Chapitre 2 : les souvenirs
Théo dû arrêter Lumière. Il fallait qu'il marche un peu, sinon il risquait d'être vraiment malade.
L'Enfer sur terre … Théo se senti en plein dedans.
« Je vais devoir tenir ma promesse. »pensa-t-il amèrement. « Mais pourquoi a-tu cédé aussi tôt, Bob ? Tu n'aurais pas pu tenir une décennie ou deux de plus ? »
Cette promesse … ce pacte qu'il n'avait plus l'intention de respecter depuis quelque années déjà.
Théo essaya de ne pas y penser, en vain. Le souvenir s'imposait à lui.
Il était encore un jeune paladin de la lumière, fraichement promu inquisiteur. Il s'était lancé à l'aventure sur les routes, malgré la désapprobation de son Eglise pour cet exercice pas assez raffiné à son goût. Mais Théo savait que derrière le faste et l'élégance des cérémonies et autres commémorations, et par delà les discours sur les valeurs morales, confrontée à l'hérésie, l'Eglise de la lumière ne s'embarrassait de rien. Or Théo, bien que fervent partisan de la lumière, n'était pas un hypocrite, et tenait à ses convictions. C'est pourquoi, pour ne pas à avoir à massacrer des enfants pour de vagues soupçons d'hérésie, il décida d'agir seul et à sa façon.
Ainsi après près d'un mois de voyage, il se retrouva dans un village près de la Tour Rouge abritant les mages du feu. L'Eglise de la lumière, bien que considérant ces mages comme des quasi-hérétique, n'était pas en conflit avec eux. C'est pourquoi quand il entra dans l'auberge du village il pensait simplement prendre du repos avant de repartir sur les routes. C'est alors, au moment de prendre son repas, qu'il entendit une conversation.
Elle provenait de deux jeunes gens, assis à la table juste à coté. D'après leurs robes Théo pensai qu'il s'agissait d'apprentis mages. Ce que confirmèrent les paroles échangé avec le patron de l'auberge qui venait les servir.
-Alors les jeunes, quelles nouvelles de la Tour Rouge ? s'exclama l'aubergiste.
- Et bien … commença un blond.
- Le potin du siècle ! s'écria le second, aux cheveux châtain et désordonnés.
- Chut ! Le réprimanda le dernier apprenti aux cheveux d'ébène attachés en queue de cheval. Tu veux que toute l'auberge l'apprenne ? On n'est pas censé en parler.
- On pourrai quand même le dire à Francis, de toute façon un truc aussi énorme ne restera pas secret bien longtemps ! Répliqua le second mage.
- Bien sûr ! Répondit le blond, mais évite de le crier sur les toits quand même.
- Que s'est-il donc passé de si retentissant ? interrogea alors Francis.
- Asseyez-vous avec nous Francis, on va vous expliquer, rétorqua le mage aux cheveux noir.
Théo détourna la tête pour ne pas avoir l'air d'écouter, bien que sa curiosité aie été piqué.
- Vous vous souvenez de ce Mage dont on vous a déjà parlé ? Celui avec des idées loufoques ?
- Celui qui pensait que le feu n'était pas que destruction ? Demanda l'aubergiste. Lui aussi venais ici, il n'y a pas si longtemps, quand il était apprenti. Il m'a toujours semblé étrange.
- Celui-là même ! Balthazar, c'est son nom.
- Balthazar Octavius Barnabé Lennon, de son nom complet. Mais si je me souviens bien il voulait qu'on le surnomme Bob. Se rappela l'aubergiste.
- Et bien avant-hier, il faisait l'une de ses expériences dans le labo. L'un des anciens est passé au moment ou elle a vraisemblablement raté.
- Et alors ?
- Alors il parait qu'il aurait perdu sa concentration et sa maitrise de lui. Il se serait mis à hurler et l'ancien aurait alors vu qu'il était en train de se transformer.
- Se transformer ?
- Ouais, parait qu'il n'est pas humain, enfin, pas totalement.
- Mais alors, qu'est-ce qu'il est ?
- Un demi-diable !
- La vache ! S'exclama le patron.
Théo, qui était en train de boire faillit s'étouffer. Heureusement la surprise de l'aubergiste avait masqué sa toux.
- Et après qu'est-il arrivé ?
- Il semblerait qu'il a tenté de se justifier, en disant qu'il perdait rarement sa maitrise et rarement longtemps. Mais les anciens l'ont quand même expulsé de la Tour.
Après cela, Théo cessa d'écouter les mages. Il fini son assiette et monta dans sa chambre, le cerveau en ébullition. Un demi-diable ! S'il arrivait à l'arrêter, et à l'éliminer, il gagnerait enfin la confiance de ceux qui doutent de sa foi et de son implication dans L'Eglise de la lumière. Il était trop tard pour repartir sur les routes, il avait besoin de sommeil et il ne savait pas par où la monstruosité était partie. Il y réfléchit tout en se préparant à dormir. Trois routes (sentier devrait-il plutôt dire) partaient de ce village. Il pouvait d'ores et déjà éliminer le chemin menant à la Tour rouge, situé à un quart d'heure à pied de là. Restait deux chemins. Il venait de l'un d'eux et n'avait aucun souvenir d'une personne ressemblant à un mage du feu ayant croisé sa route. Il devrait donc emprunter la troisième route en espérant ne pas se tromper.
