Chapitre 9: Une vraie famille

Après avoir emménagé avec son oncle, Ryohei était tout de suite devenu un membre à part entière de leur fratrie. Les jours passèrent, l'enterrement et la veillée furent des épreuves très dures pour lui mais elles lui permirent de faire le deuil de ses parents. Bien sûr, ils lui manquaient toujours énormément et il souffrait de ne plus pouvoir les revoir, (ce fut particulièrement douloureux de voir leurs corps être descendus sous terre), mais il se remettait doucement.

Une fois les funérailles terminées, il se rendit compte qu'il était temps pour les autres enfants, ses nouveaux frères et sœurs, de rentrer en Italie et de reprendre l'école. Il avait maintenant deux choix: les accompagner là-bas ou rester au Japon avec son oncle jusqu'à ce que Kyoko se réveille. Il avait très envie d'aller en Italie car il savait qu'il se sentirait seul sans les autres mais il ne voulait pas abandonner Kyoko.

Enfin de compte, ils le persuadèrent de venir en Italie avec la promesse qu'il pourrait revenir voir sa sœur dès leurs prochaines vacances.

Ainsi commença une longue attente, tandis que Ryohei s'habituait peu à peu à la société italienne; se faisant de nouveaux amis et se rapprochant de ses frères.

Le temps passa très vite et lorsqu'il s'en rendit compte, presque trois mois s'étaient déjà écoulés. Et Kyoko était toujours dans le coma. Chaque jour son inquiétude allait en grandissant, et si elle ne se réveillait jamais? Il ne pouvait pas aussi perdre sa sœur.

Puis, durant la huitième semaine, il reçu finalement l'appel tant attendu. Il était dans la cour extérieure, en train de jouer avec Takeshi quand il entendit son nom. Se retournant, il vit son oncle Giotto qui approchait.

Celui-ci lui tendit son téléphone portable avec un grand sourire. « C'est Knuckle! Il dit que Kyoko est réveillée! »

Tombant des nues, Ryohei courut vers le blond, suivit de près par Takeshi. Prenant le téléphone, il le colla à son oreille. « Allô? »

« Salut, » fit la voix de Knuckle de l'autre côté du fil.

« Alors c'est vrai? » demanda-t-il. « Elle s'est réveillée? »

Ryohei pouvait presque voir le sourire sur le visage de son oncle lorsqu'il lui répondit, « Et oui! En fait, elle est sortie du coma il y a environ une semaine, mais comme elle ne pouvait pas bouger ou parler correctement, nous avons décidé d'attendre un peu avant de t'appeler. »

« Et comment va-t-elle maintenant? » s'enquit nerveusement Ryohei.

« Elle commence à bouger ses doigts et ses pieds, et elle peut parler un peu. » dit-il. Puis avec un petit rire, il ajouta, « La première chose qu'elle a dit était ton nom. »

Les yeux de Ryohei s'écarquillèrent et il sentit les larmes lui piquer les yeux. « Vraiment ? » fit-il.

« Mais oui. D'ailleurs, je suis avec elle en ce moment même. Veux-tu lui parler ? »

Il répondit sans hésitation. « Hai ! »

Il y eu un court instant de silence à l'autre bout du fil puis une petite voix retentit dans le combiné. « Allô ? »

« Kyoko ! » s'écria-t-il, incroyablement soulagé de pouvoir l'entendre à nouveau.

« Coucou, onii-chan ! » dit-elle d'un ton joyeux, bien qu'un peu plus calme que d'ordinaire. Mais Ryohei connaissait sa sœur mieux que personne et il parvint à déceler la peur, l'anxiété et la douleur qui perçaient dans sa voix. C'étaient toutes les émotions qu'il avait ressentit lui-même en apprenant la mort de ses parents.

« Comment vas-tu ? » demanda-t-il.

« Ça va. » dit-il doucement. « Je ne peux pas encore bouger correctement mais le docteur a dit que j'irai mieux dans une semaine ou deux. »

« C'est super, » fit-il. « Oncle Knuckle t'as déjà prévenue non ? »

« Oui. » répondit-elle d'une voix triste. « Onii-chan.. Je… Je ne veux pas quitter le Japon. »

Ryohei sursauta à ces mots. « Q- quoi ? »

« Je ne veux pas partir. J'aime vivre à Namimori. »

Ryohei garda le silence pendant un moment, ne sachant pas quoi répondre. Il n'avait jamais pensé que Kyoko ne voudrait pas venir en Italie. Normalement, il l'aurait tout de suite approuvée et aurait fait tout ce qu'elle souhaitait, mais cette fois, il ne pouvait s'y résoudre. Durant ces trois derniers mois, Milan était devenue son foyer et il s'était habitué à la vie en Italie. Il s'était aussi beaucoup attaché à sa nouvelle famille et ne voulait pas l'abandonner.

« Mais Kyoko, » protesta-t-il, tentant de lui faire entendre raison. « Oncle Knuckle est le seul qui puisse s'occuper de nous. On ne peut pas vivre à Namimori tous seuls. »

La réponse ne lui vint pas immédiatement. « Je sais. Au début, je pensais que j'irai en Italie s'il le fallait mais Hana-chan m'a dit que je pouvais aller vivre avec sa famille. J'ai essayé de lui dire non, onii-chan mais elle n'a pas arrêté de me le demander. Et même ses parents ont dit qu'ils me voulaient avec eux. »

« Mais Kyoko… » Ryohei ne savait plus quoi penser. Si elle avait trouvé un foyer où ils seraient tous deux accueillis à Namimori, alors quel genre de frère serait-il s'il la forçait à venir en Italie juste parce qu'il voulait y rester ?

Un soupir mélancolique se fit entendre de l'autre côté de la ligne, puis Kyoko reprit. « Tu devrais rester là-bas, onii-chan. » dit-elle doucement.

« Quoi ? Rester ici ? »

« Oui. » continua-t-elle. « Onii-chan, je sais que tu te plaît beaucoup là-bas. Si tu ne veux pas, tu n'es pas obligé de partir. »

« Mais, et toi ? Tu ne veux pas de moi là-bas ? » fit Ryohei, ne sachant plus quoi faire. Lorsqu'elle lui avait dit qu'il pouvait rester, il s'était sentit soulagé mais en même temps un peu attristé à l'idée qu'elle voulait se séparer de lui.

« Bien sûr que si ! » répliqua-t-elle sur le champ. « Plus que tu ne le crois onii-chan, mais à quoi ça sert si tu es malheureux ici? »

Ryohei en resta sans voix. Sa petite sœur qui avait toujours été dépendante de lui, prenait maintenant les rênes de la conversation, et elle l'avait déjà presque convaincu.

Il fut tiré hors de ses réflexions en entendant de nouveau la voix de Knuckle. « Tout ira bien pour elle. » dit-il. « Ryohei, tu sais qu'il prendront très bien soin d'elle et tu pourras venir la voir quand tu voudras. Nous pourrons même venir pendant tout l'été, et il y a aussi les vacances d'hiver et de printemps. »

Ryohei hésita pendant encore une seconde puis un timide sourire vint éclairer son visage. Malgré la distance qui les séparait, Knuckle entendit clairement l'enthousiasme qui perçait dans la voix du jeune garçon. « D'accord. » finit-il par dire. « Quand est-ce que je peux venir la voir? »

« Eh bien, il ne reste que deux semaines avant les vacances d'hiver non? Pourquoi ne viens tu pas à ce moment là? Giotto et les autres peuvent t'accompagner aussi. Nous fêterons Noël et le nouvel an tous ensemble. »

Ryohei hocha plusieurs la fois la tête avant de se souvenir que son oncle ne pouvait pas le voir. « Ce serait formidable ! »

« Très bien. Nous en reparlerons quand je reviendrai la semaine prochaine, ok ? Je dois y aller maintenant, les visites sont presque terminées. »

« Hai ! » fit Ryohei. « Merci encore, oncle Knuckle. »

« Aucun problème. » dit le gardien, puis lui et Kyoko s'écrièrent ensemble. « Au revoir Ryohei ! »

Amusé par leur plaisanterie, le garçon se mit à rire. « Au revoir! »

Après avoir raccroché, il rendit le téléphone à son oncle qui le regardait d'un air curieux.

« Kyoko a décidé de rester au Japon. » expliqua-t-il.

Giotto acquiesça. « Alors tu vas nous quitter aussi? » Lorsque Ryohei fit 'non' de la tête, un sourire bienveillant passa sur le visage de l'adulte. « J'en suis heureux. » dit-il. « Tu nous aurais beaucoup manqué si tu étais parti tu sais. »

O-o-O-o-O-o-O

Cela faisait déjà quelques jours qu'elle était sortie de l'hôpital, et Kyoko avait retrouvé une mobilité parfaite de son corps. En ce moment, elle était à l'aéroport avec sa meilleure amie, Kurokawa Hana et ses parents; ils étaient venus accueillir son frère et son oncle qui devaient arriver au Japon aujourd'hui même.

« Où sont-ils? » grommela Hana.

« Allons ma chérie, ne sois pas impatiente. » dit sa mère. « Leur avion vient juste d'atterrir, il leur faut un peu de temps pour venir jusqu'ici. »

« Les voilà! » s'exclama Kyoko, et tout le monde suivit son regard.

Hana resta bouche bée en voyant le grand groupe d'étrangers marcher dans leur direction. Il y avait huit (beaux) adultes et sept enfants qui étaient presque des copies conformes de leurs pères; même Ryohei qu'elle avait déjà rencontré auparavant, ressemblait plus à son oncle qu'à son père.

« Kyoko! » s'écria Ryohei lorsqu'il l'aperçut, courant vers elle pour la prendre dans ses bras. « Tu m'as EXTREMEMENT manqué! »

Gloussant de rire, Kyoko lui rendit son étreinte. « Je suis tellement contente de te voir, onii-chan. »

A côté, l'attention de Hana était fixée sur les autres enfants, qui marchaient tous tranquillement près de leurs parents. Seul l'adolescent aux cheveux verts ne semblait être ni père, ni enfant. Lorsque le reste du groupe arriva à leur niveau, l'homme blond qui se tenait devant parla le premier.

« Bonjour, Kurokawa-san. » dit-il dans un japonais légèrement accentué. « Mon nom est Taru Giotto. Je vous remercie d'avoir pris soin de Kyoko et de venir nous accueillir à l'aéroport. »

« Oh, mais je vous en prie, c'est parfaitement normal. » répondit la mère d'Hana.

Pendant que les adultes discutaient, le garçon qui tenait la main de Giotto, son fils sans doute, ne quitta pas des yeux Kyoko et Ryohei avant de finalement se tourner vers Hana. Il avait des yeux et des cheveux bruns et ressemblait énormément à son père. Lorsqu'il croisa le regard d'Hana, un sourire innocent vint éclairer son visage et il lui fit un petit signe de la main.

Sa bonne humeur semblait contagieuse car la jeune fille ne put s'empêcher de lui sourire en retour.

A cet instant, Ryohei la prit par le bras et l'amena avec Kyoko vers les autres enfants.

Il y eut un grand tour de présentations, au cours duquel Hana découvrit que le nom du petit brun était Tsuna et qu'il était le 'bébé' du groupe (ce qui n'était pas franchement étonnant).

Pendant ce temps, Kyoko commençait à comprendre pourquoi son frère tenait tellement à rester en Italie. Les autres enfants avaient tous l'air très gentils, particulièrement le garçon appelé Tsuna.

Lorsque les adultes eurent terminés, Kyoko se retrouva dans une grande limousine noire en compagnie des enfants tandis que leurs parents les suivaient dans une autre voiture.

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Plus tard cette nuit, au dîner, Kyoko se sentit presque mise à l'écart.

Elle observa Takeshi et Hayato qui se disputaient allègrement, dans une imitation quasi parfaite des leurs pères. Mukuro et Chrome mangeaient tranquillement leur dîner, leurs mouvements intimement synchronisés. Même le stoïque Kyoya ne pouvait s'empêcher de sourire en essuyant une tache de sauce sur la joue de Tsuna pendant que Giotto sermonnait Daemon et Alaude.

Même s'ils n'étaient pas des frères de sang, ils formaient une vraie famille et Ryohei y avait immédiatement trouvé sa place. Kyoko était heureuse qu'il ait trouvé quelqu'un d'autre sur qui compter et qu'il pouvait protéger, mais en même temps, cela la rendait un peu triste car elle se sentait oubliée.

« Quelque chose ne va pas Kyoko ? » demanda Knuckle en se tournant vers la petite fille.

Secouant la tête, elle lui sourit. « Vous avez l'air de tous de beaucoup vous aimer. »

A ces mots, Knuckle promena son regard sur sa famille et son visage s'adoucit en une expression affectueuse. « Bien sûr. » dit-il. « Tu sais, il y a six ans, aucun d'entre nous ne connaissait encore l'existence de ces enfants mais maintenant, je ne crois pas que nous pourrions imaginer notre vie sans eux. Ils sont devenus une part si importante de notre famille.. » Son sourire s'élargit encore lorsqu'il se retourna vers Kyoko. « Mais il n'y a pas qu'eux. Tu es irremplaçable toi aussi, et quoi qu'il arrive, cela ne changera jamais. »

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TN : Encore une fois, merci à tous pour vos reviews, elles sont toujours super sympa. Pour répondre à XxXSpOOn-SpOOnXxX, j'essaye effectivement de traduire les chapitres un peu plus vite, deux fois par semaine.

Sachant qu'il y a actuellement 35 chap dans la version originale, on l'aura rattrapée dans 25 semaines, c'est-à-dire dans environ 6 mois^^ ça nous laisse de la marge non ?

Merci encore à Rikka-Yomi et Rebornx3,

A+