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Une petite précision au sujet du comportement de Gibbs suite à une remarque récurrente qui revient dans vos coms. Son retour au NCIS s'est fait un peu précipitamment, il n'a pas retrouvé toute sa mémoire et surtout, il est revenu prématurément. Il vacille entre réalité et imagination donc entre divers sentiments au gré de ses souvenirs et ses réactions ne sont pas toujours celles que l'on attend de sa part. C'est totalement voulu pour la suite de mon histoire.
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Voici donc le chapitre suivant. Bonne lecture et à vos claviers pour vos coms que j'attends comme toujours.
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Chapitre 7 : Décision directoriale
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Deux semaines venaient de s'écouler et l'ambiance au sein de l'équipe était pour le moins bizarre. Tony était perplexe pour ne pas dire autre chose. Après la discussion qu'ils avaient eue tous deux, il avait stupidement pensé que Gibbs serait plus clément et plus correct avec lui. Grave erreur de sa part, il n'était pas épargné par les remarques sarcastiques de son chef.
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Tony savait également que la fameuse résolution de l'ancien Marine de parler à ses deux agents juniors n'avait jamais été mise à exécution. Ces deux collègues ne se gênaient pas pour continuer à le narguer par des commentaires vexants ou pire. Il commençait sérieusement à douter de voir Gibbs régler le problème et il savait qu'il ne pouvait, pour l'instant, choisir de laisser tomber et demander un transfert.
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Gibbs avait encore de sérieux trous de mémoire et, malgré son attitude envers lui, Tony s'efforçait de l'aider le plus discrètement possible lorsqu'il sentait son chef perplexe ou perdu. Il recevait, en échange, de la part de Gibbs des regards sévères ou à nouveau des tapes sur la tête lorsqu'il ne parvenait pas à les anticiper et les esquiver.
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Il tentait également de maîtriser son impulsion de donner des ordres même s'il savait qu'ils ne seraient pas suivis. Il lui arrivait quand même parfois de manquer de vigilance et ce jour-là, mal lui en prit, il donna un ordre à Ziva sans même y réfléchir. Gibbs envoya ses deux jeunes Agents en avant et fit signe à Tony d'attendre. Lorsque les deux autres furent dans la cabine, portes fermées Dieu merci, il darda son regard vers son second.
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« Si tu aimes commander tant que ça, DiNozzo, trouve-toi ta propre équipe. Celle-ci est la mienne et je suis le seul en charge, je suis le seul qui donne les ordres » s'exclama-t-il suffisamment fort pour faire lever quelques têtes.
« Désolé, ça m'a échappé, Gibbs » lui répondit calmement l'italien. « Ca n'arrivera plus » assura-t-il en esquivant un pas de côté pour faire son chemin vers la sortie.
« Tu peux être certain que ça n'arrivera pas une autre fois » affirma fermement Gibbs. « La seconde où tu te prends encore pour le chef, tu vires de mon équipe. »
« Dûment noté, Agent Gibbs » fut la seule réponse qu'il reçut.
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Et sur ce, Tony poussa la lourde porte et s'engagea dans les escaliers au lieu de partager l'ascenseur avec son patron. La journée allait être suffisamment longue comme ça, s'il pouvait éviter de se retrouver coincer dans un endroit restreint avec l'ancien Marine, il n'hésitait pas. Mieux valait limiter les contacts lorsque Gibbs était dans une de ces humeurs belliqueuses. Et ne pas donner de satisfaction à aux deux autres de le narguer.
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Gibbs le regarda, la colère encore présente dans tout son corps. Il crispa les poings avant de les desserrer et de se diriger vers l'ascenseur. Il prit une profonde inspiration et tenta de se calmer. Il repensa à l'algarade et soudain, il prit conscience d'un fait : Tony ne l'appelait plus 'patron' depuis un bon moment. En fait, depuis pratiquement son retour. Pas une seule fois, il n'avait donné cette appellation à l'ancien Marine sur tous les tons possibles suivant son humeur.
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Il réalisa également qu'il regrettait ce fait, il n'avait pas la même saveur lorsque McGee l'appelait ainsi. Tony avait l'avantage de pouvoir dire beaucoup en lui donnant ce surnom. Gibbs se souvenait que par ce simple mot et le ton de sa voix, il pouvait presque prédire qu'elle était l'humeur du jeune homme. Désormais, il était plus souvent illisible.
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Ne plus savoir où il en était avec son second était ce qui le rendait hargneux contre lui, agressif même parfois. Il ne pouvait admettre que l'italien savait parfois mieux que lui ce qu'il convenait de faire, qu'il était en mesure de prendre des décisions rapides, efficaces et sûres alors que lui-même tardait à réagir. Il était alors plus facile de s'en prendre à celui qui usurpait son autorité en apparence que de chercher de l'aide. La solution de facilité pour ne pas avoir à se pencher trop sur ses propres défaillances.
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Sa mémoire, encore déficiente par bien des aspects, laissait remonter des souvenirs par intermittence et parfois sans grand intérêt. Il souhaitait retrouver les dernières années de sa vie dans leur totalité afin de redevenir l'homme qu'il était avant l'accident mais il désespérait de parvenir à se remémorer chaque détail. Et tout ce qui touchait à l'italien était de loin ce qui lui revenait le moins. Il en ignorait la raison et n'avait aucune envie de s'épancher sur le sujet avec Ducky.
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Le légiste avait encore une dent contre lui et lorsqu'il s'agissait de DiNozzo, il était encore moins enclin à discuter. Un fait que Gibbs ne comprenait pas, son vieil ami évitait toute discussion sérieuse au sujet de l'italien mais glissait parfois une remarque sur ses autres agents et le plus souvent c'était un point négatif.
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Il secoua la tête laissant le mystère de côté pour l'analyser plus en détail s'il le jugeait nécessaire. Il se dirigea vers l'ascenseur pour rejoindre ses Agents.
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L'incident ne passa pas inaperçu et le directeur qui surprit l'échange serra les dents avant de soupirer d'exaspération. Il avait décidé de laisser les deux hommes gérer la situation après leur discussion à ce sujet mais là, ça dépassait les bornes. Gibbs dépassait les bornes, en fait. Il les transgressait allégrement sans égard pour ceux qu'il égratignait au passage.
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Et les réflexions de ces derniers jours, que DiNozzo encaissait sans réagir, le navraient. C'est comme si l'agent avait abandonné le combat, comme s'il savait que, quoi qu'il fasse, rien ne changerait. Et sans doute avait-il raison !
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Que se passait-il dans la tête de Gibbs ? se demanda Vance en soupirant.
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Un jour, il prisait DiNozzo et le lendemain, il le descendait en flèche. A jouer les girouettes de cette manière, il n'était pas étonnant que l'italien ne sache plus s'il était encore toléré par son chef ou si ce dernier cherchait à l'exaspérer suffisamment pour le voir quitter l'équipe de son propre chef.
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Peut-être même Gibbs agissait-il ainsi pour obliger son second à prendre une décision que lui-même ne pouvait se permettre d'émettre sans se sentir coupable ! Laisser la responsabilité à quelqu'un d'autre d'agir le mettrait également à l'abri de toute remarque éventuelle de la part de quiconque l'impliquant dans le départ de l'italien.
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Malgré sa menace de se séparer de DiNozzo, Gibbs savait pertinemment bien qu'il ne pouvait – pour l'instant – compter sur l'efficacité de McGee ou David. Les réprimandes qu'il leur avait adressées reflétaient parfaitement bien la réalité, aucun d'eux ne pourrait remplacer son actuel second avec autant d'efficience.
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C'était un fait et non une supposition, le seul agent qui tolérait totalement l'ancien Marine avec ses humeurs, ses exigences, ses stupides règles était sans contexte l'italien. Même son précédent second avait fini par jeter l'éponge lorsque la pression exercée par Gibbs lui avait occasionné un ulcère.
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Vance en venait à se demander ce qui retenait DiNozzo de demander un transfert purement et simplement. Il savait que la relation entre les deux hommes avait été étroite jusqu'au moment de l'accident. Jusqu'à quel point, il l'ignorait. Etait-elle de nature fraternelle, parentale ou plus ? Personne n'avait jasé sur les deux hommes et leur connexion si spéciale.
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Ce fait en lui-même était révélateur de la complexité du lien qui existait entre ces deux-là. Etant également deux hommes qui préservaient farouchement leur vie privée à tout prix, il n'était pas étonnant que leur rapport ne fasse pas l'objet de commérages. La vindicte de Gibbs serait à la hauteur de l'offense, il n'en doutait pas un seul instant.
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Pour sa part, l'italien semblait prendre les choses plus facilement mais Léon ne se faisait là aussi aucune illusion. Celui qui dépasserait les bornes avec DiNozzo se verrait remettre à sa place de manière aussi punitive que possible. L'italien se mettait rarement en colère mais lorsqu'il était poussé à l'extrême, il pouvait se montrer implacable.
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Le tout était de trouver une solution qui puisse résoudre le conflit latent et sous-jacent qui minait l'efficacité de son équipe principale. Si les désaccords et surtout si les deux plus jeunes membres ne changeaient pas d'attitude envers leur supérieur immédiat, en l'occurrence, DiNozzo, il était certain qu'une catastrophe pouvait résulter de l'inertie de Gibbs.
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Il n'avait aucune envie de voir DiNozzo sur une lit d'hôpital – ou pire allongé sur une table d'autopsie – parce qu'une tête de mule du genre de l'ancien Marine avait du mal à demander l'aide dont il avait besoin. Son second était parfaitement à même de lui apporter un soutien inconditionnel et sans contrepartie que Gibbs ne parvenait pas à accepter.
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Il se sentait menacer de voir son agent senior capable de diriger son équipe avec aisance et efficacité. Et sans doute le pire pour lui était de constater que DiNozzo serait un bien meilleur chef d'équipe que lui. Son sens inné des relations le préservait de renter systématiquement en conflit avec quiconque tenterait de le contrer au cours d'une enquête.
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La conciliation était l'un des points forts de l'italien qui la privilégiait avant toute chose. Là où Gibbs choisirait de foncer et de devenir agressif, DiNozzo se montrerait patient et compréhensif pour obtenir par la douceur ce qu'il voulait. C'était la grande différence qui existait entre les deux hommes au sujet de leur façon de diriger l'équipe.
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La seconde méthode était plus efficace que la première, ça ne faisait aucun doute dans l'esprit de bien des interlocuteurs qui interagissaient avec les deux hommes. C'était également pour cette raison que certains agents qui souhaitaient parler à Gibbs passaient souvent par l'intermédiaire de l'italien. Mieux valait parfois parler au second pour faire fléchir le chef d'équipe.
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Vance était malgré tout perplexe. DiNozzo subissait la situation sans chercher à la renverser. Il évitait de mécontenter Gibbs le plus possible, il semblait avoir lâché prise d'une certaine manière. Il continuait à travailler en automne, il n'avait besoin d'aucune supervision de la part de son chef mais il ne donnait plus aucune directive à McGee et David s'il pouvait l'éviter. Ce qui revenait à l'isoler au sein de l'équipe.
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Il avait choisi d'abandonner son rôle de supérieur au profit exclusif de Gibbs. Et la réflexion verbale et publique que Gibbs lui avait adressée démontrait bien que l'ancien Marine le considérait ni plus, ni moins qu'un agent junior sinon moins. Ce n'était pas acceptable aux yeux du directeur. La chaîne de commandement existait pour une raison et ne devait pas être ignorée par des agents qui n'avaient pas d'expérience suffisante dans ce domaine.
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Si l'attitude de David était en partie compréhensible du fait de son passé d'officier du Mossad habitué à travailler en solo, il n'en était pas de même pour McGee. L'informaticien avait suivi l'entrainement que tout agent se devait de subir avant d'intégrer l'agence fédérale. Les procédures et protocoles ne lui étaient donc pas inconnus. Il était même un agent qui ne jurait que par les règlements et leur application stricte sur le terrain. Et voilà qu'il les bafouait allégrement depuis que sa collègue l'avait incité à la suivre sur la voie de la rébellion contre l'autorité de l'italien.
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C'était purement contradictoire et inimaginable de le voir agir ainsi. L'influence que la jeune femme avait sur l'agent junior était sidérante. Avait-elle un quelconque moyen de pression sur lui pour l'obliger à la soutenir ? Ou McGee aimait-il les femmes fortes capables de se mesurer à des hommes autoritaires ?
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Non pas que DiNozzo fasse preuve d'un autoritarisme excessif, il était ferme mais sans plus. Pourquoi David l'avait-elle pris en grippe ainsi au point de se montrer irrespectueuse de son autorité, de sa position et de l'homme lui-même ? Ce serait intéressant d'avoir la réponse afin de tenter de désamorcer le conflit latent qui bouillonnait au sein de l'équipe.
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Il allait devoir remédier au problème avant que la situation ne lui explose à la figure. Façon de parler !
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Gibbs fut surpris lorsque le téléphone sonna, ce matin-là. Il venait juste de revenir de sa quête de café et il n'avait pas eu le temps d'allumer son ordinateur. Le Directeur-adjoint souhaitait le voir et l'attendait dans son bureau à l'instant. Gibbs soupira et pesta contre Vance pour le convoquer si tôt, il serait de mauvaise humeur pour toute la journée comme à l'habitude.
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Et ce n'était pas fait pour améliorer son humeur dans la mesure où les relations avec son second ne faisaient que se dégrader et qu'il était incapable de faire un geste ou de dire une parole qui sauverait la situation. Et il se doutait que la sommation de rejoindre le directeur se centrerait sur ce problème.
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Il avait failli à la parole donnée à Tony de tenter de remédier à la situation et cette défection lui pesait tant qu'il pestait continuellement sur l'italien qu'il rendait responsable parce qu'il avait choisi de se désolidariser et de le laisser gérer le problème seul.
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Justement, la difficulté était qu'il ne savait pas quelle solution apporter pour résoudre le problème relationnel de ses Agents. Si Tony faisait l'effort immense d'ignorer les commentaires caustiques de ses collègues, il les encourageait à les émettre dans la mesure où tous deux pensaient y être autorisés puisqu'ils ne recevaient pas de réprimande. C'était un cycle infernal qui était loin de se voir
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Il s'empara de son café et se dirigea donc vers le bureau directorial. Autant se débarrasser de la corvée, il pourrait toujours s'absenter une heure ou deux et trouver une excuse pour quitter le building.
Il se présenta donc au secrétariat et s'annonça attendant d'être autorisé à franchir la porte que la secrétaire lui donne le feu vert. Vance l'avait déjà sommé à plusieurs reprises de se comporter en 'être civilisé' et de frapper aux portes avant d'entrer au lieu de forcer l'entrée sans autorisation. D'un geste, il reçut l'accord de pénétrer dans l'antre de Vance et d'un coup bref sur le battant, il signala son arrivée. Vance le pria d'entrer et l'invita aussitôt à prendre place dans l'un des sièges face à son bureau.
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« Vous vouliez me voir, Directeur-adjoint » demanda-t-il poliment mais avec une pointe d'exaspération qui n'échappa pas à Vance.
« En effet, Agent Gibbs » répondit le Directeur et l'usage de son titre fit comprendre à l'ancien Marine que l'entrevue était sérieuse. « Dans la mesure où vous ne semblez pas vouloir ou pouvoir régler la situation qui règne au sein de votre équipe, je me dois de vous demander quelques explications. Que se passe-t-il donc, bon sang ? » s'énerva-t-il soudain. « Les relations sont en train de se dégrader à la vitesse grand V depuis un moment. »
« Je sais, mon retour n'a pas été apprécié par tous mes subordonnés » tenta-t-il d'expliquer sans pour autant donner de nom.
« Je comprends parfaitement que de se voir rétrograder ne soit pas perçu de façon positive mais il y avait aussi une manière de présenter votre décision de revenir que de balancer les effets personnels de votre second sur son bureau, il me semble. »
« McGee n'a pas fait de scandale à ce sujet et pourtant, lui aussi a été rétrogradé » rappela-t-il au directeur.
« Agent Gibbs, DiNozzo a poliment prié son collègue de récupérer ses affaires, il n'a pas été mis devant le fait accompli de la même façon que vous vous y êtes pris avec votre second. Bon sang, qu'est-ce qui vous a pris de vous comporter ainsi ? »
« C'est mon équipe et si DiNozzo n'est pas content, il peut toujours aller voir ailleurs » répliqua Gibbs en colère de se faire sermonner pour ça.
« C'était votre équipe, vous avez choisi de prendre votre retraite, je vous rappelle. »
« Les papiers n'étaient pas enregistrés donc officiellement, j'étais en congé illimité. J'ai choisi de revenir et de reprendre le poste qui était le mien, point final » clama Gibbs.
« Vous avez récupéré votre poste parce que votre second a été assez charitable pour vous laisser la place contre mon avis, je tiens à le préciser. Il a fait du très bon travail, Agent Gibbs durant votre congé sabbatique, le taux de réussite a été maintenu et a même dépassé la barre des 97%. Et je me dois de préciser que vos deux juniors n'ont pas forcément contribué à maintenir ce taux avantageux. »
« L'ambiance n'était pas si bonne que ça puisque Ziva et Tim ont été soulagés de mon retour » précisa Gibbs d'un ton ironique. « Même Abby m'a accueilli à bras ouverts. »
« C'est vraiment mesquin de votre part d'avoir écouté leurs doléances mais d'avoir refusé à votre remplaçant de répondre des accusations portées contre lui. Il me semble que dans le cas d'un procès, on laisse le défenseur et l'accusateur présenter leurs arguments » contra le Directeur. « Quand avez-vous proposé à DiNozzo d'entendre sa version des faits, Agent Gibbs ? » s'enquit-il d'un ton ferme qui demandait réponse.
« Je ne lui ai rien demandé et… il n'a pas souhaité se défendre, c'est donc une preuve de culpabilité. »
« Selon quels standards ? Les vôtres, sans doute. Avez-vous seulement pris la peine de discuter avec les autres équipes ? Sans doute que oui mais vous avez écouté d'une oreille sinon vous sauriez que DiNozzo n'a pas travaillé que pour votre équipe. Il a participé à la résolution d'enquêtes concernant celles de Marshall et Gomez, il a aidé la Police Métropolitaine également. Il a aussi rempli les fonctions qui incombaient normalement à McGee en plus des siennes en tant que chef d'équipe. Il a réécrit une bonne partie des rapports de ses subordonnées tout en me faisant croire le contraire. Il était le premier arrivé et le dernier parti, il a supporté les humeurs de Mlle Sciuto sans se plaindre, il a aidé le Dr Mallard a accepté votre défection et vous a même défendu contre ses griefs. Vos deux subordonnés ont été irrespectueux envers lui, discutant ses ordres quand ils n'y désobéissaient pas. Il a refusé une promotion prometteuse pour sa carrière afin d'assurer au mieux votre réadaptation en vous soulageant des tâches administratives qui vous incombent » énuméra Vance d'un trait sans laisser à Gibbs d'autre choix que d'écouter.
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Le Directeur se leva et tendit plusieurs feuilles à son Agent avant de se rasseoir.
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« Voici ce qui est arrivé sur mon bureau durant votre absence » dit-il en laissant Gibbs lire les documents.
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L'ancien Marine les parcourut rapidement comprenant que c'était des plaintes déposées par ses subordonnés à l'encontre de son second durant son absence pour des motifs mineurs. Il remarqua quelque chose de troublant, les dépôts avaient été faits par Ziva et Tim pour un motif identique le même jour à chaque fois. Lorsque l'un des Agents rédigeait une plainte, l'autre le suivait aussitôt.
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Il releva la tête et croisa le regard de Vance et nota les lèvres pincées de son supérieur. Apparemment, l'homme ne goûtait pas l'attitude des deux subordonnés et il entendait lui faire comprendre.
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« Et où sont celles de DiNozzo ? » questionna-t-il le Directeur.
« Vous ai-je donné autre chose, Agent Gibbs ? »
« Non » fut la réponse laconique.
« Ce sont là toutes les plaintes reçues de la part de vos deux subordonnés. »
« Il n'a jamais… »
« Comme je vous l'ai expliqué, il a assumé jusqu'au bout son rôle de manière remarquable. Il a préféré laisser ses agents exprimer leurs opinions et voilà le résultat. J'aime autant vous dire que je n'ai pas encore donné suite à tout ce fatras et que ceci ne restera sûrement pas sans conséquence » prévint Vance.
« Je ne savais pas, Directeur et je ne comprends pas que DiNozzo n'ait pas choisi de m'expliquer ce qui s'est passé » tenta-t-il de s'excuser.
« Il a voulu vous ménager et vous avez décidé d'ignorer les signes évidents de leur mésentente. Vous travaillez avec lui depuis plus de cinq ans, vous le connaissez bien et vous avez, malgré cela, pensé qu'il pouvait agir comme vous l'ont indiqué ces deux personnes. Je ne peux pas croire que votre si fameux sixième sens, que vous n'hésitez jamais à mettre en avant, ne vous ait pas chatouillé en guise d'avertissement. »
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Vance étudia son interlocuteur durant une minute attendant qu'il argumente mais comme souvent, l'homme resta muet.
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« Je vais prendre les sanctions qui s'imposent, Agent Gibbs envers vos deux subordonnés. Je ne peux laisser leur attitude désinvolte rester sans conséquence. »
« Je me rangerai à votre avis, Directeur » approuva finalement l'ancien Marine.
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Que pouvait-il dire sans avoir tous les atouts en main ? Il semblerait que Ziva et Tim lui aient caché une partie des faits et sa tête de mule de second avait choisi de jouer les autruches. Il savait que Tony avait pensé être à l'origine des dissensions qui régnaient dans l'équipe. Ziva avait dû jouer sur son sentiment d'insécurité, elle l'avait même sans doute exacerbé à tel point que l'italien n'avait pas réagi comme il l'aurait dû.
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« Je vais convoquer vos deux subordonnés et avoir une discussion à ce sujet avec eux » précisa Vance. « En fonction des explications que j'obtiendrais, je prendrais les sanctions adéquates. Je ne saurais laisser les choses en l'état, ce pourrait créer un précédent et permettre à d'autres Agents de réagir de la même manière et sans doute d'aboutir à des conséquences désastreuses. »
« Je suis certain que ni McGee, ni Ziva ne seraient assez inconscients pour commettre des actes qui engendreraient des dommages à quiconque, encore moins à DiNozzo, il est leur supérieur hiérarchique, qu'il soit chef d'équipe ou second » s'indigna Gibbs.
« Vous croyez ça, Agent Gibbs ? » le questionna le directeur-adjoint. « L'attitude de McGee a envoyé DiNozzo à l'hôpital avec une blessure qui aurait pu être fatale s'il n'avait pas eu la présence d'esprit de se méfier. Et une récidive pourrait bien, cette fois, le voir étendu à la morgue. Je ne peux, en tant que dirigeant de cette agence, cautionner leur laxisme plus longtemps, ce serait suicidaire. »
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Vance se leva à nouveau mais cette fois, ce fut vers la cafetière qu'il se dirigea. Il emplit une tasse du breuvage noir et corsé dans une grande tasse avant de s'en servir une plus petite. Il apporta la boisson à l'ancien Marine qui prit l'offrande avec un signe de la tête en guise de remerciement. Le directeur fit un geste de la main signifiant 'de rien' avant de se rasseoir.
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« Je sais qu'il ne doit pas être facile de se replonger dans le travail après un évènement aussi traumatisant que celui que vous avez vécu » commença-t-il. « Je sais aussi que notre profession est exigeante, contraignante sur certains points et qu'elle est stressante pour les agents de terrain en particulier. Il n'empêche que vous avez choisi de revenir et de reprendre votre place de chef d'équipe. Vos responsabilités sont de maintenir la cohésion parmi vos subordonnés et de veiller à la bonne marche des enquêtes. Dans ce but, ils doivent travailler ensemble et de manière efficace, ils doivent sentir que chacun d'eux est une partie d'un tout qui doit œuvrer comme une seule entité. Je sais que ça parait cliché mais ce n'est que lorsqu'ils sont en parfaite harmonie qu'une équipe travaille comme une mécanique bien huilée, un grain de sable peut grippée cette belle machine et d'un seul coup, tout déraille. »
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Là, le directeur fit une pause afin que son subordonné intègre bien ce qu'il venait de lui assener sans détour et sans fioriture.
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« C'est ce qui se passe en ce moment avec votre équipe, Agent Gibbs. Et ce n'est pas un grain qui la grippe mais deux et la mécanique pourrait bien finir par se briser totalement. DiNozzo fait de son mieux pour ignorer l'attitude ouvertement déplacée de ses subordonnés mais à la longue, il pourrait s'essouffler et terminer sa course ailleurs qu'à son poste. J'ignore si vous avez remarqué mais l'agent jovial que vous avez laissé a disparu, il a choisi de répondre à la sollicitation de vos agents en devenant plus sérieux et cette attitude a engendré plus de problèmes que de solutions. Quoi qu'il fasse ou qu'il dise, il est rabaissé et remis en place par l'Agent McGee en un rien de temps et menacé des pires sévices par l'Officier David. Et je ne plaisante pas sur ces deux points, j'ai reçu plusieurs mémos à ce sujet. »
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Il regarda l'ancien Marine qui restait engoncé dans son fauteuil sans rien dire, écoutant mais semblant ailleurs. Vance se demanda soudain s'il écoutait une seule de ses paroles.
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« Agent Gibbs, êtes-vous avec moi ou avez-vous décidé de laisser votre esprit vagabonder ailleurs ? » finit-il par demander.
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Gibbs planta son regard dans celui du directeur et lui fit un signe de la tête.
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« Je suis là et j'écoute, Directeur » confirma-t-il. « Je suis simplement impuissant devant la situation, je ne sais pas comment obliger mes agents à agir ensemble. Chaque fois que DiNozzo doit donner un ordre, je suis obligé de le confirmer et cela devient lassant. La seule solution la plus efficace pour remédier à cette situation serait de transférer DiNozzo vers une autre équipe » déclara-t-il sans grande conviction.
« Si je comprends bien, vous voulez punir votre second pour l'attitude de vos agents juniors ? » s'étonna Vance.
« Je ne vois que cela qui puisse résoudre notre dilemme » confirma Gibbs.
« Tout ce que moi, je vois, c'est que les coupables s'en sortent à bon compte et que celui qui est puni est le moins fautif » grogna le directeur. « Cette solution est inacceptable. DiNozzo n'a pas à payer pour deux subordonnés incapables de respecter la chaine de commandement. Et vous, Agent Gibbs avait tout intérêt à remettre de l'ordre dans votre équipe dans les plus brefs délais sinon je me verrais contraint de prendre les mesures nécessaires et d'appliquer les sanctions qui s'imposeront. »
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Il se leva et se mit à arpenter l'espace derrière son bureau. Il était furieux de voir que Gibbs se déchargeait du problème en décidant purement et simplement d'éliminer l'élément le plus important de son équipe. Comment pouvait-il choisir d'écarter le seul Agent qui était capable de le canaliser et de le supporter dans ses pires moments. Il avait entendu suffisamment d'histoires pour le savoir, la légende 'Gibbs' était un sujet de discussion fréquent parmi le personnel et l'objet des rumeurs de l'agence.
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« Réfléchissez à ce qui pourrait être mis en place pour que votre équipe retrouve sa cohésion totale dans les meilleurs délais » ordonna-t-il à son subordonné. « Je dois retrouver ma meilleure équipe au top niveau sans pour autant que vos problèmes ne mettent des vies en danger et celle de DiNozzo en particulier. Je compte sur vous, Agent Gibbs. Vous pouvez disposer » termina-t-il en faisant un geste de la main en guise d'au revoir.
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Gibbs sortit du bureau directorial totalement perdu. Il n'avait pas la moindre petite idée de la manière de procéder pour ressouder son équipe. Plus le temps passait, plus il lui semblait impossible de corriger les dommages causés par McGee et David. Ses propres relations avec DiNozzo n'étaient pas un exemple à suivre et il semblait pourtant que ses deux subordonnés avaient calqué leur attitude sur la sienne en ce qui concerne son second.
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Il se débattait toujours pour savoir si certaines images qui pointaient leur nez à des moments inopportuns étaient des souvenirs ou simplement des illusions qu'il souhaitait réelles. Comment dans ces conditions pourrait-il confronter son bras droit en ayant à l'esprit que ce qu'il voyait pouvait s'avérer avoir existé ? Ce n'était certes pas la meilleure disposition pour avoir une discussion surtout si l'italien ne souhaitait pas s'entretenir avec lui.
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Devait-il au contraire contourné le problème et confronter plutôt ses Agents juniors avant toute chose ? Certes, les plaintes déposées par chacun d'eux – et pour des motifs parfois futiles – pouvaient constituer une raison pour démarrer une conversation anodine avant de la diriger vers les dissensions qui régnaient dans l'équipe et tenter d'en connaître les véritables mobiles. Le fait que DiNozzo se soit comporté comme lui ou avait tenté d'imposer son style paraissait bien léger pour expliquer le comportement de ses Agents.
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Gibbs soupçonnait que les causes étaient plus sérieuses mais qu'aucun de ses trois Agents n'avait envie de les exposer au grand jour. Bon sang ! DiNozzo était dans son droit de faire sanctionner McGee et David, désobéir à un ordre direct qui conduit à une blessure lors d'une enquête sur le terrain est passible de mesures disciplinaires. Pourquoi l'italien avait choisi de ne rien faire ?
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Il allait vraiment devoir interroger son second à ce sujet et l'instant semblait aussi bien adéquat qu'un autre, surtout dans la mesure où aucune affaire ne les monopolisait.
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Le prochain chapitre en ravira sans doute certaines.
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A bientôt pour la suite.
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Chtimi
