Hey ! Et voilà, chapitre 17. Quand je pense qu'on arrive presque à la fin ça me fait sourire. J'ai dit au premier chapitre "je ne sais pas dans quoi je me lance". Et bien... Je pensais à dix chapitres, quinze maximum. Non, on va arriver à vingt en fait.
J'ai été agréablement surprise le week-end dernier de voir que j'avais reçu cinq review. Je vais donc remercier Mylene, Elowynee, lea, Guest(1) et Guest(2) d'avoir laissé un mot, ça fait vraiment plaisir.
Petit mot sur ce chapitre avant que vous ne commenciez à le lire. Il est construit autour d'une chanson, Because You Live de Jesse McCartney. Du début à la fin, elle colle à l'histoire et elle méritait donc une petite place. Voilà ^^!
Diclaimer : Harry Potter appartient à JKR et Warner Bros
Réponse aux reviews (j'espère que ceux qui n'ont pas signé se reconnaîtront) :
Mylene : je t'avoue que j'ai éclaté de rire quand k'ai vu ton message. Il m'a fait vraiment plaisir, je suis contente que le chapitre ait eu cet effet. Pour Adriana et son sort, ce n'était pas très bien expliqué et je crois qu'ici non plus... C'est une question de portes et de point d'observation. Hannah a senti que quelque chose clochait donc elle est repassée par la porte d'entrée et a changé de point d'observation donc le sort n'avait plus d'effet sur elle. Pour les Gallois, leur "porte" était tout simplement vierge de magie. Je reconnais que j'aurais dû l'expliquer dans l'histoire mais je n'ai pas trouvé un endroit où le mettre. Ginny effectivement risque son job, comme tous les Anglais. Mais ça tu verras plus bas :) Anyway, tes reviews me font très plaisir et pour Kat, et bien elle y est encore dans ce chapitre, tu me diras ce que tu en penses :)
lea : Tout d'abord un grand merci pour ta review, c'est vraiment gentil. Elle m'a fait bien rire en plus :) Je suis contente si l'histoire et le point de vue sur les personnages te plaisent. C'est vrai que Marcus est assez peu développé dans l'histoire, contrairement à Harry ou même Drago. Donc il y a plus de matière et moins de barrières pour écrire une fic. En tout cas merci encore et à bientôt j'espère :)
Guest(1) : Merci ^^! Ta review est vraiment gentille, merci beaucoup :) Ton interprétation est très intéressante. La réponse viendra dans quelques chapitre :)
Guest(2) : Merci beaucoup, ça me fait très plaisir et je suis contente que tu aimes mon interprétation de Marcus :) J'ai toujours peur de trop le dénaturer alors recevoir des reviews comme la tienne me rassure vraiment. Re-merci et à bientôt ^^
Lys Ecarlate
Staring out at the rain with a heavy heart
It's the end of the world in my mind
Then your voice pulls me back like a wake up call
I've been looking for the answer
Somewhere
I couldn't see that it was right there
But now I know what I didn't know
Because you live and breathe
Because you make me believe in myself when nobody else can help
Because you live, girl
My world has twice as many stars in the sky
Because You Live - Jesse McCartney (Beautiful Soul - 2004)
17/Because You Live
Je grognai en sentant mes bras se refermer sur du vide. J'ouvris les yeux et me rappelai que j'étais dans mon lit au bâtiment des sportifs. Et il n'y avait pas d'Hannah ici...
Décidément, je ne pouvais plus me passer d'elle...
Je soupirai et m'assis sur mon lit. Je me pris la tête dans les mains et repassai mentalement la soirée d'hier. Aujourd'hui allait être un jour de tornade médiatique.
Quelque soit l'issue du problème, nous n'avions plus que cette journée à Manchester. Alors on avait tout intérêt à être efficace.
Je me levai et m'approchai du lit de Lloyd.
Je l'entendis grogner sous les couvertures qui cachaient son corps entier.
- Debout ! fis-je en le secouant
- Non ! protesta-t-il sans sortir la tête des draps
- Allez, Dylan, debout !
- Pas encore, c'est trop tôt...
- Sept heures et demie du matin ? Je n'appelle pas ça trop tôt. On a tout intérêt à être en bas avant que les journaux ne soient distribués.
La mention des journaux le fit bondir hors du lit. Je secouai la tête, amusé, et me dirigeai vers mes affaires. J'enfilai rapidement un pantalon et un maillot manches courtes, imité par Lloyd avant de sortir de notre chambre.
Nous trouvâmes Eliot, Stir et Alan sur le point de partir. Nous nous joignîmes à eux. Apparemment, Stanley et Martinson étaient déjà en bas. Nous étions -sans surprise- les derniers.
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Au réfectoire, les Irlandais et les Anglais étaient déjà au complet. Les Ecossais n'étaient que trois : Jesse Lowley, Ewan Highsigh et Nicholas Illian. Et effectivement, nos deux coéquipiers s'étaient déjà installés.
- Alors ? me demanda Martinson. Tu sais si ton plan va marcher ?
- J'espère. On a fourni les déclarations de Spark, les témoignages de deux joueurs de l'équipe adverse, de Potter et Hannah y a ajouté l'explication du sort d'Adriana Lance. Le dossier est complet, donc ça a tout intérêt à marcher.
- Qu'est-ce qui a tout intérêt à marcher ?
Je me retournai et vis Ellen. Je fronçai les sourcils :
- La dernière discussion ne t'a pas suffi ?
- Aucune ne me suffira. Je t'ai déjà dit ce que je voulais, je ne m'arrêterai pas tant que je ne l'aurais pas obtenu.
- Tu t'obstines pour rien. Je ne te reprendrai pas.
- Tu as dit que tu le ferais peut être un jour.
- Maintenant j'ai bien réfléchi et je sais que ce sera jamais. Une bonne fois pour toutes, Ellen : les gens changent, les sentiments aussi. Je t'aimais encore avant mais maintenant plus. Je ne ressens plus rien du tout pour toi. Tu entends ? Rien.
- Tu ne peux pas changer tes sentiments en aussi peu de temps.
- On peut, Ellen. Quand tu m'as laissé, j'ai commencé à te détester. Puis tout s'est effacé. Et il n'y a plus rien.
- Ce sont tes groupies, c'est ça ?
- Je ne sais pas combien de fois je devrais te dire que ce ne sont pas mes groupies.
Je décidai de passer à l'étape finale : mensonges.
- Et puis je ne vois pas en quoi elles auraient quelque chose à voir avec mes sentiments. Hannah est avec Stir, Kat est avec Vasco.
Je récoltai six regards choqués et un pas surpris du tout -Dylan évidemment. Bon certes, Hannah n'était presque plus avec Stir et Kat n'était pas -encore- avec Vasco mais comment est-ce qu'elle le saurait ?
Ellen était figée. Elle cherchait une solution. Elle ne pouvait plus rejeter la faute sur mes "groupies" et savait que la persuasion était perdue d'avance.
Elle soupira :
- Il faut qu'on parle en privé.
- Sûrement pas maintenant.
- Cet après-midi à quinze heures.
- D'accord.
Elle hocha la tête et s'en alla rapidement.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? me demanda Martinson
- À ton avis ? Mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes...
- Courrier ! s'exclama Alan
Il me lança trois lettres en riant :
- C'est le gros lot pour toi !
Je souris et ouvris la première.
J'aurais pu envoyer cette lettre à Hannah mais le fait est que je ne sais pas où la trouver. L'article est sur l'édition de la Gazette de ce matin, en page quatre. Bonne chance.
Connor Lawsen.
Je secouai la tête : c'était un homme plutôt bref.
Je laissai la lettre de côté et regardai la suivante.
Flint,
la décision du Mangemagot a été prise. Ton père passera en procès. Tu es attendu cet après-midi à quatre heures et demie dans mon bureau pour discuter des dernières questions administratives. Tu auras l'autorisation de voir ton père aussi. Je t'attends.
Harry Potter.
Je ne retins pas mon sourire de satisfaction. Je me mordis la lèvre pour étouffer mon envie de crier de joie.
C'était la fin de Flint Père.
Le dernier parchemin était un peu plus étrange. L'écriture était faite avec une encre verte et une calligraphie presque trop régulière.
Marcus Flint,
étant très impressionné par les performances de votre équipe, je me permets de vous adresser cette lettre. J'ai eu par le passé l'honneur de travailler avec des joueurs de Quidditch gallois comme les Swansea Flies et les Denbigh Kites.
Je déglutis : les deux plus grandes équipes de Quidditch du Pays de Galles, aujourd'hui inactives, au vu de leur âge un peu inadapté aux compétitions.
J'ai ouï dire que vous n'aviez pas d'entraîneur stable, ni même d'équipe administrative. C'est pourquoi je vous propose de vous prendre disons "sous mon aile". Si vous souhaitez me rencontrer pour discuter cet accord, vous pourrez le spécifier dans votre réponse.
Bonne journée et j'espère à bientôt,
David Connenwall.
J'étais stupéfait. David Connenwall était la plus grande personnalité du Quidditch au Pays de Galles. Dans sa jeunesse, il avait fait partie d'une des équipes les plus fortes de notre pays et désormais il était entraîneur et manager. Si il prenait une équipe "sous son aile", elle était certaine qu'elle avait un potentiel important. Connenwall ne perdait jamais son temps et n'allait jamais par quatre chemins. Il était franc et parfois même trop peu souple.
- Les gars... réussis-je à dire
Ils levèrent la tête de leur courrier pour me regarder.
- Devinez qui nous a écrit...
Ils se lancèrent dans une série de plaisanteries diverses.
- Non je ne trouve pas... soupira Lloyd. Qui ?
Je déglutis :
- David Connenwall.
Ils se figèrent de stupeur.
- D-D-David Connenwall ? répéta Stanley
Je hochai la tête :
- Il nous propose de devenir son équipe.
Un mélange d'appréhension et de joie se reflétait sur nos visages. C'était l'opportunité d'une vie. Mais ça signifiait aussi entrer dans le monde des champions, le champ de bataille cruel et difficile de la gloire dont on ressortait changé souvent radicalement. Etions-nous prêts à renoncer à la liberté que nous avions encore ?
Nous ne le savions pas.
- Distribution des journaux ! annonça Stefen tout souriant
Il posa une pile de quotidiens de tous types sur notre table et s'en alla, alors que les autres tables étaient aussi servies.
Martinson attrapa tout de suite la Gazette du Sorcier et hoqueta :
- Regardez...
Il nous montra la couverture.
Tricheries et mensonges : le monde du Quidditch a bien changé.
- C'est en page quatre, l'informai-je
Il posa le journal à plat devant nous et passa directement à la page en question.
Une photo de McLaggen victorieux à la fin du match final trônait en dessous du même titre qu'en couverture. En dessous, la légende disait : Cormac McLaggen, champion acclamé et tricheur sans scrupules.
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La compétition de Quidditch, dont l'issue devait déterminer l'équipe britannique pour la Coupe du monde, nous a réservé bien des surprises. Personne n'avait imaginé que le dernier rebondissement adviendrait après la finale même.
L'équipe des London Eagles, du très acclamé Cormac McLaggen, avait attiré les regards sur elles avant même les qualifications. Explosant les records, grimpant les échelons à une vitesse fulgurante... Sans étonnement, ils étaient les favoris des éliminatoires. Les scores impressionnants de ces novices, qui avaient laissé sceptiques quelques spécialistes du Quidditch, n'étaient pourtant que des chiffres. Et par dessus tout, des chiffres truqués.
La tricherie mise en place par Ed Oth est d'une ampleur croissante. Si elle n'avait débuté que moyennement avant les éliminatoires, elle a atteint des proportions scandaleuses lors des quatre manches à Manchester.
Les trois matchs (contre les Irlandais, les Gallois puis les Ecossais) n'ont suscité aucun soupçon. Pourtant, lors de la finale, l'équipe adverse ainsi que quelques spectateurs, qui n'étaient pas entrés dans le stade par la porte principale ou qui ne le regardaient pas des gradins, ont constaté qu'une grande partie des buts marqués par les Anglais étaient faux. Par exemple, on a crû que les L.E. avaient marqué d'entrée de jeu. En réalité, le Gardien Gallois avait arrêté le Souaffle.
Un public aveuglé par un sort, un réseau de complices dans la Ligue, des résultats truqués, une ascension fulgurante, un entraîneur sans scrupules... Le cas des London Eagles fait s'interroger le monde du Quidditch. Et si les héros du sport n'avaient besoin que d'un circuit aux mains sales pour triompher ? Et si la gloire n'était qu'une question de fraude ?
Mais surtout : quel est l'avenir des London Eagles ?
C.L. Gazette du Sorcier. Politique&Société
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Suivaient les déclarations de Spark et plusieurs témoignages, plus l'explication du sort.
Nous finîmes notre lecture à peu près tous en même temps. J'étais à la fois content que Lawsen ait tenu sa promesse et étonné de son style d'écriture.
Un juron et des exclamations derrière moi m'informèrent que les Anglais avaient vu eux aussi l'article désormais.
Nous nous retournâmes vers leur table.
McLaggen était blanc comme la neige. Sa rouquine tentait de trouver quelque chose à lui dire mais rien n'y faisait. Les autres se disputaient violemment. J'en déduisis que la fraude n'était pas connue de tous.
L'entraîneur, alarmé, arriva et tenta de les calmer. Ce fut quand McLaggen lui tendit le journal. Bien que Oth soit de dos, je sentis ses épaules se raidir brusquement. Lentement, il se tourna vers moi et m'assassina du regard.
Accusé.
Spark arriva à ce moment-là. Jamais quand il fallait... Oth lui fit signe de le suivre hors de la pièce. Non, là ça n'allait pas. Mon entraîneur m'adressa un regard plus que préoccupé. Il était même terrorisé. Spark avait fait des erreurs, certes, mais s'il risquait quoi que ce soit de la part de Oth, il ne le méritait pas. Je n'allais pas le laisser en pâture au diable.
- Dylan, Stanley, lâchai-je. Vous venez avec moi.
Nous sortîmes de la pièce plusieurs instants après les deux entraîneurs. Et là, nous les vîmes.
Oth avait plaqué Spark contre le mur et lui crachai des insultes et des menaces au visage. Notre entraîneur devenait plus pâle et plus tremblant chaque seconde. Je compris alors pourquoi l'Anglais avait ce grand pouvoir de persuasion. La terreur. Arme puissante.
- Hé ! m'exclamai-je à son attention. Lâchez-le !
Oth sursauta et fit volteface pour me transpercer du regard :
- Mêlez-vous de ce qui vous regarde, pour une fois, Flint !
- Tout ce qui touche de près ou de loin à cette compétition ou à mon entraîneur me regarde, figurez-vous.
- Je vous croyais un joueur intelligent. Mais vous avez la fâcheuse manie de fourrer votre nez là où il ne faut pas.
- Je suis un Serpentard, les règles ça n'a jamais été mon fort.
Je me rendis compte que cette phrase était d'autant plus vraie qu'il ne me manquait que quelques des règles de notre liste non-brisées.
- Qui vous croira, Flint ? Qui ? Tout le monde pensera que c'est la spéculation des mauvais perdants, ça ne servira à rien !
- Croyez-moi, le nombre de personnes qui penseront qu'il s'agit de spéculation est bien réduit. Ce n'est pas comme si c'était dans un journal peu pris au sérieux.
- Vous avez fait une erreur, Flint. Je suis bien plus puissant que vous.
- Si vous êtes si puissant, pourquoi n'arrivez-vous jamais à faire gagner vos équipes ? Pourquoi êtes-vous obligé de vous salir les mains dans les circuits frauduleux pour pouvoir obtenir un semblant de gloire ? Le sport, c'est avant tout pour les gens honnêtes. Il est déjà assez sali par des gens de votre espèce.
Il émit un sifflement venimeux.
- La commission sportive et la Ligue ne tarderont pas à venir vérifier les dires en personne, l'avertis-je. Les preuves sont contre vous, vous croyez encore pouvoir vous en sortir ou vous allez prendre la fuite ?
- Ne le suggérez pas...
J'eus un sourire perfide :
- Pour survivre dans ce monde, il faut avoir des tripes. Et ça inclut aussi savoir s'insurger contre les tricheries. Désolé pour vous, mais nous avons des tripes et pas votre équipe. Nous survivrons et pas les London Eagles.
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Nous n'eûmes pas à attendre si longtemps pour que la commission sportive et la Ligue n'arrivent. Un groupe de six personnes débarqua dans le hall alors que mes coéquipiers et moi y étions.
Ils convoquèrent les quatre équipes et leurs entraîneurs dans la salle d'interview.
Ils nous posèrent une ribambelle de questions qui semblait ne jamais se terminer.
Jusqu'à leur décision finale.
Ils se regardèrent et délibérèrent à voix basse.
Kat se rapprocha discrètement de moi et murmura à mon oreille :
- Tu crois qu'il vont annuler la finale ?
- Je ne sais pas... Je n'ai aucune idée de ce qu'ils vont faire.
Elle se mordit la lèvre :
- Hannah, Vasco et toi faites quelque chose cet après-midi ?
- Je suis libre jusqu'à quinze heures. Après, on devra aller à Londres à seize heures et trente.
- D'accord.
- Tu avais quelque chose en tête ?
- Vu que c'est le dernier jour à Manchester, je pensais qu'on pourrait se faire une dernière sortie.
Je hochai la tête.
- Vasco retournera chez lui ?
- Tu veux dire demain ?
- Oui.
- Je ne sais pas. En tout cas, chez ma mère peut être. Tu rentres en Ecosse, par contre toi.
Elle hocha la tête et soupira :
- J'ai le droit de dire que je n'ai plus tant envie que ça ?
Je souris :
- Tu as le droit. Mais Highsigh n'appréciera pas.
Elle leva les yeux au ciel et sourit à son tour. Je plantai mon regard dans le sien et demandai d'un ton sérieux :
- Tu veux que je te donne l'adresse de ma mère ?
Elle écarquilla les yeux :
- Hein ?
- Si tu veux passer nous voir. Vasco et moi s'entend.
Elle sourit :
- Oui bien sûr.
- Plus pour moi ou pour Vasco ? plaisantai-je
- Mais pour toi bien sûr, rit-elle en me tirant la langue
Je ris aussi et chuchotai dans son oreille :
- Si tu promets que tu ne joues pas avec mon frère, je te donne notre adresse.
Elle sourit et me regarda très sérieusement :
- Je te le jure sur ma propre vie.
Satisfait je lui dictai l'adresse exacte. Elle hocha la tête et me déposa une bise sur la joue.
- Kat, ajoutai-je. Si tu veux passer l'après-midi avec nous, c'est volontiers.
Elle sourit :
- Hannah sera là aussi, pas vrai ?
Elle me lança un regard entendu.
- Oui pourquoi ?
Elle leva les yeux au ciel, exaspérée.
- Quoi ?
- Quand est-ce que tu vas comprendre que tu ne te comportes pas du tout comme un simple ami avec elle ?
- Ne dis pas n'importe quoi...
- Crois-moi, on lit sur ton visage que tu l'aimes plus que tu ne veux bien le dire.
- C'est faux. On est juste meilleurs amis.
Elle haussa les sourcils, pas dupe :
- Marcus, ça crève les yeux.
Je secouai la tête :
- Non, c'est juste qu'on est très proches.
- Je n'y crois pas une seconde. Et j'ai plus d'expérience que toi dans ce domaine. Tu ne sais pas combien de filles j'ai fait hurler de rage pour ça.
- Ah oui ? C'est quoi cette histoire ?
- On se détestait mutuellement. Elles parce que j'étais la "pétasse" de service, moi parce qu'elles me détestaient. Il y en avait une qui s'appelait Liza et qui était dingue d'un des plus beaux garçons de notre quartier. J'avais envie de bien l'énerver. On était toutes les deux invitées à une fête qu'il avait organisée pour son anniversaire. J'avais entendu dire qu'elle comptait profiter de l'occasion pour lui parler enfin. Et tu peux deviner ce que j'ai fait.
Elle esquissa un rictus narquois :
- Je lui ai coupé l'herbe sous les pieds.
- Alors ce type est un de tes douze ex ?
- C'est ça. Celui d'avant Ewan.
Je ris :
- Tu es vraiment une mangeuse d'hommes. Je ne sais pas si je vais laisser ton frère entre tes mains.
- Ce n'est pas parce que j'aime jouer que je ne peux pas être sérieuse.
- Je sais bien. Heureusement.
- Ta petite Ellen me déteste aussi d'ailleurs.
- Si c'est pour ça, elle déteste Hannah aussi.
Kat secoua ses cheveux :
- Elle a raté sa chance. Il ne fallait pas se barrer avec le premier sorcier un peu riche et beau parleur qui se pointe.
- Surveille ton langage, la reprit Highsigh
- Tu sais qu'on écoute pas les conversations des autres, Ewan ?
Il secoua la tête.
- Et puis je parle comme je veux.
Le silence tomba tout à coup.
Les membres de la Ligue et de la commission avaient terminé leur délibération.
Un homme assis au centre s'adressa à nous :
- Une décision de très grande ampleur pour les entraîneurs ne peut être prise par un si petit comité. Il nous faut l'accord du Ministère des Sports. Mais nous avons choisi d'annuler tous les scores des London Eagles.
Kat me regarda, la bouche grande ouverte de surprise.
- L'équipe est disqualifiée de la compétition.
- Mais... protesta McLaggen. On va en Coupe du Monde !
- Plus maintenant McLaggen.
- Alors qui y ira ?
- La décision revient aux capitaines des trois autres équipes. Ils peuvent aller dans une pièce à part pour choisir.
Highsigh me sourit et nous rejoignîmes Finnigan pour sortir de la salle -enfin.
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- Alors ? dis-je. Qui veut y aller ?
Ils se consultèrent du regard :
- Je crois que c'est vous qui allez en championnat, lâcha Highsigh comme si c'était évident
- Et pourquoi ?
- Parce que vous étiez en finale.
- Mais tous les matchs des Anglais ont été annulés.
- Ecoute Flint, soupira Finnigan. Je te dois la vie de Wintren, qui en plus d'être mon Attrapeur est comme mon frère. Il n'y a qu'un moyen pour moi de te repayer c'est de te concéder ça au moins.
Je souris en pensant à Hannah :
- Tu sais que tu n'es pas obligé de rendre aux gens ce qu'ils te donnent ?
- Bien sûr que si, surtout si c'est de cette ampleur. Et ne me dis pas que tu n'attendais rien en retour, je m'en moque. Pour moi c'est aux Gallois d'aller en championnat.
Highsigh hocha la tête :
- Pour moi aussi. Vous étiez en finale, vous avez gagné votre match contre nous, contre les Irlandais et vous étiez à égalité avec les Anglais donc j'en déduis qu'en réalité, vous aviez gagné. Alors les calculs sont vite faits.
Finnigan sourit :
- Adjugé ! L'équipe gagnante de cette compétition est celle des Cardiff Falcons du Pays de Galles.
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- Quoi ? s'exclama Martinson
- On va en championnat du monde, répétai-je
Mes coéquipiers se regardèrent, abasourdis. Les exclamations de joie commencèrent à fuser de tous les côtés.
- Je vais voir Erika, annonça Dylan. Je suis sûr que mes parents se moquent de savoir que je vais à la Coupe du Monde.
- Mais pas elle, ris-je. Allez file.
Il me tendit sa main et je frappai dedans, puis il disparut.
- On doit fêter ça ! s'écria Thomas
- Eliot... maugréai-je. Mauvaise idée.
- Mais tu sais ce que ça représente ? Tu te souviens qu'on pensait tous qu'on allait se faire écraser dès la première manche ? Regarde : est-ce que tu croyais qu'on arriverait jusqu'ici ? Je pense que ça mérite d'être fêté.
- Je suis d'accord, dit Stir
Les autres l'étant aussi, je dus céder. Je n'avais aucune envie. Mais si les Ecossais, les Irlandais et les familles venaient ça allait.
- Bon... soupira Martinson. Entraînement cet après-midi ou pas ?
- Je ne pourrais pas y aller.
- Ah oui, c'est vrai : Ellen.
- Et pas que.
Stir me lança un regard suspicieux.
- Je dois aller au bureau des aurors avec Vasco, lui expliquai-je exaspéré
- Et Hannah sera là, je parie.
- Il y a de fortes chances.
Il grogna.
- Qu'est-ce que ça peut te faire ? Tu en veux une autre.
Il haussa les épaules :
- Tu le lui as dit ?
- Elle n'est pas stupide, elle l'a vu par elle-même.
Je me levai et sortis de la pièce. Je passai chercher Kat et nous transplanâmes chez Vasco.
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It's alright, I survived, I'm alive again
Cuz of you, made it through every storm
What is life, what's the use if you're killing time
I'm so glad I found an angel
Someone
Who was there when all my hopes fell
I wanna fly, looking in your eyes
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- Marcus ! s'exclama Logan
Le blondinet se précipita vers moi. Je l'attrapai au vol et le vis voltiger au-dessus de ma tête. Il rit en retrouvant le sol :
- Je savais que tu serais venu !
Vasco rit aussi. Son regard se posa tout à coup sur Kat et il se figea. Un immense sourire fendit ses lèvres :
- Je ne m'attendais pas à te voir aussi...
- Est-ce que je raterais une occasion pour voir mon petit Vasco ?
- Je ne suis pas un gamin...
Elle éclata de rire et se jeta à son cou. Il la serra contre lui en souriant de plus belle.
Hannah arriva depuis une pièce adjacente en souriant aussi. Elle vint directement vers moi et m'embrassa sur la joue :
- Alors ? Comment ça s'est passé ?
- Tu ne vas pas y croire.
Vasco et Kat se retournèrent vers nous aussi.
- Quoi ? Quoi ? fit un Logan impatient
- On va en Coupe du Monde.
Hannah, stupéfaite, ouvrit la bouche, incapable de produire un son. Elle plaqua sa main dessus.
- C'est génial ! s'enthousiasma Tête Blonde en me prenant dans ses bras
- Oui mais ça va m'éloigner encore plus de la maison...
Hannah prit ma main :
- Ce ne sera pas long. Ta mère ira bien, je te l'ai promis.
Je souris et plongeai dans ses yeux.
Au bout d'un moment, Kat se racla la gorge :
- Bon, on y va ou pas ?
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Nous ne pouvions pas voir ma mère aujourd'hui parce qu'on lui faisait passer une longue série d'examens, du fait qu'elle ait changé d'équipe médicale.
Mais je lui avais envoyé un mot et nous étions allés dans le centre de Manchester côté sorcier entre amis.
Logan avait -comme d'habitude- tout le temps faim. Vers midi, nous nous installâmes à table dans un bar.
J'annonçai à ce moment-là qu'Eliot avait encore organisé une fête dans la soirée. Kat et Logan prirent très bien l'initiative. Je sentais qu'ils mourraient tous les deux d'envie de passer un moment seuls. Hannah était bien moins enthousiaste :
- Je n'ai pas très envie... Et puis je dois garder Logan.
- Hannah... soupira Kat. Tu devrais t'amuser un peu.
- La dernière fois, Marcus ne m'a pas fait rentrer parce que mon copain n'était pas très sobre.
- Oui mais maintenant c'est lui qui va baver.
- Et comment ? Si tu me regardes bien il n'y a pas de quoi baver.
- Bon, tu sais ce qu'on va faire ? Cet après-midi on va laisser les trois garçons de service entre eux et nous on va s'occuper de nous. Interdiction de les revoir avant ce soir.
- Quoi ? protestai-je. Je rêve ou tu me demandes de passer une journée sans Hannah ?
- Tu survivras, Marcus. Vous allez faire vos petites affaires tous les deux.
Elle se leva, laissa quelques Gallions sur la table et fit signe à Hannah de la suivre. Celle-ci m'adressa un signe de main et partit avec l'écossaise.
- Alors là... soupira Vasco. Je ne m'attendais pas à celle-là...
Je souris :
- Au moins elles sont amies, tu n'as pas à te plaindre.
Il rit :
- Donc quel est mon programme ?
- Quinze heures : Ellen. Seize heures trente : Potter. Le reste, on meuble.
- J'ai faim... soupira Logan
- Tu viens de manger !
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Logan jouait à regarder les photos de la boîte de Vasco, alors que je discutais avec mon frère.
- Alors, avec Kat ? demandai-je à Tête Blonde tout à coup
- Il n'y a rien plus de ce que tu vois.
- C'est une question de temps.
- Je ne suis pas le genre de...
- Faux.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Kat est mon amie aussi. Et elle me dit beaucoup de choses.
Un sourire radieux illumina le visage de mon frère.
- Allez... soupirai-je. Vous serez tranquilles tous les deux ce soir.
- Comme ça Hannah et toi aussi.
- Si Ellen ne décide pas de se ramener.
- À propos on ne devrait pas y aller maintenant ?
- Oh flûte !
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J'ouvris la porte de la chambre qu'on m'avait indiquée comme celle d'Ellen Richards. Elle sourit en me voyant mais se ravisa dès qu'elle remarqua Vasco avec moi et Logan dans mes bras.
- Euh... Entrez. Comment vas-tu Vasco, ça faisait une éternité.
- Je vais bien, Ellen.
- J'ai entendu dire que tu étais avec Pick, des écossais.
Vasco me regarda, confus. Je lui fis un signe discret et il répondit :
- Euh oui... Je m'étonne que les nouvelles aillent si vite.
Elle sourit :
- Quand on travaille dans la presse, ça ne nous surprend plus.
Il hocha la tête.
- J'espère que tu as assez de sorts en réserve pour quand elle te brisera le coeur.
- Sois-en assurée.
Elle opina puis dévisagea Logan :
- Tu te lances dans la garde d'enfants, Marcus ? Je ne te croyais pas aussi désespéré.
- Ce n'est pas n'importe quel enfant, Ellen.
- Ah ?
- C'est mon Papa ! s'exclama Logan
Une expression de choc profond déforma le visage d'Ellen. J'éclatai de rire :
- Logan, je t'ai déjà dit que...
- Si ! Tu es mon Papa...
Il fit une moue boudeuse et je ris de plus belle.
- Euh... J'ai manqué quelques informations là... murmura Ellen
- Logan est le neveu de ma meilleure amie. Il me prend pour son père mais ce n'est pas vrai.
Un soulagement clair se dessina dans le regard de mon ex.
- Alors ? Qu'est-ce que tu voulais, Ellen ?
- Euh... Discuter de notre situation. Calmement.
- Commence alors.
Elle hocha la tête. Je m'adossai au mur et plantai mon regard dans le sien.
- Marcus, je suis désolée. Tu ne sais pas combien je m'en suis voulue pour ce que je t'ai fait. C'était l'erreur de ma vie, je m'en repentis. Je t'aime comme personne d'autre. Tu ne veux vraiment pas me donner une nouvelle chance ? Tu aurais tout à y gagner, je te l'assure.
Elle me fit sa moue craquante. Mais je ne craquai pas :
- C'est à moi de parler ?
- Euh... Oui...
- Bon. Je me rappelle de ma mère qui, quand j'étais petit, m'avait dit que toutes les mauvaises expériences devaient être prises comme des choses qu'on devait vivre pour en tirer des leçons. Quand tu es venue et que tu as mis le point final à tout, je me suis dit que c'était la pire chose qui soit. Mais avec le temps et surtout le recul que j'ai réussi à prendre récemment, je vois qu'en fait je devais vivre ça pour comprendre une série de choses. Et la première c'était que je n'étais pas le meilleur homme du monde. Ensuite, ce qui était entre nous n'était même pas vrai des deux côtés. Sinon pourquoi est-ce que tu serais allée voir ailleurs si vite et si facilement ? Troisièmement : les personnes qui te brisent le coeur se font briser le coeur en retour. En gros, on récolte ce que l'on sème. Quatrièmement : je suis comme tous les autres hommes, dans mes sentiments et dans mes envies. Être Serpentard ne change absolument rien. Pour finir : pas de secondes chances en amour. Et je remercie Kat pour celle-ci.
Je vis à la tête d'Ellen que ce n'était pas du tout ce qu'elle voulait entendre.
- Voilà, on a discuté de notre situation.
- Je... Je... Je...
- Oui, tu quoi ?
- Tu ne veux vraiment pas ?
- Non.
Elle se mit à pleurer. Je n'y fis pas attention et dis à Vasco :
- Tu viens on y va ?
.
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Comme convenu, nous allâmes au bureau des aurors de Londres pour rencontrer Potter. Il nous expliqua la décision du Mangemagot. Le dernier vote avait consenti au procès Mangemort en plus de celui de violence sur enfant. Potter nous rappela tout de même que c'était rare que ces accords soient donnés, et qu'après ça, nous aurions à rester discrets dans les domaines qui ne concernaient pas le Quidditch.
Il nous fit signe une série de papiers administratifs avant de dire :
- Félicitations, au fait, Flint. J'ai entendu que tu avais gagné les éliminatoires.
Je souris :
- Merci.
- Le Mangemagot fera en sorte que les dates du procès coïncident avec tes jours libres.
J'opinai :
- Merci.
- Vous vous allez voir votre père maintenant ?
Vasco se mordit la lèvre et répondit avant moi :
- Oui.
- Et le petit ? Vous allez l'emmener dans la cellule avec vous ?
Je regardai Logan. Il faisait attention à tout ce qui se passait autour de lui. Il était fort, il avait beaucoup en commun avec Vasco et Hannah. Il saurait faire ça, non ?
Je hochai la tête.
- Allons-y alors.
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Quand je mis le premier pied dans la cellule putride, Père releva la tête vers moi. Il était au noir, assis sur un banc. Vasco entra aussi, Logan sur ses talons. Deux aurors nous flanquèrent, par mesure de sécurité.
- Visite de courtoisie, c'est ça ? siffla Père
Je ne répondis pas. Je jetai à un coup d'oeil à mon frère. Il était pâle et ses yeux sa bataille intérieure. Il voulait enfin montrer qu'il n'était pas sous le joug de l'homme qui lui avait arraché l'enfance. Il prit une grande inspiration et se lança :
- V-Vous irez en procès pour activité de Mangemort et pour violence sur moi.
Père eut un ricanement méprisant :
- Alors ces incapables du Mangemagot se sont enfin décidés ?
Vasco se mordit la lèvre. Il ne savait pas comment s'y prendre.
Discrètement, je passai ma main dans son dos. Il sentit le contact et sursauta. Son visage reprit des couleurs et ses yeux devinrent plus froids :
- Il était temps que vous soyez puni pour ce que vous avez fait.
Son ton sec étonna Père. Moi, au contraire, j'en étais plutôt fier.
- Je n'ai plus à cacher ça, continua mon frère en montrant ses bras à la lumière pâle. Je n'ai plus à craindre de mon monstre de père qui ne peut plus m'atteindre.
- Je vois que ton frère a procédé au bourrage de crâne. Elvira aurait-elle donc gagné ? Oh mais non... J'ai entendu dire qu'elle ne vivrait pas encore longtemps. Elle n'aura pas le temps de savourer sa victoire sur moi. Alors que moi j'ai tout le loisir de savourer celle du temps sur elle.
Je crispai mes poings, prêt à les lui abattre dans la figure. Mais Vasco ne tenta pas de retenir sa colère :
- Vous n'avez pas le droit de parler d'elle ! Elle méritait bien mieux qu'un homme comme vous, si elle est comme ça maintenant ce n'est pas parce qu'elle ne s'est pas battue ! Elle a toujours été quelqu'un de bien mieux que vous, vous n'êtes qu'un... Vous n'êtes qu'un salaud !
Je sursautai et Père aussi. Kat avait déteint sur lui apparemment. Comme Hannah sur moi.
Les filles avaient des sorts en réserve qui avaient été sous-estimés.
- J'en ai eu assez, Marcus. On peut partir ?
- Une seconde.
Je plantai mon regard dans celui de père et sifflai :
- Maman a gagné et s'en sortira. Vous êtes le seul qui dépérira dans la solitude et la décadence. Vous apprendre à peser le poids de vos actes. Enfin, si vous sortez un jour d'ici.
Et sur ce, nous partîmes.
.
.
Because you live there's a reason why
I carry on when I lose the fight
I want to give what you've given me always
you live and breathe
Because you make me believe in myself when nobody else can help
Because you live, girl
My world has everything I need to survive
.
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- Avale, bon sang !
Je secouai la tête et reposai sur la table le verre que Wintren m'avait donné.
Je fermai les yeux et les rouvris aussitôt. Je luttai pour ne pas poser mon regard sur le verre mais échouai lamentablement.
Dans le liquide ambré, je crus voir mes fantômes.
Culpabilité. Qui nous ronge, qui nous détruit. Qui ne donne jamais de repos. Cauchemars. Qui nous hantent nuit et jour sans cesser une seconde de brasser notre esprit. Peur. Qui nous paralyse, qui nous corromps. Qui nous empêche de voir la vérité.
Tous les fantômes que je noyais dans l'alcool. Pas question d'en toucher une goutte de plus.
Je regardai autour de moi. Les gens s'amusaient déjà bien. La fête d'Eliot avait commencé depuis une demi-heure.
Je cherchai du regard mes coéquipiers. Dylan et Erika étaient sur la piste de danse mais ne dansaient absolument pas en accord avec la musique. Ils étaient enlacés, front contre front, et se parlaient. J'eus un pincement de tristesse pour moi.
Martinson était occupé avec Jesse Lowley, des Ecossais. Ils bavardaient, adossés contre un mur, commentant sans doute ce qu'ils voyaient. Alan et une poignée d'Irlandais buvaient au comptoir, entourés par leurs soeurs qui les regardaient d'un oeil réprobateur. Highsigh, Dubois, Stanley et Thomas étaient assis à une table et observaient la piste de danse. Stir était un peu plus loin, vers le comptoir, et draguait la même rouquine que l'autre jour.
Vasco soupira et me ramena à la réalité.
- Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Kat et Hannah sont en retard...
- Marcus j'ai faim ! se plaignit Logan
- Est-ce qu'il y a au moins un instant où tu n'as pas faim ? plaisantai-je
Je me tournai vers le comptoir et demandai quelques gâteaux pour le petit blondinet, qui les dévora en peu de temps.
Tout à coup, Vasco se redressa :
- Elles sont là !
Je fis volteface en direction de la porte et les vis, effectivement. Elles arrivèrent vers nous sans s'attarder à observer les gens présents. Même Hannah ne jeta pas un seul coup d'oeil à Stir qui, lui, la regardait.
Kat s'était changée. Elle avait mis un maillot qui découvrait ses épaules et une jupe assez courte, et ses cheveux étaient coiffés en longues boucles. Elle nous sourit et tendit sa main à Vasco :
- On y va ?
- Oui, répondit-il en souriant aussi. Tu ne veux rien d'abord ?
- Non ça ira...
Il prit da main et ils s'éloignèrent tous les deux vers la piste de danse, nous laissant seuls, Hannah et moi. La blondinette les regarda partir et rit doucement. Contrairement à Kat, elle ne s'était pas vraiment changée, elle avait toujours la même robe blanche qu'au moment où on s'était quittés à Manchester. Mais notre amie écossaise avait quand même dû s'occuper de ses cheveux. D'habitude, ils étaient détachés et lâches, ou sinon en couette faite très vite. Là ils étaient un peu plus bouclés.
- Tu arrêtes de regarder mes cheveux, ou pas ? plaisanta-t-elle
- C'est très intéressant.
Elle rit. Puis me regarda, amusée :
- Tu es resté planté là pendant une demi-heure ?
- Non. Enfin si...
Elle rit à nouveau.
- Tu veux quelque chose ? lui demandai-je
- Non merci... Je ne bois pas grand chose d'autre que de l'eau.
Elle prit Logan dans ses bars et le câlina affectueusement, me faisant sourire.
- Tu as l'air de bien aimer les enfants, constatai-je
- Non, grogna Logan. C'est moi que tu aimes, hein tatie Han ?
- Mais oui c'est toi que j'aime petit grognon.
Elle sourit et me regarda :
- Alors ? Qu'est-ce que tu as prévu de faire ?
- Euh... Déjà tu ne t'approches pas de Stir.
Elle secoua la tête, amusée :
- D'accord.
- Ensuite et bien... Je ne sais pas.
Je souris tristement. Hannah posa Logan sur la chaise où il était et vint enrouler ses bras autour de mon cou.
- Han... murmurai-je. On est en présence de tous mes coéquipiers...
Elle ne répondit pas mais ne se détacha pas pour autant. Je risquai un coup d'oeil vers la piste de danse. Stir était immobile et nous fixait. Je détournai le regard :
- Ton copain nous fixe.
Elle se raidit :
- Il n'est pas avec sa rouquine ? murmura-t-elle
- Si... Et elle lui fait une scène en ce moment.
Stir se fraya un chemin pour nous rejoindre.
- Va aux toilettes, Hannah.
- Pourquoi ?
- Stir arrive.
Elle se détacha me sourit, fit semblant de me dire un truc et fila vers les toilettes.
Stir hésita un moment, entre aller vers moi ou la suivre aux toilettes. Optant pour le plus normal, il vint vers moi. Il s'assit à côté de Logan et me fixa sans rien dire.
- Quoi ? finis-je par dire
- C'était quoi ce que j'ai vu ?
- Tu as vu ma meilleure amie qui essayait de me remonter le moral.
C'était un demi-mensonge. Elle avait vu que j'étais un peu mélancolique, ça j'en étais sûr.
Stir haussa un sourcil :
- Et pourquoi il faudrait te remonter le moral ?
- Je n'ai pas pu voir ma mère aujourd'hui. Et j'ai eu un face à face peu plaisant avec mon père.
Son expression changea subitement, de réprobatrice à compatissante :
- Je ne savais pas...
- Tu ne pouvais pas savoir. Je ne l'ai dit à personne.
- Tu devrais le faire un peu plus souvent, tu sais ? Ce n'est pas une mauvaise chose de parler.
- J'ai appris ça récemment.
Il me tapa amicalement l'épaule puis soupira :
- Je n'ai pas eu l'occasion de te remercier.
- Remercier pour quoi ?
- Pour beaucoup de choses. D'abord pour m'avoir accepté dans cette équipe.
J'étouffai un rire dans un sourire :
- À ton avis pourquoi je l'ai fait ?
- Parce que... Parce que tu as jugé que...
- Que t'étais le meilleur de tous ceux qui sont passés ?
Il hocha la tête.
- Et bien c'est presque pour ça, Stir. Si je ne t'avais pas jugé apte à être en accord avec notre jeu, je ne t'aurais pas retenu. Il y avait une poignée de Batteurs excellents, peut être certains meilleurs que toi. Mais une équipe c'est un tout, pas sept joueurs distincts. Le jeu de tous doit être en... en harmonie je dirais. Et tu étais le seul à entrer dans tous mes critères. Cette place était pour toi, tu étais le Batteur remplaçant qu'il nous fallait.
Il baissa la tête.
- Et maintenant tu es dans les Cardiff Falcons jusqu'à ce que tu décides de partir.
Il releva la tête et, un peu surpris au début, esquissa un immense sourire.
- Et tu devais me remercier pour quoi d'autre ?
- Pour ce que tu as dit à Derek...
- Pourquoi est-ce que j'aurais dû dire autre chose ?
- Je sais que tu ne m'aimes pas.
Je soupirai :
- Tu veux la vérité, Stir ?
Il hésita un instant avant de hocher la tête.
- Ce n'est pas que je ne t'aime pas, ce que je déteste c'est comment tu traites ta copine. Je n'ai rien contre toi en réalité. C'est juste parce que tu blesses ma meilleure amie que je ne t'aime pas.
Il se mordit la lèvre et ne répondit pas avant un instant. Puis il inspira :
- Si tu as été honnête avec moi, je dois l'être avec toi aussi. Avec Hannah, j'ai tout fait pour l'avoir mais une fois qu'on a été ensemble, je l'ai laissée un peu de côté. Je pensais sans doute que je n'avais rien à craindre. Puis elle m'a fait une scène un jour et j'ai compris au fond de moi que je faisais une erreur. Mais au lieu de lui dire ça, j'ai rejeté la faute sur elle. On s'est disputés mais on s'aimait trop pour se quitter. J'ai continué à privilégier mes amis sur elle les soirs. Elle m'avait le jour mais jamais la nuit. Je savais qu'elle vivait mal le fait de vivre avec un de mes amis aussi, et que je lui témoigne aussi peu mon amour en face d'autres gens. Je le savais et je n'ai rien fait. Puis je suis entré dans l'équipe et dès le premier jour entre vous deux ça a été l'entente parfaite. Sous mes yeux, vous vous retrouviez. Et c'était un moment assez étrange à vivre. Je voyais qu'elle te regardait avec amitié, et je ne l'avais jamais vue le faire. Elle n'aime aucun de mes amis et je ne connaissais aucun des siens. Je crois même qu'elle n'en avait plus depuis son départ d'Angleterre. Mais le pire pour moi, c'était de voir que toi, Marcus Flint, celui qui avait une réputation peu flatteuse au niveau social, tu t'attachais à elle sans vouloir te l'avouer. Tu l'as laissée entrer dans ton coeur alors que tu le fermais à tous les autres. J'ai ressenti une très forte jalousie. Mais de quoi est-ce que j'avais à être jaloux ? Je l'avais crue gagnée et ce pour longtemps. L'avoir mise un peu à l'écart allait me risquer de la perdre. Et elle avait tous les droits de me quitter après ce que j'avais fait. Mais je ne l'acceptais pas. Je n'acceptais qu'en moins de deux minutes tu sois déjà un six mille fois meilleur copain pour elle que moi. Qu'est-ce que je pouvais faire ? La solution la plus intelligente aurait été d'enfin me comporter comme il fallait pour lui montrer enfin que je l'aimais. Je me suis dit "attends, tu t'inquiètes peut être pour rien". Mais quand j'ai vu que vous vous étiez rapprochés autant, il y a quelques jours, j'ai opté pour la solution stupide. Je voulais la faire regretter de s'éloigner de moi, la faire courir dans mes bras à nouveau. L'idée m'est venue le jour de la dernière fête d'Eliot. Quand j'ai vu ta réaction au fait que je dansais avec une autre fille, de façon un peu ambigüe. Alors j'ai commencé à draguer la rouquine qui était avec moi. Je m'arrangeais toujours pour être avec elle quand Hannah et toi étiez là. Je l'ai pris dans les dents quand elle a commencé à jouer le jeu inverse. Tu as déteint sur elle. Elle s'est mise à me rendre coup pour coup. Elle en avait eu assez depuis le temps et elle a tous les droits. Je t'ai menti l'autre jour. Je l'aime toujours. Je l'aime plus que je n'ai jamais aimé une autre fille. Autant que ça me coûte de dire ça, je ne suis malheureusement pas celui qu'il lui faut. Ce serait toi à mon avis.
Le silence tomba entre nous deux. Je vis que ça lui avait coûté de se confier comme ça. Je mis mes mains sur ses épaules :
- Tu as fait beaucoup d'erreurs, Stir. Et tu en payes le prix. J'ai fait d'immenses erreurs, pires que toi. J'ai abandonné ma mère, par exemple. J'en paye le prix aussi. Mais Hannah est arrivée et a changé ma vie. Je tiens à elle comme je tiens à mon frère ou à ma mère. Si tu lui fais quoi que ce soit, je serai le premier à te le faire payer. C'est tout ce que j'ai à dire.
Il hocha la tête puis se mordit la lèvre :
- Dis-moi Marcus... Je voudrais que tu sois sincère une dernière fois... Est-ce que tu aimes Hannah de la même façon que moi ?
Je restai immobile et tournai la tête vers les toilettes. Hannah discutait avec Erika. Elle était... Parfaite. Il n'y avait rien chez elle que je ne pouvais pas complimenter. Mais avouer que ce que je ressentais pour elle était plus que de l'amitié, serait briser la règle sept.
On ne tombe pas amoureux de la copine d'un coéquipier.
- Je ne sais pas, soupirai-je. Je ne sais pas, Stir.
Il hocha la tête :
- Je vais te laisser alors.
Quand il fut parti, Hannah revint :
- Alors ?
Je ne répondis pas. Je fixai son visage. Est-ce que les autres avaient raison ? Est-ce qu'en fait je n'avais pas envie d'être son ami ?
Je me mordis la lèvre et la pris dans mes bras, cachant mon visage dans ses cheveux.
- Marcus ?
- Merci Hannah... murmurai-je. Merci d'être là... Merci de m'avoir redonné une raison de vivre...
- Quelle raison de vivre ?
Toi.
.
Because you live... I live...
.
.
Et voilà ! :) Qu'est-ce que vous en avez pensé ? J'aime beaucoup ce chapitre alors j'aimerais avoir votre avis. On arrive très bientôt à la fin en plus.
Je renouvelle ce que je disais à propos des chansons : si vous en connaissez une qui colle à l'histoire, je serai ravie de lui donner une petite place.
Au passage, je n'avais pas prévu d'insérer un passage de discussion entre Marcus et Peter mais c'est venu. Votre avis m'intéresse parce que je ne sais pas trop si c'était une bonne idée.
Voilà !
J'espère que vous avez aimé !
À la semaine prochaine si tout va bien :)
ACSD
