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Note : Cette fic va me permettre, d'une certaine façon, de régler mes comptes avec les scénaristes. Je n'ai pas aimé la manière dont Tony a été traité au retour de Gibbs et l'histoire va s'en ressentir.

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Fan inconditionnelle de Tony, je le mets encore en avant dans cette histoire centrée principalement sur lui. Le reste de l'équipe sera malmenée donc si vous n'aimez pas cette perspective, passez votre chemin.

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Je renouvelle ma requête, quelqu'un serait intéressé pour me faire quelques montages photo ? Merci de vous manifester, ce serait vraiment sympa.

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Bravo à Capucin et Gwendo pour avoir trouvé l'invité de Gibbs, même si ce n'était pas trop difficile, il a si peu d'amis

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Sur les 121 visiteurs et les 162 vues pour 9 pays représentés pour ce début, seulement 4 coms, c'est peu. Merci donc aux lectrices qui ont laissé leur commentaire.

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Après le Prologue qui vous a mis en appétit, voici le premier chapitre. Bonne lecture et laissez-moi savoir ce que vous pensez. J'attends vraiment de connaitre votre impression pour savoir si je continue à vous intéresser ou non !

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Chapitre 1 : Retour inattendu

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Gibbs se tenait en haut des escaliers, son regard pour l'instant rivé sur l'espace encore vide. Les agents n'étaient pas encore arrivés, l'heure matinale en était la raison. Il avait voulu rencontrer la directrice de bon matin avant l'arrivée de son équipe.

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Il soupira en se remémorant les derniers jours qui venaient de s'écouler.

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Il avait pris le temps de peser le pour et le contre pour finalement prendre le parti de revenir, de reprendre sa place de chef de l'équipe première du bureau de Washington. Pendant le week-end précédant sa reprise, il avait tenu à examiner les dossiers gérés par son équipe durant son absence. Il avait noté que les enquêtes avaient été aussi nombreuses que lorsqu'il était en poste et que son remplaçant n'avait pas démérité.

Il savait qu'il avait encore des troubles de la mémoire et que tous ses souvenirs n'étaient pas revenus. Il avait eu tant de mal à accepter de revivre la mort de sa femme et de sa fille qu'il avait oblitéré pas mal d'autres détails de son passé. Les bribes dont il se rappelait avaient parfois du sens et parfois, il songeait qu'elles appartenaient à son imagination. Il confondait aussi pas mal de choses, mélangeait des noms et des lieux ou des dates.

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L'ancien Marine était frustré de constater qu'il était à ce point perturbé par tous ces oublis qu'il allait devoir en passer par un exercice qu'il détestait de tout son être : demander de l'aide. La première tentative lui avait permis de tâter le terrain, d'obtenir des nouvelles générales. Son but avait été atteint mais ce n'était pas assez, il voulait maintenant entrer dans les détails et poser des questions dérangeantes. Et son invité surprise ne pouvait le satisfaire sans en connaître l'enjeu.

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Le plus dur était de sélectionner celui ou celle qui pouvait lui apporter cette aide. Il était cependant sûr d'une chose, il ne se tournerait pas vers un professionnel, du moins pas dans l'immédiat. Sauf si la directrice exigeait qu'il en passe par là pour retrouver son poste. Il voulait se reconnecter avec son travail et il lui fallait donc un membre de son équipe avant tout.

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Il avait exclu d'emblée Abby car trop émotionnelle, elle ne saurait aller droit au but sans digresser. Elle serait bien trop bouleversée pour rester centrée sur l'essentiel. Il avait également éliminé d'office l'officier du Mossad car elle était dans l'équipe depuis trop peu de temps, elle ne pouvait lui parler que de l'année qui avait précédé son accident et il avait besoin de plus que ça.

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Pour ce qui concernait McGee, si ses souvenirs le concernant étaient corrects, le jeune agent serait certainement enclin à lui apporter toute son aide mais son manque d'assurance et de confiance en lui face à Gibbs ne jouaient pas en sa faveur. Quant à Ducky, les révélations engendrées par l'explosion et son coma avaient entamé la confiance entre les deux amis qu'ils pensaient être.

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Le légiste avait été très choqué d'apprendre que son ami de longue date lui avait caché une partie de son passé et que, malgré leur grande amitié, l'ancien Marine n'avait jamais partagé sa douleur avec lui. Ducky avait quand même tenté de le retenir, de lui faire renoncer à son projet de rejoindre son ancien mentor à Mexico.

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Devant son refus de plier à son désir, le médecin avait alors déclaré qu'il déclinait toute responsabilité tant sur le devenir de leur amitié que sur celui des personnes auxquelles il disait tenir. En un mot, Ducky lui faisait comprendre qu'il était désappointé par son attitude.

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En toute logique, le seul choix qu'il lui restait était de se tourner vers le seul membre de son équipe qui saurait le renseigner sans pour autant devenir hystérique ou émotionnel comme Abby, ignorant comme Ziva, tremblant comme McGee, vindicatif comme Ducky.

Il pouvait compter sur son second, Tony DiNozzo pour lui apporter les réponses qu'il cherchait. L'italien saurait rester neutre, il avait travaillé avec lui durant plus de cinq ans et il était proche de lui. Il savait qu'ils étaient amis et qu'ils se connaissaient bien, du moins il espérait que cette idée soit réelle.

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Oui, définitivement, l'italien était sa seule chance de raviver sa mémoire, de réveiller ses souvenirs enfuis, de combler les trous qu'il avait encore. Il lui suffisait de l'interroger adroitement et il pourrait recoller les morceaux épars de ses réminiscences. Il serait alors pleinement capable de diriger à nouveau son équipe.

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Il attendit donc sa rencontre avec la directrice avec impatience pour se rendre compte en pénétrant dans le bureau qu'elle n'était pas confortablement installée dans le fauteuil directorial. Quel ne fut son étonnement de découvrir, à sa place, un homme qu'il n'avait pas côtoyé depuis plusieurs années, Léon Vance. Les rapports entre les deux hommes n'étaient pas au beau fixe. Leur entente avait connu plus de bas que de hauts et Gibbs ignorait alors la raison de sa présence en lieu et place de Jenny.

Directeur adjoint du NCIS désormais basé à Washington, il avait été appelé pour remplacer Shepard. Il avait donc appris, de la bouche même de son remplaçant, que son ancienne collègue et maitresse avait enfin rencontré un homme qui la comblait. Quelques semaines plus tôt, elle avait appris avec stupeur qu'elle attendait un enfant. Vu son âge et les risques encourus, elle avait décidé de mettre de côté sa carrière durant quelques mois, le temps de sa grossesse en fait, afin de ménager l'enfant et elle-même.

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Lorsqu'il fut informé des raisons de l'absence de Shepard, il réalisa qu'il devrait composer avec un homme qu'il connaissait bien peu et qu'il risquait de marcher en terrain miné. Vance n'occupait pas son poste de directeur-adjoint sans raison mais Gibbs savait que l'homme était parfois inflexible, qu'il pouvait être impossible à manipuler comme Jenny. Il avait horreur de se voir imposer les idées d'autrui à moins qu'elles ne servent ses propres projets.

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Et Vance était maintenant en place depuis presque trois mois, il avait eu le temps de se faire une opinion sur les agents qui travaillaient chaque jour à quelques mètres de son bureau. Il avait certainement eu le loisir de les observer travailler, les regarder interagir entre eux. Et Gibbs savait qu'il avait dû porter un intérêt spécial à son équipe. En toute logique, c'est ce que lui-même aurait fait, donc Vance l'avait fait également.

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Prendre le pouls du personnel travaillant directement sous ses yeux était le meilleur moyen de mesurer son efficacité, de trouver ses points forts et de découvrir ses faiblesses. Et si le directeur était la moitié de l'agent méticuleux qu'il avait été et le directeur-adjoint qu'il était désormais, il avait déjà décortiqué tout ça durant sa première semaine dans son nouveau poste. Et la nouvelle de son retour n'avait sans doute pas réjoui l'homme.

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Gibbs avait passé sans aucune difficulté les épreuves qui devaient sanctionnés son retour au service actif. Sa requalification au tir, les épreuves physiques n'avaient posé aucun problème. Par contre, il aurait pu avoir du mal à ruser avec la consultation psychologique que tout agent blessé dans l'exercice de ses fonctions se devait de passer avant d'être réintégré dans ses fonctions.

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Il avait eu la chance d'être interviewer par une jeune femme qui n'était diplômée que depuis peu, il avait réussi à la duper - sans doute moins bien que ne l'aurait fait DiNozzo - mais tout ce qui comptait, c'est qu'elle avait signé son certificat d'aptitude.

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Et il était là, aujourd'hui, penché sur la rambarde surplombant le bullpen silencieux. Il se demandait si son équipe se doutait qu'il serait installé à son bureau à leur arrivée. A son bureau qu'il devait aller vider de tout le bazar que DiNozzo y avait stocké. Il descendit rapidement les marches et se dirigea vers son espace de travail.

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Il attrapa tout ce qui ne lui appartenait pas et le balança sans façon sur le bureau qui était autrefois celui de son second. Il vida ensuite les tiroirs de tout ce qui ne lui appartenait pas, en jeta une partie directement à la poubelle avant de lancer le reste sur le bureau de l'italien.

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Il reprit ensuite possession de son espace, vida le carton resté derrière son bureau et qui contenait ses propres affaires, satisfait que DiNozzo n'ait pas songé à tout jeter. Il soupira, il était peut-être injuste envers son second de penser qu'il aurait pu mettre à la poubelle ce qui ne lui appartenait pas. Il chassa bien vite cette pensée, il prêtait sans doute à son bras droit des vertus qu'il n'avait pas.

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Il passa une demi-heure à tout ranger selon son désir puis alluma son ordinateur. Il ouvrit sa messagerie pour s'apercevoir bien vite que des milliers de mails l'encombraient. Il soupira, il lui fallait définitivement un bon remontant et un café bien noir était de bonne augure. Il se leva, se dirigea vers l'ascenseur qu'il appela. Sentant un regard posé sur lui, il tourna la tête pour voir le directeur-adjoint qui l'observait depuis la passerelle. Il ne déchiffra pas ses pensées mais il savait qu'il préférait ne pas les connaître pour l'instant.

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Il monta dans la cabine qui venait de s'ouvrir et sélectionna le bouton du rez-de-chaussée. La cabine descendit, il en sortit et prit la direction du café qui avait sa préférence. Il avait parcouru la distance qui l'en séparait lorsque son instinct lui souffla de se retourner. Il capta ainsi l'arrivée des véhicules d'Abby, de McGee et de Ziva qui se suivaient. Il patienta quelques minutes, DiNozzo devait les talonner et il souhaitait l'apercevoir avant leur rencontre.

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Il resta planté là durant presque dix minutes sans que l'italien ne fasse son apparition. Il fronça les sourcils et son exaspération monta d'un cran. En tant que chef d'équipe, il appartenait à DiNozzo d'être présent avant ses subordonnés. N'avait-il donc rien appris durant toutes ses années sous ses ordres ? Il allait devoir lui rappeler certaines règles concernant les responsabilités d'un chef d'équipe, c'était certain. Ou du moins d'un second puisque le poste venait de changer de main.

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Il fit demi-tour puis termina les quelques centaines mètres qui le séparaient de son but. Il poussa la porte de l'établissement et y pénétra laissant le battant se refermer. Aussitôt, son regard fit le tour de la pièce et s'arrêta soudain. DiNozzo était là, attendant sans aucun doute que la serveuse lui apporte sa commande. Elle arriva dans les secondes suivantes, un porte-tasses entre les mains qu'elle lui tendit en souriant.

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Gibbs imaginait le large sourire que l'italien devait lui rendre avant de s'emparer du plateau. Il s'écarta du chemin que son second devait prendre pour sortir, se plaqua derrière les clients pour tenter de passer inaperçu. Tony se dirigea vers la porte qu'il ouvrit d'une main avant de relever la tête et d'attendre.

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« Gibbs » interpella-t-il l'ancien Marine. « Le café va refroidir si tu ne te dépêches pas. »

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Surpris, Gibbs s'écarta de la file et rejoignit son second sans plus attendre. Il détailla l'homme d'un regard avant de le suivre à l'extérieur.

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« Comment… » tenta-t-il avant d'être coupé sans cérémonie.

« Si tu veux passer inaperçu, évite de te placer devant une surface réfléchissante » annonça Tony d'un ton moqueur avant de partir à grandes enjambées sans plus se préoccuper de lui.

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Ce ne fut qu'une fois arrivé dans l'entrée de l'immeuble qu'il se rendit compte qu'il n'avait pas acheté son café. Il soupira lourdement, il avait besoin de sa caféine avant d'affronter ses agents. Il allait faire demi-tour lorsque l'italien l'apostropha à nouveau.

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« Alors, Gibbs, tu comptes prendre racine là toute la journée ou tu te décides à nous rejoindre, le café n'attendra pas, lui » dit-il en levant le plateau lui indiquant qu'un gobelet était pour lui.

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Gibbs fronça les sourcils. Comment DiNozzo pouvait-il savoir qu'il serait là ce matin ? Il n'avait pas encore annoncé son retour à quiconque au NCIS, à part le directeur par intérim bien sûr. Il s'empressa de franchir les quelques mètres qui le séparaient de l'ascenseur que Tony retenait pour eux. Il pénétra dans la cabine, Tony le suivit et sélectionna le bouton de leur étage. Les deux hommes se tenaient de chaque côté de la cabine mais Tony ne lui jeta pas un regard. Il lui tournait carrément le dos.

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Et son attitude était déroutante, Gibbs ne savait dire s'il était content de le revoir ou pas. Il lui avait parlé courtoisement mais son ton n'avait pas montré la chaleur habituelle qui lui était réservé. Aucune référence cinématographique n'avait passé ses lèvres, aucune blague non plus d'ailleurs. Il semblait que DiNozzo soit devenu un étranger pour lui, il n'était plus celui dont il se souvenait à grand peine. Comment l'homme avait-il pu changer à ce point en l'espace de quelques mois ?

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Les portes s'ouvrirent et l'italien rejoignit leur espace et stoppa net sans avertissement. Gibbs buta dans son dos mais Tony ne sembla pas le remarquer. Il était figé comme une statue, planté fermement dans le sol. Quelques secondes plus tard, il reprit contenance et se dirigea vers le bureau de McGee sur lequel il déposa un gobelet. Il répéta l'opération pour le bureau de Ziva, puis le sien. Enfin, il déposa le dernier sur le bureau de Gibbs et l'arôme qu'il dégageait allécha l'ancien Marine. Il reconnaissait l'odeur de son breuvage favori. Donc le café était pour lui. Mais comment diable…

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« Tu aurais pu attendre mon arrivée avant de procéder au nettoyage de ton bureau, Gibbs » remarqua calmement Tony en se tournant finalement vers lui. « Une heure de plus nous aurait permis de transférer à nouveau nos affaires sans mettre toute cette pagaille. »

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Cette absence de colère stupéfia l'ancien Marine, l'italien se comportait comme si c'était la chose la plus naturelle qui se produisait ce matin-là.

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« Je voulais reprendre possession de mon bureau sans tarder » fut tout ce que Gibbs put trouver comme excuse.

« Je vois » dit simplement Tony en faisant le tour de son bureau et en commençant à classer les dossiers éparpillés dessus.

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Il travailla ainsi durant une bonne demi-heure avant que Ziva et McGee ne daignent faire leur apparition après être restés Dieu sait où depuis leur arrivée. Il était plus de 8 heures et Tony ne fit aucune réflexion. Gibbs fronça à nouveau les sourcils, il était perplexe. Les deux jeunes agents stoppèrent net en apercevant l'ancien Marine. Puis revenus de leur stupeur, ils s'empressèrent de le gratifier d'un accueil exubérant.

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Et sur une impulsion venue il ne savait d'où, Gibbs se leva et s'avança vers les deux jeunes gens. Il enveloppa le jeune informaticien dans une brève étreinte qui figea McGee un instant avant qu'il ne la rende. Puis l'ancien Marine se dégagea et ouvrit les bras où Ziva vint se réfugier en l'étreignant très fort tout en réprimant un sanglot. Il déposa un baiser sur sa joue à la satisfaction de la jeune femme si son expression en attestait.

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Cinq minutes plus tard, les trois protagonistes se tenaient face à face, embarrassés de s'être ainsi laissé guider par leurs émotions. Gibbs maudissait son geste et McGee et David étaient tout aussi perplexes de leur réaction. Il jeta un bref coup d'œil à son second qui était plongé dans un dossier. Avait-il regardé les retrouvailles ? Quand avait-il pensé ? Pourquoi avait-il envie de savoir ?

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Finalement, l'ancien Marine soupira puis regagna son bureau.

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« Gibbs, vous êtes revenu » lança finalement l'israélienne d'une voix joyeuse pur rompre leur gêne. « Je suis si heureuse que vous soyez là, nous allons pouvoir travailler sérieusement désormais. »

« Boss ! » fit McGee plus prudent. « Heureux de vous revoir parmi nous, également. »

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Puis tous deux gagnèrent leur bureau, heureux de revoir leur patron. Aucun d'eux ne prit la peine de remercier pour les cafés qu'ils jetèrent sans cérémonie dans leur poubelle respective, ni de saluer l'italien qui ne releva pas le nez du dossier qu'il consultait. Ce ne fut que quelques minutes plus tard qu'il se leva.

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« McGee, je m'absente quelques minutes. Récupère tes affaires avant mon retour, je te prie » déclara-t-il poliment.

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Il ne regarda aucun de ses collègues tandis qu'il faisait son chemin vers l'ascenseur. Ziva et McGee se lancèrent un regard de connivence. Aussitôt que la cabine ferma ses portes, les deux jeunes gens se précipitèrent vers le bureau de Gibbs et attaquèrent de suite.

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« Vous revenez définitivement, Gibbs, n'est-ce pas ? » s'enquit immédiatement la brune.

« Oui, dites-nous que vous êtes de retour pour de bon cette fois » répliqua l'informaticien dans la foulée.

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Gibbs les regarda l'un après l'autre réfléchissant à ses prochaines paroles.

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« Pourquoi ? » demanda-t-il simplement.

« On en a assez de son attitude, il joue à être vous et c'est énervant » jeta Ziva d'une voix exaspérée. « Et ses feux de camp ridicules, j'en ai plus qu'assez. »

« Il n'est pas vous mais il se prend pour vous et c'est vraiment plus que je ne peux supporter » enchaina McGee reprenant presque la déclaration de l'israélienne. « Il est devenu si sérieux que c'en est risible, il a arrêté de dire des blagues ou de faire ses remarques ciné, il se comporte comme s'il était… je ne sais pas comment le dire. »

« Il pense vraiment être un chef d'équipe alors que nous savons qu'il ne peut pas assumer la fonction » affirma Ziva avec conviction. « Nous savions que vous reviendriez mais il se comportait comme si vous étiez parti définitivement et qu'il était désormais le patron. Il nous donnait des ordres comme s'il… »

« Ça suffit » coupa abruptement Gibbs. « Si vous avez des remarques à formuler, le bureau du directeur est juste en haut des marches. McGee, Tony vous a demandé de faire quelque chose, il serait préférable de vous y atteler. Quant à vous, Ziva, je suis certain que vous trouverez bien une occupation valable, un rapport à terminer sans doute » ironisa-t-il.

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Il était choqué puis fut écœuré. Ils étaient là depuis à peine quelques minutes et ils déversaient leurs doléances comme si Gibbs allait les écouter et quoi… les féliciter pour vouloir ardemment son retour, lui faire comprendre qu'ils désiraient le voir rester pour de bon et que Tony soit évincé. Il allait devoir mener une petite enquête avant de confronter ses subordonnés. Il n'avait pas toutes les cartes en main et il était dans l'impossibilité de contredire l'un ou l'autre.

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Il se passa une main sur le visage, la lassitude commençait déjà à le gagner. Etait-il donc si faible qu'il voulait que tout se passe sans conflit et sans heurt. La journée risquait d'être longue si ces deux-là agissaient comme ça devant DiNozzo et qu'ils lui faisaient bien sentir qu'il était désormais redescendu d'un échelon. Et Gibbs, voyant leurs mimiques, ne doutait pas qu'ils se feraient un plaisir de l'asticoter un peu.

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Il regarda McGee collecter ses affaires rapidement avant de travailler quelques minutes sur l'ordinateur de DiNozzo, sans doute pour lui ôter les paramètres personnels qu'il avait dû y installer. Le jeune informaticien échangea ensuite un rapide regard avec Ziva par-dessus l'écran avant de regagner son ancien bureau. Il prit un carton dont il se servit pour transférer les affaires de l'Agent Lee, supposa Gibbs, avant de le déposer dans un coin.

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Il restait donc encore un membre de l'équipe à accueillir avant de la renvoyer dans son ancien poste, il allait devoir le lui annoncer et il espérait qu'elle prendrait la nouvelle avec calme. Il entendit des pas et du coin de l'œil vit son second s'installer à nouveau à son bureau. Tony examina les tiroirs désormais vides et y répartit les affaires que Gibbs avait déposées sans cérémonie un peu plus tôt sur le bureau. Ceci fait, il se plongea dans un dossier avant de se mettre à taper.

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« DiNozzo, qu'est-ce que tu fais ? » voulut savoir l'ancien Marine.

« Mon rapport sur notre dernière enquête, Gibbs » répondit simplement Tony sans lever les yeux.

« N'est-il pas censé être rédigé depuis longtemps ? » s'étonna-t-il. « McGee et Ziva ont déjà déposé les leurs. »

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Alors se produisit quelque chose qu'aucun des autres agents n'aurait pensé voir arriver. Tony se leva, s'empara de deux dossiers qu'il vint laisser tomber sur le bureau de Gibbs.

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« Si ça te dit de les approuver, ne te gêne pas. Je ne les ai pas encore corrigés, j'étais plutôt occupé ces derniers temps. »

« Occupé ? Occupé à quoi exactement ? » s'enquit son supérieur.

« Pas tes affaires, Gibbs » répondit laconiquement Tony avant de retourner à son bureau et reprendre sa frappe.

« DiNozzo, je suis le patron désormais et j'exige une réponse à ma question et tout de suite » gronda l'ancien Marine, excédé de ne pouvoir comprendre.

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Tony soupira, leva la tête et regarda son chef.

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« Dans la mesure où tu n'as repris tes fonctions que ce jour, tout ce qui s'est passé durant ces six derniers mois ne te concerne pas » énonça-t-il d'un ton mesuré. « Ce que j'ai fait n'est pas de ton ressort et il est inutile de questionner ces deux-là, ils ne savent rien, ils n'étaient pas autorisés à savoir ou ils étaient aux abonnés absents. »

« Comment peux-tu prétendre diriger une équipe si tu leur caches tes activités, DiNozzo ? » ironisa-t-il, frustré.

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Et les derniers mots de son second l'intriguaient encore plus. Qu'est ce qui motivait cette remarque sibylline ? Voulait-il sous-entendre que McGee et David s'étaient souvent absentés ? Sans doute pour de bonnes raisons, il n'envisageait pas qu'ils aient abandonné leur travail ou soient devenus laxistes. C'était tout simplement impensable !

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Il réussit à capter la réponse que l'italien lui fit après une courte hésitation et Gibbs se réjouit de l'avoir fait sans faire voir qu'il avait d'autres pensées en tête.

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« Sans doute parce que le mot 'équipe' était un peu trop surfait pour notre groupe après ton départ » indiqua Tony qui releva la tête et esquissa un sourire ironique.

« Qu'est-ce que tu entends par là exactement ? » voulut savoir l'ancien Marine qui comprit que l'italien n'était pas dupe de son subterfuge précédent.

« Rien de plus que ce que j'ai dit. Je ne dirais rien d'autre, je ne voudrais pas qu'une nouvelle plainte soit déposée sur le bureau du Directeur dans l'heure qui suit. Maintenant, si tu le permets, j'ai un rapport à terminer. »

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Et sur ce, son bras droit se replongea dans ses notes et continua à taper sans plus se préoccuper des regards échangés entre ses collègues. Gibbs serra les mâchoires en se disant que, décidément quelque chose n'était pas clair. Il avait bien vu les coups d'œil entre Ziva et Tim au mot 'plainte' et le bleu avait rougi tandis que l'israélienne était visiblement en colère. Il allait devoir approfondir le sujet et résoudre ce problème.

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Il aurait dû comprendre que la dynamique entre ses subordonnés avait changé lorsqu'il les avait vus jeter le café déposé sur leur bureau. Et ce n'était pas le fait qu'ils étaient froids qui expliquait leur geste, la salle de repos disposait d'un micro-ondes où ils pouvaient être réchauffés. Non, il semblait que le malaise était plus profond et il décida de prendre quelques jours pour observer avant de statuer définitivement sur la solution à apporter.

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C'est à ce moment-là que l'Agent Lee fit son apparition et stoppa net devant le bureau de Tony lorsqu'elle aperçut Gibbs. Elle se tourna aussitôt vers l'italien et l'appela doucement.

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« Agent DiNozzo ? »

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Tony leva la tête et lui sourit avant de se lever et de s'emparer du carton que McGee avait rempli des affaires de la jeune femme. Il lui fit ensuite signe de le suivre et il l'emmena plus loin vers des bureaux inoccupés. Les trois agents regardèrent le couple discuter durant plusieurs minutes avant de voir Lee serrer la main de l'italien qui, galamment l'accompagna jusqu'à l'ascenseur en lui portant son carton. Une fois Lee entrée dans la cabine et les portes refermées, Tony demeura là une minute avant de regagner sa place toujours sans un mot.

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« Ah, enfin débarrassé » maugréa McGee suffisamment fort pour que l'italien capte le commentaire.

« Au moins, elle est en vie » dit Tony. « Elle ne risque plus de recevoir une balle par inadvertance, n'est-ce pas, le bleu » ajouta-t-il, la colère discernable dans son ton.

« Ce n'était pas ma faute » s'exclama McGee. « Combien de fois dois-je te le dire, DiNozzo ? Et je ne suis plus un bleu, dois-je également te le rappeler ? »

« Jusqu'à ce que j'en sois persuadé sans doute, Agent Le Bleu. »

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Sur ce, il se leva et alla récupérer les feuilles que l'imprimante venait de sortir. Il les assembla dans son dossier, relut une dernière fois l'ensemble, classa toutes les pièces jointes et referma la chemise. Puis, il se releva, contourna son bureau et prit la direction du bureau du directeur.

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« DiNozzo, où vas-tu avec ce dossier ? » lança Gibbs avant qu'il n'atteigne les marches.

« Remettre mon rapport à mon supérieur, quelle question » dit-il avec un brin de rébellion.

« Je suis ton supérieur ; alors, ce rapport, tu me l'apportes » ordonna l'ancien Marine.

« Désolé, Gibbs mais cette affaire a été résolue avant ton retour, tu ne la connais pas et tu n'y as pas participé. Donc, selon moi, aucune raison de lire ce rapport. Sur ce, excuse-moi. »

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Les derniers mots à peine prononcés, Tony s'élança vivement dans l'escalier avant que Gibbs ne l'arrête une nouvelle fois. Gibbs fronça les sourcils et le regarda gravir les marches deux à deux, admirant au passage la performance et le jeu des muscles. Il secoua la tête bien vite en se rendant compte de ses pensées.

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Il se décida ensuite à compulser les deux dossiers que son second lui avait remis un peu plus tôt. Il se rendit bien vite compte que ses deux subordonnés avaient bâclé leur travail, les fautes de syntaxe et de vocabulaire de Ziva étaient nombreuses et il manquait visiblement le détail qui figurait auparavant dans ses rapports. Celui de McGee ne comportait plus le jargon informatique des précédents ('ce qui n'était pas un mal, selon lui) mais, comme celui de Ziva, il se contentait de donner le minimum d'informations.

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Il réfléchit quelques minutes. Comment pouvait-il y avoir autant de différences entre leurs rapports actuels et les anciens ? DiNozzo était-il donc si peu professionnel qu'il se contentait de ces pseudos rapports ? Ou y avait-il autre chose qui expliquait ce laxisme ? Et celui que l'italien avait en mains quelques minutes plus tôt était nettement plus épais. Encore une question dont il allait devoir trouver la réponse… et vite s'il voulait que son équipe soit opérationnelle à 100% comme avant son départ.

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DiNozzo redescendit deux bonnes heures plus tard et, sans informer Gibbs, il récupéra ses affaires et s'en fut sous le regard ébahi de McGee et David qui se tournèrent aussitôt vers leur patron pour voir sa réaction. Lorsque ce dernier ne montra aucun signe de colère ou autre, ils reprirent leurs activités tandis que l'israélienne pestait en hébreu et que McGee tapait furieusement sur ses touches en marmonnant des mots incompréhensibles.

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Ils n'avaient visiblement pas noté que l'ancien Marine avait reçu un e-mail de la part de Vance lui expliquant qu'il accordait à Tony les prochains jours de repos dans la mesure où il avait travaillé les deux dernières semaines sans discontinuer. Il indiquait également que ses deux autres agents avaient normalement profité de leurs week-ends et qu'ils étaient donc tenus d'être présents.

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Gibbs spéculait sur tout ce qui s'était déroulé depuis ce matin, sur tous les propos échangés. Il allait devoir faire une petite enquête pour connaître les tenants et aboutissants des relations qui régnaient désormais parmi son équipe. Il était conscient qu'une tension existait, qui ne l'aurait pas remarqué… ! Mais il lui fallait toutes les cartes en main avant d'abattre son jeu. Il ne souhaitait pas envenimer plus la situation en lançant des accusations erronées.

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Et lui qui pensait discuter avec son second doutait maintenant de le faire. Le fait que DiNozzo ne le gratifie plus de son habituel surnom 'patron' mais simplement 'Gibbs' était un indice qui lui permettait de comprendre que leur relation n'était plus celle qu'elle avait été. Comment devrait-il se comporter avec lui ? En calquant son attitude sur la sienne pour le moment serait sans doute un bon départ.

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Puis soudain, il se figea en réalisant que son accueil de bienvenue avec ses deux subordonnés juniors avait dû paraître bien plus amical que celui qu'il avait eu avec son second. En fait, il n'avait eu aucun mot gentil lors de leur rencontre au café entre lui et Tony. Il avait d'emblée marqué une très nette différence entre son bras droit et ses deux autres agents. De quoi mettre une certaine distance entre lui et l'italien, une distance qui ne serait pas facile à combler, ni même à effacer.

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Que lui était-il donc passé par la tête pour ainsi se comporter vis-à-vis des deux jeunes gens ? Il n'avait même pas salué courtoisement Tony, pas un seul mot, ni un bonjour n'avait franchi ses lèvres. Et les quelques propos échangés ensuite n'avaient pas été les plus amicaux non plus. Quelques phrases qui risquaient fortement d'endommager encore plus sa relation avec son agent senior.

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Que cette situation était plus compliquée qu'il ne l'avait crue !

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Comment se sortir de ce merdier ? Il l'ignorait mais il allait lui falloir trouver rapidement une solution s'il voulait que les choses reprennent leur cours normal, celui qui présidait avant son accident. Il n'était pas certain de parvenir à retrouver l'ambiance qui régnait alors au sein de l'équipe. Il doutait même de jamais la retrouver. Trop de choses semblaient avoir pris place durant son absence.

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Il soupira, se passa les mains sur le visage, tenta de soulager la douleur de son cou avant de se lever.

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« Café » dit-il simplement en se dirigeant vers l'ascenseur.

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Ni McGee, ni Ziva ne dirent quoi que ce soit et se contentèrent juste de le regarder partir.

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Le prochain chapitre sera posté lundi ou mardi au plus tard

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La première avance bien, quelques chapitres sont déjà rédigés

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A bientôt

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Chtimi