Chapitre 5 : Un voyage au Japon
« Oncle Alaude! » appela une petite voix aigüe.
The gardien blond des nuages se retourna et vit un bambin aux yeux bruns et aux cheveux ébouriffés courir vers lui. L'ombre d'un sourire passa sur ses lèvres et il se pencha pour regarder l'enfant dans les yeux.
« Que veux-tu Tsunayoshi? J'allais partir en mission. » dit-il, en essayant de contenir l'affection qui perçait dans sa voix. Cela faisait maintenant un peu plus de trois ans que le petit brun était arrivé au manoir, et depuis le jour où Alaude l'avait rencontré, il avait su que le gamin les mènerait tous par le bout du nez. (Et bien qu'il rechigne à l'admettre, le solitaire gardien des nuages ne lui résistait pas non plus).
Inclinant sa tête sur le côté d'un air adorable, Tsuna demanda, « Dans quel pays tu vas cette fois ? »
Riant doucement, il dit, « Je pars dans un pays appelé le Japon. Il se trouve très loin d'ici mais je n'ai pas beaucoup à faire donc je devrai revenir dans une semaine ou deux. »
Comme prévu, le visage de Tsuna s'assombrit. Il en allait de même à chaque fois qu'un de ses oncles partait pour une longue période.
Alaude ébouriffa ses cheveux en se relevant, et dit « Ne fais pas cette tête, ou je t'arrête pour m'avoir distrait de mon travail. »
Ces mots firent ricaner Tsuna, qui savait bien que son oncle n'était pas sérieux. Il entoura les jambes du gardien de ses petits bras. « Ciao, oncle Alaude. Tu vas me manquer. »
"Ciao, petit."
O-o-O-o-O-o-O
Au même moment, dans une petite ville du nom de Namimori au Japon, un jeune garçon de cinq ans rentrait de l'école. Il avait des cheveux d'un noir de jais, et deux yeux perçants aux reflets gris acier.
Marchant en direction de sa maison, il essayait de ne pas penser à ce qui l'attendait à l'intérieur. Arrivé devant la porte, il l'ouvrit avec la clé qu'il portait au cou et dans l'entrebâillement, il tenta un timide « Tadaima. »
Aucune réponse ne lui vint, et le garçon fit prudemment un pas à l'intérieur. Mais aussitôt la porte fermée, une femme apparut devant lui, le dominant de toute sa taille. Levant la tête, il fit de son mieux pour garder son masque d'indifférence.
« Où est-ce que tu étais Kyoya ? » demanda la mère du garçon, sa bouche formant une moue dédaigneuse. « Ça fait des heures que l'école est finie. »
« Je suis allé chez un ami, pour faire mes devoirs. » répondit immédiatement le gamin.
« Oh vraiment ? Sans me prévenir d'abord? »
Kyoya haussa les épaules. « J'ai essayé de te le dire, mais tu étais trop occupée à embrasser ton copain. »
Perdant son calme, la jeune femme attrapa l'épaule de son fils et le gifla. « Ne me parle pas sur ce ton, jeune homme ! Va dans ta chambre immédiatement ! »
Kyoya ressortit de la pièce sans ajouter un autre mot, soulagé de s'en être sorti à si bon compte. Tandis qu'il s'éloignait, le garçon entendit distinctement sa mère marmonner dans son dos. « Ah je le jure, si j'avais pu contacter son père, ça fait longtemps qu'il ne serait plus là. »
Cette déclaration ne troubla absolument pas le garçon, qui monta dans sa chambre l'air de rien. Une fois arrivée dans son paradis, il posa son sac à dos et ouvrit une de ses poches. Il en sortit une vieille photo abîmée par le temps…, une moitié de photo pour être plus précis. On y voyait un homme, un occidental, beau avec ses cheveux blonds et ses yeux bleu saphir. Il ne souriait pas vraiment mais une étincelle de bonheur faisait briller son regard.
Kyoya fixa longuement la photo, c'était un de ses seuls trésors.
Six ans plus tôt, avant sa naissance, sa mère et cet homme étaient apparemment tombés amoureux et avaient vécu une idylle pendant quelques semaines. D'après sa mère, Alaude ne lui avait rien dit de son retour vers l'Italie, ni du fait qu'il avait l'intention de rester dans son pays. Comme c'était à prévoir, sa mère colérique s'était imaginé autre chose, et elle n'avait pas revu Alaude avant son départ.
Ce ne fut que quelques mois plus tard qu'elle se découvrit enceinte. Kyoya ne savait pas pourquoi elle s'était décidée à le garder, mais c'est ainsi que sa vie d'enfant maltraité avait commencé.
Il avait découvert la photographie l'année dernière, et s'était bien gardé de la montrer à sa mère. Il l'avait conservée secrètement, elle lui rappelait que quelque part, il y avait peut-être quelqu'un qui se souciait de lui.
Il ne l'aurait jamais avoué à personne bien sûr, mais la photo le réconfortait.
La tenant fermement serrée dans ses bras, le garçon se glissa sous ses couvertures et s'endormit presque aussitôt, rêvant d'un étranger blond qui viendrait le sauver.
O-o-O-o-O-o-O
Arrivé au Japon, Alaude avait un peu de temps libre durant les premiers jours, et il en profita pour rattraper son retard sur le décalage horaire.
Le lendemain de son arrivée, n'ayant rien d'autre à faire, Alaude avait décidé de visiter quelques magasins pour ramener des souvenirs aux gamins. Quand ils partaient à l'étranger, les gardiens (oui, même lui) avaient maintenant pris l'habitude d'acheter des jouets ou d'autres babioles pour les enfants.
Alors qu'il ressortait d'une boutique, un cri attira son attention. Se retournant, il aperçu deux yakuzas qui s'en prenaient à un enfant.
« Regarde où tu vas gamin! » lança le plus grand.
Au grand étonnement d'Alaude, le garçon ne recula pas et ne fondit pas non plus en larmes comme il s'y était attendu. Au contraire, il fixa les deux gangsters de ses yeux d'acier.
« Oi ! Qu'est-ce qui t'arrive gamin ? T'as perdu ta langue? » se moqua l'autre homme, s'avançant pour donner une pichenette sur le front du petit.
« Kamikorosu. » gronda le gamin, et soudainement, une paire de tonfas sortie de nulle part apparut dans ses mains.
Le gardien des nuages observait la scène avec un intérêt évident, tandis que le gamin mettait à terre le plus petit des deux hommes avec un coup à la mâchoire très bien placé. Alaude eut un sourire en coin lorsqu'il vit l'enfant se tourner vers l'autre gangster, qui était resté bouche bée en voyant son partenaire se faire tabasser par un gamin.
Marchant par-dessus les deux hommes inconscients, l'enfant commençait à s'éloigner lorsque sa route se trouva soudainement bloquée par trois autres yakuzas, visiblement des alliés des deux autres. Les voyant avancer vers le petit, Alaude décida qu'il était peut-être temps d'intervenir. En un clin d'œil, il s'élança vers le groupe et avant qu'aucun d'entre eux n'ait eu le temps de réagir, tous les gangsters se retrouvèrent terre, grognant de douleur.
Posant une main sur la tête du petit, Alaude leur lança un regard noir et dit « Touchez seulement à un cheveu de cet enfant et je vous tuerai. »
« Quoi? » s'écria l'un d'entre eux. « Tu ne sais pas qui nous sommes? Nous venons du clan Momokyokai! »
Alaude était sur le point de craquer quand l'un d'entre eux, le chef visiblement, dit d'un voix paniquée, « P-pardonnez nous si-s'il vous plaît. »
L'homme qui avait crié se tourna vers son partenaire. « Qu'est-ce que tu racontes aniki? Pourquoi tu t'excuses devant ce type là? »
« Ferme-la! » tonna le chef. « Tu ne vois pas l'anneau qu'il porte? »
Puis se retourna vers Alaude, il se mit à genoux et s'inclina, disant « Veuillez nous pardonner, Vongola-san. Nous ne toucherons plus jamais le gamin. »
Alaude fit claquer sa langue et se détourna. « Disparaissez. »
Les hommes du clan Momokyokai étaient partis en courant avant même qu'il ait terminé. Pensant à voix haute, Alaude marmonna « Je ne savais pas que notre réputation était parvenue jusqu'ici... »
Pendant ce temps, Kyoya fixait son saveur avec une admiration à peine contenue. Il dû se pincer le bras pour être sûr qu'il ne rêvait pas, et même après ça, il avait encore du mal à croire que cette personne se tenait réellement en face de lui. « Alaude-san... » murmura-t-il.
Le blond se tourna immédiatement vers lui, et lui lança un regard soupçonneux. « Comment se fait-il que tu connaisse mon nom, gamin? »
« Mon nom est Hibari Kyoya. » dit-il d'une traite. « Et je suis votre fils. »
Un peu choqué par cette brusque révélation, Alaude étudia l'enfant et fut forcé d'admettre qu'il lui ressemblait beaucoup. « Je n'ai pas de fils. » dit-il finalement d'une voix incertaine.
Kyoya ne se démonta pas. « Ma mère a découvert qu'elle était enceinte seulement après votre retour en Italie. Elle ne savait pas comment vous contacter. »
« Hibari Kyoko? » demanda Alaude, et Kyoya acquiesça.
Un silence gêné s'en suivit, Alaude ne sachant pas quoi dire maintenant qu'il venait de se découvrir un fils. Qu'était-il supposé faire exactement?
Heureusement (ou malheureusement, ça dépend du point de vue) pour lui, Kyoya fut le premier à briser le silence. « Est-ce que je peux vivre avec vous? » demanda le garçon d'un air indifférent.
Pour une fois, Alaude ne parvint pas à contenir sa surprise. « Quoi? » fit-il avant d'avoir put s'en empêcher.
Une lueur d'espoir illuminait les yeux de Kyoya. « Est-ce que je peux venir vivre avec vous? Okaa-san ne veut pas de moi et elle dit toujours que si avait pu vous contacter, elle ne m'aurait pas gardé aussi longtemps. »
Alaude écarquilla les yeux en entendant les paroles du gamin -son fils maintenant-. « Elle t'a déjà dit cela avant? »
Kyoya haussa les épaules. « Tout le temps. » répondit-il, grimaçant un peu. « Mais elle n'a pas besoin de le dire à voix haute pour que je comprenne. »
Alaude, passé maître dans l'art de déchiffrer les gens, n'eut pas besoin de plus explications. Sentant la colère monter en lui, le blond regarda longuement son nouveau fils puis dit « Que penses-tu de l'Italie? »
Kyoya le fixa d'un air curieux pendant un moment, une expression de surprise passa sur son visage quand il comprit ce que son père sous-entendait. « Je pense que c'est un pays intéressant; j'aimerai le visiter un jour. »
Alaude eut un petit sourire en entendant cette réponse. « Et que penserai-tu d'avoir quatre frères et une sœur? »
Les yeux de Kyoya étaient maintenant ronds comme des soucoupes. Son père avait autant d'enfants? Il n'aimait pas les foules en règle générale, mais si cela lui permettait d'échapper à sa mère, alors ce n'était pas trop cher payé, et il répéta ces mots à son père.
Cette fois, Alaude se laissa même aller jusqu'au rire, il commençait vraiment à aimer ce gamin. Ainsi, ils allèrent ensemble voir la mère de Kyoya pour la convaincre de laisser son fils vivre avec Alaude (ce qui ne fut pas très difficile), et lorsque le soleil disparut derrière l'horizon, Kyoya se trouvait déjà dans la luxurieuse suite d'hôtel où il allait rester jusqu'à leur départ pour l'Italie.
O-o-O-o-O-o-O
Presque deux semaines plus tard, Kyoya descendait les marches d'un des jets privés des Vongola et foulait le sol italien pour la première fois.
« Suis-moi Kyoya. » dit son père d'un ton détaché, avant de le mener vers une limousine noire.
Faisant de son mieux pour ne pas rester bouche bée devant chaque nouvelle chose, Kyoya pensa aux frères et sœurs dont son père lui avait parlé le jour de leur rencontre. Seraient-ils comme lui? Ou complètement différents? Comment devrait-il se comporter face à eux?
Ces questions occupèrent son esprit jusqu'à leur arrivée, environ une heure et demie plus tard. Tandis qu'il descendait de la voiture, Kyoya ne put s'empêcher d'ouvrir de grands yeux surpris à la vue de l'immense manoir de la famille. C'était vraiment là qu'il allait habiter?
« Viens. » l'enjoignit son père, et il le suivit docilement.
Alaude et Kyoya montèrent ensemble les marches de l'entrée et à la minute même où ils passèrent la porte, le gardien des nuages fut attaqué.
« Oncle Alaude! » cria Tsuna, s'accrochant aux jambes de l'adulte.
Kyoya fixa le garçon brun qui était visiblement sorti de nulle part; il regrettait déjà de ne pas comprendre l'italien en entendant le petit parler à toute vitesse. Puis à sa grande surprise, Alaude sourit gentiment et se pencha pour ébouriffer les cheveux bruns du bambin. Cet enfant était-il un des nouveaux frères de Kyoya?
Et comme si tout n'était pas déjà assez confus, un autre homme blond fit son apparition et salua chaleureusement Alaude; il ressemblait beaucoup au gamin qui s'était attaché aux jambes de son père. Lorsque le blond remarqua Kyoya, il se tourna vers Alaude et entama avec lui une longue conversation en italien.
Finalement, l'autre homme se retourna vers le jeune garçon et sourit. Parlant en japonais, il lui dit « Bienvenue chez les Vongola, Kyoya. »
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TN : salut tout le monde, j'ai repris la trad de cette fic dont j'étais la beta, j'espère que ça vous plaira toujours autant. (pour l'instant, elle reste sur le profile de Rebornx3, on verra pour la suite).
J'ai l'accord de l'auteur bien sûr, et je vais essayer de rattraper la version originale.
Voilà, voilà, +
