Chapitre 8 : Pourquoi je n'ai pas de maman ?

Ryohei commençait à s'inquiéter. Il ne restait que quarante minutes avant la fin des heures de visite et son oncle n'était toujours pas là. Avait-il changé d'avis ?

Alors que le jeune garçon sombrait dans le désarroi, il fut tiré hors de ses réflexions par un grand bruit qui venait du couloir. Il observa la porte d'un air curieux, se demandant ce qu'il se passait derrière lorsqu'un homme, habillé d'une robe de prêtre noire aux bordures dorées, entra soudainement dans la chambre.

« Ryohei! » s'écria l'homme d'une voix essoufflée et un air ébahi passa sur le visage du garçon lorsqu'il vit de qui il s'agissait.

« Oncle Knuckle ! »

« Je suis en retard, désolé ! » dit le gardien en s'avançant et en se laissant tomber sur une chaise à côté du lit de Ryohei. Lui adressant un sourire fatigué, il s'expliqua, « J'ai dû partir un peu plus tard que prévu. »

Sentant les larmes lui venir aux yeux, le jeune garçon dit d'une voix étrangement douce. « T-tu es venu. »

Un sourire bienveillant apparut sur le visage de Knuckle et il se leva pour serrer l'enfant dans ses bras. « Bien sûr. » Agrippant la tunique de son oncle avec sa seule main valide, Ryohei pleura pendant un long moment.

Lorsqu'il se calma un peu, Knuckle déposa un baiser sur son front et essuya gentiment ses larmes.

« Tout ira bien maintenant. » dit-il au jeune garçon d'une voix rassurante, et Ryohei lui fit confiance, souriant d'un air hésitant. « Le docteur t'a-t-il dit quand tu pourrais sortir ? »

Ryohei acquiesça. « Ils ont déjà fait toutes les radios et les examens dont ils avaient besoin, et comme je n'ai pas vraiment d'autre blessure grave, ils m'ont dit que je pourrais partir dans trois ou quatre jours. »

Knuckle hocha la tête. Après un court instant de silence, il sourit et dit, « Désolé, je ne suis pas très doué avec les mots, alors je vais juste te le demander directement. »

« Me demander quoi ? »

Prenant une grande inspiration, Knuckle se lança, « Que dirais-tu de venir vivre en Italie avec moi ? »

« Avec toi ? En Italie ? » répéta Ryohei, abasourdi. En vérité, il avait vraiment très envie d'y aller mais… qu'allait devenir Kyoko ?

Comme s'il parvenait à lire dans ses pensées, Knuckle lui offrit un sourire apaisant. « Et bien sûr, Kyoko-chan nous rejoindra aussi lorsqu'elle se réveillera. »

Ryohei y croyait à peine, Kyoko était invitée aussi ? C'était presque trop beau pour être vrai.

« Tu es sûr que ça ne pose pas de problème? » demanda-t-il d'une voix nerveuse. « Je ne veux pas te gêner… »

« Tu ne me gênes absolument pas ! » fit Knuckle en riant. « Nous avons beaucoup de place, et il y a aussi d'autres enfants. »

« D'autres enfants ? » répéta Ryohei, sur la défensive. Son oncle avait-il ses propres enfants ? « Tu es leur père ? »

« Non ! » répliqua immédiatement Knuckle, riant sous cape. « Je suis un prêtre, rappelle toi. Je ne peux pas avoir d'enfants. » Un sourire affectueux adoucit son visage et il dit, « Ce sont les fils et filles de mes amis. Ils sont tous très gentils et je suis sûr que tu t'entendras bien avec eux. »

Inclinant sa tête sur le côté, Ryohei sourit également. « Si tu as une si bonne opinion d'eux mon oncle, alors je veux EXTREMEMENT les rencontrer ! »

« C'est parfait. » fit le gardien. « En fait, ils sont- »

Il fut coupé par une infirmière qui entrait dans la chambre. « Je suis désolée Knuckle-san, mais les visites sont terminées à présent. Je vais devoir vous demander de partir. »

Le prêtre acquiesça et dit, « D'accord, donnez moi juste une seconde pour dire au revoir à mon neveu. »

Souriant, la jeune femme hocha la tête et s'en alla pour les laisser seuls.

Se retournant vers Ryohei, Knuckle le serra dans ses bras et l'embrassa sur la tempe. « Je reviendrai demain, d'accord ? Dors bien, caro mio. »

Ryohei voyait son oncle partir avec regret mais il sourit en entendant la phrase familière. Ils comptaient parmi les seuls mots d'italien qu'il comprenait car Knuckle ne cessait de les répéter à chaque fois qu'il venait leur rendre visite à lui et à sa sœur. « Bonne nuit mon oncle. A demain. »

Une fois Knuckle parti, Ryohei se rallongea et ferma les yeux, repensant au temps où il était plus petit. Il s'était perdu dans un grand magasin un jour et c'était son oncle qui l'avait retrouvé et ramené chez lui. Cette fois encore, il semblait bien que son oncle allait le sauver à nouveau.

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Ryohei devait arriver aujourd'hui de l'hôpital et Tsuna était parti trouver Kyoya, son frère si asocial.

En fin de compte, après plus d'une heure de recherches infructueuses, le petit brun se laissa tomber à terre à l'endroit même où il se tenait, au milieu du couloir et laissa échapper un soupir frustré. Il avait passé toute la maison au peigne fin sans trouver la moindre trace de son frère.

« Quelque chose ne va pas, herbivore ? » fit une voix plate derrière lui, et Tsuna se retourna brusquement pour apercevoir la cause même de sa frustration.

« Kyoya-nii ! » s'écria-t-il, se jetant au cou de l'autre garçon.

« Que se passe-t-il ? » demanda à nouveau Kyoya, visiblement irrité, ce qui était étrange car personne ne s'énervait jamais contre Tsuna.

Mais le plus jeune ne s'en formalisa pas. « Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu as l'air triste depuis quelque temps. » fit Tsuna, soucieux.

Voyant l'inquiétude de son petit frère, Kyoya dû lui sourire. « Je vais bien. » dit-il.

Mais on ne la faisait pas à Tsuna, et il secoua la tête. « Non ça ne va pas. Je le sais. Dis-moi ce qu'il y a grand frère ! »

Kyoya soupira. « C'est la ville où je suis né. Je ne pensais pas que j'y reviendrai si vite. »

Les yeux de Tsuna s'écarquillèrent. « Kyoya-nii est né à Namimori ? »

Le garçon hocha la tête. « Et ma mère n'était pas particulièrement gentille, tu le sais. »

Lorsqu'il prononça le mot mère, Kyoya fut surprise de voir les yeux de Tsuna se perdre dans le vague. Mais cela ne dura qu'une seconde et Tsuna retrouva vite son sourire habituel. « Eh bien, » commença-t-il. « Maintenant tu vis avec nous et ta maman ne peut plus te faire de mal ! » Il passa ses bras autour de lui et leva la tête, son sourira s'élargissant encore davantage. « Alors s'il te plaît, ne sois pas triste. »

Kyoya laissa échapper un soupir et décida de ne plus penser à cela, au moins pour ne pas faire de peine à Tsuna. Souriant légèrement, il demanda, « C'est pour cela que tu me cherchais ? »

Semblant soudainement se rappeler de quelque chose, Tsuna sourit et dit, « Oncle Knuckle va bientôt arriver avec son neveu, il faut qu'on aille l'accueillir. »

O-o-O-o-O-o-O

Ryohei était resté bouche bée devant l'énorme maison qui se dressait devant lui.

« C'est ici qu'on va rester ? » demanda-t-il à son oncle.

Knuckle acquiesça en riant doucement. « C'est une des trois villas que nous avons au Japon. Elle été construite seulement l'année dernière. Mais dépêchons nous d'entrer, je suis sûr que tous les enfants t'attendent. Ils étaient très excités lorsqu'ils ont appris que tu venais. »

Ryohei hocha la tête et suivit docilement son oncle. Il commençait à avoir l'estomac noué mis à part sa sœur, il n'avait jamais été réellement proche d'autres enfants auparavant. Son cœur battait la chamade lorsqu'ils arrivèrent devant l'entrée de la villa.

Ouvrant doucement la porte, Knuckle s'avança à l'intérieur et sourit lorsqu'il vit Tsuna et autres qui traînaient là, assis sur les marches.

Il se poussa sur le côté pour laisser passer Ryohei et entendit l'exclamation de surprise qu'il laissa échapper lorsqu'il vit les enfants qui l'attendaient.

Tsuna sourit au garçon qui venait d'entrer avec son oncle. Sautillant vers lui, il s'arrêta à quelques pas et dans un japonais hésitant lui dit, « Bonjour, m-mon nom est Tsunayoshi !… Ravi de te rencontrer ! »

Ryohei étudia le petit garçon efféminé qui venait de se présenter sous le nom de Tsunayoshi. Après un court instant, un large sourire illumina son visage et il dit, « Je suis EXTREMEMENT content de te rencontrer ! Tu me rappelles ma petite sœur, alors tu peux m'appeler onii-san ! »

Kyoya qui était le seul à comprendre parfaitement le japonais, dû se retenir de rire, mais par chance, Ryohei avait parlé si vite que les autres enfants ne purent le suivre.

Knuckle, étouffant lui aussi un rire, s'adressa à son neveu. « Tu dois leur parler plus doucement, ils ont encore un peu de mal avec le japonais. » Puis se tournant vers Tsuna, il dit en italien, « Ryohei dit qu'il est heureux de faire ta connaissance, et que tu peux l'appeler grand frère. »

Tsuna sourit joyeusement et hocha la tête. « Onii-san ! » s'exclama-t-il, serrant l'autre garçon dans ses bras en faisant attention à ses blessures.

Après cela, les autres enfants se présentèrent aussi à Ryohei.

Quand ce fut le tour de Kyoya, Ryohei ouvrit de grands yeux ronds et le pointa du doigt. « Tu es.. Hibari-san ! »

Kyoya lui lança un regard noir. « Exact. Et tu es Sasagawa Ryohei-san. »

« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda Ryohei. « Tu as brusquement disparu il y a quelques années, ta mère disait que tu étais allé vivre avec ton père. »

Levant les yeux au ciel, l'autre garçon dit d'une voix plate, « Oui, je suis allé vivre avec lui, et si je suis là c'est parce que mon père est un ami d'oncle Knuckle. »

Ryohei acquiesça avec un grand sourire. « Alors on va être frères maintenant ? C'est génial ! Tu m'as EXTREMEMENT manqué après ton départ, Hibari-san. »

« Appelle-moi Kyoya. » fut la réponse. « Entre frères, on ne s'appelle pas par son nom de famille. »

« Haha, c'est vrai, » fit Ryohei, se grattant l'arrière de la tête d'un air embarrassé. « Kyoya alors ! »

Attendri, Knuckle observa ses neveux faire connaissance les uns avec les autres. Il savait qu'ils s'entendraient bien et il était heureux de voir Ryohei sourire à nouveau, cela signifiait qu'il était lentement en train de se remettre de la mort de ses parents.

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Au cours de la soirée, Ryohei avait été accueilli comme il se doit dans la famille et ils ne s'étaient séparés qu'au moment d'aller se coucher. Tout le monde dormait à présent mis à part Giotto qui venait de finir sa paperasse (celle-ci l'ayant mystérieusement suivit jusqu'au Japon) et se dirigeait vers sa chambre lorsqu'il entendit du bruit venant de la chambre de son fils.

Passant la tête par la porte, il vit avec étonnement que celui-ci était encore réveillé.

« Tsuna ? » fit-il, marchant vers son lit.

Le petit brun tourna son regard vers lui, les yeux écarquillés. « Papa ! » dit-il, montant sur ses genoux comme il avait l'habitude de la faire étant plus petit.

« Tsuna ? » répéta Giotto, un peu inquiet.

Le jeune garçon passa ses bras autour du cou de son père et se lova contre lui, reniflant un peu. « Papa, pourquoi est-ce Tsuna n'a pas de maman ? »

La question prit Giotto par surprise. « Quoi ? »

Levant deux yeux rempli de larmes vers lui, il dit, « A l'école, Spanner raconte toujours que sa maman joue avec lui et l'aide à faire ses devoirs. Même tante Elena est la maman de Mukuro et Chrome, alors pourquoi Tsuna n'en a pas une aussi ? »

La main de Giotto se crispa et se forçant à sourire, il dit, « Papa peut toujours t'aider pour tes devoirs et jouer avec toi. Ce n'est pas suffisant ? »

« Mais papa c'est papa ! » s'exclama Tsuna d'un air exaspéré. « Papa n'est pas maman ! »

Giotto sentit son cœur se briser en entendant ses mots. Il avait toujours fait de son mieux pour donner à son fils tout l'amour dont il avait besoin, mais avec ces quatre mots, il réalisa qu'en dépit de tous ses efforts, il ne pouvait pas remplacer une mère.

Embrassant son fils sur le front, il dit, « Je suis désolé Tsuna, mais ta maman, elle… »

Il laissa sa phrase en suspens, ne sachant pas trop quoi dire. Son fils tourna ses grands yeux bruns vers lui. « Maman n'aimait pas Tsuna ? » demanda-t-il tristement.

« Non ! Pas du tout! » dit immédiatement Giotto. « Tsuna, ta mère t'aimait beaucoup, mais il s'est passé quelque chose et elle ne pouvait plus s'occuper de toi, d'accord ? »

« Vraiment ? » fit Tsuna, encore troublé. Giotto détestait lui mentir mais il ne supportait pas de le voir si malheureux.

Essayant de sourire, il dit, « Oui, vraiment. Elle t'aimait beaucoup et a toujours regretté de ne pas pouvoir prendre soin de toi. Alors il faut lui montrer que tu es heureux pour ne pas qu'elle le soit, ok ? »

« Ok ! » répondit Tsuna d'une voix ravie. « Merci papa ! »

« De rien, mon chéri. » dit-il en l'embrassant. « Dors maintenant, il est déjà tard. » Sur ce, il lui souhaita une bonne nuit et partit dans sa chambre. Il resta allongé les yeux ouverts pendant un long moment avant de s'endormir, se demandant s'il serait capable d'élever Tsuna avec tout l'amour qu'il méritait.

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TN : .. Un peu triste comme fin de chapitre non ? (
mais ils sont mignons quand même^^

Sinon juste un commentaire, Tsuna (et d'autres) parle à la 3e pers.. ce que je trouve un peu ridicule, mais bon moi je ne fais que traduire, alors je n'ai rien changé à la version originale. Vous me direz ce que vous en pensez.

Et avant que j'oublie, je remercie Rebornx3 d'uploader les chapitres aussi rapidement, Rikka Yomi qui me relis et me corrige (dsl si je t'ai oubliée la dernière fois..) et vous tous qui lisez et reviewez cette fic !

J'espère que la suite vous plaira toujours autant,