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J'ignore si je fais peur ou non mais je suis déçue de ne pas compter plus de coms. Je n'ai aucune intention de jeter la flamme à quiconque laisse un com à moins qu'il soit irrespectueux, haineux ou insultant auquel cas je me permettrais de faire une réponse par message privé.

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Mais bien au contraire, je suis heureuse de lire vos opinions. Aucun auteur ne peut avoir 100% de lecteurs satisfaits mais que ceux qui apprécient nos efforts et nos écrits nous le fassent savoir. C'est encourageant et réconfortant de se dire que l'on ne passe pas autant de temps à trouver une histoire qui puisse plaire et à la coucher sur papier pour rien finalement.

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Alors ne soyez pas timide et laissez un petit mot. Je les lis et ils m'inspirent parfois pour modifier un détail que vous avez pointé. Donc n'hésitez pas.

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En attendant, voici le chapitre suivant. Bonne lecture.

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Chapitre 3 : Dissension collégiale

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Avant de statuer sur le comportement de ses agents, Gibbs décida qu'il observerait leurs attitudes pendant une semaine ou deux durant leurs prochaines enquêtes. Et il ne tarda pas à mettre son plan à exécution dès le lundi suivant dans la mesure où DiNozzo serait de retour de son congé improvisé et que son équipe serait donc au complet.

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La première constatation fut de s'apercevoir que DiNozzo était arrivé avant lui et pourtant, il était à peine 7 heures lorsqu'il franchit les portes du building. L'homme avait-il encore dormi sur place ? Il ne se risqua pas à poser la question et attendit patiemment que les deux autres agents arrivent, ce qu'ils firent vers 8 heures sans s'excuser de leur retard.

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Après des salutations sèches à l'adresse de Tony et plus cordiales envers lui, ils prirent leur place. Là encore, Gibbs ne dit rien et simplement pris note. Durant l'heure suivante, chacun s'affaira à mettre en ordre son bureau ou ses papiers, McGee pianota sur son clavier.

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Lorsque le téléphone sonna sur le bureau de l'italien, toutes les têtes se tournèrent vers lui. Il décrocha, écouta un instant avant de demander que l'appel soit redirigé vers l'Agent Gibbs. La réponse fut courte, courtoise et simple, il n'était plus le chef d'équipe. Il raccrocha et sauvegarda son travail avant de se lever et de se saisir de son arme qu'il glissa dans son holster de hanche et de saisir son sac à dos. Il se releva et attendit les instructions de Gibbs sans rien dire et sans regarder quiconque.

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L'ancien Marine décrocha son téléphone à la première sonnerie, s'annonça brièvement à sa façon habituelle et écouta le message du standard, remercia et raccrocha. Il lança ses ordres tout en s'emparant de son arme et de son manteau.

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« McGee, voiture ; Ziva, informez Ducky ; DiNozzo ! » aboya-t-il avant de se diriger vers l'ascenseur.

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Et les trois agents s'engouffrèrent dans la cabine sans attendre l'italien laissant les portes se refermer. Tony soupira et sentant un regard posé sur lui, leva la tête pour rencontrer celui du directeur-adjoint Vance qui avait assisté à la scène. Il fut étonné de voir l'homme lui faire un signe de tête et lui adresser un sourire avant de tourner les talons. L'italien se dépêcha de prendre les escaliers qu'il descendit le plus vite possible. Il ne voulait pas rater le départ de l'équipe même s'il n'était pas le bienvenu.

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Il arriva au garage et remarqua aussitôt que l'israélienne avait pris la place passager avant, sans doute dans la perspective de le rendre jaloux. Tony secoua la tête, s'avança vers Ducky à qui il demanda l'adresse de la scène de crime. Il se dirigea ensuite vers une autre voiture dans laquelle il s'installa. Gibbs ne perdit pas de temps pour le héler et lui intimer l'ordre de les rejoindre. L'italien fit la sourde oreille et démarra sous les yeux ébahis de McGee et le regard coléreux de Ziva qui pensait le remettre à sa place.

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Et lorsque Gibbs et le camion de Ducky arrivèrent ensemble, tous constatèrent incrédules que l'italien était déjà arrivé et discutait avec les policiers présents. Gibbs fonça aussitôt avant de stopper lorsque Ducky le héla.

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« Agent Gibbs, réfléchissez avant de foncer, ce ne sera que tout bénéfice pour l'agence » déclara-t-il sobrement avant de rejoindre le corps qui l'attendait.

« Comment peut-il déjà être là ? Il est parti à peine une minute avant nous » s'exclama Tim.

« Il a brûlé les feux, c'est certain » affirma Ziva en ricanant.

« Cessez tout de suite, tous les deux ou vous rentrerez par vos propres moyens, c'est compris » les avertit Gibbs plus que mécontent.

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Chacun gagna ensuite la scène de crime et s'appliqua à faire son travail avant de recevoir une nouvelle réprimande. Gibbs s'approcha du policier qui discutait toujours avec DiNozzo et écouta avant de faire un geste ou dire une parole.

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« Officier Denham, je vais laisser mon patron, l'Agent Gibbs, prendre le relais » dit-il soudain en désignant l'ancien Marine d'un geste de la main. « Je vous remercie pour les infos. A plus. »

« A une prochaine, Agent DiNozzo et merci pour le renseignement » répondit poliment Denham en souriant.

« De rien, c'était un plaisir d'aider un collègue. A charge de revanche. »

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Et sur ses derniers mots, l'italien s'éloigna et commença à prendre croquis et mesures sous le regard perplexe du policier et le visage fermé de Gibbs. Après avoir posé quelques questions à l'officier, l'ancien Marine le congédia et se dirigea lui aussi vers la scène. Il stoppa quelques mètres avant d'y parvenir et étudia attentivement le travail de ses subordonnés.

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Si McGee et David jetaient de constants coups d'œil vers l'italien, celui-ci faisait son travail sans s'occuper d'eux. Il discuta un instant avec Ducky tout en lui montrant quelque chose avant de reprendre sa tâche sans paraître remarquer les fréquents coups d'œil qui lui étaient lancés.

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Ou il sait mais a choisi d'ignorer serait sans doute plus vraisemblable dans la mesure où DiNozzo est très observateur même lorsqu'il semble donner le change se rappela soudain Gibbs en un bref éclair.

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L'agent senior fronça alors les sourcils, il manquait quelque chose à ce tableau, quelque chose qu'il avait oublié, un détail qui normalement aurait dû être présent et qui concernait son second. Il secoua la tête, il pourrait toujours interroger l'un ou l'autre pour se rafraîchir la mémoire.

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Il rejoignit le légiste et presque sans effort, il débuta ses questions pour connaître l'heure et les causes du décès. Après les préliminaires, le légiste autorisa son assistant à emballer le corps et les deux hommes le déposèrent sur le charriot.

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Tandis que le jeune légiste s'efforçait de le faire rouler malgré les difficultés dues au terrain, il se tint auprès du médecin et regarda sans rien dire. Il espérait que l'italien lance une plaisanterie quelconque à l'adresse du jeune homme mais au lieu de ça, il s'avança et entreprit de l'aider à transporter le corps dans le camion.

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« Bon sang, qu'est ce qui se passe ici, à la fin ? » gronda Gibbs qui ne comprenait plus rien. « DiNozzo est malade, il n'est plus lui-même » ajouta-t-il dans l'espoir d'obtenir une explication sans avoir l'air de la demander.

« Ce n'est pas parce que notre Anthony est serviable, qu'il ne plaisante plus et qu'il fait son travail correctement qu'il est malade, Agent Gibbs » déclara le légiste. « Il est sérieux et concentré, attentif et prévenant, des qualités qu'il laisse enfin transparaître. Il était temps qu'il s'émancipe de votre tutelle et j'espère, pour sa santé, qu'il ne changera pas. Sur ce, je retourne au NCIS. »

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Il ramassa sa sacoche, se remit sur pied et fit quelques pas avant de se retourner vers Gibbs. Il avait bien saisi la raison des propos de l'ancien Marine et il allait le lui faire comprendre.

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« Au fait, il suffisait de poser la question, Agent Gibbs et je vous aurai répondu malgré tout » dit-il en esquissant un sourire ironique. « Votre mémoire a encore des ratés, c'est compréhensible vu les circonstances mais il serait préférable de mettre votre fierté de côté et de demander plutôt que de spéculer. Des vies peuvent dépendre de vos hésitations. »

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Sans laisser à Gibbs le temps de poser une question, il s'éclipsa le plus vite que ses jambes le permettaient. Il n'avait cependant pas à craindre d'être retenu, les paroles du médecin avaient cloué l'ancien Marine sur place, il ne s'attendait certes pas à entendre de tels compliments dans la bouche de son vieil ami à propos de son second, ni de telles remarques sur son comportement.

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Finalement, le reste de l'équipe rejoignit l'agence plus d'une heure plus tard après avoir passé l'endroit au peigne fin. Les maigres indices collectés furent apportés à Abby par le bleu parce que Tony n'avait aucune envie de se coltiner l'attitude ouvertement hostile de la gothique, pas ce jour-là en tout cas, même s'il l'avait supporté durant ces derniers mois du mieux qu'il avait pu. Il regagna son bureau et se mit aussitôt au travail, trouver quelques infos sur la victime, sa famille et ses amis, enfin tout ce que Gibbs lui demandait généralement.

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Il laissa les deux autres agents libres de faire ce que l'agent en charge voulait bien leur ordonner de faire après tout, l'italien était son second et n'avait pas besoin des directives de son patron pour commencer ses recherches. Il farfouilla un instant avant de trouver le dossier du Lieutenant Nathan Redford, basé à Norfolk et qui était en permission depuis plusieurs jours. Il afficha le dossier sur l'écran plasma sans un mot et laissa Gibbs le consulter sans rien dire.

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Il continua à farfouiller et lorsque McGee remonta enfin du labo d'Abby, il leva un sourcil lorsqu'il jeta un œil sur l'écran. Il croisa le regard de Ziva qui lui indiqua l'italien d'un geste de la tête et aussitôt, McGee sourit malicieusement. Il allait river son clou à son ancien chef.

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« Je vois que tu as enfin retenu quelque chose d'utile sur mes cours, DiNozzo » dit-il en faisant un geste vers l'écran. « Jamais cru que tu serais capable de le faire. »

« L'incapable a quelques tours dans son sac, Agent McGee dont vous ne soupçonnez nullement l'importance et c'est tant mieux » lui répondit Tony d'un ton égal et sans lever les yeux de son travail. « Continuez donc à me sous-estimer, je n'ai que faire de votre opinion ou de celle de votre fidèle complice. Oh et à propos, pour votre parfaite information, ce ne sont pas vos quelques maigres explications qui m'ont permis de faire mon travail, vous n'êtes pas suffisamment bon professeur pour ça » ajouta Tony sans se préoccuper d'embarrasser l'informaticien. « Et je faisais déjà tout ça bien avant votre arrivée parce que ce n'était pas Gibbs qui s'en chargeait, n'est-ce pas ! »

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McGee rougit violemment sous l'insulte déguisée et allait répliquer vertement d'après son langage corporel et Gibbs choisit de prendre les devants afin d'éviter un conflit ouvert.

« McGee, trouvez-moi tout ce qui concerne ses comptes bancaires et tout ce que vous pouvez sur lui » ordonna Gibbs en dirigeant un regard sévère vers le jeune agent.

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Instantanément, l'informaticien comprit que Gibbs lui commandait implicitement de faire son boulot et de laisser DiNozzo tranquille. McGee soupira et entreprit de se mettre au travail. Il échangea encore un regard avec Ziva qui lui sourit en signe de connivence avant de reporter son attention sur son propre travail. Gibbs regarda successivement chacun de ses agents durant quelques minutes, la tension était palpable mais il ne dirait rien, il voulait quelques jours de plus pour se faire sa propre opinion.

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Durant le reste de la journée, chacun fit part à intervalle régulier de ses découvertes ou de l'échec de nouvelles infos. Gibbs navigua entre le labo et la morgue avant de finir par renvoyer ses agents chez eux à une heure décente, soit vers 19 heures. McGee et Ziva ne se firent pas prier pour disparaître aussitôt tandis que Tony continua tranquillement à travailler. Gibbs fronça les sourcils mais ne dit rien. Il resta encore un peu avant de se lever et de décider de rentrer lui aussi. Il passa devant le bureau de l'italien avant de stopper et de se tourner vers lui.

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« Que cherches-tu à prouver en restant, DiNozzo ? » demanda-t-il curieux et étonné.

« J'attends un appel concernant notre enquête » fut tout ce que Tony lui donna comme raison.

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Gibbs attendit un peu, histoire de voir si Tony allait élaborer sa réponse et lorsqu'il constata que rien ne venait, il soupira et ne put s'empêcher de faire une remarque.

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« Fais comme tu veux mais sois ici à l'heure demain matin, comme tout le monde. »

« N'ayez crainte, Agent Gibbs, vous me trouverez à mon poste en temps et heure. Je ne saurais confirmer que vos deux autres agents seront là aussi. Mais comme vous êtes de nouveau leur chef, je suis certain qu'ils seront plus ponctuels désormais » ironisa Tony sans regarder une seule fois son chef.

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Gibbs le regarda, perplexe et frustré. Il obtenait toujours des réponses tronquées ou ambigües de la part de ses interlocuteurs et ça commençait vraiment à l'exaspérer. Il savait pourtant qu'il était inutile de pousser l'italien qui ne lui dirait rien de plus s'il tentait de le forcer. Aussi, il prit sur lui de partir sans rien ajouter, même pas un au-revoir.

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Finalement, au vu des quelques conversations qu'il avait eues avec différents membres de l'agence et à sa décision d'observer son équipe, il avait décidé de surseoir à son envie de questionner l'italien pour obtenir les réponses qu'il cherchait encore parfois désespérément. Et l'attitude actuelle de son second ne l'engageait pas à la modifier, du moins dans les prochains jours avant de s'être fait sa propre opinion sur les relations qui régissaient désormais ses agents.

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Tony entendit l'ascenseur s'ouvrit et se fermer et poussa un soupir de soulagement, il allait pourvoir respirer normalement maintenant.

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Il travailla encore durant deux bonnes heures, tapa ses notes, joignit tous les éléments qu'il avait découvert dans une chemise et la classa dans son bureau. Il laisserait ses collègues suer un peu pour trouver ce qu'il venait de dénicher et ne ferait part de ses trouvailles que si l'affaire était en passe de devenir un dossier classé sans suite. Il savait qu'il prenait un risque mais en l'état actuel des choses, il s'en moquait un peu.

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S'il avait appris une chose durant l'absence de Gibbs, c'est que s'il faisait part trop tôt de ses recherches et des pistes possibles à suivre, ni l'informaticien, ni l'israélienne ne faisaient d'effort pour résoudre l'enquête comptant sur lui pour faire le travail à leurs places. Il savait que ce faisant, il risquait de retarder l'issue de l'enquête mais il ne pouvait plus supporter de faire tout le travail sans même être crédité d'un 'bon boulot'.

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Il laisserait donc ses collègues s'empêtrer dans leurs recherches avant de sortir les résultats qu'il avait dénichés sans l'aide de l'informaticien qui, décidément, se prenait désormais pour l'homme indispensable de l'équipe. Il avait envie de démontrer à Gibbs que McGee n'avait pas amélioré ses compétences durant son absence et si l'ancien Marine n'était pas capable de s'en rendre compte, eh bien, ce serait tant pis pour lui et pour son équipe.

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Tony réalisait qu'il serait sans aucun doute taxé de laxisme ou de tout autre chose que les deux autres agents seraient trop contents de lui trouver, il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir coupable mais il savait que Gibbs l'avait déjà fait également lorsqu'il avait rejoint l'équipe de l'ancien Marine. Gibbs l'avait laissé plusieurs fois pataugé avant de finir par lui dire qu'il avait quelques informations sur leur enquête.

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Ce ne serait pas une première pour l'homme que d'entendre que son élève avait décidé de copier ses méthodes, encore que l'italien se doutait qu'il se ferait moucher pour ça. Gibbs n'était pas connu pour supporter de se voir jeter en pleine figure que ses actions n'étaient pas si correctes après tout. Mais il prendrait le risque juste pour une fois de remettre ces deux idiots à leur place. Et si faisant, Gibbs jugeait bon de le virer ou de le faire transférer, il n'en mourrait pas vu les circonstances actuelles.

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Il était sur le point de quitter enfin les locaux lorsque le directeur-adjoint Vance descendit l'escalier, lui aussi prêt à rentrer chez lui.

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« Encore là, Agent DiNozzo ? » dit-il étonné. « Il m'avait semblé que le reste de votre équipe avait terminé la journée il y a quelques heures. »

« Oui, je terminais de vérifier certains détails, Directeur » expliqua simplement l'italien.

« Alors, vous partez ? »

« Oui, j'ai fini et je rentre » confirma Tony.

« Bien, vous m'accompagnez dans ce cas » déclara Vance en se dirigeant vers l'ascenseur.

« Ma voiture est au parking A, Directeur » précisa l'italien en le suivant, sachant que le directeur avait un emplacement privilégié.

« Oh, je sais, DiNozzo » objecta son supérieur. « Mais j'ai à vous parler. Ma femme souhaite vous avoir à diner vendredi soir prochain si vous n'avez pas d'autre engagement personnel, il va sans dire et si votre enquête en cours est terminée » dit Vance détaillant sa précédente remarque.

« Je ne voudrais pas déranger votre repas familial, Directeur » objecta aussitôt Tony un peu gêné de se voir inviter par l'homme à partager son intimité ne serait-ce que pour quelques heures.

« DiNozzo, si je vous fais cette proposition, c'est que je suis certain de vouloir votre présence » railla Vance en regardant l'italien qui lui sourit faiblement. « Ma femme a très envie de vous connaître après tous les propos tenus à votre sujet durant nos conversations. Soyez sûr que si vous déclinez sans raison, elle va m'envoyer illico vous chercher. Alors, autant nous épargner tous deux des ennuis en acceptant son invitation, d'accord. »

« Ok, j'accepte et vous remercie » finit par dire Tony. « Pouvez-vous me donner votre adresse, Monsieur ? »

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Vance sortit son portefeuille et en retira une carte de visite qu'il tendit à Tony. L'adresse personnelle du directeur-adjoint y était notée ainsi que le numéro de téléphone du domicile.

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« Vous êtes attendu vers 19 h, soyez à l'heure » recommanda le directeur en se dirigeant vers sa voiture personnelle. « Bonne soirée » salua-t-il son agent avant de s'engouffrer dans le véhicule.

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Tony le regarda partir, perplexe quant à l'invitation qu'il venait de recevoir avant de jeter un œil sur la carte qu'il tenait toujours notant l'adresse et pensa aussitôt que le quartier était résidentiel. Il finit par se reprendre, fit le chemin jusqu'à sa propre voiture, sortit du parking, fit quelques courses et rentra chez lui.

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Sa maison était désormais son refuge, un endroit vierge de toute intrusion de ses collègues. Il l'avait acheté peu de temps après avoir rejoint le NCIS, l'avait fait rénover pour la moderniser. Il avait loué un appartement le temps des travaux, un deux pièces que l'équipe pensait qu'il occupait toujours.

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La maison, de plein pied, était de belle taille et ne lui avait pas coûté une fortune étant donné l'état dans laquelle elle était vendue. Ce fut d'ailleurs tout aussi bien le prix que la possibilité de l'aménager à sa guise qui l'avait convaincu de l'acheter. Il avait voulu une demeure qui soit vraiment le reflet de ce qu'il voulait. Il avait fait abattre des cloisons ou en monter d'autres de manière à obtenir un espace relativement grand pour servir de salle principale avec un coin repas puis le salon avec sa cheminée.

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Il disposait également d'une chambre de maître avec salle de bains particulière, deux chambres d'amis, une salle de bains supplémentaire, un bureau, une pièce qui lui servait de salle de sports d'appoint, une cuisine de style américaine qui ouvrait sur la pièce principale avec un ilot central parce qu'il aimait discuter avec ses rares invités lorsqu'il cuisinait. Le tout était entouré d'un beau jardin avec une piscine modeste et une terrasse équipée d'un salon de jardin confortable et d'un barbecue en pierre.

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Il se félicitait de n'avoir jamais parlé de son acquisition, ni à Gibbs, ni à Abby. Il pouvait ainsi se relaxer chez lui, dans son foyer sans que de mauvais souvenirs ne viennent gâcher son plaisir. Les travaux avaient pris plus de temps que prévu mais il n'en avait cure, il passait si peu de temps loin du bureau que le fait d'attendre un délai plus long ne l'avait pas embêté. Et puis, il lui fallait être en possession d'un pécule pour les financer, il avait donc été relativement satisfait de l'arrangement qu'il avait avec les entreprises.

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Il gara la Mustang dans le grand garage auprès de la Ferrari GTE F70 grise dessinée par Angelo Granata et de la Jeep Wrangler noire qui s'y trouvaient déjà. Il n'avait jamais utilisé aucun de ces véhicules pour le boulot, il ne souhaitait pas la voir finir comme sa corvette, en miettes après un vol et une course poursuite qui s'était terminée par sa destruction totale. Il chérissait la Ferrari, sans doute parce qu'il l'avait restaurée lui-même après l'avoir découverte dans l'arrière-cour d'un ami où elle était vouée à finir à la casse parce que le moteur était endommagé et la carrosserie en piteux état.

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Tout en se dirigeant vers la cuisine qui donnait directement dans le garage, il repensa à l'invitation du directeur-adjoint Vance. Il ignorait que l'homme souhaitait le fréquenter en dehors du travail ; ces derniers temps, aucun membre de son équipe n'avait pris la peine de l'inviter à leurs réunions impromptues. Ils sortaient ensemble boire un verre, voir un film, diner et aucun n'avait jamais songé à l'inclure dans leurs soirées.

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Il avait rapidement compris que sa compagnie n'était pas désirée soit parce qu'il tentait d'imiter Gibbs, soit parce qu'il n'était pas Gibbs. Il ne savait plus quelle raison pouvait être la bonne dans la mesure où chacun l'avait accusé de vouloir imiter leur ancien chef, puis de ne pas lui ressembler assez. Il avait fini par tenter de diriger l'équipe selon son propre style et là non plus, rien n'avait semblé les satisfaire, ils continuaient de regretter l'ex Marine.

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Il se dirigea rapidement vers la chambre où il entreprit de se déshabiller et de ranger son costume avant de partir vers la salle de bains. Il termina de se dévêtir et prit une douche relaxante, grâce aux différents jets massants, qui lui fit du bien. Il ressortit, s'empara d'un drap de bain moelleux et chaud du chauffe-serviette électrique pour se sécher puis d'un peignoir tout aussi doux dans lequel il s'enveloppa.

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Il ressortit et se rendit dans la cuisine où il sortit du congélateur un plat qu'il avait cuisiné et mis là en prévision des soirs où il n'avait pas envie de se restaurer à l'extérieur. Il le mit à décongeler avant de le transférer dans une poêle pour le réchauffer et terminer de l'assaisonner avant de transférer sur une assiette, de prendre un couvert complet qu'il disposa sur un plateau et transporta dans le salon. Il déposa son fardeau sur la table dans la salle, il repartit se chercher un verre de vin et s'installa pour déguster son repas.

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Il tendit la main pour prendre la télécommande de la télévision et entreprit de trouver une chaine avec un programme intéressant et tomba sur un documentaire sur Pompéi qu'il choisit de regarder. Tout en mangeant et écoutant le commentaire, il réfléchissait et soudain stoppa net ce qu'il faisait pour émettre un petit rire aux pensées qu'il venait d'avoir.

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Que dirait ses si estimés collègues s'il voyait où Tony vivait ? Comment il vivait, ce qu'il faisait de ses soirées, ce qu'il regardait comme programme, ce qu'il mangeait ? Surement, ils penseraient que tout cet argent dont il prétendait ne pas être féru provenait de source douteuse. Ils songeraient qu'il avait dû accepter des pots de vin durant toutes ses années dans les forces de police, qu'il était un flic pourri ou, en dernier ressort, qu'il profitait de l'argent de 'Papa' puisqu'ils savaient désormais, grâce à cette chère fouineuse d'israélienne, que Senior était un homme d'affaires fortuné.

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Ils étaient tellement persuadés de le connaitre que de voir son environnement leur clouerait certainement le bec. Encore qu'il n'avait aucune intention de recevoir quiconque chez lui, mis à part Jimmy et sans doute Ducky un jour peut-être, encore qu'il remettait cette décision à plus tard en ce qui concernait le légiste. Si Ducky n'avait pas dénigré son travail, il n'avait définitivement pas été non plus un supporter actif pour lui.

De même, s'il se présentait au bureau au volant de sa Ferrari, McGee en aurait sans doute une attaque, lui qui se permettait de railler les goûts de Tony en matière de voiture. Et dans la mesure où celle-ci valait bien plus que celle de McGee puisqu'elle avait été éditée en un petit nombre d'exemplaires pour le monde entier, ce dernier serait encore plus furieux de constater que Tony en possédait une.

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Je devrais sans doute le faire rien que pour voir leurs têtes songea-t-il.

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Et soudain, une idée germa dans son esprit et le fit sourire de toutes ses dents. Oh, oui, définitivement ça et il était certain que de la garer bien visible dans le parking attirerait inévitablement la curiosité de ses collègues et McGee chercherait à savoir à qui elle appartenait, il n'en doutait pas un instant. Et en serait pour ses frais lorsque l'information ne serait pas accessible pour lui, il en serait certainement frustré.

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Il termina son repas, regarda la fin du reportage avant de ranger la vaisselle. Il partit ensuite faire ses ablutions avant de gagner son lit. Demain allait être une journée trépidante car il pensait à son idée et imaginait l'expression peinte sur les visages de ses collègues rien qu'en le regardant. Il rit et s'étira confortablement dans son lit, fit quelques exercices de respiration afin de se calmer et de faciliter son sommeil. Quelques minutes plus tard, il plongeait dans les bras de Morphée.

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Oh, Tony devient machiavélique, on dirait. Que font faire ses collègues lorsqu'ils découvriront ce qu'il a l'intention de faire… ?

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La réponse au prochain chapitre posté mercredi ou jeudi.