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Merci spécial à fanfanfiction pour son com qui indique « que je suis son auteur de fanfictions préféré ». Super compliment s'il en est et que j'espère mériter encore un bon moment.
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Egalement merci à Gwendo et Capucin pour leurs coms que je dévore avec délice.
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Je remercie toutes celles qui indiquent lire cette histoire parce qu'elle est bien écrite. Il est difficile de décrire ce que représente le travail d'un écrivain, que ce soit pour un roman, une nouvelle ou une fiction. Dans la mesure du possible, j'essaie - à mon modeste niveau - de vous distraire avec des histoires qui sortent de l'ordinaire (du moins, j'espère).
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J'ai la chance de transcrire mes idées d'un jet et de rarement les rectifier. Lorsque je commence à taper, j'ai déjà en tête le contenu du chapitre et je laisse le flot venir à moi tranquillement. Je relie, corrige ou modifie le texte pour éviter des lourdeurs. J'essaie de rester sobre dans les descriptions de mes lemons en espérant ne pas choquer mes lectrices.
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Je suis à la fois auteur et bêta reader car secrétaire de métier, je suis bonne en français. Ecrire correctement, sans fautes (sauf erreur de frappe que je peux oublier), sans répétitions inutiles (en utilisant le plus souvent des synonymes), avec un vocabulaire le plus large possible sont des critères que je m'impose avant de poster. C'est le plus grand respect que je puisse avoir envers mes lectrices.
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La meilleure récompense d'un auteur est le commentaire que vous laissez. C'est comparable à la nourriture pour un mendiant, à la boisson pour un assoiffé, à la drogue pour un drogué. C'est addictif, nous les attendons avec toute l'impatience d'un enfant pour ses cadeaux le jour de Noël. Alors, prenez quelques instants pour m'indiquer ce que vous pensez, ce serait très gratifiant.
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Je vous laisse à votre lecture et attends vos réactions comme toujours.
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Chapitre 6 : Choix inapproprié
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Ce ne fut que le lendemain matin que Tony consulta sa boite vocale et écouta le message de Gibbs. Il secoua la tête et maugréa, il avait deviné juste une fois de plus. L'israélienne devenait de plus en plus instable et Gibbs allait avoir bien des difficultés à la gérer. Mais c'était son problème et il ne s'immiscerait plus entre lui et ses agents juniors. Qu'il se débrouille pour diriger son équipe.
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Quant à son avertissement, il était inutile. En premier lieu, parce que personne de son équipe ne connaissait son adresse personnelle ensuite, parce que Tony n'avait aucune envie de laisser l'officier du Mossad mettre la main sur la voiture. Non seulement parce qu'il ne voulait pas lui faire le plaisir de la laisser conduire mais parce qu'il savait également, et sans l'ombre d'un doute, qu'elle enroulerait la Ferrari autour d'un arbre dans le seul but de le faire souffrir.
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Il savait que, même sans clé, elle réussirait à ouvrir la portière et à démarrer le moteur. Il va sans dire que le système d'alarme attirerait l'attention et qu'elle pourrait éventuellement être prise en flagrant délit de vol de voiture même si elle ne pourrait faire que quelques mètres et pas plus, le véhicule était équipé d'un système particulier et il fallait entrer un code pour le piloter. Il sourit, ça vaudrait sans doute la peine de la laisser faire car elle serait certainement confondue rapidement et avec certitude.
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Il était sûr qu'un détail au moins la désignerait comme coupable, peu de gens songeaient à remettre le siège conducteur en position initiale et dans la mesure où Tony le positionnait sur le dernier cran, Ziva serait obligée de le rapprocher pour conduire. Et lancer une voiture contre un arbre après avoir sautée en marche ne lui permettrait pas d'effectuer la manœuvre. La vitesse d'exécution ne lui en laisserait pas le temps car la satisfaction de démolir la voiture lui ferait oublier le reste.
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A force d'étudier discrètement la jeune femme, il avait appris quelques petites choses sur son comportement. Et la colère était un sentiment qu'elle exprimait si rarement que lorsqu'elle la laissait l'envahir, elle la submergeait comme un raz de marée lui faisant oublier toute prudence et perdre tout sens commun. C'était dans ces moments là qu'elle commettait des erreurs de débutante. Et il était sans doute le seul parmi l'équipe qui l'avait cernée à ce sujet.
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Détail intéressant à ne pas négliger au besoin marmonna-t-il.
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La semaine suivante, il arriva au travail non pas avec la Ferrari mais avec la Jeep, histoire de démontrer à ses collègues qu'il pouvait les narguer sans en avoir l'air. Cette fois, contrairement à la précédente, il ne prit aucune précaution particulière pour se garer. En fait, il se gara près de la place de parking de Gibbs, emplacement privilégié et bien exposé à la vue de tous.
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Il arriva alors que d'autres agents se garaient également, il les salua et continua son chemin sans s'arrêter, il n'avait pas besoin de faire l'effort de discuter au sujet de sa voiture, les cancans iraient bon train bien avant la pause-café de 10 heures. Il savait que la nouvelle ferait le tour du bâtiment en un rien de temps, plus vite qu'il ne faudrait pour un feu de dévaster le building.
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C'était parfois un bien que les rumeurs se propagent aussi vite mais parfois aussi un mal. Certaines choses valaient la peine de rester cachées tandis que d'autres méritaient pleinement d'être découvertes. Pourtant, c'était toujours ce qu'on espérait voir demeurer dans l'ombre qui surgissait en pleine lumière et vice versa. L'italien en savait quelque chose puisqu'il en avait fait l'expérience et ce, à cause d'Abby. Elle était trop curieuse et n'aimait pas qu'on lui cache quelque chose. Elle ne savait pas garder un secret à partir du moment où elle l'avait découvert.
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C'est pour cette raison que Tony ne lui avait jamais fait de confidences importantes, elle répétait ce qu'on lui confiait en secret dans l'heure qui suivait à Gibbs ou Ducky si l'un ou l'autre était disponible pour l'écouter. En général, elle ne prenait aucune précaution et il arrivait donc que d'autres oreilles entendent les révélations croustillantes qu'elle faisait.
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Tony avait remarqué ce trait de caractère de la gothique à peine deux semaines après son intégration dans l'équipe de Gibbs. Abby n'avait pas du tout apprécié qu'il prenne la place de Stan Burley et elle lui avait bien fait comprendre à sa manière. Elle lui adressait la parole sèchement et uniquement pour le travail, elle ne se privait pas pour le remettre à sa place si elle pouvait et ce, de préférence, devant Gibbs.
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Il avait fallu un accident qui aurait tourné au drame pour qu'elle se décoince un peu et le considère autrement que comme un opportuniste. Pourtant, malgré ça, Tony avait toujours gardé une certaine retenue vis-à-vis d'elle, même lorsqu'elle avait tenté de se rapprocher de lui. Par exemple, il ne l'autorisait pas à lui donner une de ces étreintes dont elle abreuvait tout le monde.
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Durant son enfance, il n'avait jamais été câliné ou étreint avec affection, c'était plutôt le contraire même. De ce fait, il ne savait jamais comment se comporter lorsque quelqu'un tentait de le faire et il ne voulait pas laisser deviner qu'il avait horreur de ce genre de démonstration. Donc, il les évitait comme la peste, encore qu'il n'avait pas su se prémunir d'attraper cette maladie-là.
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Il laissa ses pensées dériver lorsque l'ascenseur le déposa finalement à son étage. Il se dirigea rapidement vers son bureau, déposa son sac et s'installa, attrapa un dossier et se plongea dedans sans tarder. Il voulait être bien occupé lorsque Gibbs ferait son apparition et espérait qu'il ne profiterait pas du calme relatif pour être interrogé.
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Ce qu'il savait, c'était que l'officier du Mossad ne laisserait pas son humiliation impunie. Elle s'arrangerait pour retourner l'incident contre lui et le faire passer pour un imbécile ou pire. La jeune femme ne se priverait pas de le faire devant une audience mais elle en serait pour ses frais car il l'attendait de pied ferme.
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Gibbs arriva quelques minutes plus tard et stoppa directement devant son bureau. Tony ne releva pas la tête de son dossier, conscient que son patron attendait qu'il pose une question le premier. Il le laissa au contraire poireauter et amorcer la conversation en premier. Il entendit l'ancien Marine soupirer en comprenant que Tony ne lancerait pas la discussion.
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« Tu as eu mon message, DiNozzo ? » finit-il par demander.
« Tu as reçu son appel de détresse, Gibbs ? » rétorqua-t-il en retour.
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Il entendit Gibbs ricaner avant qu'il ne réponde.
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« Toujours pas compris pourquoi elle s'est fait contrôler, verbaliser et réprimander » admit-il.
« Tu vas l'apprendre dans un moment » affirma Tony. « Laisse lui le temps d'arriver et de m'apostropher et tu sauras. »
« Et je ne peux pas le savoir maintenant » demanda l'ancien Marine.
« Pourquoi gâcher le plaisir ! » répliqua Tony.
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Durant tout l'échange, à aucun moment, Tony n'avait levé les yeux et croisé le regard de Gibbs. Ce dernier était irrité mais n'ajouta rien à ce sujet. Il savait qu'il ne pouvait intimider facilement l'italien, il y avait longtemps qu'il avait perdu cet avantage, presque depuis les premières minutes de leur rencontre, à vrai dire. Son second avait joué le jeu lorsque Kate puis McGee avaient été embauchés mais en vérité, Gibbs ne l'avait jamais impressionné ou effrayé comme il aimait le faire croire.
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Puis soudain, il réalisa que Tony n'avait pas répondu à sa question. Avait-il ou non bien reçu son message ? Il faudrait qu'à l'occasion, il le lui demande, il ne voudrait pas que son second soit privé d'une voiture aussi belle et certainement chère à cause d'un simple oubli de cet ordre.
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Une demi-heure s'écoula en silence mis à part le cliquetis des touches des claviers avant que l'ascenseur ne dépose les deux membres manquants de l'équipe. Tony se tendit un instant avant de se relaxer tout aussitôt. Gibbs remarqua l'attitude et sourit lorsque la tension quitta les épaules de son second presque immédiatement. Il attendit que l'israélienne entame son show afin de mettre également son grain de sel, il n'avait pas apprécié d'être appelé pour lui servir de caution morale et de sauf conduit pour son attitude.
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McGee se dirigea vers son bureau en saluant brièvement ses deux collègues.
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« Bonjour, patron, Tony » marmonna-t-il rapidement avant de poser son sac et de s'installer.
« McGee » répondit tout aussi brièvement Gibbs.
« Salut, le bleu » répliqua Tony, ce qui fit soupirer l'informaticien.
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Ziva rangea son sac dans un tiroir et son sac à dos derrière son siège. Elle croisa le regard de Gibbs qu'elle salua d'un signe de tête avant de se redresser.
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« Bonjour, Gibbs » dit-elle courtoisement.
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Mais avant qu'elle ne se lance dans sa campagne de dénigrement, l'ascenseur déposa Abby qui, aussitôt, vint rejoindre leur espace. Elle se dirigea vers Ziva qu'elle prit dans ses bras puis Gibbs qu'elle étreignit de même avant de s'acheminer vers le bureau de McGee. Elle entoura le jeune homme de ses bras et déposa un baiser sur ses joues puis se redressa et jeta un regard méprisant vers Tony qui manqua son objectif, Tony avait la tête baissée et ne lui accordait aucune attention.
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Ziva, pour sa part, fit le tour de la salle du regard, jaugeant le nombre d'agents présents. Elle tenait à ce que son altercation avec DiNozzo ait le plus grand nombre de spectateurs. Elle esquissa un sourire carnassier tout en s'avançant vers le bureau de Tony.
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« Alors, DiNozzo, tu as besoin des flics pour venir à ta rescousse » commença-t-elle, attirant l'attention de McGee qui fronça les sourcils se demandant encore ce qu'elle allait faire. « Pas capable de te comporter en agent fédéral responsable et d'affronter une situation sans te cacher derrière quelqu'un ! Tu es vraiment pathétique, un mec minable qui doit recourir à la force publique pour le secourir. J'ai été verbalisée et retenue parce que tu es un couard, une sale petite vermine qui tremble comme une feuille devant un officier du Mossad, un… poltron, c'est tout ce que tu es ! »
« Oh, vraiment, Officier David » déclara calmement l'italien en se levant, la dominant ainsi de sa haute taille. « Qui m'a suivi en toute illégalité, en ignorant les règles de conduite les plus élémentaires ? Qui a appelé Gibbs pour la sortir d'une situation qui devait l'envoyer en prison ? Qui a eu besoin de quelqu'un pour lui éviter de croupir en cellule avec les prostituées et autres mendiantes et ivrognes ? Qui a supplié qu'il intercède en sa faveur pour qu'elle ne passe pas la nuit entourée de gens curieux et certainement mal intentionnés à son égard ? Qui a insulté les officiers de police en les menaçant de représailles grotesques et a été verbalisé pour son attitude irrespectueuse envers les forces de police ? Je crois qu'il serait bon de regarder vos propres actions avant de juger les autres. »
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Abby s'avança vers le bureau de Tony comme pour le défier de continuer. Tony ne lui prêta aucune attention mais la gothique choisit tout de même d'intervenir. Elle prit le courage de s'élever contre l'italien et ainsi de soutenir sa collègue pour montrer quel parti elle entendait prendre.
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« Stop tout de suite, DiNozzo » lança-t-elle d'une voix vibrante de colère. « Tu n'as aucun droit de dénigrer ainsi Ziva. »
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Mais sa petite tirade n'eut pas l'effet escompté car Tony la toisa d'un air dédaigneux avant de reporter son regard vers l'israélienne qui tentait de garder contenance mais ne réussissait pas à paraître indifférente.
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« Le plus couard dans cette histoire, ce n'est pas moi mais bien vous » reprit Tony sans tenir compte de l'interruption. « Un assassin qui a peur de côtoyer durant une nuit quelques femmes qui ne savent pas se battre, quel courage, vraiment ! Vous avez fait preuve d'une lâcheté évidente à mon sens. Mais soyez assurée que tout ceci vous sera renvoyé en pleine figure. La loi s'applique à tous et vous n'êtes pas exemptée, tout officier du Mossad que vous soyez. Attendez-vous à ce que les policiers que vous avez insultés réagissent et ce jour-là, j'approuverai. Maintenant, je n'ai plus de temps à perdre à discuter avec vous, j'ai du travail. »
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Sur ce commentaire, il reprit son siège et se replongea dans son dossier. Ziva le regarda, la bouche ouverte, un air stupéfait clairement inscrit sur le visage. Visiblement, l'israélienne ne s'attendait pas à la réplique qu'elle venait de recevoir. En temps normal, DiNozzo laissait ses remarques sarcastiques couler sur lui sans réagir autrement que par un regard et un haussement d'épaules.
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Elle carra les épaules et allait relancer le débat lorsque Gibbs se manifesta en s'éclaircissant la gorge.
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« Je crois que le sujet est clos, Officier David » décréta-t-il. « Mais permettez-moi tout de même de vous dire que je n'ai pas du tout apprécié d'avoir été sommé de venir à votre rescousse et de vous servir de garant de moralité pour vous éviter la prison. La prochaine fois, ne prenez pas la peine de m'appeler, allez directement passer la nuit au fond d'une cellule, ça vous fera le plus grand bien de voir l'autre côté des barreaux, vous parviendrez sans doute à comprendre que la loi doit être respectée par vous comme par tout un chacun. Au travail ! »
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Pendant tout l'incident, McGee avait été attentif afin de découvrir le fin mot de l'histoire et il ouvrit de grands yeux et arbora un air ahuri lorsque Tony avait débité sa tirade. Il avait parcouru la salle d'un regard et noté que bon nombre d'agents avaient approuvé l'italien en hochant la tête à ses propos. Ziva ignorait encore par trop souvent qu'elle était désormais en Amérique et plus en Israël, que les lois qui s'appliquaient ici étaient valables pour tout le monde.
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Savoir que la jeune femme avait tenté de filer Tony était pour le moins étonnant. Qu'espérait-elle y gagner ? Il ne savait pas trop mais il pouvait facilement deviner qu'elle était irritée de n'obtenir aucune information concrète sur la vie personnelle de l'italien autre que les quelques bribes que ses contacts avaient pu lui fournir. Elle souhaitait obtenir plus et pensait sans doute que suivre Tony lui permettrait de répondre à bon nombre de questions qu'elle se posait à son sujet. Plus elle emmagasinait d'informations sur une cible et plus elle avait de chances d'avoir un moyen de pression le cas échéant ou des détails qui lui serviraient en cas de besoin.
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Tony se leva et contourna son bureau, passant devant celui de la jeune femme, il se pencha.
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« Vous n'êtes pas la seule dans cette équipe qui soit à même de mener une filature ou d'en éviter une » souffla-t-il avant de poursuivre son chemin.
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Il n'attendit pas sa réaction pour se diriger vers son but, les toilettes. Mais au lieu de se rendre dans celles proches de leur espace de travail, il décida de descendre un étage par les escaliers afin d'être en mesure de pisser en paix pour une fois.
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Lorsqu'il revint quelques minutes plus tard, ce fut pour trouver la gothique appuyer de nouveau contre le bureau de McGee et en grande conversation avec lui. Tony respira profondément pour se calmer, ce qu'il allait faire allait déclencher un ouragan. Il se dirigea le plus nonchalamment possible vers son bureau, se pencha pour retirer un objet de son sac à dos et se redressa. Il jeta un rapide coup d'œil vers Gibbs avant de délibérément se tourner vers la gothique.
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Il resta prudemment hors d'atteinte et lança l'objet qu'il tenait en main tout en apostrophant la jeune femme qui, d'instinct, attrapa ce qui lui était lancé et rougit de colère en reconnaissant son traceur.
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« La prochaine fois que je trouve un autre de vos gadgets planqués sur mon véhicule, Miss Sciuto, je porte plainte pour violation de ma vie privée » annonça-t-il sèchement. « Et inutile de vous montrer bornée et de recommencer, j'inspecte ma voiture et mes affaires avant de prendre le chemin de mon domicile, je serais donc en mesure de déjouer vos plans. »
« Abby ? » fut tout ce que Gibbs eut besoin de dire pour attirer son attention et exiger une réponse.
« Gibbs, je voulais juste… juste… » tenta-t-elle.
« Juste quoi, Abs ? » força-t-il.
« Tout ça, c'est de sa faute, Gibbs. Il n'a pas besoin de faire tant de cachotteries, nous ne serions pas tentés de recourir à ce genre de subterfuge pour savoir où il habite » plaida-t-elle en lui faisant ses yeux de cocker. « Pourquoi éprouve-t-il le besoin de nous mettre à l'écart ainsi ? Il ne doit pas y avoir de secrets entre collègues, ça entraine toujours des tas de problèmes » poursuivit-elle en lançant un regard mauvais vers Tony.
« Chacun de nous a droit à une vie privée, Abby » l'interrompit l'ancien Marine. « Ce n'est pas parce que DiNozzo a choisi de taire son adresse personnelle que tu dois chercher à savoir où il habite. Toi, McGee ou David, si l'un d'entre vous tente encore pareille manœuvre, ce sera à vos risques et périls, je n'interviendrais pas pour vous épargner les conséquences. »
« Et pour ce qui est des secrets, Miss Sciuto, je ne crois pas être celui qui en a le plus ici parmi vous » railla Tony. « Ne serait-ce que la raison de l'intégration de Miss Mossad parmi nous, la véritable raison, j'entends » insista-t-il. « Parce que la raison officielle n'est rien d'autre qu'une belle couverture qu'on nous a donnée. Et je suis certain que Gibbs, McGee et vous en avez également quelques-uns qui demandent à rester dans l'ombre. Amusez-vous à tenter quelque chose contre moi et vous verrez certains de vos squelettes exposés en pleine lumière. Ceci est valable pour vous tous » termina Tony en reprenant sa place.
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Durant tout l'échange, pas un seul moment, l'italien n'avait élevé la voix mais le ton froid parlait assez bien pour leur faire comprendre que l'homme ne plaisantait pas. Abby se mordit la lèvre et tenta de rallier Gibbs à sa cause mais sans succès. McGee avait rougi violemment, faisant comprendre que les paroles de son collègue avaient fait mouche. David avait serré les dents et l'envie la démangeait de répliquer vertement mais ne voulait pas risquer une autre algarade, une seule suffisait pour une journée.
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Gibbs avait suivi l'échange et la dernière tirade de DiNozzo lui fit comprendre que son second était bien moins idiot que ce qu'il leur laissait croire. Il se demandait comment l'italien pouvait émettre pareilles promesses sans avoir de quoi les alimenter. Il savait que son bras droit était capable de trouver des indices compromettants ou du moins suffisamment graves pour être utilisés comme moyen de pression si nécessaire. DiNozzo ne menacerait jamais l'un d'eux, il ne s'abaisserait pas au niveau d'un officier du Mossad, il laisserait simplement savoir qu'il savait et pouvait se servir de cet atout si besoin.
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Cependant, il entendait faire comprendre à son subordonné qu'il ne possédait rien qui puisse le compromettre lui-même et qu'il était donc inutile de sous-entendre le contraire.
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« DiNozzo, ne jamais menacer si tu n'as rien contre ton adversaire » déclara-t-il donc sèchement.
« Mexico, 1991 » fut la brève réponse qu'il reçut.
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Et Gibbs ne put s'empêcher de réagir, il se raidit tandis qu'il prenait une profonde inspiration. Comment était-il au courant ? Ce secret était le seul qu'il souhaitait rester voir enfoui à tout jamais. Il semblerait que celui qui voulait savoir pouvait trouver sans grand problème et apparemment, son second avait été aussi prudent que lui. Il avait effectué des recherches sur son éventuel employeur tout comme lui avait consulté le dossier professionnel du détective de Baltimore avant de se pencher sur sa vie personnelle.
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Il secoua la tête et croisa le regard de l'italien. La tranquille assurance du jeune homme sidéra l'ancien Marine avant de comprendre que cet épisode ne serait révélé que si véritablement nécessaire. Et Abby pouvait tenter de découvrir ce qu'il en était, elle ne trouverait rien. Il avait agi en toute discrétion et de façon anonyme et avant de faire partie de l'agence. Il fallait avoir un indice pour savoir où chercher. Lequel avait mené DiNozzo à fouiller dans son passé ?
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Il devait savoir pour apprécier en toute connaissance de cause la validité des informations dont il disposait. Il était déjà assez pénible de savoir que l'israélienne était au courant pour sa première femme et sa fille, si maintenant DiNozzo avait également déniché cette information, son secret risquait de finir en place publique. Encore que David n'avait aucune raison de le dévoiler car il pouvait à son tour révéler le véritable meurtrier de Haswari. Elle n'avait aucun intérêt à utiliser cette arme sans risquer des représailles.
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La véritable inconnue était donc l'italien et l'usage qu'il pouvait faire de ce renseignement. Et si Gibbs pouvait se risquer à deviner, son second devait être en sa possession depuis au moins son offre d'emploi, soit depuis plus de cinq ans. Jamais il n'en avait fait mention avant ce jour et l'ancien Marine pouvait donc présumer qu'il s'en servirait en dernier ressort ou jamais, ce qui était plus que probable.
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S'il avait bien jugé le jeune détective, il ne courrait pas le risque de le voir déballer ainsi son passé sachant qu'il pouvait envoyer son patron et mentor en prison. Son second était trop loyal pour avoir envisagé un seul instant d'utiliser ce qu'il avait découvert si le résultat ne pouvait être que l'emprisonnement pour meurtre.
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Finalement, les esprits échauffés se calmèrent et tous les protagonistes firent l'effort de terminer la journée sans autre incident. Gibbs savait que Vance en entendrait certainement parlé et il s'attendait à être sommé de s'expliquer. Pourtant, aucun appel du bureau directorial ne lui fut adressé et il en soupira intérieurement de soulagement. Il n'avait pas envie de rajouter une entrevue pénible après l'altercation du matin.
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Ses deux subordonnés juniors plièrent bagage sitôt que l'horloge marqua 17 heures sans demander leur reste. Ils saluèrent Gibbs avant de se précipiter vers l'ascenseur, heureux que leur patron les laisse s'évader ainsi. L'ancien Marine attendit que l'italien se décide lui aussi à terminer la journée pour le suivre, une petite discussion s'imposait.
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Tony se rendit compte que Gibbs voulait lui parler lorsqu'il lui emboita le pas tandis qu'il se dirigeait vers l'ascenseur. La cabine s'arrêta et lorsque les portes coulissèrent, les deux hommes s'y engouffrèrent, remerciant le ciel qu'elle soit vide. Tony s'adossa au mur du fond tandis que Gibbs attendit que la descente soit amorcée pour actionner le bouton d'arrêt. Puis il se tourna vers son bras droit.
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« Dis-moi, DiNozzo, qu'est ce qui t'a mis sur la piste ? » dit-il entrant dans le vif du sujet.
« Une histoire qui a circulé dans l'unité des Stups de Philly où j'ai travaillé » révéla Tony sans problème, sachant parfaitement de quoi il était question. « Un baron mexicain de la drogue qui se fait descendre par un sniper sur son propre territoire, il y a de quoi réjouir tous les flics qui tentent désespérément de traquer et de stopper toute cette vermine. J'ai effectué quelques recherches à l'époque que j'ai couplées depuis avec ce que j'ai appris sur toi après mon arrivée au NCIS. Le reste a été facile à déduire. »
« Et que comptes tu faire de cette information ? » s'enquit l'ancien Marine, stupéfait que son second ait relié les faits.
« Rien, je ne me servirais de ça pour rien au monde, Gibbs, tranquillise-toi » tenta de le rassurer Tony. « Tu as payé ta dette en m'offrant une échappatoire au fiasco de Baltimore. »
« Et si j'en viens à te déplaire, tu l'utiliseras sans doute » spécula son patron.
« C'est vraiment ce que tu penses de moi, que je suis capable de t'envoyer en prison pour avoir débarrassé la terre d'un salaud du genre d'Hernandez pour avoir voulu venger ta famille ? » questionna Tony, la colère perçant dans sa voix. « Alors, laisse-moi te dire que tu me connais bien mal en définitive. Et si c'est tout ce que tu voulais savoir, je pense qu'il est préférable que nous en restions là » conclut-il avant de s'éloigner, la rage au cœur.
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Gibbs regarda son Agent partir et soupira, se passa les mains sur le visage. Il ne savait plus comment se comporter avec l'italien, il était bien le seul qu'il n'arrivait plus à déchiffrer. C'était comme si le jeune homme avait érigé un mur entre eux, une barrière infranchissable afin de se protéger. Mais de quoi juste, il ne savait pas… Pourtant, il devait reconnaître qu'il en avait bien besoin au vu du traitement que lui faisait subir ses collègues et lui-même.
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Tony gagna le garage tout en ruminant sa conversation avec Gibbs. Il enrageait de constater que son patron puisse insinuer qu'il serait capable de lui nuire de cette façon. Jamais il ne pourrait trahir ainsi l'homme qui lui avait donné une chance inespérée de sortir d'une situation délicate.
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Que Gibbs ne soit plus en mesure de le cerner l'inquiétait également, il semblait que l'ancien Marine avait encore des séquelles de son accident et qu'elles ne paraissaient pas visibles mais étaient bien réelles. Etait-il vraiment en état de commander une équipe aussi active que la leur avec un tel handicap ? Tony savait bien qu'il était possible de duper les examinateurs pour les amener à vous délivrer un certificat d'aptitude même lorsque l'on n'était pas au top de sa forme. Il l'avait assez pratique lui-même pour savoir que c'était possible.
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Il soupira, il avait envie de se détendre et de passer une soirée agréable sans penser à ses collègues de travail, du moins certains d'entre eux. Il passa un coup de fil et fut ravi que Jimmy accepte de l'accompagner pour une sortie et que sa jeune fiancée se joigne à eux. Il avait fait sa connaissance il y avait peu de temps mais il appréciait la femme que son nouvel ami s'était dénichée. Elle était exactement ce qu'il fallait au jeune homme.
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Chantonnant légèrement, il gagna son véhicule et se prépara mentalement pour se vider l'esprit et apprécier la soirée à venir.
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Que réserve le prochain chapitre ? Suivez-moi si vous désirez le savoir.
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A bientôt…
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Chtimi
