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Malgré l'absence d'Internet à la maison, je vous poste ce nouveau et très long chapitre depuis un lieu public.

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J'attends vos coms comme d'habitude avant de vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d'année. Attention sur les routes, relevez le pied et modérez votre consommation d'alcool.

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Bonne année à toutes et tous, qu'elle vous apporte plus et mieux que l'année qui s'achève.

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Chapitre 11 : Interview surprise

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Après avoir fait conduire leur suspect en salle d'interrogatoire, Gibbs et David passèrent un bon moment à l'observer depuis la salle attenante à travers le miroir sans tain. Jefferson resta parfaitement immobile et détendu, ne montrant aucun signe d'impatience. Il attendit calmement et placidement, et pratiquement sans bouger, qu'un agent vienne lui poser les questions sensées l'obliger à admettre sa culpabilité.

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Finalement, de sa façon habituelle, brusque et silencieuse, Gibbs fit son entrée dans la pièce. Il s'installa sur la chaise face à Jefferson et dévisagea le meurtrier du Marine. Le suspect paraissait inoffensif et pourtant, il n'avait pas hésité à étrangler un soldat plus costaud que lui. Il était de son devoir de lui rendre justice en conduisant son tueur en prison après lui avoir extorqué une confession en bonne et due forme.

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Gibbs passa la demi-heure suivante à tenter d'intimider Jefferson pour l'obliger à leur faire des aveux. Le tueur le regarda, le testa à plusieurs reprises mais ne souffla pas un mot sur le meurtre dont il était accusé. Ce fut donc un agent bien plus qu'irrité qui sortit de la salle d'interrogatoire et dut avouer sa défaite pour la première fois devant ses agents, son directeur et son ami du FBI, l'Agent Fornell. Autant dire que l'irritation qu'il ressentait allait être perceptible dans son attitude des prochaines heures.

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L'officier du Mossad tenta ensuite sa chance, elle entra d'un pas assuré dans la salle que Gibbs venait de libérer. Son air froid était censé faire peur mais Jefferson la regarda de bas en haut à deux reprises avant de détourner son regard. Elle aussi tenta de le faire plier mais aucune de ses techniques d'intimidation ne fonctionna. Le meurtrier ne succomba pas non plus aux menaces à peine voilées qu'elle lui susurra à l'oreille.

Elle ressortit également vaincue de la pièce et gagna la salle d'observation, un air dépité inscrit sur son visage, la démarche rigide et le corps tendu comme si elle s'attendait à recevoir une réprimande. Mais ce qui lui dit Gibbs la rassura plutôt.

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« Il est particulièrement coriace, il faudra certainement plusieurs séances pour le faire plier » lui dit-il en posant une main sur son épaule.

« J'ai comme le sentiment qu'il n'avouera pas, Gibbs et c'est ce qui est le plus ennuyeux. Sans ses aveux, nous n'avons rien pour l'accuser » grogna-t-elle, frustrée.

« Nous verrons » répondit simplement Gibbs. « Nous avons toujours son empreinte digitale sur la victime qui peut être suffisant pour le confondre. »

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L'équipe retourna dans le bullpen et presque immédiatement, le téléphone de Gibbs sonna. Vance avait regagné son bureau depuis un moment et l'attendait, lui et l'israélienne. Sitôt la porte du bureau directorial franchie, Gibbs constata la présence de Fornell qui l'avait devancé. Vance demanda les résultats de l'interrogatoire.

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« Qu'avez-vous obtenu de notre suspect, Agent Gibbs ? »

« Rien, il n'a pas desserré les dents durant la matinée, ni durant ma présence, ni celle de Ziva » avoua-t-il sans détours.

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Vance s'adossa contre le dossier de son fauteuil et observa un moment l'ancien Marine puis l'israélienne. Il spéculait sur la réussite de son plan et opta finalement pour le mener à son terme, il voulait prouver un fait et il avait maintenant une raison de mettre ces deux-là devant leur défaite.

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« Bien puisque le meilleur interrogateur du NCIS, ni même celui du Mossad ne sont parvenus à extraire un seul mot de notre suspect, il me semble que nous allons devoir utiliser notre dernier atout » spécula Vance en regardant alternativement chacune des personnes debout devant son bureau.

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Ce fut à ce moment précis que son téléphone sonna et qu'il répondit à sa secrétaire de faire entrer son visiteur. Curieux, Gibbs, Fornell et David se tournèrent vers la porte pour voir qui était leur dernier espoir. Quelle ne fut pas la surprise de certains de constater que DiNozzo pénétrait dans la pièce d'un pas hésitant.

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« Entrez, Agent DiNozzo » l'invita le directeur-adjoint d'un geste de la main.

« Vous avez requis ma présence, Directeur ? » demanda l'italien sans même jeter un coup d'œil vers son patron ou sa collègue mais échangea une poignée de mains avec Fornell.

« Oui, nous avons un dilemme et je pense que vous pouvez nous aider à le résoudre » lui expliqua Vance.

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Un ricanement retentit et les hommes constatèrent que la jeune femme l'avait émis.

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« Il n'a pas l'étoffe suffisante pour se mesurer à un tueur de l'acabit de Jefferson si c'est à quoi vous pensez, Directeur. Si Gibbs ou moi n'avons pas pu le faire parler, qu'est-ce qui vous faire croire qu'il le pourra ? » questionna-t-elle le directeur tout en désignant Tony d'un vague geste de la main dans sa direction.

« Tout simplement, Officier David, si deux interrogateurs ont échoué, nous allons changer de tactique et lui envoyer non pas un autre interrogateur mais un interviewer. DiNozzo n'a pas son pareil pour faire parler les plus récalcitrants même si ses méthodes ne vous paraissent pas orthodoxes » répliqua Vance d'un ton légèrement railleur.

« Vous voulez que moi, je discute avec lui ? » s'étonna Tony d'un ton incrédule. « Directeur, je ne suis sans doute pas le plus qualifié pour ça. »

« Vous y arriverez, vous avez quelques bonnes cartes à jouer » le coupa le directeur. « Si vous parvenez à le déstabiliser suffisamment, vous parviendrez à le forcer à avouer. J'ai toute confiance en vos capacités à le faire parler et surtout obtenir une confession. »

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Vance avait tenu à regarder leur suspect être conduit en salle d'interrogatoire après que l'Agent Colson ait relaté à son supérieur direct leur petit tour à Baltimore pour récupérer le prisonnier. Colson avait précisé que Jefferson avait eu les yeux rivés sur l'italien durant tout le trajet depuis sa cellule au poste de police jusqu'à celle du NCIS. Selon cet agent, l'homme devait avoir 'craqué' pour DiNozzo.

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Le directeur faisait donc référence au regard si particulier que Jefferson avait eu en croisant Tony lorsqu'il avait été transféré de sa cellule en salle d'interrogation. Un regard que le directeur avait capté et qui en disait long sur l'appréciation du tueur pour l'italien. Un regard de concupiscence et de convoitise, un regard brûlant de désir. Il ignorait si Jefferson aimait les hommes mais ce regard ne pouvait tromper.

« Vous êtes notre dernier espoir de le mettre sous les verrous, DiNozzo, ne gâchez pas cette chance » le pria gentiment Vance.

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Puis tout le monde sortit de la pièce pour se rendre à nouveau dans la salle d'observation. Au passage du bullpen, Ziva interpella McGee et le mit au courant de la situation et l'air abasourdi du jeune homme démontrait son incrédulité de voir l'italien tenter de faire plier le tueur. Personne ne remarqua que Tony était le dernier à être descendu et ne le vit s'emparer d'un dossier épais posé sur le coin de son bureau.

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Tandis que les observateurs s'engouffrèrent dans la salle d'observation, Tony prit une minute pour se concentrer et se souvenir de tout ce qui lui serait utile et qui était contenu dans la chemise qu'il avait entre les mains. Il carra les épaules et s'avança vers la salle d'interrogatoire, il salua l'agent posté devant la porte, tourna la poignée et franchit le seuil d'un pas ferme. Il s'installa rapidement à la table, posa lentement le dossier dessus puis fixa leur suspect.

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Jefferson avait eu l'intention de se moquer du prochain agent qui entrerait dans la salle mais ses propos restèrent coincés dans sa gorge lorsqu'il constata qui pénétrait dans la pièce. Il avait à peine entrevu l'homme après le transfert mais il se souvenait parfaitement de sa réaction à sa vue. Son corps lui avait fait comprendre qu'il aimerait passer quelques heures (mais certainement bien plus que ça) avec lui pour le simple plaisir de 'l'aimer' de sa manière si particulière.

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Lorsque son regard croisa les prunelles vertes si lumineuses de l'agent silencieux, Jefferson avala convulsivement. Dieu qu'il donnerait n'importe quoi pour l'avoir entre ses bras et pouvoir lui démontrer l'effet qu'il lui faisait. Mais pour l'instant, il n'avait que la satisfaction de pouvoir le reluquer, du moins la partie de son corps qu'il pouvait regarder. Ses yeux allaient et venaient de son visage à son torse lentement tentant de mémoriser les traits de l'homme qu'il convoitait.

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Tony prit le temps, lui aussi, d'étudier les réactions de son vis-à-vis. Il fut cependant interloqué de constater que le tueur avait l'air de l'apprécier. Sachant ce dont il était capable, l'italien ne fut pas surpris et put donc masquer son dégoût et sa répulsion. Il avait besoin de laisser Jefferson penser qu'il avait un avantage sur lui alors que l'agent fédéral connaissait certaines choses que le tueur ne pouvait soupçonner.

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Puis, sans crier gare, Tony repoussa la chaise et se leva, fit quelques pas à reculons jusqu'à ce que son dos soit collé au miroir. Il laissa Jefferson l'apprécier dans toute sa splendeur durant quelques minutes. Les yeux du tueur s'illuminèrent de convoitise qui envoya un frisson dans le dos de Tony. Il devait cependant rester calme et impassible s'il voulait prendre l'avantage sur Jefferson. Ne pas laisser l'homme songer qu'il lui faisait cet effet était primordial pour la suite de l'entretien.

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Tandis que les deux hommes s'évaluaient, ceux qui étaient postés dans la salle d'observation se regardèrent, l'air perplexe. Oh, certains d'entre eux connaissaient les méthodes de DiNozzo qui pouvait passer plusieurs heures enfermé là avec un suspect et ne pas décrocher un mot jusqu'à ce que la tension soit insoutenable et que le silence soit brisé par le meurtrier ou le témoin récalcitrant.

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Mais sachant que ce tueur-là n'était pas impressionné le moins du monde par des interrogateurs de l'acabit de Gibbs et David, que pouvait donc bien faire DiNozzo pour l'amener à confesser un crime qu'il ne voulait pas reconnaître ? Chacun avait les yeux rivés sur le miroir et l'attente commençait à peser pour certains. McGee se dandinait d'un pied sur l'autre, Ziva se rongeait les ongles, Gibbs serrait les poings, Fornell croisait et décroisait les bras. Seul Vance semblait à l'aise.

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« Bon sang, qu'est-ce qu'il attend ? » lança soudain le jeune agent.

« Le moment opportun » déclara calmement Gibbs malgré son impatience.

« Je parie 20$ qu'il ne parviendra pas à lui soutirer deux mots » poursuivit McGee.

« Pari tenu » dit aussitôt Ziva.

« Je participe pour 50$ que DiNozzo lui extorque des aveux » déclara calmement mais fermement le directeur. « J'espère que votre portefeuille est bien garni, Agent McGee. »

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L'informaticien n'eut pas le courage de renier son pari et dut accepter l'enjeu élevé de son supérieur. Gibbs et Fornell le dévisagèrent avec attention se demandant s'il plaisantait mais devant son air sérieux, les deux hommes décidèrent, sans même se consulter, de tenir le pari.

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« Je vous suis, Directeur et pour la même somme » annonça donc Fornell.

« Moi de même, Léon et pour un montant identique » ajouta Gibbs.

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Le dos tourné aux autres occupants, Vance esquissa un sourire carnassier. McGee allait devoir sortir la monnaie et apprendre à ne pas sous-estimer trop vite son collègue.

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Gibbs et Fornell échangèrent un nouveau regard et tandis que le premier haussait les sourcils et esquissait un sourire ironique, le second levait les yeux tout en soupirant et en secouant la tête. Quand donc ces deux-là apprendraient-ils à avoir un peu plus confiance dans les capacités de l'italien ?

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Ziva s'approcha un peu et serra la main de son collègue dans un geste d'encouragement mais ne dit rien. Elle espérait également que l'italien serait aussi infortuné que Gibbs et elle ; s'il y avait bien une chose qu'elle n'aimait pas, c'était de s'avouer vaincue face à DiNozzo et encore plus si c'était dans une discipline dans laquelle elle était sensée le battre à plates coutures.

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McGee déglutit douloureusement lorsque les trois hommes renchérirent sur son pari, il pria pour que l'italien soit aussi malchanceux que l'ancien Marine et l'officier du Mossad. Avoir à débourser 150$ à cause de DiNozzo lui ferait aussi mal au cœur qu'au portefeuille. Que lui avait-il donc pris de faire ce stupide pari ?

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C'est donc avec des intentions variées que le groupe reporta son attention vers la salle d'interrogatoire.

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Puis soudain, l'action prit place lorsque Tony quitta sa position et s'avança vers la table qu'il contourna. Il se pencha vers l'oreille de Jefferson et murmura quelques mots qui firent réagir le tueur. Gibbs qui lisait sur les lèvres ne put déchiffrer le message, DiNozzo s'était tourné pour n'être pas visible. Le visage de Jefferson s'éclaira d'un sourire et il tourna la tête vers Tony, fit un signe d'assentiment avant de suivre les mouvements de l'italien qui venait de reprendre place sur la chaise.

« Bien » commença Tony. « Vous voulez nous expliquer les raisons qui vous ont poussé à tuer le lieutenant Grant Adams, Jefferson. »

« Qui ? » s'étonna leur suspect.

« Votre victime du Parc Anacostia » précisa tranquillement Tony.

« Oh, lui ! » fit le tueur d'un air presque ennuyé. « Il ne voulait pas se soumettre et me suivre gentiment. J'ai forcé un peu et ma main a serré trop fort sa gorge. »

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« Bien joué, DiNozzo » murmura Fornell. « J'ignore ce qu'il lui a dit mais ça marche, on dirait. »

« Je savais qu'il pouvait l'obliger à parler, DiNozzo a un don spécial qui nous sert bien aujourd'hui » affirma Vance. « Trop de personnes tendent à le mésestimer et s'en mordent parfois les doigts. »

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Et le directeur entendit deux soupirs qui ne pouvaient assurément provenir que des deux jeunes subordonnés de Gibbs et son sourire s'élargit encore plus.

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« Et vous avez choisi de laisser le corps sur place. Pourquoi ? »

« Je n'avais pas pu jouer avec lui, donc il ne méritait pas d'autres égards que de finir là, seul et abandonné » expliqua calmement le tueur sans l'ombre d'un remords.

« Ce n'est pourtant pas votre 'modus operandi' habituel, n'est-ce pas, Charles » questionna Tony. « Vous permettez que je vous appelle Charles, nous allons passer un peu de temps ensemble et c'est plus… amical » termina-t-il après un instant d'hésitation comme s'il cherchait le mot approprié.

« Je vous y autorise, Agent… » dit Jefferson en laissant traîner sa voix dans l'intention d'obtenir le nom de son interlocuteur.

« Je suis Agent Spécial pour vous, Charles » le coupa Tony sans préciser ni son nom, ni son prénom. « Répondez à ma question, s'il vous plait. C'est rare qu'un tueur en série modifie son mode opératoire. »

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La stupeur qui se peignit sur les traits de Jefferson conforta Tony dans la véracité de sa théorie du tueur en série. Jamais personne n'avait dû le soupçonner d'être un tel monstre, il avait pourtant été accusé à deux reprises et relâché faute de preuves suffisantes.

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Dans la salle d'observation, quatre Agents bondirent en entendant la question mais ce fut Fornell qui les coiffa au poteau.

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« Comment ça un tueur en série ? D'où DiNozzo sort-il cette info ? » s'exclama l'homme du FBI.

« Taisez-vous et écoutez donc, Agent Fornell » l'admonesta Vance. « Et je suis étonné que vous soyez surpris par cette information après ma conversation avec votre directeur. »

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Le directeur se félicitait intérieurement, il avait bien joué en autorisant DiNozzo à discuter avec Jefferson. La visible attirance du tueur pour l'italien était un atout qu'il devait exploiter et il semblait qu'il allait récolter bien plus qu'un simple meurtre. Et c'était sans aucun doute les pistes que Tony lui avait dit suivre pour consolider le dossier. Il allait devoir sans souvenir afin de soutenir l'Agent contre toute accusation de dissimulation que Gibbs ne manquerait pas de soulever à nouveau dans peu de temps.

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« Vous prêchez le faux pour connaître le vrai, Agent Spécial » s'exclama Jefferson d'un ton réjoui.

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Cet interrogatoire promettait d'être intéressant.

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« Oh, pas du tout » répondit Tony d'un ton si convainquant que Jefferson douta un instant. « Je sais que Grant Adams est votre dernière victime mais pas la première non plus. Voyons voir, nous avons dans l'ordre James Carson, Mary Stewart, Brian Carter, Scott Barton, Christie Parker, Liam Patterson, Thomas Black, Philip Tillman, Alan Forbes, Leslie Zimmerman et enfin Grant Adams. Le compte est bon même si vous aviez prévu une victime supplémentaire, n'est-ce pas ? » termina-t-il.

« Comment avez-vous trouvé tout ça ? » rugit Jefferson confortant Tony dans sa théorie.

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Tony dévisagea un instant le tueur avant de se décider à lui répondre autant pour son bénéfice que celui des spectateurs de la salle d'observation.

« En réfléchissant intensément. Même si Adams a démérité, il n'empêche que votre méthode pour l'éliminer est très distinctive. Votre signature, en quelque sorte. Un tueur en série qui souhaite une certaine reconnaissance de son œuvre autant de la part du public que de la police la signe de façon identique afin que nous autres, pauvres flics ignorants, sachions que c'est lui l'auteur des crimes. Lorsqu'il a trouvé la manière de perpétrer ses meurtres, il modifie rarement son mode opératoire. Il a suffi que je cherche ceux qui correspondaient à votre propre schéma pour trouver votre chapelet d'indices. Et que dire du reste. C'est rare qu'un meurtrier laisse le corps de sa victime être découvert par la police pour ensuite le subtiliser à la morgue avant son autopsie et le préparer pour son repos éternel. »

« Vous savez, Agent Spécial, je dois vous tirer mon chapeau » dit Jefferson, l'admiration évidente dans sa voix. « Vous êtes le seul flic… ou devrais-je dire fédéral, qui ait deviné mon petit secret. Vous êtes définitivement mon préféré, Agent Spécial et vous seriez mon plus précieux trophée aussi. Dommage que je doive attendre plusieurs années pour vous ajouter à ma collection » soupira Jefferson avec regret.

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Prudemment, Tony choisit de ne pas relever la remarque du tueur, il ne voulait pas perdre le fil de son interrogatoire même si Vance préférait l'appeler interview.

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« Dites-moi, Charles, qu'est-ce qui vous a fait choisir de les embaumer ? Ce n'est pas facile de pratiquer une telle opération » demanda Tony, une pointe de curiosité évidente dans sa voix. « Oh mais j'oubliais que vous aviez une certaine expérience » souligna-t-il en farfouillant dans le dossier placé devant lui. « Oui, c'est ça, quelques mois dans un établissement de pompes funèbres il y a… voyons voir, six ans. Tiens, juste quelques mois avant votre premier meurtre. Curieuse coïncidence, n'est-ce pas ? Ou peut-être pas après tout. »

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« Mais d'où sort-il ça ? On a passé sa vie au peigne fin et on n'a pas trouvé trace de cette activité » se plaignit McGee.

« Faut croire que vous n'avez pas fait votre travail correctement, McGee » grogna Gibbs. « Ou que vous avez jugé qu'un emploi de si courte durée ne valait pas la peine de s'y intéresser. »

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McGee enrageait, DiNozzo allait le faire passer pour un incompétent parce qu'il n'avait pas découvert ce petit travail qui semblait avoir son importance dans la vie de Jefferson. Un travail qui était, de toute évidence, à l'origine de son activité meurtrière.

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« Juste une coïncidence, Agent Spécial, je vous assure » tenta de le convaincre Jefferson.

« Dans ce cas, pour quelles raisons entreposez-vous des produits utilisés à cette fin dans le hangar à bateaux de votre ancien employeur avec vos seules empreintes dessus ? Et expliquez-moi pourquoi un homme qui n'a ni femme, ni enfants, plus de parents vivants, pas de famille proche achète-t-il une crypte de douze emplacements ? » s'étonna Tony en le fixant droit dans les yeux. « Ne me dites pas, Charles que c'est pour investir dans la pierre parce ce que je ne vous croirais pas. »

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« Bon sang, c'est vraiment de plus en plus palpitant » gloussa Fornell. « DiNozzo est vraiment incroyable. »

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Gibbs, sans pourtant le montrer, se sentait fier de son second. Il était parvenu à inciter Jefferson à parler et non seulement ça mais il l'amenait à avouer d'autres crimes. Pourtant, il allait devoir le réprimander pour avoir, encore une fois, dissimulé des informations vitales pour leur enquête. Quand donc l'italien apprendrait-il donc à lui accorder de nouveau sa confiance ?

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Vu les circonstances, il pouvait comprendre que son Agent soit enclin à faire de la rétention d'informations. N'avait-il pas ignoré ses intuitions dans leurs dernières affaires ? Ou simplement balayé d'un geste négligent ses théories qui, à la fin, s'avéraient exactes.

Quand donc apprendrait-il lui aussi à refaire confiance à Tony ? Ses souvenirs, de plus en plus nombreux, montraient qu'il était un agent compétent et intuitif. Pourtant, l'ancien Marine hésitait à le reconnaitre ouvertement. Pour quelles raisons diminuait-il l'importance de son second ? Pourquoi remettait-il en question ses théories parfois farfelues mais qui s'avéraient aussi souvent correctes ?

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Il allait devoir revoir son attitude envers l'italien s'il voulait le garder à ses côtés le temps de démêler le vrai du faux au sujet de ses incessantes images qui peuplaient ses rêves la nuit et envahissaient parfois même ses journées.

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« Comment avez-vous découvert mon tombeau ? » s'écria Jefferson visiblement anéanti à cette nouvelle. « Je n'ai même pas utilisé mon nom pour la transaction ! »

« Vous auriez dû choisir un nom d'emprunt un peu moins évident que le nom de jeune fille de votre grand-mère maternelle » ironisa Tony. « Voyez-vous, Charles, en temps qu'enquêteur, j'ai la fâcheuse tendance à fouiller assez loin dans la vie des suspects de votre genre. Je vérifie des détails que d'autres négligent de contrôler. Je farfouille jusqu'à ce que je trouve ce que je cherche, j'examine la vie de leurs proches parce que quelque chose peut souvent s'avérer utile. Et j'ai eu de la chance » s'exclama l'italien en s'adossant à la chaise tout en écartant les bras pour renforcer sa déclaration.

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Il dévisagea le meurtrier et soutint son regard sans faiblir tout en se demandant comment il trouvait la volonté de ne pas se lever et le battre comme plâtre, là, juste à l'instant. Il était aussi dégoûté de voir par instant, une lueur lubrique traverser les yeux du tueur. Son estomac se révulsait à chaque fois qu'il l'apercevait. Mais si c'était ce qu'il fallait pour le convaincre d'avouer les meurtres.

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« Voyons donc, cela fait plus de dix-huit heures que vous êtes entre nos mains » continua Tony. « Le juge a signé le mandat nous autorisant à procéder à l'ouverture de la crypte il y a maintenant… oh, bien six heures » dit-il en regardant sa montre. « Nous avons désormais plus de preuves qu'il ne nous en faut parce que, aussi méticuleux que vous ayez été, il y a eu un indice pour nous mener à vous et nous trouverons d'autres preuves pour vos précédentes victimes. Il y a près d'une douzaine de jeunes gens qui attendent que vous soyez reconnu coupable et exécuté pour reposer dans leur dernière demeure, celle que leurs proches auront choisie pour eux et tout autant de familles qui vont enfin trouver la paix. »

« Vous n'avez pas le droit de profaner mon œuvre, ce sont mes créations » cria Jefferson en tentant de se lever malgré les chaînes qui le retenaient. « Ils sont miens pour toujours, vous ne devez pas les sortir de leur sommeil éternel et les emmener loin du lieu que je leur ai choisi. Vous n'êtes rien d'autre qu'un autre incroyant, un inculte qui ne connait rien à ce que je voulais faire. »

« Vous en êtes sûr, Charles ? » le railla Tony. « 12 jeunes gens comme les 12 apôtres, les 12 fils de Jacob, les 12 tribus d'Israël, les 12 portes de la Jérusalem céleste, les 12 muses, les 12 divinités olympiques, les 12 travaux d'Hercule, les 12 mois de l'année, les 12 signes du zodiaque, les 12 pieds d'un alexandrin, les 12 dans du judo… » énuméra l'italien en ne quittant pas le regard douloureux de Jefferson. « Et je suis sûr que je peux en trouver plus. Vous êtes obsédé par ce chiffre, obsédé au point de vouloir créer votre propre repère. Vous avez assez parsemé de détails à votre domicile pour que je le remarque. Dans votre délire, vous avez simplement omis deux détails cruciaux lorsque vous avez choisi vos victimes » lui notifia Tony en grimaçant.

« Ah, oui ! Lesquels donc » ne put s'empêcher de demander Jefferson.

« Vous avez décidé de vous attaquer à un gros poisson en tuant un Marine et vous avez perpétré vos crimes à Washington » lui accorda l'italien. « En soi, ce sont ces deux erreurs qui vous ont perdu parce que le NCIS et l'Agent Gibbs en particulier ne vous auraient jamais laissé de répit, ils vous auraient trouvé quoi qu'ils leur en auraient coûté. »

« Vous êtes celui qui m'a démasqué, Agent Spécial » rappela le tueur.

« Je fais partie d'une équipe, je n'ai pas travaillé seul » le contredit Tony même s'il lui en coûtait de l'énoncer.

« Je veux une cellule portant le chiffre 12 » tenta Jefferson d'une voix misérable.

« Voyez-vous, Charles, ce nombre si fascinant pour vous, ce nombre sublime sera celui qui présidera la fin de votre destinée lorsque l'horloge sonnera les 12 coups de minuit lors de votre exécution » déclara Tony avec une grande satisfaction en voyant le regard effaré du tueur. « Et pour faire bonne mesure, je glisserai dans l'oreille du juge que vous désirez mourir le douzième jour du mois. »

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Et sur cette dernière réplique, Tony attrapa son dossier et quitta la salle d'interrogatoire où Jefferson venait de s'effondrer sur la table en gémissant. Tony se dirigeait vers son bureau lorsque soudain, il prit la direction de la salle d'observation où le groupe d'agents étaient encore postées devant le miroir, des expressions variées peintes sur les visages. Pourtant, ce fut Gibbs qui reprit contenance le plus rapidement pour réprimander son second.

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« Encore une fois, DiNozzo, tu as dissimulé des informations sur une affaire cruciale » l'accusa-t-il. « Comment veux-tu que ton équipe te fasse confiance lorsque tu agis de cette manière ? »

« Je suis l'exemple de mon mentor, Gibbs » le contra l'italien. « Parce que je te rappelle que tu l'as fait toi-même à deux ou trois reprises sans te préoccuper de notre opinion. »

« Pour votre gouverne, Agent Gibbs, votre second m'a fait part de cette découverte cette nuit alors que vous étiez tous les trois déjà partis » interrompit Vance. « Il a continué ses recherches, trouvé des similitudes très troublantes et faute de pouvoir en discuter avec vous, il s'est tourné vers moi. Il m'a exposé l'affaire et nous avons convenu de tenter d'obtenir l'accord d'un juge pour pénétrer dans la crypte. »

« Et pour quelle raison suis-je mis au courant seulement maintenant » scanda Gibbs en colère.

« Vous et Miss David avez jugé que votre première occupation serait de briser votre suspect, vous n'avez pas cherché à savoir si de nouvelles informations étaient disponibles, vous avez rembarré DiNozzo lorsqu'il a tenté de vous parler ce matin et ne le niez pas, j'y ai assisté » expliqua Vance.

« Pourquoi ne pas nous en avoir informés lorsque vous nous avez appris qu'il interrogerait Jefferson ? » s'enquit Gibbs, frustré et presque humilié de se voir remettre à sa place.

« Oh, j'avais envie de voir votre tête lorsque vous vous rendriez compte que votre second avait résolu l'affaire presque à lui seul » lança le directeur en souriant. « Vous n'avez cessé de le faire taire alors qu'il voulait vous faire part de ses recherches, vous avez relégué votre bras droit au rôle de sous fifre durant vos dernières enquêtes, ceci était donc une façon de vous prouver qu'il valait bien mieux que d'être traité comme un bleu » révéla l'homme avec toute l'ironie dont il était capable.

« Eh, bien, pour ma part, je lui tire mon chapeau » dit Fornell avec enthousiasme. « Je crois que nous serions passés à côté de quelques affaires non résolues si vous vous étiez bornés à résoudre le meurtre de votre Marine sans approfondir plus loin. Gibbs, je pense qu'il te manque un élément indispensable dans ton équipe mais que ton obstination est ton pire ennemi et que tu ne veux pas voir ce qui est évident. C'est dommage parce que tu perds un avantage inestimable pour résoudre tes affaires avec plus de rapidité et d'efficacité. »

« De quoi parles-tu, Tobias ? » aboya Gibbs, mécontent de se faire admonester ainsi par un ami et devant ses agents qui plus était.

« Réfléchis et tu trouveras sans doute » lui répondit énigmatiquement Fornell qui échangea un regard de connivence avec Tony. « Sur ce, je vais rejoindre mon propre bureau » décréta-t-il en se dirigeant vers la porte. « Nous allons avoir du pain sur la planche avec tes découvertes, Tony. Si tu pouvais avoir l'amabilité de me fournir une copie de ton dossier, je pourrais mettre des équipes sur le coup et apporter la paix à plusieurs familles. »

« Sans problème, je te fais ça d'ici quelques minutes et je te le fais parvenir par mail » approuva l'italien.

« Très bien, j'attends avec impatience de le lire parce que ta démonstration était époustouflante mais la lecture ne le sera pas moins » indiqua Fornell. « Je pense que certains de mes collègues voudront également discuter du sujet avec toi et je pense que tu sais de qui je parle, n'est-ce pas ? »

« Dis à Aaron que je me rendrais disponible quand il le veut » répliqua énigmatiquement Tony.

« Je lui passe le message sans faute. Je pense que je vais devoir demander un transfert de votre prisonnier entre les mains de notre agence au vu du nombre de crimes civils qu'il a commis. »

« Faites votre demande officiellement, Tobias et nous procéderons au transfert sans problème » approuva Vance.

« Très bien, je vais ça rapidement. Sur ce, je vous laisse. »

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Au moment de franchir la porte, l'Agent du FBI se tourna vers le groupe et vit trois Agents dardés un regard hostile vers l'italien.

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« Eh, Tony ! » lança-t-il soudain sur une impulsion. « Félicitations, c'est du bon boulot, du très bon boulot même » déclara-t-il en lui souriant largement.

« Merci, Toby » dit simplement Tony en lui retournant son sourire.

« Et tu seras le bienvenu chez nous le jour où tu décideras que tu ne supportes plus de travailler ici » ajouta-t-il pour faire bonne mesure.

« Je le sais, je te promets d'y songer lorsque le moment viendra » lui répondit l'italien sans remords et sans égard pour ses collègues.

« Oh, j'allais oublier » s'exclama-t-il soudain. « Je crois que vous me devez quelque chose, Agent McGee » continua-t-il en tendant la main.

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Tony regarda son collègue sortir son portefeuille et tendre un billet à l'Agent du FBI et pas n'importe quelle somme, 50$ mais le faire avec réluctance et en pinçant les lèvres.

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« Apprenez donc à juger les gens avec des critères qui ne sont pas forcément les vôtres, vous ne vous en porterez que mieux » lui conseilla Fornell en empochant le billet. « Sur ce, je vous salue bien. »

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Fornell ouvrit la porte, sortit de la pièce en secouant la tête, il soupira de frustration. Quand donc Gibbs se rendrait-il compte qu'il poussait purement et simplement DiNozzo vers la sortie ? Il ne serait pas étonné que d'ici quelques semaines ou deux mois tout au plus, l'italien choisisse de quitter l'équipe même si Gibbs clamait haut et fort qu'il était le seul à décider qui faisait partie de son équipe et que personne ne la quittait sans son accord.

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Et tandis que Fornell s'en allait, la tension dans la petite pièce s'alourdissait de minute en minute. Gibbs reconnaissait intérieurement qu'il avait failli faire capoter l'enquête en mettant à l'écart son second, qu'il n'avait pas su gérer le conflit latent entre ses subordonnés et que cette lacune avait bien failli leur coûter cher.

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Il se devait de tenter de rattraper le coup et la meilleure façon était de suivre l'exemple de Fornell. Aussi, même s'il lui écorchait la bouche de prononcer ces paroles, il se devait de le faire sous peine de se maudire plus tard pour n'avoir pas su les dire.

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« Fornell a raison, DiNozzo » commença-t-il sentant le regard accusateur de ses agents sur lui. « Félicitations pour un travail remarquable. Mais si jamais tu retiens à nouveau des informations vitales pour une affaire aussi importante, tu seras viré dans l'instant. J'espère que je me fais bien comprendre ? » ajouta-t-il quand même pour faire bonne mesure.

« La prochaine fois, si prochaine fois il y a, Agent Gibbs, je procéderais de la même manière que pour cette enquête, je m'adresserais à qui de droit si vous persistez à me dénier la permission de faire part de mes recherches sous prétexte que vous n'accordez aucun crédit à mon travail ou plutôt que VOS Agents vous incitent à suivre leur avis à ce sujet » l'avertit Tony en croisant son regard sans défaillir. « Votre opinion personnelle à mon encontre ne se mettra pas à nouveau en travers d'une enquête. J'espère que je suis compris également ? » ironisa-t-il en soutenant toujours le regard de l'ancien Marine sans fléchir.

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Gibbs sourit en secouant la tête, il n'y avait que l'italien pour oser le défier de cette façon et lui renvoyer en pleine figure ses propres paroles. Du coin de l'œil, il voyait McGee et David faire des yeux ronds comme des boules de billard. Les deux agents n'auraient jamais eu le culot de le rembarrer comme l'italien venait de le faire et s'ils en avaient le courage, certainement pas devant témoins.

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Vance souriait largement lui aussi. Il admirait pleinement le jeune Agent de tenir tête à l'ancien Marine et de le faire devant ses collègues. Il estimait qu'il était temps qu'il intervienne pour tenter de secouer ces deux-là, de leur faire voir que l'italien n'était pas qui il pensait qu'il était et il avait une petite idée pour les mettre devant l'évidence.

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Il se dirigea à son tour vers la porte et comme Fornell et Gibbs avant lui, il décida de joindre ses propres félicitations aux leurs.

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« DiNozzo, je suis fier de vous » déclara-t-il avec une telle sincérité qu'elle transparut dans son ton. « Vous avez mené cette affaire d'une main de maître et prouvé votre théorie envers et contre tout malgré le scepticisme de votre équipe. Et vous avez surtout rehaussé l'estime du FBI envers notre agence en démasquant un tueur en série qui sévissait depuis plusieurs années sans qu'il soit inquiété. Je suis certain que les journaux télévisés vont, pour une fois, nous rendre justice et que cette publicité sera un atout pour notre agence. Félicitations » dit-il en revenant sur ses pas et en tendant la main au jeune homme.

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Tony le regarda, l'air hébété, avant de lui serrer la main tandis qu'il rougissait légèrement sous les compliments du directeur. Vance jeta un regard vers le reste de l'équipe et soupira intérieurement. Il devait mettre les choses au point avant de sortir.

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« Agent McGee, Officier David, que je n'entende aucune critique ou aucune remarque déplacée envers DiNozzo » les avertit-il fermement. « S'il n'avait tenu qu'à vous deux, Jefferson ne serait accusé que d'un seul meurtre et dix familles seraient toujours affligées de ne pas savoir que le tueur de leur enfant était enfin arrêté. Je suis déçu par votre attitude dans cette affaire et je vais surveiller, à l'avenir, votre équipe plus étroitement. Au moindre écart de conduite de votre part, je prendrais les sanctions disciplinaires qui s'imposent. J'espère être clair à ce sujet ? »

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Il scruta les deux jeunes gens qui ne purent qu'opiner de la tête, abasourdis d'être ainsi réprimandés par le directeur et surtout devant leur collègue. Pourtant, Tony ne semblait pas se réjouir de les voir semoncés, il était là mais son esprit paraissait loin de la petite pièce et ses yeux regardaient dans le vague.

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« Et je réclame également mon dû, Agent McGee » termina-t-il en tendant la main.

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Avec autant de réticence qu'auparavant, McGee lui tendit un billet de 50$ que le directeur prit avec un grand sourire. Vance, enfin, sortit de la salle d'observation satisfait d'avoir fait part de son point de vue. Il laissa délibérément la porte ouverte et stoppa à quelques pas. Il espérait presque que l'un des agents se lancerait dans une diatribe contre DiNozzo pour lui donner l'occasion de sévir sans avoir à se justifier.

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« Très bien » finit par dire Gibbs. « Votre rapport sur mon bureau avant la fin de la journée. Allez, dehors et que je n'entende pas une seule remarque » renchérit-il en s'avançant vers la sortie. « Et McGee, vous oubliez que vous me devez mon argent également ? » poursuivit-il. « Si vous ne vouliez pas être débiteur d'une telle somme, il ne fallait pas parier. Sachez donc être beau joueur parce que ceci est finalement uniquement votre faute. »

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Et pour la troisième fois, l'informaticien se délesta d'un autre billet qu'il déposa dans la main tendue de l'ancien Marine qui s'empressa de l'enfouir dans sa poche.

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« Quel était donc la teneur de ce pari ? » demanda enfin Tony mais en ne s'adressant à personne en particulier.

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McGee grimaça mais ne répondit pas, Ziva le regarda avec colère mais ne fournit aucune explication. Quant à Gibbs, il fixa Tony sans le renseigner davantage. Pourtant, quelque chose dans son regard aiguilla l'italien qui se tourna vers le bleu avec un grand sourire sur le visage.

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« Vraiment, oser parier que je ne serais pas capable de le faire avouer ? » s'exclama-t-il. « Moi, celui qui ne sait pas se taire même lorsque ma vie est en jeu ? Je me demande bien comment une telle idée a pu germer dans l'esprit de l'Agent le plus intelligent de l'équipe » continua-t-il d'un ton septique. « Et j'imagine que Miss Mossad a suivi et tenu ton pari, n'est-ce pas, Agent McBluff ? Histoire de te montrer qu'elle te soutient ! Belle preuve de complicité mais à l'évidence, confiance mal placée. »

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McGee allait répliquer et vu son attitude rigide, il voulait le faire de façon spectaculaire mais Ziva plaça une main sur son bras pour le stopper.

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Dans le couloir, Vance sourit et s'empressa de s'éloigner rapidement avant d'être surpris en flagrant délit d'espionnage.

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Gibbs fit signe à ses agents de le précéder avant de les suivre, il ne voulait pas que son départ puisse être le signe pour ses deux agents juniors de désobéir aux consignes qu'ils venaient de recevoir. McGee et David s'en furent les premiers tandis que DiNozzo les suivit à allure plus modérée.

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Gibbs ferma la marche et tandis qu'il lui emboitait le pas, il admira une nouvelle fois le corps athlétique de l'italien. Il s'admonesta mais ne détourna pas le regard appréciant plutôt une fois encore les longues jambes, les cuisses musclées et les fesses… oh, les fesses fermes et rondes qui bougeaient à chaque pas de manière… érotique selon lui.

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Il ferma les yeux quelques secondes et prit une profonde inspiration le temps de laisser ses pensées dérangeantes quitter son esprit. Il ignorait la raison de ce soudain intérêt pour son second, intérêt qui se manifestait maintenant depuis plusieurs semaines et qui faisait écho aux images qui surgissaient inopinément sans qu'il sache si c'était son imagination ou des souvenirs.

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A la semaine prochaine pour la suite… si vous le voulez bien.

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Chtimi