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Le titre parle de lui-même. Ce chapitre sera sans doute apprécié et j'espère que vous me donnerez votre opinion à ce sujet.

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Voilà une manière de corriger un grave oubli même si j'aurais préféré le voir dans la série.

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J'ai toujours été déçue qu'aucune récompense quelconque n'a jamais été décernée à Tony dans la série alors que certaines de ses actions auraient largement méritées le fait, ne serait que lorsqu'il a sauvé la vie de Gibbs dans l'épisode Requiem (épisode 7, saison 5).

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Bonne lecture et en attente de votre avis.

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Chapitre 25 : Récompense méritée

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La veille de la journée fatidique, un mail fut envoyé à tout le personnel du bureau de Washington enjoignant les agents libres de toute enquête urgente d'être présents à la cérémonie. 'Aucune autre excuse ne sera acceptée pour défaut de présence' précisaient les instructions.

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« Faudrait mieux qu'on ait une enquête plutôt que d'assister à ça » grogna McGee après avoir lu le message.

« Est-ce à dire que vous vous réjouiriez de voir un Marine se faire tuer, Agent McGee ? » aboya Gibbs de mauvaise humeur lui aussi mais pour une toute autre raison.

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L'informaticien leva la tête, rencontra le regard furieux de son patron et se mordit la lèvre avant de lui répondre.

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« Non, boss, c'est pas ça » réussit-il à sortir. « La seule excuse acceptée pour ne pas s'y rendre sera une enquête. »

« Et vous n'avez pas envie d'y assister pour quelle raison, McGee ? » insista Gibbs.

« Hum… aucune, boss » soupira l'Agent.

« J'ai du mal à vous croire » le contredit l'ancien Marine. « Il doit bien y avoir un motif à votre réluctance à vous y présenter. Quel est-il donc ? »

« Sans doute parce que cette cérémonie permet au directeur non seulement de faire des éloges et remettre des médailles mais aussi de présenter les mesures disciplinaires prises à l'encontre d'Agents actifs » spécifia l'Agent Balboa qui avait entendu la question.

« Oh ! » fit Gibbs en souriant. « Et cette année, mon équipe aura le mauvais rôle grâce à vous et l'Officier David, n'est-ce pas, McGee. Pas de quoi pavoiser mais plutôt envie d'aller se cacher dans un trou de souris ! »

« Bien la première fois que ton équipe sera nommée pour autre chose que des félicitations, Gibbs » remarqua Balboa. « Même lorsque tu as travaillé uniquement avec Tony durant deux ans, jamais votre duo n'a fait l'objet d'un tel affront. Tout le contraire, des louanges et des éloges bien mérités. Une marque noire de cette nature est une infamie et elle est due à ces deux idiots qui n'en sont même pas repentants. Bon courage, Gibbs » conclut-il en s'éloignant.

« Il a raison, jusqu'à présent, mon équipe n'a reçu que des félicitations et à cause de votre attitude à tous les deux, voici qu'elle sera montrée du doigt » cracha l'ancien Marine. « Autant dire qu'étant donné que vous êtes les responsables de cette situation, vous avez tout intérêt à être présents demain pour recevoir le traitement approprié. Et j'entends ne pas avoir d'appel téléphonique pour m'avertir que vous êtes souffrant. Je suis assez clair, j'espère ? »

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Il regarda sévèrement ses deux agents qui opinèrent de la tête sans rien dire. La honte qui colorait les joues de l'informaticien fit plaisir à Gibbs mais la colère qui marquait celui de l'israélienne le rendit plus furieux. Elle allait avoir en horreur d'entendre ses fautes étalées en public, elle ne savait pas accepter les réprimandes sans réagir violemment.

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« Aucune raison de montrer votre colère, Officier, ce qui sera expliqué est entièrement dû à votre propre comportement et je ne veux pas entendre une seule protestation à ce sujet » l'avertit Gibbs d'un ton ferme. « Vous ne pouvez imputer les conséquences de vos propres actions et de vos propres décisions à quelqu'un d'autre, ce serait trop facile et mesquin. »

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Il croisa le regard de la femme et ce fut un duel de deux volontés mais à la fin, il n'y avait qu'un seul gagnant et comme toujours, ce fut Gibbs qui remporta le match. Elle baissa les yeux au bout d'une minute, serrant les poings de frustration. Sa réaction fit sourire Gibbs et lui rendit un peu de sa bonne humeur envolée depuis que DiNozzo était parti en congés.

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Il avait bien du mal à faire son travail depuis qu'il avait compris que son Agent ne lui faciliterait pas les choses aussi bien professionnellement que personnellement. Il n'avait jamais trouvé assez de courage pour discuter franchement avec son second des évènements précédant son accident de peur de se voir confirmer ses pires craintes. Tony avait choisi de rester prudent et de ne pas mettre le sujet sur le tapis.

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Depuis son retour, l'italien avait cessé de se présenter à son domicile à toute heure. Il refusait toutes les invitations de Gibbs à venir partager un diner ou prendre un verre. Fornell était désormais celui vers qui DiNozzo se tournait en cas de besoin, détail qu'il avait appris incidemment de la bouche de l'Agent du FBI. Il ignorait si la situation trouverait un jour une issue positive mais il doutait de plus en plus que les choses s'arrangent entre eux.

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Depuis l'arrivée de Giordano dans l'équipe, Gibbs avait remarqué que l'italien semblait plus relaxé, plus souriant, en un mot plus heureux. L'amitié immédiate qui s'était nouée entre les deux hommes avait été un coup au cœur de l'ancien Marine, il jalousait la relation qui s'était développée entre eux à la vitesse de l'éclair. Sans doute leur origine commune était-elle un facteur qui avait joué dans ce sens !

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En tout état de cause, le jour où les congés de l'italien débutèrent, Giordano annonça à Gibbs qu'il quittait l'équipe selon l'accord qu'il avait accepté lors de son intégration et ce, sans retour possible. Le chef d'équipe avait soupiré parce que, contre toute réticence, il appréciait l'ancien Seal. Le voir partir lui avait démontré que les deux demi-italiens s'entendaient comme larrons en foire et que l'un ne pouvait travailler sans l'autre.

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Soudain, Gibbs se figea et fronça les sourcils. Pour quelle raison Giordano avait-il jugé utile d'ajouter 'sans retour possible' ? Sa formation était loin d'être terminée et son entente avec DiNozzo trop évidente et parfaite pour qu'il décide soudain de quitter ainsi l'équipe. Que s'était-il passé pour faire fuir ainsi l'ancien Seal ? Il y avait là assurément un mystère qu'il allait devoir résoudre et surtout avant le retour de congés de son second.

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Le jour s'étira, monotone et ennuyeux sans les incessantes réparties et les commentaires qui fusaient entre les deux italiens pour animer les longues journées occupées à remplir l'indispensable paperasse. Il allait lui falloir résoudre ce mystère dans les plus brefs délais et tenter de ressouder son équipe afin de redevenir la première équipe de l'agence.

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L'heure avait enfin sonné et il était temps de se diriger vers le MTAC où, cette année, la cérémonie aurait lieu. Vance avait décidé de la retransmettre dans tous les bureaux de l'agence dans le pays mais aussi dans les bureaux à l'étranger et ce, malgré le décalage horaire.

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Gibbs attendit le tout dernier moment pour inciter ses deux Agents à rejoindre la salle dans l'espoir de recevoir un appel pour une enquête. Il réalisa finalement que le directeur avait sans doute donné des instructions pour éviter de diriger les appels vers son équipe. Il se leva donc, soupira discrètement et attendit que les deux jeunes gens soient en chemin pour les suivre. Il ne voulait pas leur donner la moindre chance de faire faux bond.

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Lorsqu'il atteignit la salle, il remarqua aussitôt que presque tous les sièges étaient occupés, seuls quelques-uns étaient encore libres au premier rang et il poussa donc McGee et David dans cette direction malgré leur résistance. Il repéra DiNozzo quelques rangs plus loin mais ne dit rien, il prit place entre Ducky et Abby et laissa les deux autres prendre les sièges suivants.

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Lorsque tout le monde fut installé, Vance fit signe au technicien de service et l'écran s'alluma puis se divisa en plusieurs parties pour visualiser chacun des autres bureaux. Léon rappela brièvement les changements apportés à l'organisation de la cérémonie faisant référence à son courriel envoyé à tout le personnel de l'agence.

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Le changement majeur apporté par le nouveau directeur était que non seulement les récompenses et promotions étaient annoncées mais également les réprimandes. C'était en partie les actions de certains Agents en particulier qui l'avaient incité à instaurer cette modification primordiale.

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Il était persuadé qu'un tel système dissuaderait rapidement toute attitude mal appropriée de se développer. Chaque individu était fier de se voir décerner une récompense mais était vexé de voir ses fautes étalées en public. Et c'était selon ce principe que Léon avait décidé de revoir la cérémonie. Il était urgent de faire comprendre à tous que les actions répréhensibles seraient désormais étalées au grand jour.

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Il présenta donc les quelques offenses mineures d'Agents appartenant à d'autres bureaux et qui se voyaient infligés des peines en rapport avec la gravité de la faute que tous, sans exception, acceptèrent avec grâce tout en reconnaissant leur forfaitise. Vance les sermonna modérément en fonction du degré de leur faute qu'il rappela pour justifier la peine encourue.

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Enfin, il arriva au bureau de la capitale et là, les choses allaient se corser, il le savait très bien. Il commença par les fautes les plus légères en opérant selon le même procédé. Chaque Agent vint chercher la médaille qui correspondait à la violation des règles accomplie par chacun. Il remonta ensuite vers les délits les plus graves.

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Malgré le système qu'il avait mis en place, les Agents jouaient le jeu de bon cœur, ils se faisaient charriés par leurs collègues mais jusqu'à présent, aucun manquement n'avait conduit à des conséquences graves ou dangereuses. Il voyait de son poste les deux subordonnés de Gibbs s'agiter sur leur siège.

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« Voici le moment le plus pénible pour moi en tant que directeur, celui de dévoiler des faits qui auraient pu coûter la vie à un des meilleurs agents, sinon le meilleur agent de notre maison. Ici, dans le bureau de la capitale, deux membres ont transgressé certaines règles et codes de conduite, ont manqué du plus élémentaire respect envers un supérieur hiérarchique, ont discuté les ordres donnés ou y ont désobéi, ont décidé de leur propre chef d'établir leurs horaires de travail, ont négligé de rédiger des rapports circonstanciés. En bref, l'Agent Timothy McGee et l'Officier de liaison, Ziva David se voient décerner la sanction la plus appropriée à leurs manquements : rétrogradation au rang d'Agent en probation pour l'Agent McGee avec restitution des salaires indûment perçus pour un travail non assumé, l'Officier David voit son accréditation restreinte et ne pourra désormais plus participer à toutes les enquêtes touchant à la Sécurité Nationale ou à caractère confidentiel. Tous deux devront également suivre les stages relatifs à la chaine de commandement et au respect de la hiérarchie. En plus des sanctions déjà établies, ils seront tenus d'apporter leur concours aux œuvres de charité de la Marine pour une durée d'un an. Ils devront prêter assistance pour la surveillance des camps d'été des enfants du personnel. Enfin, l'Agent McGee sera affecté à une patrouille de surveillance au Département de Police de la ville chaque fois que l'emploi du temps le permettra » énuméra le directeur d'un trait.

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Il fit une pause et jaugea rapidement les réactions des employés présents et plus particulièrement des Agents de terrain. La salle avait été totalement silencieuse à l'énoncé des mesures disciplinaires prises à l'encontre des deux membres de l'équipe principale de l'agence. Ce qu'il s'apprêtait à annoncer allait certainement les faire réagir.

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Léon fut également satisfait de voir l'air totalement abasourdi des deux employés incriminés à l'énoncé des mesures complémentaire prises à leur encontre, il avait en effet tenu compte finalement des suggestions faites par Tony pour les ajouter aux mesures administratives. Il voulait qu'il soit bien entendu de tous qu'aucun Agent n'aurait de passe-droit sous son intérim. Et rendre justice à un Agent qui avait autant mérité le respect que DiNozzo était une bien maigre victoire mais qui devait être marquante.

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« Ces mesures pourront éventuellement être complétées en cas de nouveau manquement mineur à leur devoir ou être modifiées en renvoi en cas de nouvelle infraction avérée. J'espère ne pas avoir à prendre cette dernière mesure et souhaite vivement ne plus avoir à formuler d'autres sentences de ce type à votre encontre. »

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Il venait à peine de terminer son énumération que des applaudissements jaillirent spontanément pour approuver les sanctions prises. McGee et David faisaient grise mine et baissaient la tête. Abby avait entouré les épaules de Tim tandis que Ducky tapotait la main de Ziva en signe de sympathie.

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Le directeur réclama le silence en frappant dans ses mains pour poursuivre la cérémonie sur une note plus joyeuse.

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« Maintenant que la partie la plus désagréable est terminée, je vais passer à celle qui est tout à l'opposé et en tant que directeur adjoint, je vais avoir l'insigne honneur de remettre la médaille de l'Agent de l'année ainsi que la médaille du mérite et du courage à un homme… eh, oui, mesdames, c'est un homme » plaisanta-t-il avant de poursuivre. « Cet Agent a su démontrer à de maintes reprises qu'il plaçait la sécurité des autres avant la sienne, celle de témoins ou de simples spectateurs, d'étrangers mais bien également celle de ses collègues de travail. Il sait faire preuve de compassion envers les victimes et de bienveillance envers les témoins. Il a permis l'arrestation d'un tueur en série grâce à sa sagacité et son opiniâtreté. Malgré la charge qui lui a incombé en l'absence de son supérieur direct, il a su affronter les difficultés inhérentes à la position de chef d'équipe mais également de second qu'il a continué à assumer tandis qu'il prenait sous son aile un nouvel agent en probation. Il a mené de front tout cela sans le soutien pourtant indispensable en pareille occasion de son second par intérim, n'en déplaise à ce dernier que je le rappelle. »

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Ici, Vance se permit une pause et toisa McGee qui rougit furieusement tandis qu'il serrait les poings.

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« Je pense que vous avez maintenant deviné le nom de notre récipiendaire de cette année. Je ne vais donc pas vous faire languir plus longtemps. J'appelle l'Agent Anthony DiNozzo à me rejoindre » annonça enfin solennellement le directeur.

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Tony se leva sous les applaudissements de ses collègues et constata en passant que l'équipe de Gibbs s'abstenait de se joindre à la liesse générale. Il haussa les épaules tandis qu'il dépassait leur rangée et rejoignait le directeur sur le podium.

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« Agent DiNozzo, c'est un très grand honneur pour moi, en tant que directeur par intérim, de vous remettre ces deux récompenses largement méritées pour votre courage, votre abnégation, votre persévérance pour rendre justice aux hommes et femmes qui servent au sein des forces navales et qui sont victimes de crimes parfois odieux » déclara Léon avec sérieux et sincérité. « Toutes mes plus vives félicitations pour ces distinctions » termina-t-il en tendant les coffrets à Tony et en lui serrant la main.

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Tony s'éclaircit la gorge et constata, étonné, qu'il ne savait quoi dire. Il fronça les sourcils avant de décider que l'honnêteté était tout ce qui importait en ce jour particulier.

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« Merci, Directeur » finit-il par déclarer d'une voix faible. « On me considère comme un grand bavard impénitent et aujourd'hui, je ne trouve pas les mots qu'il faudrait pour exprimer ce que je ressens, c'est un comble. »

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Il s'arrêta un instant, prit une profonde inspiration avant de poursuivre.

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« C'est la première fois que je me présente ici pour venir chercher une récompense qui m'est directement décernée et non une qui concerne une autre personne. Je suis honoré que quelqu'un pense que je vaux la peine d'être récompensé mais je n'ai fait que mon travail du mieux possible et je continuerai à le faire tant que je le pourrais. »

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Il jeta un regard au directeur qui lui fit un discret signe de la tête sentant que son agent voulait poursuivre.

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« Merci à tous ceux qui m'ont soutenu durant ces derniers mois, c'est grâce à vous que je travaille encore au sein de cette agence. Une mention spéciale pour James Palmer, l'assistant médecin légiste qui m'a particulièrement aidé à passer le cap et des félicitations pour mon 'bleu', l'Agent Grant Giordano qui m'a redonné l'envie de continuer à faire ce métier. Je veux également ajouter une autre personne, le directeur adjoint Vance qui m'a démontré que parfois être directeur ne signifie pas forcément diriger sans s'impliquer mais qu'il peut aussi gérer des situations plus terre à terre. J'avoue que j'aurai certainement claqué la porte s'il avait tourné le dos à la situation décrite plus tôt. Il m'a réconcilié avec l'idée qu'un agent peut compter sur le soutien de sa direction et c'est peut dire au vu de mon expérience en la matière durant ma vie professionnelle. Merci à vous tous pour avoir écouté ce que j'avais finalement à dire. »

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Sur ces derniers mots, Tony serra à nouveau la main de Vance avant de descendre l'estrade et de rejoindre Palmer qui ne put s'empêcher de lui donner une accolade. La majeure partie des agents présents se leva et une nouvelle salve d'applaudissements retentit au grand dam de l'italien qui en était gêné.

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« C'est sur cette excellente note que se termine cette cérémonie, vous pouvez regagner vos postes » indiqua Vance en libérant les employés d'un geste de la main.

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Il avait noté le comportement presque outrageant selon lui de l'équipe de Gibbs, en particulier celui de McGee et David qui était à prévoir mais également celui de Miss Sciuto. Gibbs n'avait pas réagi négativement et il considérait ça comme une victoire, même s'il aurait préféré un peu plus d'enthousiasme de sa part.

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Certes, il perdait son statut d'Agent de l'année pour la première fois depuis plusieurs années mais voir son protégé lui succéder aurait dû le rendre fier. Or, il n'avait pas souhaité faire l'éloge de Tony lorsque Léon l'avait suggéré tout comme il n'avait pas publiquement félicité l'italien ou participé à la reconnaissance de ses collègues en applaudissant Tony.

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Finalement, il conclut que la décision d'éloigner l'italien et de lui attribuer sa propre équipe était moins égoïste qu'il ne le pensait. Jackie l'avait conforté dans son opinion que Tony avait besoin d'un changement total – et même brutal – d'environnement et il réalisait que c'était effectivement le cas. Il avait préféré le moindre mal s'il voulait garder DiNozzo au sein de l'agence plutôt que de le voir en rejoindre une autre.

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Le SecNav et lui avaient eu une conversation édifiante à son sujet au cours duquel le grand homme avait révélé tenir DiNozzo en grande estime. Il était parfaitement conscient que la résolution d'affaires prioritaires et difficiles était due en grande partie à la sagacité de l'italien de ferrer des indices là où personne ne songerait à aller voir.

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L'affaire Jameson en était un exemple flagrant. L'arrestation du tueur en série avait fait la une de la presse et permit de donner une image flatteuse de l'agence même si, par précaution, le nom de Tony n'avait pas été révélé. Davenport avait précisé cependant que la découverte revenait à un seul agent qui avait su creuser suffisamment pour mettre à jour la véritable nature d'un suspect.

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Il n'avait pas fallu longtemps pour que les familles des victimes inondent le bureau de lettres de remerciement que Vance avait pris plaisir à déposer sur le bureau de l'italien à la vue et au su de tous et particulièrement de celle de son équipe. Il avait jubilé intérieurement en voyant la mine renfrognée de McGee et David.

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De même, il avait déclaré que la manière dont DiNozzo avait accepté la décision de ne pas poursuivre Gibbs avait été admirable. L'Agent aurait pu parfaitement passer par-dessus leur tête et porter l'affaire devant les Affaires Internes mais en homme intelligent, il avait jugé de la situation et décidé que sa satisfaction personnelle n'était rien en comparaison de l'intérêt général du peuple américain. La Sécurité Nationale était un impératif bien plus important et primordial qu'il avait pris en considération en lieu et place du plaisir de voir Gibbs répondre de ses actes à son encontre.

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Vance ne pouvait qu'approuver ses propos et reconnaitre que son supérieur avait opté pour une solution acceptable lorsqu'il avait approuvé sa proposition puis suggéré de lui offrir un poste à la mesure de ses capacités. C'était rare que le SecNav s'implique dans la gestion courante de l'agence mais cette fois, il avait dû le faire pour éviter des complications futures fâcheuses et il avait géré le problème sans difficulté.

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Léon soupira en songeant que si tous les conflits qui passaient par l'agence se résolvaient avec autant de facilité, son travail en serait grandement simplifié. Il aimerait également avoir sous ses ordres plus d'agents de l'acabit de l'italien même s'il souhaitait des agents technophiles (*) plutôt que technophobes (**). Un mixte entre les deux serait un très bon compromis en fait.

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.Il regagna son bureau avec la satisfaction de savoir que, cette année, les récompenses étaient totalement méritées.

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La cérémonie venait de se terminer et DiNozzo était bien entouré par plusieurs membres du personnel qui tenaient à le féliciter. Voir ainsi l'italien être le point de mire de la journée soulevait le cœur de McGee qui se demandait comment une telle chose pouvait arriver. Tandis qu'il s'était fait remonter les bretelles devant tout le personnel présent, lui le clown était congratulé comme jamais il n'aurait pensé qu'il puisse l'être.

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Non seulement les femmes se jetaient pratiquement dans ses bras, ce qui était dans un certain sens compréhensible, mais également certains hommes que l'informaticien savait être gays n'avaient pas hésité à lui faire du 'rentre dedans' comme dirait Abby. Il était écœuré de voir toute l'attention se focaliser ainsi sur un mec qui ne devrait même pas être un agent fédéral au vu de son comportement.

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Tim soupira, il était jaloux de constater que, sans faire le moindre effort, DiNozzo pouvait ainsi attirer aussi bien la gente féminine que masculine. Et il observa l'italien repousser gentiment les prétendant(e)s qui se collaient presque à lui. Quelques mots, un sourire, un geste innocent et chacun acceptait une fin de non-recevoir avant de quitter les lieux sans la moindre animosité envers l'homme qui venait de les rejeter.

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McGee secoua la tête, il aimerait tant que certains découvrent qui était DiNozzo en réalité, un amoureux volage, inconsistant, infidèle peut-être. Tout lui était facile en ce qui concernait ses relations avec les autres et Tim se demandait souvent ce qui faisait que l'italien soit aussi abordable et aussi facilement abordé, écouté et surtout aimé. Il était incontestablement un homme qui ne laissait pas indifférent alors que lui était souvent ignoré lorsque DiNozzo était dans les parages.

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Il se détourna enfin de la scène et quitta la salle.

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McGee sortit, la tête basse et les épaules voûtées sous le regard vigilant de Ducky qui avait observé le jeune homme. Le bon docteur pouvait, sans conteste possible, deviner que Timothy ne pardonnerait jamais d'avoir été publiquement admonesté pour son comportement envers un agent qu'il mépriserait désormais avec passion. Il allait devoir avertir Jethro de possibles réactions négatives du jeune 'geek' envers l'italien.

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Il vit Abby se lancer à la poursuite de l'informaticien dans l'évidente intention de le consoler. Elle ne s'était même pas arrêtée pour féliciter Anthony tout comme elle n'avait pas participé à l'ovation faite plus tôt par la salle. La gothique prenait fait et cause pour Timothy et Ziva sans égard pour celui qu'elle prétendait considérer plus comme un ami, presque un frère.

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Ducky réalisait avec regret que l'accident de Gibbs avait profondément modifié la dynamique des membres de son équipe et brisé les relations étroites qu'ils entretenaient auparavant. Le départ de l'ancien Marine, considéré comme un abandon par certains, avait été douloureux et très mal accepté. La blessure était encore trop vivace.

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Anthony avait tenté de colmater les brèches mais ses efforts louables lui avaient été renvoyés à la figure. La double charge qu'il avait assumée et la dégradation progressive de ses relations avec ses collègues avait failli l'inciter à démissionner d'après les paroles qu'il avait prononcées durant son bref discours. Jamais Ducky n'avait soupçonné qu'ils avaient été à deux doigts de le perdre.

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N'eut été l'amitié et le soutien de Palmer, Gibbs serait revenu pour trouver une équipe amputée de sa tête pensante et en pleine déroute. Il ne faisait aucun doute pour le légiste que McGee n'aurait pas su assumer l'intérim dans la mesure où il n'avait pas réussi la transition pour devenir le second d'Anthony.

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Mais il ne servait plus à rien désormais de spéculer sur le passé, il fallait se tourner vers l'avenir et celui de l'italien semblait bien meilleur qu'il n'avait été ces derniers mois et l'écossais ne pouvait que s'en féliciter. Et il était bien résolu à tenter de regagner l'estime, sinon la confiance, du jeune agent.

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Il soupira et décida de regagner son domaine où une bonne tasse de thé le consolerait.

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A l'instar de McGee, Ziva David n'avait pas accueilli avec plaisir la remise des sangles (remontée des bretelles) qu'elle venait de subir publiquement. Elle attendit que la salle se vide un peu avant de se lever pour regagner son bureau. Elle traversa la pièce et entendit des réflexions désagréables à son encontre et tenta de masquer sa colère.

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Elle allait de ce pas remettre les montres (pendules) à l'heure avec DiNozzo qui, selon elle, était le seul et unique à blâmer pour tout ce cirque. S'entendre morigénée de la sorte n'avait jamais été un acte qu'elle avait apprécié, même lors de son entrainement au Mossad. Elle avait de grandes difficultés à accepter que ses fautes soient étalées ainsi devant les autres.

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Sa fierté avait été mise en pièces et aurait pour conséquence de faire remonter sa colère, le contrôle qu'elle exerçait sur ses émotions commençait à s'écailler dangereusement. La discipline de fer qu'elle s'imposait au Mossad avait tendance à s'amoindrir depuis son arrivée sur le sol américain. La vie plus facile qu'elle avait ici la lui avait fait relâcher.

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Elle pensait pouvoir foncer directement et confronter DiNozzo mais elle avait mésestimé un obstacle majeur : Gibbs. L'ancien Marine l'intercepta juste à la sortie de la salle et l'entraina avec lui vers l'ascenseur.

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« Par ici » indiqua-t-il. « Votre petite vengeance n'est pas de mise si vous tenez à rester ici. »

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Il la propulsa dans la cabine et la fit descendre au sous-sol. Le gymnase était vide à cette heure et il l'invita à se mettre en tenue d'un geste de la main. L'obliger à exprimer sa colère en tapant sur un sac ou en combat avec lui serait le plus sûr moyen de protéger à la fois Tony et elle même si elle ne s'en rendait pas compte.

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Il se mit en tenue en un temps record tout en surveillant qu'elle ne s'éclipse pas. Sans doute avait-elle compris qu'elle devait s'incliner car deux minutes plus tard, elle le rejoignait sur le ring. Leur session promettait d'être intense et sans doute douloureuse mais si c'était le prix à payer pour éviter un bain de sang, il était plus qu'heureux de le faire.

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Elle franchit les cordes, se mit en position et attaqua d'emblée. Il para les premiers coups avant de les rendre avant autant de rage qu'elle en mettait à les donner. Il cessa de réfléchir et réagit à l'instinct avant de se concentrer pour ne pas être blessé par les violents coups qu'elle lui assenait.

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La prochaine heure allait être longue, très longue…

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(*) La technophilie est un fort enthousiasme pour la technique, en particulier les techniques les plus récentes telles que les ordinateurs, Internet, les téléphones cellulaires ou encore le home cinéma.

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(**) La technophobie qualifie péjorativement le rejet d'une ou plusieurs technologies.

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A bientôt

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Chtimi