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Désolée de n'avoir pas posté hier comme prévu, je fêtais mon anniversaire en décalé et donc la journée a été bien remplie.
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Ah, Ziva et McGee ! Tellement imbus d'eux-mêmes qu'ils ne peuvent voir l'évidence, tellement persuadés d'être meilleurs que les autres dans leur domaine qu'ils sont bornés au point de ne pas savoir reconnaitre leurs erreurs.
Et Gibbs tellement têtu qu'il ne peut se résoudre à questionner. Dommage pour lui !
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Bonne lecture et jetez vous sur vos claviers pour vos coms.
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Chapitre 20 : Constatation décevante
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Comme l'avait deviné Grant, Gibbs était toujours confus en ce qui concernait sa relation avec Tony. Il n'arrêtait pas de se poser des questions mais il ne se décidait pas à les poser à la seule personne qui pourrait y répondre. Il avait peur que la réponse qui lui serait faite ne corresponde pas à son désir et il préférait donc ne pas savoir, quitte à vivre avec un espoir non satisfait.
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Son humeur changeante et son attitude versatile envers Tony n'amélioraient pas les relations entre collègues, loin de là. McGee et David continuaient leur croisade envers l'italien à la moindre occasion lorsque Gibbs n'était pas dans les parages. Ils tentaient encore de rallier Grant à leur cause et sa résistance inexplicable les agaçaient au plus haut point.
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L'ancien Seal avait une bonne raison de résister, une raison que personne ne connaissait.
Les deux hommes se comportaient comme deux parfaits collègues au travail, Grant suivait scrupuleusement les instructions de Tony, il était le parfait modèle d'agent en probation. Il posait les questions qu'il fallait quand il le fallait, secondait l'italien comme jamais McGee ne l'avait fait, assurait ses arrières sur le terrain sans difficulté. En un mot, les deux hommes formaient un bon tandem.
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Et cette bonne entende entre eux énervait grandement les deux autres membres de l'équipe. Ils voyaient bien que Gibbs les laissait travailler ensemble sans rien dire mais son attitude démontrait parfois qu'il en était agacé. Pourtant, jamais il ne fit la moindre remarque désobligeante à ce sujet. Il secouait simplement la tête en soupirant lorsque la tension devenait palpable.
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Afin de tenter de comprendre l'obstination du nouvel agent de résister à leur pression, Ziva décida de filer Giordano un soir où tous quittèrent le bureau en même temps. Mal lui en pris car Grant repéra sa voiture facilement identifiable. Après l'avoir promenée durant une bonne demi-heure, il l'a sema avant de rejoindre Tony à son domicile.
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Le lendemain matin, elle fut fraichement accueillie et réprimandée par Tony à qui Grant avait expliqué la raison de son retard.
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« Officier David, s'il vous prend encore l'envie de procéder à une filature de l'Agent Giordano comme vous l'avez fait hier, votre acte sera immédiatement notifié au Département des Affaires Internes pour suite à donner » commença-t-il d'un ton mesuré mais nettement furieux. « Et ne pensez pas que cette mise en garde est faite en l'air ou qu'elle ne vous concerne pas parce que vous n'êtes pas officiellement un agent du NCIS. Vous travaillez ici, vous devez en respecter le règlement comme tout autre membre de l'agence quel que soit le poste occupé. Que ceci soit votre premier et dernier avertissement à ce sujet ! »
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Gibbs, qui revenait d'une sempiternelle ruée pour un café, assista à la réprimande mais ne défendit pas l'israélienne. Elle lui jeta un regard mauvais qu'il interpréta comme un reproche pour ne pas la soutenir. Il haussa les épaules et secoua la tête pour lui intimer de ne pas répondre. Elle passa outre son conseil silencieux.
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« Je voudrais bien voir que tu fasses un rapport » rétorqua-t-elle d'un air dédaigneux. « Tu ne peux rapporter quelque chose dont tu n'as pas été le témoin direct. Et tu n'auras pas le courage de le faire. »
« Grant ? » dit simplement Tony.
« Rapport envoyé au directeur et au service des Affaires Internes » lui répondit son bleu. « J'y ai joint les preuves nécessaires. »
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Ziva se raidit, elle ne s'attendait pas à le voir mettre sa menace à exécution aussi vite. Elle attaqua cependant aussitôt en retour.
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« Tu peux tenter ce que tu veux, DiNozzo, il n'y a aucune preuve que je le suivais » cracha-t-elle sûre d'elle.
« Les rues de Washington sont jalonnées de caméras de surveillance pour le trafic routier » rappela son collègue d'un ton calme. « Grant a obtenu les photos prises à différents endroits vous montrant l'un à la suite de l'autre ainsi que l'heure du délit, la filature est clairement prouvée ainsi. Je pense que vous pouvez cesser de me prendre pour un imbécile en pensant que j'accuserais sans preuves, Miss David ! »
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La brune jura en hébreu, elle avait oublié ce 'léger détail' qui pouvait l'incriminer. Elle jeta un nouveau regard vers Gibbs qui le soutint avant finalement de se positionner.
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« Vous avez délibérément suivi un de vos collègues en dehors des heures de travail dans l'évidente intention de vous servir de ce que vous découvririez, Ziva » annonça-t-il. « Je ne peux rien pour vous dans cette affaire, vous n'étiez plus sous mes ordres. L'affaire est close jusqu'à ce que les Affaires Internes vous fassent connaitre leur décision. Mettez-vous au boulot avant que je ne vous trouve de quoi vous occuper. »
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Il la regarda fulminer intérieurement avant qu'elle ne se décide à se mettre au travail en soupirant puis marmonnant des mots dans sa langue maternelle. Gibbs croisa le regard de son second, il lui fit un léger signe de tête indiquant qu'il approuvait sa décision avant de se plonger lui aussi dans la paperasse.
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Le reste de la journée passa lentement pour Gibbs qui prit le temps de réfléchir et de tenter de se souvenir des rapports existant entre ses subordonnés. Comme souvent, il ressortit bredouille de cette introspection. Cependant, il savait d'après les quelques commentaires entendus ici et là depuis son retour, entre Ducky et Jimmy, entre d'autres agents, que les membres de son équipe n'étaient pas en meilleurs termes que ça, même avant l'accident qui l'avait éloigné de l'agence durant sa courte 'retraite'.
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Il avait également déduit qu'en temps normal, il ne se passait pas un mois sans que DiNozzo ne fasse un saut aux urgences de Bethesda pour une blessure ou, au moins, une commotion. Il se souvenait que Vance avait mentionné le fait au cours d'une de leurs discussions. A croire que personne n'assurait ses arrières correctement sur le terrain.
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L'idée de coupler Grant et Tony sur les scènes de crime avait eu pour conséquence directe d'éviter que l'italien ne se retrouve donc trop souvent à l'hôpital. Et ce simple fait avait fait réfléchir Gibbs qui se demandait si l'attitude de ses deux subordonnés n'avait pas provoqué des situations où Tony avait dû s'exposer pour empêcher une catastrophe. C'était un fait avéré que l'italien préférait servir de cible que de mettre ses collègues en danger.
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Cependant, l'inverse n'était pas réciproque. McGee et David objectaient encore sur le terrain aux ordres de Tony et si Grant n'avait pas été désigné comme son ombre, l'ex Marine pouvait jurer que les deux juniors voulaient la mort de l'italien… ou au moins, qu'il subisse une sérieuse blessure l'obligeant à quitter l'équipe.
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Il ignorait les motifs qui les poussaient à agir ainsi mais il savait qu'il ne tiendrait plus très longtemps à ce rythme. La tension constante qu'il ressentait lorsque toute l'équipe devait sortir sur le terrain commençait sérieusement à le miner.
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Qu'adviendrait-il de leur équipe si un autre incident se produisait et avait encore DiNozzo comme victime ? Gibbs priait ardemment pour que rien ne vienne ajouter à l'ambiance délétère qui régnait déjà parmi son équipe.
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Pourtant, il aurait dû savoir que ses prières étaient rarement entendues.
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Ce fut lors d'une simple enquête que les choses empirèrent et déclenchèrent le début de la fin. L'équipe devait contrôler un entrepôt où un groupe de Marines stockait des armes destinées à la destruction pour les revendre au marché noir à des gangs. Arrivés sur place, Gibbs donna ses ordres et divisa l'équipe en deux groupes comme à l'accoutumé. Tony et Grant d'un côté et McGee et David de l'autre.
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Chaque groupe devait inspecter un côté de l'entrepôt et se rejoindre au milieu. Mais une surprise les attendait à leur arrivée, les Marines étaient en train de charger des caisses d'armes dans une jeep. Leur réaction ne se fit pas attendre et bientôt, des coups de feu tirés dans leur direction ouvrirent les hostilités. Cependant, la position des agents fédéraux ne leur permettait pas d'avoir un bon angle de tir.
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Tentant de trouver une meilleure position, Tony se déplaça lentement en contournant des caisses. Grant avait compris la manœuvre et suivait sa progression, il perdit de vue David qui avait, elle aussi, décidé de bouger dans le sens opposé. Les Marines avaient également choisi de se protéger et s'étaient éparpillés dans tous les sens espérant distraire leurs assaillants. Chaque agent avait une seule et unique cible, le groupe de Marines étant composé, par un heureux hasard, de cinq hommes.
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Comment David se retrouva-t-elle à suivre la même cible que Tony ? Mystère ! Lorsqu'elle estima pouvoir éliminer celui qu'elle traquait, elle sourit en pointant son arme non pas sur le Marine parce qu'elle n'était pas en ligne directe pour le toucher mais elle choisit de procéder autrement. Elle tira donc en direction d'un conteneur métallique qui se trouvait à proximité, la trajectoire de sa balle calculée pour blesser sa cible.
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Surestima-t-elle sa confiance en ses capacités ou réagit-elle trop vite ? En tout cas, la balle dévia de son but initial et ricocha sur d'autres objets avant de finir sa course là où elle n'aurait pas dû, c'est-à-dire dans le biceps gauche de Tony. Lorsqu'elle réalisa que son tir n'avait pas abouti où il aurait dû, elle s'avança un peu plus et s'apprêtait à viser de nouveau lorsqu'un mouvement attira son attention.
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Giordano, qui venait de maitriser sa propre cible, accourait vers Tony pour le secourir. Il pressa la blessure pour tenter de freiner le flot de sang avant de parvenir à faire un garrot de fortune avec un mouchoir. Il parlait tranquillement à l'italien avant de s'assurer qu'il pouvait le laisser seul. Il entreprit alors de traquer le Marine que Tony avait eu le temps de blesser à la jambe. En quelques minutes, ce fut fait et leur suspect fut menotté.
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Revenu près de son mentor, Grant examina le bandage avant d'aider Tony à se lever et rejoindre le reste du groupe. Il avait une envie de meurtre et il espérait pouvoir se retenir. Lorsque les deux hommes stoppèrent près de leurs collègues, David se tenait près de Gibbs et avait un sourire triomphant sur le visage.
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« Bon sang, DiNozzo, qu'est-ce qui c'est encore passé ? Pas su esquiver ? » grogna Gibbs.
« Pas de sa faute, Agent Gibbs » cracha aussitôt Grant. « La balle qu'il a reçue provient de l'arme de l'Officier David et non d'un des suspects. »
« Quoi ? » s'exclama Ziva. « Ça va pas la tête, j'ai jamais tiré sur lui. »
« Vous avez changé de position, vous avez tiré et le ricochet a envoyé votre balle directement dans le bras d'Anthony » expliqua l'ancien Seal.
« Ce n'est pas ce que je voulais, Gibbs, je visais un des suspects, je le jure » se défendit-elle.
« Semblerait qu'elle ne parvienne pas à comprendre que tirer sur un objet métallique ne sert qu'à faire rebondir la balle. C'est la seconde fois que vous faites cette erreur et pour une experte en armes comme vous prétendez l'être, c'est vraiment très étonnant » remarqua calmement Tony.
« DiNozzo, cesse d'accuser sans preuve ou tu risques de te chercher un autre boulot plus vite que tu ne penses » ordonna aussitôt Gibbs.
« Oh mais l'étude de la trajectoire fera la lumière sur cet incident, j'en suis sûr » répliqua son agent en le toisant avec aplomb.
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Sans parler de l'examen de la balle elle-même lorsqu'elle sera extraite de mon bras pensa-t-il.
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« Ca suffit avec ses conneries » aboya Gibbs. « McGee, appelez une équipe et un fourgon pour embarquer ces lascars. Ensuite, vous et David collectez les indices. Giordano, rassemblez les armes. DiNozzo… »
« Désolé mais je crois que je passe mon tour » l'interrompit Tony en se dirigeant vers la sortie.
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Gibbs le regarda partir mais ne dit rien. Il savait qu'il avait été injuste envers son second mais sans preuve concrète, il ne pouvait condamner la jeune femme qui lui avait sauvé la vie. Et seule la balle qui était fichée dans le bras de son second pouvait l'incriminer. Et il n'avait aucun moyen de contourner ce fait sauf à intercepter la balle et la remplacer.
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Sans doute pourrait-il jouer un petit tour de passe-passe à sa façon ! Après tout, il avait déjà pratiqué cet exercice une fois, il pourrait recommencer.
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Pourtant, malgré sa confiance, Gibbs n'avait pas prévu que son plan tournerait court. Il n'était plus listé comme contact médical de DiNozzo et donc, il n'eut pas accès à la salle où il était soigné. Et forcé la main au personnel médical mettrait la puce à l'oreille de l'italien en un éclair. Son second n'était pas stupide au point de ne pas comprendre qu'il y aurait anguille sous roche.
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Tony, averti par un sixième sens, organisa un petit tour à sa façon parce qu'il avait compris d'instinct que tout serait fait pour que Ziva David soit innocentée. Il laissa délibérément le sachet d'indice bien en vue lorsque la balle lui fut remise pour analyse. Il savait que Gibbs tenterait quelque chose avant que le sachet d'indice ne parvienne à Abby.
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Il échangea, comme à son habitude, des plaisanteries avec le personnel médical tandis que Grant secouait la tête, amusé malgré lui par les facéties de son compagnon. Les deux hommes semblaient ne prêter aucune attention à ce qui les entourait et Gibbs, qui avait finalement été autorisé à les rejoindre, en profita pour subtiliser prestement et subtilement le sachet et sortir nonchalamment de la pièce.
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En quelques minutes, il échangea les balles, retourna dans la salle de soins et reposa le sachet tout aussi discrètement alors que personne ne le regardait. Il sourit intérieurement en songeant qu'il avait encore une fois joué les anges gardiens et qu'il serait bientôt un spécialiste en la matière. Pas un seul instant, il ne remit en question ses actions, il lui fallait simplement payer sa dette envers la jeune femme afin d'être libéré de sa culpabilité et ne plus lui devoir quelque chose.
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Il ne réfléchit pas au-delà, il ne prit pas le temps de s'appesantir sur les conséquences de son acte. La seule chose qui lui importait était qu'elle ne pourrait plus faire pression sur lui à partir du moment où il lui aurait rendu service et ce, pour la seconde et dernière fois, il se le promettait.
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Il proposa même de porter lui-même le petit sachet à Abby prétextant qu'il se portait garant de conserver la chaine d'évidence. Un bon moyen pour justifier le fait que ses propres empreintes seraient relevées sur le plastic sans éveiller le moindre soupçon.
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Ce fut quelques heures plus tard que Gibbs fut confondu lorsque l'analyse balistique détermina que le projectile qui avait été examiné par Abby ne portait aucune trace de tissu portant l'ADN de Tony et le plus surprenant était qu'elle était vierge de tout sang alors qu'elle était censée avoir été retirée du bras ensanglanté et déposée sans avoir été nettoyée.
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Gibbs avait simplement supposé que le sang déposé à l'intérieur du sachet imprégnerait suffisamment la balle pour faire illusion. Mais il n'avait pas songé à faire rouler la balle pour le sang y adhère, il l'y avait simplement glissé, sans plus. De même, aucune particule de peau n'était présente.
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Résultat, le sang était absent sur la surface de la balle, ce qui impliquait qu'elle n'avait pas été en contact direct avec le bras de Tony et donc son ADN. Ce fut ce que la gothique expliqua doctement à l'ancien Marine lorsque ce dernier vint aux nouvelles.
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« C'est un mystère total » appuya vigoureusement Abby. « Cette balle devrait porter des particules de muscle, de peau et de sang de notre italien et niet, elle est trop nickel chrome. Je vous le dis, ce projectile n'est pas celui qui a été retiré du bras de Tony, c'est impossible. »
« Abby, il se pourrait qu'un membre du personnel médical l'ait nettoyé avant de la déposer dans le sachet » objecta Gibbs sans grande conviction.
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Cette explication bancale ne le convainquait pas lui-même, elle ne pouvait donc pas emporter l'adhésion de la scientifique. De même, le personnel médical était rompu aux procédures à respecter lors du traitement de blessures par balle et une erreur aussi grossière était improbable, voire même impossible.
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Il se rendait compte maintenant qu'il avait agi sans prendre le temps de réfléchir, dans la précipitation la plus totale. Il avait récupéré une balle d'une boîte qu'il gardait dans sa voiture (allez savoir pour quelle raison) pour la substituer à celle qui avait été retirée du bras de l'italien, il l'avait soigneusement essuyé pour ôter ses empreintes et envelopper dans son mouchoir. Donc il était normal qu'elle soit propre.
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« Allons, Gibbs, tu sais aussi bien que moi que le personnel n'est pas aussi stupide, il est sensibilisé aux procédures de soins des blessures par balles et des précautions à prendre dans ce cas » contra Tony qui venait de pénétrer dans le labo. « De plus, elle ne correspond pas au calibre du révolver de David, donc, ce ne peut être la bonne. Qui a procédé à l'échange ? »
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Le jeune homme tentait de ne pas prendre Gibbs en défaut en présence de l'équipe mais avait toutes les difficultés du monde à rester calme lorsque son patron mentait aussi ouvertement. Il allait devoir le confondre sans pour autant l'exposer directement et l'exercice allait être des plus ardus. Il serait certainement accusé de vouloir incriminer l'israélienne pour des raisons totalement fantaisistes telles que la jalousie ou l'envie.
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Il laissa passa un moment pour voir jusqu'où Gibbs était prêt à aller pour protéger l'israélienne. Lorsque l'ancien Marine n'ajouta rien, Tony sentit la colère poindre et réussit tant bien que mal à la maîtriser. Il devait incriminer Gibbs et le plus tôt serait le mieux. Il ne pouvait croire que l'homme qui l'avait engagé lui soit aussi déloyal.
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Il attendit que le groupe se disperse et héla Gibbs.
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« Gibbs, je voudrais te parler un instant » lança-t-il sans acrimonie.
« Tu crois que c'est vraiment le moment » cracha l'ancien Marine.
« Je crois qu'il n'y a pas de moment plus approprié » lui répondit l'italien en croisant le regard de son chef.
Quelque chose interpella l'ancien Marine car il scruta son second durant un moment avant de se résoudre à accéder à sa requête avec réluctance et il s'obligea à montrer sa mauvaise grâce. Les deux hommes entrèrent dans l'ascenseur et s'en servirent pour avoir la discussion que Tony souhaitait avoir.
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Ce fut lui qui stoppa l'ascension de la cabine et il observa Gibbs un instant sans rien dire.
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« Nous n'avons pas toute la journée, DiNozzo » finit par dire Gibbs. « Dis ce que tu veux dire et finissons-en pour reprendre l'enquête. »
« Je veux savoir quelle raison t'a poussé à subtiliser et remplacer la balle extraite de mon bras » demanda Tony de but en blanc, sans tourner autour du pot.
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Gibbs regarda son second et spécula un instant pour savoir s'il allait pouvoir ou non mentir à ce sujet. Il se demanda comment l'italien pouvait savoir qu'il avait procédé à l'échange des balles. Et comme souvent, Tony sembla lire dans son esprit car il lui fit la réponse à sa question muette.
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« Nous avons délibérément laissé le sachet sans surveillance afin de voir ce que tu ferais » révéla son agent. « J'avais le pressentiment que tu tenterais de la protéger coûte que coûte, j'ai donc agi en conséquence. Tu es tombé tête la première dans notre petit subterfuge. »
« Comment peux-tu douter de moi à ce point, DiNozzo ? » questionna Gibbs. « Ne t'ai-je pas donné assez de preuves que tu pouvais me faire confiance durant toutes ces années où nous avons bossé ensemble ? »
« Tu penses que jouer la carte de la confiance t'épargnera de devoir répondre de tes actes, Gibbs ? » renvoya Tony. « Ce ne serait pas la première fois que tu joues avec les indices pour orienter une enquête dans le sens qui te convient le mieux. Et inutile de t'indigner ou de chercher à faire appel à ma sympathie, ça ne fonctionnera pas. Je ne passerai pas sur le fait que l'Officier David a fait une erreur de jugement qui a conduit à ma blessure. Pas cette fois, Gibbs. »
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Gibbs réagit presque d'instinct aux propos de son second.
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« Que veux-tu dire par 'pas cette fois', DiNozzo ? »
« Que c'est la seconde fois qu'elle agit de cette façon dans un environnement presque identique à la précédente et que sa balle finit également sa course dans mon corps comme par un heureux hasard » affirma Tony. « L'affaire de la fausse monnaie et notre petit séjour dans le container te rappelle quelque chose sans doute ? Ce n'est pas un éclat de bois qui m'a blessé mais belle et bien une balle tirée par Mlle Mossad dans la serrure de notre prison et qui a ricoché sur les parois métalliques avant de terminer ses rebonds dans mon bras. Et avant que tu réfutes mes dires, le rapport du médecin qui m'a soigné est très explicite ainsi que la balle qu'il a extraite. »
« Pourquoi n'avoir pas contredit ses propos à ce moment-là lorsqu'elle a affirmé que c'était juste une estafilade due à un éclat de bois ? »
« Parce que je savais que tu prendrais aussitôt sa défense sans mettre vérifier les faits, ce que tu as fait » déclara Tony avec colère. « Cette intrigante qui a réussi l'exploit invraisemblable de mettre le fameux Agent Gibbs dans sa poche en jouant la carte de la culpabilité et la corde sensible de la petite fille perdue ne pouvait, à tes yeux, être coupable d'un acte aussi mesquin, n'est-ce pas ? »
« DiNozzo, comment peux-tu prétendre savoir quelque chose à ce sujet alors qu'en fait, tu ne sais rien ? »
« Parce que, contrairement à toi, j'ai fait quelques vérifications et que je ne me suis pas arrêté à la surface, j'ai gratté plus profondément » expliqua Tony. « Jamais je n'aurais pensé un jour te prendre en défaut, toi, celui qui, pour moi, ne pouvait pas détourner les règles et plier la loi à sa convenance. Tout ça pour les yeux d'une femme qui a su jouer sur le point le plus vulnérable de toute ta vie, ta famille disparue. Inutile de me lancer ce regard farouche, j'étais au courant pour ta femme et ta fille, je le sais depuis bien avant mon arrivée dans ton équipe. Tout comme toi, j'ai eu envie de connaitre celui qui voulait que je travaille pour lui. Après mon manque de jugement en ce qui concernait Price, je ne voulais pas me retrouver dans une situation identique. »
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Gibbs fixa son second sans rien dire, il tentait de digérer le fait que son secret le plus précieux avait été détenu par deux personnes qui auraient pu à tout moment le divulguer ou s'en servir pour le faire souffrir. Tout en étant certain que l'italien n'aurait jamais été vindicatif au point d'utiliser cette information à son détriment, il ne pouvait en être aussi persuadé en ce qui concernait l'israélienne. Le véritable motif de son intégration dans son équipe était par trop nébuleux.
« Je pense que les faits réels doivent être révélés, Gibbs » déclara soudain Tony. « Mon rapport et celui de Grant ainsi que celui du médecin iront dans ce sens. L'examen de la balle extraite de mon bras sera également versé au dossier. »
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Il vit Gibbs ouvrir des yeux étonnés à ces derniers propos.
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« Oh, ne te fais aucune illusion » ajouta Tony. « Celle que tu as voulu remplacer n'était pas la balle de mon bras. Grant et moi avons persuadé le personnel de se prêter à un petit tour de passe-passe bien révélateur. Donc, je veux que tu rétablisses la vérité et que tu dévoiles ton rôle à ce sujet. »
« Tu me demandes purement et simplement de me suicider professionnellement, DiNozzo » gronda Gibbs d'un ton incrédule.
« Tes actes, ta responsabilité » répliqua simplement Tony. « A toi de choisir, ou tu prends tes responsabilités, ou je le fais. Je te laisse le choix mais je veux que ceci soit traité comme toute erreur commise par n'importe quel agent. Elle revendique le fait qu'elle fait partie de l'équipe, traite la donc comme un de ses membres. »
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Tony regarda Gibbs lutter contre son ultimatum et il en conçut une grande amertume en même temps qu'il ressentait la trahison de son mentor. C'était comme si Gibbs lui déniait tout ce qui c'était passé entre eux depuis qu'il l'avait débauché de Baltimore. Et il ignorait ce qui motivait ainsi l'ancien Marine tout en se doutant que son attitude avait quelque chose à voir avec l'officier du Mossad et certainement Haswari.
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« J'ignore vraiment ce qui t'arrive depuis ton retour et je ne veux décidément pas le savoir mais ceci est vraiment indigne du chef d'équipe que je connaissais » remarqua l'italien. « Tes sautes d'humeur, tes changements soudain de comportement, cette idiotie… Chercherais-tu à te faire virer que tu ne t'y prendrais pas autrement. Gibbs, il serait temps que tu te reprennes en main ou tu pourrais bien repartir pour le Mexique pour une retraite définitive cette fois. »
« Je ne te permets pas de me manquer de respect ainsi, DiNozzo » gronda Gibbs en réponse.
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Sa voix était sourde mais laissait entendre sa colère. Il était rare qu'il soit aussi remonté contre Tony mais depuis qu'il était rentré, il ne parvenait plus à se comporter civilement avec l'italien. Trop de détails à son sujet restaient dans l'ombre et il était bien trop borné pour avoir une conversation honnête et ouverte avec l'homme qui le regardait fixement et le jugeait ainsi.
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Gibbs comprit enfin que Tony ne lui laissait pas le choix et qu'il devait reconnaître avoir tenté de dédouaner l'israélienne de toute erreur de jugement durant la tentative d'arrestation des suspects. Il soupira, il se retrouvait dans une situation délicate qui allait certainement lui coûter son travail et le respect de ses pairs et tout ça pour quoi ? Pour une intrigante qui avait réussi l'exploit de le manipuler comme Tony l'avait deviné.
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« Très bien, je monte voir Vance et je lui explique la situation » capitula-t-il. « Je suppose que tu souhaites assister à l'entrevue. »
« Je te laisse le bénéfice du doute mais je suppose que Vance voudra vérifier les faits. Donc je devrais lui faire un rapport, à toi d'être le plus convainquant possible et de relater tes raisons de vouloir la couvrir » déclara Tony en remettant l'ascenseur en route.
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Il tourna le dos à Gibbs et fixa la porte de la cabine, il sentait peser le regard de son patron dans son dos mais il ne pouvait se résoudre à l'affronter encore une fois. Gibbs venait de le décevoir, pire même de le trahir de manière encore plus vicieuse que Price ne l'avait fait. Et tout ça parce qu'une espionne avait versé quelques larmes lors de la mort de son frère alors que celle-ci était programmée pour inciter Gibbs à lui être redevable.
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Il avait lui-même sauvé la vie de l'ancien Marine à plusieurs reprises mais il semblait que ses actes ne comptaient en définitive pas et ne valaient pas un copeck aux yeux de l'ancien Marine. Un joli minois, un sourire factice, des larmes forcées, des propos artificiels et le tour était joué pour cette manipulatrice qui avait forcé le mur qui protégeait le cœur de l'ex Sergent.
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Tony était écœuré de constater que son patron faisait peu de cas de lui après lui avoir accordé sa confiance et sa loyauté. Il avait une grande envie de lui flanquer son poing dans la figure et de quitter l'équipe sur le champ. Seule désormais la présence de Grant serait un baume au cœur pour continuer encore quelque temps à travailler parmi une équipe qui ne voulait que son départ.
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Il laisserait le directeur prendre les mesures qui s'imposaient à l'encontre des deux Agents, il ne voulait pas se mêler à l'affaire. Il n'avait qu'une envie, celle d'envoyer au diable ceux qu'il avait considéré comme une famille et qui venaient de le trahir sans le moindre remords. La vipère qui s'était glissée dans leur cercle avait répandu son venin et empoisonné les relations entre eux sans le moindre effort.
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Ce simple fait parlait de lui-même, les liens qui les unissaient autrefois n'existaient plus et ce depuis la mort brutale de l'Agent Todd. Quelque chose avait définitivement disparu le jour où Haswari avait logé une balle dans la tête de la jeune femme envoyant Gibbs dans une traque incessante pour éliminer son assassin. L'homme avait à nouveau joué les justiciers mais cette fois légalement, sous le couvert de la loi.
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Tony avait bien du mal à ajuster sa propre attitude face à toutes ces trahisons, il ne parvenait pas à accepter que son patron puisse ainsi le faire passer d'un extrême à l'autre, d'un sentiment noble à un autre sordide. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il finirait par se dégoûter lui-même s'il ne s'éloignait pas de toute cette merde.
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Il allait devoir songer sérieusement à son avenir au sein de l'agence après la trahison éhontée de son mentor.
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Waouh, Gibbs, ce que tu as fait cette fois valait-il vraiment la peine ? Comment va-t-il se sortir de ce merdier ?
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Vous le saurez en lisant le prochain chapitre…
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Donc à bientôt pour la suite
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Chtimi
