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Un très grand merci à vous toutes (et tous !) pour avoir réagi et m'aider à 'gérer' mon indécision qui semble avoir pris des proportions que je ne voulais pas.

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Je n'en ai pas l'habitude mais je dois faire une mise au point suite à un com assez virulent laissé par une lectrice. Elle a passé sa frustration sur moi, ce que je peux comprendre en un sens mais je ne suis pas la seule à demander votre avis sur le chapitre publié. Et dire que c'était une première pour moi ! Et si elle avait consulté mon profil, elle aurait vu que les autres fics que j'ai publiées sont toutes complètes.

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Contrairement à d'autres 'auteurs', je ne commence pas à publier pour arrêter au bout de quelques chapitres. C'est très frustrant de lire une histoire prometteuse pour se rendre compte qu'elle ne sera pas terminée. Et ce n'est pas digne d'un auteur respectueux de ses lectrices.

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Certes, j'ai indiqué ne pas comprendre que si peu de coms soient laissés mais vous m'avez habitué à en avoir 5 ou 6 par chapitre pour celles qui commentent régulièrement que j'ai été en quelque sorte 'frustrée' de n'en obtenir que 2 sur l'avant dernier post.

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Et si j'ai mentionné ne pas savoir si je continuais de poster, c'était juste pour avoir une réaction car je tiens à vous rassurer : il n'est en aucun cas dans mon intention de vous priver de connaitre la suite de cette fic d'autant que l'histoire est complète.

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C'est que j'ai du mal à comprendre (comme je l'ai indiqué à une lectrice dans un MP), des histoires bâclées, mal écrites et bourrées de fautes reçoivent des coms à la pelle. Et croyez-moi, j'en ai lu des tonnes que j'ai abandonnées bien vite à cause de ces défauts. Pour quelles raisons, celles d'auteurs sérieux, qui prennent le temps de composer une histoire originale, longue et correcte ne sont pas plus commentées que ça ?

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C'était surtout cette incompréhension qui m'a fait vous poser la question de votre intérêt. Et je vous présente mes excuses si je vous ai donné l'impression de vous prendre en 'otage'.

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JosyEvans, la fic que tu cherches s'intitule désormais « Intermittente réminiscence », j'en ai modifié le titre pour l'harmoniser avec ceux de mes autres fics lorsque j'ai dû reposter l'histoire après une purge de ffnet. Les titres comportent tous deux mots - souvent un adjectif et un nom - et je voulais donc en faire de même pour « Papillon ». Si tu souhaites en obtenir une copie format Word, il suffit de demander.

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J'en profite pour adresser ici un merci spécial aux lectrices qui, comme toi, laissent un com analytique qui m'aide parfois à modifier le chapitre suivant en m'appuyant sur vos idées et vos impressions. C'est grâce à vous que j'ai rajouté la « remontée de bretelles » d'Abby que vous avez appréciée, j'avoue avoir galéré pour écrire ce passage et suis heureuse de voir qu'il a plu.

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Si vous lisez attentivement ce chapitre, vous saurez pour quelle raison Ziva est toujours dans l'équipe.

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Je vois également que vous souhaitez tous que Tony choisisse de quitter l'équipe. Prendra-t-il la décision ou sera-t-il contraint de le faire ? Lisez vite la suite car vous aurez une partie de votre réponse dans ce chapitre.

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Bonne lecture à vous et bon week-end de Pâques.

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Chapitre 23 : Proposition directoriale

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Finalement, les deux mois suivant la suspension de Gibbs et David se passèrent sans incident majeur. A son retour, Abby s'était également abstenue d'invectiver Tony au sujet de leurs punitions, ce qui était en soi un miracle qu'il attribuait en grande partie à Gibbs. Il n'y avait que lui qui avait pu museler la gothique ainsi.

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DiNozzo avait été placé chef d'équipe temporaire avec Giordano et McGee, ce dernier étant moins que content de travailler à nouveau sous les ordres de l'italien mais il avait fait son possible pour le faire sans trop rechigner mais en montrant néanmoins, à certaines occasions, sa mauvaise grâce à lui obéir. Sa carrière était en jeu maintenant et il devait être plus que prudent.

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Ce matin-là était celui du retour des deux agents suspendus et Vance avait décidé d'assister à leur arrivée. Tandis que les trois autres étaient déjà au travail, Gibbs arriva tranquillement. Il s'arrêta devant le bureau de Tony qu'il salua avant de lui présenter des excuses sinon sincères du moins acceptables. Tony ne dit rien mais hocha simplement la tête avant de reprendre son travail.

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Gibbs se dirigea vers son bureau sous le regard incrédule de McGee qui voyait son patron s'excuser, qui plus est auprès de l'italien, pour la première fois depuis qu'ils bossaient ensemble. Il avait l'impression étrange d'être dans la quatrième dimension ou dans quelque bizarre film où son patron aurait été remplacé par un clone. Il secoua la tête avant de reporter son attention sur le dossier qu'il étudiait.

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Quelques minutes plus tard, l'ascenseur laissa sortir l'israélienne qui s'avança vers son bureau où elle rangea de nouveau ses affaires. Elle gratifia l'informaticien et l'ancien Marine d'un salut poli mais ignora totalement les deux autres hommes. Pourtant, Vance pouvait décerner une hostilité latente chez elle et la colère rentrée dirigée vers l'italien était parfaitement palpable.

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Gibbs se racla la gorge et l'invita d'un geste à se mettre au travail. Il voulait l'inciter à laisser l'italien tranquille. Pourtant, il savait qu'à la première occasion, elle provoquerait sans doute une confrontation ou une dispute. Cependant, il l'entendit soupirer et la vit reprendre son contrôle tant bien que mal.

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Levant la tête, l'ancien Marine croisa le regard du directeur et hocha imperceptiblement la tête en signe de salut mais aussi pour lui indiquer que tout irait bien. Vance lui retourna le geste puis tourna les talons et repartit vers son bureau. Il avait quelque chose en tête qui allait demander toute sa concentration avant de l'exposer et surtout d'obtenir l'aval nécessaire pour le mettre à exécution.

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Une fois dans son antre, Vance farfouilla dans les documents qui s'étalaient sur son bureau avant de trouver celui qu'il cherchait. Il le relut, consulta son ordinateur, sortit un dossier personnel qu'il feuilleta, reposa le tout et se mit en devoir de peser le pour et le contre. Il prit une bonne heure pour envisager toutes les solutions avant de passer un coup de fil.

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La conversation dura presque aussi longtemps que sa réflexion mais au bout du compte, il avait obtenu l'accord final pour exposer ses intentions. Lui restait plus qu'à trouver le bon moment pour la présenter sans craindre de recevoir un refus ferme et définitif. Mais vu les circonstances, il avait très bon espoir de régler le problème et de faire d'une pierre deux coups. Il se frotta les mains en souhaitant que tout se déroule selon son scénario et que la conclusion soit celle qu'il prévoyait.

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Le directeur appela sa secrétaire et la pria de lui apporter le dossier personnel de son agent. Il désirait se remettre en mémoire les grandes lignes du parcours professionnel, il l'avait déjà consulté peu après son arrivée mais tant d'autres choses avaient ensuite accaparé son attention qu'il avait sans doute oublié quelques détails. Il commença par compulser le curriculum vitae.

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Il relut certains faits et notamment que l'agent était sorti major de sa promotion à l'Académie de Police avec des résultats jamais atteints par un cadet, il était également devenu détective un an après avoir obtenu son diplôme, ce qui prouvait ses compétences sans aucun doute possible. Aucun policier ne pouvait prétendre monter aussi vite en grade sans avoir fait preuve de sa valeur ou alors sans avoir les appuis nécessaires pour monter les échelons à une telle vitesse.

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Il prit le temps de relire les recommandations de ses précédents employeurs, les appréciations de l'ancien directeur Tom Morrow, celle de la Directrice Shepard - rédigée peu de temps avant son arrêt - qui souhaitait le voir diriger sa propre équipe dans les mois suivants. Vance décida alors de creuser un peu plus et de contacter ses anciens chefs mais également certains de ses coéquipiers.

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Il demanda à sa secrétaire de faire quelques recherches et de se mettre en rapport avec une liste de noms qu'il lui donna et de prévoir quelques heures dans son agenda pour les entretiens téléphoniques. Il eut la chance de pouvoir s'entretenir avec les trois chefs directs de ses précédents postes dans la journée, sans doute son nom et son poste avait-il des avantages après tout ! Et les éloges qu'il reçut ainsi que les regrets exprimés par tous l'avaient grandement étonné.

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Vance savait que Gibbs avait obtenu de Morrow de composer lui-même sa propre équipe plutôt que de se voir imposer des collaborateurs après le départ de son second de l'époque, l'Agent Burley. Il avait momentanément gardé à ses côtés l'ancien Agent du FBI, Vivian Blackadder. Et le dossier de DiNozzo précisait que les deux hommes avaient mené conjointement une enquête qui avait eu pour cadre la ville de Baltimore. C'était d'ailleurs à la suite de cette affaire que Gibbs avait engagé le policier.

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Sachant que l'Agent Gibbs ne supportait pas la médiocrité et attendait beaucoup de son bras droit, il était évident qu'il ne l'avait pas choisi au hasard. Et le fait qu'il ne lui fallut que quelques jours pour décider de s'adjoindre le détective démontrait sans l'ombre d'un doute que son second était quelqu'un de compétent. Et voir que l'italien avait choisi de rester au-delà de sa limite de 2 ans par poste prouvait qu'il aimait son travail et son équipe.

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Il n'avait d'ailleurs pas hésité à mettre sa propre vie en danger pour épargner celles des Agents McGee et Todd alors qu'il souffrait encore des effets de sa contamination par la peste pneumonique. Son retour anticipé leur avait épargné de mourir dans l'explosion de la voiture piégée même si le sursis fut court en ce qui concernait la jeune femme tuée quelques jours plus tard par un terroriste.

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Toutes ces informations avaient conduit Vance à réfléchir sur l'énigme que représentait l'Agent DiNozzo, le fait que le jeune homme dissimule ses véritables capacités et qualifications non seulement à son équipe mais également à la majorité des agents qui travaillaient à l'étage en contact étroit avec lui le rendait curieux.

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Il prit le temps de la réflexion, de compulser encore une fois toutes les données et informations dont il disposait avant de fixer un rendez-vous à DiNozzo. Tout en sachant que Gibbs serait plus que curieux de connaître la raison de leur entretien, il choisit de le recevoir en milieu de matinée afin d'être certain que toute l'équipe serait au travail. Il voulait que tous soient témoins de sa surprise et de son étonnement car il savait que l'homme ne pourrait cacher sa stupéfaction.

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Il attendait avec jubilation de voir la tête de ses agents lorsque DiNozzo redescendrait de son bureau, le dossier entre les mains et un sourire extatique aux lèvres. Du moins, il espérait que le visage de l'italien refléterait ses émotions pour une fois et qu'il pourrait ainsi contempler la réaction de l'équipe.

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Il était sûr que McGee serait sans doute jaloux de constater que son collègue ne sortirait pas de son bureau après une réprimande. Pour l'Officier David, il était plus circonspect mais ne doutait pas qu'elle serait en colère. Quand à Gibbs, il était certain qu'il serait intrigué et n'aurait de cesse de connaître la raison de leur entrevue.

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Le directeur adjoint avait vraiment cru que le fait d'adjoindre un Agent probatoire à l'équipe permettrait de calmer les rancœurs entre les trois collègues. Pourtant, dès le départ, l'esclandre de McGee au sujet de son bureau aurait dû lui faire comprendre que son idée ne résoudrait pas tous les problèmes. Gibbs l'avait averti et il avait choisi d'ignorer le conseil.

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Si les deux premières semaines avaient été relativement faciles, McGee et David les avaient mises à profit pour observer avant de passer à l'offensive. L'évidente bonne entente entre les deux hommes les avait surpris puis bien évidemment énervés. Ils pensaient sans doute mettre le nouvel agent dans leur poche et le liguer contre l'italien.

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Depuis ce jour-là, la tension qui régnait à nouveau au sein de l'équipe était palpable et aussi épaisse qu'une purée de pois. Les deux italiens travaillaient de concert et évitaient, autant que possible, de se retrouver seuls avec les deux autres. Lorsque le destin était contre eux, ils avaient l'intelligence de ne pas envenimer la situation et de ne pas répliquer aux assauts des deux autres.

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Pourtant, il n'était plus envisageable de laisser les choses en l'état actuel. Il fallait trouver définitivement une solution radicale pour épargner un agent qui arriverait bientôt au bout du rouleau. Et même si Giordano avait grandement permis de soulager la tension, il n'était pas la panacée. Gibbs commençait aussi à montrer des signes d'irritation et c'était vraiment mauvais signe.

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Il avait entreprit de narrer les évènements à son épouse et avait puisé dans l'insatiable sagesse de sa femme pour le guider. Et comme souvent, elle avait retourné le problème dans tous les sens et proposé deux ou trois solutions qu'il avait étudiées avant de prendre une décision qu'il espérait aurait l'agrément de son subordonné obstiné.

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Il entendit frapper à la porte et prit une profonde inspiration avant de recevoir l'homme.

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« Agent DiNozzo, entrez et asseyez-vous » offrit-il en désignant d'un geste l'un des fauteuils face à son bureau. « Nous pouvons aussi nous installer à la table de conférence si vous préférez. »

« Ici me convient parfaitement, Directeur » accepta Tony.

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Vance étudia un instant son interlocuteur et il sourit intérieurement de le voir se relaxer. Il songea que leurs rapports, sans jamais avoir été conflictuels, n'avaient pas été non plus des plus cordiaux au tout début de leur collaboration. Il avait fallu au directeur quelques semaines pour apprécier pleinement l'ancien détective et parvenir à dépasser ses premières impressions.

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Son assiduité au travail, sa ponctualité, sa disponibilité constante, sa coopération spontanée avec d'autres équipes, sa connaissance des affaires traitées, ses rapports circonstanciés et détaillés avaient finalement convaincu Vance qu'il était un Agent de valeur. Dans son esprit, l'italien aurait dû se voir confier une équipe un an après son intégration, son expérience était alors suffisante en tant qu'enquêteur pour avoir accès à ce poste.

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Les rapports qu'il entretenait avec le personnel en général étaient toujours cordiaux sinon amicaux avec certains. La relation qu'il avait désormais avec l'italien était bien différente de celle qu'il avait à son arrivée au bureau de DC. Il se devait maintenant de lui rendre justice et ce de manière éblouissante afin de contrer les effets néfastes de l'attitude de ses subordonnés.

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L'homme avait supporté plus qu'un agent normal ne l'aurait fait et dans des circonstances particulières, le départ de Gibbs avait été ressenti par toute l'équipe de façon différente mais il soupçonnait DiNozzo d'en avoir pâti plus que les autres sans savoir exactement jusqu'à quel point. Il ignorait tout des relations exactes qui liaient Gibbs et son second mais elles devaient être étroites pour que l'ancien détective ait choisi de rester plusieurs années sous ses ordres.

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« Avant d'aborder le sujet de cet entretien, voulez-vous boire quelque chose, café, alcool ou autre chose ? » proposa-t-il. « Je peux demander qu'on nous l'apporte, ma cafetière a rendu l'âme. »

« Un café, merci. Cynthia connait ma préférence. »

« Ok » dit Vance avant de s'emparer du téléphone. « Cynthia, pouvez-vous nous apporter deux cafés pour l'Agent DiNozzo et moi, s'il vous plait. Merci. »

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Il reposa le récepteur et étudia à nouveau l'italien. Il avait remarqué que l'homme prenait grand soin de son apparence, qu'il portait souvent des costumes de grand couturier, qu'il conduisait une voiture 'classique' et pas n'importe laquelle, il avait acheté récemment une nouvelle Mustang malgré la Ferrari qu'il possédait déjà et qui avait intrigué McGee et l'avait conduit à désobéir à un ordre direct pour connaitre son propriétaire.

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Il avait indéniablement une attitude qui indiquait une éducation privilégiée. Pourtant, d'après son dossier, il avait perdu les avantages financiers de sa naissance lorsque son père l'avait déshérité lorsqu'il avait 12 ans. Comment pouvait-il, dans ces conditions, se permettre de vivre ainsi ?

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« J'ai relu attentivement votre dossier il y a quelques heures et j'ai passé quelques coups de fils ma foi fort intéressants. Des informations ont été portées à ma connaissance qui m'ont permis de compléter mon analyse et de renforcer ma décision. Cependant, il y a une question qui m'intrigue » se lança-t-il en espérant avoir une réponse.

« Je vous en prie, posez-la et selon le sujet, j'y répondrais… ou pas » suggéra l'italien.

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Alors qu'il allait formuler sa requête, la porte s'ouvrit et Cynthia vient déposer les cafés sur le bureau, sourit à Tony avant de repartir en fermant la porte doucement. Vance se saisit de sa tasse et avala une gorgée tout en jetant un regard à son interlocuteur. Il sourit intérieurement en songeant que l'homme parvenait toujours à le surprendre, il aurait parié qu'il était un adepte de café noir et non de ce café au parfum de noisette s'il ne se trompait pas.

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« J'avoue être intrigué par votre mode de vie… Je m'explique, vous avez travaillé pour financer en partie vos études, vous étiez policier puis détective avec un salaire correct mais pas mirobolant, vous êtes agent fédéral de niveau 10 ou 11, ce qui ne vous place pas en haut de la grille des salaires. Pourtant, vous parvenez à vous habiller chez les grands couturiers, à conduire une voiture de légende diraient certains. Je n'ai jamais visité votre domicile mais vous résidez dans un quartier de très bon standing » énuméra-t-il indiquant qu'il connaissait parfaitement le sujet dont il parlait. « Comment parvenez-vous à vivre selon ce style alors que vous avez été déshérité jeune ? »

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Un sourire presque timide étira les lèvres de l'italien qui réfléchit avant de répondre à son supérieur.

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« Vos renseignements sont corrects et votre question pertinente » lui accorda-t-il. « Je suis en effet un privilégié, je suis né au sein d'une famille riche, j'ai grandi avec une cuillère en argent dans la bouche comme aurait dit l'Agent Todd. Pourtant, mon enfance n'a pas été rose, j'ai perdu ma mère très jeune et même si mon père a choisi de me couper les vivres lorsque j'ai refusé de suivre la voie qu'il avait choisie pour moi, j'ai été doté d'un fonds en fidéicommis que ma mère m'avait constitué. J'en ai pris possession à mes 21 ans, je l'ai fait fructifier en plaçant le capital dans des actions sûres et j'en récolte les intérêts qui me permettent de vivre à l'aise. J'ai également été le bénéficiaire de legs divers de la part de mes grands-parents maternels et paternels que je gère directement. »

« Vous êtes bien moins frivole que ne le pensent vos collègues » nota Vance, surpris par ce qu'il venait d'apprendre.

« Ce n'est pas parce que je joue les clowns que je suis un idiot. Ils oublient que le poste que j'occupe exige des qualifications particulières. Je pense que McGee n'a jamais consulté la liste complète des compétences requises pour être Agent senior » remarqua-t-il en haussant les épaules. « C'est là toute la différence qui existe entre nous et qu'il ignore délibérément, je sais exactement où je me situe et jusqu'où je peux aller. McGee vise votre place et espère l'occuper avant ses 40 ans, être le plus jeune directeur d'une agence gouvernementale serait le summum de sa carrière. »

« Dans ce cas, je suis navré de devoir briser un si beau rêve mais il est désormais sur la pente descendante plutôt que montante. Je me ferai un plaisir de le lui rappeler à l'occasion. »

« Pardonnez-moi, Monsieur mais même s'il est agréable d'échanger ces propos, quel est l'objet de cet entretien ? J'avoue me poser la question et je souhaiterais être briffé maintenant si possible » demanda-t-il.

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Vance prit le temps de terminer son café et se recala dans son siège. Il posa ses coudes sur les accoudoirs en croisant les mains. Il était certain d'étonner son Agent mais était-ce le bon choix ?

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« Le retour de l'Agent Gibbs en service actif et au poste qu'il occupait précédemment vous a rétrogradé automatiquement au poste de second, ce qui en soi n'est pas une situation normale et logique. Au vu de l'excellent travail que vous avez accompli durant l'absence de votre ancien supérieur, j'ai choisi de vous maintenir au poste de chef d'équipe. Je pense que vous n'avez pas dû éplucher votre bulletin de salaire correctement parce que vous n'avez pas posé de question à ce sujet. »

L'exclamation que Tony ne parvint pas à masquer fit sourire le directeur. Il savait que cette nouvelle était inattendue surtout de sa part, il avait choisi contre l'avis de certains de faire cette proposition et d'en assumer les risques. Il allait certainement faire un précédent mais cette situation ne s'était encore jamais présentée et il fallait bien y mettre un terme d'une façon ou d'une autre.

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« Monsieur, je suis… je… » tenta Tony sans parvenir à articuler plus d'un mot.

« Aucune raison de me remercier, c'est plutôt ici mon rôle » le coupa Vance pour lui épargner un embarras supplémentaire. « Et je pense que ce que je vais vous proposer sera amplement mérité. Etant donné qu'aucune équipe ici à Washington n'a besoin d'un chef dans les mois qui viennent, j'ai choisi de vous éloigner de la capitale. Je sais que ce n'est sans doute pas ce que vous souhaitez à l'heure actuelle mais je pense qu'un changement d'environnement ne pourra que vous être bénéfique. »

« Et à quel bureau pensez-vous exactement, Monsieur ? »

« Je vais y venir, je dois auparavant vous donner quelques détails supplémentaires et voir si ceci vous conviendrait. Le poste à pourvoir sera disponible dans deux mois, le chef d'équipe en question prend une retraite anticipée due à des problèmes de santé. L'équipe est composée de 3 agents compétents mais qui seront certainement soulagés de servir sous vos ordres dans la mesure où l'Agent en charge a lâché du lest ces derniers mois. Heureusement, aucune enquête sérieuse n'a requis de leur adjoindre un agent temporaire pour compenser. »

« Dois-je comprendre que je serais dans l'obligation de rester ici jusqu'à cette date ? »

« Non, je pense que rien n'arrangera la situation. Et pour vous permettre de prendre vos prochaines fonctions dans les meilleures conditions, vous serez mis en disponibilité pour les huit semaines à venir. Il va sans dire que vous serez rémunéré et recevrez également une compensation financière correcte pour les heures supplémentaires effectuées ces derniers mois. Cette prime ne sera pas déclarable auprès des Services fiscaux, c'est en quelque sorte un bonus libre de taxes. Cette mesure a été approuvée par le SecNav donc il est inutile de la discuter plus avant » ajouta Vance pour prévenir toute tentative de Tony de la refuser.

« Je n'ai fait que mon travail, Monsieur et j'ai reçu normalement mon salaire. Je n'attendais pas d'obtenir plus » s'étonna Tony.

« Je sais, Tony mais les restrictions budgétaires qui ont été mises en place durant ces derniers mois ont été levées grâce à l'octroi de ressources supplémentaires votées lors du dernier conseil du gouvernement. Aucune raison, dans ce cas, de refuser ce qui vous est accordé sans même le demander. Ensuite » enchaina-t-il avant d'être interrompu « vous serez logé aux frais de l'agence dans des limites raisonnables et ce, jusqu'à ce que vous trouviez un logement personnel. Lorsque ce sera fait, vos effets personnels seront également expédiés par l'agence et il va sans dire que le gardiennage jusque-là sera payé par le NCIS. »

« C'est beaucoup de bonus, Monsieur. J'espère que je ne vous décevrai pas et que la confiance que vous placez en moi ne sera pas vaine. »

« Tony, toutes ces mesures sont normales, elles correspondent aux critères de prise en charge des frais afférents à tout transfert. Vous êtes maintenant un chef d'équipe et vous recevez certaines compensations mais ni plus ni moins que tout autre chef qui s'éloigne de son point d'attache. Et pour en revenir à votre poste, voici le dossier qui vous donnera toutes les informations que vous avez besoin, le lieu, la date d'arrivée, le personnel, quelques informations sur la base et… tout ce qui peut vous être utile » annonça enfin Vance en tendant le dossier mais sans révéler le lieu du transfert.

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Le directeur voulait voir la réaction de son agent lorsqu'il localiserait son point de chute. Il savait que la surprise serait de taille et il espérait ainsi récompenser l'Agent qui, contre toute attente, avait réussi à maintenir à flot une équipe durement éprouvée par la perte de son leader et qui avait passé sa frustration sur l'Agent senior. Il avait personnellement tenu à être mis au courant de tout ce qui concernait son équipe première pour s'apercevoir que DiNozzo minimisait les incidents avec ses subordonnés.

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Lorsque plusieurs autres chefs d'équipe avaient porté à sa connaissance des faits inconnus de lui, il avait pris à cœur de suivre discrètement l'évolution de la situation. Pourtant, aucun incident majeur ne s'étant déroulé en sa présence, il avait été dans l'obligation d'ajourner les sanctions qu'il souhaitait prendre. Puis, une conférence l'avait éloignée de la capitale durant deux bonnes semaines et ces réunions bihebdomadaires avec les principaux chefs d'équipe n'avaient pas soulevé d'inquiétude. Il avait laissé les choses en l'état jusqu'à son retour.

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Et voilà que soudain, l'Agent Gibbs décide de revenir, sans tambour, ni trompette et de reprendre illico presto sa place comme si c'était la chose la plus naturelle. Dans la mesure où la Directrice Shepard avait délibérément omis d'adresser le dossier de mise en retraite anticipée aux Ressources Humaines, il avait été dans l'obligation de restituer son poste à l'ancien Marine. Jamais cependant, il n'aurait imaginé un instant que la reprise se passerait de manière aussi humiliante pour l'italien.

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Assister ensuite à la réprimande publique de DiNozzo devant tout l'étage l'avait choqué. Il ne pouvait tolérer un tel manque d'égard de la part de Gibbs qui devait se croire intouchable pour oser agir de la sorte. Il avait fallu qu'il se retienne de réprimander à son tour son Agent senior pour sa conduite inqualifiable.

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Certes, il n'avait pas forcément réagi comme il l'aurait dû mais dans les circonstances exceptionnelles, il avait décidé de montrer qu'il pouvait trancher. Et il avait choisi de réprimander les perturbateurs qui n'avaient malheureusement pas compris la leçon. Les deux agents ne voyaient et ne respectaient qu'un seul chef, Gibbs.

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Maintenant, il se trouvait dans l'obligation de 'punir' en quelque sorte, le seul agent qui n'avait rien à se reprocher. Mais au lieu de le dévaloriser comme certains le souhaitaient, il avait décidé de faire tout le contraire. Il voulait ainsi démontrer qu'il tenait l'agent en grande estime et qu'il valait bien mieux que certains ne le pensaient.

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L'exclamation que Tony poussa le ramena au présent. La surprise qui se peignit sur le visage de l'italien lorsqu'il découvrit son point de chute fut suffisante pour le rassurer, il avait bien choisi. Pourtant, il vit malgré tout le doute s'inscrire rapidement sur les traits de l'italien.

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« Monsieur, êtes-vous sûr que je sois le plus qualifié pour ce poste en particulier ? » demanda-t-il enfin. « Le territoire couvert est vaste et l'emplacement idéal pour toutes sortes de trafics. »

« Si je pensais que vous n'étiez pas l'homme de la situation, j'aurai porté mon choix sur quelqu'un d'autre, soyez en persuadé » déclara Léon. « Et notre… amitié n'aurait rien changé à ma décision. Je pense que vous avez toutes les qualifications requises pour remettre le bureau sur les rails. De plus, vous êtes, à mon sens, le plus qualifié pour renouer des relations avec les forces de police en place, une chose que malheureusement, votre prédécesseur a fortement endommagée. Je compte sur votre habileté et vos qualités de négociateur pour rétablir des liens nécessaires pour vous permettre d'exercer vos fonctions dans les meilleures conditions. De plus, votre équipe aura bien besoin en ce moment d'un chef expérimenté et dédié à son travail. Malgré les efforts de chaque Agent, les enquêtes ont du mal à trouver leur solution dans des délais raisonnables. Je ne juge pas l'Agent en charge mais la situation s'est dégradée sans que je ne sois averti de cette détérioration. »

« Le second n'a pas fait de rapport en ce sens, Monsieur » s'étonna Tony. « Il est de son devoir d'attirer l'attention sur ce type de problème… encore que je ne sois sans doute pas le bon exemple à suivre. »

« Ne vous jetez donc pas la pierre, Tony » l'admonesta gentiment Vance. « Vous aviez des circonstances plutôt atténuantes, ce qui n'était pas le cas dans ce bureau en particulier. Simplement un manque évident de vouloir corriger le tir et une volonté défaillante de redresser la barre. Lorsque la tête pensante ne joue plus son rôle, il est plus difficile pour le reste de trouver la force de continuer. Mais je suis certain que vous saurez remédier à la situation et reprendre en mains l'équipe et la mener à bon port si je puis faire ce jeu de mots. »

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Léon vit l'italien sourire à ses bons mots et c'était tout ce qu'il désirait. Si l'italien partait avec en tête des idées fausses sur le contexte exact du bureau pour s'apercevoir que son supérieur l'avait minimisé, il risquait de solliciter un nouveau transfert. Il était persuadé que l'italien était véritablement celui qui saurait arranger les choses, remotiver les Agents et redresser le bureau, renouer les contacts avec la police ou tout autre organisme important.

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« Vous savez, Tony, depuis mon arrivée, j'ai étudié votre équipe et je suis convaincu que vous ferez un bon chef d'équipe, meilleur encore que durant la retraite de Gibbs parce que vos futurs Agents ne demandent qu'à avoir un modèle à suivre » déclara-t-il soudain. « Vous avez des qualités qui manquent à cet entêté, des qualités qui vous mèneront loin. Et je pense qu'un jour, ce sera vous qui serez assis dans ce fauteuil et non l'Agent McGee, ne lui en déplaise. »

« Je ne cours pas après votre place, Monsieur » le contra l'italien. « Je suis un flic et j'aime le travail de terrain. La politique et ses intrigues m'attirent très peu et si j'avais aimé ça, j'aurais accepté l'offre de mon père de travailler à ses côtés. Je suis plus enclin à sauver la veuve et l'orphelin qu'à engraisser davantage des hommes d'affaires pourris. »

« Et c'est tout à votre honneur » approuva Vance. « Peu d'hommes sont capables de tourner le dos à une vie aisée, riche et oisive pour exercer un métier aussi ingrat que celui de flic. Mais je ne pense pas me tromper en prédisant qu'un jour, l'offre d'occuper ce poste vous sera faite. »

« Vous placez beaucoup d'espoir et de confiance en moi, Monsieur » indiqua l'Agent. « J'espère que je ne vous décevrais pas et que je me montrerai à la hauteur. »

« Je n'ai aucune inquiétude à ce sujet, Tony » conclut Léon en se levant. « En fait, je vous dédommage à ma façon pour ne pas avoir pu vous rendre mieux justice pour l'incident causé par l'Officier David. Les intérêts politiques du SecNav et du SecDef m'ont littéralement liés les mains. J'aurai aimé être en mesure de la renvoyer chez elle mais je n'avais pas assez de poids pour faire pencher la balance en ce sens. »

« J'imagine assez bien que vous n'avez pas dû avoir voix au chapitre surtout si des intérêts bien supérieurs étaient en jeu » le dédouana Tony en lui souriant.

« Vous êtes vraiment bien trop prompt à pardonner, Tony » le réprimanda gentiment Léon. « Bon, je vous laisse étudier tranquillement le dossier, si vous avez des questions ou des propositions, je me rendrais disponible. »

« Je l'étudie et je vous fais part de ma réponse le plus rapidement possible, Monsieur » dit Tony en agrippant le dossier et en quittant son siège.

« Rien ne presse mais j'avoue que ce serait faire d'une pierre deux coups si cette proposition avait votre aval » concéda le directeur en contournant son bureau. « Votre statut serait officiel, votre transfert vous serait bénéfique et vous gagneriez une équipe dont les relations sont bien moins conflictuelles que celle qui est la vôtre actuellement. Et le lieu mérite d'y réfléchir sérieusement, n'est-ce pas ! »

« C'est certain que vous savez me mettre l'eau à la bouche, Monsieur » assura Tony.

« Je vous accompagne, je veux voir les réactions de vos collègues lorsque vous descendrez en souriant » confia Léon. « Si je devine bien, certains s'attendent à ce que vous soyez réprimandé et non récompensé. »

« Vous savez être un démon lorsque l'enjeu en vaut la chandelle, Monsieur » déclara le brun en riant tandis qu'il déboulait sur le palier.

« Ah, certains assurent que je peux être machiavélique » lui rétorqua le directeur, pince sans rire.

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Tony secoua la tête et se tournant, il commença la descente vers son bureau. Le dossier qu'il avait en mains était le passeport pour un futur meilleur et il avait bien l'intention d'y consacrer toute l'attention qu'il méritait afin de peser le pour et le contre. Les inconvénients et avantages seraient à considérer avant de donner une réponse ferme et définitive.

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Comme l'avait prédit Vance, ses collègues l'étudièrent dès l'instant où il apparut à nouveau dans leur champ de vision.

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Gibbs fronça les sourcils avant de pincer les lèvres lorsqu'il entendit son second rire.

David laissa percer sa colère et jeta un regard meurtrier à l'italien qui passa inaperçu de son destinataire.

McGee montra sa surprise puis la jalousie prit le pas sur son étonnement en voyant l'homme gagner son bureau, un grand sourire aux lèvres.

Giordano croisa le regard de son formateur et lui sourit, un sourire malicieux et sincère qui répondit à celui heureux que l'italien arborait.

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Tandis qu'il se dirigeait vers son bureau, Vance pria intérieurement pour que Tony accepte sa proposition. Il serait soulagé lorsque l'italien serait loin de l'ambiance malsaine qui l'accueillait ici chaque jour. Sa sécurité serait également un souci de moins, ses subordonnés l'assureraient mieux que ceux qui se disaient ses amis.

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Alors, qu'elle va être la décision de Tony ? Partir, rester, démissionner ?

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Ne stoppez pas en si bon chemin, laissez votre avis sur la question.

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A bientôt pour connaitre l'avenir de notre italien au sein de l'agence.

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Chtimi