Hey ! Comment ça va ?

Je suis là avec le chapitre 18, qui devrait être l'avant-avant-dernier, normalement, sauf si je fais un épilogue. Ou si mes calculs sont erronés.

Bah ! On verra. En tout cas, on arrive à la toute fin et donc il est temps de penser à la suite. Et à ce propos j'ai une surprise pour vous, mais ça vous verrez dans ma note de fin ;)

Donc place au chapitre mais avant ça, réponse aux guests reviews (donc merci à Kitkat, Mylene et Guest) :

Kitkat : Hey ! Bien revenue :) Du coup je vais répondre pour les deux chapitres ^^ Tu as raison, Marcus se ment à lui-même, et à ce propos, il va avoir quelques petits soucis aujourd'hui... Je suis contente si tu aimes le Kat/Vasco parce que moi aussi ^^ Pour la mère d'Hannah, j'ai décidé mais ce n'est pas pour cette semaine. Et Peter est un gros boulet, et il se l'est avoué. Allez, je te laisse lire et j'espère à bientôt :) !

Mylene : Hello ! Ne t'inquiète pas, moi je n'ai pas l'impression de lire toujours les mêmes choses :) Pour les personnages, ce chapitre sera un peu restreint vu qu'on "tourne une page" en quelque sorte. En tout cas si ils te plaisent, je suis très contente ^^ Et oui, Stir fait vraiment pitié. Et je ne savais pas qu'il y avait d'autres gens qui avaient un peu de mal à blairer Ginny. Mais ils ont eu un début de punition assez amer : plus de Coupe du monde alors que ça semblait gagné ! Allez : voilà le chapitre, j'espère qu'il te plaira :)

Guest : Hey ! Si par hasard, tu préfères que je m'adresse à toi plus particulièrement, n'hésite pas à signer :) En tout cas merci beaucoup d'avoir pris le temps de laisser un petit mot, j'espère que tu te reconnaîtras ^^ J'espère à bientôt :)

Et maintenant : place au chapitre (n'oubliez pas, surprise en bas de page ;))


We're the best of friends

And we share our secrets

She knows everything that is on my mind

Lately somethings changed

As I lie awake in my bed

A voice here inside my head

Softly says

Why don't you kiss her?

Why don't you tell her?

Why don't you let her see

The feelings that you hide?

'Cause she'll never know

If you never show

The way you feel inside

Jesse McCartney - Why Don't You Kiss Her ? - Beautiful Soul


Lys Ecarlate


18/Parenthèse fermée

J'étais désormais le spécialiste des nuits blanches. Mes tourments ne voulaient tout simplement pas me donner de repos, même une fois que le noir avait tout englouti. Les images de la soirée d'hier ne voulaient pas sortir de ma tête, elles revenaient devant mes yeux, comme pour me marteler.

Danser avec Hannah, serrée contre moi. Les chaleurs qui se mêlaient. Son odeur qui me revenait. Ses yeux bleus brillants de joie à chaque fois que je lui souriais.

Hannah ne voulait tout simplement pas sortir de mes pensées. Comme la question de Stir.

Est-ce que tu l'aimes de la même façon que moi ?

Est-ce que je l'aimais de la même façon que Stir ?

Ou plus simplement : est-ce que j'étais tombé amoureux d'Hannah Abbott ?

Je n'arrivais pas à trouver de réponse, aussi désespérément que je cherche. Je voulais savoir. Je me tourmentais sans cesse depuis des heures, hanté par cette énigme qui ne trouvait pas de solution.

Si j'étais amoureux d'Hannah, qu'est-ce que ça voudrais dire ? Que toutes ces règles, de la première à la dernière, avaient été détruites ? Je ne pouvais pas faire ça. Je l'avais promis à mes camarades. Ils ne savaient pas que je n'avais plus que trois règles valables. Ils ne savaient pas que j'avais brisé mon serment.

J'entendis une porte s'ouvrir et se fermer.

Etonné, je m'extirpai des couvertures et sortis de ma chambre.

- Quelqu'un est là ?

- C'est toi Marcus ? demanda une voix familière dans le noir

- Spark ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

J'allumai la lumière et trouvai mon entraîneur adossé à la porte de sa chambre, le visage baigné de larmes.

- Spark ? m'inquiétai-je

Il s'effondra à genoux, son corps secoué violemment par ses pleurs. J'étais paralysé. Je ne pensais pas assister à ça un jour. Anthony Spark était devant moi. Le vrai Spark.

Je m'avançai vers lui et m'agenouillai à ses côtés. Je posai ma main sur son épaule et la lui frottai :

- C'est peut être le mauvais endroit pour parler...

Il releva la tête, le visage trempé et les yeux inondés :

- Pourquoi tu restes avec moi ?

Je haussai un sourcil :

- Je ne comprends pas.

- Après... tout ce que j'ai fait à cette équipe... tu es la dernière personne qui devrait être là pour moi...

Je soupirai et l'aidai à se relever. Je le conduisis jusqu'au canapé et m'assis à côté de lui :

- Je ne suis pas fâché contre le vrai Spark.

Il me regarda surpris :

- Le vrai Spark ?

Je souris :

- Celui qui est venu à l'Académie un jour en décembre pour donner un cours particulier aux apprentis joueurs de Quidditch. Celui que j'ai écouté attentivement pendant quatre heures. Celui qui est venu nous voir jouer alors que nous n'étions même pas des débutants dans son milieu. Celui qui s'est approché de moi à la fin du match et qui m'a demandé mon nom. Celui qui m'a dit qu'il voyait en moi le genre de joueurs qu'il aimait entraîner. Le Spark qui n'a pas attendu une semaine avant de me faire passer les sélections de remplacement définitif de ses Poursuiveurs.

Il se mordit la lèvre.

- Je suis en colère contre l'homme qui a abandonnné l'équipe pour laquelle il aurait donné sa vie. Et il n'est pas devant moi en ce moment.

Il essuya ses joues et passa ses bras autour de mes épaules, me serrant contre lui brièvement. Il se retira et baissa la tête :

- Les gens ont tort sur toi, Marcus. Tu n'es pas la mauvaise personne qu'ils décrivent.

- Je l'ai peut être été. J'ai changé. Je ne sais pas si je t'aurais pardonné si je n'avais pas changé.

- Tu... Tu quoi ?

- J'ai changé ?

- Non, avant.

- Je... Ah ! Je t'ai pardonné, c'est ça ?

- Tu m'as pardonné ? Comme ça ?

J'opinai, moi même étonné.

- Mais... Pourquoi ?

- Parce que ça ne sert à rien de t'en vouloir.

Il resta immobile un instant alors j'enchaînai :

- Hier j'ai reçu une lettre de David Connenwall.

Son regard se teinta de tristesse, de culpabilité et de douleur mais il se força à sourire :

- C'est fantastique ! Vous allez pouvoir...

- Je ne veux pas de David Connenwall comme entraîneur.

Spark manqua de s'étrangler :

- Tu sais combien d'équipes meurent d'envie de l'avoir comme manager ?

- Des équipes qui seraient prêtes à tricher pour ça. Si on est ici, Spark, ce n'est pas grâce à des fraudes ni grâce à David Connenwall. C'est grâce à toi. C'est toi qui nous a mis tous les sept ensemble. C'est à toi qu'on doit notre ascension. Et je te rappelle que je suis le capitaine, donc je décide. Je veux Anthony Spark comme entraîneur à vie.

Son visage trahissait un choc profond. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais aucun son ne sortit, me faisant rire :

- Tu ne trouves même plus tes mots, c'est ça ?

- Tu... Tu as le don de laisser les gens sans voix...

- Je vais prendre ça comme un compliment, si ça ne te dérange pas.

- Non... Non pas du tout. Tu... Tu... Tu vas sérieusement rejeter la proposition de Connenwall ?

J'opinai :

- Je ne veux pas entrer dans un monde où nous perdrions notre liberté.

Un immense sourire illumina le visage de mon entraîneur :

- Je te promets que tu n'auras plus jamais rien à redire.

- Mais dans notre nouvel accord, j'ai quelques clauses à te signaler.

Il me regarda sans comprendre.

- Déjà, c'est moi le chef.

Il rit.

- Ensuite : pour toute décision, tu viens me voir avant.

Il hocha la tête.

- Puis : si jamais quelqu'un veut t'embarquer dans des circuits frauduleux, tu-viens-me-voir-tout-de-suite. C'est compris ?

Il éclata de rire :

- Oui, c'est compris et promis.

Je souris, satisfait :

- Bien revenu dans l'équipe des Cardiff Falcons, Spark.

Son sourire ne me fit pas regretter ma décision.

.


.

- Allez Lloyd ! Debout, on part dans une heure !

- Mmm... grogna-t-il en s'extirpant des couvertures

- T'as pas fait d'histoires aujourd'hui.

- Et t'as dormi toi ?

Je me mordis la lèvre en souriant :

- Non.

Il leva les yeux au ciel :

- Il n'y a pas de quoi être fier.

Il enfila un maillot noir et arrangea ses cheveux :

- Qu'est-ce que tu vas faire aujourd'hui ?

- Déménagement. Je dois passer dans mon appartement pour récupérer toutes mes affaires.

- Tu retournes chez toi ?

- Oui. Vasco doit faire pareil de son côté et on doit trouver quoi faire des affaires de Père.

- Et Hannah ? Elle vient avec toi ?

- Elle a dit qu'elle ne changerait pas encore de maison. Mais elle va passer la journée avec moi.

- Tu vas la voler à Peter, plaisanta-t-il

Je baissai la tête. Non... Ce n'était pas but. Stir l'avait eue, l'avait laissée de côté. Il était conscient du risque qu'il avait pris mais n'acceptait pas qu'elle puisse partir de son propre chef. Sauf qu'elle l'avait déjà fait. Pas jusqu'au bout.

- Je plaisantais Marcus ! Ne fais pas cette tête-là.

Je ne répondis pas.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Je me mordis la lèvre. Dylan écarquilla les yeux :

- Tu... Tu...

- Je ne veux pas la lui voler...

- Attends je ne comprends rien là. C'était juste une blague, je ne savais pas que tu... Attends, tu es amoureux d'Hannah ?

- Je ne sais pas.

Il ouvrit la bouche, incapable de sortir un son.

- Peut être, je n'arrive pas à mettre de l'ordre dans ma tête.

- Marcus, est-ce que je peux te poser une question un peu délicate ?

- Vas-y...

- Combien de règles est-ce que tu as enfreintes ?

- Tu veux la vérité ? Sept.

Cette fois, sa voix mourut complètement dans sa gorge. Puis, tout à coup, il éclata de rire :

- Alors c'est vrai que les règles ce n'est pas ton fort !

- Hé ! Tu te sens bien ? Tu prends ça...?

- En riant, oui. Parce qu'au fond, tu m'as bien dit que Stir et Hannah allaient bientôt rompre, non ? Tu as juste à attendre un peu, et tu ne seras pas contre les règles.

- Qui a dit que je voulais me mettre avec elle ?

- Moi. Et toi inconsciemment. D'ici là, je garderai tout ça pour moi.

Je soupirai :

- Je dois te remercier ou te crier dessus ?

- Pour le bien être de mes oreilles, un remerciement suffira.

Je ris.

.


.

L'heure des au revoir avait sonné.

Je serrai la main de tous les Irlandais. Finnigan me donna aussi une tape sur l'épaule et Wintren me prit carrément dans ses bras :

- Je te dois mes jambes, Flint.

Je souris et lui tapai amicalement l'épaule.

Je saluai aussi tous les Ecossais. Highsigh fut particulièrement chaleureux. Je l'aimais bien ce type. Il n'était pas né dans des conditions qui auraient pu lui donner un quelconque espoir. Et pourtant il avait surpassé tous ceux qui lui crachaient dessus et il était maintenant un champion. Il n'avait pas abandonné et il méritait ce qu'il avait.

- Bonne chance pour la Coupe, rit-il

Je souris :

- Merci, Highsigh.

- Ewan.

Je ris et passai à Kat. Elle me sauta au cou et s'y accrocha fort :

- Prends soin de Vasco avant que je revienne.

- Ne t'en fais pas pour ça.

Elle rit et se détacha.

- Mais toi, ajoutai-je. Prends soin de lui aussi.

Elle sourit :

- C'est mon copain après tout, non ? Alors je ne vais pas le laisser tomber.

Je souris, lui ébouriffai les cheveux, lui embrassai la joue et retournai vers mes camarades.

Ellen attrapa mon poignet.

- Quoi ? grognai-je

- Je sais où tu habites.

Ou pas.

- Et alors ?

- J'ai encore des cartes à jouer, ne crois pas que c'est terminé.

Sur ce, elle s'en alla sans rien ajouter.

- Pour moi, c'est fini... murmurai-je en sachant qu'elle ne m'entendrait pas

- Tu viens, Marcus ? m'appela Spark

- Je suis là.

Je mis ma main sur le Portoloin. J'eus à peine le temps de lancer un dernier regard à Kat avant que le décor ne disparaisse.

.


.

L'atterrissage sur le sol carrelé de notre quartier général fut violent.

Je me retrouvai avec mes sacs et Martinson sur mes jambes. Je les poussai pour me relever et regardai autour de moi. Rien n'avait changé ici et pourtant je le voyais différemment.

Tout était plus sobre que le bâtiment des sportifs à Manchester, moins tape-à-l'oeil. Mais ce n'était pas l'aspect extérieur qui m'intéressait. Ici, il n'y avait plus la même atmosphère de champ de bataille, de rivalités, de méfiance. C'était la paix.

Les cris de joie commencèrent à me vriller les oreilles. Alors, je me tournai vers mes camarades :

- Bon boulot ! On a trois jours avant de partir vers Riga pour la Coupe du Monde. Vous êtes libres aujourd'hui. Demain, neuf heures ici. Allez !

Un par un, heureux comme quasiment jamais, ils quittèrent le quartier général pour retourner chez eux, passer la journée avec famille, amis ou copine.

Je fus le dernier à m'en aller, laissant Spark seul dans le bâtiment. Je transplanai directement au village du manoir Jones. Je me dirigeai vers la maison du mage Callahan et frappai à sa porte. Le vieil homme vint m'ouvrir. En me reconnaissant, il ouvrit grand la bouche de surprise :

- Qu'est-ce que...?

- Je suis de retour, Callahan. Provisoirement pour le moment. Mais je vous assure que le manoir Jones aura à nouveau ses habitants. Vasco s'installe aussi, c'est ce que je veux dire.

- Comment va votre mère ?

- Elle s'en sortira.

Il hocha la tête :

- C'est une excellente nouvelle. À propos... Félicitations.

Je souris :

- Merci, Callahan.

- Je me souviens encore du petit garçon qui s'amusait à voler sur son balai-jouet... Vous êtes allé loin.

Je souris encore et pris congé.

Je traversai le village, sous les regards étonnés des habitants, et montai la colline jusqu'au manoir. Je sortis de ma poche les clés qu'Hannah m'avait laissées hier et ouvris la porte. Il faisait noir. Je me contentai de laisser mon sac par terre, d'allumer la lumière et de fermer la porte.

Tout était aussi triste et délabré que la dernière fois.

Je soupirai, m'effondrai dans le canapé et pris ma tête entre mes mains.

Une page s'était tournée.

Un crac me fit sursauter. Je me levai et vis Hannah devant les escaliers.

Un immense sourire étira mes lèvres et je me précipitai vers elle. Elle me sauta au cou en riant et je la fis virevolter un peu. Quand ses pieds retrouvèrent le sol, elle sourit :

- Tu m'as manqué.

- En moins d'une nuit ?

- Oui.

Elle éclata de rire.

- Quel est le programme ? demandai-je

Elle m'adressa un regard malicieux :

- Tu le sais déjà.

Je souris.

- Allez, on va récupérer tes affaires chez toi !

- Attends, où est Logan ?

- Chez ma mère. Elle a voulu le garder, elle a besoin de lui pour l'anniversaire de Janice demain.

- Janice c'est ta soeur ?

Elle hocha la tête et me tendit sa main. Je le pris, me concentrai et nous transplanâmes.

Nous nous retrouvâmes dans une ruelle dégoûtante dans la partie moldue de Cardiff.

- Charmant, commenta Hannah en dégageant un sac poubelle rempli à ras-bord de son chemin

- J'habite à côté.

Elle fit une drôle de haussement de sourcils et accepta de me suivre.

Je lui tins la porte pour qu'elle entre dans le hall. Je lus sur son visage son étonnement quand à l'état des lieux. Un de mes voisins de palier nous dévisagea avant de sortir du bâtiment.

Je fis signe à mon amie de me suivre dans les escaliers. Nous montâmes quelques étages avant que je ne m'arrête pour sortir une autre clé de ma poche.

- Hé ! Jones ! s'écria la voix d'un homme

Je me retournai et vis Rick Denny, un de mes voisins. Il avait vingt-cinq ans et était déjà plus endetté qu'aucun autre moldu de ma connaissance. Il était impliqué dans des circuits plutôt mauvais, si on peut se permettre l'euphémisme, et essayai toujours de me corrompre dans ses affaires louches.

- Qu'est-ce que tu veux, Denny ? sifflai-je en insérant la clé dans la serrure

- On ne t'avait pas vu depuis un moment. Qu'est-ce que tu nous ramènes de bon ?

Il esquissa un sourire de mauvais augure en détaillant Hannah de haut en bas.

Je fronçai les sourcils. Je n'autorisais personne à la regarder comme ça, sorcier ou moldu.

- Dégage, Denny ! J'ai autre chose à faire !

- Oh pardon, je vais vous laisser faire vos petites affaires tranquilles ! Ne faites pas trop de bruit, hein ? Vous n'avez pas besoin de quelqu'un d'autre ?

Hannah se raidit.

- Non merci, on déménage, c'est tout.

Sur ce, j'attirai Hannah à l'intérieur et fermai derrière moi.

- Tout va bien ? demandai-je à mon amie

- Ce type était... Il... Rah ! Dégoûtant !

Je ris :

- On est d'accord là-dessus.

- Par quoi est-ce qu'on commence ?

- Je n'ai pas tant d'affaires que ça.

- Tu as des sacs ?

Je me dirigeai vers une armoire sur le côté et en sortis une série de sacs qui m'avaient servi pour le sport.

- Super. Bon, on va tout mettre dedans.

Elle se dirigea vers mon armoire, attrapa à un bras tous les vêtements qu'il y avait dedans et les balança par terre.

- Efficace, ris-je

Elle me sourit et commença à tous les plier pour les fourrer dans un sac :

- Donne-moi tous tes autres vêtements.

Je me dirigeai vers des tiroirs et les vidai sur le sol. Elle ramassa tout et les ajouta à sa pile. Entre temps, je me dirigeai vers mon lit et défis les couvertures pour les plier également. Une fois terminé, je virai toutes mes affaires personnelles disséminées dans la pièce et commençai à remplir un autre sac.

En un peu moins d'une heure, nous avions terminé. Nous avions sept sacs pleins à nos pieds et il ne restait quasiment rien autour de nous. Hannah avait jeté un sort sur les meubles qui m'appartenaient pour les faire rentrer avec les couvertures.

Je pris trois sacs sur un bras et deux sur l'autre. Hannah en attrapa un dans chaque main. Et nous transplanâmes à nouveau.

Une fois dans le manoir, je lâchai tout sur le sol et m'effondrai sur le canapé. Hannah me rejoignit et s'assit sur mes genoux.

- Je ne suis pas fâché de changer de maison, lui avouai-je

- Tu m'étonnes...

- Tu ne veux pas venir t'installer ici ?

- Quand je ne serai plus avec Peter.

- Et ça veut dire quand ?

- Question de jours.

Je souris faiblement. Est-ce que je lui disais qu'il l'aimait ? Non. Non, il n'avait qu'à le faire lui-même.

- Alors ? On met tout dans ta chambre ?

- Ma chambre est monstrueusement dérangée.

- Mmm... J'ai une idée qui va nous occuper la journée.

- Ah oui ? Quoi ?

- On va nettoyer cette maison de fond en comble !

- Quoi ? m'étranglai-je

- Elle n'a pas été entretenue depuis dix mille ans ! Allez, on s'amusera quand même. Et puis Vasco nous rejoindra aussi.

Elle me lança un regard suppliant. Je soupirai :

- Je ferai n'importe quoi pour toi, vraiment...

Elle éclata de rire et se leva.

Elle courut dans une pièce adjacente. Je me levai en pensant qu'elle connaissait beaucoup mieux la maison que je croyais.

La question qui m'avait tenu éveillé toute la nuit revint me tarauder.

Hannah ressortit de la pièce d'à côté avec un paquet de chiffons.

- Tu ne veux pas faire ça avec la magie ? me plaignis-je

- On s'amuserait beaucoup moins. Allez, tiens ! Fais la poussière ici, je vais à l'étage.

Elle me lança un chiffon et se précipita vers les escaliers. Je soupirai : elle avait de l'enthousiasme pour tout, vraiment.

Je mis une bonne demie-heure pour dépoussiérer tout le rez-de-chaussée et encore, j'y allais superficiellement parce que je n'avais jamais aimé ça.

Hannah descendit plusieurs minutes plus tard, et sourit en voyant que j'avais terminé.

Elle prit mon chiffon et le balança avec le sien dans une pile de draps sales qui traînait sous les escaliers. Elle fit craquer ses doigts et me sourit à nouveau :

- Bon. On lave maintenant ?

J'étouffai un rire. Elle disparut à nouveau et revint avec un balai, un chiffon et un seau.

- Ma mère a tout ça chez elle ?

- Mais elle ne s'en sert plus apparemment.

Je souris. Elle me donna le balai :

- Tu es plus doué avec ça, non ? plaisanta-t-elle

J'agrippai le balai à une main et lui adressai un regard entre l'amusé et le sarcastique. Elle rit et se jeta à mon cou.

Elle se détacha rapidement et sourit :

- Tu passes le balai et je nettoie à l'eau derrière toi.

J'opinai alors qu'elle disparaissait dans une autre pièce avec le seau en métal. Elle revint quelques minutes plus tard avec de l'eau dedans.

Nous passâmes une bonne demie-heure sur le rez-de-chaussée avant d'aller à l'étage. Au bout de dix minutes à l'étage, Hannah plongea sa main dans l'eau du seau et m'aspergea par surprise.

- Hé !

Elle éclata de rire. Je fronçai et m'agenouillai près d'elle. Je passai une main sous ses genoux et une dans son dos et me relevai. Elle cria mais elle était déjà à un mètre cinquante du sol, allongée dans mes bras.

- Repose-moi ! s'écria-t-elle

- Ah non. Tu as voulu jouer, mais n'oublie pas que c'est toujours moi qui gagne.

Elle fronça les sourcils :

- Pas si sûr.

- Tu verras.

- Donc c'est un pari ?

- À peu près.

- Bon, alors repose-moi.

- Non je suis bien comme ça.

- Tu ne peux pas passer le balai comme ça.

- Avec la magie, si.

- Mais on a décidé de le faire à la main.

Je fis la moue, la faisant éclater de rire.

- Repose-moi, Marcus, s'il te plaît.

- Non.

- Garde ça pour notre mariage, plaisanta-t-elle

Je me figeai, choqué. Mon visage se décomposa et pâlit. Hannah éclata de rire encore une fois en voyant ma réaction :

- Tu devrais voir ta tête !

Je grognai et la reposai par terre. Elle sourit et retourna à son seau, moi à mon balai.

Et nous continuâmes encore une demie-heure, s'asticotant régulièrement, avant de nous retrouver dans l'ancienne chambre de mon père. Là où je l'avais pris en flagrant délit de violence sur mon frère pour la première fois.

Je devins tout à coup plus sombre :

- Je ne suis pas venu souvent ici...

- Ta mère non plus, c'est la pièce la plus sale de la maison.

Je soupirai.

- Marcus ? C'est quoi ça ?

Elle me désigna une trappe au plafond. Je fronçai les sourcils :

- Je ne sais pas. Viens, on va voir.

Le plafond était un peu haut pour que je puisse ouvrir la trappe, alors je pris Hannah au-dessus des genoux et la soulevai de sorte à ce qu'elle soit quasiment assise sur mon épaule. Elle tendit sa main vers le crochet et le détacha. Elle tira un peu et la trappe s'ouvrit, découvrant ainsi une échelle pour monter. Je reposai Hannah au sol et elle déplia les escaliers avant de les gravir. Je la suivis jusque dans une pièce qui m'était complètement inconnue.

- On ne voit rien, commenta Hannah en sortant sa baguette de sa poche

Les chandeliers sur les murs s'allumèrent subitement, ensorcelés par mon amie.

C'était une sorte d'immense débarras d'un côté et de bibliothèque de l'autre.

Je remarquai une cape au sol. Je me penchai pour la ramasser. Je sursautai en voyant ce qu'elle cachait en-dessous d'elle. Hannah hoqueta de surprise.

Un masque de Mangemort. La preuve était chez moi depuis le début.

- Pourquoi ne l'a-t-il pas emmenée avec lui ? me demandai-je tout à coup

- Il ne voulait pas qu'on la trouve dans sa maison actuelle, sans doute.

Je pris le masque et la cape puis les posai sur un meuble :

- On les amènera à Potter à l'occasion.

Hannah hocha la tête et se dirigea vers la bibliothèque pendant que je fouillai dans les affaires personnelles cachées de mon père.

Je trouvai une série de vêtements, ce qui n'avait rien d'étonnant. Mais aussi une boîte pleine de fioles de poison, un couteau et une multitude d'autres objets imbibés de Magie Noire.

- Il a caché sa marque avec ça, m'informa Hannah en me montrant un livre qu'elle avait ouvert

- Je ne suis pas étonné du tout.

- Il n'y a que des ouvrages de Magie Interdite. Ou ceux écrits par des pro-Voldemort.

- Un jour, Vasco m'a dit que Père avait un journal. Tu crois qu'il est ici ou qu'il l'a emporté ?

Hannah se mordit la lèvre et fronça les sourcils, réfléchissant. Son visage se teinta subitement de suspicion et elle se mit à genoux pour regarder sous la bibliothèque. Elle tendit sa main et sortit un ouvrage noir à moitié détruit. Elle l'ouvrit à une page au hasard et lut rapidement :

- Il a été en partie mangé par le feu, mais à mon avis ça peut t'intéresser.

Elle me le tendit. On était dans les toutes dernières pages. Je lus seulement la première ligne et je compris : Mon Seigneur a demandé que mes fils rejoignent ses rangs l'hiver prochain. C'est un honneur mais Marcus ne sera pas un bon fidèle. J'ai donc promis Vasco et l'élimination de l'aîné.

Je lâchai le livre sous l'effet de la surprise :

- Il voulait me tuer ?

- Apparemment ils ne te jugeaient pas digne de confiance et ont décidé de te mettre au silence pour éviter de faire couler leurs plans. Vasco devait entrer chez les Mangemorts l'hiver suivant mais Voldemort a été vaincu quelques semaines après que ton père ait écrit ça.

- Il a essayé de faire disparaître les preuves en brûlant le livre, c'est ça ?

- Mais pourquoi pas entièrement alors ?

Son visage se figea, réalisant quelque chose. Elle reprit sa baguette et la cala contre le bord du livre. Elle prononça un Incendio. La flamme apparut sur le papier une fraction de seconde puis s'évapora.

- Le livre résiste au feu, constatai-je

- Quelqu'un a dû lui lancer un sort pour éviter que les preuves ne soient effacées.

- Je sais qui c'est... compris-je tout à coup. Vasco.

- Mais Vasco n'a jamais parlé de cette pièce.

- Il ne l'a pas vue. Le journal était dans la chambre de mon père avant la chute de Voldemort. Quand il a su qu'ils avaient perdu et que la chasse aux Mangemorts allait commencer, il dû courir détruire son journal mais Vasco, soit avait déjà immunisé le livre soit l'a fait au moment où Père était en train de le brûler.

- Et comment tu expliques que ton père n'ait pas levé le sort ?

- Je ne sais pas. Mais il ne l'a pas fait et a dû planquer le journal pour le faire disparaître.

- Harry va vouloir faire un tour ici, à mon avis.

- Je crois aussi.

Nous restâmes en silence pendant un long moment, nous regardant sans bouger. Puis tout à coup je m'effondrai à genoux sur le sol. Immédiatement, les bras d'Hannah se refermèrent autour de moi et sa tête se posa sur mon épaule :

- Ne t'en fais pas. De là où il est, il ne peut plus t'atteindre.

Je relevai la tête vers elle. Son nez effleura ma joue dans le mouvement, avant de se retrouver à quelques centimètres du mien. Je plongeai dans ses yeux bleus, cherchant une quelconque forme d'étincelle où résiderait la réponse à toutes mes questions.

- Hannah... murmurai en prenant son visage entre mes doigts.

- Oui ? dit-elle aussi doucement que moi

- Est-ce que... Est-ce que tu as reparlé à Stir depuis hier ?

Elle se mordit la lèvre :

- Non... chuchota-t-elle. Pourquoi ?

- ... Comme ça.

- Quelque chose ne va pas, Marcus ?

- Est-ce qu'on a t'a fait des remarques... Par rapport à moi ?

Son regard tomba sur le sol l'espace d'un seconde avant de se replanter dans le mien :

- Oui... Quelques unes.

J'opinai.

- Toi aussi ? comprit-elle

Je hochai la tête :

- Beaucoup.

- Ne te torture pas avec ce que disent les gens.

- Hannah... je-

- Ne te torture pas.

Sur ce, elle m'ébouriffa les cheveux et sourit :

- Allez, on redescend. On a pas fini de mettre cette maison en ordre.

Je souris à mon tour et la suivis.

.


.

- Hé !

J'éclatai de rire en la voyant s'effondrer sur mon lit.

- Tu sais que tu aurais pu me faire mal ? grogna-t-elle

Je l'avais soulevée du sol alors qu'elle était par terre, débarrassant le dessous de mon lit de toutes les vieux vêtements qu'elle y avait trouvé.

- Je fais attention, la rassurai-je. Je ne veux pas te casser en mille morceaux.

- Je ne suis pas un château de sucre, tu sais ?

Je souris :

- Même les rocs les plus durs peuvent éclater en morceaux.

Elle se mordit la lèvre en descendant de mon lit.

- Quelle heure est-il ? demandai-je

- Presque dix heures.

- On peut aller voir Maman aujourd'hui ?

- Je ne sais pas. On peut aller faire un tour à l'hôpital, ils nous diront bien.

- Mais on ne verra pas Stonn ?

- Non, rit-elle. Ta mère n'est plus sous sa tutelle.

- Le responsable de l'hôpital ne t'a pas encore embauchée ?

- Non. Je ne lui ai même pas demandé.

- Han...

- Allez on y va.

- On a fini le ménage ?

- On a juste à terminer ta chambre et celle de Vasco puis à installer tes affaires.

- C'est presque fini alors.

- On s'en occupera cet après-midi.

Je souris et pris sa main.

Et nous transplanâmes.

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- Entrez ! appela une voix d'homme derrière la porte

Hannah entra alors. Nous étions dans le bureau du responsable de l'hôpital magique de Cardiff.

- Miss Abbott ! sourit le dit directeur. Quelle surprise, installez-vous je vous prie.

Nous nous assîmes devant son bureau.

- Nous venons à propos d'Elvira Jones...

- Ah oui ! Damien Ferguson, le nouveau médecin en charge m'a apporté de ses nouvelles pas plus tard qu'il y a une heure. Son état s'est amélioré radicalement. Les crises de folie ont violemment diminué alors que le traitement qu'on lui a inculqué ne devrait pas avoir eu de résultats conséquents avant au moins trois semaines.

Je lançai un regard alarmé à Hannah. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Elle sourit :

- Vos médecins ont dit pourquoi ?

- Cela dépasse leurs compétences. On rentre dans le domaine psychologique de la patiente.

Hannah redoublait de satisfaction chaque seconde :

- Je vois.

- Le docteur Ferguson a mis Madame Jones en examen aujourd'hui, je crains donc que vous ne puissiez pas la voir. Mais je vous assure que son état n'a rien d'inquiétant.

- Est-ce que demain on pourra la voir ?

- Bien sûr.

Quelqu'un frappa à la porte. Un sorcier d'une cinquantaine d'années entra dans la pièce.

- Ah Ferguson ! On parlait justement de Madame Jones. Je vous présente Hannah Abbott, dont vous avez déjà entendu parler et... Monsieur ?

- Marcus Flint-Jones, répondis-je

Le médicomage me sourit :

- Vous êtes le fils d'Elvira Jones ?

J'opinai.

- J'ai entendu parler de vous également. Vous êtes un homme fort et vous devez le tenir de votre mère. Je n'ai jamais vu un de mes patients sortir aussi rapidement d'une situation psycho-traumatique critique.

Je ne retins pas un sourire. Ma mère était de retour : celle que j'avais toujours admirée et aimée du fond de mon coeur.

- Je vous remercier, messieurs, dit Hannah. Nous reviendrons demain alors. Viens Marcus, Vasco ne va tarder.

Nous saluâmes les deux médicomages et prîmes le chemin de la sortie.

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- Tête Blonde ! m'exclamai-je

J'avais à peine ouvert la porte que mon frère se jeta à mon cou en riant. Je le serrai un peu plus fort contre moi :

- Je suis super content de te voir.

Il se détacha et sourit :

- Moi aussi. Tu n'imagines même pas.

- Tu as toutes tes affaires ?

- Et celles de Père.

- On a retrouvé des choses qui devraient t'intéresser.

Il leva un sourcil. Hannah arriva, sourit et vint le saluer.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? demandai-je à mon frère. Hier soir, je veux dire.

Il rougit :

- C'est... Tout s'est passé assez vite, je ne sais pas vraiment quand c'était clair. Mais quelque chose me dit que ça n'a pas d'importance.

Hannah sourit et le prit dans ses bras :

- C'est fantastique pour toi et Kat.

Elle se détacha. Mon frère rit et me regarda. En l'espace d'une seconde, il vit quelque chose sur mon visage qui lui fit esquisser un sourire narquois. Il se pencha à l'oreille d'Hannah, murmura trois ou quatre mots et puis s'adressa à moi :

- Alors ? Qu'est-ce que vous avez trouvé qui devrait m'intéresser ?

- Suis-moi, dis-je en prenant la direction des escaliers

Hannah me rattrapa et prit ma main. Elle gravit les marches deux à deux et se précipita vers la chambre de Père, sans me lâcher, Vasco devant courir pour nous suivre.

Je soulevai Hannah et elle ouvrit la trappe au plafond. Je voyais que mon frère était mal à l'aise dans cette pièce. Il n'avait pas encore vu l'étage...

Nous gravîmes tous les trois les escaliers de la trappe.

Je me dirigeai immédiatement vers le journal mangé partiellement par les flammes. Vasco regardait autour de lui, ne tentant pas de masquer sa surprise.

- Tu reconnais ? lui demandai-je ne lui lançant le cahier

Son visage devint pâle comme jamais :

- Le pire jour de ma vie...

Il esquissa un sourire sans joie :

- Jamais eu plus mal de toutes les fois où il m'a battu...

- C'est bien toi qui a ensorcelé le livre pour qu'il ne brûle pas ?

Il haussa les sourcils pour me dire oui. Il ricana :

- J'étais vraiment désespéré.

- Qu'est-ce que tu lui as lancé pour que Père ne puisse pas l'enlever ?

- Tu sais que je n'en sais vraiment rien ? J'ai senti qu'il allait le détruire, je me suis dit "non je ne peux pas permettre qu'il efface toutes les preuves de ses fautes" et je me suis précipité derrière lui. Il a lancé un incendio au même moment où j'ai pris ma baguette et ai hurlé. Je ne sais pas quel sort c'était. Père non plus. Mais vue ma hâte, il était mal fait et donc plus dur à défaire, je crois que c'est l'explication.

Hannah sourit :

- Tu avais quel âge ?

- À peu près quatorze.

Elle hocha la tête et rit :

- En tout cas, ça tourne à notre avantage. Harry se voit précipiter dans ses mains toutes les preuves favorables à la condamnation. Je crois qu'il n'y a plus qu'une seule issue à cette histoire.

Je souris et mis chacune de mes mains sur une épaule des deux personnes que j'aimais le plus :

- On voit enfin la fin du tunnel.

Hannah m'adressa son sourire radieux et magnifique, réchauffant un peu ma poitrine.

- On va ranger les deux chambres qui restent ? proposa-t-elle

Je ris :

- Allons-y !

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Je m'effondrai sur mon lit en soupirant :

- C'est fini !

Hannah éclata de rire :

- Tu es définitivement installé.

- Et je ne bouge plus.

- Oh que si ! Déjà tu vas te lever de ce lit et venir remercier la personne qui t'a aidée.

Je ris et me redressai pour aller la prendre dans mes bras. Mais au lieu de me contenter de ça, je la soulevai du sol et l'envoyai sur mon lit, la rejoignant ensuite. Elle éclata de rire une nouvelle fois et attrapa mon coussin pour l'écraser sur ma figure.

- Oh ! C'est pas du jeu !

- Il y a des règles maintenant ? me provoqua-t-elle

Je fis la moue :

- Arrête de te moquer de moi.

Elle rit :

- Un point pour moi !

Je fronçai les sourcils :

- Tu veux jouer à ce jeu-là ?

Je lui adressai un regard menaçant, lui arrachai mon coussin des mains et passai mes jambes chacune d'un côté de sa taille, étant maintenant au-dessus d'elle :

- Et c'est quoi ta prochaine attaque ? Tu peux encore bouger ?

- Je peux essayer, m'avertit-elle en agrippant mes épaules

- Et comment ?

Elle sourit, approcha dangereusement son visage du mien, esquissa un rictus perfide et me décocha un coup de genou entre les jambes. J'étouffai un cri et m'effondrai sur elle. Elle rit :

- Au moins ça a marché, même si je ne peux plus bouger.

- T'es plus maligne que je croyais...

- Tu m'as sous-estimée on dirait.

Je l'embrassai sur la joue :

- Mais non, tu as toujours été la plus géniale.

Elle devint rouge pivoine :

- Euh... Pas jusque là.

- Et encore c'était un résumé.

- Un résumé de quoi ?

- De ce que je pense de toi. Non attends ! J'ai un meilleur résumé...

Elle me regarda, interloquée. Je m'approchai de son oreille et y murmurai :

- Parfaite.

Elle eut un rire nerveux quand j'éloignai mon visage :

- Non, pas du tout... Je suis loin de l'être.

- Mais tu te trompes. Il n'existe pas une vraie définition de la perfection. Parce que c'est l'attribut de personnes spéciales, un attribut subjectif. Pour moi, tu es parfaite.

- Comme une sorte d'idéal ?

- Oui, on va dire ça comme ça.

- Tu sais que ce n'est pas conseillé d'idéaliser les gens ?

Je haussai les épaules et embrassai ses cheveux :

- Tu sais bien que je me moque de ce qu'on dit.

Elle rit.

Quelqu'un se racla la gorge. Je tournai la tête vers la porte et vis Vasco qui nous observait. Ce fut le moment où je réalisai de quoi nous avions l'air.

Je me levai précipitamment, sentant la chaleur envahir mon visage :

- Euh c'est quelle heure ?

- Seize heures, m'informa Vasco. Je voulais savoir si vous aviez des plans pour ce soir ?

- On pourrait aller manger dans le centre, proposa Han

- Bonne idée, dis-je. Il n'y a pas assez de vivres ici.

- Et voilà Marcus le capitaine qui ressurgit ! rit mon frère

Je souris et m'adressai à Hannah :

- Tu restes dormir, hein ?

Elle se mordit la lèvre :

- Pete va se demander où je suis.

- Et alors ? S'il te plaît, reste.

- Bon. Mais je peux l'avertir avant ?

- Non il comprendra.

- Comment ?

Je me figeai.

- Marcus qu'est-ce que tu me caches ?

Vasco s'éclipsa pour nous laisser parler, fermant la porte derrière lui.

- Pete t'a dit quelque chose hier, pas vrai ?

- Plus d'une.

- Alors ?

- Je commence par quoi.

- Est-ce qu'il est jaloux de toi ?

Je m'étonnai qu'il s'agisse de sa première question :

- Oui.

Elle sourit :

- C'est vrai ?

Je hochai la tête :

- Et apparemment pas qu'un peu.

- Et sinon ? Qu'est-ce que tu me caches ?

Je soupirai et m'assis sur le lit :

- Il t'aime. Il t'aime mais il a décidé de te laisser quand même.

- Je suis perdue là...

Effectivement, elle en avait l'air. Elle me faisait penser à une biche acculée par un chasseur. Je me levai pour la prendre dans mes bras. Je voulais effacer ses doutes, lui prouver que j'étais là et que je ne partirai pas.

- N'y pense pas. Moins t'y penses et mieux ce sera. Tu n'auras qu'à agir spontanément au moment propice.

- Vasco a raison... sourit-elle. Marcus le capitaine est là.

Je grognai et elle éclata de rire. Elle se hissa sur la pointe des pieds pour coller son front au mien et murmura contre mon visage :

- Pourquoi tu ne voulais pas me le dire ?

Je ne répondis pas.

- Tu pensais que si je savais ça, j'allais revenir chez Pete en courant c'est ça ?

Malgré moi, je hochai la tête. Son sourire m'aveugla l'espace d'un instant :

- On devient possessif ?

- Je l'ai toujours été, grognai-je

Elle m'embrassa sur le nez :

- Mais je t'aime bien quand même.

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- L'anniversaire de ta soeur ?

- Mmm... maugréa Hannah en prenant un morceau de pain dans sa bouche. Demain soir. Je ne veux pas y aller.

- Elle aura quel âge ?

- Trente ans. C'est pour ça que mes parents ont insisté pour organiser quelque chose. Et ils ont eu la splendide idée de m'obliger à y aller. Mais je peux inviter des gens aussi. Je crois qu'il y a déjà une bonne trentaine d'invités alors ça ne changera rien si vous venez aussi, avec Kat.

Vasco devint tout à coup très enthousiaste :

- Marché conclu !

Je ris :

- Tu n'as besoin que d'un nom pour te décider, hein ?

Il haussa les épaules en riant et prit une nouvelle bouchée de nourriture.

Hannah sourit à son tour et se cala dans le fond de sa chaise, pensive. Je savais qui elle avait en tête. Peter Stir.

Je sentis mon estomac brûler. Mes poings se mirent à trembler et je dus crisper ma mâchoire pour me retenir de me lever brusquement. Vasco me lança un regard préoccupé. Il avait l'air de savoir ce qui me passait par la tête.

Il me décocha un coup de pied sous la table, me faisant sursauter. Hannah nous dévisagea, sans comprendre :

- Qu'est-ce qui vous prend ?

- Rien, mentis-je

Elle leva les yeux au ciel :

- Je te crois absolument.

Je ris. Elle secoua la tête, se retenant de sourire aussi. Je plantai mon regard dans le sien et nous restâmes immobiles, nous fixant mutuellement.

Toute tension créée par la pensée de Stir s'évapora subitement, laissant place à une étrange sensation de... Plénitude ? C'était comme ça que ça s'appelait ?

Vasco se racla la gorge :

- On va essayer de ne pas passer la nuit dans ce bar, si possible.

Je détachai mes yeux d'Hannah et un grand vide s'installa dans mon estomac.

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- Tête Blonde ? Je peux entrer ?

- Mmm... Marcus ? C'est l'heure d'aller se coucher.

- Oui mais je dois te parler.

Il grogna mais se redressa. Je m'assis à côté de lui sur son lit et regardai le sol.

- Alors ? demanda-t-il

- Je crois que...

Je ne terminai pas ma phrase, me mordant la lèvre et cachant mon visage dans mes mains.

- Marcus ça ne va pas ? s'inquiéta mon frère

Il passa son bras autour de mes épaules :

- Tu sais que tu peux tout me dire. C'est à propos de quoi ?

- Il y a une question qui me taraude depuis hier soir quand j'ai parlé avec Stir.

Il se raidit :

- Laquelle ?

- Est-ce que je suis amoureux d'Hannah ?

- Tu veux une réponse sincère ?

Je hochai la tête et le regardai enfin :

- À ton avis ?

- Qu'est-ce que tu penses toi ?

Je savais.

Félicitation Marcus ! Plus que deux chances...

Règle numéro sept : ne pas tomber amoureux de la copine d'un coéquipier.

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Et voilà !

Qu'est-ce que vous en avez pensé ? De Kat/Vasco, de la prise de conscience de Marcus ? N'hésitez pas à me le dire, ça me fera très plaisir !

Alors comme promis, la surprise.

Comme vous savez déjà, Lys Ecarlate touche à sa fin. Ce qui veut dire qu'il faudra passer à une autre fic. Et bien voilà, j'ai déjà mon idée. Ce sera encore un Marcus/Hannah (s'il y a des protestations, vous pouvez aussi faire des propositions mais c'est moi qui choisit). Pourtant, ce sera bien différent de cette fic-ci (ou du moins je l'espère). Raison numéro un (j'ai l'impression d'être Marcus là) : ce sera du point de vue d'Hannah. Deux : j'ai en tête quelque chose de bien plus sombre que Lys Ecarlate, j'espère que j'y arriverai. Trois : et bien pas de Quidditch ni de médicomages.

Vasco sera là, oui, parce que je l'aime trop.

Mais ce n'est pas vraiment ça la surprise, c'est ça :

watch?v=mvIKPDyvI6s (avec l'adresse de youtube devant)

Le teaser que j'ai fait pour cette nouvelle fic à venir. Si ça vous intéresse, c'était le lien, si ça ne marche pas tapez "Torn Marcus&Hannah Harry Potter Fanfiction Trailer" c'est la chaîne que j'ai fait avec ma meilleure amie (sakirians). Enfin, vous me direz si c'est une idée intéressante.

Voilà, j'ai fini.

À la semaine prochaine ^^

ACSD