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Contente de voir que vous appréciez ce nouveau personnage. Et j'espère que vous le serez tout autant par la suite mais dans la mesure où il est d'ores et déjà évident qu'il ne se rangera pas du côté de nos deux idiots, je pense que cela vous conviendra.
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Un merci spécial à Odvie qui se fait un devoir de commenter chaque chapitre. Et dans la mesure où j'ai peu de commentaires, je les apprécie d'autant plus. Tout comme ceux qui sont postés par mes lectrices habituelles.
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Ce chapitre fait un break dans l'histoire et vous entraîne quelque part… où vous n'auriez sans doute pas cru la voir s'orienter. Donc j'attends vos coms pour connaitre vos réactions.
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Chapitre 19 : Détente bienvenue
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Ce vendredi en fin d'après-midi, la tension était plus que palpable dans l'espace de l'équipe première. Comme prévu, McGee et Ziva avaient cherché à monter Giordano contre DiNozzo et lorsque leur petit manège n'avait pas fonctionné, ils s'étaient ligués contre les deux hommes pour leur mener la vie dure. Pourtant, ce second plan n'avait pas marché non plus comme prévu puisqu'ils s'étaient retrouvés face à deux collègues qui ne mordaient pas à l'hameçon de leurs insultes.
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Chaque fois que l'un des agents juniors lançait une remarque désobligeante envers l'un des deux hommes, l'autre venait le soutenir d'un geste ou d'un regard avant d'ignorer totalement l'auteur de la sentence irrévérencieuse. Malgré le rappel à l'ordre de Gibbs, ils tentaient de déstabiliser le duo de toutes les manières possibles qui leur paraissaient pouvoir fonctionner. Et même s'ils se cassaient régulièrement les dents en le faisant, ils persévéraient en se disant qu'un jour, quelque chose marcherait.
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Finalement, l'heure du départ avait sonné et Grant s'empara de son sac et vint se planter devant le bureau de Tony qui s'apprêtait lui aussi à quitter l'agence. Tony leva la tête et lui sourit comme il le faisait souvent. Et Giordano adorait le voir sourire, son visage en était illuminé et encore plus séduisant.
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« Dites, Anthony, ça vous dirait de m'accompagner pour un verre ? » demanda-t-il attirant l'attention de Tim et Ziva.
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Un détail qui les avait intrigués était le fait que le 'bleu' appelait DiNozzo par son prénom entier et non le diminutif. Pour quelle raison était-il autorisé à le faire, ils l'ignoraient mais cela les agaçait prodigieusement. Encore un grief à ajouter à leur liste.
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Les deux jeunes gens tendirent l'oreille pour entendre la réponse de leur collègue mais Tony ne prit pas la peine de baisser le ton.
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« Eh, vous n'en avez pas assez de ma compagnie, Grant ! » plaisanta-t-il.
« Quand la compagnie est agréable, il n'y a aucune raison de la bouder » répliqua Grant en souriant. « Alors, vous êtes partant ? »
« Ok et si le cœur vous en dit, on peut prévoir aussi le dîner » proposa Tony.
« D'accord, je vous suis » accepta sans façon l'aîné.
« A lundi, Gibbs » lança Tony en prenant ses affaires.
« Bon week-end » dit Grant à personne en particulier.
« A lundi, vous deux » répondit Gibbs à leur salut.
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Sans se préoccuper de l'opinion de deux autres, les deux hommes se dirigèrent vers l'ascenseur tout en discutant et en plaisantant. Gibbs, l'air de rien, jeta un discret coup d'œil à ses deux subordonnés qui échangeaient un regard incrédule.
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« Quel goujat ! » s'exclama Tim. « Pourquoi ne pas nous demander si nous voulions nous joindre à lui ? Ce n'est pas comme ça qu'il va se faire une place dans l'équipe. »
« As-tu envie de passer toute une soirée à entendre DiNozzo se vanter de ses exploits, Tim ? » demanda Ziva d'un ton incrédule.
« Qu'est ce qui te fait dire que nous n'aurons pas pu diriger la conversation, à deux, nous aurions certainement pu éviter qu'il monopolise la discussion » s'étonna le jeune homme.
« Tu peux toujours rêver, mon cher » ironisa la brune. « C'est bien toi qui ne cesse de dire qu'il a une trop grande 'gueule' et qu'il sait utiliser les mots mieux que toi. »
« Un de ces jours, ça lui jouera des tours de ne pas savoir la fermer » prédit McGee. « Bon, on ne va pas les laisser perturber notre soirée. Viens, je t'invite » conclut-il en lui tendant la main.
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Gracieusement, l'israélienne accepta et se leva. Elle s'empara de son sac et suivit obligeamment l'informaticien. Tous deux firent leur chemin vers l'ascenseur sans même songer à saluer leur chef. Gibbs les regarda et se demanda si, un jour, ils réaliseraient que l'italien n'était pas ce qu'il leur laissait voir.
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Le chef d'équipe regarda le dossier qu'il lisait puis soupira. Il secoua la tête et finit par le refermer et le déposa sur la pile en attente. Il n'avait décidément pas la tête à se concentrer sur son travail. Il avait mieux à faire… comme rentrer chez lui et s'abrutir à poncer son bateau tout en essayant, pour la millième fois de démêler l'écheveau des pensées qui assaillaient régulièrement son esprit et qui concernait une certaine personne et pas des moindres, un italien aux yeux verts qui lui donnait des maux de tête plus souvent qu'il ne le voulait.
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Après toutes ces semaines, il n'arrivait pas à savoir si les images qui surgissaient inopinément étaient réelles ou le fruit de son imagination. Le pire était qu'il n'avait pas envie de savoir parce que s'il s'avérait que tout était un rêve, il préférait entretenir l'illusion. Il avait plus d'une fois constaté que la présence ou la proximité de DiNozzo avait une fâcheuse tendance à faire réagir son corps et surtout, une certaine partie en particulier.
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Il prit une profonde inspiration car le simple fait de visualiser son second envoyait des frissons dans tout son corps et son pantalon n'allait pas tarder à devenir trop étroit à l'entrejambe. Il avait impérativement besoin de se distraire et être seul, dans son sous-sol, à ruminer n'allait pas aider. Il s'empara de son téléphone et fit un numéro qui, il l'espérait, lui permettrait de joindre son correspondant. On décrocha à la troisième sonnerie.
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« J'espère que c'est important, Gibbs » lui répondit-on d'un ton bourru.
« Oui, j'offre la première tournée » dit-il brièvement.
« Où ? »
« Notre bar habituel ? »
« Dans une demi-heure ? »
« Ok. A tout à l'heure. »
« Ouais, je termine ici et j'arrive. »
« Eh, Tobias, merci. »
« De rien, je ne suis pas plus d'humeur à passer la soirée en solitaire » révéla l'Agent du FBI.
« On fait vraiment une drôle de paire » gloussa l'ancien Marine.
« Pour sûr mais on se comporte en amis dévoués et respectueux de l'autre » rit Fornell en raccrochant, pour une fois, au nez de Gibbs qui grogna.
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Certes, leur amitié en avait pris un coup et elle n'avait pas retrouvé la qualité d'avant l'accident mais Fornell le rencontrait de temps en temps. Cependant, un point sur lequel il ne voulait pas déroger était le fait qu'il ne révélerait rien sur sa relation avec Tony. Gibbs avait compris qu'il n'avait pas intérêt à insister s'il voulait préserver la relation qu'il avait avec l'un des rares amis qu'il avait encore.
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Gibbs éteignit son ordinateur, prit son arme et sa veste qu'il enfila tandis qu'il se dirigeait vers l'ascenseur. Il fut bientôt dans le parking, monta dans sa voiture avant de quitter l'endroit. Il lui faudrait moins de quinze minutes pour se rendre au bar et il savourait d'avance la détente que Fornell et lui allaient goûter. Une seule règle à observer : ne pas parler de boulot ou des collègues.
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Leur relation avait connu des hauts et des bas et depuis la tentative de piratage de McGee et la venue de Fornell, la découverte des rapports entre lui et DiNozzo, les deux amis avaient tenté de retrouver une certaine cordialité. Gibbs savait qu'il devait s'amender sous peine de perdre l'amitié de l'homme et il avait trop peu de véritables amis pour se permettre d'en perdre.
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Tony et Grant étaient rentrés pour prendre une douche et se changer avant de se retrouver. Ils avaient décidé de se déplacer avec un seul véhicule, trouver une place de parking un vendredi soir près de certains bars relevait d'un sacré coup de chance. Après avoir fait le tour du pâté de maisons, ils avaient réussi à trouver une place pour se garer et s'acheminaient tranquillement vers le club que l'italien avait choisi.
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L'endroit permettait soit d'y prendre un verre dans la partie piano-bar, soit de dîner dans la partie restaurant attenante. C'était un des rares clubs de la capitale à allier les deux fonctions et Tony appréciait particulièrement le fait que les clients avaient la possibilité de s'installer au piano et de jouer pour un public qui savait reconnaître un bon pianiste.
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Grant et Tony furent accueillis à l'entrée par Sam, le portier qui salua l'italien par son prénom et l'étreignit amicalement. Giordano fut présenté et Sam le gratifia d'une tape dans le dos tout en lui souhaitant la bienvenue. Grant le remercia et suivit Tony à l'intérieur tandis qu'il faisait jouer les muscles de son épaule pour réduire un peu la douleur provoquée par 'l'amicale' tape de Sam.
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Les deux hommes s'installèrent au bar et commandèrent une bière à James, le barman qui lui aussi salua amicalement l'italien. Grant sourit avant de poser la question qui le titillait.
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« Vous venez souvent ici ? Le personnel a l'air de bien vous connaître. »
« Oui, j'ai découvert l'endroit juste quelques mois après mon arrivée à DC et j'ai aimé l'ambiance » expliqua Tony. « J'y passe lorsque le boulot le permet ou quand j'ai envie de me changer les idées et me vider l'esprit. »
« Tout seul ? » questionna Grant curieux de savoir s'il était le premier à être invité.
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La surprise de Sam et de James en le voyant avec l'italien avait éveillé son intérêt. Tony lui sourit et Grant comprit qu'il avait saisi la raison de sa question.
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« Je ne suis jamais venu accompagné » confirma-t-il. « C'est un peu mon refuge et je préfère qu'il le reste. C'est pour ça que je n'ai pas emmené quiconque appartenant au NCIS ici… jusqu'à présent. »
« Alors, pourquoi moi et pourquoi maintenant ? » s'étonna Giordano.
« Parce que, contrairement à certains, je suis sûr que vous apprécierez l'atmosphère et surtout, la carte du restaurant » indiqua Tony en croisant le regard de son 'bleu'.
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Puis il prit sa bière, fit signe à Grant d'en faire autant et se dirigea vers le piano. Il indiqua un siège à son compagnon près de l'instrument tandis qu'il prenait place sur le tabouret. Il fit courir ses doigts sur les touches pour tester la sonorité avant de se lancer dans un répertoire purement jazz pour ce soir.
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Il était tellement concentré sur la musique qu'il ne remarqua pas que les conversations s'étaient peu à peu éteintes et que le silence était un hommage au talent du pianiste. Grant avait d'abord été étonné lorsque l'italien l'avait entraîné vers le piano et intrigué en le voyant s'asseoir devant. Il ignorait que DiNozzo jouait et d'après l'attitude des clients, il devait être un sacré musicien pour ainsi réussir l'exploit d'obtenir la fin du brouhaha et l'attention religieuse des spectateurs.
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Durant une bonne heure, les morceaux s'enchainèrent tandis que les clients murmuraient par respect pour le pianiste. Les dernières notes s'éteignirent et Tony resta quelques secondes sans bouger avant d'être soudain sorti de ses pensées par le tonnerre d'applaudissements qui éclata à sa grande stupéfaction. Il se tourna vers la salle et en remerciement, se leva et salua le public.
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Il échangea un regard avec Grant qui lui sourit tout en secouant la tête, encore incrédule. Tony éclata de rire et pour cacher son embarras, prit sa bière qu'il termina avant de poser la bouteille sur le plateau d'un serveur qui passait à proximité.
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« Allez, il est temps de passer à table, j'ai faim » dit-il. « Le restaurant sera bientôt complet et il vaut mieux trouver une place maintenant. »
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Ils traversèrent le bar avec difficulté parce que les clients les accostaient gentiment et félicitaient Tony. Grant regarda son mentor les remercier et se rendit compte avec étonnement que l'homme paraissait gêné d'être le centre d'intérêt. Aussi, il prit sur lui de presser le pas pour gagner la salle de restaurant où il trouva rapidement une table pour deux un peu en retrait.
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Ils s'installèrent et consultèrent la carte et Grant comprit pourquoi son compagnon appréciait l'endroit. Les plats proposés étaient un savant mélange de cuisine italienne, française et américaine. Grant salivait rien que de lire les noms des plats et à sa grande surprise, la carte était établie dans les trois langues.
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Il fit son choix, attendit que Tony fasse le sien avant d'attirer l'attention d'un serveur. Ils passèrent commande et le jeune homme indiqua le vin qu'il avait retenu. Grant approuva d'un signe de tête. Le serveur s'éloigna et tous deux s'engagèrent dans une conversation légère qui dura le temps du repas. La nourriture et le vin étaient délicieux et la compagnie agréable. En fin de compte, Grant se félicitait intérieurement d'avoir osé lancer son invitation et de le faire au nez et à la barbe des deux autres Agents.
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Aucun des deux hommes ne prit de café et Tony demanda l'addition qu'il régla sans laisser à Grant la possibilité de payer sa cote part. Une fois rentré en possession de sa carte bancaire, ils prirent le chemin de la sortie et tranquillement s'acheminèrent vers la voiture de Tony.
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« Je vous invite, signe de bienvenue » déclara Tony ayant senti la réticence de son compagnon de le voir régler la note.
« Merci, Anthony » accepta-t-il de bonne grâce. « Mais est-ce que ce n'est pas au chef d'équipe de le faire ? »
« Si vous espérez que Gibbs le fasse, vous pouvez attendre qu'il gèle en enfer » railla Tony. « Je suis le premier agent qu'il a recruté de son plein gré et il n'a jamais songé à me souhaiter la bienvenue de cette manière, ni d'aucune autre d'ailleurs. »
« Et pour vos collègues ? »
« L'Agent Todd, en son temps, et l'Agent McGee ont été officiellement introduits dans notre groupe et Gibbs les as emmenés dans un restaurant réputé » expliqua-t-il. « En ce qui concerne l'Officier David, j'ignore ce qu'il en a été mais j'imagine qu'il a dû s'y plier également même si son intégration a été moins conventionnelle. Elle nous a été imposée par la directrice Shepard en remplacement de Kate Todd, tuée par le demi-frère de l'Officier David. »
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Grant le regarda, les yeux exorbités et la bouche ouverte. Il réalisa qu'il devait avoir l'air malin et serra les lèvres, incapable de prononcer une parole. Décidément, cette équipe était bien étrange et semblait avoir traversé des moments difficiles s'il en jugeait par les rumeurs qu'il avait entendues et la révélation que venait de lui faire Anthony.
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Il était impatient de pouvoir vérifier si toutes les histoires qu'on lui avait racontées étaient véridiques ou le fruit de l'imagination de certains. Il n'avait pas eu la possibilité de consulter les rapports des enquêtes menées par l'équipe et ne pouvait donc juger de la véracité des faits qu'on lui avait rapportés mais il semblerait qu'il pouvait croire ce qu'il avait entendu.
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La voiture de l'italien s'insinua dans la circulation et Tony se dirigea vers l'appartement de Grant. La radio meublait le silence qui s'était installé mais qui n'était pas dérangeant. Arrivé à destination, Tony stoppa son véhicule au pied de l'immeuble et se tourna vers son compagnon, prêt à lui souhaiter une bonne nuit.
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« Envie de prolonger la soirée et de voir un film ? » demanda Grant avec espoir.
« Vous êtes sûr de vouloir encore ma compagnie ? »
« Oui et je vous offre aussi le petit déjeuner si la séance cinéma se poursuit une bonne partie de la nuit » offrit-il encore.
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Son ton promettait plus que ses mots et Tony regarda attentivement son partenaire tentant de déceler le sens caché de sa proposition. Il avait capté un intérêt particulier de sa part durant les deux semaines qu'il venait de passer dans l'équipe. Il était certain que l'ancien Seal avait envie de devenir plus qu'un simple collègue et même plus qu'un ami. Certains regards et certains gestes s'expliquaient maintenant parfaitement même si Tony l'avait compris sans le dévoiler.
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Tony opina d'un signe de tête et chercha une place pour se garer. Grant sourit lorsqu'il comprit que son mentor acceptait son offre. Ils descendirent de voiture et Tony ouvrit le coffre pour sortir le sac de voyage qu'il gardait toujours en cas d'imprévu. Il ferma ensuite les portières et suivit Grant qui lui montrait le chemin de son appartement.
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L'homme habitait un immeuble moderne sans prétention qui ne comportait qu'une dizaine d'étages. Ils franchirent la porte d'entrée et s'engouffrèrent dans l'ascenseur qui venait de s'arrêter au rez de chaussée. L'étage sélectionné, la cabine s'achemina doucement vers leur destination. Les portes s'écartèrent, ils sortirent et Grant le précéda vers son appartement dont il ouvrit la porte et s'effaça pour céder le passage à son invité.
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Tony le remercia et franchit le seuil, fit quelques pas avant de s'arrêter. Grant entra, ferma la porte à clef, déposa le trousseau dans une coupelle sur l'étagère qui trônait près du vestiaire. Il suspendit son manteau avant de se déchausser et invita Tony à faire de même. Sans hésiter, l'italien suivit son exemplaire après avoir déposé son sac.
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Il invita Tony à sélectionner le film qu'il voulait voir parmi la cinquantaine de DVD qui était placé sur les étagères près du téléviseur puis à prendre place sur le canapé. Tony sélectionna un film et le plaça dans le lecteur qu'il mit sur pause en attendant que son hôte revienne de la cuisine. Grant revint avec un plateau sur lequel trônaient deux coupes de glace et de l'eau.
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« J'ai pensé que l'eau serait suffisante après notre repas » expliqua-t-il. « Et à part de la bière qui ne se marie pas avec la glace, c'est tout ce que j'ai. »
« Ça me va parfaitement » répondit Tony qui lança le film.
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Chacun de deux homme s'empara ensuite de la coupe de glace et lentement dégusta son contenu tout en regardant le film. Grant jetait des coups d'œil fréquents qu'il espérait discrets vers Tony. Il reposa sa coupe une fois terminée et tout en s'adossant au canapé, il se rapprocha subtilement de l'italien qui le laissa faire sans rien dire et sans s'écarter.
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Bon signe pensa Grant. Il ne parait pas hostile mais puis-je considérer ça comme un espoir ?
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Il suivit difficilement le reste du film trop distrait par la proximité et la chaleur dégagée par le corps de l'italien. Il avait une seule idée en tête, se rapprocher davantage et enlacer l'homme. Mais il ne pouvait s'autoriser ce geste que s'il savait que Tony n'y serait pas hostile, il n'envisageait pas de se lancer dans une relation sans clarifier les choses au préalable.
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Tony sentait que Grant avait un réel dilemme, il était distrait, ne suivait pas véritablement le film et il s'était rapproché de lui sans aller plus loin. Il avait bien compris que l'homme était attiré par lui, même si son attitude était discrète. Certains gestes ne trompaient pas, de même que certains regards.
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Tony n'avait pas cherché à le repousser, il y avait longtemps qu'il n'avait pas été ainsi désiré par un autre mâle et il avait compris depuis un bon moment que l'objet de ses désirs ne répondrait pas – ou plus - à son attirance. Le flirt avait été réticent de sa part parce qu'il ne voulait pas mettre son poste en péril et se voir écarter de l'équipe de Gibbs.
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Sentant Grant de plus en plus agité, même s'il tentait de le masquer, Tony décida de lui épargner un long supplice. Il éteignit la télévision et se tourna vers lui.
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« Quelque chose à me dire, Grant ? » demanda-t-il finalement pour l'inciter à parler.
« A vrai dire, oui. J'avais une arrière-pensée en demandant à intégrer votre équipe » révéla Giordano.
« J'imagine bien laquelle » murmura Tony.
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Grant le regarda curieusement, se demandant s'il était devin avant de finalement décider de révéler son secret espoir.
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« Depuis que j'ai vu votre photo sur ce mur au centre de formation, j'ai souhaité vous rencontrer » avoua Grant. « Et notre rencontre dans le bureau du Directeur Vance a confirmé ce que je savais déjà. »
« Et qu'est-ce que vous saviez ? »
« Que j'avais envie de vous connaître mieux et si possible de façon plus intime que deux amis. »
« Waouh, je suis flatté, Grant » souffla Tony. « Mais je ne sais pas si vous vous rendez compte… »
« Pas de platitude, Anthony » le coupa Grant. « Nous savons tous les deux que nous sommes… différents, votre bisexualité n'est plus un secret pour moi, je l'ai deviné après quelques jours passés à vos côtés. »
« Entre gens du même monde, on se reconnaît facilement » gloussa l'italien. « Mais vous êtes le seul à avoir deviné. Je dois avoir été distrait pour avoir ainsi baissé ma garde et vous laisser voir ça. »
« Ce sont non seulement vos regards mais également le fait que vous n'ayez jamais repoussé mes avances discrètes qui m'ont confirmé mes soupçons » indiqua Giordano.
« Je vais devoir me surveiller un peu plus » soupira Tony. « Personne ne doit savoir, surtout pas mon équipe si je veux conserver mon poste. »
« Est-ce à dire que… si je vous… Bon sang, je ne sais même pas comment le dire ! » grommela Grant.
« Dites le simplement » suggéra l'italien.
« J'ai envie de vous entraîner dans mon lit et ce, depuis que vous êtes entré dans le bureau de Vance » avoua enfin Grant. « Vous savez, votre photo ne vous rend pas justice, en réalité, vous êtes un putain de beau mec. Et je suis persuadé que je ne suis pas le seul mâle à le penser » ajouta-t-il d'un ton ferme et sincère.
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Grant sourit en constatant que l'italien rougissait à son compliment. Il réalisa qu'il n'avait sans doute pas souvent entendu ce genre de paroles dans la bouche d'un homme et surtout à son sujet. Comment ne pouvait-il pas accepter le fait qu'il était magnifique et qu'il était une tentation irrésistible, que ce soit pour un homme ou une femme ?
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Grant était médusé de constater que l'homme était peu sûr de lui et qu'il doutait de la sincérité des compliments qu'un autre mâle pouvait lui faire. Il était certain que l'italien devait accepter plus facilement ce qui venait d'une femme. Qui avait donc ainsi persuadé cet homme qu'il ne valait pas grand-chose ? Il aimerait bien le savoir pour lui apprendre les bonnes manières.
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Il décida de laisser ce mystère de côté pour le moment et de pousser son avantage maintenant qu'il avait amorcé la discussion dans la direction qu'il voulait.
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« Je sais que nous ne sommes pas censés nouer des liens intimes selon les règles de l'Agent Gibbs mais elles ne valent rien à mes yeux. Elles ne régissent que la vie de Gibbs et pas la mienne »
« D'accord avec vous, j'ai cessé de respecter certaines d'entre elles lorsque Gibbs s'est mis à les transgresser sans remords. »
« Donc, si nous avons envie de franchir la ligne qui sépare l'amitié de quelque chose de plus profond… si toutefois je ne me suis pas trompé à votre sujet… »
« Nous savons reconnaître ce que nous sommes et je suis partant » dit Tony en toute simplicité. « Cependant, je préfère vous avertir que je ne suis pas du genre à m'attacher ou plus exactement que personne ne s'attache à moi très longtemps. »
« Je ne cherche pas non plus une relation durable pour l'instant mais une liaison sincère et exclusive me conviendrait parfaitement si c'est votre cas également. »
« Ça me va, je ne souhaite pas me lier durablement dans un proche avenir » clarifia Tony.
« Une expérience malheureuse ? »
« Oui et assez récente pour que je sois prudent. »
« Il ne se souvient pas de la véritable nature de vos relations avant l'accident ? »
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Tony haussa des sourcils d'étonnement : comment un étranger à leur équipe pouvait avoir deviné ce que ses collègues qui les côtoyaient tous les jours avaient manqué ?
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« Un œil neuf permet parfois d'observer sans a priori et de noter certaines choses qui échappent à un entourage familier » expliqua Grant. « Gibbs vous observe souvent, il spécule certainement sur vos liens passés sans savoir ce qui relève de son imagination et ce qui est la réalité. Les regards qu'il vous lance sont un signe évident qu'il y a eu quelque chose entre vous, quelque chose de plus qu'une simple amitié. Si vous voulez retrouver votre relation, vous allez devoir lui expliquer ce que vous étiez l'un pour l'autre. »
« Aucune chance que ça arrive, Gibbs a changé depuis son retour, il ne m'accorde plus sa confiance, il me traite comme un subordonné quelconque. »
« Il a accepté de vous laisser superviser ma formation pourtant, c'est un signe qu'il vous fait confiance à ce sujet. »
« Uniquement parce qu'il refuse de se charger de vous former lui-même, il peut avoir toute la patience du monde en tant que sniper mais il ne sait pas l'appliquer pour autre chose. »
« Assez parlé de l'Agent Gibbs, je crois que nous avons mieux à faire » suggéra Grant en se levant.
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Il tendit une main à Tony qui l'accepta en souriant et laissa son compagnon l'aider à se mettre debout. Il entraîna l'italien vers la porte, agrippa le sac déposé là plus tôt qu'il tendit à Tony, éteignit la lumière et poursuivit son chemin vers la chambre. L'italien lui emboita le pas sans hésitation et franchit le seuil de la chambre pour s'arrêter juste au pied du lit.
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Sans façon, Grant commença à se déshabiller, espérant que son… futur amant suive son exemple. Tony comprit le message car il s'empressa de se débarrasser de ses vêtements, lentement sans quitter des yeux le regard de son vis-à-vis. Grant salivait presque et était impatient de contempler le corps nu mais savait qu'il ne fallait pas précipiter les choses.
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Dormir dans les bras l'un de l'autre pour cette nuit serait déjà suffisant et si, dans la foulée, les choses s'accéléraient, il ne s'en plaindrait pas. La chemise et le pantalon atterrirent sur le sol et là, l'italien stoppa soudain son effeuillage.
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« Je dors nu, est-ce un problème ? » demanda-t-il soudain, sortant Grant de ses pensées.
« Euh… à vrai dire, pour cette nuit, je veux juste vous tenir dans mes bras si ça vous convient » déclara presque timidement son hôte.
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Tony le scruta un instant avant de hausser les épaules et de se rapprocher de l'autre homme.
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« Si c'est ce que vous voulez, ça me va aussi » affirma Tony doucement. « Laissons les choses évoluer à leur rythme et voyons où elles nous conduisent. Ok ? »
« Ok » approuva Grant. « Je sais que je vous désire mais… »
« Vous voulez savoir si c'est juste pour le sexe ou pas » nota son compagnon d'une voix douce.
« Malgré mes propos de tout à l'heure, je ne voudrais pas commencer notre relation sur un faux pas » renchérit Grant. « Je sais que je ne suis pas prêt à m'engager mais je ne partage pas mon lit avec quelqu'un si je ne suis pas émotionnellement investi dans cette relation. L'amour n'entre sans doute pas encore dans l'équation mais je ressens quelque chose pour vous et ce n'est pas seulement du désir » clarifia-t-il.
« Arrêtons d'analyser nos motifs et laissons nos sentiments nous dicter nos prochains pas » conclut Tony pour mettre un terme à leur dilemme.
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Il s'avança vers le lit, tira les couvertures et s'y glissa. Il fit signe à Grant de le rejoindre et l'homme soupira avant de prendre place à ses côtés. Chacun garda ses distances durant plusieurs minutes avant que Tony ne secoue la tête et prenne l'initiative. Il se rapprocha de son compagnon et posa sa tête sur son épaule avant de glisser son bras autour de sa taille.
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Grant était confus, il savait qu'il voulait… qu'il désirait Tony depuis la première minute où il avait posé les yeux sur lui dans le bureau du directeur. Il le lui avait dit et n'avait pas menti mais maintenant que son souhait pouvait se réaliser, il était indécis et il se demandait pourquoi. C'était la première fois qu'il ressentait une telle réticence et qu'il hésitait à mettre à exécution son envie de serrer l'homme dans ses bras.
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Lorsque Tony bougea, il sentit son cœur faire un bond et lorsque la tête se posa sur son épaule et que le bras entoura sa taille, il retint sa respiration juste quelques secondes avant de se relaxer totalement. Tony soupira, bailla et en quelques minutes, glissa dans le sommeil. Grant gloussa doucement, c'était la première fois qu'il avait un homme dans son lit et qu'il n'entreprenait rien.
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Et le plus étrange, c'était le fait que l'italien soit appétissant et qu'en général, il aurait sauté sur l'occasion de poursuivre jusqu'à ce que son désir prenne le pas et qu'il satisfasse son envie de l'aimer totalement. Pour être honnête, Tony était le premier homme qui l'avait fait vibrer en un éclair, il était également le premier homme aussi sexy qu'il voulait.
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En général, ses amants occasionnels étaient attirants mais sans plus. Pour quelques semaines, il pouvait s'accommoder d'un homme qui n'était pas repoussant mais pas un apollon non plus. N'étant pas lui-même d'une beauté à tout casser, il ne recherchait pas des amants qui ressemblaient à des mannequins.
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Mais là, l'italien était franchement d'une autre pointure. Il était tout simplement magnifique, séduisant et sexy en diable. Comment ne pas être attiré par la beauté ténébreuse de l'italien ? Grant était perplexe quant à cette énigme. Gibbs semblait intéressé par son second, ça ne faisait aucun doute pour lui mais il ne comprenait pas que l'Agent senior soit resté passif.
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C'était tout à son avantage et il n'allait pas bouder le plaisir de damer le pion à l'ancien Marine. Il avait compris que l'homme était possessif mais la manière dont il traitait Tony le desservait selon lui. L'italien finirait par être démotivé et vouloir un transfert si Gibbs ne changeait pas d'attitude. Il y avait des limites à l'inacceptable et il apprendrait un jour qu'il poussait les choses trop loin.
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Le prochain chapitre va définitivement jouer un rôle pour la suite de la fic.
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Soyez donc au rendez-vous la semaine prochaine.
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A bientôt.
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Chtimi
