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Toujours pas de connexion Internet à la maison mais je me débrouille pour vous poster les chapitres suivants de mes fics en cours en profitant de faire les courses pour me connecter sur un Wifi public.
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Ce soir, NCIS LA avec la participation de MW. Vu l'épisode en VO et je suis exaspérée. Désolée de vous spoiler mais je suis franchement déçue. Encore une fois, il n'est pas employé à sa juste valeur. Mais je vous en laisse juge puisque ceci est mon opinion personnelle.
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Je vous livre le chapitre suivant en souhaitant entendre votre avis sur son contenu.
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Chapitre 15 : Réaction inadaptée
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Durant la formation de ses deux subordonnés, l'équipe de l'ancien Marine tournait avec la moitié de son effectif. Gibbs faisait de son mieux pour combler l'absence de deux de ses agents mais ne semblait pas plus affecté que ça. Il tentait de paraître indifférent mais en fait, il rongeait son frein intérieurement. S'il se décidait jamais à le faire, à vrai dire, il choisirait le moment qui lui paraîtrait le plus opportun pour faire savoir ce qu'il pensait de la situation tout en rejetant la faute sur quelqu'un d'autre que lui.
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Typique depuis son retour, il n'était jamais celui qui était à blâmer mais plutôt à plaindre. Aucun membre de son équipe ne savait ce que signifiait le fait de perdre sa famille de façon aussi tragique, aucun d'eux ne pouvait même imaginer l'immense douleur qu'on ressentait de perdre son enfant. Il s'était muré dans le silence durant tant d'années à leur sujet qu'il lui paraissait sacrilège de songer à parler de Shannon et Kelly avec quiconque.
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A dire vrai, il était absolument terrifié de ne plus être en mesure de se souvenir d'une partie de ces dernières années, de ne pas savoir si sa capacité à commander était toujours intacte et si son processus de réflexion était identique. Il avait laissé bien des choses se passer sans rien faire sous prétexte qu'il tâtait le terrain. Etait-ce seulement digne d'un bon chef d'équipe de laisser son second affronter une tempête pareille sans l'épauler sous prétexte que l'homme en question était adulte et réagissait négativement à tout signe de support ?
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Il était plongé dans des pensées moroses lorsqu'il entendit des pas très distinctifs, les chaussures d'Abby. Elle déboucha à l'étage et ne s'arrêta que devant son bureau et à son agitation, il sut qu'elle allait déverser sur lui un flot de paroles qui ne contribuerait pas à le mettre de meilleure humeur.
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« Gibbs, tu dois aller voir le directeur et le faire changer d'avis » attaqua-t-elle aussitôt. « C'est injuste de les envoyer si loin, de les punir pour avoir fait leur travail. Si quelqu'un doit être à blâmer, c'est DiNozzo. C'est de sa faute tout ça, il n'avait pas à tenter de te remplacer. Il n'était pas toi et il voulait être toi sans être comme toi… tu vois ce que je veux dire. Il doit être celui qui devrait suivre une formation, il n'était pas un bon chef d'équipe… »
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Elle reprit enfin haleine et allait continuer lorsqu'il se leva et vint se planter devant elle. Il plaça un doigt sur sa bouche pour la faire taire.
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« Abs, ça suffit » ordonna-t-il sèchement. « J'ignore ce que t'ont dit McGee et David mais ce n'est certainement pas la stricte vérité. Tu as un seul son de cloche et tu n'as pas cherché à connaître le second. »
« Je n'ai pas besoin de savoir ce qu'il pourrait dire, Tim et Ziva sont punis à cause de lui et ça me suffit pour le détester » scanda-t-elle en tapant du pied. « Ils ont fait leur travail du mieux qu'ils ont pu alors qu'il leur donnait des ordres qu'ils ne pouvaient pas suivre, des ordres indignes de leurs compétences, Gibbs ! »
« Tu n'es pas impartiale ici, Abby. Je pense que DiNozzo savait ce qu'il faisait… »
« Tu n'étais pas là, Bossman, tu ne sais pas » le coupa-t-elle. « Il était autoritaire, injuste, persifleur, mesquin et j'en passe. Tim et Ziva ne pouvaient travailler dans de bonnes conditions. »
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Gibbs savait qu'il ne parviendrait pas à la raisonner sur ce terrain en particulier. Il lui fallait trouver un autre biais et il devait le faire vite. Il jeta un œil autour de lui et nota la publicité pour un nouveau restaurant qui passait sur l'écran qui était encore allumé. Il savait ce qu'il allait utiliser pour faire entendre raison à la gothique.
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« Durant mon absence, combien de fois êtes-vous sortis tous ensemble après le travail, boire un verre ou dîner ? »
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Abby le regarda d'un air étonné, se demandant ce que la question venait faire là.
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« Réponds-moi, Abby ? Combien de fois ? »
« Deux ou trois fois par semaine » dit-elle d'une petite voix.
« Qui était avec toi ? »
« Tim et Ziva » avoua-t-elle faiblement. « Et quelquefois Ducky. »
« Tony a-t-il été invité une seule fois à ces sorties ? »
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Abby se mordit la lèvre mais hésita à répondre.
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« J'attends » insista Gibbs.
« On ne voulait pas qu'il nous gâche la soirée, alors, non, il n'était pas invité à venir avec nous » cracha-t-elle finalement. « Il en aurait sûrement profité pour parler travail et réprimander ses collègues devant témoins. On voulait passer un moment tranquille loin du boulot et surtout entre amis. »
« Et depuis quand DiNozzo n'est plus ton ami, Abs ? » s'enquit l'ancien Marine d'un ton surpris.
« Depuis qu'il t'a laissé partir sans même chercher à te retenir et sans vouloir t'empêcher de partir » s'écria-t-elle, furieuse.
« Abby, personne et je dis bien personne, ni toi, ni même Ducky et encore moins DiNozzo, n'aurait pu faire ou dire quoi que ce soit pour m'arrêter » gronda-t-il. « Perdre ma famille une seconde fois était bien trop pénible, j'avais besoin de solitude et d'espace pour faire mon deuil, seul. Tu ne peux accuser Tony de n'avoir rien fait alors que tu étais la seule à qui j'avais confié un moyen de me joindre. Lui as-tu communiqué le numéro que je t'avais donné ? »
« Non, tu m'avais fait promettre de ne le donner à personne » s'indigna-t-elle.
« Oui, à personne ! » appuya-t-il. « Pourtant, tu l'as transmis à Ziva sans la moindre arrière-pensée. Une promesse que tu n'as pas respectée. Et une information que tu as communiquée à la mauvaise personne. »
« Elle avait besoin de toi, Gibbs » clama-t-elle. « Que voulais-tu que je fasse ? »
« Que tu lui conseilles de s'adresser à son supérieur, DiNozzo l'aurait aidé. Quoi que vous puissiez tous penser de lui, il aurait tout mis en œuvre pour la sortir de cette impasse sans la moindre hésitation. Tu lui as simplement ôté la seule opportunité pour lui de le faire. »
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Il soupira et se passa les mains sur le visage. Il savait que quoi qu'il dise, Abby n'entendrait pas raison. Elle avait arrêté son opinion et n'en démordrait pas.
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« Ton attitude est irrationnelle, Abby » déclara-t-il d'un ton désabusé. « Tu l'accuses de n'avoir rien fait mais tu lui as dénié le seul moyen de me joindre. Et si tu étais honnête, tu reconnaîtrais que ton comportement à contribuer à envenimer un peu plus la situation. Tony a bossé comme un fou durant mon absence, ses pointages horaires le prouvent tout comme les vidéos de surveillance. Le premier arrivé et le dernier parti, lorsqu'il quittait effectivement le bureau. »
« Ça ne signifie rien » bougonna la gothique.
« Cesse immédiatement ça, Abby » rugit-il, la colère discernable dans sa voix. « Je ne suis peut-être pas toujours partial moi-même en ce qui concerne Tony mais tu ne peux contredire les preuves qui parlent en sa faveur. Et si tu veux les contester, il y a les agents qui l'ont vu ici à toute heure du jour ou de la nuit à corriger les rapports de McGee et David ou terminer la paperasse que McGee aurait dû remplir en tant que second. »
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Abby comprit que Gibbs ne laisserait pas tomber le sujet facilement. Elle fit donc ce qu'elle faisait toujours pour se sortir d'une situation embarrassante. Elle se mit à pleurer. Mais Gibbs n'avait pas envie de se laisser attendrir, pas cette fois.
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« Il est inutile d'utiliser les larmes comme moyen de me faire plier, Abby » s'exclama-t-il. « Cette fois, je suis très déçu par ton attitude et ton manque de clairvoyance. Tu ne peux espérer que je sois indulgent, tu as participé à la détérioration de l'ambiance de l'équipe en prenant parti pour le mauvais camp. Tony ne pourra pas te pardonner ce que tu lui as fait et je serais d'avis que tu ne lui en fasses aucun grief. Si j'apprends que tu l'as pris à parti pour le blâmer sans raison, je prendrais des mesures en conséquence. C'est clair ? »
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La laborantine le regarda, effarée et mortifiée. Elle n'aurait jamais cru que ses larmes de crocodile ne fonctionneraient pas sur lui cette fois encore. Elle venait de se faire démasquer en beauté. Mais, au-delà de ça, elle réalisa que Gibbs ne plaisantait pas. Et qu'elle n'avait qu'une seule solution : suivre ses instructions. Et s'excuser pour se faire pardonner.
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« Je suis désolée, Gibbs, vraiment » dit-elle en espérant être suffisamment sincère. « Je ne voulais pas… mais ils sont mes amis et… je devais tenter de les protéger… Tu comprends… Je ne peux pas les laisser tomber… »
« Tony est ton ami aussi, Abby et un ami depuis plus longtemps que McGee et David » lui rappela-t-il. « Un ami qui t'a sorti de situations dangereuses à plus d'une occasion et tu le remercies en le poignardant dans le dos. Je suis déçu, Abs, déçu de te voir agir ainsi sans chercher à comprendre ce qu'il en est des faits réels. Tu n'es pas objective dans cette affaire, tu as pris parti sans analyser la situation dans son ensemble. En tant que scientifique, c'est une attitude irresponsable et en tant qu'amie, une attitude indigne de toi. Tu t'es laissée circonvenir par McGee parce qu'il est un ancien amant et par David parce qu'elle t'inspire de la peur. »
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Il l'observa et secoua la tête. Elle tentait encore une fois de le leurrer.
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« Ziva ne me fait pas peur du tout » s'indigna-t-elle. « J'ai simplement l'impression que vous êtes plus sévère avec elle, comme si c'était sa faute si elle est ce qu'elle est. Gibbs, elle a été éduquée ainsi, tu ne peux lui reprocher ce qu'elle est devenue. »
Gibbs la regarda en soupirant. Quand donc comprendrait-elle que David l'avait abusée ?
« Abby, elle a beau avoir été entrainée depuis son adolescence à berner ses interlocuteurs, ici, elle n'est plus sous l'influence directe de son père ou de ses instructeurs du Mossad. Ziva est en Amérique, un pays où elle jouit d'une liberté totale qu'elle n'a jamais eue. Pourtant, elle ne cherche pas à devenir meilleure, elle reste camper dans le rôle qu'elle connait le mieux. Elle ne veut pas s'adapter, elle préfère continuer à se comporter en espionne e assassin. C'est plus sécurisant pour elle, garder le contrôle par des actes qu'elle maîtrise parfaitement. »
« Il faut simplement lui laisser du temps pour réaliser qu'ici, elle peut être quelqu'un d'autre, Gibbs » objecta la gothique.
« Tu pourras lui donner tout le temps du monde, Ziva gardera toujours en elle ce qu'elle est réellement. En fait, elle aime le pouvoir que lui confère son entrainement, se dire qu'elle peut tuer de sang-froid et sans état d'âme, sans éprouver le moindre remords et en justifiant ses actes par la conviction qu'elle fait ce pour quoi elle a été entrainée. »
« Elle peut changer si on lui montre assez qu'elle compte pour nous, qu'elle a des amis qui la soutiennent et la comprennent » gémit la scientifique.
« Tu te fais des illusions, Abs » la contra-t-il. « Elle ne sera jamais celle que tu veux qu'elle soit, tu idéalises une image d'elle qui ne sera jamais réelle. A la première occasion où elle pensera que tu l'as déçue, elle réagira en conséquence et cherchera à te nuire, toi ou quiconque qu'elle jugera indigne de son amitié. »
« Tu dépeins un scenario noir qui ne se réalisera jamais. Elle n'est pas comme ça, Gibbs. »
« Bon sang, ôte tes œillères, Abby » gronda l'ancien Marine. « Cesse de te voiler la face et fais face à la réalité. Tu travailles dans un monde où chaque jour, tu es confronté à ce que la nature humaine peut avoir de plus vile et tu refuses de penser qu'elle peut devenir notre pire ennemi ! Si les circonstances l'exigent ou la poussent dans cette direction, elle n'hésitera pas à sacrifier l'un de nous. »
« Justement, laisse-moi penser qu'il peut y avoir du bon dans tout être humain et que n'importe qui peut changer » déclara-t-elle avec indignation.
« Si tu préfères continuer à penser qu'elle mérite ton amitié et ta compassion, je ne peux te l'interdire, Abs mais ne viens pas te plaindre lorsqu'elle démontrera qu'elle n'est pas digne de figurer parmi tes amies. »
« Si je peux lui prouver qu'elle peut compter sur notre soutien, elle changera » dit-elle avec conviction.
« Garde tes illusions mais je ne veux pas que tu prétendes n'avoir pas été avertie lorsque le moment viendra, et il arrivera bien un jour, où elle te trahira à ton tour. »
« Dis-moi, Gibbs, comment peux-tu parler d'elle ainsi et continuer à l'accepter dans ton équipe ? » le questionna-t-elle, surprise par ses propos.
« Je connais ce qu'elle est, je ne me leurre plus sur elle » dit-il en haussant les épaules.
« Si tu peux être aussi critique envers elle, qu'est-ce que tu reproches à Timmy exactement ? » s'enquit-elle encore, décidée à aller au bout du problème.
« McGee pense à tort qu'il est plus intelligent que DiNozzo, qu'il devrait avoir été promu depuis longtemps. Il n'a pas assumé son rôle de second temporaire comme il aurait dû et en a rendu DiNozzo responsable. Sa rancœur l'a poussé à tenter de faire payer sa propre faute à quelqu'un d'autre et en l'occurrence, mon second. Il s'est donc laissé embarquer dans une situation où il pense qu'il doit son soutien à sa collègue en oubliant qu'il doit avant tout respecter la chaine de commandement et obéir aux ordres de son supérieur » commença Gibbs. « Il s'est rallié à elle parce qu'il a jugé que Tony n'est pas digne d'être mon second, qu'il n'a pas l'éducation nécessaire pour être mon bras droit. Il n'a jamais consulté les qualifications requises pour occuper le poste et il dénigre donc allégrement la position que Tony occupe. »
« C'est logique qu'il pense ainsi, DiNozzo ne lui arrive pas à la cheville » le coupa Abby.
Gibbs la dévisagea un instant, étonné par sa réponse. Puis, il se rappela que c'était Chris Pacci qui avait fait les recherches concernant le parcours professionnel de DiNozzo lors de leur enquête commune et juste avant qu'il ne l'envisage de l'engager. Elle avait certainement dû vouloir en savoir plus sur celui qui allait remplacer Stan Burley !
« Tu n'as jamais eu la curiosité de lire son dossier durant toutes ses années, Abs ? » la questionna-t-il d'un ton surpris.
« Pour quelle raison l'aurais-je fait ? Tu l'avais choisi et imposé au directeur, tu devais donc tout connaitre sur lui, non ! » se défendit-elle.
« Donc, depuis cinq ans, tu t'es fiée à mon jugement si je comprends bien ? »
« Bien sûr ! » s'indigna-t-elle. « Tu es Gibbs, tu ne te trompes jamais, tu as un instinct hyper développé qui te permet de… »
Elle stoppa en voyant l'expression peinte sur le visage de son interlocuteur. Gibbs semblait à la fois étonné mais aussi perplexe.
« Personne n'est infaillible, Abby » la contra-t-elle. « Pas même moi, quoi que tu en penses. La preuve en est que j'ai sous-estimé plusieurs personnes et qu'aujourd'hui, mon équipe est en passe d'en payer les frais. »
« Mais tu vas arranger les choses, tu dois faire ce qui est nécessaire pour que Timmy et Ziva restent dans ton équipe. Nous sommes une famille et dans une famille, il arrive que des disputes éclatent mais la situation finit toujours par s'arranger d'une manière ou d'une autre. »
« Tu vis dans un monde d'illusions, Abby » dit Gibbs en secouant la tête. « Ou alors tu connais très mal ceux que tu considères comme ta famille. Il arrivera un moment où quelque chose cassera et ce sera la fin. »
« Alors tu dois faire en sorte que ça n'arrive pas, tu es le seul qui puisse éviter que notre famille ne soit divisée. Je ne veux pas que les choses changent, tu sais bien que j'ai horreur de ça. Je veux que tout reste comme avant. »
« Il fallait réfléchir à ça avant de te lancer tête baissée dans un conflit dont tu ignorais tout. Il est trop tard maintenant pour regretter et espérer que les choses redeviennent ce qu'elles étaient. Vous avez tous trois créés un beau merdier qui ne sera pas facile à éliminer, si jamais c'est possible. Il vous appartient de renverser la situation si vous en avez envie mais je ne participerai pas à vos efforts. »
« Tu ne nous aideras pas ? » demanda-t-elle.
« Non, Abby » répondit-il fermement. « Vous en êtes responsables et vous serez donc les seuls à nettoyer les dégâts. Et autant te dire qu'aucun de vous n'a intérêt à me mêler plus à vos querelles intestines. Je ne prendrai pas parti pour l'un ou l'autre, ma neutralité sera sans doute la seule attitude que je puisse avoir qui garantisse que je conserve mon équipe intacte. »
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« Non, Gibbs, tu ne peux pas nous abandonner ainsi » se lamenta-t-elle, les larmes pointant à nouveau.
« Il est grand temps que vous preniez vos responsabilités et assumiez vos actes en adultes et non en enfants gâtés » répliqua Gibbs. « Je me désolidarise de toutes vos actions envers Tony mais si nécessaire, je n'hésiterez pas à envisager des représailles sévères si vous dépassez les bornes. Et ceci est valable pour vous trois. J'espère que je me fais bien comprendre, Abby ? »
« Tu te ranges de son côté contre nous, Gibbs, c'est injuste » clama-t-elle, prête à continuer à en découdre.
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Sentant que leur discussion n'aboutirait à rien, il décida qu'il était temps d'y mettre un terme.
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« Rentre chez toi, Abby » finit-il par lui dire. « Réfléchis bien à ce que tu as fait et à ce que tu vas faire au retour de 'tes amis'. Je ne pourrais pas toujours prendre ton parti. »
« Je sais » dit-elle d'un air le plus contrit possible.
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Elle se pencha pour déposer un baiser sur sa joue mais il se recula. Elle ouvrit de grands yeux, blessée qu'il la repousse ainsi.
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« Gibbs ! »
« Va » dit-il simplement.
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Elle pivota sur ses talons et fit quelques mètres avant qu'il ne la rappelle.
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« Abs, je ne suis pas celui à qui tu dois des excuses et j'espère que tu penseras à les présenter à qui les mérite. »
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Sur ce, il reprit place à son bureau et ignora la gothique qui le regardait, stupéfaite. Finalement, il entendit le bruit de ses pas martelant le sol démontrant sa colère. Il secoua la tête et espéra qu'elle réviserait son attitude envers DiNozzo.
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Il attrapa le rapport de leur dernière enquête et se plongea dans sa lecture.
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Vance, appuyé contre le mur près du MTAC, souriait mais réservait son jugement sur ce qu'il venait de voir et surtout d'entendre.
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Il avait assisté à la discussion entre Gibbs et Sciuto. Il sortait de la pièce lorsqu'il avait entendu le claquement caractéristique annonçant l'arrivée de la jeune femme. Curieux de savoir ce qu'elle pouvait encore faire si tard au bureau, il avait décidé de jouer les espions.
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Il avait été peu surpris d'entendre la scientifique faire porter le poids de la situation sur DiNozzo, elle avait bien montré qu'elle avait pris parti pour McGee et David sans connaître la situation dans son ensemble.
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Entendre Gibbs prendre la défense de DiNozzo l'avait étonné mais enchanté aussi. Et surtout, l'ancien Marine avait déjoué avec brio la manœuvre de Sciuto pour se dédouaner de son comportement. Ses larmes n'avaient pas eu l'effet escompté.
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Gibbs allait-il enfin traiter la jeune femme comme elle devait l'être, en adulte responsable et non en enfant surprotégée ? Il l'espérait même s'il doutait du succès de la tentative.
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Allait-il enfin retrouver son agent dans de meilleures dispositions envers son second ? Seul le temps le dirait mais il priait pour que la situation s'améliore.
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Gibbs passa encore une heure au bureau avant de décider qu'il était temps de rentrer même si c'était pour s'enfermer dans son sous-sol, avec un bateau à moitié fini pour toute compagnie. Il se leva, attrapa son manteau et allait l'enfiler lorsqu'il entendit l'ascenseur s'ouvrir. Machinalement, il leva les yeux et regarda qui en sortait. Il jura tout bas en constatant que Ducky se dirigeait vers son bureau. Le médecin ne perdit pas de temps à l'apostropher.
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« Jethro, j'espérais bien pouvoir te trouver encore ici » commença-t-il.
« Je partais, Ducky » l'informa-t-il inutilement. « Est-ce que cette discussion peut attendre ? »
« A vrai dire, je crois que j'ai autant besoin de parler que toi d'entendre » offrit le médecin avec un sourire contrit.
« Besoin de quelque chose, Ducky ? » s'enquit l'ancien Marine qui comptait s'échapper si c'était possible.
« A vrai dire, je souhaitais t'entretenir de la situation » indiqua le légiste sans pour une fois tourner autour du pot. « Timothy, Ziva et Abby ont tenté de gérer ton départ à leur manière. Ils se sont serrés les coudes et ont cherché ensemble à se consoler. Tu ne peux leur en vouloir d'avoir essayé de compenser ton absence en faisant bloc ensemble. »
« Ducky, je sais que mon départ les a tous perturbés, choqués ou tout ce que tu voudras » déclara-t-il.
« Nous étions tous désolés pour toi, Jethro et ne savions vers qui nous tourner à part Anthony » tenta d'expliquer Ducky. « Il a essayé de nous faire comprendre ton point de vue sans y parvenir réellement. Il nous a rappelés qu'il était là et il nous a consolés comme il a pu. Les jeunes l'ont imploré de te faire revenir et il a refusé arguant que tu avais besoin d'un peu de temps. Ils ont pensé qu'il profitait de la situation pour devenir chef d'équipe et qu'il n'avait aucune envie que tu reviennes. J'avoue avoir ajouté foi à leurs propos, à ma grande honte. »
« Tony ne savait même pas où j'étais ou comment me joindre, Ducky. Seule Abby avait cette information qu'elle s'est bien gardée de lui révéler. »
« C'est ce que j'ai déduit lorsque Ziva t'a contacté » avoua l'écossais. « J'avoue que je suis en partie responsable de son appel, je lui ai laissé entendre que Tony ne pourrait sans doute pas l'épauler comme elle le souhaitait. Jethro, il était si déterminé à prouver qu'il était digne de la confiance qu'on avait placée en lui, il devenait trop exigeant avec les autres. Ziva et Timothy s'en sont plaints à différentes reprises et j'ai suggéré qu'ils prennent des mesures. »
« Ce qu'ils ont oublié de te préciser était qu'ils laissaient Tony faire leur travail, qu'il était ici le premier et partait le dernier » indiqua Gibbs avec colère. « Ils n'ont exprimé que des demi-vérités, Ducky, juste pour que tu les épaules si besoin, que tu les plaignes et te ranges de leur côté. Et apparemment, ils ont parfaitement réussi, leur but a été atteint sans mal. »
« Comment est-ce possible qu'ils aient pu ainsi me berner, Jethro ? » s'offusqua le légiste.
« Trop aveuglé par ta colère contre moi, tu voulais trouver un responsable et tu les as laissés te convaincre que Tony était celui-là. »
« Alors qu'en fait, il était le seul qui avait analysé la situation dans son ensemble et cherchait à nous préserver » maugréa le médecin. « Se comporter comme toi était un moyen de normaliser les choses et ils ne l'ont pas compris. Glisser ses propres méthodes parmi les tiennes a été perçu comme une tentative de mainmise de sa part sur l'équipe. »
« En effet, il a tenté et a échoué parce qu'ils ne l'ont pas suivi. Ce que je ne comprends pas, c'est qu'ils ont blâmé Tony pour avoir voulu préserver l'équipe. Vous avez tous comptés sur lui pour la conserver soudée et intacte mais vous ne l'avez pas soutenu dans ses efforts. »
« Sans doute étions-nous trop centrés sur notre propre peine et avions du mal à accepter une aide quelconque » tenta de se justifier Ducky.
« Au contraire, vous avez accepté le réconfort qu'il vous a offert à un moment donné avant de décider que vous méritiez plus » le contra Gibbs. « Aucun de vous n'a songé à ce que Tony pouvait lui aussi ressenti. Vous avez occulté sa propre réaction pour vous concentrer sur la vôtre, en égoïstes. Et toi, Ducky, tu as déversé ta colère envers moi sur lui, tu l'as pris pour cible alors qu'il était autant déboussolé que vous tous. »
« Pourquoi n'a-t-il jamais rien dit ? Nous aurions pu… »
« Il n'a pas voulu ajouter à votre peine et DiNozzo a toujours léché ses plaies en privé » grommela Gibbs. « Pourtant, toi, Ducky, tu étais celui qui aurait dû deviner. Tu as l'expérience nécessaire pour évaluer l'état psychologique de l'équipe, surtout dans une telle situation » affirma-t-il d'un ton accusateur.
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Ducky savait que son ami avait raison mais il n'en était pas moins blessé par l'accusation portée à son encontre et sur son jugement défectueux. Il s'était laissé leurrer par trois jeunes gens durement touchés par la tragédie subie par l'ancien Marine, par son départ qu'ils avaient perçu comme un abandon. Seul, Tony semblait être moins affecté. Il aurait dû, en effet, deviné que ce n'était pas normal, que sa relation avec Gibbs, quelle qu'elle soit, avait été sévèrement touchée.
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« Je suis en effet impardonnable de n'avoir pas réalisé que notre jeune ami était sans doute aussi meurtri que nous » soupira le légiste. « Aveuglé par mes propres sentiments et ceux des autres, je n'ai pas compris qu'il masquait ses émotions pour éviter de s'effondrer. J'ai oublié qu'il était un maître dans l'art de l'esquive et du dénigrement. Son acharnement au travail aurait dû également me mettre la puce à l'oreille, il s'abrutissait pour ne pas penser. »
« Exactement, Ducky, il agissait comme je l'aurais fait » agréa Gibbs. « Ne pas s'arrêter pour ne pas avoir à songer, à douter ou à… espérer. »
« Jethro, me confierais-tu la nature de ta relation avec Anthony avant l'accident ? » demanda-t-il enfin.
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Son vieil ami le regarda en fronçant les sourcils, l'air pris totalement au dépourvu. Il ne semblait pas savoir à quoi le médecin faisait allusion.
« Tony est mon second, mon agent et mon ami… du moins, il l'était » affirma-t-il d'une voix basse.
« Rien d'autre ? » insista Ducky.
« Non ! » s'indigna Gibbs, presque avec véhémence lorsqu'il comprit le sous-entendu.
« Je me suis souvent posé la question » avoua le vieil homme. « Vous étiez si proches avant l'explosion, vous passiez vos jours de repos ensemble, il me semble. »
« Si c'était le cas, je ne m'en souviens pas et DiNozzo ne s'est pas présenté chez moi depuis mon retour » avoua l'ancien Marine.
« Ah ! » répondit simplement Ducky.
« C'est tout ce que nous avions à discuter, Ducky » demanda-t-il. « Je voudrais rentrer. »
« Oh, oui, bien sûr » s'excusa presque le légiste. « Désolé de t'avoir retenu ainsi. Je te laisse à tes occupations. Bonne soirée, Jethro. »
« A toi aussi, Ducky. »
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Gibbs regarda Ducky s'en aller tout en méditant les dernières paroles du médecin. Lui aussi doutait que Tony et lui n'aient été que des amis sans même en avoir de preuve. Devait-il comprendre que l'italien et lui avaient partagé plus que de l'amitié ? Ses images qui ne cessaient de traverser son esprit étaient-elles finalement réelles ?
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Fatigué d'avoir tant de questions sans réponses, il enfila son manteau et se dirigea vers l'ascenseur. Il monta distraitement dans la cabine à son arrivée et appuya sur le bouton du rez de chaussée par instinct. Les portes se refermèrent sur lui.
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Assuré d'être seul, l'ombre qui s'était plaquée contre le mur lors de l'arrivée de Ducky se détacha du support providentiel. L'édifiante conversation mettait en lumière les attitudes de certains membres du NCIS envers l'un des leurs et ce, de façon cruelle.
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Tout comme le comparer à un narcissique était offensant à l'époque, les propos du légiste échangés avec Gibbs à l'instant avaient blessé l'homme. Il avait douté des paroles du médecin qu'il avait mises sur le compte de la trahison qu'il ressentait envers Gibbs mais désormais, il se rendait compte que le vieil homme avait cru les mensonges de McGee et Ziva.
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Comment avait-il pu apporter foi à ce que ces deux-là avaient débité dans le creux de son oreille ? Comment avait-il pu prêter des motifs aussi futiles à un agent qu'il connaissait depuis plus longtemps qu'eux ?
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Les conversations qu'ils avaient eues à différentes reprises ne devaient pas avoir convaincu le légiste que l'italien n'était pas intéressé par le poste de Gibbs tant que ce dernier était en charge de l'équipe.
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Déçu par l'opinion du vieux médecin à son sujet, Tony comprit qu'il venait de perdre un autre soit disant 'ami'. Combien de temps pourrait-il encore continuer à travailler ici sachant qu'aucun de ceux qu'il avait jugés digne de mériter sa confiance l'avait piétiné sans remords ?
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A la semaine prochaine en espérant pouvoir poster également car je serais en vacances dans une ville où l'Internet est encore plus aléatoire que chez moi.
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A bientôt
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Chtimi
