mais de ma mère. Kat et Dylan restèrent silencieux tout le long, se contentant de nous regarder.

Quand nous nous retrouvâmes hors de la chambre, mon coéquipier lâcha :

- J'avais raison de couvrir tes arrières hier...

Je souris :

- Merci pour ça. D'ailleurs je ne t'ai pas demandé si les autres avaient protesté longtemps.

- Non... C'est juste Spark. Les autres étaient plutôt d'accord avec toi même s'ils n'étaient pas contents que tu ne sois pas parti avant.

J'opinai puis pris Hannah par la main :

- Je peux te parler en privé ?

.


.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? me demanda-t-elle préoccupée

- Hannah... Tu es sûre que ma mère est en sécurité avec le docteur Stonn ?

Son visage se décomposa et son regard se perdit dans ses réflexions. Puis elle ouvrit la bouche et doucement répondit :

- Je vois ce que tu veux dire.

- Je ne l'aime pas et ça a l'air d'être réciproque.

- C'est réciproque.

- Oui tu vois. Donc je ne suis pas certain que confier la vie de ma mère à quelqu'un qui me déteste soit la meilleure idée du monde...

Elle hocha la tête :

- Je vais essayer de parler au chef de département.

Je levai un sourcil :

- Comment ?

- Je vais lui dire qu'il devrait peut être attribuer le cas à une autre équipe. Il ne peut pas prendre le risque que la vie personnelle d'un docteur interfère sur la sécurité d'un patient. C'est écrit, je le sais. Je travaille à peu près dans le même milieu.

- Tu pourras en profiter pour lui demander de t'embaucher.

Je lui adressai un sourire qui la fit rougir et baisser la tête :

- On verra... Je vais déjà régler ce problème.

- Hannah. Je voulais te demander... Pourquoi tu fais ça ?

- De quoi est-ce que tu parles ?

- Tout ce que tu fais pour moi... Je ne comprends pas. Ce n'est pas comme si je t'avais toujours traitée de la meilleure façon. Et puis... Je n'ai rien du tout à te donner en remerciement qui vaille autant que ce que tu fais pour moi.

Elle sourit et s'approcha de moi pour enrouler ses bras autour de mon cou. Je réagis immédiatement et la serrai un peu plus fort.

- Je fais ça pour toi... murmura-t-elle doucement dans mon oreille. Parce que c'est toi. Je n'attends rien en retour.

- Mais...

- Pas de mais.

Elle se détacha légèrement, prit mon visage entre ses mains et approcha le sien pour que nos fronts soient quasiment en contact :

- Tu ne dois pas te sentir obligé de rendre aux autres ce qu'ils te donnent...

- C'est toujours mieux non ?

- Mais pas pour moi. Ce que je fais c'est parce que je ne te souhaite que la plus heureuse des vies, ce que tu n'avais pas jusque là.

- Tu le fais au dépend de ta propre vie tu sais... Tu disais que tu étais contente avec Stir. Regarde-toi maintenant.

- C'est faux... J'ai dit que je l'aimais et que je lui faisais confiance mais je ne me souviens pas d'avoir dit une seule fois que j'étais heureuse.

- Vous êtes toujours ensemble aux dernières nouvelles.

Elle eut un sourire amusé :

- J'attends qu'il vienne me voir en face, en croyant me voir exploser en larmes, pour pouvoir lui dire tout ce que je pense.

J'étouffai un rire :

- Tu m'as trop fréquenté. J'ai une mauvaise influence.

- Regarde-toi ! Tu sais combien j'ai déteint sur toi ?

Elle éclata de rire en enfouissant sa tête dans mon cou. Je grognai :

- Alors c'est toi qui est responsable de ça ? Je me demandais comment j'avais pu changer autant en si peu de temps... J'aurais dû comprendre que tu y étais pour quelque chose.

Elle se redressa et sourit. Elle resta un long moment sans bouger, ses yeux plongés dans les miens. Mes yeux se posèrent involontairement sur sa bouche. Elle le remarqua er rougit. Lentement, elle s'approcha un peu plus.

- Tatie Han ! brailla Logan de l'autre côté de la porte. J'ai faiiiiim ! Tu viens ?

Nous sursautâmes tous les deux au son de sa voix, reculant violemment de plusieurs mètres. Hannah rougit :

- J'arrive, Logan !

Elle ouvrit la porte et sortit, je la suivis immédiatement.

- Je dois aller parler au directeur de département, informa-t-elle les autres. J'en profiterai pour lui demander des nouvelles du virus. Attendez-moi.

- J'ai faim !

- Je vais te trouver quelque chose, lui promis-je

- Ouiiii !

Hannah sourit, m'adressa un signe de main et s'éloigna dans les couloirs.

Kat me coula un regard malicieux :

- Alors ? On a interrompu quelque chose ?

- Quoi ? Non rien...

- Alors pourquoi elle était complètement rouge quand elle sortie de cette pièce ?

- Parce que... Euh parce que je ne sais pas...

Lloyd étouffa un rire, Vasco secoua la tête.

- Mmm... fit Kat. Tu es sûr que tu ne sais pas ?

- Euh... Peut être parce qu'on était un peu... près ?

- Près comment ?

- Kat arrête !

Elle éclata de rire alors que Logan maugréait encore qu'il avait faim. Je soupirai et pris sa main. Il se mit à courir en direction de la cafétéria -qu'il avait déjà bien repérée apparemment.

Je lui payai quelques choses à manger et fis pour m'en aller avec lui quand il me demanda de m'approcher. Je me baissai à sa hauteur et il me murmura à l'oreille :

- Tu l'aimes bien Tatie Han ?

- Oui bien sûr.

- Vous allez vous marier et être mon papa et ma maman ?

Je le regardai comme s'il avait trois têtes :

- Euh... Non. Pas du tout, non.

- Maiiiiis... Tu ne veux pas ? Et je ne demande plus rien à Noël pendant deux ans !

J'étouffai un rire puis repris mon sérieux :

- Logan, il y a des choses qu'on ne peut pas commander, qu'on ne peut pas acheter comme tes gâteaux. Et je te rappelle que j'ai vingt-deux ans, Han à peu près vingt. Même si on était en couple, le mariage ne serait pas pour tout de suite.

Il hocha la tête visiblement triste :

- Mais tu ne veux pas ?

Je soupirai :

- J'ai pas dit que je ne voulais pas...

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- Hein ? Je n'ai absolument rien compris, tu peux parler anglais ?

Hannah soupira et lança un regard exaspéré à Lloyd :

- Qu'est-ce qui n'était pas clair ? Immunodéficience ? C'est un état qui touche les défenses immunitaires du corps, dans le sens qu'elles sont inefficaces. Si tu es atteint, tu perds progressivement toutes tes défenses contre toutes les maladies.

- Et c'est ça le virus ? demanda Vasco

- Apparemment. Les moldus ont un virus de ce genre mais beaucoup moins rapide de celui-ci. Les scientifiques du ministère ont gardé les microbes dans la clinique. Quand ils auront compris comment l'éradiquer, ils passeront... à l'action.

- Et tu es protégée ?

- Marcus ! soupira-t-elle. Tu m'as déjà posé cette question des millions de fois...

Elle sourit :

- Je serai déjà morte si j'étais atteinte.

J'opinai, satisfait de la réponse.

- Finissez de manger et on retourne à Manchester.

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- Dites donc... commenta Martinson en nous voyant entrer. On ne vous avait pas vus depuis un moment.

Lloyd rit, alla chercher quelque chose dans notre chambre et repartit immédiatement. Il avait promis à Erika qu'il lui aurait dédié l'après-midi entier.

Hannah, Vasco, Logan et Kat étaient allés à l'appartement de mon frère tous ensemble. Il ne restait donc plus que moi. Han avait dit qu'elle me rejoindrais vers trois heures.

- Alors ? fit Stir. Ce plan ?

- Il est en marche.

- On aura quand les résultats ?

- Demain si tout va bien.

Je regardai autour de moi :

- Où est Spark ?

- Avec les autres entraîneurs. Pourquoi ?

- Bon... On peut donc comploter tranquillement dans son dos.

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Je m'approchai discrètement de la porte. On entendait quatre voix d'hommes différentes qui en émanaient.

Trois d'entre elles semblaient relativement craintives, presque en soumission. La dernière était bien trop familière. C'était l'entraîneur des Anglais avec ses collègues des autres équipes.

J'esquissai un sourire narquois. Non, je ne me faisais aucun scrupule à écouter aux portes. Après tout, qui était en situation de tord ? Ceux qui complotaient pour truquer les matchs.

- Et il manigance quelque chose ? siffla la voix de l'Anglais

- Non, assura Spark intimidé. Il en aurait parlé sinon... Il a disparu depuis le match d'hier, je sais juste qu'il devait passer la matinée avec son frère...

- Est-ce qu'au moins ils s'en sont rendus compte ? fit la voix de l'entraîneur écossais

- Flint n'est pas un imbécile ! cracha l'Anglais. Bien sûr qu'ils s'en sont rendus compte et le fait qu'ils n'aient pas réagi me dérange. C'est le signe qu'ils préparent quelque chose. Allez vous en assurer.

Je m'éloignai rapidement, un sourire satisfait sur le visage.

J'avais raison.

Les entraîneurs étaient bel et bien derrière tout ça.

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- Est-ce que Marcus est revenu ? demanda la voix de Spark dans la salle commune

- Non ! mentit Eliot Thomas. Il a dit qu'il serait là vers trois heures.

- Qu'est-ce qu'il avait de si important à faire ?

- Je crois qu'il devait voir une connaissance qui habite pas loin.

- Qu'est-ce qu'il fabrique ?

- Quoi ?

- Pourquoi il devrait aller voir des connaissances ?

- Il n'a pas le droit ? Il a dit que c'était une vieille amie à lui avec qui il avait repris contact récemment, c'est tout.

- Et tu le crois ?

- Bah oui, pourquoi ? Nous on lui fait confiance. On sait que lui ne ferait rien pour nuire à l'équipe.

J'eus un sourire perfide.

Bien envoyé, Eliot...

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Trois heures.

Hannah m'adressa un sourire confiant et me fit un signe du menton.

Je toquai à la porte de notre appartement. J'y étais avant, puis je m'en étais échappé pour rejoindre Hannah à l'entrée. Puis la comédie commençait...

La porte s'ouvrit sur Gil Alan, qui sourit et nous invita à entrer.

Une fois à l'intérieur, il brailla :

- Marcus est là !

Spark débarqua immédiatement, presque un peu trop précipitamment.

- Content de me voir, Spark ? me moquai-je

Il ne répondit pas.

- Ou alors c'est que tu dois me parler...

Hannah se tourna face au mur derrière nous, préparant ses affaires discrètement.

- Effectivement, lâcha Spark

- Et bien ça tombe bien parce que moi aussi. Mais vas-y commence, je t'en prie.

Tous les autres étaient dans la pièce. Sauf Lloyd et Stir.

Spark ne savait plus quoi dire. Malheureusement pour lui, je savais exactement ce qu'il était sensé me demander.

- Tout va bien ? finit-il par me demander

- Sur quel plan ?

- N'importe lequel...

- Je vais très bien.

- Ta connaissance va bien aussi ?

Il tenta un sourire de délectation mais n'eut rien en retour qu'une réponse nonchalante :

- Oui très bien.

Il se renfrogna.

- C'était tout ? m'étonnai-je

- Oui... mentit-il. À toi.

Mon sourire perfide le fit sursauter :

- Tu sais que tu as perdu toute autorité sur cette équipe ?

À contre-coeur, il opina.

- Et tu sais pourquoi au moins ?

- Parce que Monsieur a décidé d'être le chef.

- Non. Essaye encore.

- Parce que Monsieur n'en fait qu'à sa tête ?

- Non : parce que tu as abandonné cette équipe.

- Je vous laissé un jour et pour des raisons inattendues, je me suis excusé. Je n'appelle pas ça abandonner.

- C'est ce que je me suis dit aussi. Sauf que... Sauf que quoi à ton avis ?

Il haussa les épaules.

- Sauf que tu m'as prouvé que j'avais raison. Tu as vraiment abandonné cette équipe, Spark.

Il me regarda sans comprendre. J'étais au comble du sérieux :

- Tu crois que je suis un imbécile ? Dès le jour où tu as commencé à te comporter bizarrement, j'ai décidé de te garder à l'oeil. Alors je te fais une liste ? Ou tu as compris de quoi je parle ?

- Marcus...

- La ferme, c'est moi qui parle maintenant. Toi et tes petits copains avez été tout sauf discrets. Au passage, Ewan Highsigh et Matthew Finnigan sont des amis à moi. Si vous croyiez que je ne saurais pas que vous étiez suspects tous les trois, alors vous me prenez pour le pire des imbéciles. Je sais que c'est vous qui avez truqué le match d'hier, je sais que c'est vous qui avez manigancé la victoire des Anglais depuis le début et surtout je sais une chose. Tu veux l'entendre ou tu la devines ? Je vais te la dire : dès que cette histoire est terminée tu dégages des Cardiff Falcons.

Il s'effondra sur le canapé.

- Mais... continuai-je. Si tu tiens à ton poste... Peut être que je peux fermer un oeil mais à une seule condition.

- C'est du chantage que tu...

- La ferme ! Si tu veux avoir une chance au moins de sauver tes fesses, tu avoues. C'est assez clair pour toi ou je dois aller chercher ton copain l'Anglais pour faire la traduction ?

Il prit sa tête entre ses mains avant de me regarder droit dans les yeux :

- Je ne t'ai jamais pris pour un imbécile, Marcus Flint. Tu serais l'opposé si je devais me prononcer. Mais contrairement à toi, je ne suis pas un homme fort. Il suffit des bons arguments pour me faire fléchir.

- Et c'était quoi leurs arguments ? L'argent, les menaces ?

- Les deux et plus. Ed Oth a plus de pouvoir que tu ne puisses jamais imaginer. Il peut manipuler les gens avec la facilité que tu as au Quidditch. Il a réussi à nous... convaincre. Si je vous ai laissés ce jour-là, c'était parce qu'il nous avait convoqués. Mais je ne pouvais pas vous le dire, non ?

Il étouffa un rire amer :

- Il est terrorisant. Il a dit clair et net que la compétition devait se terminer par une victoire de son équipe, pour qu'ils aillent à la Coupe du Monde. Ou sinon... C'était ça l'accord.

- Vous n'étiez que quatre dans le coup ?

- Non. Quelques membres de la Ligue, des journalistes qui rédigeaient ces articles élogieux sur les Anglais...

- Qui a lancé le sort ?

- Le sort ?

- Je t'ai dit que je n'étais pas un imbécile. On a découvert que le stade entier était englobé par un sourire de modification d'images.

Il soupira :

- C'était une complice que je n'ai jamais rencontrée. Adriana Lance. Elle travaille pour la Ligue je crois.

- Donc si je résume : Oth a truqué tous les matchs des Anglais pour qu'ils gagnent ?

- Tous je ne sais pas... Mais tous les quatre de Manchester oui.

Des murmures de consternation brisèrent le presque silence de la pièce.

- Mais par contre, continua Spark, lors de la finale il s'est passé quelque chose. Le sort qui tenait le stade ne vous a pas affectés et vous vous êtes rendus compte de la tricherie.

- C'était déjà arrivé pour la manche Angleterre-Ecosse. J'avais été le seul à remarquer qu'il y avait un problème avec le score. Mais on m'a dit "tu as dû t'endormir".

- Non... Tu avais vu juste. Adriana n'a pas réussi à expliquer pourquoi vous ne le subissiez plus. Si vous aviez été sous l'emprise, vous auriez crû avoir vraiment perdu.

Hannah me regarda. Elle savait pourquoi.

- Attends ! sursauta Stanley. Tu veux dire qu'on a gagné ? Gagné comme Coupe du Monde ?

- Oui mais non... Vous avez officiellement perdu. Vous savez la vérité mais personne ne vous croira. Vous ne pouvez rien faire de ces informations.

- En es-tu sûr ? ris-je

Il me dévisagea, sans comprendre.

Je me retournai. Hannah fit un pas en avant, un grand sourire sur les lèvres.

- Tu as tout ? lui demandai-je en souriant à mon tour

Elle me montra une plume gigotante et un parchemin plein.

- Tu es la sorcière la plus géniale du monde, Hannah Abbott.

Elle sourit de plus belle. Je fis face à Spark :

- Demain, ça sera montré à tout le monde. Après, la Ligue prendra sa décision. Pour ton boulot, je verrai. Tout dépendra de l'issue de tout ça.

- Marcus ! Tu ne vas faire ça, pas vrai ? C'est du chantage ?

- Non. C'est extrêmement sérieux.

- Ne le fais pas !

- Quoi ? Tu as peur pour ta peau ou ton salaire ? Si tu passes les prochaines années en prison, ça ne te servira à rien.

J'ouvris la porte pour Hannah.

- Tu vas où ? s'alarma mon entraîneur

- Est-ce que ça te regarde ?

La vérité c'était que nous allions finir l'après-midi avec Vasco, Kat et Logan avant d'aller chez Hannah. Et par "chez Hannah", je voulais dire chez ses parents.

Pourquoi est-ce que j'étais nerveux ?

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Elle essuya une larme silencieuse et enfouit sa tête dans ses genoux. Kat lui frotta le dos :

- Laisse tomber... Il aura bientôt ce qu'il mérite, Han. Tu auras le droit de te délecter de tout son désarroi quand tu lui cracheras tout à la figure.

La relation Peter-Hannah était désormais un champ de bataille entre les deux. Stir était toujours avec une espèce de minette rousse en mini-jupe et la draguait devant Hannah. Elle, ne restait pas en retrait, et se rapprochait encore plus de moi en présence de son copain. Mais Stir était un crétin incommensurable. Il était allé plutôt loin et Hannah n'était pas insensible.

Elle renifla et me regarda :

- Allez, on va chez moi. Ils auront déjà mangé à cette heure-ci...

Je lui souris. Elle prit ma main et sa baguette, puis en une seconde le décor changea.

Il faisait nuit dans le petit village sorcier du Sud de l'Angleterre dans lequel nous étions. Hannah frappa à la porte d'une maison identique à toutes ses voisines.

Une dame très maigre vint ouvrir. Elle avait l'air rigide et tout sauf agréable. Elle nous dévisagea et lâcha d'un ton sans émotions :

- On t'attendait, Hannie. Entrez.

Je me retins de faire un commentaire sur l'accueil chaleureux.

À l'intérieur, tout était affreusement rangé et ordonné. Le père, un homme tout aussi raide, était assis sur le canapé et lisait un grimoire poussiéreux. Connor était là également, les pieds sur la table du salon.

Aucun des deux ne se leva pour nous saluer.

- Tu as tes preuves ? demanda Connor

Hannah hocha la tête et fit pour les sortir de sa poche quand j'attrapai son poignet. Elle me dévisagea alors que je prenais le papier de sa main. Je m'avançai moi-même vers Connor Lawsen. Il planta son regard dans le mien tandis que je lui tendais les papiers.

- C'est quoi ton nom ? me demanda-t-il

- Marcus Flint, répondis-je simplement et posant les papiers devant lui

- Les preuves sont fiables ?

- Elles ne pourraient pas l'être plus. Elles viennent directement des déclarations d'Anthony Spark, l'entraîneur de l'équipe du Pays de Galles.

Il hocha la tête. Je fis pour revenir vers Hannah quand sa voix m'interrompit :

- Bon jeu, au passage.

J'opinai en remerciement et fis signe à Hannah de partir au plus vite. Elle sourit et se tourna vers ses parents :

- Alors... À la prochaine j'imagine...

Elle n'obtint aucune réponse. Je vis un éclair de douleur traverser son visage, avant qu'il ne se déforme en colère. Elle prit ma main et sortit de la maison en vitesse.

Nous marchâmes sous les étoiles un long moment avant qu'elle ne rompe le silence :

- Tu as le droit de penser du mal de ma famille.

Je ne répondis pas.

Elle s'arrêta et porta ses mains à son visage. Je réalisai alors qu'elle pleurait.

Hannah ne méritait pas ça. Stir la faisait pleurer, sa famille la faisait pleurer... Elle n'avait rien fait pour mériter ça.

Hannah était un Ange. Il n'y avait rien de mauvais chez elle.

C'était une image sans défauts. Ses longues mèches blondes dans son dos étaient toujours un peu décoiffées et rebelles. Ses yeux bleus étaient constamment ravivés par ces étincelles de joie. Elle avait un sourire radieux, chaleureux, contagieux, magnifique. Elle avait une personnalité toute à elle, qui assemblait un portrait fantastique avec son visage incroyable. Elle avait un grand coeur et une âme pure. Elle était incapable de voir du mal à qui que ce soit. Elle aimait et était digne d'être aimée. Il n'y avait rien chez elle qu'on ne puisse célébrer.

Aucun homme n'était assez bien pour elle. Stir ne la méritait pas, Stonn non plus. Elle méritait infiniment mieux, et il n'existait pas telle personne. Personne ne pouvait égaler Hannah Abbott.

Parce qu'à mes yeux, elle était l'image de la perfection.

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Et voilà ! Chapitre 16 bouclé aussi ! Qu'est-ce que vous en avez pensé ? À votre avis, il en est où notre petit Marcus avec Hannah ?

Sachant qu'on est quasiment à la fin de l'histoire, j'ai un petit sondage : qui préfère un happy end et qui non ? Pour la mère de Marcus, s'entend. Et qui a une idée de la signification du titre ?

Ensuite autre chose, pour les chansons de début de chapitre... Si jamais vous en connaissez une qui puisse faire penser à Lys Ecarlate, même dans une moindre mesure, n'hésitez pas à m'en donner le titre : j'irai regarder et ça se retrouvera peut être en haut :)

Voilà... Chapitre suivant semaine prochaine s'il y a des reviews ?

Bonne semaine !

ACSD