Hey there ! Comment allez-vous cette semaine ? Tout s'est bien passé ?
Voilà l'avant dernier chapitre de Lys Ecarlate, et ça fait bizarre de me dire ça. Je suis là-dessus depuis le début de l'année scolaire.
Alors, pour ce qui est des reviews, je remercie Mylene. Je n'ai rien reçu de plus, mais c'est passé près du pas de chapitre du tout.
Mylene (tu es ma cinquantième review) : Hey ! Merci vraiment beaucoup d'avoir laissé un message :) Tu m'as fait rire en trouvant Marcus, Vasco et Kat prévisibles. J'avais tellement peur que ce ne soit pas cohérent que tu m'as rassurée ^^ Pour ce qui est de Torn, Marcus ne sera pas joueur de Quidditch, mais ça ne veut pas dire qu'il ne veut pas l'être. Est-ce que tu as regardé la "bande annonce" que j'ai mis ? Si oui, tu as vu que ce n'est pas le même genre que Lys Ecarlate. Il y aura un plus espace donné aux conséquences de la guerre sur la fratrie Flint (d'ailleurs ils seront quatre frères et soeurs). Ce sera du point de vue d'Hannah, et elle ne sera pas la même que dans cette histoire-ci. Donc l'absence de Quidditch dans les thèmes principaux sera plus claire quand Marcus apparaître. En tout cas, merci d'avoir donné ton avis ^^
Allez ! Bonne lecture à tous et à toutes !
Lys Ecarlate
Would he please you?
Would he kiss you?
Would he treat you like I would?
I would
Would he touch you?
Would he need you?
Would he love you like I would?
Would he say he's in L-O-V-E?
Well, if it was me then I would
Would he hold you when you're feeling low?
Baby, you should know that I would
1D - I Would
19/Toile d'histoires
Je me réveillai lentement, ouvrant les yeux avec l'impression rare d'avoir assez dormi.
Je me redressai sur mon lit et m'étirai. J'étais chez moi, vraiment chez moi. Aucune autre sensation au monde n'égalait celle-ci.
Sauf une.
Hannah.
Je déglutis. J'avais enfreint la règle sept aussi. Et ça impliquait des conséquences plus importantes que celles que j'avais mesurées. J'étais officiellement le rival de Stir, et par obligation je devais prêcher pour mon camp auprès d'Hannah. Mais je préférais ne pas le faire. Parce que ce n'était pas honnête. Elle était libre.
- Marcus ! appela une voix féminine derrière ma porte. Tu es debout ?
- Quand on parle du garou... grognai-je. Oui Han j'arrive !
Les pas s'éloignèrent et je sortis du lit. Je m'habillai rapidement et fourrai mes affaires de Quidditch dans mon sac. Je sortis de ma chambre et descendis vers la cuisine.
Vasco était déjà assis à table et Hannah était debout, adossée à la chambranle. Je m'attardai à la regarder, immobile sur le seuil de la porte. Elle haussa un sourcil :
- Quelque chose ne va pas ?
Je ne répondis pas, déglutis et secouai la tête. Elle me dévisagea, tentant de comprendre ce qui n'allait pas mais j'entrai dans la pièce pour m'assoir avec mon frère.
Vasco avala sa dernière bouchée et me demanda :
- C'est quoi ton programme ?
- Une heure et demie ce matin, après je vous rejoins à l'hôpital, puis on va voir Potter et pour finir je m'entraîne jusqu'à cinq heures.
- On a l'anniversaire de la soeur d'Hannah ce soir, tu n'as pas oublié.
- Non, pas oublié. Ton programme ?
- Je vais chercher du travail pour l'été. Et je vais à l'hôpital. Je retrouve Kat à quatre heures.
Je souris l'espace d'un instant.
Je détestais encore plus le mot célibataire maintenant que j'étais amoureux de ma meilleure amie, qui était en couple avec un de mes coéquipiers. Mais pourquoi la vie devait être aussi compliquée ?
- Mange, me conseilla Vasco. Tu vas finir par être en retard.
Je m'exécutai et une fois fini, je me levai, pris mon sac et me dirigeai vers la sortie. Je sentis quelqu'un attraper mon poignet.
Je me retournai et me retrouvai face à Hannah.
Elle s'approcha de moi et enroula ses bras autour de mon cou. Je lâchai mon sac pour attraper sa taille et la coller contre moi. Je fermai les yeux et cachai mon visage dans ses cheveux. Si j'avais pu faire un voeu, ç'aurait été rester comme ça pour l'éternité. J'avais l'impression que c'était fait pour être comme ça, elle et moi ensemble. En fait, ça paraissait évident.
Je me rendis compte à regret que je risquais d'être en retard. Je soupirai de frustration et me détachai d'Hannah. Je l'embrassai sur la joue :
- J'y vais. On se retrouve tout à l'heure.
Elle sourit, m'embrassa la joue et me laissa partir.
.
.
- Tout le monde est là ? demandai-je en haussant la voix
- Oui ! brailla Martinson depuis l'autre bout du hall
- Alors aux vestiaires !
Spark sourit en nous regardant partir. Je lui adressai un signe d'entente et il sourit de plus belle.
J'entrai dans les vestiaires et refermai la porte derrière moi. Je posai mon sac sur le banc à côté de Dylan. J'enlevai mon maillot et me changeai.
Une fois que nous fûmes tous en tenue, nous nous dirigeâmes en discutant vers notre terrain. Nous n'avions pas joué en entraînement sur un vrai terrain depuis... la première manche des éliminatoires.
Stir s'approcha de moi et me glissa :
- Hannah était chez toi hier ? Elle n'est pas rentrée.
- Elle était chez nous.
- Nous ?
- Mon frère et moi.
Il se détendit et hocha la tête :
- Tu sais si elle dort chez toi ce soir aussi ?
- Je crois qu'elle dort chez ses parents.
- Pourquoi ?
- C'est l'anniversaire de sa soeur.
- Ah... Ah oui c'est vrai. Janice...
- Elle est comment ?
Il me dévisagea :
- Dans quel sens ?
- Dans le sens est-ce que c'est quelqu'un de bien ?
Il fit la moue :
- Si on compare avec Hannah... Non. Tu connais Connor, non ?
- Oui...
- Janice est à peu près pareille. Son mari aussi.
- Je comprends mieux Logan...
- Hannah n'a pas dû te le dire mais c'est elle qui l'a éduqué.
- Je l'avais deviné.
Il hocha la tête :
- Au fait... Tu as réfléchi à ma question ?
Je fis mon possible pour ne pas me raidir violemment, mais j'obtins un résultat très médiocre.
- Alors ?
Je le lui disais ou pas ?
- Je vois... soupira-t-il
- Hé ! Je n'ai pas répondu !
- Ton corps l'a fait à ta place...
Je haussai les épaules et la voix :
- On a aujourd'hui et demain pour nous entraîner avant d'aller à Riga ! Ce matin, on commence par une heure et demie et quatre ce soir. Demain on aura la dose habituelle, quatre le matin et quatre le soir. Allez on y va.
J'adressai un hochement de tête à Spark qui prit le relais :
- À vos balais ! Les balles seront lâchées dans cinq secondes.
Martinson, Dylan et moi décollâmes et filâmes vers le côté droit du terrain. Le Souaffle nous arriva quasiment immédiatement et Spark lança un sort pour faire apparaître des obstacles aléatoires.
J'attrapai la balle et évitai le premier obstacle avant de passer à Lloyd qui piqua vers le sol. Après une série de slaloms, il arriva à la hauteur de Martinson pour lui lancer le Souaffle.
On était partis pour une heure et demie d'entraînement intensif.
.
.
- Etirements !
- Au moins une chose qui n'a pas changé... plaisanta Eliot Thomas
Je terminai mes étirements et entrai dans le vestiaire. Je changeai mes vêtements trempés de sueur et me douchai rapidement avant de remettre mes vêtements normaux. Je laissai mon sac sous le banc, pris seulement ma baguette et de l'argent. Je saluai mes camarades et disparus en un crac.
Je me rematérialisai devant l'enceinte de l'hôpital sorcier de Cardiff. J'avançai jusqu'à la porte, heurtant occasionnellement les visiteurs qui allaient dans l'autre sens.
Il y avait une longue queue devant le guichet de l'accueil. Je pris place derrière un couple dont la femme était enceinte. Ils discutaient à voix basse et la femme était au bord des larmes. L'homme se retourna brièvement et me dévisagea un instant. Je soutins son regard, impassible. Ils me rappelaient quelqu'un tous les deux.
- Vous êtes Marcus Flint ou c'est mon imagination qui me joue des tours ?
- Non, c'est moi... répondis-je en haussant les épaules
À la mention de mon nom, la femme se retourna. Ses yeux grands ouverts et pleins de larmes me scrutèrent.
Je commençai à me sentir mal à l'aise. Leurs visages ne m'étaient pas inconnus.
- Est-ce que je vous connais ? demandai-je nerveusement
L'homme se détacha de sa compagne et me tendit sa main :
- Daniel Nelson, se présenta-t-il
Je serrai sa main sans pourtant réussir à me rappeler d'un quelconque Daniel Nelson dans mes connaissances.
La femme essuya ses larmes :
- Jade Lloyd, murmura-t-elle avec la voix brisée
Je me raidis :
- La soeur de Dylan ?
Elle hocha la tête et retint un sanglot. J'étais triplement plus gêné. Dylan n'était pas très aimé par sa famille. Et je ne pouvais certainement pas le leur faire remarquer.
- Il va bien ? demanda Daniel d'un ton aussi gêné que le mien
- À merveille, assurai-je. Il est allé manger en ville avec Erika.
Le regard de Jade s'assombrit et je compris que c'était un nom qui fâchait.
- Marcus Flint-Jones ? appela une voix dans mon dos
Je fis volteface et vis le docteur Ferguson. Il me fit signe de le suivre. Je saluai du regard la soeur de Dylan et son mari avant de m'engouffrer dans le dédale de couloirs de l'hôpital.
- Est-ce qu'elle sera réveillée ? demandai-je à Ferguson
Il m'adressa un sourire chaleureux :
- Oui.
Mon coeur s'arrêta. Je n'allais pas seulement voir ma mère : j'allais lui parler, la serrer dans mes bras, la regarder dans les yeux. J'eus un doute sur ma capacité à résister à l'envie de pleurer.
- Miss Abbott et votre frère sont déjà là.
Quand nous arrivâmes dans un couloir plus calme, une porte s'ouvrit sur Tête Blonde. Quand il me vit, un sourire immense et désemparant déchira son visage et l'illumina. Ses yeux brillaient et deux striures humides barraient ses joues. Il avait pleuré.
Toujours en souriant comme jamais, il se jeta à mon cou et enfouit son visage dans mon épaule. Le tremblement de son corps contre le mien m'avertit qu'il pleurait.
- Tu ne lui avais pas parlé depuis combien de temps... Sans compter par cheminée.
- Quatre ans ? répondit-il à voix basse
Je souris. C'était normal que ça lui fasse cet effet.
- Je vais le chercher, dit la voix d'Hannah depuis la chambre
Elle sortit de la pièce à son tour et je me raidis. Je déglutis pour respirer normalement à nouveau mais j'échouai lamentablement.
Elle avança vers nous en souriant. Le temps semblait s'écouler au ralenti. J'avais l'impression d'être congelé et à la fois brûlant. Je ne respirais plus et mon corps tremblait. Vasco se détacha de moi et me dévisagea, inquiet. Toujours aussi lentement, Hannah attrapa mon bras. J'eus l'impression de recevoir une violente décharge. Mon corps entier se tendit. Han s'approcha de mon visage, causant ma gorge de se nouer, et murmura :
- Ta mère veut te voir.
Elle se recula et j'eus l'impression d'avoir été douché violemment à l'eau glaciale. Je risquai un geste pour briser l'immobilité insupportable de mes muscles. Je me fis violence pour lâcher Hannah du regard et me dirigeai vers la chambre de ma mère. Je refermai la porte dans mon dos.
Le temps s'arrêta.
Les murs étaient d'un blanc parfait, aveuglant. Les meubles et les draps étaient de la même couleur immaculée. Des rideaux blanchâtres entrait une lumière vive qui baignait toute la pièce d'une atmosphère irréelle. C'était un peu comme être dans une autre dimension entre la vie et la mort.
Et au milieu de cet univers immaculé, se trouvait une tâche de couleur détonnante. Sur la table blanche, dans un vase blanc, trônaient trois fleurs couleur sang.
Je ne m'attardai pas longtemps et m'avançai vers ma mère.
Elle était allongée sous les draps blancs et me fixait en souriant. Au fur et à mesure que je m'approchais, mes yeux brûlaient un peu plus. Elle avait l'air d'avoir perdu vingt ans. J'avais l'impression de revoir ma Mère, celle qui avait illuminé mes journées étant petit, celle qui avait été mon seul point de repère dans l'enfer que j'avais vécu. Je sentais mes barrières céder. Mais je ne pouvais pas pleurer, non ? Il fallait que je reste fort. Mais j'avais failli la perdre ! Et maintenant qu'elle était devant moi, rien ne pouvait retenir mes barrières de s'écraser au sol. Elle tendit ses bras vers moi :
- Marcus... murmura-t-elle sans perdre son sourire
Je m'effondrai à genoux à côté d'elle, explosant en larmes. Elle se redressa en me prit dans ses bras. Sa chaleur déferla sur moi comme une violente vague et j'eus l'impression d'être redevenu enfant, mais qu'importait. Elle était là et il n'y avait rien d'autre au monde.
Elle caressa mes cheveux et m'attira un plus contre elle. Elle attendit patiemment que je me calme, comme on apaise un enfant.
Entre deux sanglots, je réussis à balbutier :
- Pourquoi... Pourquoi tu as sauté ?
Elle étouffa un petit rire et m'embrassa les cheveux. Puis, d'une voix très douce, presque comme un murmure, elle me répondit :
- Je ne sais pas...
Je m'arrêtai subitement de pleurer et la regardai en face. Je flanchai en retrouvant ses iris vivants à nouveau :
- Comment ça tu ne sais pas ?
Elle soupira et s'allongea sur le dos. Je me relevai pour m'assoir à côté d'elle sur le lit et attendis sa réponse.
- Je n'ai que des images confuses... J'ai l'impression d'être déconnectée de la réalité à certains moments. J'avais l'impression d'être dans un cauchemar. Il n'y avait personne. Ni toi ni Hannah. Que des ombres, une multitude de démons qui me dévoraient. Je voulais hurler mais la voix qui sortait de ma bouche n'était pas la mienne. Je brûlais de l'intérieur, j'avais l'impression d'avoir été jetée aux flammes. Mon corps s'est mis à bouger tout seul. Je suis sortie et la lumière du soleil m'a aveuglée. J'étais toujours harcelée par le feu et par les ombres. Je ne voyais rien mais je vouais désespérément me débarrasser d'eux alors j'ai combattu mon corps et j'ai réussi à prendre ma propre direction. J'étais dans un cauchemar pour moi, pas dans la réalité. Alors je me suis dirigée vers la falaise et je me suis laissée précipiter. Je sais que je n'ai pas touché le sol ou l'eau mais après ça a été le noir pendant longtemps. J'ai crû que j'étais morte...
Elle me regarda à nouveau et sourit faiblement :
- Tu m'en veux ?
Incapable de parler, de peur que ma voix se casse, je me contentai de secouer la tête en retenant le nouvel afflux de larmes qui brûlait mes yeux.
Elle rit et ce simple fait me foudroya. J'avais peur de m'accorder à nouveau le droit d'espérer... De peur que tout se déchire à nouveau.
Maman me caressa la joue :
- Tout va bien... Arrête de t'inquiéter.
Je la fixai un instant :
- Je t'aime... réussis-je à dire avant que ma voix ne se casse
Elle rit :
- Moi aussi, Marcus. Je t'aime de tout mon coeur.
Je souris enfin et elle le remarqua :
- Alors ? Qu'est-ce que tu me racontes de ces matchs ? Mon petit champion va en Coupe du Monde ?
Je ris :
- C'était vraiment bien. J'ai rencontré plein de gens fantastiques. Vasco t'a dit qu'il avait une copine ? C'est une joueuse de l'équipe des Ecossais.
Elle sourit :
- Katharina Pick ? Oui, il me l'a dit. C'est ton amie ?
- Oh ça oui. Tous les Ecossais sont mes amis.
- J'aime entendre ça. Tu es moins comme ton père qu'avant. Ce n'est pas Ellen qui a fait ça, ça j'en suis certaine. Et j'ai ma petite idée sur qui ça été.
Elle fit un signe en direction de la porte. Je sentis mes joues brûler et je compris quand Maman éclata de rire que j'avais rougi.
- Deviné, c'est ça ? Tu en as fait du chemin depuis qu'Hannah n'était que, je cite, "juste une fille".
Je baissai la tête et me mordis la lèvre
- J'ai fait même plus de chemin que tu crois.
- Mais tu ne sais pas ce que je crois.
Je la regardai sans comprendre :
- Dans quel sens ?
- Tu crois que ça ne se voit pas ?
- C'est si évident ?
- Elle n'a pas besoin d'être dans la pièce pour que tu te trahisses.
- J'étais doué pour cacher mes émotions avant.
- Mais pas avec elle apparemment.
Je ris :
- Elle sera ma perte...
Maman rit également.
Je me risquai à changer de sujet :
- Le docteur Ferguson a dit qu'il n'avait jamais vu un patient se remettre aussi rapidement d'une situation psycho-traumatique critique.
Elle me dévisagea.
- Hannah l'a compris, continuai-je. Mais je ne lui ai pas posé la question. Tu sais, toi ?
Elle soupira et se redressa un peu. Elle m'ébouriffa les cheveux et sourit :
- Je ne sais pas comment t'expliquer... Je vais peut être te raconter comment ça a commencé.
Je hochai la tête tandis qu'elle s"asseyait.
- Alors... commença-t-elle. Quand on m'a mise dans le coma provoqué, je croyais être morte. Je voulais me débattre dans tous les sens et hurler ton nom, mais je ne pouvais même pas bouger un seul muscle. Puis j'ai senti mes yeux s'ouvrir un jour. J'avais alors presque perdu tout espoir. Le visage d'Hannah a été la première chose que j'ai reconnu. J'ai mis un moment à comprendre que j'étais à l'hôpital. Et par dessus le marché je ne pouvais pas parler. Hannah m'a expliqué ce qu'il s'était passé et ce qui allait arriver. Puis elle m'a donné de tes nouvelles, de celles de Vasco. Le besoin impérial de te voir s'est manifesté pour la première à ce moment-là. Je devais te sentir à côté de moi, même si je ne pouvais pas te parler. Le jour où on m'a autorisé les visites, j'étais presque en train de brûler à cause de ce besoin vital. Quand la porte s'est ouverte, j'ai arrêté de respirer. Hannah et Vasco étaient là mais pas toi. Le tableau n'était pas complet. Vasco m'a expliqué que tu avais eu un empêchement de dernière minute et que si ce n'était pas pour ton équipe, tu serais venu aussi. J'ai senti comme un poids insupportable s'écraser sur mes épaules. Tu n'étais pas là. Encore une fois quand je réclamais ton nom, ta présence tu n'étais pas là.
Je me mordis la lèvre et attrapai sa main. Elle ne s'arrêta pas :
- J'avais l'impression d'être revenue au point de départ, quand tu es parti de la maison pendant trois jours. J'étais tourmentée et dévorée par mes démons et tu n'étais pas là. Je savais que ce n'était pas de ta faute mais je ne pouvais pas m'empêcher de penser ces choses-là. Hannah l'a vu. Je ne sais pas comment mais elle a compris. Elle a don, si tu veux mon avis.
Je ris :
- C'est vrai qu'elle est incroyable...
- Calme-toi l'amoureux, plaisanta Maman avant de continuer. Elle m'a dit "ne vous en faites pas, il viendra. Ce n'est pas le genre de personne à laisser passer le devoir devant sa famille. Si vous voulez mon avis, il viendra". Et je l'ai crue. J'ai donc discuté avec eux mais chaque fois que j'entendais ton nom, je ressentais le poids sur moi. Je n'ai pas tenu une demie-heure entière. Les démons dévorants qui m'avaient poussée à sauter de la falaise ont repris le dessus. On m'a mise hors d'état de nuire. Et là encore je voulais hurler ton nom. Puis tout à coup, j'ai entendu Hannah et Vasco s'adresser à une nouvelle personne dans la salle. "Vasco, il est venu!" rien que ça, et j'ai compris qui était là. Tu étais venu. Et quand j'ai entendu que tu t'étais échappé de la réception au Ministère, j'ai su que tu ne m'avais pas abandonnée. Puis tu as pris ma main et tu m'as demandé de la serrer si je t'entendais. Au son de ta voix je me suis autorisée l'espoir à nouveau. J'ai mobilisé toute l'énergie que tu m'avais insufflé et j'ai serré ta main. Tu m'as assuré que tout irait bien. Ta voix était tremblante mais je savais que tu disais la vérité. Mais c'est quand tu m'as dit "Maman, je t'aime" que je me suis sentie renaître. J'ai compris que tu ne me laisserais plus et que mes démons allaient s'effacer. C'est ça la réponse que tu cherches et qu'Hannah a devinée : c'est toi qui me fait espérer et guérir.
Je me mordis les doigts pour ne pas pleurer. Maman rit :
- Où est le mal ? Pleurer est humain.
Je me mordis encore plus fort et fermai les yeux.
Je sentis la main de ma mère caresser mon épaule :
- Montre ton humanité, Marcus. Nous sommes peu à la voir alors montre-la-nous.
Mes dents lâchèrent ma peau, où elles avaient laissé des marques profondes et douloureuses. J'ouvris les yeux et en une fraction de seconde, mon visage était complètement inondé. Ma mère sourit :
- Il n'y a aucun mal à être humain, Marcus.
Je ne répondis pas et me jetai à son cou pour pleurer dans son épaule.
Je restai ainsi longtemps. Très longtemps. Mais rien ne pouvait m'atteindre.
- Je t'aime... murmurai-je faiblement quand je me fus calmé
- Je t'aime aussi très fort, murmura-t-elle contre mon oreille. Toi et Vasco. Et Hannah. Ne l'oubliez jamais, jamais, jamais.
.
.
Une fois sortis de l'hôpital, l'air frais me frappa et je réalisai que mes joues étaient brûlantes. Hannah sourit et caressa mon épaule. Je reçus un déferlement statique qui me fit sursauter.
Heureusement, elle ne remarqua rien. Ou du moins elle fit comme si.
- On va voir Potter directement ou on va faire un tour avant ? demanda Vasco
- Qu'est-ce que tu préfères ?
- À quelle heure tu dois être à l'entraînement ?
- Une heure.
- Bon alors on devrait aller voir Potter...
Il me dévisagea puis Hannah. Il esquissa un sourire malicieux et continua :
- Je vais chercher les affaires à la maison et quelques bricoles à manger. Attendez-moi ici.
Il prit sa baguette dans les mains et transplana, sans nous laisser le temps de protester. Il l'avait fait exprès pour qu'on se retrouve seuls Han et moi.
Je ne savais pas si je devais le remercier ou lui crier dessus.
Comme pour Lloyd.
Décidément j'étais entouré par le même type de personnes...
Hannah soupira :
- Vasco ne changera jamais...
- Et encore tu ne le connais que depuis une semaine ou quelque chose comme ça.
Elle rit :
- Mais j'ai l'impression d'avoir toujours été là, c'est drôle.
- Les choses auraient été bien plus simples si tu avais toujours été là.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Depuis que tu es là, j'arrive à voir la fin du tunnel. Je t'ai déjà dit que je ne sais pas comment te remercier. Mais je le ferai, peu importe ce que tu me dis.
Elle sourit :
- Pourquoi est-ce que tu y tiens autant ?
- Parce que je ne suis pas en train de profiter de toi !
- Je ne l'ai jamais pensé, ne t'excite pas.
- Tu fais tout pour moi et moi je passe pour un opportuniste !
- Qui a dit ça ?
- Moi... Moi, je me sens comme un opportuniste.
Elle éclata de rire, m'arrachant un sourire. Elle passa ses mains autour de mes épaules, et heureusement elle ne remarqua pas que je me raidissais et retenais ma respiration. Elle se leva sur la pointe des pieds et m'embrassa sur la joue :
- Sois le Marcus que je connais tout le temps et je serai satisfaite.
- Mais ce n'est pas assez.
- Mais qu'est-ce qui le serait ?
- Je devrais te donner l'univers.
Elle parut choquée un instant puis éclata de rire :
- Arrête de dire n'importe quoi !
- Je peux te poser deux questions ?
- Bien sûr, vas-y.
- Est-ce que Stir t'a déjà offert des choses ?
- Mmm... Pas beaucoup. À mon anniversaire et à Noël, si il était là et pas avec ses amis, oui. Deuxième question.
Intéressant : inconfortable sur le sujet.
- Que t'a dit Vasco hier ?
- Quand ?
- Quand il est arrivé.
Elle réfléchit puis sourit :
- Je ne te le dirai pas.
- S'il te plait !
- Pourquoi c'est si important ?
- Parce que !
- Je ne me contenterai pas de ça.
- S'il te plaît, je t'en supplie, dis-le moi, Hannah !
- Dis donc tu y tiens beaucoup.
- Oui...
Elle rit :
- Il m'a juste dit que tu commençais à devenir très jaloux de tous les autres hommes qui s'approchaient de moi.
Je grognai.
- Ne sois pas si sérieux. Il plaisantait.
- Peut être...
Elle sourit et m'embrassa sur la joue. Un grand crac retentit et Vasco apparut avec deux de mes vieux sacs de Quidditch. Il me sourit et m'en donna un à porter.
- Direction ministère.
.
.
- Flint ! Décidément, ça devient une habitude.
Potter rit et se leva pour venir me serrer la main :
- Des nouvelles des Anglais ?
- Spark m'a dit ce matin que les trois autres entraîneurs n'allaient pas écoper d'une sanction lourde. On va juste leur faire un sermon. Les London Eagles ont été démantelés. Ed Oth va passer devant la commission sportive et ça va faire mal.
- Ils l'ont cherché, soupira Potter. Bon, j'imagine que ce n'est pas de McLaggen que vous êtes venus parler.
- Non, on est venus t'apporter plusieurs choses qui vont t'intéresser.
J'ouvris le premier sac et lui montrai le masque de Mangemort :
- Tout ce qui est dans ces sacs était caché dans le plafond de la chambre de mon père.
Potter fouilla rapidement et sourit :
- J'ai l'impression que ce sera difficile pour votre père d'échapper à la prison...
Vasco attrapa le cahier de Père :
- C'est ça le plus important. C'est comme ça qu'il pensait, qu'il agissait. Il n'y a rien qui ne soit pas écrit ici. J'ai risqué gros pour éviter qu'il soit détruit. J'ai subi la pire des sessions de violence.
Potter ouvrit le livre, lut la page sur laquelle il était tombé et ouvrit de grands yeux :
- Je croyais qu'il était dans les rangs secondaires !
Je grognai :
- On a découvert qu'il ne l'était pas hier. Il a menti par couverture.
- Et bien ça... Il va en prendre encore plus dans la figure.
- La date est fixée pour le procès ?
- Non. Il y a encore une série de processus administratifs à remplir avant. À ce propos, ils m'ont demandé de vous poser quelques questions. Donc, votre mère... Elle est toujours vivante?
Je hochai vivement la tête :
- Et pendant encore longtemps.
Il le nota sur un papier :
- Nom et prénoms ?
- Elvira Alis Jones, récita Vasco
- Les vôtres ?
- Euh... Marcus Cain et Vasco Andreas Flint-Jones.
- Hannah ?
- Moi aussi ? Hannah Abbott tout court.
- D'accord. Ensuite... Profession de Vasco ?
- Je cherche. Je n'ai pas fini mes études.
- Bon. C'est tout ce qu'il nous manquait. Voilà.
- Pourquoi est-ce qu'ils ont besoin de savoir quel métier je fais pour juger Père ?
- Ne me demande pas, je n'en sais rien... C'est dans des formulaires à remplir.
Vasco soupira d'exaspération, ayant pour résultat de me faire éclater de rire. Potter m'adressa un drôle de regard rieur.
- Quoi ?
- Rien... Je constatais juste que tu avais changé... En bien.
Je hochai la tête et désignai Hannah :
- Elle prend tout le mérite.
Han devint rouge pivoine et bafouilla :
- Ne dis pas n'importe quoi...
Je pris sa main et l'embrassai sur la joue sans vraiment comprendre pourquoi je le faisais. Puis je murmurai à son oreille :
- C'est toi qui m'a changé.
- Hé les amoureux on se calme ! s'exclama Potter. Sortez de ce bureau pour faire ça !
Hannah éclata de rire alors que j'étais tétanisé.
- On va peut être y aller, dit Vasco. Tu as un entraînement, frangin.
- Je sais, Tête Blonde. Je sais...
.
.
- Hey ! me salua Lloyd avec un grand sourire. Qu'est-ce que t'as fait à la pause ?
Mes camarades levèrent la tête.
- Euh... ris-je. Je suis allé voir ma mère.
Leurs visages se teintèrent d'inquiétude. Sujet sensible pour moi.
Je fis un immense sourire radieux et récoltai leur étonnement.
- Elle va bien ? demanda Dylan
- Jamais été mieux ! Les médicomages nous ont autorisés à la laisser nous parler.
Il sourit :
- Et tu as passé ta pause à lui parler ?
- Nah ! On est allés au bureau des aurors pour livrer à Potter des trucs qu'on a trouvé chez moi.
- On qui ?
- Vasco, Hannah et moi.
Stir se raidit mais j'avais déjà enchaîné :
- Hé Dylan, devine qui j'ai vu à l'hôpital.
- Qui ?
- Jade.
Il se leva brusquement :
- J-J-Jade ?
- Jade et Daniel.
Il se mordit le poing :
- Tu leur as parlé ?
- Euh... Ils m'ont parlé. Je ne les avais pas reconnus. Ils étaient devant moi.
Il prit mon poignet et sortit en courant en direction des toilettes où il nous enferma.
- Qu'est-ce qui te prend ? lui demandai-je inquiet
Il ne répondit pas.
- Dylan. Je te connais depuis Poudlard mais il y a une chose que tu ne m'as jamais expliquée. Pourquoi tes parents et ta soeur te détestent ? Quand j'ai mentionné Erika, ta soeur a commencé à s'énerver.
Il soupira et s'adossa au mur :
- Je n'ai jamais compris pourquoi au début mais ils ne me détestaient pas. Ils m'ignoraient. Je n'avais pas de moins bons résultats que Jade. J'étais un semeur de trouble, et ils s'en moquaient royalement.
- Tu faisais ça pour attirer leur attention ?
Il hocha la tête :
- Au bout de trois ans à Poudlard, j'ai commencé à entrer en conflit avec mon père. On se hurlait des insanités à travers la maison. Puis ma mère s'en est mêlée et ça a empiré. J'ai commencé à ne pas rentrer les soirs de vacances. Mais tu le sais parce que je me retrouvais toujours chez toi.
Je souris en m'en rappelant.
- J'avais toujours Jade. Elle était la dernière personne de ma famille à rester avec moi. Quand elle est partie de la ville et a rencontré Daniel, je me suis retrouvé seul. Je n'avais plus que toi, et encore je n'étais pas vraiment un bon ami.
- Ne dis pas n'importe quoi.
- J'ai brisé toutes les règles et coupé tous les derniers vestiges de famille en partant à l'Académie. Je ne voyais ma famille qu'une fois tous les six mois et encore... Et puis j'ai rencontré Erika. Je t'ai déjà dit comment ça s'est passé ?
- À l'hôpital non ?
Il sourit faiblement :
- Oui... C'était quand j'ai fait la chute en entraînement et que j'ai cassé ma cheville. Et qu'évidemment ici on a pas le nécessaire pour arranger ça, on m'a amené à l'hôpital. D'ailleurs c'était Derek que tu avais désigné pour m'emmener...
- Je m'en souviens.
- J'imagine. Quand on m'a mis dans la salle d'attente, il a dû partir parce que les médicomages ne le voulaient pas dans la pièce. Je me suis retrouvé seul aux urgences de l'hôpital de Cardiff, au milieu d'autres personnes complètement perdues. À côté de moi il y avait un groupe de personnes dans des lits. Ils avaient dû être victimes d'un gros accident. Une d'entre eux a ouvert les yeux quand je la regardais. Elle m'a vu et a tendu la main vers moi en me suppliant du regard. Je ne sais pas ce qui m'a poussé à me lever et à prendre sa main, mais je l'ai fait. Malgré ma cheville qui me faisait de plus en plus mal. Elle avait l'air terrifiée, un peu comme un animal acculé. Elle était au bord des larmes mais n'arrivait pas à parler. Alors je me suis agenouillé à côté d'elle et je lui ai dit "tout ira bien ne t'en fais pas". Je ne la connaissais pas, je n'avais aucune idée de ce qui lui était arrivé mais je lui ai quand même dit ça. Puis un médicomage est arrivé et m'a dit de le suivre. Très marrant... J'avais une cheville hors service et il voulait que je le suive. Il a fini par comprendre. Sur le chemin, je lui ai demandé qui étaient les personnes de la salle d'attente, dans les lits. Il m'a expliqué qu'un accident grave avait eu lieu dans la périphérie de Cardiff et que la plupart des gens qui s'y trouvaient sont morts sur le coup. Il ne m'en a pas dit plus.
- Et comment tu as revu Erika ?
- C'est simple, en sortant de l'hôpital, elle était toujours à la même place. Elle m'a tendu la main et je suis revenu vers elle. Elle a essayé de parler mais elle n'a pas réussi. Je lui ai demandé son nom. Elle a réussi à me dire "je ne sais pas". Alors je lui donné le mien et je lui ai demandé si elle voulait que revienne. Elle m'a dit oui. Et c'est ce que j'ai fait. Elle est restée un peu plus d'une semaine à l'hôpital. Je suis venu tous les jours deux fois par jour. Elle a lentement repris l'usage fluide de la parole et j'ai pu discuter avec elle. Elle avait perdu son petit frère de neuf ans dans l'accident. Il s'appelait Leo. Elle ne parlait presque que de lui et pleurait tout le temps. Je pense que c'est pendant ces moments-là que je me suis attaché irrémédiablement à elle. On a continué à se voir à sa sortie de l'hôpital. Elle avait recouvré sa mémoire mais elle n'avait plus de maison et ses employeurs ne l'ont plus voulue. Alors je lui ai ouvert la porte de chez moi, qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? Je crois que... Une semaine après ? Oui quelque chose comme ça... Une semaine après on était plus qu'amis.
- Arrête de parler par euphémismes.
- Bon d'accord, on était ensemble. Content?
- Oui.
Il sourit.
- Et tes parents dans tout ça ?
- Oui c'est vrai. Quand ma soeur a eu son premier enfant, elle a invité toute la famille chez elle et grande surprise, elle m'a compté dans le lot. Alors j'ai amené Erika, parce qu'après tout c'était ma copine. Et je ne comprends pas pourquoi mais à ce moment-là, ça a dégénéré. Mes parents la regardaient toujours de travers, Jade la traitait comme une moins que rien, Daniel la considérait comme une plante verte de décoration. Et ils ne donnaient aucune explication ! Ils ne savaient pas qu'elle était Sang-mêlé en plus. Alors je n'ai pas tenu très longtemps. Quand ma mère a fait un commentaire sur Erika, j'ai explosé. C'était comme au temps de Poudlard, je hurlais contre mon père qui hurlait contre moi, on se jurait des horreurs, c'était le chaos. Ma mère s'en est mêlée, puis Jade, puis Daniel, et le bébé braillait encore plus fort que nous. Erika se cachait la tête dans les mains et pleurait. Alors j'ai attrapé sa main et on est partis. C'était il y a longtemps... Si tu veux, après ça, la seule fois où je suis retourné chez mes parents c'était au Nouvel An dernier. Avec Erika on est restés une heure puis après on est allés profiter des festivités de rue sous la neige.
Il sourit tristement :
- Je ne sais pas pourquoi ma famille déteste Erika mais je m'en moque au final. Moi je l'aime et c'est ce qui compte.
- Ils se marièrent et eurent plein d'enfants...
Dylan rit de ma plaisanterie :
- Tu as anticipé ce que j'allais te dire...
- Hein ? Sérieusement ? Tu vas...?
- Non ! Enfin si mais pas tout de suite...
- Quand ?
- À son anniversaire. Mais je dois être certain de ne pas essuyer un refus. Tâter le terrain quoi.
- Tu veux que je le fasse à ta place ?
- Et briser deux règles ?
- Au point où j'en suis... J'en ai que deux restantes avec Hannah.
Il rit :
- Si tu veux, tu peux le faire... Et en échange je parle à Stir.
- Et briser la règle dix ?
- Au point où tu en es, elles ne dureront pas longtemps ces règles.
Je souris :
- Bon... Alors marché conclu.
Il rit.
- Dis, Dylan... Que faisait Jade à l'hôpital en pleurant ?
Il se tut et réfléchit. Il se mordit la lèvre :
- Je n'en ai pas la moindre idée... Malheureusement...
Il se passa la main dans les cheveux :
- Peut être que je devrais aller la voir...
- Elle a demandé de tes nouvelles, alors oui ce ne serait peut être pas une mauvaise idée.
- Et tu me reproches de parler par euphémismes...
Je ris et la voix de Spark résonna subitement :
- Vous êtes prêts ? On y va !
- Je crois qu'on devrait sortir des toilettes, dis-je à Dylan
- Pas bête.
.
.
- Etirements ! braillai-je
Ils s'exécutèrent et après nous prîmes la direction des vestiaires pour nous changer. Nous prîmes chacun notre tour une douche rapide.
Dylan et moi sortîmes en même temps du quartier général. Nous nous acheminâmes vers le centre sorcier de Cardiff, toujours avec nos sacs, discutant d'un peu n'importe quoi, riant toutes les deux secondes.
Quand nous fûmes sur la place principale, un groupe de jeunes nous pointa du doigt et accourut vers nous.
Lloyd et moi serrâmes la main à chacun d'entre eux et discutâmes un peu. Ils repartirent après cinq minutes mais nous avions attiré l'attention et tout le monde nous regardait, nous interpelai, enfin bref on était repérés.
Nous nous engouffrâmes dans un bâtiment sobre sur la droite de la pièce, et nous retrouvâmes dans le silence. Du haut de l'escalier à côté de nous, on entendait deux voix qui discutaient. La première était celle d'un homme plutôt âgé et la deuxième celle d'une jeune femme. On distinguait le sujet de leur conversation sans problèmes : l'homme donnait des instructions à la femme au sujet d'un article à rendre.
Les voix s'éteignirent et résonnèrent des pas dans l'escaliers. Quelques secondes plus tard, une jeune femme brune métisse apparut dans notre champ de vision. En nous voyant, un immense sourire fendit ses lèvres. Elle se précipita vers Dylan et se jeta à son cou.
- Ouch ! rit mon coéquipier
Elle se retira en souriant de plus belle :
- Tu ne m'avais pas dit que tu viendrais me chercher...
- Je voulais te faire une surprise.
Elle rit :
- Je ne vais pas me plaindre !
Je tournai la tête quand ils s'embrassèrent. Erika me remarqua alors et m'adressa un signe de la main :
- Tu vas mieux, Marcus ?
Je souris gentiment :
- Tu n'imagines même pas.
Elle hocha la tête en souriant :
- C'est mieux comme ça.
Lloyd m'adressa un signe discret du regard et dit :
- Tu ne sais pas s'il y a des toilettes ici ? Je n'ai pas pu y aller en sortant de l'entraînement.
Gros mensonge crédible. Erika lui donna quelques indications et il disparut dans un couloir sombre. Je réfléchis au moyen d'amener le sujet qui m'intéressait. Erika me coupa dans ma réflexion en jurant.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demandai-je
Elle se pencha pour ramasser sa plume qui était tombée par terre :
- Je fais tout tomber aujourd'hui.
Je ris.
- Ne te moque pas de moi, Marcus...
- Je ne me moque pas ! Je te jure.
- Tu jures beaucoup m'a dit Dylan.
- C'est vrai. Je tiens beaucoup aux promesses et aux accords.
- Mais tu n'es pas doué avec les règles.
Elle sourit et je soupirai :
- Je vois que Dylan n'a pas sa langue dans sa poche avec toi.
- Non c'est vrai... Et en retour c'est pareil.
- Vous vous complétez bien.
Elle sourit et regarda dans la direction des toilettes puis murmura :
- Je l'aime vraiment... Sans lui je ne serais nulle part si ce n'est au fond d'un gouffre.
J'opinai :
- Je te rassure, il ne parle de toi qu'en termes élogieux. Pour le coup, il est fou de toi aussi.
Elle rit puis soupira :
- Le pauvre... À cause de moi il n'a plus vraiment de famille...
- Ce n'est pas à cause de toi. Et puis il était en conflit avec ses parents déjà au temps de Poudlard. Il passait plus de temps chez moi que chez lui.
Elle sourit tristement :
- Il m'en a parlé... De mon côté je n'ai plus mes parents non plus. Mon père est mort il y a pas longtemps à cause d'un virus inconnu. Je n'ai pas connu ma mère et mon frère...
Elle se mordit la lèvre.
- Je sais, Erika... Ne t'en fais pas.
Elle soupira :
- Dylan t'a dit quelle promesse il m'a faite ?
- Non.
- Si jamais on a des enfants, et qu'un d'eux est un garçon, on l'appellera Léo.
- Pourquoi tu mets des "si" partout ?
Elle baissa la tête :
- Parce que peut être qu'il trouvera une fille mieux que moi un jour...
Je ris :
- Tu crois vraiment ? Justement, je vais te dire : c'est la dernière chose dont tu devrais t'inquiéter. Pense plutôt à trouver une robe blanche.
Elle leva la tête et me dévisagea, un mélange d'incompréhension et d'espoir dans le regard. Lloyd revint à ce moment-là :
- On peut y aller !
Puis il attira Erika contre lui et s'étonna qu'elle le serre si fort. Puis ils se regardèrent dans les yeux.
- Tu veux qu'on aille manger dehors ce soir ? demanda Dylan
Elle se mordit la lèvre :
- Tu as autre chose en tête pas vrai ?
- J'aurais aimé aller chez Jade mais...
- Allons chez Jade alors.
- T'es sûre que tu veux faire ça ? Je veux dire... Elle ne sera pas très...
- Les mots ne me blesseront pas.
Dylan sourit et la colla contre lui. Par-dessus son épaule, il m'adressa un signe de remerciement. Je lui souris et dis :
- Je vais y aller... On m'attend.
Ils me saluèrent et je transplanai.
.
.
J'apparus dans le salon de chez moi et trouvai Vasco et Kat collés l'un contre l'autre sur le canapé. Hannah n'était pas dans la pièce. Quand ils me virent, les deux amoureux se levèrent. Kat se précipita vers moi et me serra brièvement dans ses bras :
- T'es en retard, champion.
Je ris :
- J'étais avec Dylan. Il avait deux trois trucs à régler et je lui ai donné un coup de main.
Vasco sourit et prit la main de Kat.
- Où est Hannah ? demandai-je
Mon frère éclata de rire :
- C'est la première chose que tu demandes ?
Je me mordis la lèvre. Kat avait raison quand elle disait que je n'arrivais pas à me cacher.
- Elle est sortie, m'informa Kat. Elle ne devrait pas tarder.
Je hochai la tête.
Je montai dans ma chambre déposer mes affaires. Quand j'eus balancé le sac à l'autre bout de la pièce, je remarquai la présence d'un hibou à ma fenêtre. Je lui ouvris et pris le parchemin qu'il venait m'amener. Il venait d'Ellen.
Je résistai à la tentation de le déchirer et le lus.
Marcus, je ne t'ai pas trouvé à ton appartement. On m'y a dit que tu avais déménagé. Et j'en déduis que tu es retourné chez ta mère. Je t'ai retrouvé. Ne crois pas que j'ai disparu. Je serais toujours là, que tu le veuilles ou non. Ellen.
Je soupirai et pris une plume sur mon bureau pour répondre au dos.
Oui je suis retourné chez ma mère. Mais disparais de ma vie, Ellen. Tu vas retrouver un autre homme, en te connaissant ce ne sera pas compliqué. De mon côté j'ai trouvé une autre fille. Et je l'aime, compris ? Si tu lâches l'affaire, on pourra peut être redevenir amis avec le temps. Amis et rien de plus. Marcus.
Je l'attachai à la patte du hibou et incitai l'animal à partir. Je refermai la fenêtre et me dirigeai vers mon armoire. Je pris un maillot propre noir et l'enfilai ainsi qu'un pantalon moldu que m'avais refilé mon ancienne voisine, une femme âgée qui me prenait pour son petit-fils. J'ébouriffai mes cheveux et fis une courte séance d'étirements.
Quand j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir, je me précipitai dans les escaliers. Dès que je fus en bas, j'attrapai Hannah par la taille et la soulevai du sol. Elle cria de surprise puis éclata de rire.
- T'étais où ? grognai-je en la reposant
Elle soupira :
- J'étais allée chercher quelque chose pour ma soeur.
Elle enfouit son visage ans mon torse en gémissant :
- Je ne veux pas y aller...
- Ne t'en fais pas, on sera là aussi. Et puis il y aura Logan, le pauvre tu as dû lui manquer.
Elle rit et me regarda droit dans les yeux :
- C'est surtout toi qui a dû lui manquer.
Je souris :
- Il me prend pour son père...
- Crois-moi, mon beau-frère ne te plaira pas non plus.
- Je pense que je n'irai pas le voir. Il y aura du monde en plus. On passera inaperçus.
- Pas s'ils se plantent devant la porte.
Je ris :
- Effectivement.
Hannah attrapa ma main et nous allâmes nous assoir sur le canapé -le deuxième, vu que Kat et Vasco en prenaient un entier.
- C'était bien l'entraînement ? me demanda Vasco
Je hochai la tête :
- Plutôt bien. J'espère qu'on sera prêts pour Riga. C'est de la compétition à très haut niveau.
- Pas tant que ça figure-toi, répliqua Kat. En réalité, toutes les équipes pensent la même chose que toi. Après, dis-toi que tu es quand même arrivé en Coupe du Monde. Ça veut dire quelque chose par rapport à ton niveau.
Je souris en calant ma tête contre celle d'Hannah. Elle me regarda, se trémoussa un peu jusqu'à pouvoir m'embrasser sur la joue. Je sentis un décharge me secouer. Une étrange pensée traversa ma tête. Mon amitié avec Hannah était déjà un peu ambigüe. Nous ne créions pas de choc quand nous nous comportions un peu comme un couple. Alors pourquoi ne pas en profiter ?
Je passai mon bras autour de la taille de mon amie et l'attirai doucement contre moi. Elle ferma les yeux et se blottit dans mon torse. Je souris et l'embrassai sur le sommet de la tête.
- Han ?
Elle ouvrit les yeux :
- Oui ?
- Est-ce que tu pourrais nous parler un peu de ta famille? Qu'on sache à quoi s'attendre.
Elle hocha la tête et se redressa. Kat et Vasco tournèrent leur attention vers elle également.
- Euh... alors... Ma soeur et mon demi-frère ont un caractère assez semblable. Ils sont très intéressés et pas très sympathiques. Mon beau-frère est un autre élitiste qui n'aime pas le "bas peuple".
- Il est sang-Pur par hasard ? demanda Kat
- Lui oui. Nous on est Sang-mêlé. Il ne m'aime pas vraiment alors je ne pense pas qu'il vous réserve un accueil chaleureux. Ou un accueil tout court d'ailleurs. Logan, je n'ai pas besoin de vous le présenter.
Nous sourîmes. Nous l'aimions tous ce petit blondinet affamé.
- Mes parents sont secs, rigides, élitistes, intolérants, regorgeant d'idées toutes faites...
- Oulà, quel portrait flatteur ! plaisanta Vasco. Il n'y aucun point positif ?
- Moi je n'en ai jamais vu. Tu leur en as trouvé, Marcus ?
Je fis la moue :
- Nah !
- Tu vois... Ils ne se font pas aimer.
- Et qui sera à cette fête ?
- Le cercle d'amis et membres de la famille. À part Logan, Vasco sera le plus jeune.
Kat se leva et s'étira :
- Alors on va leur montrer combien ils sont rouillés et dépassés.
- Comment ?
- En s'amusant.
Hannah sourit faiblement :
- Et comment tu veux t'amuser ?
- Oh on verra bien...
.
.
Hannah frappa timidement à la porte de la maison de ses parents. On entendait un vacarme assez important de l'extérieur. Il faisait encore relativement clair, vu qu'on était encore en été.
La porte s'ouvrit sur Madame Abbott, toujours aussi raide et pincée, mais vêtue d'une robe presque trop élégante, qui lui rajoutait quinze ans.
- Entrez, dit-elle en agrandissant l'ouverture de la porte
Hannah baissa la tête et entra, je la suivais directement, venaient ensuite Kat et Vasco en dernier. Le salon des Abbott que j'avais déjà vu la dernière fois était plein de monde. Je ne reconnaissais aucun visage. Tous les invités devaient être sur les trente ans minimum. Les cheveux de la majorité tiraient sur l'argent.
Kat fit un grimace d'horreur qui lui valut un regard noir de la part de Madame Abbott. Il fallait préciser que la tenue de l'écossaise ne devait pas non plus plaire aux plus arriérés dans la salle. Hannah se trémoussa, gênée et chercha du regard une échappatoire.
Monsieur Abbott nous salua d'un signe de tête depuis l'autre angle visible de la pièce. Connor Lawsen s'approcha de nous et me serra la main :
- J'espère que mon article de l'autre jour vous a plu, Monsieur Flint.
Je hochai la tête :
- Vous êtes un bon journaliste.
Il sourit d'orgueil :
- D'ailleurs, j'ai entendu dire que vous aviez été avec une journaliste également. Ellen Richards, n'est-ce pas ?
- C'est vrai. C'est de l'histoire ancienne.
Il hocha la tête et désigna Kat et Vasco :
- Je n'ai pas le souvenir que ces deux jeunes gens se soient présentés la dernière fois.
Vasco m'adressa un regard mal assuré mais je le rassurai en opinant.
- Je suis Katharina Pick, se présenta Kat sans sourire. Des Glasgow Furies.
Lawsen opina et son attention se porta vers mon frère.
- Vasco Flint, dit mal assurément Tête Blonde
Connor me coula un regard interloqué puis nous analysa tous les deux du regard :
- Ah effectivement... Il y a quelques similitudes.
Hannah soupira :
- Merci pour ta considération.
Il posa enfin son regard sur elle et esquissa un sourire amical surprenant :
- Je garde le meilleur pour la fin, non ?
Je vis clairement la surprise de mon amie quand son demi-frère lui embrassa la joue. Elle était même presque choquée.
- Bon, et bien je vais vous laisser. Amusez-vous.
Sur ce, Connor Lawsen partit. Hannah se retourna vers nous et grogna :
- Qu'est-ce qu'il a mangé aujourd'hui ?
Je ris :
- Bonne question.
Kat scruta les invités du regards :
- On se croirait à une réunion de magiciens séniles.
Vasco secoua la tête en riant :
- Quand tu auras leur âge tu n'aimeras pas te faire traiter de sorcière sénile.
- Quand j'aurais leur âge, je ne serais pas sénile. Ni aussi moche, j'espère.
- Mais non, tu seras toujours magnifique.
Je me retins de rire en observant la scène. Une pointe d'amertume se manifesta dans un coin de mon coeur.
- Papa ! brailla une voix familière dans la foule. Papa !
Tous les regards se tournèrent vers moi alors que Logan se jetait dans mes bras et que je le soulevais du sol pour le porter.
- Hé ! Comment ça va, blondinet ?
- Je savais que tu serais venu, s'enthousiasma-t-il. Vous ne m'auriez pas abandonné... Pas vrai ?
Vasco rit et lui ébouriffa les cheveux :
- Jamais de la vie.
Je passais le petit enfant à Han qui le prit dans son bras et l'embrassa à répétition sur les deux joues :
- On t'aime trop pour ça.
- Tatie Han, tu m'as manqué.
- Toi aussi tu m'as manqué petit coeur.
- Papa il est méchant... Il a dit que tu viendrais pas de toute façon... Mais je lui ai dit que non, et j'avais raison !
Hannah rit :
- Papa qui ?
- Papa lui.
Il pointa un homme qui se tenait à côté des parents d'Hannah, qui visiblement n'était pas content et demandait qui j'étais.
- Il ne m'aime pas bien ton Papa, murmurai-je à Logan
Logan grogna et Hannah le posa sur le sol. À ce moment-là, une femme flanqua mon amie. Elle était plutôt grande et hautaine, aux très longs cheveux blonds et aux yeux bleus. Elle était relativement belle mais son visage trahissait trop d'aigreur et éclipsait tout le reste.
Hannah et elle restèrent quelques secondes à se fixer sans rien dire. Puis Hannah lui tendit le sachet qu'elle avait ramené cet après-midi :
- Joyeux Anniversaire, Janice.
Janice attrapa le cadeau et l'examina avant de mettre la main dedans et d'en sortir un carillon :
- Oh... Il était à toi, non ?
- Non. Il était à toi, mais tu me l'avais donné. Et je t'avais promis que je te l'aurais redonné quand j'aurais compris ce qu'il y avait écrit dedans.
- Je m'en souviens.
Elle remit le carillon dans le sachet et nous scruta :
- Où est Peter ?
Nous nous raidîmes tous les quatre. Janice insista :
- Tu n'étais pas avec Peter Stir ?
- Si... soupira Han. Mais c'est compliqué. Lui c'est Marcus, le capitaine de la nouvelle équipe de Pete et mon meilleur ami. Vasco est son frère et elle c'est sa copine Katharina.
Janice nous regarda peu amicalement et sans nous adresser un mot, donna une claque à son fils :
- Arrête de n'en faire qu'à tête, toi ! Et la prochaine fois que tu humilies ton père devant tout le monde, tu auras affaire à moi !
- Janice, laisse-le ! siffla Hannah
- Ne le défends pas, toi ! Tu n'es même pas capable de te battre pour toi-même.
Je serrai les poings pour ne pas frapper Janice.
Hannah vit rouge et se mit à hurler :
- Ah oui ? C'est comme ça que tu penses ? Qu'est-ce que je suis venue faire ici, je me le demande bien ! J'aurais dû comprendre la dernière fois que je devais couper les ponts définitivement. Je crois d'ailleurs que c'est ce que je vais faire. Et maintenant.
Elle prit la main de Logan, nous adressa un regard entendu et se précipita vers la porte d'entrée. Nous la suivîmes et quand nous fûmes dehors, Hannah claqua la porte.
Nous courûmes plusieurs minutes pour couvrir la distance nécessaire pour qu'ils ne nous rattrapent pas.
Une fois en périphérie, perdus au milieu de nulle part, nous nous assîmes dans l'herbe. Il faisait désormais nuit noire. Logan blatérait sans interruption, comme si rien ne s'était passé, et intégrait régulièrement un "j'ai faim" dans ses phrases.
Hannah se prit la tête dans les mains et se mit à pleurer. Kat s'approcha d'elle et la prit dans ses bras :
- Tu sais, on peut vivre très bien sans sa famille. Je n'en ai plus moi non plus. Mais je ne suis pas seule pour autant. Ma famille c'est Vasco, Marcus, toi, Jesse, Ewan, Ryan, Garet, Nicholas et Olivier. Je ne ressens pas le manque de mes parents. De toute façon, mon père était une pourriture et a eu le sort réservé aux pourritures. Ma mère s'est suicidée quand elle a su que Voldemort avait perdu la guerre et qu'elle risquait d'être condamnée à Azkaban. J'ai failli y passer aussi mais je m'en suis sortie et je ne regrette pas. Tu verras, avec le temps tu réussiras à prendre du recul sur les évènements.
Hannah leva la tête vers l'écossaise et sourit faiblement. Elle était d'ordinaire si forte. Elle s'était battue pour ma mère, pour moi... Elle avait toujours été solide pour compenser ma chute. Elle avait faibli par rapport à Stir mais jamais je ne l'avais vue tomber comme ça. Et je ne pouvais supporter ça. Non, pas après tout ce qu'elle avait fait.
Je m'assis derrière elle et passai mes bras autour de ses épaules. Elle se détendit immédiatement. Kat sourit et se leva pour rejoindre Vasco qui jouait avec Logan dans l'herbe.
- Ne t'en fais pas... murmurai-je à l'oreille d'Hannah. Je suis avec toi et je ne te laisserai pas.
Elle tourna la tête vers moi et me sourit tristement :
- Merci...
Je l'embrassai sur les cheveux et la serrai un peu plus fort contre moi.
Elle se retourna pour être en face de moi et colla son front au mien :
- Tu veux que je te dise un secret ?
- Oui je veux bien...
- Tu te souviens du jour où ton ami Ivan Bolt a renversé tous mes livres dans les couloirs de l'école ?
- Euh... Quelle fois ?
- C'est arrivé une fois seulement.
Je réfléchis. L'image me frappa soudainement. Je vis Dylan et moi dans un couloir de Poudlard pendant une heure libre. Bolt s'en prenait à une blondinette plus jeune que nous.
- Ah oui... J'avais complètement oublié. J'ai toujours considéré Bolt comme un fou dangereux, il m'était sorti de la tête.
Hannah esquissa un maigre. La proximité de nos visages me rendait nerveux. Très nerveux. Je n'avais presque pas à respirer.
- Et bien ce jour-là, moi je me souviens surtout que quand Bolt s'est décalé et que je t'ai vu, tu me regardais tristement, comme pour t'excuser.
- C'est vrai que je faisais souvent ça.
- Tu m'as demandé pourquoi j'accepte quand même d'être ton amie alors que tu faisais partie des types qui me faisaient vivre l'enfer entre les cours. Je ne sais pas pourquoi mais quand tu m'as regardée comme ça, je t'ai pardonné de n'avoir jamais rien fait.
Elle eut un rire amer :
- C'est une mauvaise journée...
- Pas tant que ça, chuchotai-je
Elle soupira. Son souffle balaya mon visage et me coupa la respiration. Hannah le remarqua et rit. Je mis mes mains autour de ses joues et l'attirai un peu plus près de moi. La proximité était tout sauf naturelle. Hannah ferma les yeux et se détendit.
J'eus une impulsion involontaire et j'en voulus immédiatement à mon corps.
Je l'embrassai.
Hannah.
Je me détachai immédiatement, sidéré, seulement pour voir son regard choqué sur moi.
Règle numéro huit, Marcus : ne pas embrasser la copine d'un coéquipier.
J'étais un imbécile.
.
.
.
Hey ! Et voilà, le chapitre 19 est bouclé. Qu'en avez-vous pensé ?
J'ai voulu donner de l'espace à plusieurs personnages secondaires (sauf Hannah, qui est dans les personnages principaux) pour que ce ne soit pas vide de contenu. On arrive à la toute fin, donc pour les chapitres soient assez intéressant, il faut chercher ^^'
Bref, j'espère que vous ne vous êtes pas ennuyés :)
Alors ? Marcus et ses règles ? À votre avis, est-ce qu'il va briser la neuvième au prochain chapitre ? Que va faire Hannah ?
Est-ce que quelqu'un me voit venir avec la tâche de couleur dans la chambre d'hôpital ? LloydXErika, quelqu'un aime ?
Bon maintenant, j'ai besoin de petites indications de votre part. Sachant que le prochain chapitre sera le dernier, avez-vous envie de revoir certains personnages ou thèmes ? Et quelques requêtes pour la longueur et le contenu de l'épilogue ? C'est pour ne pas laisser des lecteurs sur leur faim.
Au passage, pour Torn, y a-t-il des potentiels intéressés ? Je vous remets le lien de la bande annonce, pour ceux qui ont lu tous les chapitres à la suite et qui n'ont pas pu s'arrêter pour ouvrir le lien :
adresse de youtube/watch?v=mvIKPDyvI6s
Ou alors : Torn Marcus&Hannah Harry Potter Fanfiction Trailer (sur la chaîne sakirians).
Des informations supplémentaires sont données dans la réponse à la review de Mylene pour ceux qui voudraient en savoir plus.
Merci beaucoup à tous et à toutes et à la semaine prochaine !
ACSD
