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Dois-je continuer à publier ? C'est une question légitime que je me pose au vu du peu de coms que le chapitre précédent a suscité. Je persiste avec celui-ci mais réserve ma décision.
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Chapitre 22 : Attitude injustifiée
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Abby qui s'était absentée pour deux jours, juste après l'enquête où Tony avait été blessé, venait de reprendre possession de son domaine et attendait impatiemment l'arrivée de Gibbs et de sa boisson favorite. Lorsque personne ne vint, elle décida de passer un coup de fil à McGee. Ce qu'il lui apprit la rendit furieuse et elle décida de monter confronter l'impudent qui avait encore sévi.
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Son arrivée ne souleva aucune curiosité particulière avant qu'elle ne se plante devant le bureau de Tony et qu'elle tape du pied avec impatience attendant qu'il lève la tête et remarque sa présence. N'obtenant pas la réaction escomptée, elle décida d'agir et de l'invectiver comme il le méritait.
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« DiNozzo, espèce de sale bâtard ! » lança-t-elle d'une voix forte et furieuse. « Comment peux-tu avoir l'impudence de t'asseoir ici comme de rien n'était ? Tu es vraiment le plus beau salopard que la terre porte en ce moment. Accusé Gibbs de quelque chose qu'il ne peut avoir fait est la plus grosse vilenie que tu aies commise au sein de cette équipe. Et pire, tu rejettes la faute encore une fois sur Ziva. Bon sang, que t'a-t-elle fait pour que tu cherches ainsi à la discréditer ? »
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Elle stoppa pour reprendre sa respiration et levant la tête, elle se rendit compte que tous les agents présents à l'étage avaient cessé le travail pour suivre l'altercation qui ne manquerait de se produire. Heureuse d'avoir un public pour remettre l'italien à sa place, elle s'empressa de continuer.
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« C'est vraiment lamentable de te conduire aussi lâchement et de moucharder comme un gosse de cinq ans. De faire croire que tu es encore une fois une victime alors que c'est ta propre attitude idiote qui est la cause de ta blessure. Ziva et Gibbs n'ont rien à faire avec toute cette mascarade invraisemblable que tu as orchestrée pour les incriminer. Tu vas me faire le plaisir de remettre les pendules à l'heure et de te rétracter immédiatement. Je veux qu'ils reviennent demain, je veux les voir à leur bureau. »
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Tony laissa la gothique déverser sa bile afin de se préparer à lui répondre. Il se leva pour éviter de paraître en position inférieure et toisa Abby. Du coin de l'œil, il vit McGee sourire comme un idiot.
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« Miss Sciuto, dois-je vous rappeler que vous avez procédé à l'analyse balistique de la scène de crime, que vous avez analysé la balle et que vous avez indiqué qu'elle ne pouvait être celle qui avait été extraite de mon bras » énuméra-t-il le plus calmement qu'il put. « Dois-je en conclure que vous avez manipulé les résultats d'une quelconque manière ? Ou dois-je en déduire que les conséquences qui en découlent vous sont intolérables et que vous avez décidé de le faire savoir à votre façon en tentant de me faire porter le chapeau ? »
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Abby le regarda, les yeux ronds et une intense stupéfaction inscrite sur son visage. Comment osait-il proférer de telles insinuations en public pour la discréditer ? Et pour quelle raison se mettait-il soudain à la vouvoyer ainsi ? Etait-elle devenue aussi une ennemie ?
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« Comment peux-tu avoir l'impudence de m'accuser d'une chose pareille ? » s'indigna-t-elle. « Tu as le plus inqualifiable toupet pour oser faire de semblables allégations dans le seul but de te disculper ! »
« Comment pouvez-vous croire que je suis celui qui a porté l'affaire devant le directeur, Miss Sciuto ? Vous avez par trop tendance à vous emballer avant de réfléchir sérieusement. Et je ne m'abaisserai pas à votre niveau en accusant sans preuve. Force m'est de constater que vous avez une bien piètre opinion de moi et de mon éthique professionnelle que vous piétinez allégrement ces derniers temps. »
« Tout ce qui arrive à ma famille est de ta faute, DiNozzo » scanda-t-elle. « Tu as bavé sur Timmy et Ziva et ils ont dû refaire cette formation loin d'ici et maintenant, ils vont encore être punis. Tim ne peut pas aller piétiner avec les flics de DC, il n'est pas fait pour ça, c'est un geek avant tout. Et Ziva, l'envoyer travailler avec l'équipe de nettoyage n'est pas juste, elle n'est pas une bonne à tout faire, c'est un agent. »
« Pour votre gouverne, Miss Sciuto, David n'est pas un agent fédéral et si elle a été assignée à l'équipe de nettoyage, c'est parce qu'elle se croit meilleure que tout le monde. Un peu d'humilité devrait lui remettre les idées en place » ironisa Tony. « Quant à McGee, ça lui fera du bien de voir ce à quoi un flic de rues est confronté chaque jour et ce à quoi il peut faire face. Il comprendra peut-être ainsi que ce métier est bien plus dangereux que ce qu'il peut penser. De même parviendra-t-il à admettre que je ne suis pas devenu l'enquêteur que je suis sans bonnes raisons et sans un certain talent qu'il ne possède pas encore. »
« Tu es odieux, DiNozzo, tu le sais au moins » cracha Abby. « Tu te réjouis de leur malheur et je suis certaine que tu es à l'origine de ces punitions humiliantes pour eux. Avoue donc que tu as soufflé l'idée à Vance, il n'y a que toi pour avoir pensé à des punitions pareilles. »
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Tony allait répliquer lorsqu'il vit le directeur surgir juste derrière la scientifique qui n'avait pas détecté sa présence. Léon lui fit un signe de tête avant de prendre la parole.
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« DiNozzo a raison, Miss Sciuto » résonna la voix de Vance dans le dos d'Abby la faisant sursauter. « Vous feriez bien de vous renseigner avant de porter des accusations injustes. L'affaire dont vous faites mention a été portée à ma connaissance par Gibbs lui-même qui m'a expliqué les faits et son propre comportement. Je me suis appuyé sur votre rapport balistique et celui de vos analyses pour me faire une opinion. L'équipe de l'agent Balboa a ensuite interrogé tous les protagonistes et ses conclusions ne laissent aucun doute sur la véracité des propos de Gibbs. Je vous prierais donc de présenter à l'instant vos excuses à l'Agent DiNozzo pour vos paroles diffamatoires. »
« Je n'ai aucune excuse à lui présenter, il est le fautif ici quoique vous en disiez, Directeur » scanda-t-elle véhémente.
« Je vois » soupira Vance. « Dois-je vous suspendre à votre tour pour insubordination à mon égard et pour ignorer un ordre direct ? »
« Je ne suis pas un agent, je n'ai pas d'ordre à recevoir de vous, encore moins à y obéir » s'offusqua-t-elle sans réfléchir.
« Miss Sciuto, quel que soit votre place dans l'agence, vous êtes mon employée et devez donc respecter mes décisions et obéir à mes ordres comme tout autre membre du personnel » rappela vertement Vance. « Ne pensez pas que vous pouvez échapper à toute réprimande parce que Gibbs vous protège. En fait, je dirais même qu'actuellement, il n'est pas bon d'être dans ses bonnes grâces. Et votre évident comportement irrévérencieux mérite rétribution. Vous êtes suspendue pour une semaine » l'informa-t-il sans détour. « Et… estimez-vous heureuse que cette mesure soit aussi douce, je pourrais bien réviser la durée si vous continuez. »
« Je ne voulais pas… » commença-t-elle en essayant sa tactique habituelle sur lui.
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Vance pinça les lèvres en la voyant tenter de le faire fléchir en utilisant la méthode classique dont elle abusait envers les membres de l'équipe chaque fois qu'elle était dans une situation critique.
« Vos larmes ne changeront rien à la sentence, Miss Sciuto » l'avertit le directeur. « Vous devez assumer les conséquences de vos actes comme tout le monde. La prochaine fois, veuillez à avoir toutes les informations en main avant de débarquer ici et de lancer des accusations non fondées. Ça vous évitera des ennuis comme aujourd'hui. »
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Abby cessa aussitôt de pleurnicher et jeta un regard implorant à McGee qui fit semblant de ne pas le voir. L'agent savait qu'il était sur la sellette et qu'il valait mieux qu'il fasse profil bas durant quelque temps pour échapper à toute autre réprimande. Son propre dossier était suffisamment chargé comme ça sans en rajouter en voulant défendre Abby.
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Il aimait beaucoup la gothique mais trop, c'était trop parfois. Surtout que, selon son avis, Abby dépassait les bornes plus souvent qu'il n'était nécessaire. Il fallait bien que, de temps en temps, elle réponde de ses actes comme l'avait souligné le directeur.
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Et Vance devait avoir compris son intention car il s'empressa de la rappeler à l'ordre.
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« Inutile de chercher du secours auprès de l'Agent McGee, Miss Sciuto » gronda-t-il. « S'il sait ce qui est bien pour lui, il évitera de vous soutenir au risque de répondre, une nouvelle fois, de son insubordination. »
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Il toisa la scientifique d'un regard sévère qui finit par faire fléchir Abby qui baissa la tête d'un air de 'fausse' soumission qui fit froncer les sourcils du directeur. Il croisa le regard de l'italien qui le lui rendit en secouant la tête. Vance comprit que son agent avait deviné la raison de l'attitude suspecte de la laborantine.
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« Vous pouvez disposer, Miss Sciuto » conseilla Léon. « Vous terminez les tests en cours et votre suspension sera alors effective. Et je vous recommande fortement d'éviter tout contact avec les agents Gibbs et DiNozzo et Miss David durant cette période. En cas de non-respect de cette consigne, vous serez immédiatement mise à pied pour une durée de deux mois sans paie. Aussi je vous enjoins de profiter de cette semaine pour faire un break et réfléchir sérieusement à votre attitude. »
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Il attendit pour vérifier que la scientifique obéisse à son ordre et reprenne le chemin de son laboratoire. Elle tourna les talons sans rien ajouter mais en jetant un regard noir à Tony qui la fixa en retour dans un air grave.
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Une fois les portes de l'ascenseur refermées sur la laborantine, Vance s'approcha du bureau de McGee.
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« J'espère que vous respecterez mes consignes, Agent McGee en restant éloigné de Miss Sciuto » recommanda-t-il. « Vos collègues sont pour l'instant dans une situation qui vous dépasse et ne vous concerne pas. N'aggravez pas votre propre cas en tentant de leur venir en aide ou en plaidant une cause qui sera perdue d'avance. Soyez assez intelligent pour comprendre que parfois, il vaut mieux penser à soi d'abord et aux autres ensuite. »
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Sans attendre de réponse de la part de l'informaticien, il se tourna vers Tony qu'il observa un instant.
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« Ceci est valable pour vous aussi, Tony » poursuivit-il plus sobrement. « Je sais que les accusations de Miss Sciuto sont certainement dues à un trop plein émotionnel mais elle doit apprendre à se maitriser. Il serait grand temps qu'elle prenne conscience que son attitude de gamine peut lui nuire plus sûrement qu'elle ne le pense. »
« N'ayez crainte, Monsieur, je n'ai aucune intention de défendre Abby » déclara l'italien. « Je vais même tout faire pour éviter qu'elle ne cherche à provoquer un autre esclandre avec moi. »
« Si vous avez besoin d'un point de chute le temps que les choses se calment, vous pouvez toujours vous réfugier à la maison » proposa Léon sans même réfléchir. « Jackie et les enfants seront heureux de vous savoir à l'abri au cœur de toute cette tourmente. »
« J'ai d'autres options, Monsieur mais je ne manquerai de vous faire savoir où je serai hébergé » indiqua Tony en adressant un sourire de reconnaissance au directeur.
« Bien, du moment que vous êtes sauf, peut m'importe où ce sera » approuva Léon. « Je vous laisse à vos obligations. Revenez vers moi en cas de problème. »
« Je n'y manquerais pas, Monsieur » l'assura Tony. « Et merci encore. »
« Il n'y a vraiment pas de quoi, Tony » dit négligemment Vance en tournant les talons.
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Ces derniers propos à peine prononcés, McGee ouvrit des yeux ronds comme des boules de billard tellement il était étonné d'entendre le directeur émettre son incroyable proposition. Les deux hommes semblaient être devenus proches pour qu'il fasse une telle offre ! Incroyable que DiNozzo ait réussi à mettre le patron dans sa poche !
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En son for intérieur, McGee était extrêmement jaloux que l'italien soit accueilli ainsi dans le cercle de famille du directeur. Il aurait aimé être celui qui bénéficiait de cette disposition. Il aurait ainsi fait un pas dans la bonne direction pour influencer l'homme et préparer le terrain pour sa prochaine promotion. Pour sûr, piétiner aujourd'hui DiNozzo ne serait pas aisé s'il avait l'appui inconditionnel de Vance.
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Encore un grief à mettre au compte de l'italien. Combien allait-il devoir en affronter avant d'arriver à saturation ? Il ne savait même pas s'il allait pouvoir travailler avec l'italien durant l'absence de ses collègues. Ne vaudrait-il pas mieux qu'il quitte temporairement l'équipe pendant cette période ? C'était à méditer sérieusement parce qu'il ne pourrait pas passer les huit prochaines semaines sans le soutien de Ziva, il en était certain.
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Tony avait senti un fossé se creuser entre Abby et lui depuis le départ de Gibbs pour Mexico. Celle qui avait été une amie depuis son arrivée à l'agence l'avait abandonné au profit d'une intrigante et de son acolyte. Elle s'était laissée influencée sans même protester, elle avait avalé sans la moindre hésitation les histoires abracadabrantes de l'israélienne.
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Bon sang, elle avait accueillie à bras ouverts celle qui était responsable de la mort de Kate Todd, un agent que la gothique avait également considéré comme une amie proche, presque une sœur ! Certes, elle avait été un peu froide durant les premières semaines mais bien vite, elle s'était laissée fléchir et bientôt, toutes deux étaient devenues inséparables.
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Il n'était donc pas étonnant qu'elle ait pris fait et cause pour David et McGee contre lui. Pour Gibbs, il était logique qu'elle le fasse, il était comme un père pour elle-même si l'ancien Marine ne la considérait pas tout à fait comme sa fille, même d'adoption. Il lui passait certes beaucoup de choses mais il lui arrivait également de la réprimander.
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Bien sûr, ses remontrances n'étaient jamais sévères ou cruelles et Abby avait donc toujours considéré être une privilégiée dans le cœur de Gibbs. La laborantine savait également jouer les contrites pour amadouer l'ancien Marine qui avait en horreur de voir une femme en pleurs. Elle avait même tellement abusé de cette méthode que Gibbs s'attendait à la voir faire chaque fois que quelque chose la contrariait.
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Tony savait que son patron était conscient de ne pas rendre service à Abby en agissant ainsi mais Gibbs était trop gentleman pour faire autrement. Tout comme Tony, il avait été élevé dans la croyance que les femmes devaient être respectées et protégées. Et Gibbs avait porté cette doctrine à son paroxysme avec la gothique durant trop longtemps. Il ne savait donc plus comment revenir en arrière.
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L'italien avait su que la scientifique ne prendrait pas la sanction infligée à Gibbs de façon tranquille. Et il avait parié qu'elle le rendrait responsable des troubles que l'équipe traversait depuis le retour de Gibbs. Tenter de lui faire entendre raison serait peine perdue et il n'avait donc pas cherché à la dissuader tout comme il n'avait pas voulu lui montrer qu'elle avait tort.
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Grant et lui échangèrent un regard, le Seal tentait de montrer son soutien à son compagnon sans qu'il soit trop visible. La tension qui régnait depuis le départ du directeur était palpable et commençait sérieusement à miner son moral et devait donc par conséquent le faire aussi à son bleu. Il était temps de prendre un peu de recul et de laisser la pression retomber.
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Dans la mesure où ce qui restait de l'équipe n'était pas engagée dans la résolution d'une enquête, Tony décida de libérer ses deux collègues.
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« Bon, c'est tout pour aujourd'hui » annonça-t-il aussitôt. « Rentrez chez vous. »
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McGee le fixa d'un regard incrédule avant de s'empresser d'éteindre son ordinateur, de prendre ses affaires et de se précipiter vers l'ascenseur. Tony et Grant le regardèrent s'enfuir – il n'y avait pas d'autre mot pour décrire son départ – avant de songer à partir également.
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« Il serait prudent de suivre le conseil du directeur » murmura doucement Grant à Tony.
« Je sais » soupira Tony. « Je vais tacher de me trouver un hôtel pour quelques jours. »
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Grant l'observa un instant avant de le suivre dans la cabine qui venait de s'ouvrir devant eux. Il attendit que les portes se referment et que la descente soit engagée pour faire sa proposition.
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« Passe prendre quelques affaires chez toi et rejoins-moi à l'appartement. Je ne pense pas qu'elle songera à te chercher là » suggéra-t-il.
« Tu es sûr que ça ne te dérangera pas ? » demanda Tony d'un ton un peu sceptique.
« Absolument pas » affirma fermement Grant. « Je vais même t'accompagner, on ne sait pas si elle ne surveille pas déjà ton domicile. »
« Pas de danger, elle ignore où j'habite. Pas faute d'avoir cherché à le savoir mais j'ai réussi jusqu'à présent à déjouer ses plans pour découvrir mon adresse. Il faudra vider le frigidaire, j'ai quelques plats que j'ai préparés que nous pourrons déguster sans avoir besoin de faire la cuisine durant le week-end en tout cas. »
« Oui, bonne idée » approuva le Seal. « J'adore ta cuisine et ça nous évitera de devoir faire des courses. »
« Oh ! Aurais-tu jeté ton dévolu sur moi à cause de mes talents culinaires, M. le goinfre ? »
« Pas du tout, tu as des talents bien plus appréciateurs mais j'avoue ne pas dédaigner ta cuisine » s'offensa Grant avec le sourire.
« Chercherais-tu à me flatter pour que je cuisine durant mon séjour sous ton toit ? » s'indigna plaisamment Tony.
« Ça ne m'a pas traversé l'esprit mais si tu te proposes… »
« A condition que tu mettes la main à la pâte, je ne suis pas contre » répliqua Tony. « Je suis d'ailleurs étonné qu'un italien comme toi ne sache pas se débrouiller dans une cuisine. »
« Pas faute d'avoir essayé mais il faut croire que je n'ai aucune disposition » soupira le Seal.
« Je vais te montrer quelques recettes et d'ici quelques temps, tu seras à même de te débrouiller tout seul. La cuisine est certes un art pour certains mais pour d'autres, c'est un terrain d'expérimentation. C'est en tentant diverses combinaisons que l'on a fait de grandes découvertes gastronomiques. »
« Eh, tu sembles sérieux ! » s'étonna son compagnon.
« Quand il s'agit de cuisine, je peux l'être, en effet. J'ai eu d'excellents guides en la matière lorsque j'étais enfant, j'ai utilisé ce talent pour payer une partie de mes études en bossant comme cuistot dans un restaurant italien près de l'université. Je me suis perfectionné au fil des années et je pourrais sans doute ouvrir ma propre affaire. »
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Tous deux gagnèrent enfin le parking où chacun prit sa voiture puis l'un derrière l'autre, ils firent leur chemin vers la maison. Arrivés sur place, Tony contourna le terrain pour rentrer par l'arrière où il avait fait percer un portail afin d'avoir deux entrées totalement indépendantes en cas de besoin. Il laissa Grant parquer sa voiture derrière la sienne et les deux hommes entrèrent ensemble.
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Tony monta aussitôt à l'étage pour préparer un sac tandis que Grant se rendait dans la cuisine. Il ouvrit le réfrigérateur et vit aussitôt l'organisation rationnelle de l'italien qui avait étiqueté les boites contenant les plats et les avait rangées par catégorie sur les étagères. Il commença à sortir les denrées périssables qu'il posa sur le comptoir. Il vida le reste du lait dans l'évier, la bouteille étant presque vide.
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Il chercha ensuite dans les placards le café à la noisette que Tony devait avoir en stock et l'ajouta aux plats. Tony arriva sur ses entrefaites après avoir posé son sac dans la salle. Il sourit à Grant avant d'aller dans le garage chercher la glacière qu'il posa sur le comptoir où le Seal entreprit de ranger les boites. Pendant ce temps, Tony ouvrit la cave à vins et sortit quelques bouteilles qu'il déposa dans un casier pour les emporter sans problème.
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Il ne fallut aux deux hommes qu'à peine une heure pour mettre ensuite la maison en ordre avant qu'ils ne puissent repartir. Tony enclencha le système d'alarme dont il renvoya le signal sur son téléphone portable pour être avertir en cas d'intrusion. Chacun porta une partie des affaires dans la voiture de Tony avant de quitter la propriété. Bientôt, Grant en tête suivi de Tony, ils prirent le chemin de l'appartement du Seal.
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Abby était toujours frustrée de n'avoir pas pu découvrir l'adresse personnelle de DiNozzo. Elle avait une furieuse envie d'aller chez lui et de lui dire sa façon de penser en face malgré l'ordre de Vance. Pourtant, malgré son désir intense de le faire, elle ne le pouvait, ce diable d'homme avait détruit chaque traceur qu'elle avait placé sur sa voiture ou dans les poches de ses vêtements. Même le traceur qu'elle avait glissé sous le col de son manteau avait été découvert.
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Elle alla donc attendre McGee devant son appartement et soupira enfin lorsqu'elle aperçut la voiture se garer sur son emplacement. Elle s'avança rapidement à sa rencontre et fronça les sourcils lorsqu'il stoppa au lieu de venir à elle. La gothique sentit une angoisse inexplicable monter en elle et un instinct lui dire que l'informaticien s'éloignait d'elle.
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« Tim, qu'est-ce qui t'arrive ? » demanda-t-elle d'un ton brusque.
« Tu ne devrais pas être là, Abby » déclara-t-il, furieux. « As-tu oublié l'ordre de Vance ? Tu veux que nous soyons pénalisés tous les deux. Libre à toi d'agir comme tu veux mais je voudrais que tu me laisses en dehors de tes agissements. »
« Quoi ! Tu veux me laisser tomber maintenant après que je vous ai soutenus, toi et Ziva ? Tu sais, Timmy, tu es devenu bien ingrat tout d'un coup. »
« Je suis simplement prudent, Abs, je tiens à conserver mon poste et j'ai déjà assez de marques noires dedans pour ne pas en ajouter d'autres. »
« Ok, si c'est ainsi que tu le prends ! » fulmina-t-elle en posant ses mains sur ses hanches.
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McGee soupira, il savait qu'il aurait du mal à raisonner la scientifique. Il choisit donc de l'orienter vers quelqu'un d'autre, quelqu'un qui saurait sans doute la tempérer mieux que lui.
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« Si tu veux que quelqu'un écoute tes doléances, je te suggère d'aller voir Gibbs, il a sans doute plus de raison de maudire DiNozzo que moi » dit-il patiemment.
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Abby scruta son compagnon avant de sourire et de secouer frénétiquement la tête. Elle pouvait en effet suivre le conseil de Tim, son Silver Fox était en effet bien plus à plaindre que McGee. Et Ziva était injoignable, elle avait quitté son appartement pour plusieurs jours semblait-il, sa voisine avait aimablement renseigné sur son départ de chez elle en indiquant qu'elle portait deux grands sacs.
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« Très bien, je vais de ce pas aller chez lui mais tu ne perds rien pour attendre » gronda-t-elle. « Le jour où tu auras besoin de moi, je pourrais t'envoyer au diable. »
« Juste retour des choses, Abs » approuva-t-il.
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Elle l'observa un moment avant de s'approcher et de le prendre dans ses bras pour une de ses étreintes à vous couper le souffle. Il la laissa faire tout en priant pour qu'elle parte rapidement. Il ne savait jamais comment la réconforter et ça le mettait mal à l'aise. Elle s'écarta enfin et recula de quelques pas avant de tourner les talons et se diriger vers sa voiture. Elle y monta rapidement et démarra presque sur des chapeaux de roue dans sa hâte.
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Il prit une profonde inspiration, content d'avoir évité la fureur de la gothique. Lorsqu'elle avait une dent contre quelqu'un, elle pouvait se montrer vraiment dangereuse. Il la suivit des yeux jusqu'à ce que la voiture disparaisse de sa vue puis rentra chez lui, heureux d'être enfin seul.
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Pour sa part, Abby se rendit chez Gibbs à une vitesse plus rapide que nécessaire. Elle brûlait de déverser sa frustration sur quelqu'un et Gibbs l'avait toujours laissé parler avant parfois de la stopper, ce qui était rare malgré tout. Elle arriva enfin et se gara dans l'allée, étonnée de ne pas voir la voiture de l'ancien Marine.
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Elle sortit, gagna la porte qu'elle ouvrit sans difficulté comme d'habitude. Elle traversa la salle et se dirigea vers la cuisine puis le sanctuaire habituel de son mentor, le sous-sol. Elle descendit l'escalier à pas mesurés laissant Gibbs savoir qu'elle était là. Il lui tournait le dos et ne fit aucun geste pour la saluer lorsqu'elle se posta à quelques pas de lui.
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Elle attendit quelques minutes et lorsque rien ne vint de sa part, elle soupira et ouvrit la bouche pour s'épancher lorsqu'il la coupa abruptement sans pour autant lâcher son travail.
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« Es-tu venue jusqu'ici pour te plaindre encore, Abs ? »
« Oh, Gibbs ! » s'exclama-t-elle. « Tu ne sais pas ce qu'il a encore fait, n'est-ce pas ? Il est responsable de ta mise à pied et de celle de Ziva, ce… ce fumier » poursuivit-elle avec véhémence.
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Sa tirade excessive et irrationnelle enragea Gibbs d'autant qu'elle avait tort. Leur punition leur était uniquement imputable et à personne d'autre. Il se devait de rectifier son assertion car, connaissant Abby comme il la connaissait, elle risquait de prendre des mesures drastiques qui pourraient lui nuire.
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« Abs, si Vance a choisi de nous réprimander, ce n'est absolument pas la faute de DiNozzo » déclara-t-il avec fermeté. « Tu as toi-même permis de mettre à jour quelque chose que toi seule pouvait dévoiler par tes analyses. Personne d'autre ne pouvait le faire, reconnais-le de bonne grâce. Et je suis celui qui s'est démasqué auprès de Vance, DiNozzo n'a rien à voir là-dedans. »
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Et pour une fois, il mentit délibérément à la gothique estimant avoir déjà assez causé de dommages à l'italien. Il était inutile qu'il rajoute un poids au fardeau que son second portait depuis des mois alors qu'il était celui qui était dans son tort. Il avait joué et perdu et il devait donc faire face aux conséquences de ses actes. C'était certes la première fois mais il avait réfléchi et ses déductions l'avaient porté à croire que DiNozzo n'était pas dupe et qu'il avait déjà compris que son patron n'était pas tout blanc.
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« Mais enfin, Gibbs, tu vas bien faire quelque chose ? » demanda-t-elle, étonnée.
« Non, Abs, je ne ferais rien » le contredit-il. « Et tu vas me faire le plaisir de laisser DiNozzo tranquille si tu ne veux pas avoir affaire à moi. »
« Quoi ! Il mérite que quelqu'un le remette à sa place et lui fasse payer son attitude » maugréa-t-elle d'une voix dure.
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Et là, Gibbs comprit qu'il devait mettre le holà à la vindicte de la scientifique avant qu'elle n'aille trop loin. Il posa ses outils et se tourna légèrement vers elle. Il la toisa durement durant quelques minutes, ce qui la mit mal à l'aise. Etant parvenu à son but, il lui fit enfin face.
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« Tu vas me faire le plaisir de cesser tes attaques verbales ou physiques envers DiNozzo tout de suite, Abby ou je te jure que tu devras faire face aux Affaires Internes si d'aventure, il lui arrive n'importe quoi. Réfléchis et dis-toi que tu seras la première suspecte s'il est blessé. »
« Pff ! » fit-elle. « Si je devais lui faire quelque chose, personne ne trouverait d'indice. »
« Justement, ce sera là leur premier indice qui les conduira vers toi, ne le comprends-tu donc pas ? » gronda-t-il. « Bon sang, conduis-toi en adulte et cesse de faire des caprices de gamine, tu ne t'en porteras que mieux. Je suis fatigué, Abs, fatigué de te voir réagir de cette manière. Tu n'as plus cinq ans et il serait temps que tu te comportes en scientifique et non en… diva capricieuse. »
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Elle fut tellement choquée des propos de son mentor qu'elle en resta bouche bée et sans voix. Elle le regarda attraper la bière qui reposait sur l'établi et en avaler quelques gorgées avant de la reposer soigneusement. Elle réussit enfin à retrouver l'usage de la parole.
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« Tu ne m'as jamais parlé ainsi, Gibbs » gémit-elle, prête à pleurer pour de bon cette fois.
« Eh bien, il serait temps que je le fasse et ce pour ton bien » affirma-t-il fermement. « Si je n'avais pas toujours laissé ton attitude de petite fille m'aveugler, peut-être que les choses n'en seraient pas à ce point. J'aurais dû être plus ferme avec toi comme je l'ai été avec Tony. Il ne méritait pas toujours les claques que je lui assenais, je passais sur lui la frustration que j'avais envers toi. »
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Il s'arrêta et soupira. Il n'avait pas prévu de dévoiler ainsi certains faits mais il ne pouvait plus tolérer non plus que la femme-enfant qu'Abby jouait trop souvent se fasse encore des illusions. Elle devait apprendre à se comporter comme une femme de son âge, être moins immature et plus mûre émotionnellement. Elle laissait trop souvent ses émotions la guider au lieu de les contrôler.
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Il pensait qu'elle devrait prendre exemple sur Ziva de ce point de vue-là. Encore que, dernièrement, l'israélienne avait perdu la faculté de se maîtriser parfaitement. Il semblait qu'elle aussi ne puisse se retenir lorsque DiNozzo était la cause directe de son manque de réflexe. L'italien paraissait être celui qui engendrait les émotions les plus fortes et les plus dévastatrices chez ses collègues, du moins chez certains d'entre eux.
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« Rentre chez toi et profite de ton absence pour examiner ton attitude, Abs » conseilla-t-il enfin. « Pour ma part, je m'absente dès demain de DC, il est donc inutile que tu reviennes ici. Et je te prierais d'éviter de me suivre à la trace grâce à mon téléphone. Si d'aventure, tu persistes, je me verrais dans l'obligation d'en avertir le directeur. Maintenant, pars et suis mon conseil. »
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Il n'attendit pas qu'elle lui réponde avant de monter l'escalier et de poursuivre sa route jusqu'à l'étage. Il fallut quelques minutes pour qu'il entende la porte d'entrée s'ouvrir et se fermer et la voiture quitter l'allée. Il espérait que la jeune femme médite et prenne les bonnes décisions.
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Abby va-t-elle devenir raisonnable ?
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La réponse dans la suite.
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A bientôt... peut-être.
